Il y avait une montagne de choses qui devaient être considérées, et une montagne de choses qui devaient être faites. Pour commencer, Haruhiro décida de vérifier jusqu’où il pouvait actuellement s’approcher de Waluandin. Il n’avait pas besoin de ses camarades pour ça. Ou plutôt, Haruhiro s’en sortait mieux tout seul. À dire vrai, ne pas avoir agi seul aurait pu mal finir.
Haruhiro fit usage de Furtivité, que Barbara-sensei lui avait apprise, et il se dirigea vers Waluandin seul.
Waluandin semblait avoir été construite au pied de la Montagne du Dragon de Feu. Il y avait un bassin au pied de la montagne. Haruhiro était en train d’essayer de couper à travers ce bassin pour atteindre Waluandin, mais ce n’était pas vraiment une zone déserte. Il y avait des villages implantés tout autour du bassin.
Les villages ne comportaient pas plus d’une dizaine ou d’une douzaine de bâtiment en forme d’igloo, il y avait des sources chaudes qui jaillissaient partout où il posait ses yeux. Bien que ce soit de loin, il arriva même à trouver les résidents.
C’était des humanoïdes à la peau verdâtre. Avec des nez écrasés. De larges défenses étaient encastrées dans leurs mâchoires. Leurs muscles étaient larges et épais, et ils étaient grands aussi. Quelque soit le point de vue, ils ressemblaient en tout point à des orcs. Ils ne pouvaient être rien d’autre. Il ne faisait pas seulement chaud ici, mais plutôt vraiment chaud, donc ils n’avaient probablement pas besoin de haut de corps. Leurs corps entiers étaient lisses. Se rasaient-ils, ou alors ils n’avaient pas de poils qui poussaient ?
Par ailleurs, il y avait des femmes orcs aussi, et elles avaient des vêtements enroulés autour de leurs poitrines et de leurs têtes.
Les orcs dans le village étaient en train de creuser dans la terre, et faisaient une sorte de travail devant un établi. Il avait pu voir qu’ils élevaient des sortes de créatures chenilles dans des enclos. Ils ressemblaient un peu aux cochonvers qu’ils avaient vus aux Mines de Cyrène. C’était de la nourriture, peut-être ?
Il y avait des trous creusés dans le sol, et il avait deviné qu’ils y faisaient on ne sait quoi à l’intérieur de ceux-ci. Ces villages étaient des fermes, possiblement de celles qui devaient produire de la nourriture pour Waluandin.
Les fermiers orcs avaient des physiques si spectaculaires qu’Haruhiro en devint de plus en plus inquiet. Non, ils étaient des fermiers, donc ils étaient devenus forts en travaillant tous les jours, et c’était pour ça qu’ils avaient des corps aussi musclés. Il voulait penser que c’était ça.
Mais tous ceux qui sont là, hommes ou femmes d’ailleurs, ne sont-ils pas plus gros que ceux qu’on a combattus à l’Avant-Poste de Mortecrâne ? Pensa-t-il. Je me fais des idées ? Je l’espère bien…
Les villageois orcs étaient occupés avec leur travail, donc ils ne remarquèrent jamais Haruhiro. Que serait-il advenu s’il n’avait pas été seul, et que ses camarades étaient venus avec lui ? C’était dur à dire, mais s’ils faisaient attention à leur moindre fait et geste, cela pourrait être faisable. Qui plus est, les orcs ne travaillaient probablement pas le jour et la nuit. À cause de la lave, il était dur de se faire une idée de l’heure de la journée, mais, bon, il se disait qu’ils devaient bien rentrer chez eux pour dormir de temps en temps.
Quoi qu’il en soit, Haruhiro fut en mesure de passer outre les villages orcs sans trop de difficulté. Bien entendu, cela lui prit pas mal de temps. S’il se basait sur son sens interne du temps peu fiable, cela lui prit peut-être trois heures. S’il gardait le chemin qu’il avait pris en tête, il pourrait probablement réduire ce temps de moitié. Le problème serait tout ce qui viendrait après ça.
Après la zone avec les villages, il y avait une rivière de lave qui s’écoulait. S’ils la traversaient, ils se retrouveraient dans les rues citadines de Waluandin. La rivière faisait moins d’un mètre de large, il y avait de nombreux ponts qui la traversaient, et ils pouvaient probablement même sauter par dessus. On aurait dit une simple délimitation.
Les rues de la cité étaient alignées avec des bâtiments carrés. En observant les fenêtres des édifices, ils étaient tous à deux étages, mais ils étaient bien trop petits pour que ce soit le cas. On aurait dit que le premier étage se trouver à moitié sous terre. Leurs portes devaient toutes se trouver à l’opposé de la rivière.
Haruhiro vit un bon nombre d’orc assis aux fenêtres avec leurs jambes qui se balançaient dans le vide. Ils étaient incroyablement petits et fins pour des orcs. Des enfants.
Pouvaient-ils traverser la rivière sans se faire remarquer par les enfants orcs, et entrer dans la cité ? Haruhiro était un trouillard, donc il n’en était pas vraiment convaincu. Il était sûr que ce serait du suicide d’entrer en Waluandin par devant.
Haruhiro suivit la rivière de magma sur la gauche, continuant ainsi son exploration. Il finit par entendre un bruit familier. C’était le bruit des marteaux. Dans un grand atelier qui n’était en fait que des tas de bâtons avec un toit au-dessus, il y avait des orcs bien trop musclés qui agitaient leurs marteaux.
La forge de Waluandin prenait partie de la lave. Ils n’avaient pas besoin d’allumer de feu, juste d’amener cette lave et sa température extrêmement élevée. Ce n’était probablement pas seulement la forge qui faisait ça ; nulle part en Waluandin on n’avait besoin de carburant. Ce serait incroyablement dangereux s’ils faisaient une erreur, mais c’était tellement pratique.
Le quartier des artisans s’étendait sur une bonne distance. Les orcs de Waluandin travaillaient le métal et produisaient une grande variété de produits manufacturés en grand nombre. Naturellement, cela signifiait qu’ils avaient besoin de matériaux de base.
Quand Haruhiro atteignit la fin du quartier des artisans, la rivière de lave s’arrêta elle aussi, et un mur se pierre se dressa devant lui. Il ne pensait pas pouvoir escalader ce mur de pierre, mais il y avait des trous qui s’enfonçaient dedans. De grands trous.
Les orcs y entraient et en sortaient. Ils poussaient des wagons qui contenaient quelque chose. Cela devait être des minerais. Il y avait aussi des tas de pierres. Cela devait être une mine.
Il vit aussi un orc qui semblait avoir le rôle de contremaître. Cet orc portait des épaulières et des protections au niveau des hanches qui dégageaient une faible lumière, et il portait un long bâton, et il se comportait comme s’il était important. Il était aussi notablement plus large que le reste.
Ce n’était peut-être que les yeux d’Haruhiro qui lui jouaient des tours, mais les orcs des villages fermiers devaient se trouver dans les deux mètres vingt, peut-être ? Les orcs qui travaillaient à la forge n’étaient pas plus grands, mais leurs épaules et leurs bras étaient plus larges. Les orcs de la mine devaient être dans la même superficie que ceux de la ferme, peut-être. A contrario, le contremaître orc devait bien confortablement atteindre les trois mètres de haut.
Il y avait une chose de plus.
Haruhiro avait initialement pensé que le gros orc était une sorte de contremaître. Mais il avait tort.
Il y avait plus qu’un gros orc. Il y en avait plein. Bien qu’il devait y en avoir un pour dix mineurs orcs. Il était possible que, plutôt qu’ils soient dans une position différente, ils appartenaient à une classe sociale différente.
Quoi qu’il en soit, s’ils étaient aussi bien bâtis, et armés jusqu’aux dents, ils devaient être redoutables. La mine avait l’air dangereuse.
Quand il eut fini son exploration de Waluandin, Haruhiro retourna auprès de ses camarades.
Ranta demanda, « Alors ? C’était comment ? Huh ? Huh ? Huh ? » et il se rendit vraiment agaçant, donc pendant qu’Haruhiro était en train de manger la nourriture préservée moins-que-délicieuse qu’ils avaient amenée avec eux, il leur résuma brièvement ce qu’il avait vu. Il était un petit peu… non, extrêmement… fatigué, donc il s’allongea et piqua un somme.
Quand il se réveilla, ses camarades, qui avaient à tour de rôle surveillé les villages pendant qu’Haruhiro dormait, avait quelque chose à lui faire part.
—Yume commença. Pendant la nuit, les orcies, ils vont faire d’beaux rêves, comme tu l’pensais.
Quand Yume les décrivait, les orcs devenaient les orcies, et cela les faisait passer pour d’adorables créatures, mais c’était une illusion, bien entendu.
—Mais pour Waluandin, il s’est pas passé grand-chose… je crois ? Shihoru ne semblait pas sûre d’elle. Bien que je sois sûre que les villages étaient encore endormis il y a de cela très peu de temps.
—J’avais les yeux grands ouverts et j’ai rien vu, pigé ? annonça Ranta.
—Pourquoi tu prends cette aire si fière ? Merry semblait complètement mystifiée. Parce que tu n’as rien dans la tête ? Parce que tu es pourri jusqu’à l’os ? Hein, pourquoi ça ? Pourrais-tu me le dire ?
—Excuuuuuuuse-moiiiiiiii, ricana Ranta. N’as-tu pas été un peu trop sévère avec les provocations ces derniers temps ? Ça te tuerais pas d’être un peu plus gentille avec moi ?
—J’sais pas pour ça… marmonna Kuzaku.
—Hé, Kuzacky ! T’es mon sous-fifre ! Essaie pas de jouer au plus malin avec moi !
Aujourd’hui, le groupe décida d’essayer de passer à travers les villages en groupe. Haruhiro aurait bien voulu laisser Ranta derrière, mais il ne pouvait pas.
Bien qu’Haruhiro était désormais à l’aise grâce à son exploration solo de la veille, il avait aussi anticipé les difficultés qu’ils rencontreraient. Quand ils firent leur tentative, le fait qu’ils soient un groupe de six les faisaient ressortir du décor à un degré anormal. Bien qu’il y avait des endroits où il avait pu se cacher en étant tout seul, ils étaient pour la plupart bien trop étroits pour un groupe de six. Il essaya de suivre la même stratégie qu’il avait prise l’autre jour, mais ils faillirent se faire découvrir par les fermiers orcs à de multiples reprises. Cela leur prenait énormément de temps et d’effort pour avancer ne serait-ce qu’un petit peu, donc Haruhiro ressentait parfois l’envie d’abandonner et de rebrousser chemin.
A l’exception de Ranta, ses camarades étaient coopératifs, et ils suivirent les ordres d’Haruhiro à la lettre. Mais c’était grossièrement tout ce qu’ils faisaient. Si Haruhiro ne réfléchissait pas, ne prenait pas de décision, et ne leur disait pas de faire ceci ou cela, aucun d’eux ne ferait quoi que ce soit. C’était probablement parce qu’il n’y avait rien qu’ils puissent faire. Ils n’avaient pas le choix. Il le comprenait, mais cela l’énervait tout de même.
Il y avait des fois où il était à la limite de péter un câble. A chaque fois qu’il ressentait cette envie, il prenait de grandes inspirations. Il ne pouvait pas ne pas ressentir d’émotions. Il devait juste faire en sorte que celles-ci ne transparaissent pas et qu’elles ne prennent pas le contrôle. À dire vrai, s’il laissait ses émotions se déchainaient, cela l’épuiserait, et pourrait conduire à lui faire faire des erreurs.
Cela ne se basait que sur son estimation temporelle interne, mais cela leur prit quatre, peut être cinq heures pour atteindre Waluandin. Même s’ils répétaient ce trajet encore et encore, ils n’allaient pas vraiment réduire ce temps drastiquement. Pour Haruhiro seul, cela lui avait probablement pris une heure et demi. Ça signifiait que cela avait pris trois fois plus de temps avec six personnes. Ils devaient sacrifier le tiers d’une journée juste pour y aller et revenir.
Se cacher près de la rivière de lave en face de Waluandin était aussi quelque chose de compliqué pour six personnes. Haruhiro était un voleur, donc même sans objet pour le dissimuler, il pouvait se coucher ou s’accroupir et utiliser Furtivité dans certains cas, mais c’était hors de portée pour ses camarades. S’ils restaient fixes à un endroit, ils se feraient débusquer. Ils devaient rester en mouvement.
Les forges étaient sur leur gauche, et la mine était plus loin dans cette direction. Haruhiro et les autres allèrent à droite. Il y avait parfois des enfants orcs assis aux fenêtres des bâtiments carrés qui longés la rivière de lave. Ils avaient le sens de l’observation aiguisé, donc le groupe devait se montrer prudent.
—Les orcies sont mignons quand ils sont p’tits, murmura doucement Yume.
—D’où ? cracha Ranta avec son aire méprisant. Tu dis qu’ils sont petits, mais ils sont probablement plus gros que toi ou moi…
—La taille a rien à voir là-dedans.
—Si, elle a à voir. Ils ont aussi des sales petites gueules de vicieux…
—Ils regardent par la f’nêtre parce qu’ils s’ennuient, dit Yume. Ranta, tu l’vois juste comme ça pa’ce que t’as peur.
—J’ai pas peur, rétorqua Ranta. Dans un combat, je pourrais les prendre facilement. Si tu penses que je mens, ça me dérange pas de te le prouver. Après tout, je n’ai pas peur. Je n’ai vraiment pas peur.
Grâce à cet idiot ( et pourriture), Haruhiro eut des sueurs froides, inquiet que les enfants orcs ne les détectent, mais heureusement rien de tout cela n’arriva. Cependant, ils arrivèrent devant un cul-de-sac.
Quand ils atteignirent la fin des bâtiments carrés à deux étages, le chemin s’ouvrit. Cela ne voulait pas dire que le champ était libre. Il y avait un nombre incroyable d’orc. C’était animé. Avec toutes ces voix, on aurait presque dit qu’ils se criaient les uns sur les autres. Celui qui avait toutes ces choses étendues sur le sol, était-il un vendeur ? Était-ce un magasin ? Il y avait des chariots aussi. Il vit des orcs assis et debout qui mangeaient et buvaient. On aurait dit à la fois un marché et une zone de détente le tout fusionné ensemble. La scène était assez chaotique. Haruhiro ne comprenait pas vraiment ce qu’il y avait de drôle à faire des aller-retour en sautant au-dessus d’une rivière de lave, mais il y avait des orcs riant de vives voix qui semblaient prendre du bon temps.
Il était dangereux de s’en approcher. Ils se feraient prendre pour sûr. Ce serait possible de faire un long détour pour les esquiver, mais ils devraient revenir vers les villages pour ça.
En prenant en considération plusieurs facteurs, Haruhiro décida de rebrousser chemin. Pour le moment tout du moins, ils allaient rentrer à Herbesit.
Ils devaient avancer lentement et prudemment dans leur enquête sur Waluandin. Ce n’était pas quelque chose qu’ils pouvaient accomplir en un jour ou deux. Cela allait nécessiter une bonne dose de préparation. Pour ce qui était de la nourriture, ils ne pouvaient pas simplement s’en procurer sur le tas. Au final, la seule option était de revenir en ville.
Même s’ils prenaient le même chemin qu’à l’aller, Haruhiro sentait clairement à quel point ils étaient fragiles sans M. Unjo pour les guider. Après s’être reposé à la Rivière Chaude, il sentait qu’il ne pouvait plus baisser sa garde. A chaque fois qu’ils rencontraient ces crocodiles à crêtes plus communément appelés lespons dans les ruines d’Alluja, il avait la sensation que son cœur se déchirait, et il y avait aussi des blessures.
Ils traversèrent le pont pour passer au-dessus de la rivière acajou Dendoro, et ils furent chargés à de multiples reprises par les skards à OsChamp, Zetesidona.
Quand les fermes de l’ouest d’Herbesit apparurent dans leur champ de vision, la tension interne d’Haruhiro qu’il avait réussi à maintenir au prix de nombreux efforts se brisa malgré lui, et il commença à sangloter. Ressentirait-il toujours la même envie d’aller à Waluandin ? Probablement pas. Il ne voulait plus jamais aller à Zetesidona ou Alluja. Ou voir des orcs, tant qu’à faire. Ne pouvaient-ils pas enfin prendre la décision de vivre ici en Darunggar ? Non… ?
Quoi qu’il en soit, Herbesit était une ville plutôt dangereuse dans son genre, donc il se remit dans le bon état d’esprit, et ils finirent par se trouver dans les souterrains. Une fois qu’ils eurent fini leurs achats, il ne savait plus vraiment quoi faire ensuite.
Ils n’étaient pas avec M. Unjo, donc cela lui sembla déplacé de se rendre à la tour de Rubicia. Haruhiro et les autres n’étaient pas Zerans, donc ils ne pouvaient pas non plus rester dans les souterrains. Les gens du haut d’Herbesit étaient bruyants, et menaçants.
Que faire maintenant ? Que devraient-ils faire ?
—Hé, même là-haut, y’a des gens biens, comme la femme de M. Unjo, fit remarquer Ranta. Peut-être qu’y a un truc comme une auberge, où ils nous laisseront nous reposer si on les paie tout simplement ? Si on cherche un peu, on va bien finir par trouver, vous croyez pas ? Je veux dire, doit forcément y’en avoir une. Kuzacky. Bouge-toi et va nous trouver un truc comme ça rapidement. On va t’attendre ici en bas. Je vais même être gentil et t’attendre, ok ?
—Pourquoi tu fais ressortir ça comme si tu me faisais une faveur ? Et attends, pourquoi moi ? se plaignit Kuzaku.
—Parce que tu as le rang le plus bas ici, duh ! Voilà quoi, t’es mon serviteur, pas vrai ? Tu es mon serviteur, donc tu dois faire ce que je te dis, capiche ?
—Je comprends pas très bien ce que tu dis.
—Oh ? Tu te rebelles maintenant ? Je m’en fous. Je te prends quand tu veux. Mais je te préviens, je vais te botter le cul. Tu veux ça ? Huh ?
—… C’est la première fois que j’ai envie de mettre le feu à tes cheveux bouclés, Ranta-kun.
—Quoi ? Est-ce que tu viens de dire que j’avais des cheveux bouclés ? Tu l’as dit, pas vrai ?! Bouclé !
—Ils sont bouclés, en fait, non ? dit froidement Merry.
—… Bouclés. dit aussi Shihoru.
—Ils sont vraiment bouclés, huh. et Yume.
—Bande d’enfoirés ! Bouclés, bouclés, bouclés, bouclés, vous arrêtez pas de dire ça ! Les gens qui disent que je suis bouclés sont ceux qui le sont vraiment ! Vous le saviez pas ça ?!
—Hé, les cheveux bouclés ne t’ont fait aucun mal, donc arrête d’entacher leur nom, Bouclette… dit Haruhiro.
Il soupira tout en regardant autour de lui. Les souterrains d’Herbesit avaient été à la base des aqueducs et des cimetières, donc il n’y avait parfois que de l’eau dans certains endroits, et le reste était pour la plupart que de longs tunnels. Il y faisait frais, mais il y avait une odeur rafraichissante qui se baladait dans l’air. Les gens ici devaient sûrement mixer des herbes aromatiques avec le carburant qui alimentait les lampes allumées ici et là. C’était peut-être grâce à ces essences, mais les clients qui étaient venus faire leurs achats dans les souterrains étaient calmes, et relativement silencieux. Quand le groupe faisait des siennes comme à l’instant, les Zerans qui tenaient des échoppes de chaque côté du tunnel semblaient clairement agacés par cela. On aurait dit qu’ils feraient mieux de la faire fermer à Ranta, ou de le réduire au silence pour toujours, puis d’effectuer une retraite rapide avant de se faire jeter dehors.
Après avoir réfléchi à un bon nombre d’options, Haruhiro et les autres décidèrent de rentrer chez eux. Au Village du Puit.
Ils avaient considéré le fait de prendre Herbesit comme la base de leurs opérations tout en cherchant des tablettes dans les ruines d’Alluja qu’ils pourraient vendre à très bon prix. Mais Herbesit allait être tout simplement trop difficile à vivre.
Ils préparèrent une cloche, traversèrent la forêt, et ils se dirigèrent vers la résidence du bruleur de charbon. Le bruleur de charbon ne leur prépara pas vraiment un accueil chaleureux, mais il n’essaya pas non plus de chasser Haruhiro et les autres. Ils restèrent dans un coin de sa clairière pour la nuit, et quand ils ouvrirent les yeux, le bruleur de charbon était en train de préparer son wagon pour sortir.
Quand ils lui firent signe pour proposer leur aide, il ne refusa pas, donc ils aidèrent à charger le wagon. Ils accompagnèrent le wagon du bruleur de charbon jusqu’au Village du Puit. Ils n’avaient pas de maison ou quoi que ce soit qui s’y apparenterait ici, mais ce sentiment de rentrer chez soi qu’ils ressentirent en y arrivant était incroyable.
Les résidents du Village du Puit étaient tous taciturnes, mais le crabe épicier géant ne fut pas avare de paroles, heureux de revoir Haruhiro et son groupe. Il était difficile de lire les expressions du crabe géant, mais au final, on aurait dit qu’il souriait à Haruhiro, et sa voix semblait heureuse. C’était ce qu’on aurait dit.
Ils discutèrent de ce qu’ils allaient faire ensuite tout en mangeant devant l’épicerie, mais aucun d’eux n’osa prononcer le nom de Waluandin. Haruhiro devrait-il imposer ce sujet à la discussion ? Il débattit avec lui-même pendant un moment, avant de finalement décider de ne pas le faire.
Nul besoin de se presser. Là, c’est le moment d’être patient. Attendons le moment opportun.
Il pouvait penser à un nombre incalculable de raisons, mais, finalement, il décida tout simplement d’attendre un meilleur jour.
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