Elle se réveilla. Tsuga, le prêtre avec les cheveux rasés, était accroupi à côté d’elle, en train de se caresser le menton.
Quand Tsuga avait proposé, « Pourquoi ne pas faire une petite pause ? » Il lui vint à l’esprit que si elle se surmenait trop, elle allait finir par être un poids trop lourd à supporter, donc elle devait se reposer, et elle s’était endormie presque instantanément.
On était plus proche de l’aube que de minuit. Ce n’était pas encore le jour. Il était probablement tôt dans la matinée. Elle n’avait pas ressenti grand-chose dans son sommeil, mais est-ce qu’il l’avait regardé pendant qu’elle dormait ? Cela la gêna, et Shihoru détourna le regard, remettant sa frange en se levant.
—Ummm… À l’instant, est-ce que tu as entendu quelque chose ?
—Ouais. Je l’ai entendu.
—Une idée sur ce que ça pourrait être… ?
—Non, pas la moindre, dit Tsuga. Mais ça ressemblait à une sorte de créature.
—Je me suis dit que ce devait être incroyablement puissant… ?
—Mais c’était assez lointain.
—Tu penses qu’on a pas à s’en faire ?
—Bonne question. Tsuga pencha sa tête sur le côté et laissa échapper un petit bâillement. Je suis pas vraiment fait pour vivre dans la nature.
—…Huh ? Mais tu es un soldat volontaire.
—Ouais, mais seulement parce que je n’ai pas le choix. À cause des gens avec lesquels je me suis associé, on pourrait dire. Si ça ne tenait qu’à moi et moi seul, je ne ferais pas ça. Si je ne m’étais pas enrôlé au même moment que Rock, et que nous n’avions pas formés un groupe, j’aurais probablement raccroché depuis un moment déjà. Quand Rock est dans le coin, on ne s’ennuie jamais, et je dirais que c’est pour ça que je continue, parce que je ne m’ennuie pas.
—C’est ta motivation, ou plutôt… Ta raison. Je comprends.
—Eh bien, ouais. Tsuga fouilla dans son sac qui était à côté de lui. Et toi alors ?
—Pour moi… Shihoru étreignit fermement son bâton. C’était la seule chose que je pouvais faire. Je n’arrive pas à me dire qu’il y avait d’autres options. Donc, pour le faire court, c’est comme ça que ça a fini. Je me suis laissé emporter, et cela m’a amené là où je me trouve aujourd’hui.
—Ouais, mais imagine, si je m’étais retiré ? Tsuga haussa les épaules. J’en connais qui l’ont déjà fait. L’un d’eux s’est racheté un commerce ; un autre en a commencé un dans la cité libre de Vele. Il y a même un gars qui est parti pour le Royaume d’Arabakia. Je me demande où il est maintenant. Est-ce qu’il y est arrivé ?
—…Tu connais beaucoup de personnes.
—Parce qu’on a voyagé un peu partout. Enfin, c’est Rock, plutôt. Parce que c’est le genre de personne qu’il est… comment dire, son esprit ? Peu de personnes peuvent le supporter. Si ça dérange quelqu’un, Rock ne perd pas de temps pour s’en débarrasser. Je ne suis pas trop difficile, alors je me suis plutôt bien entendu avec toutes les personnes avec lesquelles j’ai travaillées, même si ce n’était qu’une seule fois, et à chaque fois que je les croise, je leur demande comment ils vont, et qu’elles ont été leurs aventures.
—…Je vois.
Cette personne était un prêtre compétent. Mais il était vraiment normal. Tellement normal que cela semblait étrange qu’il soit un soldat volontaire.
Il existait apparemment des soldats volontaires qui ne juraient que par eux-mêmes. Il y en avait aussi qui fonctionné par paire, comme Lala et Nono. Cela dit, la grande majorité des soldats volontaires formaient des groupes de cinq ou six, donc il n’y avait pas vraiment de place pour ceux qui ne pouvaient pas travailler en groupe.
Travailler dans un groupe était similaire à travailler dans un groupe, par exemple, de militaire, mais c’était aussi différent. Si des dizaines, des centaines voire plus de personnes étaient amenées à se battre ensemble, il devait exister une certaine proportion de discipline. La frivolité, l’inattention, la précipitation – c’étaient des choses qui pouvaient briser cet ordre. Du point de vue de Shihoru, si le commandant était logique, intelligent et téméraire, les soldats n’avaient besoin que de loyauté et d’endurance.
Le commandant donnait les ordres, et les soldats les suivaient. C’était tout ce dont tout le monde avait besoin. À dire vrai, c’était même la façon optimale de faire les choses.
Dans le cas des soldats volontaires, ce n’était pas nécessairement vrai. Il était nécessaire de posséder un certain niveau assez basique de coopération et de sociabilité pour maintenir un groupe en place, mais sinon, les personnalités et les compétences individuelles de chaque membre au sein du groupe apportaient tout le sel nécessaire au mélange. Les soldats volontaires devaient s’adapter à plein d’environnements différents, et il devait être en mesure de faire face à n’importe quelle situation imaginable. Une grande partie des soldats volontaires ne feraient pas de bons soldats au sens traditionnel du terme.
Même une piètre soldate volontaire comme Shihoru avait été confrontée à des situations dans lesquelles elle avait dû prendre ses propres décisions et les surmonter avec sa propre force. Sans même le réaliser, elle avait pris l’habitude de réfléchir toute seule sur les situations, au cas où le pire devait arriver. Si elle ne pouvait pas faire ça, elle finirait par mourir. Ou elle laisserait l’un de ses camarades mourir à la place.
C’était quelque chose qu’elle avait ressenti depuis un moment déjà, mais les soldats volontaires avaient tendance à être uniques. Il semblerait que les plus uniques d’entre eux avaient tendance à vivre plus longtemps. Mais était-ce vraiment la seule raison derrière tout ça ? Est-ce que ce n’était pas plutôt la vie de soldat volontaire qui révélait ces particularités ?
Quand elle y repensait, ses jours en tant que soldate volontaire avaient été absurdes. Elle avait perdu ceux qui lui étaient chers, elle avait elle-même touché les portes de la mort, elle ne s’était jamais sentie en sécurité dans n’importe quel environnement qu’ils eurent visité, et elle avait découvert des endroits inexplicables. Cela avait été terrifiant, mais à la fois amusant.
Il avait dû y avoir plus de jour durant lesquelles elle se disait qu’elle ne verrait pas le lendemain que l’inverse. Ce n’était pas comme si elle avait été en permanence sous la menace du spectre de la mort. Mais bien qu’elle n’était pas encore prête à mourir, la mort ne se baladait jamais bien loin d’elle. Elle ne voulait pas avoir de regrets. La seule chose qu’elle ne voulait pas était de partir en ayant des regrets.
Tout le monde devait se dire la même chose. Comme ils ne pouvaient jamais savoir quand leurs vies allaient se terminer, ils profiter d’eux-mêmes petit à petit tant qu’ils étaient en vie, au minimum.
Il fallait parfois user de patience. Mais ils ne voulaient pas passer leur temps à se restreindre. Ne serait-ce pas idiot de vivre ainsi ?
Ils étaient en vie. Parce que, à l’instar de ceux qui étaient morts, ils étaient encore en vie.
Je veux vivre comme je suis vraiment, jusqu’au jour de ma mort.
C’était sûrement pour ça que les soldats volontaires avaient tendance à se laisser aller à leur personnalité. Ils dévalaient leurs propres chemins pendant le peu de temps qui leur était alloué.
Mais c’était étrange.
Même si Shihoru n’avait pas été une soldate volontaire, même si elle avait travaillé dans un café dans Alterna, pour ne rien vous cacher, rien n’aurait changé. Même si elle n’était pas sortie dans les terres sauvages, elle aurait pu se faire tuer durant l’assaut des orcs, ou elle aurait pu se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment, et mourir d’une façon qu’elle n’aurait jamais imaginé. Elle aurait pu attraper une maladie incurable. Au final, la mort viendrait la saisir, et sa vie prendrait une fin que personne ne pouvait empêcher.
Même si elle avait fait du danger une routine quotidienne, cela ne voulait pas nécessairement dire qu’elle allait mourir rapidement, et certaines personnes qui avaient essayé de vivre aussi paisiblement et en sûreté possible n’avaient pas eu de longues vies. Et pourtant, si elle avait vécu une vie normale, cette pensée ne lui aurait jamais traversé l’esprit.
Si je ne vis pas comme celle que je suis vraiment, même si ce n’est que pour un jour ou deux, ce serait du gâchis.
Même si Tsuga avait vécu une vie ordinaire, pas en tant que soldat volontaire, peut-être qu’il ne serait pas si différent que ça. C’était ce que ressentait Shihoru.
Peut-être que c’était vraiment bizarre. Peut-être que Tsuga n’était en réalité pas normal. Il existait des personnes comme ça.
Je…. dois découvrir qui je suis.
Elle voulait être celle qu’elle était vraiment. Mais qu’est-ce que cela signifiait ? Quand elle y réfléchissait, il n’y avait rien qui pouvait la représenter. Elle était toujours inexpérimentée, en tant que soldate volontaire et en tant que personne.
Pouvait-elle grandir ?
Allait-elle pouvoir vivre assez longtemps pour ça ?
Shihoru trembla et avala sa salive.
—…Tsuga-san !
—Ouais.
Tsuga était en train de se la couler douce en se tenant les genoux près de lui, et ayant l’air le plus calme qu’il puisse être donné d’être. Cela dit, son visage était dirigé vers le haut, et il regardait lentement de haut en bas. On dirait qu’il y a quelque chose là-bas.
—On dirait… ? Tu veux dire qu’il y a vraiment quelque chose ?
—Je crois que c’est un oiseau ?
—…Ces cris ne faisaient pas très oiseau.
—Peut être un très gros oiseau.
—Tu as quelque chose en tête ?
—Absolument pas. Mais… Tsuga se caressa ses cheveux rasés. Quelle sensation cela procurait-il ? Shihoru était un petit peu intéressée. L’attention de Tsuga semblait être portée sur quelque chose d’autre. … Maintenant que j’y pense, il n’y pas de brume aujourd’hui. C’est un peu la première fois pour nous, depuis qu’on a posé le pied dans les Milles Vallées.
—…Je ne crois pas qu’une bonne météo soit une mauvaise chose.
—Ce serait quelque chose de normal à penser, ouais. C’est juste que, et je parle d’expérience, des choses inhabituelles ont tendance à en produire d’autres. Quoi, qu’en sais-je ? C’est comme quand, le sol se durcit après la pluie, et c’est bien, mais quand il pleut dans un désert, c’est un orage dévastateur qui se produit. Il y a des éclairs, et des tornades, et après c’est des flèches et des lances qui se mettent à tomber. J’en ai croisé plein des situations comme ça. Oh, et revoilà…
Loin, très loin, quelque chose hurla, Pigyahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !
Ce cri était menaçant, et il faisait mal aux oreilles.
—Um… dit Shihoru.
—Quoi ?
—J’étais juste en train de me dire… Est-ce qu’on en sécurité à rester assis ici ?
—Bonne question. Honnêtement, j’en sais rien du tout.
—Tsuga…
—Huh ? Est-ce que tu viens de m’appeler sans honorifique ?
—Je crois que tu te l’es imaginé…
—Mais je l’ai bien entendu.
Tsuga cligna des yeux et regarda autour de lui. Le revoilà.
Pigyahhhhhhhhhhhhhhhhh…
Celui-ci était le plus silencieux de tous. Cela signifiait-il que la chose s’était éloignée ?
Shihoru soupira. Il était trop tôt pour être soulagé, mais au moins la menace ne semblait pas en train de fondre sur eux.
—Écoute, je voulais juste dire… Tsuga se leva et s’étira. Moi non plus je ne prends pas ça à la légère. Mais n’être que sous tension n’est pas suffisant. Si tu te relâches, tu seras en mesure de répondre plus facilement, et tu feras moins d’erreurs aussi.
—Se relâcher… Je ne pense pas être faite pour ça…
—Ouais. Je suis sûr que non. Même quand tu dormais, tu étais recroquevillée en boule, on aurait dit un hérisson.
—Je te prie de ne pas prendre arbitrairement la décision de me regarder.
—J’étais réveillé avec rien de mieux à faire.
—Eh bien… Désolée.
—T’as pas besoin de t’excuser pour tout et n’importe quoi, tu sais ?
—… Je ne m’excuserai plus alors.
—Ok, dit Tsuga. Je veux dire, je comprends que tu es humble comme ça pour éviter de te faire réprimander pour je ne sais quoi. Mais peut-être que tu n’en es pas consciente.
—C-C’est étrangement honnête…
—Si tu penses quelque chose, alors tu dois le dire, ou alors tu ne pourrais ne plus jamais en avoir l’occasion. Tu n’as jamais eu ce genre de sensation ?
Shihoru essaya de répondre, mais elle se trouva dans l’incapacité de parler, et seul un soupire sortit de sa bouche.
C’est à ce moment que cela arriva.
En un instant, tout devint sombre.
Une ombre. Quelque chose était passé au-dessus d’eux. Cela devait être cette ombre. Ils entendirent cette chose trancher l’air.
Shihoru et Tsuga levèrent les yeux en même temps. Ils étaient dans une petite clairière ouverte. La zone autour d’eux était verte, remplie d’arbres, d’herbes et de mousses. Du vert, du vert, et encore du vert à perte de vue. Le ciel était vraiment clair. Pas le moindre nuage à l’horizon.
—Quelque chose vient de nous voler au-dessus, non ? Demanda-telle avec un point d’hésitation.
—Probablement, ouais. Tsuga épaula son sac et ramassa sa masse qui était à côté de lui. Ça n’avait pas l’air sympathique, alors bougeons. Tu vas y arriver ?
Il avait dit ça comme si ça ne les concernait pas. Shihoru ne voulait pas perdre de temps à le lui souligner, alors elle se leva vigoureusement. Tsuga ne semblait pas savoir dans quelle direction ils devaient s’enfuir. Shihoru était perdue elle aussi.
Au premier regard, il n’y avait rien autour d’eux qui pourrait leur donner un refuge contre quelque chose qui viendrait du ciel. On aurait dit qu’ils ne pouvaient pas faire mieux que de se cacher à l’ombre des arbres. Non, même ça…
—Ah !
Shihoru s’accrocha à son bâton et se jeta par terre. Si elle ne l’avait pas fait, elle se serait fait souffler. Ça, ou tout simplement dévorer. Elle n’avait pas fermé les yeux. Elle l’avait vu.
Bleue. C’était une créature bleue avec des ailes. Elle avait soudainement fondu sur elle depuis les cieux. Cela voulait-il dire que c’était un oiseau ? Elle ne le savait pas. Mais elle avait la sensation que c’était autre chose.
Énorme. Cette chose était massive. Étaient-ce ses pieds ? On aurait dit que cinq griffes archées y étaient accrochées. Ces deux pieds en forme de mains étaient dirigés vers eux tandis que la créature se jetait sur eux.
Tsuga leva sa masse.
—Un dragon ! cria-t-il avant de sauter devant Shihoru.
Un dragon. C’était un autre type de dragon ? Comme le dragon de feu de Darrungar ? Si oui, ils n’avaient clairement pas la moindre chance contre lui.
—Arr-
—Hah !
Tsuga balança sa masse avec ses deux mains. Essayaient-ils de frapper le dragon bleu ailé qui fondait sur eux ?
Sa masse frappa probablement le pied du dragon quelque part. Mais cela ne lui fit rien. Il attrapa fermement Tsuga avec son pied droit, et s’avança vers la droite de Shihoru. Shihoru faillit tomber, mais elle arriva à se maintenir debout. Quand elle se retourna, le dragon était en train de maintenir Tsuga au sil avec son pied droit, et il avait étiré sa tête dans le but de croquer Tsuga.
—Ahh ! Urgh !
Tsuga se débattait sauvagement. Il ne l’avait pas encore tué. Il était en vie.
—Obscur !
Avant même de penser, Je veux le sauver, Shihoru avait déjà invoqué Obscur l’élémentaire. Sans même lui donner des ordres, Obscur prit sa forme d’étoile de mer et fonça vers le dragon.
Non, réalisa-t-elle.
Ce n’était pas suffisant.
Un petit impact n’allait même pas faire trembler le dragon.
—Disperse-toi !
Obscur de scinda en mille morceaux. Il se diffusa, enveloppant la zone autour du dragon.
C’était Obscur dans sa forme de Brume. Brume Obscur.
Le dragon cria « Pigyahhhh ! » Et il releva sa tête, l’agitant violemment dans toutes les directions. Cela n’allait pas suffire pour se débarrasser d’Obscur. Le dragon s’était retrouvé soudainement rendu aveugle, et cela l’avait profondément confus. Les faucons, les aigles et autres oiseaux de proie recherchaient leurs proies en haute altitude, donc ils avaient une très bonne vision. Par contre, ils en étaient devenus dépendants. Ce dragon était probablement comme eux. Ce dragon était si confus qu’il lâcha accidentellement sa prise sur Tsuga. Celui-ci s’échappa immédiatement.
Le dragon cria, « Pigyahhhh, Pigyahhhh, » en battant des ailes et en errant dans sa confusion.
Tsuga roula et rampa pour s’en échapper, et une fois qu’il avait mis une bonne distance entre eux, on aurait dit qu’il s’était mis à se soigner avec de la magie de lumière. Il y avait des fois où un prêtre avec des graves blessures ne pouvait pas se concentrer assez pour lancer sa magie, et donc il était dans l’incapacité de se soigner. Tsuga allait-il s’en sortir ? Même si cela l’inquiétait, elle n’en ferait rien.
Shihoru était entièrement concentrée à maintenir Brume Obscur. Jusqu’où pouvait-elle étendre la Brume Obscur ? À quelle distance pouvait-elle le déplacer ? Shihoru ne le savait pas encore.
Non. Cette façon de penser était une erreur. Cela ne dépendait que de Shihoru, mais Obscur pouvait s’étendre aussi loi qu’elle le désirait. Elle pouvait aussi le bouger.
Ne t’impose pas de limites, se dit-elle. Sinon, elles deviendront des restrictions.
Elle commença à transpirer.
Sa vision tremblait.
Shihoru serra les dents. Pas encore. Elle pouvait encore continuer. Si elle commençait à penser qu’elle n’en pouvait plus, à cet instant précis, ce serait fini.
Le dragon commença à courir et à battre des ailes. Voulait-il partir en volant ?
—Désolé ! Cria Tsuga.
Au moment où elle entendit la voix de Tsuga, elle perdit sa concentration. Immédiatement après, le dragon sauta dans les airs, et Brume Obscur se brisa et se dispersa en un instant.
—On se barre d’ici ! Tsuga lui attrapa le bras, et il la tira avec lui.
Shihoru tituba, et tomba sur Tsuga. Tsuga était couvert de sang, mais ses plaies avaient l’air toutes soignées, et il souleva Shihoru tout en se mettant à courir.
—Eh bah, qu’est-ce que tu viens de nous sortir là ? Jamais j’aurai imaginé ça…. commenta-t-il.
—D-Dé – Shihoru était sur le point de s’excuser, mais elle se rattrapa et elle s’arrêta net. C’était dangereux, tu sais ! Tu es tellement imprudent !
—Tu aurais dû en profiter pour fuir pendant que je me faisais manger !
—J-Je ne pouvais pas ! Je ne ferai jamais quelque chose comme ça…
—Eh bien, je t’en aurais voulu si tu l’avais fait. Tsuga regarda devant lui. J’avais un peu espéré que, après ça, il nous lâcherait…
Shihoru ne voulait pas regarder devant elle. Mais elle devait le voir par elle-même. Que ce soit effrayant, qu’elle ne veuille vraiment, mais vraiment pas le voir, ça n’avait pas d’importance, car elle devait faire face aux événements par elle-même.
Elle ne voulait plus que les autres fassent à sa place.
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