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Chapitre 7

Année 1938, été 4

Traduction · Angeloids, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~5 min

C’était le dernier jour de mes agréables vacances.

—J’ai apporté un autre memento.

—Oh, c’est vous.

J’avais encore une fois mis au jour un memento et venais le remettre au bureau du gouvernement.

Mes fouilles avaient donné de bons résultats au cours de la semaine écoulée. J’avais également trouvé des cadavres, mais je ne pouvais évidemment pas les transporter ; j’avais donc hissé des drapeaux portant les noms inscrits sur leurs plaques d’identité. J’espérais que cela faciliterait leur découverte et leur rapatriement.

—Oui, c’est noté. Merci de nous avoir informés de la présence des restes et d’avoir récupéré les mementos. Nous préviendrons les familles endeuillées immédiatement.

—Merci.

Lors de cette récente fouille, j’avais découvert deux corps. Je n’avais aucune idée de qui ils étaient, mais tout ce que je pouvais faire était espérer qu’ils rejoindraient en toute sécurité leurs familles. Pourtant, rien au cours de cette semaine ne surpassait ce journal. Le carnet d’un soldat ayant livré son âme nue était une trouvaille rare, et je n’avais toujours pas réussi à m’en détacher.

—Ah, et concernant le journal que vous nous avez apporté…

—Oui ? L’avez-vous déjà envoyé à Noelle ? demandai-je.

—Non, euh…

Le visage du responsable du bureau s’assombrit. Y avait-il eu un problème ?

—Eh bien, il est difficile de savoir si le directeur Isaac de l’Orphelinat Noelle est toujours en vie, dit-elle. Même s’il l’était, il aurait plus de quatre-vingts ans.

—Oh… Je comprends.

C’était évident, maintenant qu’elle le soulignait. Vingt ans s’étaient déjà écoulés depuis la Guerre Est-Ouest. Bien sûr, la famille de ce médecin de combat avait dû vieillir durant cette période, et il était donc peu probable que le directeur soit encore en vie.

—Alors, je peux garder ce journal ? demandai-je avec espoir. Puisque vous ne savez pas où l’envoyer.

—Non. Une fois que nous avons cherché des informations sur la famille du médecin de combat Tory dans les registres militaires, nous les avons trouvées. Elle avait désigné quelqu’un d’autre comme destinataire de son memento, en plus de M. Isaac.

—D’accord… Non, c’est formidable.

Le choix des mots de la fonctionnaire m’avait un peu déçu, mais ils avaient réussi à localiser les survivants de la famille de Tory. Il semblait que ce journal parviendrait enfin à bon port.

Je me sentais un peu déçu, mais si les dernières volontés de la défunte étaient respectées, je devais me réjouir.

—Euh… Si possible, j’aimerais savoir qui est sa famille, dis-je.

—Eh bien, normalement, nous ne pouvons pas le divulguer, mais…

—Pourriez-vous faire une exception ? Si ce n’est pas possible, pourriez-vous au moins y joindre une lettre de ma part ?

J’harcelai la fonctionnaire, incapable de laisser partir ce journal. Je savais que c’était malvenu, mais je brûlais d’impatience de lire la suite, d’une manière ou d’une autre.

La fonctionnaire soupira face à mon impertinence et me tendit le journal.

—Veuillez prendre ceci.

—Quoi ?

Je fixai le visage de la fonctionnaire, stupéfait. Bien qu’un point d’interrogation flottât dans ma tête, j’acceptai le journal.

—Que voulez-vous dire ?

—Vous êtes Cedre Weber, n’est-ce pas ?

—H-Hé… Oui, c’est bien moi.

Sans vraiment saisir la situation, je répondis. Je devais avoir inscrit mon nom sur les documents le premier jour, alors pourquoi vérifiaient-ils cela maintenant ?

—La propriétaire de ce journal, Tory Noelle… Elle a inscrit votre nom comme destinataire de ce memento, Cedre, expliqua la fonctionnaire.

Et pour dissiper mes doutes, elle me présenta le formulaire destiné à recevoir les mementos.

—Quoi ?

—Vous ne vous souvenez vraiment pas de son nom ?

—Non, je ne m’en souviens pas.

Mon vœu le plus cher était exaucé et j’avais obtenu ce journal. Pourtant, j’étais plus perplexe que joyeux. Je ne comprenais pas pourquoi mon nom figurait comme destinataire de son memento.

—Elle devait être une parente éloignée, alors. Elle venait apparemment d’un orphelinat, donc peut-être qu’elle a eu la chance de retrouver sa famille et de les désigner.

—Je vois. Je peux l’imaginer.

À vrai dire, tout comme Tory, j’avais perdu mes parents dans la guerre avant même de pouvoir les souvenir. Par la suite, j’avais été adopté et élevé par quelqu’un du même village. En d’autres termes, je ne savais pas réellement à qui j’étais lié. Il était donc tout à fait possible que Tory fût ma parente.

—J’aimerais enquêter sur mes liens avec Tory. Pourrais-je demander les informations de son registre familial ?

—Si vous êtes un membre de la famille endeuillée, c’est possible. Cependant, le registre militaire devra le fournir, donc pourriez-vous patienter un peu pendant que nous envoyons une demande ?

—Je n’ai rien contre. S’il vous plaît.

Je n’avais jamais vu Tory en face à face, mais je pouvais être son parent. Dans ce cas, il me revenait de prier pour son âme et d’organiser un service commémoratif.

Après avoir demandé au bureau des informations sur Tory, je repris le journal avec gratitude et regagnai l’hôtel.

—Oh. Vous n’avez pas remis ce memento ? demanda un hôte de l’hôtel.

—Ils me l’ont rendu aujourd’hui.

—Compris. Dans ce cas, je suppose qu’il vous appartient désormais.

De retour à l’hôtel, je montai directement dans ma chambre et ouvris le journal. Mais plutôt qu’une simple curiosité, je ressentais maintenant un sens du devoir.

Je devais en savoir plus sur elle. Je devais connaître la manière dont cette éventuelle parente avait vécu, courant avec courage à travers le champ de bataille.

Je me préparai mentalement et, enfin, ouvris le journal aux pages de septembre. À la date des Attaques de Sylph, le tournant de la guerre, l’instant qui avait secoué l’histoire.

La page du 4 septembre était raide et grésilla lorsque je l’ouvris. Ce jour-là dans ce journal, avec une écriture tremblante et effrayée, la page était imprégnée de taches de sueur.

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