Je m’étais réveillé d’un léger sommeil. Sylphy était déjà partie. À en juger par la faible lumière qui venait de l’extérieur, l’aube n’était plus très loin. La nuit dernière… était bonne. Oh, oui. Sylphy fit d’abord semblant de ne pas être affectée, mais il ne fallut pas longtemps pour qu’elle s’y mette autant que moi. Le fait qu’elle puisse faire disparaître la douleur par magie rendit les choses plus faciles pour moi. Ce truc de magie s’était avéré très utile. Je n’essayais pas d’être brutal avec elle, mais l’expérience semblait éveiller toutes sortes de sensations en elle. Son regard extrêmement érotique était peut-être dû à son innocence ou à quelque chose comme ça. J’étais donc obligé de lui faire passer un bon moment. Cependant, mon corps était tout poisseux de sueur et d’autres choses encore. Je m’étais glissé hors de sa chambre, avec l’intention de me nettoyer, lorsque …
—Oh.
En entrant dans le salon, j’avais trouvé Sylphy en train de se sécher les cheveux avec une serviette. On aurait dit qu’elle m’avait devancé. Elle était complètement nue, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, et ne fit pas le moindre geste pour se couvrir. Je suppose que j’étais tout aussi coupable.
—Bonjour. Ça te dérange si je me lave ? dis-je.
Sylphy fixa mon visage pendant plusieurs secondes avant de lever la main et de pointer du doigt le couloir qui menait à la salle de bain.
—J’ai déjà préparé la cruche d’eau pour toi. Les serviettes sont sur l’étagère là-bas.
—Super, merci.
J’avais pris un chiffon avant d’emprunter le couloir jusqu’à l’arrière-cour, où j’avais trouvé une cruche d’eau remplie à ras bord. Il y avait un seau à proximité, alors j’avais pris de l’eau avec et je m’étais versé de l’eau sur la tête. C’était glacial, mais ça faisait du bien. Je m’étais rincé à fond avant de me frotter avec le chiffon. Il était de bon ton de rester propre.
Après avoir bien purifié mon corps, j’étais retournée dans le salon pour voir Sylphy assise sur le canapé en rotin, le regard dans le vide, toujours en pleine forme. Son habituel sourire audacieux n’était pas au rendez-vous – en fait, on aurait dit qu’elle avait l’esprit complètement ailleurs.
Je ne savais pas si elle était plongée dans ses pensées ou si elle était encore sous le choc de la nuit dernière. Je m’étais assis tranquillement à côté d’elle sur le canapé et je l’avais serrée dans mes bras.
—Ah ! Mm…
Je l’avais prise par surprise en l’embrassant, ce qu’elle avait accepté sans résistance. Elle était complètement différente de celle qui m’avait attaqué dans mon sommeil et battu.
—Tu vas bien ? demandai-je.
—Bon sang, je vais bien. Ma dignité est en lambeaux.
—C’est juste une question de différence d’expérience. On n’y peut rien.
Sylphy était plutôt ignorante sur le fonctionnement de tout ça. Elle avait une compréhension générale de l’acte lui-même, mais c’était tout. Elle n’avait pas réalisé que l’acte allait bien au-delà du simple fait d’« insérer la languette A dans la fente B ». De mon côté, j’avais de l’expérience et je savais comment les choses fonctionnaient. Elle était si sensible, et elle avait supprimé la douleur initiale de l’acte avec sa magie. Après ça, je n’avais pas pu m’en empêcher. J’avais fini par m’amuser avec Sylphy.
—Espèce de bête… Comment as-tu pu faire une chose pareille à une jeune fille 1?
Elle commença à me frapper.
—Aïe, aïe, aïe, aïe ! Ça fait vraiment mal !
—Hmph. Nous irons chasser et cueillir après avoir mangé. Je veux rentrer pendant que le soleil est encore haut dans le ciel.
—Aye, Aye, Mam’s
Sylphy semblait avoir un peu récupéré. Je la suivis et m’habillai. Hmm, est-ce que j’allais me promener dans la forêt avec ce sweat-shirt et ce pantalon de survêtement ? J’avais l’impression que mes vêtements n’allaient pas durer très longtemps.
—Je suppose que nous devrions faire quelque chose pour tes vêtements, dit Sylphy.
—Oui. Je veux que tu puisses compter sur moi, Maîtresse.
—C’est bien. Tu ferais mieux de travailler dur.
Pour le petit-déjeuner, j’avais préparé quelque chose comme des crêpes arrosées de miel sucré et un accompagnement de viande grillée. C’était un repas lourd pour le début de la matinée, mais cela semblait raisonnable compte tenu des efforts que nous avions déployés hier soir et que nous nous apprêtions à déployer aujourd’hui.
J’en avais profité pour préparer le déjeuner et le ranger dans mon inventaire. J’avais utilisé la farine pour préparer un pain grossier et des sortes de sandwichs à la viande de lézard salée grillée et à l’herbe à potamochère. Sylphy m’aida, ce qui, à mon avis, rendit le tout encore plus savoureux. J’avais hâte de déjeuner.
Après le petit déjeuner, il était temps d’aller chasser dehors.
—Comme ça.
—Comme ça. J’ai compris.
La chaîne autour de mon cou tinta. Comme nous allions sortir en public, elle devait me tenir en laisse comme une sorte de chien en promenade. Les regards accusateurs des elfes qui m’entouraient étaient difficiles à supporter. Pourtant, en y regardant bien, quelques personnes m’avaient regardé avec sympathie. Il s’agissait peut-être d’elfes dont l’un des parents était humain, et j’avais essayé de mémoriser leurs visages. Néanmoins, j’avais vu des gens regarder, mais je n’avais entendu personne chuchoter.
Peut-être craignaient-ils (à juste titre, selon moi) que les longues oreilles sensibles de Sylphy ne captent tout ce qu’ils auraient pu dire de compromettant. Nous avions traversé les zones résidentielles et industrielles elfiques sans incident, puis j’aperçus leurs merveilleux murs de protection et leur porte. Même à cette heure matinale, des sentinelles y étaient postées.
—Ugh, c’est lui, gémis-je.
—Hein ? Oh, tu veux dire Nate ? Ne t’inquiète pas pour lui. C’est un faible.
—Peut-être pour toi, mais il est très dangereux pour moi.
Je n’allais pas oublier comment il m’avait jeté au milieu de la place publique. Si Sylphy n’était pas arrivée à temps, j’aurais probablement été battu à mort. À ma grande surprise, Nate et les autres sentinelles ne nous avaient rien dit du tout. Ils nous avaient jeté des regards agacés, mais nous avaient laissé passer.
—Tout le monde au village sait que s’opposer à moi est synonyme d’ennuis, dit Sylphy.
—J’ai l’impression que c’est le cas. Je suppose que cela signifie que je dois faire tout ce que je peux pour te rendre heureuse, Maîtresse.
—Heh heh. Vas-y, fais donc ça.
Le sourire audacieux de Sylphy était de retour. Je commençais à penser que cette expression lui allait bien. En fait, après avoir vu de nombreuses facettes d’elle hier soir, je la trouvais plutôt mignonne. Elle souriait si audacieusement maintenant, mais au lit, elle…
Elle me donna un coup de coude sur le côté.
—Hey ?! Tu essaies de me tuer ?!
Pendant une seconde, je crus qu’elle ne m’avait cassé quelques côtes.
—Pour une raison ou une autre, j’ai senti une aura désagréable émaner de toi
Je ne me suis toujours pas fait à tout ce côté « violence impitoyable ». Enfin, je suppose que le contraste a son charme, maintenant que j’ai vu toute l’étendue de sa personnalité.
—Allons-y, ordonna-t-elle.
—D’accord.
Sylphy continuait à me tirer par la chaîne. Dans notre relation, c’est elle qui tenait les rênes… littéralement. Je ne trouvais pas cet arrangement doux-amer, pas du tout, pas du tout. Pourtant, je n’avais rien d’autre à faire que de l’accepter. J’étais son esclave, après tout. Après avoir franchi la porte, nous étions arrivés à la périphérie du village. Il n’y avait pas grand monde. Je suppose qu’il était encore assez tôt pour qu’ils ne soient pas encore réveillés.
—Dis, qu’est-ce que vous construisez ici, au fait ? demandai-je.
Elle répondit assez facilement.
—Des maisons en rangée. Du beau travail, solide, qui fera le poids dans des conditions de siège – plus de murs et de points d’étranglement. Elles sont censées remplacer les bidonvilles qui se sont développés autour du périmètre.
—Je vois. Cela semble logique, je suppose ?
S’ils étaient faits de pierre ou de brique, je pourrais espérer qu’ils offrent une protection raisonnable, mais pour ceux qui y vivaient, cela signifierait que leur maison serait toujours exposée au danger ; je doute qu’il soit très réconfortant d’y vivre.
—Je suis sûr que c’est logique du point de vue des villageois. Ils pensent que les réfugiés devraient être reconnaissants de ce que nous leur donnons puisque nous les logeons et les nourrissons. Cependant, les réfugiés ne sont arrivés chez nous avec rien d’autre que les vêtements qu’ils portaient sur le dos. Ce sont pour la plupart des hommes-bêtes, et nous, les elfes, utilisons la magie pour notre agriculture, nous ne pouvons donc pas nécessairement les employer à cette fin. Bien que la plupart d’entre eux soient des femmes, les hommes elfes ne sont pas particulièrement attirés par elles, et il n’y a pas beaucoup d’hommes ici pour commencer. Sans moyen de pression ou de contribution, les réfugiés n’ont d’autre choix que de faire ce que nous leur demandons.
—C’est un monde difficile.
Alors, c’était donc ça, ce qui arrivait après avoir perdu et obtenu une mauvaise fin. Je les plaignais, mais j’étais moi aussi un esclave, désormais.
Je ne servais pas à grand-chose… Non, attends. Peut-être qu’en fait, elle me trouvait utile ? J’étais sûr que certains d’entre eux devaient être mécontents d’être traités de la sorte. Peut-être même qu’il y en avait qui voulaient combattre le Saint Royaume et récupérer le Royaume de Merinard.
Mon pouvoir était plus adapté à la production d’armes en masse. Tant que j’avais les matériaux nécessaires, je pouvais équiper une armée en un temps record. Si je pouvais produire en masse une de ces armes ou, dans le pire des cas, une de ces armes, alors j’avais peut-être une chance ?
J’aurais besoin d’informations, mais c’est peut-être possible. Sylphy semblait avoir des réserves sur le Saint Royaume et, d’après ce que j’avais pu voir, avait une sorte d’attachement au Royaume de Merinard.
—À quoi penses-tu ? demanda Sylphy.
—Un tas de choses. Peut-être devrions-nous en parler ce soir.
—D’accord. Mais pour l’instant, nous chassons. Tu dois te concentrer.
—Je le ferai.
Après avoir traversé la zone en construction, nous n’avions pas tardé à atteindre la forêt. À première vue, elle semblait difficile à traverser, mais comme je marchais derrière Sylphy, les branches ne m’attrapaient pas et je me sentais en sécurité. Je n’avais pas perdu pied une seule fois. Curieusement, je ne m’étais pas du tout sentie gênée.
—Nous sommes sur le point d’entrer dans le terrain de chasse. Tu peux enlever la chaîne.
—D’accord.
Sylphy lâcha la chaîne, et je la mis immédiatement dans mon inventaire. Je gardai le collier, mais je me sentais beaucoup plus léger.
—Suis-moi et ne faites pas de bruit, dit Sylphy.
—Tu peux compter sur moi.
J’imaginai appuyer sur la touche C et me baissai, passant en mode furtif.
Je commençai à me déplacer en imaginant appuyer sur les touches ZQSD — mais je remarquai alors que Sylphy me lançait un regard étrange.
—Pourquoi bouges-tu si étrangement ? demanda-t-elle.
—C’est un de mes pouvoirs. Mais c’est très difficile à expliquer.
Je lui montrai comment je pouvais glisser dans toutes les directions tout en étant accroupi. C’était bien que je puisse me déplacer dans le silence le plus total, mais j’étais sûr que ça devait être très désagréable à regarder.
—Te regarder bouger comme ça me donne des angoisses…
—Ne t’inquiète pas, ça ne me fait pas mal. Ce qui me rappelle que je peux aussi faire ça.
Alors que j’étais accroupi, j’imaginai appuyer sur la barre d’espace et sautai sur place. J’essayai aussi de bouger un peu dans les airs.
—C’est trop bizarre
—Je sais, n’est-ce pas ?
J’étais tout à fait d’accord, mais je n’avais pas d’autre choix que d’utiliser ce pouvoir. Après avoir montré un peu d’inquiétude, Sylphy renonça à s’y attarder et continua à marcher, me gardant hors de sa ligne de vue.
Je suis désolée de faire baisser ton compteur de santé mentale rien qu’en me déplaçant. Cependant, je vais continuer à utiliser mon pouvoir quoiqu’il arrive !
Je pris l’initiative de ramasser tout ce qui était tombé par terre en chemin. Les arbres tombés feraient de bonnes buches. J’avais encore beaucoup d’utilisations pour toutes sortes de pierres. J’avais commencé à ramasser toutes les plantes sauvages et les herbes que nous rencontrâmes après avoir demandé à Sylphy ce qu’elle en pensait. L’essentiel était de ne pas les déraciner pour qu’elles puissent repousser. Pour ce qui est des herbes, je me disais qu’il devait y avoir quelque chose à fabriquer avec. Peut-être une sorte d’objet de soin ? Dans les jeux, elles servaient souvent à guérir les blessures, les fractures ou les maladies, alors j’avais le pressentiment que je pourrais en tirer quelque chose de vraiment utile.
—Désolé de t’avoir fait autant t’arrêter, dis-je.
—Ce n’est pas grave. Cette fois-ci, nous nous concentrons sur la cueillette plutôt que sur la chasse. Avec tous les efforts que tu déploies, tu as intérêt à produire de bons résultats, d’accord ?
—Cela signifie que tu ne me donnes pas de quota à atteindre, alors je suppose que tu peux me faire confiance pour que je réponde à tes attentes.
Je brandis ma hachette. En accédant au menu de l’arbre tout en tenant ma hachette, je pus sélectionner « Bois », et mon corps se mit à bouger tout seul pour le transformer en le résultat souhaité.
—Quel genre de magie est-ce ? demanda Sylphy.
—Si seulement je savais.
En donnant cinq coups de hache, je pouvais réduire n’importe quel arbre aussi immense soit-il en un tas de bois éparpillés. Ce pouvoir dépassait tout simplement l’entendement.
—Dis, il y a quelque chose que j’aimerais que tu essaies.
—Quoi ?
—Peux-tu couper cet arbre là-bas ?
—Bien sûr ? Cela ne me dérange pas, et je suis sûr que tu le sais déjà, mais tu dois attendre que le bois vert sèche pendant six mois avant que je puisse l’utiliser comme bois de construction ou bois de chauffage
—Oui, je sais. Mais j’ai l’impression que ça pourrait marcher quand même.
La Hachette en main, j’accédai à l’arbre de taille moyenne et je choisis de l’abattre. Automatiquement, mon corps se mit à frapper le tronc. Il me fallut beaucoup de coups pour arriver à mes fins. D’ordinaire Il ne me fallait que cinq coups pour transformer un arbre tombé en Bois, mais j’en étais déjà à vingt et…
—Je l’ai coupé
—Alors, tu as fait… Qu’est-ce que c’est ?
—Un tronc d’arbre ?
L’arbre était tombé avec un bruit lourd, et il n’y avait pas vraiment d’autre façon de décrire ce qui restait. Les branches avaient été enlevées, et plutôt que du bois vert, cela ressemblait à un tronc sec d’épaisseur uniforme d’un bout à l’autre.
—Qu’est-ce que tu as fait ? demanda Sylphy.
—C’est ce qui s’est passé quand je l’ai coupé. C’est peut-être une autre de mes capacités ?
—J’ai l’impression de devenir folle. Sylphy fronça les sourcils tout en se touchant la tempe.
Je lui avais jeté un regard en coin tout en examinant le tronc. Il mesurait 15 mètres de long. Je le mis tel quel dans mon inventaire et je découvris qu’il s’appelait « Bois : cèdre noir ». Mon inventaire était maintenant rempli de feuilles, de brindilles et de branches, car je ramassais automatiquement tout ce que je voyais. J’étais stupéfait de voir le nombre de branches que j’avais ramassées. J’accédai au menu du bois pour voir ce que je pouvais en faire.
- Couper en deux
- Transformer en Bois de chauffage
C’était intéressant. Je pouvais donc le réduire de moitié. J’essayai de le faire. Cela prit un peu de temps, mais je réussis à le couper en moitié moins de temps qu’il ne m’en avait fallu pour abattre l’arbre. Le nouvel objet s’appelait « Bûche : Cèdre noir ». Elle ne pouvait pas être divisée en morceaux plus petits, mais « Bois » et « Piquets en bois » avaient été ajoutés à mon menu de fabrication, alors je les ai tous les deux mis en file pour être fabriqués.
—Puis-je couper tous les arbres de cette région ? demandai-je.
—Je ne te laisserai pas saccager ma forêt. Ne coupe que ceux que je te dis de couper.
—Oui, madame.
Entre le carburant, la construction et l’artisanat, je n’avais jamais trop de bois. J’avais donc coupé tous les arbres que Sylphy m’avait indiqué, l’un après l’autre. Je m’étais retrouvé avec cinquante troncs d’arbre.
—Ça devrait suffire pour un bon moment !
—Je l’espère bien.
Sylphy me lança un regard légèrement exaspéré, mais moi, j’étais heureux comme un poisson dans l’eau. Je pouvais fabriquer des fibres avec les plantes, et les brindilles et les branches pouvaient être utilisées pour faire du feu ou pour fabriquer des arcs et des flèches. Couper les arbres était génial.
—J’ai beaucoup de bois de chauffage et de buche désormais. Nous devrions maintenant chercher des minerais.
—D’accord. Allons vers le ruisseau, alors.
Je suivis Sylphy plus profondément dans la forêt – tout en restant accroupi, bien sûr. Je me glissai derrière Sylphy au fur et à mesure que nous avancions. J’étais sûr qu’un observateur extérieur se serait figé en me voyant, ne sachant pas s’il devait appeler les flics ou un prêtre.
Après m’avoir guidée pendant un petit moment, elle leva soudainement le bras et se figea. Je lui emboîtai le pas. Je déduis de ses gestes qu’il devait y avoir quelque chose devant moi. J’acquiesçai et je sélectionnai mon arc composite, que j’avais enregistré dans mes raccourcis, et je sortis mes flèches avec des pointes en fer. Sylphy sembla s’intéresser à mon arc pendant un moment avant de regarder à nouveau devant nous. Après avoir fait quelques pas de plus, j’entendis des bruits étranges – des craquements, des déchirures et des éclatements humides et prolongés. Y avait-il une sorte de lutte pour la vie ou la mort devant nous ?
Alors que je me demandais ce que nous allions faire, Sylphy se pencha vers moi et murmura :
—Je m’en occupe. Ne sois pas téméraire et ne te jette pas dans la bataille.
Elle commença à s’approcher silencieusement de la source. Je décidai de la suivre à courte distance. J’avais hâte de tester la puissance de mon arc. De plus, je voulais voir Sylphy se battre. Cependant, je ne voulais pas me mettre en travers de son chemin, alors j’avais fait très, très attention.
Oh là là…
C’était une scène épouvantable à voir. Ce coin de la forêt était maculé de sang. Une créature démontait bruyamment sa proie.
Qu’est-ce que c’était ? On aurait dit un grillon géant. Je ne pouvais pas m’empêcher de regarder ses longues pattes arrière recourbées à l’aspect robuste. Il était de couleur ocre et, en plus de ses grandes pattes arrière arquées, son corps était hérissé de pattes plus petites. Comme il nous tournait le dos, je ne savais pas à quoi ressemblait son visage, mais même son derrière était couvert de sang, ce qui me donnait l’impression qu’il avait un dard. Les extrémités de ses antennes, qui s’étendaient derrière lui, étaient également recouvertes de sang. Les utilisait-il aussi pour attaquer ? Serais-je mort si cela avait été le premier monstre que j’aurais rencontré ? Il avait l’air dix fois plus féroce que le lizaf.
Alors que j’étais en train de l’examiner discrètement, Sylphy bondit sur le flanc de l’insecte. Elle tenait un grand couteau, plutôt une machette. Elle avait l’air d’être assez aiguisée pour couper profondément, mais serait-il vraiment suffisant pour le vaincre ? La chose était aussi grosse qu’un monospace.
—GRAAAAAAAAH !
Sylphy poignarda profondément son côté droit non protégé, le faisant hurler de douleur. Le grillon fit un mouvement pour riposter, mais elle fit un bond en arrière et disparut dans la forêt. Elle avait dû se rendre compte qu’elle ne pourrait pas le tuer d’un seul coup.
Quelle admirable fuite ! Bon, j’ai compris. Il faut réduire la taille de l’animal.
Le grillon géant se retourna dans la direction où Sylphy avait disparu, m’exposant son flanc. Par miracle, c’était le même côté que Sylphy avait poignardé. J’imaginais que je faisais un clic gauche et que je tirais mon arc. Le viseur de l’arc apparut. Je pointai la pointe de la flèche sur l’insecte et visai la plaie ; une substance verte et fétide s’en échappait. Je laissai la flèche voler tout droit. Elle perça assez profondément pour que je ne puisse plus voir la flèche.
—GISHAAAAA ?!
D’après ses cris, cette flèche avait dû faire mal. J’encochai la flèche suivante et je visai à nouveau.
—Haaaaaah !
Au moment où j’allais tirer, Sylphy était soudainement réapparue, plantant sa machette dans un endroit proche de la tête de l’insecte.
Je me concentrai sur sa patte arrière droite et je décochai ma flèche. Malgré l’apparence solide de l’exosquelette du grillon géant, la flèche s’enfonça profondément. Sa patte était paralysée, comme je m’y attendais. La bestiole tenta de reculer en utilisant uniquement sa patte arrière gauche, mais celle-ci avait disparu en un instant. Après avoir frappé près de sa tête, Sylphy l’avait contournée et coupée. En moins de dix secondes, nous l’avions gravement blessé. Ayant perdu sa mobilité, l’insecte n’avait aucune chance contre nous, tandis que Sylphy continuait son assaut.
—Il est mort ? demandai-je.
—Oui.
Sylphy ayant cessé d’attaquer, je m’approchai d’elle pour les voir de plus près. Sylphy était indemne, elle ne présentait aucune blessure visible et ne boitait pas. L’insecte géant, quant à lui, était dans un état tragique. Sylphy lui avait coupé la majorité de ses pattes et ses antennes, qui étaient probablement son arme la plus puissante. Sa tête, bien plus petite que je ne l’aurais cru, se trouvait à bonne distance du reste du cadavre.
Repose en Paix.
—Alors, qu’est-ce que c’était que ce truc ? On peut le manger ?
—Nous pouvons le faire, mais les parties les plus précieuses sont sa carapace et les glandes à venin situées dans son dos. Les pattes sont assez savoureuses si on les hache et qu’on les fait bouillir avec du sel.
—Et ses pattes arrière ?
—Nous ne pouvons pas les manger, la viande est trop dure. Par contre, ils font de très bonnes cordes d’arc.
—Huh, joli.
Je commençai à mettre toutes les pattes coupées et ses antennes dans mon inventaire.
—Qu’est-ce que je fais du corps ? Le mettre dans mon inventaire ? Je parie que je peux aussi le démembrer.
—Non, prends-le tel quel. Nous devons le ramener au village et faire un rapport à ce sujet.
—J’ai compris. Attends, hein ?
J’avais jeté un coup d’œil à mon inventaire et écarquillai les yeux sous le choc.
- Antenne de Gizma × 2
- Patte arrière gauche de Gizma × 1
- Patte de Gizma × 7
- Tête de Gizma × 1
- Patte arrière droite et corps de Gizma × 1
—Hé, c’était un de ces monstres des Grandes Terres Désolées d’Omitt ? demandai-je.
—Oui, c’est exact. C’est une partie relativement peu profonde de la forêt, mais les gizmas n’ont jamais pénétré aussi loin. Il doit y avoir quelque chose qui les pousse à venir ici.
Sylphy haussa les épaules en nettoyant sa machette à l’aide de la magie.
—Qu’est-ce que tu veux dire ?
—J’ai mentionné qu’un grand nombre de réfugiés ont perdu la vie dans les terres désolées il y a plusieurs années, n’est-ce pas ?
—Ouais. Ooh…
Je savais où elle voulait en venir. Le fait que tant de gens soient morts signifiait que leurs cadavres avaient été abandonnés dans les terres désolées. Les réfugiés en fuite n’auraient pas traîné les cadavres des membres de leur famille en échappant aux monstres.
—Tu veux dire que leur nombre s’est multiplié ?
—Je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, mais ce n’est pas difficile à imaginer, non ? De plus, nous n’avons pas vu de nouveaux réfugiés dans la forêt depuis deux ans, à peu près.
—Je vois…
En d’autres termes, les nombreux gizmas commençaient à déborder des terres désolées à la recherche de nourriture. Je supposais qu’ils n’étaient pas cannibales. Ce qui signifiait que j’avais peut-être couru un grand danger auparavant. J’étais allé jusqu’à la frontière entre la Forêt Noire et les terres désolées pour casser des pierres et autres ; si l’un d’eux m’était tombé dessus, j’aurais été fichu.
—Partons d’ici. Il y a toutes sortes de bêtes qui s’intéressent à cet endroit, dit Sylphy en commençant à marcher.
—D’accord.
Je la suivis, tremblant intérieurement de peur. J’avais vraiment eu de la chance.
Environ une demi-heure plus tard, nous étions enfin arrivés à une rivière, bien qu’il s’agisse plutôt d’un ruisseau de montagne.
—C’est une belle rivière, dis-je.
—Oui, les monstres ne vivent pas dans l’eau, donc nous sommes plus en sécurité ici. Mais c’est toujours un point d’eau, donc ils pourraient venir. Il ne faut pas baisser la garde.
—Ce serait effrayant.
J’avais sorti ma pelle en pierre de mon inventaire avec l’intention de l’utiliser pour ramasser le sable au fond de la rivière. J’avais dit à Sylphy qu’en la mettant dans mon inventaire, je devrais pouvoir distinguer le sable de fer du sable normal.
—C’est logique. Je crois avoir entendu un artisan du village dire un jour que les pierres qui sont rondes comme le poing sont du minerai de fer.
—Ah oui ? Dans ce cas, je vais simplement tout mettre dans mon inventaire.
Sylphy sourit ironiquement.
—Ne deviens pas fou maintenant. Tout est dans la modération.
Je suppose qu’elle avait raison de dire qu’il ne serait pas bon d’en prendre tellement que je détruirais l’écosystème. Je devais le faire avec modération. Mais j’avais aussi toutes sortes d’utilisations pour les pierres. Je m’étais déshabillé avant de plonger dans la rivière et j’avais commencé à ramasser du minerai et du sable de fer. La rivière n’était pas très profonde, probablement à peine un mètre. Le cours d’eau coulait à une vitesse modérée, donc je devais faire attention à ne pas trébucher.
—Daaang, c’est froid. Mais c’est un trésor de ressources.
Je balançais la pelle sous l’eau. Elle était assez lourde, mais elle semblait légère comme une plume quand je m’imaginais en train de cliquer avec le bouton gauche de la souris et que j’avais laissé mon pouvoir prendre le dessus. Après avoir ramassé un tas de sable de rivière, j’avais ouvert le menu d’artisanat pour voir à quoi il pouvait servir : je pouvais maintenant fabriquer du sable de fer, comme je le pensais. C’était génial !
Je fabriquais du sable de fer en arrière-plan tout en continuant à ramasser des pierres dans le lit de la rivière. La plupart d’entre elles étaient des pierres ordinaires, mais de temps en temps, je ramassais une sorte de pierre appelée « magnétite de rivière », qui devait être le minerai de fer rond dont Sylphy avait parlé.
Toute cette histoire de minerais me fait penser au mot s’more2. Je me demande si j’aurai encore l’occasion de manger un s’more. Probablement pas, hein ? Maintenant, j’ai un peu le mal du pays.
—Hé, mets ça dans ton inventaire ou je ne sais quoi pour moi.
Pendant que j’étais occupé à ramasser de l’eau dans la rivière, Sylphy avait attrapé une créature qui ressemblait à un croisement entre un lapin et une souris, et qui était assez grande pour être portée dans les deux bras.
—Bien sûr
Je fis ce qu’elle m’avait demandé et je vis que son nom était « Carcasse de Lapin ».
C’est un lapin ! Et il est vraiment énorme. Je crois qu’il y a des lapins qui font plus d’un mètre de long sur Terre, je les ai déjà vus sur Internet. Pourtant, il s’agissait de la taille d’un petit chien… Non, attendez, j’avais oublié à quel point c’était peu.
Je poursuivis donc ma collecte jusqu’à ce que je rencontre un petit problème.
—Je suis de retour. Qu’est-ce que tu fais maintenant ? me demanda Sylphy.
—J’ai froid… tellement froid…
La rivière était glacée. Je pensais pouvoir tenir alors j’avais continué pendant une heure et demie, mais j’avais fini par avoir froid jusqu’au cœur ; j’avais allumé une flamme dans mon four et j’étais actuellement en train de me réchauffer.
J’ai froid, d’accord ?!
—Tu es assis là, à te la couler douce pendant que ta maîtresse travaille dur ? Tu as du culot.
—Je suis désolée.
Cette fois, elle avait attrapé quelque chose qui ressemblait à un cerf. Il y avait une blessure le long du cou. Je m’étais demandé si elle avait réussi à le tuer en utilisant uniquement sa machette.
—Ce bola est très facile à utiliser. J’ai attrapé ce yakkey avec et j’ai à peine transpiré !
Ah, elle avait donc utilisé le bola que je lui avais donné auparavant. C’est logique, elle avait dû piéger ses pieds. Elle utilisait au mieux ce que je lui avais donné.
—Alors ce truc s’appelle un yakkey ? demandai-je.
—Oui, mais ne le range pas tout de suite. Je vais retirer ses organes et le refroidir dans la rivière.
—Vas-tu drainer son sang ?
—Ma priorité est de refroidir la viande. Sinon, elle commencera à sentir mauvais. Sors une corde.
—Huh, intéressant… Compris.
Je sortis une corde de mon inventaire et je la lui tendis. Sylphy accrocha habilement le yakkey à un arbre et commença à lui ouvrir le ventre. J’avais sorti la grande plaque de bois de mon inventaire et je récupérais les entrailles au fur et à mesure qu’elle les retirait. Ou du moins, j’essayais…
—Huuurk !
—Je me fiche que tu vomisses, mais fais-le là-bas.
J’étais loin de m’adapter à un travail aussi dégoûtant. Comme j’étais sur le point de répandre mes propres tripes, j’avais décidé d’aider en puisant et en purifiant l’eau de la rivière à l’aide des gourdes en bois que j’avais fabriquées pendant que j’avais encore chaud. C’est toujours mieux d’être préparé.
Peu de temps après, Sylphy avait fini d’éviscérer la carcasse et l’avait jetée dans la rivière avec sa peau encore intacte. J’avais essayé de ne pas regarder les organes dans l’assiette pendant que je les mettais dans mon inventaire.
—Ça devrait être bon.
—Je pensais que le fait de drainer le sang des animaux était important pour leur donner du goût.
—C’est vrai, mais il est plus important de refroidir la viande. Si tu ne le fais pas immédiatement, le sang restant commence à se putréfier.
Sylphy répondit à ma question sans faire de grimaces, tandis qu’elle lavait ses mains ensanglantées dans le ruisseau.
—Wow, je n’en avais aucune idée. Je suppose que c’est quelque chose que seul un chasseur peut savoir.
Je me demandais comment mon démembrement d’une bête se comparait. Ce n’était pas comme si la viande de lézard sentait mauvais ou quoi que ce soit d’autre. Je pensais que je m’en étais bien sorti. Probablement.
—Et le lapin que tu as attrapé tout à l’heure ?
—Je ne sais pas pourquoi, mais il ne commence pas à sentir si on ne le refroidit pas tout de suite. On peut attendre d’être à la maison pour le vider de son sang.
—Huh, je vois.
Je ne comprenais pas pourquoi, mais je respectais ses connaissances acquises par l’expérience. Je ne savais rien des animaux de ce monde, après tout.
—Et comment se présente ta récolte ? demanda Sylphy en regardant de côté mon four toujours en feu.
—Plutôt pas mal, en fait.
Je n’avais pas passé mon temps à ne rien faire. Je m’étais occupé du four pour extraire le fer du sable ferrugineux et des magnétites trouvées dans la rivière, afin de les utiliser pour la fabrication.
—Je pense qu’il est plus facile d’utiliser les minerais de fer que les armes et les armures rouillées comme matériaux. Je ne sais pas comment le dire, mais c’est comme si je pouvais en tirer davantage.
—Je n’ai aucune idée de ce dont tu parles, mais je suis heureuse que tout se passe bien. Qu’as-tu fait ?
—Ceci, ceci et ceci.
Je sortis une pelle, une pioche et une hache en acier fraîchement fabriquées.
—La chose la plus importante à faire en premier est de fabriquer les outils dont tu auras besoin pour collecter plus de matériaux.
—Pour que tu puisses rassembler les choses plus efficacement ?
—C’est ça. Celui-ci en particulier est impressionnant.
Je pris ma pioche en acier et la brandis plusieurs fois sur un rocher proche. Le rocher se brisa immédiatement en morceaux de minerai de fer, de pierres et d’une sorte de pierre qui brillait comme un joyau.
J’avais trouvé pas mal de pierres précieuses en cassant les rochers du coin. Jusqu’à présent, j’avais trouvé des grenats, des spinelles, des béryls, des topazes, des quartz et des améthystes. Mais je n’avais pas encore trouvé le moyen de les utiliser dans l’artisanat. Je m’étais dit que je pourrais peut-être les vendre. Je n’avais aucune idée de ce qu’était le système monétaire dans ce monde. Je devrais demander à Sylphy ce soir.
—Je ne peux même pas faire ça avec la magie de terre. Es-tu sûre que ton outil n’est pas enchanté ou quelque chose comme ça ? se lamenta Sylphy en inspectant la pierre précieuse brute que je lui tendais.
J’avais gloussé en tendant la pioche à Sylphy.
—Non, rien de tel. Tout ce que j’ai fait, c’est l’utiliser comme d’habitude et c’est ce qui s’est passé.
Elle avait essayé de frapper un rocher plusieurs fois, mais cela n’avait pas fonctionné comme pour moi. Cependant, elle avait réussi à la briser. Je devrais m’assurer de ne jamais, au grand jamais, la mettre en colère.
—Je suppose que cela signifie que tu es spécial, dit Sylphy.
—Heh. C’est vrai. Je suis tout à fait spéciale. Et c’est pourquoi tu dois faire tout votre possible pour prendre soin de moi.
—Je vais certainement essayer, dit-elle avec un visage impassible en rendant la pioche.
Sa réaction sérieuse m’avait un peu gêné. Je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’elle réagisse ainsi. N’aurait-elle pas dû afficher son sourire en coin pour faire une remarque désobligeante ?
—Euh, euh… Oui. Merci. Au fait, tu as faim ? demandai-je.
—Oui, je suppose que c’est midi. Déjeunons.
—J’arrive tout de suite.
Je sortis deux rondins de mon inventaire pour m’en servir comme chaises et les plaçai sur le sol, puis je sortis les sandwichs au lizaf que j’avais préparé ce matin et de l’eau potable. Nous étions maintenant prêts à manger.
—Je suis surprise qu’il soit encore chaud, dit Sylphy.
—Je ne sais pas exactement pourquoi, mais soit le temps s’arrête pour les choses que je mets dans mon inventaire, soit le passage du temps est extrêmement lent. En fait, j’ai mis l’amadou que j’ai allumé dans mon inventaire hier soir, et quand je l’ai ressorti tout à l’heure, il était encore allumé.
—C’est… étonnant. Est-ce que ton pouvoir ignore le cours naturel des choses dans notre monde ou quelque chose comme ça ?
—C’est en tout cas ce qu’il semble.
C’était incroyable de pouvoir tricher ainsi avec le temps. Cependant, je n’avais aucune idée de la manière dont cela fonctionnait. Mon inventaire était-il une dimension où le temps s’écoulait différemment ?
—Tu as aussi fabriqué une hache et une pelle, n’est-ce pas ? As-tu déjà essayé de les utiliser ? demanda Sylphy en mangeant son sandwich.
Hé, madame, ne commencez pas à me parler comme ça. Je vais m’étouffer.
Je bus de l’eau pour faire passer le reste de mon sandwich. Délicieux. Après quelques gorgées de satisfaction, je répondis :
—Oui, je l’ai fait. J’ai pu couper des choses deux fois plus vite qu’avant. Je pense que la pelle est plus facile à utiliser maintenant, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit plus efficace que l’autre.
—Je vois. Et si tu créais ensuite une gouge 3et un ciseau 4pour pouvoir faire des choses avec les pierres et les métaux ?
—Ooh. Maintenant que tu le dis, je les ai vus sur la liste.
Je n’avais aucune idée de leur utilité, et j’avais donc donné la priorité à la fabrication de la pioche, de la hache et de la pelle.
—Si tu peux en fabriquer, fais-le. Je suis presque sûr que les rochers d’ici devraient être bons pour faire des pierres à aiguiser aussi. Les artisans du village viennent parfois en chercher ici.
—Des pierres à aiguiser ? Ça, c’est important.
J’étais justement à la recherche de quelque chose pour garder mes outils bien affûtés.
De plus, maintenant que je disposais d’un approvisionnement sur en fer, je voulais fabriquer non seulement une gouge et un ciseau, mais aussi d’autres types d’outils.
—Dis, est-ce que je peux fabriquer d’autres types d’outils que la gouge et le ciseau ? demandai-je demandé.
—Oui, vas-y. Fais ce qu’il faut pour augmenter ton pouvoir.
—Aye aye, madame.
Puisque j’avais la permission de ma maîtresse, j’avais décidé de commencer à fabriquer toutes sortes d’outils en métal. J’avais fabriqué une gouge, un ciseau, une scie, une vrille, un rabot, une doloire et une lime, l’un après l’autre.
—Alors ? Comment ça se passe ? demanda Sylphy.
—Après avoir terminé la gouge et le ciseau, la liste des objets que je peux fabriquer s’est tellement allongée que je me sens un peu dépassé. Rien qu’en étant capable de travailler le métal et de créer des lames, j’avais atteint le point où je pouvais vraiment travailler le métal. Comment diable ai-je pu fabriquer la lame d’un couteau, par exemple, sans pierre à aiguiser ? Je suppose qu’il est un peu tard pour s’interroger sur la logistique de tout cela.
—Ma fonte de fer ne semble pas aller assez vite. Je vais chercher des pierres à aiguiser en attendant qu’elle se termine.
—D’accord. Je vais chercher d’autres proies. Mais je ne pense pas que je trouverai quoi que ce soit.
Sylphy jeta un coup d’œil au four en feu avant de disparaître dans la forêt.
Ah, j’ai compris. Les proies ont dû fuir à cause de l’odeur de la fumée. Je m’en excuse. Elle n’a pas dû se plaindre, car, comme elle l’a dit, l’objectif principal d’aujourd’hui était la collecte. En d’autres termes, elle voulait mieux comprendre mon pouvoir. J’ai une maîtresse bienveillante et généreuse. Je vais faire tout mon possible pour répondre à ses attentes.
—Comment diable utilises-tu ces choses ? J’ai penché la tête sur le côté, perplexe devant la gouge et le ciseau que j’avais entre les mains. Je les avais déjà vues, mais les avais-je utilisées ? J’avais une certaine pratique du marteau, de la scie, de la lime et de la vrille, mais je n’avais aucun souvenir d’avoir utilisé une gouge et un ciseau à bois.
J’étais presque sûr de pouvoir utiliser les deux avec un marteau.
—Il ne sert à rien d’y penser si fort, il vaut mieux essayer.
Ciseau et marteau en main, j’avais imaginé cliquer avec le bouton gauche de la souris sur un rocher. Aucune réaction. Peut-être m’étais-je trompé ?
—D’accord, essayons plutôt ceci »
J’avais remplacé le ciseau par la gouge et j’avais remarqué qu’il y avait des trous à la surface du bloc.
Et ? Qu’est-ce que je suis censé faire avec ça ? Est-ce que je peux avoir une sorte de tutoriel ?
Cependant, le menu d’artisanat ne m’avait rien indiqué, et rien ne s’est passé quand j’avais imaginé appuyer sur F1. C’était dommage.
—Hmmm ? Ah, je comprends maintenant.
Après plusieurs minutes d’efforts fatigants, j’avais enfin compris comment utiliser les deux outils. Avec la gouge, j’avais fait plusieurs trous. Ensuite, j’avais enfoncé le ciseau à l’intérieur de ces trous et j’avais frappé avec le marteau. Le bloc s’était fendu à l’endroit où tous les trous étaient alignés. Je pouvais librement extraire des blocs rocheux de cette manière, du moins dans une certaine mesure.
—Je ne sais vraiment pas quel était l’intérêt de cette démarche.
À vrai dire, je n’avais aucune idée de l’intérêt de ce processus. J’avais l’impression de ne pas avoir acquis grand-chose par rapport au temps que je passais à le faire… Oh, je pouvais utiliser les roches façonnées comme pierres de construction lorsque je les mettais dans mon inventaire. En d’autres termes, il s’agissait également d’outils de collecte de matériaux.
J’avais l’impression qu’il serait pénible de ramasser beaucoup de pierres de construction dans ce ruisseau de montagne. Il faudrait que je demande plus tard à Sylphy s’il y a un meilleur endroit pour s’en procurer. Après avoir cassé plusieurs rochers et ramassé ce qu’ils laissaient tomber, j’avais réussi à obtenir une pierre à aiguiser, et j’étais retourné à mon fourneau.
—Je n’arrive pas à croire que je puisse gagner autant d’argent maintenant.
Hmm, d’après le nombre d’outils dont je dispose actuellement… le moment de le faire ne tardera pas à arriver. Qu’est-ce que je voulais dire par « ça » ? Seulement un élément de base de tout le genre survival-sim. Ça. Il était apparu dans mon menu d’artisanat il y a quelque temps, mais je l’avais ignoré, car je ne disposais pas encore de tous les composants et outils nécessaires à sa fabrication. Maintenant que je les avais en abondance, il était à ma portée.
—Je crois qu’il est enfin temps… de fabriquer un établi !
Une fois la fabrication terminée, il était vraiment temps de créer des objets.
Il est temps de s’enflammer !
Il était temps de fabriquer un établi. J’avais donc vérifié à nouveau tous les matériaux dont j’avais besoin.
- Établi de base–Matériaux : Bois × 10, Clou × 40, Étau × 1, Boîte à outils de base × 1
J’avais suffisamment de bois et de clous. J’avais pu les fabriquer immédiatement. Le problème était l’étau et la boîte à outils de base.
- Étau–Matériaux : Fer × 20, Pièces mécaniques × 10
Oui, je devrais pouvoir y arriver. Mais la fabrication avait pris beaucoup de temps. J’avais pu fabriquer les pièces mécaniques après avoir fabriqué la gouge, le ciseau et la lime. Tant que j’avais les matériaux, les outils appropriés et suffisamment de temps, je pouvais fabriquer n’importe quoi, même si je ne savais pas comment c’était construit. Mes pouvoirs en matière d’artisanat étaient extraordinaires. J’ajoutais ce dont j’avais besoin à la file d’attente.
Par curiosité, j’avais créé une unité de « Pièces mécaniques » au nom ambigu et j’avais essayé de la sortir de mon inventaire. Je m’étais retrouvé avec des boulons, des écrous, des engrenages, des ressorts, de minces bâtons métalliques et des anneaux dont l’utilité m’était étrangère.
Je vois. Il faudrait vraiment du temps pour les fabriquer à la main. Pour l’instant, il faut plus de trente secondes pour fabriquer chacun d’entre eux. Je pense que je vais les fabriquer pendant que je cherche comment faire la boîte à outils.
- Boîte à outils de base–Matériaux : Boîte en bois robuste × 1, Outils en métal × 8, Pièces mécaniques × 2
Apparemment, tout ira bien tant que j’aurai huit outils différents en métal – je devrais être bon avec la scie, le marteau, le ciseau, la gouge, la lime, la cale, le rabot dur, et autres. Je peux fabriquer une boîte en bois solide avec du bois et des clous, ce qui ne pose pas de problème. Je suis un peu surpris de constater qu’un couteau est l’outil indispensable. Cependant, après y avoir réfléchi un peu, je peux voir comment cela pourrait être nécessaire. Et ugh, deux pièces mécaniques de plus ? Enfin, peu importe.
Quelque temps plus tard, j’avais terminé mon étau et ma boîte à outils de base, et il était enfin temps de fabriquer un établi. Mon long voyage touchait enfin à sa fin… Ou peut-être n’était-il pas si long que ça ? Grâce à Sylphy, j’avais pu commencer à fabriquer du fer tout de suite, et je me débrouillais plutôt bien, tout compte fait – en mettant de côté le fait que j’avais affronté un lizaf, que j’avais été battu par Sylphy, et que j’avais failli être battu à mort par une foule.
—Très bien. C’est fini.
Je l’avais placé immédiatement, même si cela faisait un peu bizarre de mettre un établi à côté d’une rivière.
—Mm-hmm, ça, c’est ce que j’appelle un véritable établi.
L’établi d’apparence robuste était équipé d’un étau et d’une étagère pour ranger les outils. C’est exactement ce que l’on imaginait d’un établi.

—Uh-huh… Je vois, je vois.
J’avais accédé au menu de l’établi et je jetais un coup d’œil à la liste des objets qui pouvaient être fabriqués. En général, il s’agissait de choses que j’avais déjà fabriquées manuellement, mais leur temps de fabrication était plus court. De plus, j’avais trouvé plusieurs nouveaux objets à fabriquer.
—Enfin ! C’est mon heure de gloire.
- Arbalète de base–Matériaux : Branche souple × 2, Bois × 2, Pièce mécanique × 1, Fibre × 20
- Arbalète–Matériaux : Branche souple × 2, Os d’animal × 2, Bois × 2, Pièce mécanique × 2, Fibre × 20
- Arbalète améliorée–Matériaux : Ressort en Acier × 1, Bois × 2, Pièce mécanique × 3, Corde d’arc résistante × 1
J’avais trouvé la renommée arbalète dans la liste, aussi pratique pour percer des trous dans la cotte de mailles que pour abattre des zombies. Dans les jeux, elles demandaient un peu plus de préparation que les arcs ordinaires, mais elles étaient puissantes. En revanche, leur vitesse de tir laissait à désirer. Je me demandais comment ils se comporteraient dans ce monde.
—Il semble que je puisse faire le modèle de base dès maintenant.
Je n’avais pas réussi à fabriquer des ressorts en acier avec mon four actuel. J’aurais probablement besoin d’un meilleur four ou de quelque chose que je pourrais utiliser pour le fabriquer. Pour une corde d’arc résistante, j’aurais besoin de tendons d’animaux ou de beaucoup de fibres et de colle. Je n’avais plus de tendons d’animaux, et si j’avais des fibres, je ne voyais pas de colle dans mon menu d’artisanat. J’avais probablement besoin d’une sorte d’équipement pour distiller des produits chimiques ou quelque chose comme ça.
Je pourrais aussi fabriquer des carreaux d’arbalète. Il fallait probablement des pointes de flèches en fer et du bois. Mais peut-être avaient-ils aussi besoin de plumes d’oiseaux pour l’empennage ?
J’avais essayé d’en faire un, et pour une raison inconnue, il était accompagné d’une plume. Qu’est-ce que c’est que ça ? Je ne devrais pas être trop surpris, cependant, puisque j’avais fabriqué des bouteilles d’eau en plastique à partir d’eau non bouillie contenue dans une gourde en bois.
Mieux vaut ne pas trop y penser. Oui, c’est vrai. Tant que ça marche, je m’en fiche. Mais que dois-je faire pour avoir un meilleur four ? J’ai probablement besoin d’un gros four en briques réfractaires ou quelque chose comme ça. Je pourrais même avoir besoin d’un modèle plus solide que le type à soufflet.
J’avais vérifié si le menu d’artisanat de mon établi contenait des soufflets.
—Non.
Cela signifiait probablement qu’il n’y avait pas beaucoup de différence entre un petit et un grand. Cependant, alors que je regardais le menu, je remarquai qu’il y avait maintenant une catégorie pour les améliorations.
- Amélioration de l’établi – : Pièces mécaniques × 10, Ressort en Acier × 5, bracelet en cuir × 2
Hmm… Donc, les ressorts en acier m’empêchent à nouveau d’avancer. Mon prochain objectif devrait être de fabriquer des équipements pour la production de fer avancé, alors. Pour cela, j’ai besoin d’améliorer mon four, en passant d’un four simple à un four normal, pensais-je en regardant le four simple.
—Hmm ?
Quelque chose d’autre fut ajouté à mon menu de mise à niveau.
- Amélioration simple du four… : Peau d’animal × 5, Brique × 50, Pierre à aiguiser × 3, Pièce mécanique × 10
—Hmmmmm ?
J’étais presque sûr que ce n’était pas le cas il y a une minute.
Pourquoi cela avait-il été soudainement ajouté ? Est-ce que c’était parce que j’avais progressé en niveau ou quelque chose comme ça ? Ou bien y avait-il une autre condition que j’avais remplie et qui m’avait permis de débloquer cette fonction ?
Hé, allez, maintenant ! Tu n’aurais pas pu m’en avertir ? Au moins, donnez-moi quelque chose pour que je sache quoi faire… Attends un peu.
J’avais imaginé appuyer sur la touche TAB pour ouvrir mon inventaire, puis j’avais regardé le menu.
—Il y a plus d’onglets maintenant. Avant, je n’avais que mon inventaire et le menu d’artisanat, mais maintenant il y a des onglets pour les statistiques, les compétences et les réalisations.
—Pourquoi n’ont-ils pas pu être déverrouillés dès le début ? gémis-je en regardant les onglets.
J’avais d’abord vérifié les statistiques. C’était assez simple. Mon état de santé actuel était explicite dans une certaine mesure. Ou plutôt, il y avait une barre de vie, et j’avais donc glané ce que je pouvais à partir de ces informations. Malheureusement, je n’avais pas de mesures numériques pour la force, l’agilité ou d’autres statistiques comme dans les jeux de rôle. Les seules informations disponibles étaient la faim, la soif, la santé, l’endurance, l’épuisement et la présence ou non d’un effet d’état anormal. Il convenait toutefois de préciser que j’avais des points d’expérience.
Je ne savais pas comment j’accumulais des points d’expérience, mais je connaissais mon niveau. J’étais au niveau 6 à l’heure actuelle. Je me demandais si cela servait à quelque chose de gagner des niveaux. Ensuite, j’ai vérifié les compétences, mais…
—Hmm… C’est difficile.
C’était là que mon niveau semblait avoir une véritable utilité. Plusieurs compétences étaient listées dans la colonne Compétences, et je pouvais dépenser des points de compétence pour les obtenir. Les compétences que je pouvais acquérir étaient classées en deux catégories : celles liées à l’artisanat et celles liées au renforcement physique. Pour l’instant, il y avait cinq options pour le type d’artisanat.
- Ouvrier qualifié : Le temps de fabrication est réduit de 20%.
- Producteur de masse : Lorsque vous fabriquez plus de dix exemplaires d’un même objet, le nombre de matériaux nécessaires est réduit de 10%.
- Bûcheron : Le nombre de matériaux végétaux obtenus est augmenté de 20%.
- Mineur : Le nombre de minéraux obtenus est augmenté de 20%.
- Anatomiste : Le nombre de matériaux obtenus à partir des corps est augmenté de 20 %.
Hmm. Il était difficile de choisir. Le « Producteur de masse » avait l’air bien à première vue, mais le fait de devoir fabriquer plusieurs choses à la fois pour obtenir le bonus n’était pas très attrayant. Il serait plus utile d’augmenter le nombre de matériaux que j’obtenais.
Je ne ressentais pas non plus le besoin d’avoir « Ouvrier qualifié » pour le moment, mais si j’avais des recettes qui prenaient plus de dix minutes ou une heure à réaliser, ce serait utile. Mes recettes actuelles prenaient environ dix secondes à réaliser, alors je ne pensais pas que la différence serait si grande.
J’avais donc regardé les compétences qui me permettraient d’améliorer mes capacités physiques :
- Coeur en bonne santé — : La vitesse de récupération de l’endurance est augmentée de 20%.
- Pieds Léger — : La vitesse de déplacement est augmentée de 10%.
- Bras Puissant — : Les attaques avec des armes de mêlée sont augmentées de 20%.
- Tireur d’élite — : Les attaques avec les armes à distance sont augmentées de 20%
- Peau de fer : Les dégâts subis sont réduits de 20%.
- Survivant — : Les points de vie sont augmentés de 10% et la vitesse de récupération des points de vie est augmentée de 20 %.
- Estomac reptilien — : La faim diminue 20 % plus lentement.
- Bosse de chameau — : La faim diminue 20 % plus lentement.
C’étaient les huit compétences qui m’étaient proposées actuellement. Je pensais qu’il serait judicieux de prendre immédiatement « Coeur en bonne santé », « Pieds Léger », « Tireur d’élite », « Peau de fer » et « Survivant ».
L’augmentation du taux de récupération de l’endurance serait bénéfique à la fois pour l’exploitation minière et le combat. Associée à la vitesse de déplacement, elle me permettrait de m’enfuir plus facilement. Je n’avais aucune expérience en matière d’armes de mêlée, ce qui signifiait que la compétence Tireur d’élite me conviendrait mieux. Il serait également bon d’avoir une Peau de fer au cas où je serais touché, et la compétence Survivant était certainement directement liée à l’augmentation de mon espérance de vie.
Je ne pensais pas avoir besoin des compétences pour la Faim et la Soif, car je prenais grand soin de m’assurer que j’avais les deux en abondance. Je suppose que cela pourrait être utile si je me rendais dans un endroit comme les Grandes Terres Désolées d’Omitt, où il était difficile de trouver des provisions. Hmmm. J’avais du mal à choisir. J’avais six points à dépenser en compétences. Je ne savais pas si je pourrais les récupérer si je changeais d’avis.
—Je pense que j’y reviendrai plus tard.
Ce n’était pas comme si je devais choisir ce que je voulais tout de suite. C’est ça. Ensuite, il est temps de vérifier les réalisations.
—Euh, c’est quoi tous ces points d’interrogation ?
- Créateur débutant — : Fabriquer un objet pour la première fois. *Déverrouille une compétence
- ??? — : Réalisation cachée.
- Cueilleur débutant — : Récolte pour la première fois. *Déverrouille une compétence.
- Mineur débutant — : Miner pour la première fois. *Déverrouille une compétence.
- Chasseur débutant — : Acquérir des matériaux à partir d’une créature vivante pour la première fois. *Déverrouille une compétence.
- ??? — : Réalisation cachée.
- ??? — : Réalisation cachée.
Tant de réalisations étaient verrouillées que cela ne m’avait pas servi à grand-chose. De plus, je n’avais aucune idée des conditions requises pour les débloquer. J’étais coincé dans un jeu de merde.
- Mon premier établi — : Fabriquer un établi pour la première fois.
- *Ajoute la possibilité d’améliorer chaque type d’établi et d’objets.
- *Ajoute les onglets Stats, Compétences et Réalisations au menu.
- *Déverrouille une compétence.
Voilà qui répond à une question que je me posais. J’avais l’impression que l’établi avait quelque chose à voir avec toutes ces nouveautés. Y a-t-il autre chose qui vaille la peine d’être noté ?
- Ma première copulation — : Copulé avec un membre du sexe opposé pour la première fois. Et tu as aimé ça aussi. *Augmente la santé et l’endurance de 10 points.
« Et tu as aimé ça aussi » ? Pardon ? Viens ici que je te botte le cul !
Et ce n’était pas ma première fois non plus, c’était… oh, attends une minute. Ça doit vouloir dire depuis que je suis arrivé dans ce monde. C’est logique. Et qu’est-ce que ça veut dire 10 points ? Il n’y a pas de chiffres dans mes statistiques, je ne peux donc pas vraiment juger.
- Technicien — : Satisfaire ton partenaire pendant la copulation. N’es-tu pas bon au lit ? *Les attaques contre le sexe opposé sont augmentées de 10%.
Qui a bien pu écrire cela et en quoi cela le concerne-t-il de savoir si je suis bon au lit ? Qui se réjouirait de ce succès après l’avoir lu ?
—Pourquoi fais-tu des grimaces ?
—Whaaa ?!
J’avais crié de surprise. Je n’avais même pas remarqué le retour de Sylphy.
—Ne t’ai-je pas dit que les monstres venaient parfois boire ici ? Si j’avais été l’un d’eux, tu serais déjà mort.
—Euh, oh, oui. Tu as raison. Je n’ai pas fait attention du tout. Désolé.
J’essayais de calmer mon cœur qui battait la chamade. Elle avait sans doute raison, j’étais trop imprudent. J’aurais vraiment eu des ennuis si un monstre agile s’était jeté sur moi.
—Quoi qu’il en soit, qu’est-ce que c’est ?
—C’est ce qu’on appelle un établi. Je vais pouvoir continuer à fabriquer toutes sortes de choses maintenant.
—Hmm. Eh bien, c’est une bonne chose que tu ais utilisé ton temps à bon escient. Je pense que nous devrions commencer à rentrer bientôt. Y a-t-il autre chose que tu dois récupérer ?
—Euh, désolé, mais donnez-moi un peu plus de temps avant de partir. Je prendrai ce dont j’ai besoin aussi vite que possible.
Je pris la compétence Mineur sur la page des compétences et je commençai à casser des rochers avec ma pioche et à creuser la terre. J’avais eu l’impression d’obtenir plus d’objets qu’avant. De plus, la pelle en acier était beaucoup plus efficace pour creuser que la pelle en pierre, donc c’était bien.
En une heure environ, j’avais réussi à constituer un stock important de minerais et d’argile, et nous avions décidé qu’il était temps de partir.
Comme j’ai une tonne de matériaux maintenant, je devrais lui demander si je peux faire un atelier dans son jardin quand nous rentrerons à la maison. Je pourrai enfin construire quelque chose. J’ai hâte d’y être !
—Le voilà enfin.
Je n’avais aucune idée du temps qui s’était écoulé depuis que nous avions quitté le ruisseau, car je n’avais aucun moyen de vérifier l’heure. Nous étions tout de même arrivés au village des elfes avant la tombée de la nuit. Malgré l’heure tardive, les gens travaillaient encore dur sur les maisons en rangée. J’étais très attentif aux regards perçants des réfugiés.
—Tu es fatigué ? me demanda Sylphy.
—Physiquement, je vais bien. Mais je suis un peu épuisé mentalement d’avoir été sur mes gardes tout le temps où nous étions dans la forêt.
—C’est une chose à laquelle il faut s’habituer, dit-elle en haussant les épaules, tout en continuant d’avancer.
Bien que j’aie toujours le collier autour du cou, elle n’avait pas attaché la chaîne. J’avais posé la question avant que nous n’approchions du village, mais elle m’avait dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle avait quelque chose de prévu. Je n’avais pas eu d’autre choix que de lui faire confiance. Nous étions arrivés à la porte, où un soldat elfe nous interpella, sans surprise.
—Hé, pourquoi il n’est pas en laisse ?
—Je ne vois aucune raison de répondre à une personne comme toi. Il y a quelque chose que je dois rapporter aux anciens tout de suite, alors dégagez de mon chemin.
—Saleté impure ! Tu oses te moquer ?!
Sylphy lui donna un coup de poing à la gorge à une vitesse fulgurante.
Aïe ! Elle n’a même pas hésité.
—Parle-moi encore une fois comme ça et tu souhaiteras être mort.
Tout était silencieux à l’exception de la voix glacée de Sylphy. J’avais eu peur de pousser un petit cri.
—Allons-y.
—Aye aye, madame. Disais-je en faisant un salut militaire avant de la suivre.
Je ne sais plus combien de fois je me le suis déjà dit, mais, cerveau, juste pour qu’on soit bien clairs tous les deux : rappelle-moi de ne jamais mettre Sylphy en colère.
—Hé, est-ce que tu as bien fait de faire ça tout à l’heure ? demandai-je doucement en trottinant derrière Sylphy pour la rattraper.
—Hmph. Même si ce n’était pas le cas, ce n’est pas comme si quelqu’un pouvait y faire quelque chose. Ils auraient des problèmes sans moi, après tout, répondit-elle.
—Vraiment ?
Hmm. Sylphy a-t-elle un pouvoir énorme dans ce village ? Ou est-elle simplement très respectée ? Pourquoi est-elle traitée comme si elle était intouchable ? J’étais curieux, mais c’était le genre de sujet qu’il valait mieux ne pas aborder en public.
—Je suppose que nous ne rentrons pas directement à la maison ? demandai-je.
—Je dois signaler aux anciens du village que nous avons trouvé un gizma dans la forêt.
—Ah.
Nous étions passés devant sa maison avant de nous enfoncer plus loin dans le village. Nous n’avions pas croisé beaucoup d’habitants. La plupart des elfes restaient-ils enfermés toute la journée ?
—C’est quoi ce grand bâtiment là-bas ? demandai-je.
—La salle d’assemblée. C’est là que toutes les personnes âgées se réunissent pour discuter et boire du thé toute la journée.
Sylphy sourit d’un air ironique et fit irruption à l’intérieur. Il n’y avait pas de gardes ou quoi que ce soit d’autre, personne ne pouvait l’arrêter.
—Oho. Je me demandais qui était venu nous rendre visite.
—Mon Dieu, mon Dieu, n’est-ce pas un plaisir de voir une jeune femme comme elle deux jours de suite ?
—Ho ho ho. Peut-être que demain, ce sera la fin du monde !
Une clameur de voix s’éleva dans toute la salle.
—Ne dites pas de choses aussi inquiétantes, dit Sylphy.
—Vous ne rirez plus quand vous aurez entendu ce que j’ai à dire.
Je sortis la tête de derrière Sylphy pour jeter un coup d’œil. Ce que je vis, fut une pièce aussi grande qu’un court de tennis. Le sol était recouvert de quelque chose qui ressemblait à des tatamis, et le plafond s’élevait au-dessus de nous.
Les voix que j’ai entendues provenaient d’elfes perchés sur des coussins posés à même le sol et sirotant du thé. D’après leur façon de parler, on aurait pu s’attendre à ce qu’ils soient une bande d’octogénaires grinçants, mais ils ne semblaient pas si vieux. Quelques-uns avaient l’âge de Sylphy, d’autres avaient l’air d’enfants. Quelques-uns avaient l’air légitimement vieux et ridés.
—Oh ? C’est l’humain que tu as trouvé dans la forêt ?
—Hmm, je ne sens pas beaucoup de capacités magiques chez lui.
—Beaucoup ? Je n’en sens aucune.
—Il est rare de rencontrer quelqu’un qui n’a pas un grain de magie en lui.
—Vous pensez que c’est ce qu’il est ?
—Il ne peut pas être un visiteur légendaire, n’est-ce pas ?
Ils parlèrent beaucoup. Sept personnes étaient assises au même endroit et quatre autres étaient postées un peu plus loin. Peut-être s’agissait-il d’assistants ou de quelque chose comme ça ? En tout cas, il y avait onze elfes en tout. Un seul était un homme, les autres étaient des femmes.
—Sylphy, mon enfant, qui est cet homme ? Tout ce que tu nous as dit hier, c’est que tu avais trouvé un homme et que tu allais en faire ton esclave, dit une femme.
—Ne m’appelez pas comme ça. Je suis ici parce que j’ai quelque chose à vous dire. Hé, prends une antenne. Ordonna Sylphy.
—D’accord.
Je fis ce qu’elle m’avait demandé et j’en pris une dans mon inventaire.
—Nous avons trouvé un gizma dans la forêt. Je pense que ce n’est que le premier signe d’un problème plus vaste, leur dit Sylphy.
—Hmm. C’est ce que nous craignions.
—Maintenant que l’un d’entre eux est entré dans la forêt, il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’ils n’apparaissent en masse.
—Nous pourrions les repousser si nous nous concentrons sur la défense du village.
—Mais qu’en est-il des hommes-bêtes ? Est-ce que nous les accueillons ici, dans le village puisque nous avons un vrai mur d’enceinte ?
—Ce n’est pas possible. Nous ne pourrons pas non plus nous occuper des champs magiques ou les récolter pendant que nous nous défendons. Nous n’aurons pas assez de nourriture pour eux non plus.
—Oui. Cela ne pourrait que se terminer par une destruction mutuelle si nous nous forcions à les accueillir sans être correctement préparés.
—Nous devrons leur demander de partir ou leur dire qu’ils peuvent rester à leurs propres risques
—Ils ne font que récolter ce qu’ils ont semé, si vous voulez mon avis.
Les anciens elfes avaient tous commencé à donner leur avis sur la situation en voyant l’antenne. Je regardais en silence derrière Sylphy. Ce qu’ils disaient ne laissait pas de place aux opinions contraires.
Bien sûr, ce n’est pas comme si je n’avais pas d’idées. Je n’avais aucune idée du nombre de réfugiés, mais j’imaginais qu’ils étaient nombreux. Une centaine ou deux au moins, très probablement. Mais n’était-il pas inhumain de les abandonner pour acheter la survie du village ?
Cependant, les elfes n’étaient pas obligés de se laisser entrainer à leur perte en même temps que les réfugiés. Les réfugiés avaient fui vers la Forêt Noire avec rien d’autre que les vêtements qu’ils portaient sur le dos, et les elfes avaient subvenu à leurs besoins jusqu’à présent, même s’ils n’avaient rien de valeur à leur offrir en retour. Il semblait juste de dire que le problème des gizmas n’avait commencé que parce qu’ils avaient eu tant de réfugié à dévorer. Je pouvais comprendre leur point de vue. Les anciens reprirent la parole.
—Hmm. Si seulement leur rempart était terminé.
—En effet. Les champs seraient alors également protégés.
—Nous n’avons pas d’autre choix que de convoquer les dirigeants des réfugiés et de discuter avec eux ce soir.
—En effet. Sylphy, mon enfant, parle-nous un peu plus de ton homme.
—Arrêtez de m’appeler ainsi.
Sylphy se hérissa, mais les anciens ne semblèrent pas le moins du monde troublés. Je fus impressionné.
—Tu as dit que tu voulais en faire ta propriété, car il a des compétences en sidérurgie, déclara un ancien.
—C’est exact, répondit Sylphy.
—Pourquoi as-tu couché avec lui dès la première nuit où tu l’as connu ? Tu n’as pas perdu de temps.
—Quoi ?!
La question abrupte laissa Sylphy abasourdie. Son visage devint rouge jusqu’aux oreilles.
Oooh… Il est rare de voir ma maîtresse toujours calme et sans peur dans cet état. Allez, les anciens, allez ! Faites-la se tortiller encore plus !
Les anciens s’expliquèrent.
—Ho ho. Je suis sûr que tu te demandes comment nous pouvons le savoir. Il se trouve, mon enfant, que lorsqu’une femme prend un homme, la nature de sa magie change légèrement.
—C’est un tout petit changement, mais c’est évident quand on est là depuis aussi longtemps que nous.
—Et dire que notre petite Sylphy a enfin décidé de s’épanouir malgré sa nature de garçon manqué.
—Mais cela nous inquiète, mon enfant. Il n’est pas convenable de traiter un esclave comme ton jouet.
—Mais les humains le font tout le temps. Ce n’est pas ce qu’ils font ces derniers temps ?
—La petite Sylphy suit les dernières tendances.
—Je n’en suis pas si sûr.
—C’est un bon moyen de perpétuer sa lignée familiale. Après tout, elle est la seule survivante de la lignée des Mérinard. Il n’y a pas de problème si vous voulez mon avis, même si son fétichisme fait froncer les sourcils.
Ma maîtresse tremblait de rage tandis que les anciens continuaient à parler d’elle. C’était adorable. Il semblait que personne parmi les anciens ne croyait que j’avais attaqué Sylphy. Même si j’avais des muscles de macho, Sylphy était plus que capable de se défendre, alors c’était peut-être une évaluation raisonnable. Une chose que l’un des anciens avait dit, piqua ma curiosité : la lignée des Mérinards. Sylphy avait donc un lien avec leur royaume, un lien direct si elle était une descendante de la famille royale. Cela fait-il d’elle une princesse ? Princesse Sylphyel, ça sonnait bien. Mais si elle était belle, elle était aussi trop puissante pour son propre bien.
—Assez de plaisanteries.
Après un moment de plaisanterie, un ancien attira l’attention des autres. L’atmosphère de la pièce devint étrangement lourde et leurs expressions devinrent graves.
—Sylphyel, fille de Merinard, je te demande : qui est cet homme ?
Je fus amusé de voir que Sylphy avait encore une légère trace de rougissement, mais elle répondit sans crainte et avec une expression résolue sur son visage.
Je n’en sais rien. D’après lui, il s’est retrouvé transporté à la frontière des terres désolées et de la forêt. Bien qu’il parle et comprenne notre langue, lorsqu’il me parle de sa patrie, ce sont des choses que je n’ai jamais entendues auparavant. Je ne peux qu’imaginer qu’il parle d’un monde complètement différent de celui de Leece.
Les anciens marquèrent une pause avant de donner leur avis.
—Je vois. Une personne sans magie apparue au seuil de la forêt, venue pour sauver notre peuple… Cela semble trop beau pour être vrai, compte tenu de nos circonstances actuelles.
—En effet. Cependant, compte tenu de la provenance de la légende, il est logique que ce soit lui.
—Cela fait de lui un visiteur légendaire, alors ?
—C’est la seule façon de voir les choses. Il n’y a pas encore assez de preuves pour en être sûr, mais c’est la seule conclusion que nous pouvons tirer de ce que nous savons.
—Alors peut-être devrions-nous le prendre en charge.
Tous les anciens me regardèrent en même temps. Sylphy m’attira dans ses bras pour leur cacher la vue.
Ahhh, c’est si agréable et si doux. Cela ne me dérange pas du tout.
—Non, non. Il est à moi, déclara-t-elle.
Mon cœur se mit à battre la chamade.
Hein ? Est-ce que ça veut dire que Sylphy a commencé une relation avec moi juste parce qu’elle voulait m’utiliser pour quelque chose ? Bah, je m’en fiche. Même si elle a fait tout ça parce qu’elle pense que je suis un Visiteur Légendaire ou qu’elle veut utiliser mes capacités, ça ne me dérange pas du tout tant qu’elle me traite comme ça. Alors s’il te plaît, continue à me chouchouter, Maîtresse.
—Tch. Tu ressembles vraiment à un garçon manqué par ton entêtement. Très bien, nous pouvons difficilement te l’arracher après que tu lui as offert ta chasteté.
En entendant cela, Sylphy me lâcha. Je m’accrochai à elle, mais elle me frappa à la tête et me détacha. Quelle cruauté ! Les anciens continuèrent à discuter entre eux.
—Mais qu’allons-nous faire ? C’est peut-être un visiteur légendaire, mais il n’a pas l’air différent d’un autre humain. Les réfugiés et les jeunes elfes ne l’accepteront pas si facilement.
—Alors, il faut qu’ils l’acceptent. S’il fait du bon travail, nous pourrons protéger le village et les réfugiés. Ce sera comme faire d’une pierre deux coups.
—C’est tout à fait logique. Comprends-tu aussi, mon enfant ?
—Oui, je comprends, répondit Sylphy.
—Comprends, mon enfant, que nous ne sommes pas satisfaits de la situation actuelle. Nous vous aiderons tant que le visiteur fable vous obéira, mais il nous faut d’abord une preuve de sa nature. Procédez avec la plus grande prudence dans cette affaire.
Sylphy acquiesça, tourna les talons et partit. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait, mais elle devait en avoir une. D’ailleurs, au vu de la tournure de la conversation, j’avais l’impression d’en savoir un peu plus sur la tournure des événements.
—Hé, toi.
Alors que je me retournais pour suivre Sylphy, l’un des anciens m’adressa la parole. Cela aurait été mal de l’ignorer, alors je m’étais arrêté et regardé en arrière. Celle qui m’avait parlé était une aînée qui ressemblait à une petite fille. Une loli qui parlait comme une personne âgée…ça me plaisait. Elle n’avait rien à envier à Sylphy.
—Nous n’avons pas encore entendu ton nom. Tu vas au moins nous le dire, n’est-ce pas ?
—Bien sûr, je suis Shibata Kousuke. N’hésitez pas à m’appeler Kousuke.
—Très bien, alors, Kousuke. Prends bien soin de Sylphy. C’est une pauvre fille.
—Je ferai de mon mieux, dis-je avant de prendre congé.
Je ferai de mon mieux, autant que cela puisse valoir quelque chose. Je doutais quand même d’en arriver à risquer ma vie pour elle. Probablement.
Nous étions arrivés à la maison, mais Sylphy était assise sur son canapé préféré. Elle ne buvait même pas d’hydromel. Elle restait là, assise, à se renfrogner en silence. C’était effrayant.
—Uhhh, um, estás bien ?
—Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est une sorte d’incantation ?
—Non, ça veut dire « ça va ? »
Du moins, j’étais à peu près sûr que c’était ce que signifiait. J’étais presque sûr de ne pas m’être trompé. Probablement.
—Je vais bien. Je pense juste à ce qui doit être fait.
—Tu veux dire ce dont parlaient les anciens ? Peux-tu m’expliquer ce qui s’est passé là-bas ? J’ai clairement eu l’impression que je devais faire quelque chose à propos des gizmas.
—Je ne sais pas ce que vous entendez par « impression », mais tu as raison. En gros, ils veulent que tu prouves que tu es un visiteur légendaire en utilisant tes pouvoirs pour sauver les réfugiés
—Ah. Donc, si je me souviens bien, ils disaient que c’était un problème que le rempart et les bâtiments résidentiels ne soient pas encore terminés ?
—C’est exact. Au rythme où ils avancent, il faudra encore une demi-année pour achever le projet. Nous n’avons aucune idée de la date à laquelle les gizmas commenceront à envahir la forêt, mais je doute que nous ayons autant de temps.
—Hmm, je vois.
D’après ce que j’avais vu, le rempart qu’ils construisaient était fait de pierres ou de briques. Il semblait que cela nécessiterait une grande quantité de matériaux.
—Je pourrais peut-être faire quelque chose à ce sujet.
—Quoi ?
Sylphy me regarda avec surprise.
—Je pense que je peux utiliser mon pouvoir pour terminer le rempart rapidement. Je ne l’ai pas encore testé, donc je ne peux pas en être sûr, mais j’aimerais essayer. En fait, j’avais prévu de te parler de la construction de quelque chose quand nous rentrerons à la maison.
—Dis-m‘en plus
—Aye, Aye, Mam’s. Mais je pense que ce serait plus facile si je te montrais. Allons dans le jardin.
Sylphy acquiesça et me suivit dans le couloir qui menait au jardin. Le sol était plat, c’était parfait.
—Je vais d’abord fabriquer du matériel.
Je plaçai le four simple, j’ajoutais du combustible et je le fis brûler puis j’insérai de l’argile pour commencer à fabriquer des objets. Je fabriquais des blocs de briques cuites, bien sûr. Je plaçai l’établi à côté du four et je commençai à fabriquer des blocs de mur en pavés en utilisant de l’argile et des pierres. J’allais fabriquer les deux types de blocs pour les montrer à Sylphy et lui demander de m’aider à choisir le type de bloc à utiliser.
—Et maintenant, il est temps de commencer à fabriquer mon matériau préféré. Je vais te montrer une capacité dont je ne t’ai pas encore parlé avant qu’elle ne soit terminée.
En fait, j’avais secrètement fabriqué des blocs de bois pour la construction. Dans les jeux de survie, il est bon d’avoir une sorte de bloc de construction enregistré dans ses raccourcis afin de pouvoir construire un mur à tout moment.
Je sélectionnai les blocs de bois dans mes raccourcis, et une version semi-transparente apparut dans ma vision, comme une sorte d’hologramme, pour montrer où je devais les placer. Comme je regardais en l’air, le bloc semblait flotter. Lorsque j’avais imaginé le sol, le bloc semi-transparent était tombé et s’y était fixé. Il semblait être un cube parfait d’un mètre de côté, mais j’étais capable de changer sa forme dans une certaine mesure simplement en l’imaginant. Je décidai de faire un mur de trente centimètres d’épaisseur et d’un mètre de côté.
—Voilà, disais-je
Le mur en bois apparut avec un thunk satisfaisant. J’avais essayé de le pousser et, pour une raison inconnue, il ne s’était pas effondré. Il était solidement fixé au sol.
—Qu’est-ce que… ?! dit Sylphy, surprise.
—Et ça, et ça, et ça.
—Huh ?!
Avec un thunk- thunk- thunk- thunk, j’avais continué à placer le mur. Avec deux mètres de haut, deux mètres de large et trente centimètres d’épaisseur, il était terminé. Il n’était peut-être pas très résistant, mais il semblait que je serais en sécurité si j’étais entouré de ce genre de mur. J’avais essayé de l’enfoncer, mais je n’avais pas réussi à la faire bouger.
—C’est ce que je voulais dire. Avec suffisamment de matériaux, je peux facilement construire un mur. D’ailleurs, j’ai fait exprès que ce mur soit mince. En fait, il peut être aussi grand que ça.
Avec un autre thunk- thunk- thunk- thunk, j’empilai quatre blocs de bois sans changer leur épaisseur, créant ainsi un mur de deux mètres de haut, deux mètres de large et un mètre d’épaisseur. J’avais essayé de lui donner des coups de pied, mais il n’avait pas bougé. J’étais sûr qu’il serait incroyablement difficile de le détruire sans un outil quelconque.
—Oh, et je peux faire un mur à peu près aussi grand avec un seul rondin.
La loi de la conservation de la masse avait dû partir en vacances. Sylphy regarda le mur, stupéfaite.
Ah, les briques et les pavés sont prêts.
—D’ailleurs, pour la construction d’un rempart, je recommande l’utilisation de ces briques ou de ces des blocs de pierre, dis-je en érigeant rapidement des murs de chaque type.
Je m’étais touché le front et j’avais baissé les yeux.
C’était le même genre d’expression que tout à l’heure ! Je sais, je sais !
—Mwa ha ha… Grâce à mes capacités, je régnerai sur la renaissance et la destruction…
Mon passage brutal en mode Roi Démon énerva Sylphy.
—Tais-toi, dit-elle d’une voix incroyablement effrayante.
—Oui, Maîtresse
Sylphy s’approcha de mes murs avec un regard effrayant. Elle testait leur toucher et leur solidité. Je l’avais observée du coin de l’œil pendant que j’ajoutais une arbalète à ma file d’attente d’artisanat. J’allais en fabriquer un de base et un normal, ainsi qu’une douzaine de carreaux d’arbalète. Ces carreaux étaient beaucoup plus courts et plus épais que les flèches que l’on utilisait avec un arc ordinaire.
En attendant que ma file d’attente se termine, je commençai à placer des troncs d’arbre pour les utiliser comme cibles à une courte distance. J’aurais préféré utiliser la carcasse du gizma, mais sa carapace était apparemment précieuse, et j’avais l’impression que Sylphy me battrait si je la criblais de carreaux. Après avoir installé quelques bûches, je retournai à l’établi pour constater que les arbalètes et les boulons étaient terminés. J’étais allé de l’avant et j’avais préparé une douzaine de boulons supplémentaires à fabriquer.
—Qu’est-ce que tu fabriques ? demanda Sylphy.
—Je viens de fabriquer une nouvelle arme, alors je voulais m’entraîner à l’utiliser.
J’avais décidé de tester d’abord l’arbalète de base. Elle avait l’air assez rudimentaire, ce qui était normal puisqu’elle était essentiellement faite de bois. Il y avait un anneau métallique à l’extrémité pour placer le pied afin de tirer la corde avec la force du dos. Il y avait aussi des parties métalliques où l’on accrochait la corde de l’arc et où se trouvait la gâchette.
—Whoa, c’est étonnamment difficile à utiliser.
J’avais essayé de tirer la corde de l’arc vers l’arrière ; cela m’avait demandé beaucoup plus d’efforts que je ne l’imaginais. Une fois la corde tirée, j’ai mis le carreau en place.
—Quel arc étrange ! Je ne peux pas imaginer que l’on puisse tirer plusieurs fois de suite comme avec un arc normal. Il a l’air difficile à manier.
—Tu as raison de dire que ce type d’appareil n’est pas adapté aux tirs rapides, mais il a ses avantages. Tu verras.
J’avais pointé l’arbalète et le réticule apparut en vue. J’appuyai sur la gâchette et le carreau avait volé avec un twang. Elle avait transpercé exactement l’endroit où j’avais visé le réticule. Je m’étais imaginé en train de faire un clic gauche et j’avais utilisé une commande d’action pour recharger.
—Attends, sérieusement ?
Mon corps bougeait tout seul. Je tirais la corde de l’arc avec ma main droite et j’avais rapidement mis le carreau en place. En faisant cela, je n’avais pas l’impression d’être beaucoup plus lent qu’avec un arc. J’avais tiré à nouveau et j’avais encore une fois atteint l’endroit que j’avais visé. Il y avait une certaine puissance de feu.
—Tu veux essayer ? Je pense que tu verras par toi-même à quel point c’est utile.
—Hmm…
Je lui remis l’arbalète. Sylphy la regarda attentivement puis tendit la corde.
—Nngh, oui, j’avais raison. C’est pénible.
—C’est vrai ? C’est pourquoi tu dois mettre ton pied dans l’anneau et utiliser les muscles de ton dos pour l’armer.
—Je vois. Et une fois qu’elle est tirée en arrière, tu places la flèche et tu appuies ensuite sur cette masse pour envoyer la flèche ?
Sylphy prépara l’arbalète comme je l’avais fait, visa et tira. Elle avait réussi son tir sans transpirer.
—Ah, je comprends maintenant. Comme tu n’as pas à tenir la corde, tu peux prendre ton temps pour viser sans te fatiguer, et tu peux tirer immédiatement une fois que la corde et la flèche sont en place.
—C’est exact. Et il n’est pas si difficile d’apprendre à utiliser une arbalète. Tant que tu as la force de la tirer, n’importe qui peut l’utiliser et atteindre sa cible, même ceux qui n’ont pas d’entraînement avec les armes.
—Donc tu dis que même les réfugiés peuvent aider à combattre ?
—Si on construit le rempart et qu’on fabrique assez d’arbalètes et de carreau, oui. Celle-ci est la plus basique, donc la plus faible. Je pense qu’elles seront assez puissantes à une distance raisonnable, mais je ne suis pas sûr qu’elles seront très utiles contre les gizmas ou quelqu’un en armure de fer.
—Je vois cela. Ils sont peut-être assez bons pour être utilisés sur les lizafs, mais ils ont besoin d’un peu plus de puissance.
Elles transperceraient facilement la chair vivante, si tu veux mon avis. Contre les humains, on pourrait les tirer à travers la visière d’un casque ou quelque chose comme ça.
—Ce type d’arc utilise des os d’animaux pour renforcer l’arc, dis-je
—Whoa, elle est encore plus difficile à recharger.
La structure de l’arbalète ordinaire n’était pas très différente. Cependant, comme la partie arc était semblable à l’arc composite, elle était encore plus résistante. J’avais réussi à rassembler ma force pour la charger, à placer un carreau et à tirer.
—Celle-ci semble beaucoup plus puissante, observa Sylphy.
—Oui. Il pourrait même fonctionner contre les gizmas.
—Essayons de le faire. Sors le corps du gizma et essaie de lui tirer dessus.
—Tu es sûr ? Je croyais que tu avais dit que sa carapace avait de la valeur.
—Oui, j’en suis sûr. Il est plus important que nous vérifiions l’efficacité de ces armes seront contre elle.
Puisque j’avais la permission de Sylphy, j’avais placé le torse du gizma à une courte distance et je lui avais tiré dessus avec l’arbalète normale. Le son de la flèche perça l’air en volant, transperçant la carapace du gizma si profondément que nous ne pouvions plus le voir.
—Elle semble assez puissante. Hé, tu as encore de l’armure rouillée ? Si c’est le cas, essayez de tirer dessus aussi.
—Aye, Aye, Mam’s.
J’avais encore une armure rouillée dans mon inventaire, alors je l’avais montée sur un rondin et je lui avais tiré dessus. Elle transperça facilement l’armure, s’enfonçant dans le tronc. J’avais également essayé de tirer avec l’arbalète de base, et bien qu’elle l’ait transpercée, c’était beaucoup plus faible.
—Il existe un autre type d’arbalète encore plus puissante que celle-ci, mais je ne peux pas la fabriquer sans les matériaux nécessaires. Il y a aussi quelque chose dont je voulais te parler.
—Quoi ?
—Cela ne te dérange pas si je construis un atelier dans ton jardin ? Je pourrai probablement faire des installations plus grandes et plus d’établis aussi.
J’avais l’impression que mon inventaire était limité. Aucun jeu de survie ne vous a jamais permis d’avoir un nombre illimité d’objets dans votre inventaire. La plupart d’entre eux imposaient des restrictions de poids ou un plafond sur le nombre d’objets différents que l’on pouvait transporter. J’avais quelques objets qui semblaient convenir pour stocker des matériaux, alors je voulais construire un endroit où je pourrais les mettre.
—Hmm. Très bien, alors. Tu peux utiliser l’arrière-cour comme bon te semble. Je ne manquerai pas de te faire savoir s’il y a quelque chose que je n’aime pas, dit Sylphy.
—Très bien. Je vais commencer tout de suite.
Tout d’abord, je détruis les murs en bois, en briques et en pierre à l’aide de ma hache et de ma pioche. Bien que les blocs ne soient pas revenus tels quels dans mon inventaire, j’ai pu récupérer environ 80 % de leurs matériaux d’origine. J’avais également enlevé les troncs, les armures et les carcasses de gizma que nous avions utilisés comme cible d’entraînement, ainsi que les carreaux d’arbalète que nous avions tirés.
—Dois-je faire quelque chose de ta réserve ? demandais-je.
—Laisse-la là.
—Compris.
Si elle me l’avait permis, je l’aurais aussi démoli, mais j’avais fait ce que ma maîtresse m’avait ordonné. Le terrain était large et plat, comme un terrain de sport, et je commençai à construire tout de suite.
—Le mieux serait de placer l’entrée de l’atelier le plus près possible du passage. Mais je devrais probablement laisser assez d’espace pour l’exercice, n’est-ce pas ? Nous pourrions avoir besoin de cet espace pour tester des armes comme nous l’avons fait tout à l’heure.
—Oui. Ne transforme pas tout mon jardin en ton atelier.
—D’accord.
Il y a aussi le fait que nous avions déjà utilisé cet espace pour nous baigner. Cela étant, je veillerai à laisser un espace assez large à l’entrée du passage. Il ne me restait plus qu’à réfléchir au modèle d’atelier que je souhaitais.
—Je suis moi-même un fan des maisons de survie cinq par cinq.
Dans les jeux de survie, il y avait beaucoup de gens qui aimaient être très créatifs et construire d’énormes maisons. Ces gens-là étaient des acharnés de la construction ; les maisons qu’ils créaient étaient certainement impressionnantes. Je les considérais comme une sorte d’œuvre d’art.
Toutefois, ces personnes utilisaient généralement le mode créatif du jeu, qui permettait un accès illimité aux matériaux. Bien sûr, il y avait eu des gens qui construisaient ces maisons dans le mode normal du jeu, mais c’était plutôt un défi qu’ils s’imposaient à eux-mêmes. Si je devais dire, j’étais plus du genre stratégique que créatif, donc je donnais la priorité à la fonctionnalité. Ce n’est pas comme si je ne m’étais pas donné la peine de commencer puisque je n’avais aucun sens artistique ou quelque chose comme ça. C’est juste que je n’aimais pas que les choses soient gaspillées. Tout d’abord, je fabriquai un plancher avec des blocs de bois. Cela me permit de visualiser la taille totale de l’atelier.
—Là, là, là, là, là.
En reculant, je posais des blocs en ligne droite. Avancer à reculons était la clé pour poser des sols et des murs. J’avais posé le sol par rangée, comme on plante du riz. J’avais décidé de faire un sol de 25 centimètres d’épaisseur. En d’autres termes, j’avais rapidement posé des blocs de bois d’un quart de leur hauteur normale. J’avais ensuite travaillé sur les murs. Je ne pensais pas qu’il était nécessaire d’avoir des murs épais, alors j’avais rapidement fait un mur de 30 centimètres d’épaisseur. Les murs mesuraient 3 mètres de haut le long de l’entrée et 2,5 mètres à l’arrière pour former une pente. De cette façon, une fois que j’aurais fini de faire le toit, l’eau ne déborderait pas sur l’entrée lorsqu’il pleuvrait. Même si j’étais plutôt du genre maison de survie de cinq par cinq, je n’allais pas rendre le toit plat. Tout serait trempé à la moindre pluie, et j’avais l’impression que le toit s’effondrerait s’il neigeait beaucoup.
Finalement, j’avais ajouté la porte, et c’est là que je remarquai quelque chose.
—Merde, il fait sombre ici.
Je devais ajouter des lucarnes. J’avais cassé une partie du mur et j’avais ajouté un trou pour faire entrer la lumière près du plafond. Voilà, cela a apporté de la lumière. Je regardai l’intérieur.
—Il y a quelque chose qui me fait vraiment peur.
Heureusement, il était assez solide sans piliers ni poutres, mais il y avait quelque chose dans l’aspect de l’endroit qui me mettait mal à l’aise. J’avais utilisé mes blocs de bois pour ajouter des poutres au plafond, puis j’en ai moulé d’autres pour qu’elles ressemblent à des piliers et je les ai placées à huit endroits.
Ils sont là. Ils n’étaient là que pour la décoration, mais pour une raison ou une autre, je me suis sentie plus à l’aise. Je suppose que les apparences sont vraiment importantes.
J’avais prévu qu’il s’agisse d’un simple bâtiment de cinq mètres sur cinq, mais à présent, il ressemblait probablement à une simple cabane. J’avais regardé autour de moi pour dire à Sylphy que j’avais terminé, mais elle avait disparu. Je supposai qu’elle était rentrée, alors je l’avais cherchée et je l’avais trouvée en train de préparer le dîner. Allait-elle nous le préparer ce soir ?
—J’ai fini de construire mon atelier, lui dis-je.
Elle était restée un moment sans réponse.
—Je ne pense pas que cela fasse déjà une demi-heure.
—Tant que les matériaux sont prêts, la construction est un jeu d’enfant.
J’avais emmené une Sylphy étonnée à l’extérieur.
Oups, j’ai failli oublier de prendre l’établi.
—Tu l’as vraiment terminé, dit-elle.
—Cela m’a tout de même coûté une bonne partie de mon bois. Je dois me réapprovisionner.
J’avais utilisé environ la moitié des matériaux de bois que j’avais ramassés aujourd’hui, donc ce n’était pas comme si j’étais complètement à court de matériaux pour l’instant.
—Nous irons te réapprovisionner plus tard, dit Sylphy en jetant un coup d’œil à l’intérieur.
—Il y a quelque chose d’étrange dans cet endroit, mais ça ressemble à une cabane normale.
—C’est probablement parce que je ne l’ai pas construit comme vous le feriez normalement, alors tu devrais l’ignorer.
—C’est peut-être ça. Cependant, il ne semblait pas si facile pour elle de se débarrasser de cette sensation puisqu’elle commença à frapper et à pousser les murs et le sol, testant leur solidité.
—Ça a l’air assez solide.
—Oui.
En vérité, je n’avais aucune idée de la quantité de dégâts que ma cabine pouvait subir avant d’être complètement détruite, mais je doutais qu’elle s’effondre soudainement sur moi à cause d’un usage normal.
—Il ne me reste plus qu’à installer mon établi et mes affaires ici.
—Bien sûr, fait ce que tu veux. Cet endroit est ton château.
—Je vous remercie. Ma maîtresse m’apporte une telle joie. Alors, à propos du rempart…
Sylphy me fit soudain taire en pressant son index sur mes lèvres. Je me demandais pourquoi elle me demandait de ne rien dire.
—Nous pourrons en discuter longuement après le dîner. Je ferai la cuisine ce soir.
—Super, j’ai hâte de découvrir à quel point tu es une bonne cuisinière. Mais pourquoi ce changement ?
J’étais restée perplexe, surtout après qu’elle se soit montrée si enthousiaste à l’idée qu’un esclave puisse faire la cuisine à sa maîtresse. Sylphy ignora ma question et gloussa, un sourire audacieux s’affichant sur son visage.
—Tu es peut-être encore mon esclave, mais je suis ta femme maintenant puisque je t’ai donné ma chasteté. C’est le travail d’une femme de montrer sa reconnaissance à son mari qui travaille dur en cuisinant, n’est-ce pas ? me chuchota-t-elle à l’oreille.
—Whoa ?!
J’avais crié de surprise, ce qui fit sourire Sylphy de satisfaction alors qu’elle quitta la cabine. Mon oreille était étrangement chaude.
—Qu’est-ce qui vient de se passer ? Oh mec, oh mec, oh mec.
Ses compliments soudains m’avaient laissé à court de mots.
Il faut que je me ressaisisse avant de rentrer, sinon je risque de la draguer pendant qu’elle cuisine. La dernière chose que je souhaite, c’est de recevoir un coup de pied dans les noix parce que je me suis laissé emporter.
—Merci pour le repas.
J’avais joint mes mains en signe de gratitude avant de commencer à manger le repas maison de Sylphy.
—De rien
Aujourd’hui, nous allions manger… Voyons voir. Diverses sortes de légumes finement hachés et râpés, frits avec de la viande hachée, puis mijotés avec des haricots, de l’hydromel et des épices. Cela me rappelait la cuisine indienne. Il y avait aussi du pain fait avec la même farine que celle que j’avais utilisée. Le sien était beaucoup plus moelleux que le mien. La différence était peut-être due au fait que je n’avais pas laissé la pâte lever correctement. Cependant, j’avais eu l’impression qu’elle n’avait pas pris beaucoup plus de temps que moi pour le faire cuire.
—Comment est-ce ? demanda Sylphy.
—C’est très bon. J’aime comme c’est épicé.
—Oh, c’est bien.
Oh, Maîtresse. Vous ne devez pas. Vous ne devez pas, Maîtresse ! Ahhh ! Te voir sourire comme ça, c’est la fin pour moi ! Ahhh ! Ne fais pas ça ! Arrêtez, s’il vous plaît, Maîtresse !
—Pourquoi tu te tords dans tous les sens ? demanda Sylphy.
—Tu es tellement mignonne que ça fait mal
—Qu’est-ce que tu racontes ? rétorqua-t-elle en rougissant légèrement.
Franchement, ça se retournait contre elle.
Calme-toi, Kousuke. Reste calme. Nous sommes sur le point d’avoir une conversation sérieuse, alors calme-toi, pensai-je, en essayant de retrouver le peu de nature de Bouddha que j’avais en moi pour tenter de retrouver mon calme.
Ce sur quoi je devrais me concentrer en ce moment, c’est sur la nourriture.
—Avais-tu ce genre de nourriture dans le monde d’où tu viens ?
—Ce n’est pas tout à fait la même chose, mais nous avons eu quelque chose d’assez similaire. Cela me rappelle un peu une cuisine que l’on trouve dans un pays assez éloigné de celui où j’ai vécu.
—Hmm, ça doit avoir un goût assez différent de ce à quoi tu es habitué.
—Oui, c’est vrai, mais je trouve que c’est vraiment délicieux.
Je ne savais pas si j’allais pouvoir retourner sur Terre, mais si j’étais coincé ici pour le reste de ma vie, alors cela allait devenir le goût de la maison.
Il faudra que je demande à Sylphy de m’apprendre à le faire plus tard.
—Je veux que tu m’apprennes à faire de la nourriture d’où tu viens, dit Sylphy.
—D’accord, je vais faire de mon mieux pour trouver comment la recréer. Nous ne pourrions pas recréer fidèlement la cuisine japonaise sans miso et sauce soja, ni kombu et flocons de bonite, si nous voulions faire quelque chose de substantiel avec la soupe.
Peut-être pourrais-je les fabriquer ? Hmm, il faudra que j’ajoute cela à ma liste de choses à faire.
La conversation sur le dîner s’était arrêtée sur le sujet des aliments et des assaisonnements que l’on trouvait dans nos mondes. Une fois le repas terminé, nous nous sommes installés sur le canapé en rotin pour nous détendre. C’est du moins ce que je croyais, mais il s’agissait plutôt d’une conversation sérieuse.
—De quoi devrions-nous parler en premier ? demanda Sylphy.
—Hmm, je suppose que nous devons préciser les détails de notre plan pour le rempart.
Sylphy avait revêtu des vêtements décontractés ; elle me tendit de l’hydromel dans une tasse en porcelaine, puis prit une tasse pour elle et me la tendit.
—Tu portes des toasts ici aussi ? demandai-je.
—Je suppose que les gens ont les mêmes coutumes, quel que soit l’endroit où ils vivent, lorsqu’il s’agit de choses comme l’alcool.
Nous avions entrechoqué nos verres et bu. C’était sucré. Une fois de plus, je devais faire attention à ne pas tomber dans l’excès.
—Alors, le rempart…, commença Sylphy
—Je pense qu’il fonctionnera si on le fait en brique ou en pierre comme tu me l’as montré tout à l’heure. Nous pourrons peut-être rassembler les matériaux à temps si nous demandons de l’aide aux réfugiés.
—À long terme, la brique serait probablement la meilleure solution. Le mur de pierre a l’air d’avoir été fait de manière simple, mais il est en fait composé de roches assemblées. Je pense qu’il faudrait un certain temps pour apprendre à le réparer et à le reproduire.
Sylphy m’avait dit qu’il y avait des gens parmi les elfes et les gens de Merinard qui savaient poser des briques avant qu’elle ne boive un autre verre de son hydromel. Elle ne le buvait pas directement à la bouteille aujourd’hui.
—Nous aurons besoin de beaucoup d’argile et de carburant.
—Je peux les extraire, ou nous pouvons utiliser les réfugiés pour accélérer les choses.
—D’accord. Qu’est-ce qu’on fait pour les gizmas ?
—Je pense que nous pourrons les repousser si nous construisons le rempart et si je fabrique beaucoup d’arbalètes.
—Tu as raison de dire que ces arcs ont bien fonctionné contre sa carapace. Penses-tu pouvoir en fabriquer suffisamment ?
—Si tu veux en avoir pour tout le monde, je manque d’os d’animaux. Les autres matériaux sont plus faciles à trouver ; nous devrons juste couper des arbres et ramasser plus de minerais de fer.
En coupant des arbres, j’obtiendrai tous les matériaux dont j’ai besoin, à part le fer et les os d’animaux. Je n’avais pas besoin de beaucoup de fer pour les pointes de flèches. Si les choses ne se passaient pas bien, je pourrais probablement me contenter de ce que j’ai collecté aujourd’hui.
—Combien y a-t-il de réfugiés au total ?
—312, aux dernières nouvelles. Un peu plus de 80 % d’entre eux peuvent travailler – les autres sont des personnes âgées, des enfants et des blessés.
—Même les enfants peuvent participer en portant des flèches. Penses-tu que 300 arbalètes suffiront, y compris pour les réserves ?
Je fis un peu de calcul mental pour déterminer le nombre de matériaux dont nous aurions besoin.
À partir d’un arbre, je peux obtenir une bûche, six branches souples, 18 branches et 100 fibres. À partir d’une bûche, je peux obtenir 24 blocs de bois, et si j’obtiens quatre branches souples à partir d’un bloc de bois… Le calcul mental, c’est difficile ! Mais je pense que je peux fabriquer 300 arbalètes si nous coupons 50 arbres. Avec une hache en acier, je peux abattre 30 arbres en 30 minutes, je devrais donc pouvoir en rassembler suffisamment en moins d’une heure.
—Oui, je suis presque sûr que les os d’animaux seront le problème. Nous devrons les obtenir de monstres aussi gros que les lizafs, au minimum. Ils sont nécessaires pour renforcer l’arc.
—Hmm, des os d’animaux… Tu ne peux pas utiliser la carapace de gizma à la place ?
—Hein ?
Je n’avais même pas envisagé cette possibilité.
—C’est assez similaire, n’est-ce pas ?
—Je… crois… ? Cela signifie-t-il que je suis autorisé à l’utiliser comme je le veux ?
—C’est nous qui l’avons abattu, nous pouvons donc l’utiliser comme nous le voulons, n’est-ce pas ?
—Mais tu as dit qu’il avait de la valeur.
—C’est vrai. N’as-tu pas récupéré un tas de pierres précieuses brutes sur ces rochers ? Elles valent bien plus que la carapace.
Sylphy sourit. Le regard qu’elle portait me disait qu’elle préparait quelque chose.
—Oh ? D’accord, alors je vais le démembrer.
—Vas-y
Comme elle m’avait donné sa permission, j’avais commencé à démembrer les jambes et le torse du gizma dans mon inventaire. Je m’étais retrouvé avec beaucoup de choses : des carapaces de gizma, des tendons coriaces, de la viande d’insecte, des glandes à venin de gizma, et ainsi de suite. J’avais vérifié dans le menu d’artisanat, et les carapaces de gizma comptaient bien comme des os d’animaux.
—On dirait que tu as raison, lui dis-je.
Les tendons résistants pourraient également être utilisés à la place de la corde d’arc résistante pour l’arbalète améliorée. Je commençais à mieux apprécier les gizmas. Ils représentaient en fait un trésor de ressources difficiles à obtenir.
—Au fait, il y a quelque chose qui m’intrigue : comment se fait le commerce dans ce village ? demandai-je.
—Pas de manière très complexe, car nous distribuons de la nourriture à tout le monde en fonction des besoins. Cependant, nous pratiquons le troc pour obtenir de la nourriture ou des boissons de luxe, des bijoux, des armes, des armures, etc. La viande est considérée comme un luxe dans ce cas.
—Je vois. Et la solide carapace du gizma peut servir à beaucoup de choses.
—C’est vrai. La bonne personne peut en faire des armures, des armes, des décorations – il y a toutes sortes d’utilisations pour des choses que nous utilisons tous les jours. La viande de gizma est aussi un aliment de luxe, et ses glandes à venin sont des ingrédients précieux pour la médecine. Les antennes et les tendons de ses pattes peuvent être utilisés pour fabriquer des cordes d’arcs et d’instruments. En fait, nous pouvons utiliser pratiquement toutes les parties de l’animal. Cependant, nous les chassons rarement pour cela, car ils sont très dangereux.
—C’est logique. Au fait, je me suis retrouvé avec une tonne de viande d’insecte.
—C’est vraiment savoureux.
—D’où je viens, nous ne mangeons pas vraiment d’insectes. J’avais entendu dire que les larves d’abeilles et les sauterelles de riz bouillies dans de la sauce soja et du sucre étaient populaires dans certaines régions du Japon, mais je n’en avais jamais mangé moi-même. Pourtant, selon la façon dont on y réfléchit, les crabes, les crevettes et les palourdes sont un peu comme des insectes ?
—Quel goût ça a ?
—Cela dépend de la partie que tu manges, mais il est généralement tendre et a une saveur légère. Tu peux le faire bouillir avec du sel ou le faire cuire dans de l’huile avec du galik ou du pepal avec du sel.
Galik n’était manifestement que de l’ail, et pepal était une sorte d’épice, comme un assaisonnement au poivre rouge. D’après sa description, cela ressemblait plus à du crabe ou à une sorte d’écrevisse.
Je pense que je vais essayer de ne pas le détester immédiatement sans l’avoir essayé.
—Cependant, il ne se conserve pas très longtemps. Laissez-le dans ton inventaire pour l’instant, avertit Sylphy.
—Je le ferai.
J’attendrai demain pour essayer.
—Au fait, il y a beaucoup d’autres choses que je voudrais te demander, mais…
—Ma lignée familiale ?
—Qu- !
J’aurais vraiment aimé qu’elle arrête de se pencher soudainement pour me chuchoter à l’oreille. Cela me faisait sursauter à chaque fois.
—Es-tu sûr de vouloir me demander cela ? Tu pourrais bien regretter de l’apprendre.
—Mais tu es ma maîtresse, à laquelle je tiens tant. Je veux tout savoir sur toi.
Mon regard se mit à errer dans la pièce. Elle était si douce et je sentais une odeur sucrée. Peut-être était-ce simplement le parfum de l’hydromel, mais je n’avais pratiquement aucune expérience des femmes qui me faisaient des avances comme ça. J’étais perdu.
—C’est une chose admirable à dire. Mais je n’ai pas l’intention de te le dire. Si tu veux vraiment savoir, tu devras m’y obliger.
Sylphy gloussa en commençant à me sucer le cou.
Ah, c’est ce qu’elle voulait dire par la forcer ? Très bien. Moi, Kousuke, je suis prêt à relever le défi.
—Comme tu l’as peut-être deviné, je suis apparenté à la famille royale Merinard. En fait, laisse-moi te l’expliquer : Je suis une descendante directe, dit soudainement Sylphy après quelques échanges.
Elle était enfin prête à parler après que je l’ai chouchoutée avec ardeur.
—Tu es donc une princesse. Que fait une princesse toute seule dans la Forêt Noire ?
—La tradition veut que les membres de la famille royale se rendent dans la Forêt Noire dès qu’ils atteignent l’âge de dix ans pour y être éduqués par les elfes pendant les dix années suivantes.
—Je vois.
Elle n’était donc pas un otage. Elle avait parlé d’échanges commerciaux entre la Forêt Noire et le Royaume de Mérinard, je suppose qu’ils devaient avoir cette coutume pour ne pas oublier qu’ils étaient des elfes dans l’âme, même s’ils ne vivaient plus dans la forêt.
—À l’époque, j’avais la peau plus pâle. Ma poitrine était aussi plate qu’une planche et j’étais beaucoup plus mince. Je suis sûre que tu n’aurais jamais pu l’imaginer si tu ne m’avais connue que telle que je suis aujourd’hui, dit Sylphy.
—Tu as raison, mais j’aime ton corps tel qu’il est »
—Mm. Hey, on est en train d’avoir une conversation sérieuse, alors ne touches pas à ça.
Elle m’avait pincé le dos de la main.
Aie.
—Ça n’a rien à voir, mais combien de temps vivent les elfes ?
—Nous vivons beaucoup plus longtemps que les humains. J’ai entendu dire que nous vivions en moyenne jusqu’à 500 ans, mais le plus âgé des anciens a plus de 700 ans.
—Whoa, c’est assez long »
Sylphy avait mentionné que le Royaume de Merinard était devenu un État vassal du Saint Royaume il y a environ vingt ans. En supposant que Sylphy vivait déjà dans la Forêt Noire à cette époque, elle devait avoir entre dix et vingt ans. D’après ce qu’elle venait de me dire, cela signifiait que Sylphy avait entre trente et quarante ans à l’heure actuelle. Si les elfes vivaient en moyenne jusqu’à 500 ans et 700 ans s’ils avaient de la chance, cela signifierait qu’ils pourraient vivre environ dix fois plus longtemps que les humains. Donc, pour calculer l’âge de Sylphy en années humaines, cela signifierait qu’elle avait entre trois et quatre ans… ? Hein ? J’avais l’impression d’être une sorte de criminel tout d’un coup.
—Pourquoi es-tu si silencieux ? demanda Sylphy.
—Euh, je pensais juste à la longévité des elfes et à l’âge que tu aurais en années humaines.
Sylphy me regarda avec perplexité, puis éclata de rire.
—Aha ha ha ha ha ! Je suppose que si l’on calculait mon âge en années humaines, je serais un bébé ! Nous, les elfes, atteignons la maturité vers l’âge de vingt ans. Ensuite, nous cessons de vieillir et ne changeons plus beaucoup jusqu’à l’âge de 500 ans environ. Du point de vue des humains, on peut dire que nous restons jeunes très longtemps. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter.
—C’est un soulagement.
Il n’y aurait pas de quoi rire si elle était vraiment considérée comme une enfant de trois ou quatre ans. Cela dépassait largement le seuil de ce que je pouvais tolérer.
—Cependant, je suis toujours considéré comme un jeune parmi les elfes. Ohw, Kousuke pwefuh si j’étais encow plus jeunew ?
J’avais éclaté de rire devant son faux langage de bébé. Il n’y avait aucune chance qu’un enfant de quatre ans puisse être aussi empoté.
—Je n’avais pas réalisé que tu avais ce côté ludique, dis-je.
—Il faut que tu saches que la jeunesse d’un elfe est précieuse. À mon âge, nous sommes généralement encore assez enjoués. Nous aimons aller à la campagne et cueillir des fruits et des fraises sauvages, et nous nous amusons à aider nos parents dans leur travail.
—C’est vrai ?
—C’est vrai. Mais ma patrie et ma famille m’ont été enlevées par le Saint Empire. Je dois la reconquérir et protéger mon peuple qui s’est réfugié ici. J’ai dû grandir vite, malheureusement.
—Et c’est pourquoi vous espériez m’utiliser, moi, le Visiteur légendaire.
L’expression de Sylphy se figea à mes mots.
—Le Visiteur légendaire est censé sauver les elfes de la Forêt Noire lorsqu’ils en ont besoin. Tu espères utiliser ce pouvoir pour récupérer le royaume de Merinard. C’est pour cela que tu m’as donné ta chasteté avant de dire aux anciens qu’il était fort possible que je sois ce visiteur, juste au cas où ils décideraient de m’emmener.
L’expression de Sylphy s’assombrit, mais elle hocha la tête en signe de résignation.
—C’est vrai.
—C’est bon, ça ne me dérange pas. Je comprends ce que tu ressens.
Il n’y avait pas grand intérêt à ce que je m’en préoccupe – ou, plus exactement, il n’y avait pas d’inconvénients à cette situation pour moi. Sylphy avait plus de mal que moi. Même si elle était plus âgée que moi, elle était encore considérée comme une enfant, et elle avait tous ces fardeaux à porter.
—Ne te sens pas redevable envers moi. Si tu ne m’avais pas trouvé, je serais probablement mort à l’heure qu’il est. J’ai de la chance, je peux avoir ce genre de relation avec quelqu’un d’aussi belle que toi
Elle me regarda avec toutes sortes d’émotions sur le visage, alors je lui avais embrassé légèrement le bout de son nez et je lui avais tapoté la tête.
—Je ferai de mon mieux pour que ma maîtresse ne veuille pas se débarrasser de moi. Je n’ai aucune idée de la façon dont je suis arrivée ici, et je n’ai aucun moyen de rentrer chez moi. Non pas que j’aie particulièrement envie de retourner dans mon ancien monde, mais tu m’as recueilli quand je n’avais nulle part où aller et tu m’as sauvé la vie. Tu es coincé avec moi jusqu’à ce que je te rembourse. Tant que tu voudras de moi, du moins.
En outre, il s’agissait d’une romance idéale pour un homme : la noble princesse d’un pays en ruine me demandait de me battre à ses côtés pour reconquérir sa patrie. En l’aidant, je deviendrais la vedette principale de cette histoire. C’était le rêve de tout le monde. Même si je n’étais absolument pas entraîné à marcher sur un champ de bataille, j’avais des pouvoirs spéciaux hors du commun. Au Japon, je n’étais qu’une personne ordinaire, mais ici, je pourrais peut-être devenir un héros.
Qui ne veut pas être un héros ? J’en ai toujours rêvé. Qui ne l’est pas, vraiment ?
—Tu es sûr ? demanda Sylphy.
—Oui. Je ne sais pas à quel point je serai utile, mais tu peux compter sur moi.
—Je ne dirais pas que tu es inutile. Cela me fait plaisir de l’entendre.
Sylphy me serra fort dans ses bras, enfouissant son visage dans ma poitrine alors qu’elle se mettait à sangloter.
Ooooohhhhh ! Comme tu es adorable ! Je n’en peux plus ! Je vais mourir d’une surcharge de mignonnerie !
Ignorant mes tiraillements devant son adorable beauté, Sylphy continua à pleurer dans ma poitrine pendant un petit moment avant de s’endormir, épuisée. Je continuais à me tortiller de la manière la plus virile qui soit ; la sensation sensuelle de sa chair pressée contre moi faisait naître de mauvaises passions, mais en même temps, le désir de la protéger et des choses paternelles montaient du fond de mon cœur, alors je ne m’abandonnais pas à mon désir charnel. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit.

- Le terme anglais « Maiden » peut se traduire par « jeune fille (pure) » ou « vierge » ↩
- Le s’more est une sucrerie à la guimauve ou le guim-o-choco. ↩
- Une gouge est un ciseau dont le fer est concave, en forme de demi-canal. Cet outil sert dans la sculpture sur bois, la sculpture sur pierre et la sculpture sur glace ↩
- Outil composé d’une lame en acier trempé, dont une des extrémités est taillée en biseau et affûtée pour permettre le travail du bois. ↩
Laisser un commentaire
Connectez-vous ou créez un compte pour commenter.