—Est-ce que j’ai trop bu hier soir ? Takasagi se releva tout en gardant son katana près de lui, et il renifla.
Depuis l’épisode ensoleillé qui était apparu tôt dans la matinée, les Milles Vallées s’étaient recouvertes de leur habituel manteau de brume épaisse.
Forgan opérait librement dans une vaste zone incluant les anciens territoires des royaumes de Nananka, d’Ishmar, et même d’Arabakia. Ils ne restaient jamais longtemps au même endroit. C’était exactement ce qu’aimait Takasagi avec ce groupe. Il ne comprenait pas comment des gens pouvaient s’installer à un endroit et y rester, et il avait pensé depuis un long moment déjà que quand il mourra, il voudrait que ce soit dans un endroit qui lui était inconnu. Et pourtant, il avait quelques familiarités avec les Milles Vallées, l’ayant parcouru de long en large, et cet éclaircissement de la brume était inhabituel, bizarre même.
—Et à cause de ça, on a laissé ces types s’échapper.
Takasagi grimaça et claqua sa langue. Il venait de se souvenir de quelque chose de trivial et d’ennuyant.
Quand il regarda autour de lui, il remarqua Garo en train de dormir, et Onsa en train de lui caresser la nuque. Les autres loups noirs étaient assis proches d’eux, ou étalés non loin. Il y avait aussi quelques nyaas dont il avait commencé l’entraînement avec. Onsa et Garo allaient bien, alors peut-être qu’il devrait en rester là. Le nombre de leurs nyaas avait chuté considérablement, mais ils pouvaient toujours les faire s’accoupler et en élever d’autres.
Takasagi se leva et soupira. Il avait mal au crâne. Une gueule de bois, huh ?
—Quand même, je commence à en avoir ma claque. Cette brume. Peut-être qu’il est temps de bouger. Je vais en parler à Jumbo, et-
—Takasagi, Weldrund s’adressa à lui, s’approchant de lui avait un air sombre sur le visage. Les elfes gris de la Vallée Brisée avaient la peau grise comme on pouvait s’y attendre avec leur nom, et ce chamane ne faisait pas exception. C’était un homme assez inexpressif pour quelqu’un dont les passions étaient la poésie et la musique, et donc il avait toujours cet air sombre qu’il traînait avec lui.
—Qu’y a-t-il, Duke Wel ? demanda-t-il.
—J’ai quelque chose à te montrer. Viens avec moi s’il te plaît.
Takasagi le suivit jusqu’à un endroit derrière des rochers où une fourrure de wangaro était étendue, et un simple parchemin était déposé dessus. Le parchemin avait été maintenu avec une pierre pour qu’il ne s’envole pas.
Takasagi explosa malgré lui :
—Oh, sérieux, tu déconnes ?
Il s’accroupit, déplaça le caillou, et ramassa le parchemin. Voilà ce qui était écrit, avec des lettres négligées :
Désolé.
Je vais pas faire d’excuses.
J’ai décidé de partir en voyage.
Ne me recherchez pas. Je vous en supplie.
Amour et tendresse,
Votre Ranta-sama.
—Ce petit bâtard…
Takasagi froissa le bout de papier.
Oh, ça. Ça c’est bon. C’est plus qu’un simple rire.
Quand il atteint ses limites, Takasagi se mit à rire. Il explosa de rire.
—Comment ça, tu veux « devenir fort » ?
Il avait des larmes dans les yeux.
Il riait si fort, il avait l’impression que ses côtés allaient exploser.
—Comme tu as été si insistent, j’étais prêt à vraiment t’entraîner, et voilà ce que j’ai en retour ?! C’est parfait, Ranta ! T’es vraiment un gars drôle ! Ne pas te rechercher, huh ?! Mon cul, ouais ! Je vais te chercher moi ! Je vais te trouver, et je vais te buter de ma propre main ! On va bien s’éclater ! J’ai hâte, Ranta ! Espèce de petite merde !
Mots de l’auteur
Ça ne vaut pas simplement pour Grimgar, ça vaut aussi pour mes autres novels, mais je ne planifie pas vraiment avant d’écrire. Cette fois particulièrement, ce n’est pas juste que je n’ai pas beaucoup planifié, je n’ai rien fait du tout. Quand j’ai commencé à écrire, même moi je ne savais comment allait finir l’histoire, et où tout ça allait les mener.
Quand c’est comme ça, la fin dépendra grandement de comment les personnages sont montrés dans le novel. Dans ce volume, j’ai mis particulièrement en avant le groupe d’Haruhiro. Bon, j’avais déjà l’intention de faire ce genre d’histoire, mais il m’a semblé que ce serait un petit peu dur pour Haruhiro de faire tout tout seul, alors j’ai mis les autres au travail.
La route jusqu’à Alterna a toujours l’air longue et parsemée de dangers, mais j’aimerais qu’ils finissent par y arriver. Y arriveront-ils, je me le demande…. ?
Je suis à court de pages.
À mon éditeur, Harada-san, à Eiri Shirai-san, aux designers de chez KOMEWORKS parmi tant d’autres, à tous ceux qui participent à la production et à la vente de ce livre, et enfin à vous qui tenez ce livre, je vous offre tout mon amour et mon affection. Maintenant, je pose ma plume pour aujourd’hui.
J’espère que nous nous reverrons.
Ao Jyumonji
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