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Chapitre 8

Franchis La Frontière

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~1 h 55

Je sais, pensa Haruhiro. J’aurais dû faire un discours avec un peu plus de punch, avec un peu plus d’énergie.

Haruhiro aurait adoré faire cela, bien entendu, mais rien ne lui était venu à l’esprit, donc il ne pouvait pas vraiment y faire quelque chose.

En plus, cette fois, ce n’était pas utile.

—O, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, o, … !

—Qu’est-ce que tu fous ?! Haruhiro attrapa Ranta, qui était juste planté là, par le bras et il se mit à courir. Alors qu’il courait, il cria, On bouge de là pour l’instant ! Ne restez pas devant les chiens, sortez de là !

Même sans les encouragements d’Haruhiro, Kuzaku, Yume, Shihoru et Yume s’étaient tous enfuis. Ce n’était pas juste Haruhiro et son groupe non plus. Les soldats volontaires se mirent à courir à gauche, à droite, et derrière en se dispersant dans toutes les directions.

Ducky avait dit de ne pas tourner le dos, mais ce n’était pas une option. Il y avait des géants blancs qui faisaient plus de quatre mètres de haut qui étaient en train de les charger de front. S’ils se prenaient un bon coup de leur part, ils se feraient mettre hors course pour sûr. Soit écrasé soit envoyé voler. S’ils essayaient de les affronter de front, comme Ranta avait été sur le point de faire, cela aurait été le pire scénario possible. Alors qu’ils seraient en train de stresser, les géants blancs se rapprocheraient, et alors qu’ils seraient toujours en train de foncer, Et seraient en train de paniquer, ils se feraient écraser à mort

Oh, merde, oh, merde, qu’est-ce que je fais ?

Mais même s’ils couraient—

—Ha-Ha-Haruhirooooo ! hurla Ranta. Ç-Ç-Ça arriiiiiiiiive ! Y’en a un qui arrive par-là !

—Ouais, je le sais déjà !

L’un des géants blancs était en train de poursuivre Haruhiro et Ranta. Haruhiro lâcha le bras de Ranta et il leva ses jambes plus haut. Mais devant eux il y avait un autre géant blanc. Où étaient les autres ? Il n’avait pas le temps de regarder.

Un géant blanc derrière moi. Un autre devant. Je vais à droite ? Ou à gauche ?

Pas bon. Ne peux pas aller à droite ou à gauche. C’est juste mon intuition, cela dit— non, ne te remets pas en question.

—Charge-le et passe en dessous ! s’exclama-t-il.

—Huh ?! Sérieusement ?! hurla Ranta

—Sérieusement ! Haruhiro chargea le géant blanc qui était devant lui.

Les mains. Les mains viendront en premières. Les deux mains. Pour essayer de m’attraper. Elles sont pas si rapides— Elles ne devraient pas, pas vrai ? Va vers le côté droit. Passe sous la main gauche du géant pour t’échapper. Vas-y. Je dois y aller. Vas-y. Je peux le faire. Esquive !

—Yuh… !

En contorsionnant son corps sur le côté, il esquiva d’un cheveu la main droite du géant blanc.

Mais qu’est-ce que Yuh pouvait bien être ?

Haruhiro ne le savait pas lui-même.

—Ranta ?! cria-t-il.

—Ouais !

Ranta était passé à travers la main droite du géant blanc d’une quelconque manière, et il semblait avoir réussi à passer derrière lui. Ce n’était pas quelque chose qu’ils avaient prévu, mais ils entendirent les géants blancs se rentrer dedans derrière eux.

—Ha ! Bien fait pour votre gueule ! beugla Ranta.

Haruhiro ne pouvait pas être aussi jubilant que l’était Ranta. Si possible, Haruhiro aurait voulu évacuer sa frustration sur lui.

—Aw, putain ! Eux aussi ? cria Haruhiro.

Bien évidemment, ceux qu’il avait aperçus au début n’étaient pas les seuls. Il y avait encore de plus de géants blancs en approchent. Il n’y avait pas que des géants non plus. Quelque chose d’autre se mélangeait avec les géants blancs— ou plutôt, il aurait été plus juste de dire que les géants blancs se mixaient avec eux. Ils étaient clairement plus nombreux, après tout.

Non, s’il ne disait pas qu’ils étaient clairement plus nombreux qu’eux, cela aurait été un énorme mensonge. Tiens, tiens, ne serait-ce pas les cultistes porteurs de ponchos avec un seul œil qui étaient en train de fondre sur eux en quantité ? Haruhiro voulait se regrouper avec ses camarades. Mais d’abord, il voulait vérifier qu’ils aillent bien.

—Ne te disperse pas, Ranta !

—Hé, héééééééééé ?! lui cria Ranta en retour. C’est de la folie, tu le sais ça ?!

Il n’écoutait même pas. L’attention de Ranta était entièrement focalisée sur les cultistes. Enfin, peut-être était-ce difficile de lui en vouloir pour ça.

Après tout, les cultistes normaux foncent sur nous avec leurs lances baissées.

Qu’est-ce qu’on fait ? Pensa Haruhiro en toute honnêteté.

Ce n’était pas le moment de réfléchir. Le temps était très, très limité. S’ils s’arrêtaient, ce serait fini. Ils devaient avancer devant eux. Quelle direction ? Où iraient-ils ? Il entendit des voix. Des voix de personnes. Des sons. Des présences. Une respiration. Sa propre respiration. En face d’eux, il y avait dix cultistes ordinaires, des Pansukes, ou à peu près ce nombre-là. Il y avait aussi des cultistes d’élites, des Tori-sas, qui portaient des Épées Foudroyantes du Dauphin ainsi que des Boucliers Miroir, peut être trois ? Il y avait plus de cultistes que juste ça, mais c’était les seuls dont Haruhiro devait se méfier. Et aussi, un géant blanc, un de quatre mètres.

Derrière eux il y avait le reste des géants blancs. Les deux qui étaient entrés en collision plus tôt étaient en train de se relever. Il y avait un grand nombre de géants qui s’étaient arrêtés— qui furent forcés de s’arrêter ? Étaient-ils en combat ? Est-ce que les soldats volontaires étaient en train de se battre contre les géants blancs ?

Oui. Ils se battaient. Par là-bas.

—Dépêche-toi, Ranta ! cria Haruhiro.

—Nwahh ?!

Même en courant, Haruhiro ne s’arrêta jamais de regarder. Ranta gardait le rythme.

Ce sont les Berserkers, huh, pensa-t-il. Impensable. Même dans cette situation, ils ont déjà abattu l’un des géants blancs. Non, pas juste un. Deux, huh.

Ducky et les Berserkers étaient sur le point de s’attaquer à leur troisième géant. Ils utilisaient des outils pour arriver à leurs fins. Des cordes. Avec des masses au bout, probablement.

Ils les jetaient pour les enrouler autour de la nuque du géant. Ensuite, ils tiraient dessus en groupe. Ils l’amenaient au sol. C’était facile à décrire, mais cela l’était moins de jeter la corde pour qu’elle arrive à l’endroit souhaité. Cela demandait beaucoup de force d’un amener un au sol. Leur timing devait être parfait en plus.

En dépit du nom de leur clan, qui renvoyait à l’image de Berserkers chargeant sans crainte n’importe quelle contre-attaque, ils se battaient en vérité avec finesse et technique.

À côté des Berserkers et de leurs trois groupes, dix-sept personnes, se déplaçant pratiquement comme un seul groupe, il vit Yume. Soit elle observait les Berserkers avec admiration, soit elle était perdue dans ses pensées, car elle était plantée sur place.

Même quand il se mit à courir vers Yume, Haruhiro continua de regarder. Il n’y avait pas que les Berserkers qui ripostaient. Il y avait des soldats volontaires en train de descendre un géant blanc de huit mètres un peu plus au loin. Quelqu’un d’intrépide et courageux escaladait le géant en passant par ses épaules, puis il le frappa au visage.

Max. C’était « Tête-à-Tête » Max.

Max était petit, mais il portait une épaisse épée dans chaque main, et il trancha, ou plutôt cogna le géant blanc avec elles. Il fit s’abattre une pluie de coups sur lui. Les Phalanges de Fer étaient en train de démonter un huit mètres.

Il vit les capes blanches d’Orion aussi. Ils s’étaient séparés en groupe individuel. On n’aurait pas dit qu’ils étaient en train d’appuyer l’attaque. Mais ils ne fuyaient pas les bras en l’air non plus.

Les Tokkis.

Tokimune se tenait juste en face d’un géant blanc, avec Tada qui l’attaquait sur le côté. Kikkawa et Mimorin étaient là eux aussi. Inui. Et Anna-san.

C’est Merry à côté d’Anna-san, huh, pensa Haruhiro. Kuzaku était là lui aussi.

—Occupe-toi de Yume d’abord.

—Cette fille ! cria Ranta. On aurait dit que Ranta avait remarqué Yume. Hé, Yume ! Reste pas plantée là ! Yume se tourna dans leur direction. …Quo ?

—Viens ici ! l’appela Haruhiro.

Il fit un grand hochement de tête et elle se mit à courir vers eux. Les cultistes arriveraient dans peu de temps, et cette zone se transformerait très probablement en un chaos total.

—Merry ! Kuzaku ! cria Haruhiro ?

Il se retourna et observa tandis qu’il courait en direction des Tokkis. Les cultistes étaient arrivés. Kuzaku et Merry remarquèrent Haruhiro et les autres.

—Où est Shihoru ?! cria-t-il.

—Je suis désolée ! Merry fronça les sourcils tandis qu’elle agitait sa tête.

—On a pas le temps ! hurla Ranta.

—Elle est notre priorité numéro une ! lui cria Haruhiro en retour.

Tout en y réfléchissant, il observa. Il surveilla la zone tout en décidant quoi faire. Alors qu’il regardait partout autour de lui, Haruhiro pensa à sa stratégie basique.

Bon, on va être des parasites, si l’on peut dire. Ça m’enchante pas de faire ça, mais on va devoir jouer les parasites avec les combattants plus forts pendant qu’on cherchera Shihoru. Je suis étrangement calme, huh ? Peut être que j’ai juste pas le temps de paniquer ?

—Shihoru a disparu ! s’exclama-t-il. Anna-san, sois prudente !

Une fois qu’il eut fait sa déclaration, Haruhiro tourna les talons et se dirigea vers les Phalanges de Fer. Ses camarades étaient derrière lui.

Ranta, Yume et Merry, avec Kuzaku qui fermait la marche.

Shihoru, pensa-t-il. Où est-elle ? Shihoru. Où es-tu ?

Pendant un moment, il craignit le pire. Il effaça rapidement cette pensée. Les cultistes avaient rejoint la bataille entre les soldats volontaires et les géants blancs. Cela allait être encore plus dur de chercher quelqu’un là-dedans.

Même si je ne peux pas la trouver, je vais observer. Observe. Cherche-là. Cherche. Cherche Shihoru.

—Pourquoi, espèce… ! J’y vais moi aussi ! cria Ranta en allant attaquer un Pansuke proche.

—C’est pas bon !

Haruhiro stoppa Ranta, mais il ne s’arrêta pas de courir lui-même.

—Je peux m’en occuper tout seul ! cria Max en étant accroché au visage du géant de huit mètres, puis il planta son épée dans son œil. Massacrez les cultistes, mes frères !

Il peut se le faire tout seul ? De quoi il parle ? Mais les gars des Phalanges de Fer font ce qu’il dit. Sérieux ?

Tous les membres des Phalanges de Fer à l’exception de Max s’écartèrent du géant blanc de huit mètres et ils attaquèrent les cultistes.

Il y avait un homme qui sortait du lot. Il était légèrement équipé, sans heaume, et il avait un petit bouc. C’était la main droite de Max, Aidan. Il se battait avec une lance, ce qui était peu commun pour un soldat volontaire. Il était en train de pousser un cultiste par terre avec sa hampe, puis il empala son œil avec la pointe. En plus de tout ça, il utilisait une grande variété de mouvement avec ses jambes pour renverser les cultistes. Il était plus un maître en arts martiaux qu’un guerrier. Son manque d’armure pourrait bien être un signe de confiance en soi. Cela ne semblait pas venir d’une quelconque recherche de style. Même un Tori-san, avec son épée et son bouclier en positon, fut abattu par un coup de pied sauté surprise et une pointe de la lance d’Aidan. Il était incroyable.

Les autres frères se dispersèrent pour écraser les cultistes. Les Phalanges de Fer avaient anéanti deux bases de cultistes. Ils connaissaient leurs adversaires. Ils semblaient penser que de simples cultistes ne pourraient pas possiblement les vaincre. Ils n’avaient pas l’air de penser à n’importe quel moment qu’ils pourraient perdre.

Haruhiro se comporta comme un total parasite. Il joignit les Phalanges de Fer, en observant autour de lui, tout en faisant attention à ne pas les gêner. Il chercha Shihoru.

—Shihoruuuuu ! gémit Yume.

Les cultistes et les géants blancs continuaient d’affluer.

Est-ce que toutes les Étendues Crépusculaires se rassemblaient ici ? Rester ici et combatte n’était-il pas une erreur ? Ils s’en sortaient pour l’instant, mais arrivera un moment où les soldats volontaires arriveront à bout de force. Quand cela arrivera, ce sera échec et mat. La fin.

Mais le dieu géant était toujours à la colline initiale. Pourraient-ils passer outre le dieu géant et fuir chez les Ri-komos— Non, dans le Repaire des Gremlins ?

Shihoru. Avant ça, il devait penser à Shihoru.

Shihoru.

—Elle ne peut être qu’ici ! cria Merry.

Elle avait raison. Elle était là. Elle devait être là. Elle était quelque part. Il ne pouvait juste pas la voir.

Il ne pouvait pas la voir.

Elle est quelque part où je ne peux pas la voir… ?

—La vallée ! cria Haruhiro.

Il pouvait se tromper, mais c’était plausible.

Le campement des soldats volontaires dans les Étendues Crépusculaires avait été construit autour d’une vallée avec un source d’eau en bas. Ce n’était pas une vallée profonde, mais ce n’était pas étroit non plus. Du moins, il ne pouvait pas voir le bas de cette vallée d’ici. Impossible. Si elle s’était fait séparer de ses camarades, qu’elle avait fui, et qu’elle avait essayé de se cacher quelque part, ne serait-ce pas l’endroit qu’elle aurait choisi ?

L’aval de la vallée était un cul-de-sac. Il n’y avait aucune garantie d’y être en sécurité. Si l’ennemi la trouvait, elle se trouverait immédiatement en danger. Mais si elle était forcée de prendre une décision, elle ne penserait pas à tout ça.

Tout en se dirigeant vers la vallée, Haruhiro continua d’observer. En jetant des coups d’œil à droite et à gauche, il garda une bonne idée de comment se débrouillaient ses alliées autant qu’il le pouvait. Il avait le sentiment que c’était son devoir dans cette situation. C’était effrayant de voir et de savoir ce qu’il se passait. L’ignorance était plus facile à accepter pour son esprit, mais c’était effrayant aussi dans ce sens-là.

Mourrait-il avec ses yeux fermés, ou avec ses yeux ouverts ? Dans les deux cas, c’était terrifiant. Cependant, si ses yeux étaient ouverts, il pourrait trouver un moyen d’échapper à une fin imminente. Si ses yeux étaient fermés, il ne pourrait même pas résister en vain.

A l’arrière du groupe, Kuzaku était attaqué par un cultiste. C’était un Pansuke. Juste un. Haruhiro fit un demi-tour instantané.

—Kuzaku, arrête-le !

—Kay !

Kuzaku para la lance du Pansuke avec son bouclier, puis il utilisa Force. Avec l’épée longue de Kuzaku qui s’enfonça dans son torse, mais qui ne passa pas à travers grâce à son poncho, le Pansuke tituba. A cet instant, Haruhiro était déjà derrière lui.

En faisant un arrêt net, il se plaça derrière le Pansuke. Il l’attrapa, enfonça sa dague dans l’œil unique du Pansuke en tenant son arme à revers. Il la retira, puis il se dirigea vers la vallée.

—Trou du cul ! cria Ranta.

Ranta, juste ferme ta gueule.

—Laisse-moi m’occuper de ce genre de truc !

—La prochaine fois ! s’exclama Haruhiro.

Si tu t’en occupes rapidement et bien, j’aimerais bien que tu le fasses. Enfin, peu importe. On y est. C’est la vallée.

—La voilà ! cria-t-il. Shihoru !

Shihoru était recroquevillée au bout de la source. Elle releva sa tête et regarda vers Haruhiro.

—J-Je suis désolée ! Je…Je ne trouvais aucun d’entre vous, et j’ai eu si peur !

—Bah, qui peut t’en vouloir ! gloussa Ranta. Je laisse passer pour cette fois, alors laisse-moi peloter tes seins !

—Wow… Kuzaku était abasourdi.

—T’es le pire. Tu ne pouvais pas plonger plus bas, dit Merry, et Haruhiro se devait d’être d’accord.

—Espèce de débile ! Ranta rit bruyamment. Je peux toujours aller plus bas ! C’est être le plus au fond du fond qui fait de moi le pire !

—Imbéciles !

C’est ça le problème avec lui.

—Shihoru ! Yume dévala la pente comme si elle était en train de rouler sur elle-même.

Haruhiro était sur le point de la suivre, mais il se tourna et il observa. Ce fut une bonne chose qu’il le fasse.

—Yume ! Ramène Shihoru ici !

—Meowger !

Est-ce que c’était censé être un « roger » ? Peu importe, je compte sur toi. On a des choses à régler nous-mêmes. Des ennemis. Des cultistes en approche. Cinq Pansukes. Un Tori-san. Ça fait beaucoup. Mais s’ils nous rattrapent alors qu’on est en bas de la vallée, on sera désavantagé parce qu’ils seront en hauteur. On va les combattre ici.

Avant que Yume et Shihoru ne les rejoignent, ils étaient quatre : Haruhiro, Ranta, Kuzaku, et Merry.

—Kuzaku, fais ce que tu peux ! lui ordonna Haruhiro.

—Bien reçu ça ! Je vais les attirer sur moi !

—Ranta, utilise des attaques rapides !

—T’as pas besoin de me le dire !

—Merry, n’en fais pas trop !

—Je vais bien.

—Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ! avec un rugissement atypique, Kuzaku chargea les cultistes.

Les Pansukes abaissèrent leurs lances en prévision de l’impact. Kuzaku utilisa son bouclier pour bloquer— non pour écarter les lances. Il n’avait pas utilisé Bloquage. C’était Heurt. En plus de ça, il fit de grands mouvements avec son épée et son bouclier.

—Ngahhhh ! Rahhhhhh ! Yahhhhhh !

L’épée et le bouclier de Kuzaku ne faisaient que dégager les lances et infliger des coups sommaires sur les ponchos des Pansukes. Il ne faisait aucun dégât. Mais les Pansukes ne pouvaient plus avancer. Kuzaku était en train de garder cinq Pansukes sur lui. Évidemment, cela n’allait pas durer. Qui plus est, il y avait ce gars aussi. En poussant les Pansukes sur le côté, Tori-san se mit en action. Tori-san écarta l’épée de Kuzaku avec son Bouclier Miroir, puis enchaina sans atteindre avec un coup de son Épée Foudroyante du Dauphin.

—Jaillissement ! hurla une voix.

C’était Ranta. Il sauta depuis le côté à une vitesse surhumaine, assénant un coup de pied dans le Bouclier Miroir de Tori-san. Alors même que Tori-san était déséquilibré, il dirigea son Épée Foudroyante du Dauphin vers Ranta. Le chevalier noir était en train d’essayer de l’attaquer, mais ce serait mal s’il prenait un coup de son épée. Même une égratignure l’empêcherait de bouger. Ranta retira Traitresse Mk.II. Sa forme vacilla d’une façon menaçante.

—Absence !

Le coup de Tori-san avait semblé terne. Il avait était fasciné par les mouvements mystérieux de Ranta. Celui-ci esquiva aisément l’Épée Foudroyante du Dauphin et mit de la distance entre eux deux.

—Ha ! Putain, je suis cool ! rigola Ranta.

—Pas vraiment ! lui répondit Haruhiro.

Haruhiro émergea du côté droit du groupe d’ennemis et il visa les lances de Pansukes avec sa dague et sa matraque. Merry prit aussi position derrière Kuzaku diagonalement et elle utilisait son bâton court pour interférer avec leurs lances.

—Dahhhh ! Tahhhhhh ! Nwahhhhh !

Kuzaku déchaina son bouclier et son épée en donnant tout ce qu’il avait tandis qu’il pressait vers l’avant. Les Pansukes commencèrent à reculer, mais Tori-san surgit et frappa l’épée de Kuzaku avec l’Épée Foudroyante du Dauphin.

—Ngh !

Le corps tout entier de Kuzaku trembla. Le Tori-san enchaina sans attendre. Kuzaku pouvait bien avoir l’armure la plus lourde du groupe, et il pouvait bien porter un heaume aussi, mais même lui ne s’en sortirait pas indemne après avoir subi un bon coup d’une Épée Foudroyante du Dauphin. Ici dans les Étendues Crépusculaire où la magie de lumière ne fonctionnait pas, les blessures graves pouvaient s’avérer mortelles.

—Hah ! hurla Merry.

Si Merry n’avait pas balancé son bâton cout diagonalement vers le bas, frappant ainsi L’Épée Foudroyante du Dauphin avec un rebond, les choses auraient pu très mal finir.

Merry s’exclama avec un, « Augh ! » et tomba sur son dos en tremblant, mais le Tori-san faillit lâcher son Épée Foudroyante du Dauphin aussi. Au final, il ne la lâcha pas vraiment, mais Kuzaku fut capable de récupérer.

—Pas passait loin ! Kuzaku balaya les lances de Pansukes avec son épée et son bouclier. J’ai encore pas mal de chemin à faire !

—Tu te débrouilles bien ! l’encouragea Haruhiro.

Haruhiro essaya d’attirer quelques Pansukes à l’écart de Kuzaku.

—Ranta, montre-nous tes talents !

—Fais pas genre— Ranta chargea une nouvelle fois et il se rapprocha de l’un des Pansukes. — que c’est si facile que ça, bordel !

—Rejet !

Le Pansuke retira sa lance. Ranta la repoussa sur le côté avec Traitresse Mk. II et il recula. Le Pansuke tomba dans son piège et il essaya de poursuivre Ranta.

—Évitement ! cria Ranta.

Quand son adversaire essaya de se mettre en mouvement, Ranta effectua une pointe vers l’avant avec son épée devant lui en direction d’un point vital en battant en retraite. Traitresse Mk. II se planta dans le seul œil du Pansuke et il s’effondra au sil.

—Bien que je le fasse assez facilement ! hurla Ranta. Je veux dire, c’est moi, après tout !

—Et nous y revoilà, encore à te vanter ! lui rétorqua Haruhiro.

Haruhiro utilisa Frappa sur deux lances de Pansukes, il Frappa, et les Frappa encore. Ranta avait abattu un Pansuke et il était en train d’en chercher un autre, donc Kuzaku n’avait besoin que de s’occuper d’un Pansuke et du Tori-san. Mais le Tori-san était problématique.

—Nuh !

Kuzaku utilisa Heurt pour repousser la lance du Pansuke, puis il essaya rapidement de vite réduire l’écart entre eux, mais le Tori-san balança son Épée Foudroyante du Dauphin. Cela força Kuzaku à sauter en arrière.

—Je vais en prendre un ! s’exclama Merry.

Ayant récupéré de l’effet électrisant de l’Épée Foudroyante du Dauphin, Merry était en train d’essayer de faire en sorte que le Pansuke s’attaque à elle. Cependant, même en un contre un, le Tori-san allait être un adversaire redoutable. Son Épée Foudroyante du Dauphin était bien trop dangereuse. Tout ce que pouvait faire Kuzaku était de garder ses distances et de courir dans tous les sens.

—Putain ! C’est pathétique ! hurla Kuzaku.

—Te précipite pas ! lui cria Haruhiro en utilisant Frappa sur les lances qui continuaient de venir vers lui.

Il dit ça à Kuzaku, mais il était aussi en train de se le dire à moitié.

Ouais, je peux pas me précipiter. Observe. Observe bien. Y’at-il des renforts ennemis ? Pas pour l’instant. Ça ne m’étonnerait pas d’un voir arrive à n’importe quel moment, cela dit. Quand ça arrivera, je ne pourrais pas commencer à paniquer genre, Oh, merde, oh, merde, on va se faire buter !

Kuzaku était entièrement focalisé sur son évasion de l’Epée Foudroyante du Dauphin. Merry se la jouait sécurité et était sur la défensive, tandis que Ranta n’arrivait pas à asséner un coup fatal. Était-il en train d’observer et d’attendre sa chance pour en finir en un coup ? Haruhiro ne fit rien d’autre que Frappe. Ils ne faisaient rien d’autre que de tenir bon, et ils se feraient probablement abattre sur cela devait continuer, mais il n’avait plus à atteindre très longtemps.

N’est-ce pas ?

Et vint une flèche. Celle-ci allait faire mouche. Le Tori-san se la prendrait en plein dans le visage. Non, le Tori-san sauta sur le côté et l’esquiva.

Haruhiro jeta un coup d’œil derrière lui. Yume. Elle était sortie de la vallée. Elle était déjà en train d’encocher une seconde flèche. Elle tira. Ensuite, pratiquement au même moment…

—Ohm, rel, ect, nemun, darsh !

Juste derrière Yume, Shihoru était en train d’incanter en dessinant des runes élémentaires avec son bâton.

Le deuxième tire de Yume échoua aussi. Le Tori-san l’esquiva. Cependant, quand il s’écarta du chemin de la flèche, un élémentaire d’ombre se fixa au sol à l’endroit où il allait marcher.

Lien des Ténèbres.

Le pied du Tori-san était pris au piège par l’élémentaire d’ombre, et il ne pouvait plus s’en défaire. Le Tori-san était clairement troublé. C’est là que Kuzaku se lança pour le finir.

—Rahhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Châtiment. C’était fondamentalement la même chose que la spécialité de Moguzo, la compétence de guerrier Choc de Rage, AKA Taillade de Gratitude. Il balança vers le bas diagonalement son épée de toutes ses forces. Cependant, dans la version des paladins, il devait de défendre avec son bouclier en s’exécutant. Normalement, tout du moins.

Kuzaku lança son coup si fort qu’on aurait dit que son bouclier allait s’envoler, bien qu’il resta où il était, et il asséna son épée sur l’ Épée Foudroyante du Dauphin de Tori-san de toutes ses forces. Bien sûr, quand il toucha l’arme, cela l’électrocuta.

—Ah !

Le corps de Kuzaku trembla, et il finit par s’asseoir par terre. Il avait dû savoir que ça allait arriver. Et pourtant, il avait pris le risque. Le plan de Kuzaku avait été d’écarter l’arme du Tori-san de ses mains. Ça avait fonctionné.

Le Tori-san se jeta par terre et il essaya d’atteindre son arme tombée. Il était à la limite de l’atteindre. C’était grâce au Lien des Ombres. Et pourtant, le Tori-san essaya de s’étendre au maximum pour attraper son Épée Foudroyante du Dauphin. Cela aurait fonctionné si personne n’était intervenu. Si Merry n’avait pas frappé la garde de l’épée et qu’elle ne l’avait pas écarté.

—T’es la meilleure!

Kuzaku se remit sur ses pieds, puis il leva son épée au-dessus de sa tête. Le Tori-san essaya de couvrir sa tête avec son Bouclier Miroir. Cependant, Kuzaku ne balança pas son épée vers le bas. C’était une feinte.

—Rahhh !

Kuzaku écarta le Bouclier Miroir avec son pied, puis il asséna son épée sur la tête sans défense du Tori-san. Pas juste une fois. Deux, trois, quatre fois, il écrasa la tête de son ennemi. Même s’il ne pouvait la couper à cause du poncho, c’était plus que ce qu’il ne pouvait supporter. Même après que Tori-san se soit effondré et qu’il était allongé face contre terre, Kuzaku l’attaque deux fois, trois fois de plus pour être sûr qu’il soit belle et bien mort.

—Épuisement ! Épuisement ! Epuisemeeeeeeeeent !

—Gwahahahahahahahah !

Pendant ce temps, Ranta se balada dans tous les sens avec ses mouvements dérangeant en arrière pour récupérer rapidement l’Épée Foudroyante du Dauphin. Avec Traitresse Mk. II dans sa main gauche, et l’Épée Foudroyante du Dauphin dans sa main droite, il utilisait deux épées—

Attendez, en considérant que Ranta manque de force, et que l’Épée Foudroyante du Dauphin est assez longue et lourde. Est-ce qu’il va s’en sortir… ?

—Là ! Ha ! Prends ça !

Comme Haruhiro s’y attendait, peu importe à quel point Ranta donnait tout son être pour balancer à la fois l’Épée Foudroyante du Dauphin et Traitresse Mk. II, il ne touchait rien du tout. Les Pansukes esquivaient aisément. C’était un abruti. Un abruti complet et fini.

—Prends-en une mais pas deux ! lui cria Haruhiro.

Haruhiro était toujours occupé à utiliser Frappe sur les deux lances. Il voulait dire à Ranta qu’il n’avait le temps de jouer comme il le faisait.

Je veux dire, je dois regarder autour de moi tout en me défendant. C’est assez difficile. J’arrive tout juste à m’en sortir. Finis ce que t’as à faire et viens m’aider, mec. Enfin, c’est pas grave, vraiment.

—Yah !

Quelqu’un est venu, au moins.

C’était Yume. Yume entra dans la danse avec ferveur. En effectuant un salto, elle déchaina un puissant coup avec sa machette. L’un des deux Pansukes qui étaient en train d’attaquer d’Haruhiro le prit sur l’épaule, et bien que cela ne suffit pas, sa tête recula avec la douleur.

Rage du Tigre. C’était une technique de combat à la machette.

—Tau ! Tau ! Tauuuuu ! Avec une étrange série de cris de batailles, Yume enchaina un combo de Coup Nette, Coup Croix, Coup Nette et elle contourna le Pansuke.

Elle est toujours aussi entreprenante. C’est le genre de bravoure que vous attendriez chez un tank. Non, avec son armure légère, elle est plus brave qu’un tank. C’est flippant à regarder. Je vais devoir l’aider.

La fois suivante où il Frappa une lance, Haruhiro lança simultanément un coup de pied dans le genou du Pansuke. Brise-Genoux stoppait les mouvements de son adversaire pendant un moment, ce qui permit à Haruhiro de se rapprocher et d’infliger un solide coup dans le menton de son ennemi avec sa matraque.

La compétence Arrêt était initialement prévue pour être utilisée avec la paume de la main pour frapper le menton de l’ennemi après une Frappe, mais Haruhiro avait appris à l’effectuer ainsi. Haruhiro avait été sur la défensive pendant tout ce temps, donc cela avait sûrement être dur pour le Pansuke de s’adapter à une attaque-surprise. Naturellement, cela faisait partie des calculs d’Haruhiro, ce pour quoi il donna tout dans sa contre-attaque.

Une fois qu’il eut effectué une Frappe, Brise-Genoux et Arrêt, il n’était pas dur de balayer les jambes de son adversaire et de le faire tomber. C’était ce qu’Haruhiro avait fait. Haruhiro monta sur le Pansuke au sol et il planta sa dague dans le seul œil du cultiste. Quand il la fit tournoyer et qu’il creva son œil, le Pansuke s’arrêta rapidement de bouger.

—Haruhiro-kun ! lui cria Shihoru pour l’avertir.

Quand il se tourna, quatre autres Pansukes et un Tori-san étaient en train de vernir vers eux. Haruhiro laissa échapper un profond soupir, puis il retira sa dague et il se releva.

A cet instant, Ranta et Yume étaient tous deux en train de s’occuper d’un Pansuke. Kuzaku et Merry formaient une équipe pour s’en faire un autre. Il y avait au total cinq renforts ennemis, et l’un d’eux était un Tori-san en plus de ça. Les seuls libres de leurs mouvements étaient Haruhiro et Shihoru. Shihoru ne pouvait pas se battre en mêlée, et tout ce que pouvait faire Haruhiro au mieux était d’espérer retenir quelques attaques de Pansukes avec Frappe.

—Ohm, rel, ect, el, krom, darsh !

Mais Shihoru avait ce qu’il faillait. Un élémentaire noir en forme de brume s’envola en direction des renforts ennemis. Brume des Ombres. C’était la version améliorée d’Ombre Somnolente, qui causait une intense somnolence à sa cible.

Normalement, qu’elle utilise Ombre Somnolente ou Brume des Ombres, cela ne fonctionnerait pas contre des adversaires qui venaient vers elle comme ça. C’était un sort qui ne marchait uniquement contre des cibles distraites. Cependant, Shihoru avait découvert que la Magie Darsh se révélait être sacrément efficace contre les cultistes.

Quand l’élémentaire d’ombre les enveloppa, les cultistes commencèrent à tomber comme des mouches. Elle arriva à endormir tous les Pansukes, mais le Tori-san ne fit que chanceler. Il y avait résisté, huh.

Le Tori-san donna un coup de pied au Pansuke qui s’était effondré à ses pieds. On aurait dit qu’il essayait de les réveiller.

—Ohm, rel, ect, vel, darsh !

Shihoru enchaina immédiatement avec Echo des Ombres. Vwong, vwong, vwong. Avec son bruit distinctif, trois élémentaires d’ombres qui ressemblaient à des boules d’algues noires s’envolèrent en direction du Tori-san. Cependant, même s’ils touchaient, cela ne suffirait sûrement pas à le mettre au tapis.

Haruhiro cria en courant :

—Kuzaku !

—Kay !

Kuzaku laissa le Pansuke à Merry et se lança à la poursuite d’Haruhiro. Deux des trois élémentaires frappèrent le Tori-san et semblaient avoir infligé quelques dégâts, mais c’était loin d’être fatal. En plus de ça, le Pansuke que le Tori-san avait agité se releva.

Si plus d’ennemis arrivent maintenant, on est complètement foutu.

C’était la pensée qui avait traversé l’esprit d’Haruhiro. Bien que, il n’avait pas le temps de s’inquiéter pour ça.

Concentre-toi. Je dois me concentrer. Concentration concentration, concentration.

Haruhiro se le répéta tout en chargeant en direction du Pansuke et du Tori-san. La raison pour laquelle il n’était pas effrayé était qu’il n’avait pas l’intention de se battre. Les combattre en face était bien trop dur pour lui.

En premier, le Pansuke pointa sa lance. Haruhiro bondit sur sa gauche, et cette fois c’était le Tori-san qui enchaina avec une autre attaque.

Je suis toujours hors de portée, donc je suis en sécurité, pensa-t-il. Même si le Tori-san l’attaquer avec son Épée Foudroyante du Dauphin, cela n’atteindrait pas Haruhiro. Probablement.

—Amène-toi, amène-toi, amène-toi ! cria Haruhiro, plus pour se donner du courage que pour provoquer son ennemi, en esquivant l’Épée Foudroyante du Dauphin du Tori-san et la lance du Pansuke.

Kuzaku arriva peu de temps après et il utilisa Heurt sur la lance du Pansuke. Quand il fit cela, Haruhiro avait prédit que le Tori-san se jetterait sur Kuzaku. Ou plutôt, il avait espéré que ça arriverait, mais il ne fit pas cela. Alors que Kuzaku était en train d’attaquer le Pansuke avec force, le Tori-san commença à donner des coups de pieds aux autres Pansukes.

Pas bon, pensa Haruhiro.

A ce rythme, les trois restants allaient se réveiller. Mais s’il allait devoir l’arrêter, il devrait attaquer le Tori-san. S’il essayait de prendre le Tori-san en un contre un direct, les jours d’Haruhiro seraient comptés. Était-ce le moment de s’inquiéter pour ça ?

Au moment où il fit une pause pour y réfléchir, il avait manqué sa chance de faire ce choix. C’était déjà trop tard. Les Pansukes étaient réveillés et ils commençaient à se lever. À cause du chaos ambiant composé d’alliés et d’ennemis, ils ne pouvaient pas compter sur la magie de Shihoru.

—Zeahhhhh !

Kuzaku poussa le Pansuke au sol grâce à sa force,mais il n’arriva pas à porter le coup fatal. C’était parce que le Tori-san était intervenu. Kuzaku n’avait d’autre choix que de fuir l’Épée Foudroyante du Dauphin.

Où est Ranta ? Yume ? Merry ?

Haruhiro essaya de regarder.

Je peux pas voir.

Les Pansukes que Tori-san avait tirés hors de leur sommeil s’amassaient vers lui. Le cœur d’Haruhiro s’accéléra et sa respiration devint hasardeuse. Il se sentait sur le point de paniquer. Bien que, puisqu’il pouvait réaliser cela, ce n’était pas si grave. Son champ de vision s’était tellement amenuisé.

Les lances. Elles arrivent. Frappe. Frappe. Frappe. Non, je peux pas. J’ai la sensation que je vais me louper. Je ne peux pas me permettre d’être blessé. Ahh—

—Uwah…

Haruhiro sauta en arrière sans essayer d’utiliser Frappe. Il ne pouvait l’utiliser avec cet état d’esprit. Il échouerait à coup sûr.

Un géant blanc. Pas un de quatre mètres. Plus gros que ça. Il y en a un de six mètres qui approche. Qu’est-ce qu’on va faire avec ça ?

Les lances vinrent à lui. L’une après l’autre. Pouvait-il esquiver ? Il le devait. Mais il ne pouvait pas vraiment y arriver. Haruhiro se jeta instinctivement au sol et roula sur lui-même.

—Quuuuuuu’est-ce que tu fous ?! Ranta s’envola devant. Il balaya deux lances en même temps avec son Épée Foudroyante du Dauphin. Naturellement, les Pansukes qui les tenaient s’effondrèrent en tremblant. Ranta avait rangé Traitresse Mk.II et utilisait l’Épée Foudroyante du Dauphin avec ses deux mains.

—Je t’ai dit de faire comme ça depuis le début ! lui cria Haruhiro.

Haruhiro utilisa Frappe sur une autre lance de Pansuke, puis il enchaina avec Brise-Genoux et Torgnole. Sa dague et sa matraque étaient des armes de courte portée, donc c’était assez dur de frapper les mains ennemis avec.

Torgnole n’était pas une compétence qu’il utilisait souvent, mais tout ce déroula bien. Les Pansukes tenaient leurs lances avec deux mains. Quand Haruhiro frappa la main droite de l’un des Pansukes, le Pansuke lâcha sa lance avec cette main. Sans perdre une seconde, Haruhiro utilisa le pommeau de sa dague pour frapper sa gorge avec Arrêt. Quand les jambes du Pansuke lâchèrent et qu’il s’effondra, Haruhiro le contourna rapidement pour se placer derrière lui, puis il l’attrapa et utilisa Araignée. Sa dague plongea dans l’œil unique du Pansuke.

—Ta gueule ! Parupirori inutile !

Ranta s’élança pour finir les Pansukes qu’il avait étourdis en levant exagérément son Épée Foudroyante du Dauphin au-dessus de sa tête. C’est à cet instant que ses mains s’arrêtèrent.

—Attends, y’a un géant en blanc qui arriiiiiiiiive ?!

—Ranta ! cria Haruhiro.

—Quo… ?!

Ranta utilisa Épuisement pour s’envoler en arrière dans une accélération soudaine. Les Pansukes qu’il avait étourdis avaient sorti leurs lances.

Kuzaku était en train de courir dans tous les sens pour esquiver le Tori-san et un Pansuke. Merry et Yume étaient toutes les deux en train de s’occuper d’un Pansuke chacune, et elles étaient incapables de bouger.

Shihoru avait remarqué le géant blanc en approche, et elle semblait en train de réfléchir à ce qu’elle devrait faire avec sa magie. Malheureusement, il n’y avait sûrement rien à faire. Quand cela concernait un géant blanc de six mètres, stopper ses mouvements avec la magie de Shihoru était pratiquement impossible.

Les Pansukes qui avaient échoué à couper Ranta en rondelles changèrent leur cible pour Haruhiro. Tour en utilisant Frappe sur leurs lances, Haruhiro fut révolter contre lui-même qui essayait de s’échapper de la réalité en se concentrant uniquement sur ses Frappes. Mais il ne pouvait pas penser à quoi que ce soit qu’il pourrait faire, et il se disait qu’il ne pouvait pas penser à quoi que ce soit d’autre non plus.

C’était un combat de fous. Ils n’avaient aucune chance de l’emporter.

Et donc, quoi alors ? Allaient-ils courir ? Ils pourraient se faire tuer au moment où ils tourneraient leurs dos à l’ennemi. Quelques-uns d’entre eux pourraient, du moins. Ils étaient pris de tous les côtés.

C’était pour ça qu’il utilisait Frappe, Frappe, et encore Frappe.

Est-ce que c’est suffisant ?

La réponse était bien évidemment non. Il devait prendre un décision.

S’ils s’obstinaient et qu’ils continuaient le combat, ils allaient tous mourir pour sûr. S’ils couraient, certains pourraient survivre.

Bien entendu, Haruhiro resterait jusqu’à la fin en s’assurant qu’un maximum d’entre eux s’en sortent sains et saufs. Il était le leader, après tout. Il devait faire au moins ça. Ouais, il mourrait probablement. Pas qu’il le voulait. Il ne pouvait pas faire cette chose admirable et dire qu’il était préparé pour ça, mais il ferrait ce qu’il savait qu’il avait à faire.

Il s’en fichait de ce qui lui arriverait. Si la seule vie d’Haruhiro payait la vie de tous ses camarades, cela lui convenait. Mais ce n’était pas comme ça que ça marchait. Plus d’une personne allait être sacrifiée. Cela sentait particulièrement le roussi pour Shihoru.

En plus, même s’ils arrivaient à se sortir de ce pétrin, après ça, ils devraient— Non, il devait sur concentrer sur l’instant. Quelle était la meilleure chose à faire là maintenant ? S’il commençait à réfléchir à quoi faire ensuite, il serait incapable de décider quoi que ce soit. Même si ce n’était qu’une ou deux personnes, il voulait que ces personnes survivent.

Le géant blanc n’était plus qu’à environ dix mètres d’eux.

Haruhiro n’avait pas de temps à perdre. Tout en Frappant une lance, Haruhiro cria : « Cour… »   Ou il commença, puis il ferma rapidement sa bouche.

Pas possible. C’est juste trop cool.

Haruhiro Frappa une autre lance de Pansuke, puis il cria quelque chose d’autre. Cette fois, un nom.

—Tada-san !

—Frappe Tornade !

Tada fila à toute en allure en tournoyant horizontalement et en dégommant le genou gauche du géant blanc avec sa masse de guerres. L’impact fit arrêter le géant et le fit baisser la tête vers Tada.

—Go, go… dit le géant.

—Ça roule, minable. Tada épaula sa masse, puis il leva le majeur de sa main droite. Je vais m’occuper de toi. Ramène ta fraise.

—Ohm, rel, ect, nemun, darsh ! cria Shihoru.

Lien des Ténèbres. Shihoru fixa un élémentaire d’ombre au sol, arrêtant le Tori-san qui était en train de diriger le Pansuke afin qu’il mette la pression à Kuzaku.

—Haaa !

Kuzaku attira immédiatement le Pansuke à l’écart du Tori-san et il commença à s’occuper de lui. Il utilisa Bloquage sur la lance du Pansuke. Ensuite, en avançant après un Force, il utilisa Heurt pour frapper le Pansuke au visage avec son bouclier. Il le poussa ensuite au sol, puis il enfonça son épée dans le seul œil du Pansuke.

—Ranta, prends le Tori-san ! ordonna Haruhiro.

La réponse de Ranta à la sollicitation d’Haruhiro fut :

—Crève ! A qui tu dis de mourir ?!

Quoi qu’il en soit, Ranta commença à croiser le fer avec le Tori-san. Quand c’était une Épée Foudroyante du Dauphin contre une Épée Foudroyante du Dauphin, aucun des deux ne se faisait étourdir. Le Tori-san avec son Bouclier Miroir aussi, cela dit, donc Ranta aurait quelques difficultés à percer sa défense, mais même un idiot complet comme Ranta (la pourriture) pouvait être utilisé pour gagner du temps. Sans qu’Haruhiro n’ait à lui dire ce qu’il devait faire, Kuzaku alla aider Yume et Merry.

Haruhiro Frappe, Frappa, et Frappe encore pour se défendre contre les lances des deux Pansukes en face de lui.

Le géant de six mètres poursuivit Tada en écrasant ses poings au sol pour essayer de l’écrabouiller, tout cela avec des bruits sourds résonnants, mais il n’y était pas encore arrivé. Tada avait toujours sa masse posée sur son épaule, esquivant aisément les attaques du géant blanc avec un minimum d’effort. Il n’était particulièrement agile, mais il était anormalement confiant. Est-ce que Tada pensait qu’il était invincible ? Il bougeait avec une confiance sans faille. Même si le géant arrivait à le tuer, on aurait dit que ce ne serait pas suffisant pour arrêter Tada. Peu de temps après ça, Tokimune arriva, toujours avec ses dents blanches rayonnantes.

—Vous êtes toujours en vie, huh ? s’exclama Tokimune.

Kikkawa était là aussi. Inui, Mimorin et Anna-san aussi. Tada et Tokimune se rendirent à un côté opposé du géant blanc, prenant le relais pour le provoquer, et y arrivant avec maitrise.

—Yahoo, Ranchicchi ! Je suis ici pour faire ma splendide entrée ! déclara Kikkawa en assénant un coup au Tori-san.

—Espèce d’abruti ! Qui c’est que t’appelles Ranchicchi ?! Ranta se mit immédiatement sur l’offensive. Je ne serai jamais redevable à personne !

—Tu peux juste montrer ta gratitude, Ranchicchi ! Tu es si tsun, tsun, dere, dere, c’est juste adowable !

—Ferme ta grande gueule ! beugla Ranta. Je vais te buter, Kikkawa !

—Ta gueule et kill them all ! Yeah ?!

Inui, pour on ne sait quelle raison, avait une lueur dans l’œil qui n’était pas couvert par son cache-œil.

—Heh Heb Heb… rigola-t-il tout seul alors qu’il se baladait dans la zone.

Mais qu’est-ce que tu fais en fait, mec ?

Haruhiro était si abasourdi, il dérapa et faillit manquer sa Frappe.

—Ah !

—Hahh ! hurla Mimorin.

Si Mimorin n’avait pas balancé son bâton vers le bas de toutes ses forces, matraquant la tête du Pansuke par-derrière avec un bruit sourd, l’attaque l’aurait certainement blessé, ou pire. Derrière son bâton, l’épée de Mimorin asséna un coup punitif sur le sommet de la tête du Pansuke.

Prenant avantage de son physique inhabituel, la technique d’épée de Mimorin était incroyablement puissante, bien qu’elle utilisait plus que son épée. Il n’y avait pas vraiment de mouvement précis dedans— c’était juste basiquement des gros coups d’épée, et elle laissait tout un tas d’ouvertures. Cependant, quand elle touchait, ses coups avaient assez de forces derrière eux pour abattre ses ennemis en un coup.

Malheureusement, les élémentaires, qui n’étaient pas visibles par l’œil humain dans leur état normal, détestaient la plupart des métaux, donc les mages devaient rester loin du fer et du cuivre. Cependant, si on utilisait un processus spécial qu’on appelait revêtement élémentaire, cela ne dérangeait apparemment plus les élémentaires. L’épée de Mimorin avait un revêtement élémentaire, et c’était censé être une opération assez onéreuse.

En dépit de cela, elle en prenait très peu soin.

Mimorin asséna un coup de pied au Pansuke à qui elle avait lancé son combo à deux coups et le poussa au sol avec un « Hmph ! » et puis elle se dirigea vers l’autre Pansuke avec son bâton et son épée.

—T’as fait du mal à Haruhiro ! cria Mimorin. Tu peux pas faire ça ! Absolument pas !

Se pourrait-il que Mimorin… soit en colère ? Se demanda Haruhiro. On dirait bien.

Bien qu’elle était inexpressive, son visage était rouge. Bien que le Pansuke essaya de la toucher avec sa lance, Mimorin l’ignora et le massacra avec son épée et son bâton. Elle avait pété un câble. C’était terrifiant à quel point elle s’acharnait sur lui.

Au bout d’un moment, le Pansuke ne pouvait même plus tenir debout, il s’effondra au sol là où il se tenait, mais elle continua à le frapper, et le frapper, et le frapper jusqu’à ce qu’il guise au sol, pulvérisé. Il était proche de rendre son dernier souffle, si ce n’était pas déjà le cas. Mimorin se tourna pour faire face à Haruhiro.

—J’étais inquiète.

—…C’est, uh… bah… Déso…lé… ?

—C’est bon. Mimorin secoua sa tête. Je suis heureuse de pouvoir te revoir, sain et sauf.

—…Moi, aussi.

—Ouais. C’est super.

Haruhiro commença à paniquer.

—Uh, uhhhhhh, attends, il-il y a toujours des ennemis !

—Il y en a.

—On doit les tuer.

—Je les tuerai.

—A-Allons-y, dit Haruhiro.

—Je vais le faire.

—M-Mais…

Haruhiro observa les environs. Kuzaku, Merry et Yume étaient en train de s’occuper de deux Pansukes. Ranta et Kikkawa étaient en train d’accabler le Tori-san. Au rythme où les choses avançaient, ils allaient en finir tôt ou tard.

Inui était toujours en train de se balader sans but.

Non, sérieux, qu’est-ce que tu fous mec ?

En ignorant ce déviant absurde pour le moment, le problème, cela allait sans dire, était le géant blanc.

—Allez !

Tokimune frappa son épée contre son bouclier.

—Go, go !

Le géant s’abaissa et balança son bras droit.

—Là !

Tokimune glissa sous le bras droit du géant qui fonçait vers lui, esquivant ainsi le coup avec classe.

—Pas ici !

Tada appela le géant vers lui.

Le géant blanc se tourna vers Tada, et il le trouva. A la place de ses bras, il utilisa ses pieds. Le géant blanc essaya de donner un coup de pied à Tada. Ce n’était pas passé loin. Tada roula sur sa gauche pour esquiver le pied droit du géant blanc.

La première chose que Tada avait faite était de dégommer le tibia droit du géant blanc avec sa masse. Bien que la marque de l’impact était claire et visible, ses mouvements n’indiquaient pas la moindre trace d’une quelconque séquelle.

—Tuez-le ! Tuez-le à mort, yeah ?!Cria Anna-san.

Anna pouvait crier et les encourager jusqu’à ce que sa voix ne casse ; mais ce serait un peu difficile d’en arriver jusque-là. Shihoru serra son bâton en observant autour d’elle sans s’arrêter. On aurait dit qu’il n’y avait rien qu’elle puisse faire, et aucun sort qu’elle ne pouvait lancer.

Si cela avait été un géant de quatre mètres, peut-être aurait-elle pu faire quelque chose, mais contre un géant de six mètres, ce serait sérieusement difficile. S’il y avait eu plus d’obstacles, ou quelque chose sur lequel elle aurait pu se tenir, elle aurait été en mesure de faire quelque chose de mieux… peut être ? Dans tous les cas, dans la situation actuelle, elle ne pouvait même pas trouver un moyen d’attaquer.

—Haru ?!

Merry cria son nom. On demandait à Haruhiro ce qu’il fallait faire.

Me demande pas. Il devint frustré. Calme-toi, calme-toi, calme-toi. Observe, et réfléchis. C’est ça. Observe.

Son corps se mit soudainement à flotter.

Non.

Ce n’était pas qu’Haruhiro était vraiment en train de flotter. Évidemment. Ça n’arriverait jamais. C’était quelque chose de spirituel, on pourrait dire. L’esprit d’Haruhiro avait quitté son corps— comme une expérience extra-corporelle, peut-être ? Il n’en avait jamais fait l’expérience avant, donc il ne pouvait pas dire avec certitude si c’était bien ça, mais Haruhiro était en train de voir des choses qu’il ne pourrait pas voir s’il se tenait normalement au sol.

Cela ne dura qu’un instant.

Peut-être que c’était une hallucination. Ou plutôt, ça a été une hallucination pas vrai ? Mais… j’ai été capable de le voir. Ou, tout du moins, j’ai la sensation que je l’ai vu.

Pendant cet instant, Haruhiro avait vu le géant blanc de six mètres en dessous de lui. Les autres cultistes, les autres géants, et les autres soldats volontaires aussi— il avait été capable de voir toute la zone.

C’était une étrange manière de voir les choses. Ce n’était pas comme s’il le voyait avec ses propres yeux, mais ce n’était pas vague et brumeux non plus. Cela avait été comme une photo, ou un schéma détaillé. Quoi que ça puisse être, il avait eu une lumière d’inspiration grâce à ça.

C’était le genre d’idée qui lui faisait penser, « Pourquoi je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt ? » Bien qu’il ne pouvait pas s’en empêcher.

—Bah, vous savez, je suis juste un gars ordinaire après tout, marmonna Haruhiro.

—Tu es spécial, Haruhiro, dit Mimorin avec un visage maussade. Pour moi.

—…Merci.

Je l’ai vraiment remercié sans y réfléchir. Je ne pense pas que ce soit bon pour moi de faire ça. Je dois la rejeter plus fermement. Je serai plus prudent à partir de maintenant. Pour l’instant, cela dit, je vais me concentrer sur ce qui doit être fait. C’est ce que je vais faire.

—On va le faire tomber dans la vallée, dit Haruhiro, ce à quoi Mimorin acquiesça, avant de pencher sa tête sur le côté d’un air interrogatif.

—Comment ?

—Ouais. C’est ça le problème…

—On peut le faire si on essaie, l’encouragea-t-elle.

Mimorin se comportait comme à son habitude, et c’était étrangement rassurant. Quand Haruhiro et Mimorin se mirent en mouvement, Kuzaku, Merry et Yume virent avec eux. Ranta et Kikkawa semblaient avoir besoin d’un peu plus de temps pour abattre le Tori-san. Anna-san s’était rapprochée de Shihoru à un moment donné. Et puis, Inui était là aussi.

Haruhiro capta les yeux de Tokimune.

—Dans la vallée !

Haruhiro essaya de communiquer ses intentions avec ces quelques mots et des gestes. Tokimune lui offrit un sourire de toutes ses dents, donc il avait dû comprendre— n’est-ce pas ? C’était probablement bon.

—Allez, allez, allez !

Tokimune était en train d’émettre du bruit avec son bouclier et il essayait d’attirer le géant blanc vers lui, comme ça avait été le cas depuis le début, mais était clairement en train de prendre un chemin qui le mènerait vers le campement de la vallée.

Tada était un gars étrange, mais il était en aucun cas lent, donc il fut rapide à se joindre au mouvement.

—Mimorin, protège Anna-san ! lui dit Haruhiro avant d’accélérer.

Il devait partir devant eux et trouver un bon endroit. Il avait sa petite idée. Dans la vallée avec la source, il y avait des pentes douces qu’on pouvait facilement grimper, mais il y en avait aussi des plus raides qu’on pouvait appeler des falaises. En premier lieu, ils avaient besoin de le conduire au bord d’une falaise. Pouvait-il le faire… ? Eh bien, d’après Mimorin, il pourrait s’il essayait. Il allait le faire.

Il inspecta la falaise à laquelle il avait pensé. Elle faisait environ dix mètres de hauteur à cet endroit, peut-être. Ce n’était pas pas trop petit. Bon, ça devrait faire l’affaire.

Le géant blanc était en train de se rapprocher, mené par Tokimune et Tada. Ranta et Kikkawa semblaient avoir abattu le Tori-san eux aussi.

Il y avait sept ou huit autres cultistes et un géant de quatre mètres qui venaient vers eux. Il aurait espéré que ça n’arrive pas, mais il ne fut étonnement pas surpris. C’était vraiment très apparent là où se trouvaient les Tokkis.

Cela fit réaliser une fois de plus à Haruhiro que son groupe seul ne suffisait pas. Et pas d’un petit peu. Ils étaient loin d’être suffisant par eux-mêmes.

Il en avait été conscient, bien évidemment. Mais n’avait-il pas commencé à se méprendre à ce sujet ? Si quelque chose arrivait, il n’y avait aucune garantie que les Tokkis soient là pour les aider. Dans les faits, il y de cela quelques instants, ils avaient été au bord de la défaite. Les Tokkis n’étaient apparus ici que par chance. C’est pour ça qu’ils avaient survécu. Ils avaient eu beaucoup de chance. Ou, pour le dire dans l’autre sens, s’ils n’avaient pas eu un peu de chance, il y aurait eu des dégâts collatéraux.

La différence entre la vie et la mort était extrêmement mince. Une erreur, ou même un soupçon de malchance, et ils pourraient tomber et traverser ce mince voile qui les séparait de l’au-delà.

C’était comme ça que Manato et Moguzo les avaient laissés. Ils étaient partis loin, dans un endroit où Haruhiro et les autres ne pouvaient pas les atteindre. Ce ne serait pas étrange que l’un d’entre eux les suivent là-bas. Ils s’étaient retrouvés au bord du chemin de nombreuses fois avant aujourd’hui. C’était seulement parce que, d’une manière ou d’une autre, les chemins qu’il avait choisis menaient tous vers la « vie » qu’Haruhiro et le reste du groupe étaient toujours là. Cette fois c’était la même chose.

S’ils se loupaient et qu’ils prenaient le chemin qui les mènerait vers la « mort », ils ne reviendraient plus jamais.

C’était une pensée à en perdre l’équilibre. Il ne voulait pas faire ça. Il voulait vivre en paix. Probablement, ce n’était pas comme s’il ne pouvait pas le faire s’il essayait. Ils pourraient se trouver un boulot à Alterna et gagner de l’argent de cette manière. Haruhiro avait changé depuis qu’il s’était engagé pour la première dois en tant que soldat volontaire. S’il essayait maintenant, ce ne serait sûrement pas impossible pour lui.

Je vais y réfléchir plus sérieusement.

Plus tard, bien sûr.

Si je sors d’ici intact.

—Haruhiro ! Tokimune fonça auprès de lui. Vas-t-en d’ici ! Laisse-moi faire !

—Ok !

Haruhiro courut sur sa droite. Tout en coupant à travers les tentes que les marchands avaient abandonnées ici, il garda un œil sur Tokimune, qui était sur le point d’atteindre le bord de la falaise.

—Go, go, go ! le géant blanc poursuivit Tokimune.

Tokimune s’arrêta soudainement, puis il se tourna vers le géant blanc. La falaise était juste derrière lui désormais.

—Hééééé ! Attrape-moi si tu peuuuuux !

—Go… le géant blanc, cela dit, se stoppa net.

Ah… est-ce qu’il nous grillés ?

—Bande d’idiots, c’était beaucoup trop évident ! hua Ranta sur Haruhiro.

Il aurait pu être capable de le supporter de n’importe qui, mais quand c’était cette pourriture qui le disait, ça faisait mal. Ou plutôt, Haruhiro était en état de choc.

Mais c’est pas encore fini.

—Plan B ! cria quelqu’un.

Oui. Il était là lui aussi. Le prêtre qui avait été un guerrier, qui était toujours un guerrier en somme. L’homme avec l’imposante masse de guerres. Celui qui ne connaissait aucune peur, La Machine Destructive des Tokkis.

Tada.

Tada chargea le géant par-derrière et effectua un salto.

—Salto Explosiiiiiiiiiiiiiiiiiif !

Sa masse explosa contre le tendon d’Achille du géant blanc— ou là où il devrait se trouver si les géants blancs avaient un tendon d’Achille, cela va sans dire— et envoya voler des bouts de sa chaire, ou quoi que ce soit.

Plan B.

Attendez, c’est quoi ça ? Pensa Haruhiro, abasourdi.

S’il devait le deviner, l’attirer et le faire tomber devait être le plan A, et le tirer et le pousser par-dessus la falaise devait être le Plan B. Haruhiro n’avait pensé, en toute honnêteté, qu’à un Plan A. Cependant, avec la force de Tada…

—Go, go !

Le géant essaya de faire un demi-tour alors qu’il chancelait. C’est à ce moment que ça arriva.

—Delm, he, en, balk, zel, arve ! s’exclama Mimorin.

—Jess, yeen, sark, kart, fram, dart ! ajouta Shihoru.

Il y eut un flash de lumière et une explosion de fumée sur le torse du géant blanc alors que de nombreux coups d’éclair frappaient son visage et ses épaules. Explosion et Orage. S’étaient-elles données un signal, ou était-ce une coïncidence ? Mimorin et Shihoru avaient lancé leurs attaques magiques simultanément. Même le grand géant blanc de six mètres avait à se pencher en arrière après ça.

Oh, c’est vrai, réalisa Haruhiro. C’est logique. Si la puissance d’un sort n’est pas suffisante, elles peuvent simplement les combiner. C’est une façon de faire, huh.

—Whooosh ! s’exclama Yume.

Elle utilisa Tir Rapide, décochant un grand nombre de flèches en succession rapide et visant l’œil unique du géant blanc. Avec une participation assez rare pour être soulignée, Inui suivit le mouvement et tira avec son propre arc.

—Aieeeeeee ! couina Anna en sautant dans les airs. Fuck off !

—Tokimune-san ! commença Haruhiro.

Sans qu’Haruhiro n’ait à lui dire quelque chose de plus, Tokimune s’écarta du bord de la falaise.

—Delm, hel, en, balk, zel, arve !

—Jess, yeen, sark, kart, fram, dart !

Un coup de plus. Non, deux coups. L’Explosion et l’Orage de Mimorin et de Shihoru lui asséna la dernière poussée, forçant le géant blanc à se pencher en arrière encore plus. Après tout ça, il ne pouvait plus tenir plus longtemps. Il ne pouvait plus tenir sur ces pieds.

Le géant blanc semblait conscient de la falaise, mais il devait bouger sa jambe gauche dans cette direction pour pouvoir se rééquilibrer. Cependant, il n’y avait pas de sol ici. C’était une falaise, après tout. Tomber, Le géant blanc était en train de tomber.

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 6, Chapitre 8 — illustration

—Génial !

Kuzaku leva son bras.

Merry plaça sa main sur sa poitrine et leva les yeux vers le ciel et lâchant un soupir de soulagement.

—Ouais !

Yume affichait un grand sourire.

—Voyez, je vous l’avais bien dit ! beugla Ranta.

Il était tellement excité, il disait n’importe quoi.

—Bonne Année ! Wow !

Kikkawa disait encore plus n’importe quoi.

Pourquoi c’est soudainement le Nouvel An ?

Haruhiro ne voulait pas casser l’ambiance, mais tout n’était pas fini. Il prit une courte inspiration.

—Suivant ! Six Pansukes, deux Tori-san, un géant de quatre mètres ! En approche !

—Hahahahahaha ! Tada rigola en repoussant ses lunettes avec son index gauche. Ça fait du bien de ne pas avoir de pénurie d’ennemis à écraser.

—On peut se les faire dans la joie et la bonne humeur, huh !

Tokimune semblait vraisemblablement en train de prendre son pied.

—Allons-y, les amis ! Anna-san, on compte sur toi pour de bons encouragements !

—Tu peux extra compter sur moi, yeah ! Anna-san bomba son torse avec fierté et lança un poing devant elle. Du moment que le soleil est dans le ciel et Anna-san au sol, la victoire sera nôtre ! Everybody, combattez pour Anna-san !

Quoi, on fait tout ça pour Anna-san maintenant ?

Haruhiro n’était pas sûr d’être d’accord avec ça, mais les autres explosèrent sous les encouragements, et cela semblait leur remonter le moral, donc il décida de laisser couler.

—Ranta, prends l’un des Tori-san ! ordonna-t-il. Kuzaku, prends autant de Pansukes que tu penses pouvoir tenir !

—Je vais le faire, donc tu ferais mieux de m’accorder le respect qui m’est dû, Parupiro ! hurla Ranta.

—Kay ! s’exclama Kuzaku.

—Merry, Yume, Shihoru, restez bien ensemble pour l’instant !

—Compris !

—Meow !

—…Ok !

—Tada ! Tokimune se mit à courir. On va se faire le géant blanc !

—Je pourrais le faire moi-même, se vanta Tada.

—Prenez-moi avec vous pour aider aussi ! Peace, peace ! Yay, yay, yay ! hurla Kikkawa.

Tada et Kikkawa suivirent Tokimune. On aurait dit que Mimorin allait garder Anna-san. Inui, pendant ce temps, était en train de vagabonder sans but près de Shihoru.

Non, sérieusement, c’est quoi le problème de ce type ?

Kuzaku pouvait se charger de trois des Pansukes, tandis qu’Haruhiro, Merry, Yume et Shihoru s’occuperaient rapidement du reste. L’un des Tori-san allait sur Ranta, mais qu’en était-il de l’autre ?

Haruhiro pouvait probablement compter sur Tokimune, Tada et Kikkawa pour se charger le géant blanc. Il regarda vers la vallée. Ils n’avaient pas vraiment fini le géant de six mètres, donc il y avait de grandes chances qu’il revienne par ici s’il se relevait. Ils devaient abattre les renforts avant que ça n’arrive pour ensuite filer loin d’ici.

Vite. Mais ne te précipite pas.

Tada se jeta sur le géant blanc.

Sérieux, ça m’impressionne qu’il puisse faire ça sans avoir peur.

Kuzaku utilisa courageusement Heurt sur les lances de Pansukes et les dévia sur les côtés avec son épée. Le paladin de leur groupe n’était pas un cinglé comme Tada. À cause de ça, cela faisait penser à Haruhiro :

Putain, Kuzaku est incroyable. Il est génial, sérieusement. Peut-être que c’est grâce à Merry tout ça. Ouais, je me doute qu’il ne doit pas vouloir faire pitié devant la personne qu’il aime.

Quoi qu’il en soit, il ne laisserait pas le dur labeur de Kuzaku être du gâchis.

Il pouvait voir cette ligne.

Cette vague et brillante ligne.

Elle n’était pas droite. Elle se tordait et tournait plusieurs fois. Elle était une proposition qu’on lui offrait dépendant de sa vision de l’environnement qui avait émergé de ses observations, le tout combiné avec ses prédictions basées sur son expérience.

Hé, si je fais ça maintenant, est-ce que ça va marcher ? Disait-elle.

S’il hésitait ne serait-ce qu’un dixième de seconde, elle ne lui servirait plus à rien. Dans le cas d’Haruhiro, heureusement, que ce soit par habitude ou par une autre force, il n’avait jamais hésité quand il avait vu la ligne — ou plutôt, au moment où il la voyait, il était déjà en mouvement.

Avec des pas agiles, il fonça derrière l’un des Pansuke et il enfonça sa dague dans son œil unique en passant.

En retirant sa dague, il performa un Brise-Genoux sur le Pansuke à côté de lui, puis il enchaina en utilisant sa matraque dans sa main gauche, pour utiliser Arrêt sur la mâchoire de l’autre Pansuke.

Pour finir en beauté, il lança un Brise-Genoux sur encore un autre Pansuke. Ensuite, il se retira.

—Ohhhhhhh !

Kuzaku dispersa les Pansukes avec son épée et son bouclier. Un Pansuke était mort, et les trois autres avaient été désordonnés quand Haruhiro les avait pris par surprise, donc ils ne pouvaient pas arrêter Kuzaku.

Est-ce qu’on se jette tous sur eux maintenant ? Non, pensa Haruhiro.

—Ah !

Kuzaku recula. Quand quelqu’un portait un coup vers lui avec une Épée Foudroyante du Dauphin, tout ce qu’il pouvait faire était de l’esquiver. C’était un Tori-san. Deux Tori-san, de surcroit. Qu’est-ce que faisait Ranta ?

—Épuisement !

Il était là. Pas trop tôt bordel.

Ranta sauta dans la mêlée et attaqua l’un des Tori-san par le côté. Il y eut un lourd clash quand les 2 Épées Foudroyantes du Dauphin se rencontrèrent. Ranta remporta le concours de force et déséquilibra le Tori-san. Mais il y avait deux Tori-san. L’autre porta un coup à Ranta.

—Épuisement !

Ranta recula droit en arrière avec une vitesse incroyable. Si les Tori-san le poursuivaient, ils entreraient complètement dans le jeu de Ranta. Malheureusement, ils ne firent rien. Les deux Tori-san concentrèrent leurs attaques sur Kuzaku.

—Oh, merde ! Je peux pas prendre les deux !

Kuzaku fut donc forcé de courir pour leur échapper. Les Pansukes étaient en train d’utiliser cette ouverture pour essayer de se regrouper.

—Rantaaaaa ! cria Haruhiro malgré lui.

—C’est que l’échauffement, OK ?! Ranta contorsionna son corps tout entier et prit une étrange pose avec son Épée Foudroyante du Dauphin tournée sur le côté. Ô Ténèbres ! Ô Seigneur des Vices ! Onde de Terreur !

Peut-être était-ce à cause de sa pose ridicule, parce qu’il n’y avait pas que Haruhiro qui le regardait— Les Pansukes et les Tori-san étaient eux aussi en train de regarder Ranta.

Bah, ce n’est pas comme si quelque chose allait arriver.

Cela, au moins, était évident. Il n’y avait pas que le Dieu de la Lumière, Lumiaris, dont la bénédiction n’atteignait pas les Etendues Crépusculaire. Le Dieu des Ténèbres, Skullhell, n’avait aucune influence ici non plus.

—Huh ?

Haruhiro le regarda avec surprise et consternation.

—Quoi ? Huh ? Pourquoi ?

—Hmph…

Ranta baissa les yeux vers le sol.

—Complètement oublié que je pouvais pas utiliser la magie ici.

—Abruti de Rantaaaaaa ! cria Yume.

Ranta était vraiment un idiot, et une pourriture, et personne ne pouvait rattraper ce qu’il était, mais les ennemis s’étaient arrêtés de bouger. Même si c’était un effet inattendu de son idiotie, en tant que soldats volontaires, ils se devaient d’exploiter cette chance à son maximum.

—Ohm, rel, ect, nemun, darsh !

Lien des Ténèbres. Shihoru fixa un élémentaire d’ombre sur le sol là où se tenaient les deux Tori-san. Ils ne bougeraient pas de ce point avant un moment.

—Tuez les Pansukes ! ordonna immédiatement Haruhiro, et Kuzaku se jeta sur eux.

—Zeeah ! Rahhh ! Oryahhhh ! hurla-t-il.

Haruhiro dessina un cercle et se plaça derrière les Pansukes. Yume dégaina sa machette et vint à eux en la balançant. Merry ne quitta pas Shihoru d’une semelle.

Soudainement, bien qu’Haruhiro ne vit pas la ligne, il eut le sentiment qu’il pouvait abattre l’un d’entre eux.

J’vais les tuer quand je pourrai, pensa-t-il. Ok, là c’est le moment …

Mais quand il lança une Attaque Sournoise, quelqu’un lui vola soudainement son triomphe.

—Heh !

C’était Inui. Inui le déviant lança un coup de pied sauté dans le dos du Pansuke et le poussa au sol, puis il écrasa violemment la mâchoire du cultiste.

Crack.

C’était un son déplaisant, et sa nuque se tordit dans une position qui n’était pas naturelle.

—Je suis Inui ! Celui qui apporte la destruction depuis les cieux !

Mec, c’est impressionnant et tout ça. Mais c’est sorti de nulle part. Tu m’as foutu les jetons.

Inui se tourna vers Shihoru avec une mystérieuse lueur dans son seul œil qui n’était pas caché par son cache-œil.

—Oh, ma promise, arpente le chemin du carnage à mes côtés !

—C’est mort.

C’était une réponse immédiate, et avec un ton assez strict de la part de Shihoru. Enfin, qui pouvait lui en vouloir.

—Heh… Inui se tourna et partit à l’opposé. Pour le moment, je vous offre un adieu…

Attends, huh ? Tu t’en vas ? Mais tu vas où bordel ?

Ce n’était pas clair, mais Inui se mit à courir pour partir.

Bah… Peut-être qu’on devrait juste le laisser faire ce qu’il veut ? Je veux dire, il n’a pas à revenir s’il ne le veut pas. On a assez à faire avec nous-mêmes déjà.

Tokimune, Tada et Kikkawa étaient en train d’encercler le géant blanc et ils l’attaquaient. On aurait dit que Tokimune et Kikkawa étaient en train de le harceler et qu’ils servaient de leurres, tandis que Tada était celui qui portait les gros coups. Le géant blanc avait déjà pris des dégâts sur les deux jambes. De ce qu’on pouvait observer, on aurait dit que ces trois-là pouvaient l’abattre, mais cela allait prendre du temps.

Il reste toujours du temps avant que les Tori-san ne soient libérés des effets de Lien des Ténèbres Pendant ce temps, si on pouvait juste se faire les quatre Pansukes—

Mais alors qu’Haruhiro pensait ça…

—Delm, hel, en, balk, zel, arve !

… les Tori-san se firent exploser. C’était le sort Explosion.

Ils furent plaqués au sol, et ils roulèrent un petit peu— mais ils étaient en train de se relever. Ce n’était pas comme s’ils avaient complètement indemne, mais ils ne semblaient pas avoir de blessures sérieuses non plus.

Miiiiimoriiiin, se plaignit silencieusement Haruhiro, Putain, leurs ponchos sont vraiment résistants.

—Oh, très bien.

En se marmonnant des mots à lui-même, Haruhiro du changer de stratégie. Il ne pouvait pas changer ce qui était déjà arrivé. Kuzaku, Haruhiro, Ranta, Yume, Merry, Shihoru et Mimorin devraient abattre les deux Tori-san et les quatre Pansukes.

On a même Anna-san qui nous encourage, donc on est en avantage numérique en vrai. On peut le faire. On devrait en être capable. J’en suis sûr. Probablement.

Kuzaku garda trois des Pansukes sous contrôle, tandis que Yume s’occupa de l’autre. Ranta avait l’air de viser un des Tori-san. S’il ne le faisait pas, ils seraient dans de beaux draps.

Tout en gardant un œil sur les Tori-san, ils allaient tout d’abord devoir réduire le nombre de Pansukes, et ensuite— Il re-regarda pour vérifier ce qu’il voyait.

—…Déjà ?

C’est terrible.

N’était-ce pas un géant de six mètres qui était en train d’essayer d’escalader la vallée ?

C’était un choc, mais Haruhiro ne perdit pas son sang-froid pour autant. Il ne pouvait pas proclamer que cela avait été dans sa marge prévisionnelle. Il avait été concentré sur d’autres choses, après tout. Mais ils devaient juste s’y remédier et faire avec.

Les soldats volontaires étaient en train de se retirer.

Ils battent en retraite ?

Où est-ce qu’ils vont s’enfuir ?

Et pourquoi ?

C’est ça, huh… réalisa-t-il. Cette fois, il ne pouvait pas s’empêcher de paniquer.

Depuis le sud.

Il y a quelque chose qui vient.

C’est gros, blanc, ça bouge dans tous les sens.

Enfin, ouais, bien sûr. Bien sûr qu’ils courent. Je veux courir moi aussi. Il y aucune chance d’échapper à ce truc.

Sa taille n’était pas si énorme, bien qu’il avait l’air plus grand qu’un géant de six mètres. Le problème était sa longueur Il faisait vingt mètres de long, peut être vint-cinq. Il pouvait même atteindre les trente mètres. Possiblement plus.

L’hydra.

C’était une créature déconcertante et géante qui ressemblait à neuf serpents qui faisaient chacun trois mètres de diamètre et qui étaient collés tous ensemble. S’il les attaquait, que feraient-ils ?

Haruhiro, bien sûr, fuirait aux confins de la terre. Cela devrait être la réponse normale. On aurait dit que les Phalanges de Fer, les Berserkers et Orion partageaient tous le point de vue d’Haruhiro. Ils étaient humains après tout. Dieu merci. Était-ce une bonne nouvelle ? Non ? Ce n’en était pas une particulièrement bonne.

Haruhiro ne prit pas le temps de réfléchir à quoi faire.

—Tokimune, c’est l’Hydra ! On doit se barrer !

—Whoa… ! Tokimune prit rapidement sa décision. Okay, tout le monde, courez ! Protégez Anna-san !

—Juste quand on en avait presque fini ici. Chiotte.

Bien qu’il s’en plaignait, Tada épaula sa masse et prit la fuite.

—Courez, courez, coureeeeeez ! Yep ! Courez !

Kikkawa était joyeux même dans des moments comme celui-là. Bien qu’Anna-san était supposée être la cheerleader du groupe, elle était en train de serrer les dents avec une frustration palpable.

—C’est l’heure d’une retraite stratégique, yeah, bordel ! Pas le choix, yeah ?!

—Allons-y.

Mimorin attrapa Anna-san par la peau du cou et elle l’emmena avec elle.

—Meow… ! Yume tourna les talons et fuit.

—Pile au moment où j’allais vous montrer à quel point je suis génial !

Ranta s’en alla lui aussi.

Merry hésita.

—Je vais m’en sortir, alors va-t’en !

Kuzaku ne recula pas, ou plutôt, il ne pouvait pas. S’il essayait, les Pansukes se jetteraient sur lui et ils le réduiraient en charpie.

—Haruhiro-kun… ?!

Shihoru se tourna Haruhiro.

—Vas-y, Shihoru ! Toi aussi, Merry !

Haruhiro courut aussi vite que possible tout en essayant de se forcer à cette ligne.

Trouve là, trouve là !

C’était dans des moments comme celui-ci qu’il voulait vraiment la voir. Mais, évidemment, ce n’était pas aussi facile. Haruhiro n’était pas un héros. Il était juste un leader. C’était pour ça qu’il n’avait d’autres choix que de faire ce qu’il devrait, et ce qu’il pouvait, faire en tant que leader.

—Kuzaku, défonce-les ! s’exclama-t-il.

—Ça je peux faire ! Ruahhhhhhhhhhhhhhhh !

Kuzaku utilisa son épée et écarta un bon nombre de lances, puis il utilisa Heurt sur le Pansuke en face de lui.

—Dahhhh ! Gahhseahh ! Rahh ! Nwahhhhhhh !

Sans s’arrêter, Kuzaku balança son épée dans tous les sens en se protégeant avec son bouclier, et il avança. Même quand les lances des Pansukes atteignirent son armure, il les ignora et il avança.

Kuzaku portait une arme en plaque épaisse. Cela dit, quand il se prenait un bon coup solide sur son armure, cela devait tout de même faire mal. Il allait finir au moins contusionner de partout.

Tiens bon. Tiens bon, Kuzaku.

—Là !

Haruhiro attrapa un des Pansukes, pas par derrière, mais par le côté, et il l’étrangla en utilisant son bras gauche tout en lui enfonça sa dague donc son œil unique de cultiste.

C’était un petit peu forcé juste là, non ? Si j’avais loupé mon timing même un petit peu, j’aurais été en danger. Flippant… !

Il pouvait sentir une masse de peur s’accrocher à l’intérieur de son estomac. Mais alors quoi ? Quelle différence cela faisait-il ?

Haruhiro se rapprocha d’un autre Pansuke, effectuant un combe de Brise-Genoux et Arrêt. Néanmoins un autre Pansuke se jeta sur lui avec sa lance, mais il sauta et l’esquiva. Même alors qu’il criait, « Oh, merde, oh, merde, c’est carrément dangereux, » dans son cœur, il Frappa la lance deux fois.

Tout en hurlant, « Sérieusement, j’en ai assez, lâchez-moi, augh ! » Dans sa tête, il fit un pas en avant et il utilisa Barrage pour s’emparer du bras du Pansuke, puis il enchaina avec un balayage de sa jambe pour le faire tomber.

—Assuh !

Kuzaku laissa échapper un mystérieux cri pour se donner du courage, puis il utilisa Heurt pour envoyer bouler un Pansuke.

Maintenant, on court, pensa Haruhiro.

Il n’avait pas à dire quoi que ce soit pour que le message passe. Haruhiro et Kuzaku se mirent à courir en même temps.

—Ha ha ! Kuzaku rigola en courant. C’est un truc de dingue ! Ha ha ha ! De malade !

Non, um, frérot, c’est pas le moment de se taper une barre. Enfin, ce n’est pas que je comprends pas ce qu’il ressent. Kuzaku a dû avoir sacrément peur lui aussi. Maintenant qu’il en est libéré, il doit se sentir hyper bien. Mais est-ce que c’est tout ? Il prend tellement son pied dans cette situation de fou furieux qu’il ne peut pas se le cacher. Est-ce qu’il y a une part de ça ? La concentration de frisson est vraiment addictive. Je veux vivre en paix. C’est vraiment ce que je veux, mais la question est, est-ce que je peux ? Qu’est-ce que serait une vie sans tous ces trucs comme ça ? Surprenamment moins ennuyante que ce à quoi je pourrais m’attendre… ?

Les Pansukes, les Tori-san, et le géant blanc de quatre mètres les poursuivaient. Derrière eux il y avait des soldats volontaires, des cultistes, des géants blancs, et même l’Hydra. Là où ils se dirigeaient était la vallée où un géant blanc de six mètres aurait bientôt fini de s’en extirper.

C’est le pire. Je me sens vraiment mal. Je voudrais que tout ça ne soit qu’un rêve. Est-ce que quelqu’un peut prendre ma place ? Genre, je voudrais de l’aide par ici, vous savez ? Je déconne pas. Si quelqu’un vient nous sauver, et qu’il garantit la sécurité à moi et à mes camarades, je ferais n’importe quoi. Pour de vrai. Quoi que ce soit.

J’ai pas envie de traverser tout ça. Je suis ultra-stressé, vous savez ? Mec, j’ai assez pris comme ça, sérieux. J’en ai ma claque. C’est pas drôle du tout, OK ?

Je pense qu’on pourrait mourir aussi. Cette fois, on pourrait ne pas avoir de chance. Qu’est-ce qui va se passer quand on va mourir ? Est-ce qu’on ira au paradis ? Ou en enfer, peut-être ? Est-ce qu’on cesse d’exister ? On retourne au néant ?

Je ne veux pas mourir. J’ai peur de mourir. Je veux pas. Non, non, non, je ne veux pas ça.

Ouais. Je le sais. J’ai pas besoin de ça. Ce genre de situation. Je dis pas non à un peu de sensation de temps à autre, mais j’ai pas besoin de ces trucs extrêmes entre la vie et la mort. Haruhiro le pensait du plus profond de son cœur. Je veux vivre en paix !

Tokimune et les autres qui étaient partis devant eux avaient l’air de prendre un détour pour contourner la vallée afin d’atteindre la colline initiale.

Est-ce qu’ils seront capables d’esquiver le géant de six mètres comme ça ? Pensa Haruhiro. Ou pas ? J’sais pas, peut-être qu’il pourrait aller d’un autre côté ?

On aurait dit que leurs poursuivants n’allaient pas les rattraper avant un moment. Même si la route était un peu questionnable, ils devaient la prendre. Le géant de six mètres s’était déjà extrait de la vallée jusqu’à sa taille. Il se tenait avec son bras gauche et il balançait sa droite.

—Go, go, go, go, go ! s’exclama le géant.

Il était en train d’essayer d’écraser Tokimune et Tada avec sa main droite.

—Esquivez-le ! cria Haruhiro.

Ils n’avaient pas besoin de lui pour le leur dire. Tokimune, Tada et même Kikkawa se jetèrent au sol pour échapper à la main droite du géant blanc. Le géant blanc se souleva avec ses deux bras et sortit son corps. Alors qu’il faisait ça, Mimorin et Anna-san, Ranta, Yume, Shihoru et Merry passèrent tous devant lui. Inui manquait à l’appel. Mais qui se souciait de ce déviant ?

Haruhiro et Kuzaku se s’arrêtèrent sur place, incapable de bouger.

—Whoaaaaaaaaaa ?! cria Haruhiro.

—Quo… Qu-Qu-Qu-Quo… ?! bredouilla Kuzaku.

Le géant blanc de six mètres se leva sous leurs yeux. Pour être plus précis, il venait tout juste de se sortir de la vallée, donc il était sur un genou, mais il restait tout de même énorme. Il était gigantesqueeeeee. Mais s’ils s’arrêtaient ici, les ennemis derrière eux les rattraperaient. Ce serait comme dire, « Pourquoi, oui, essaie de nous frapper, » au géant aussi.

Haruhiro frappa Kuzaku dans le dos.

—Ça passe ou ça casse. O-On y va ! Vas-y ! On a pas le choix !

—Guhsuh !

Mais qu’est-ce que guhsuh peut bien dire ?

Ce n’était pas clair, mais Kuzaku se mit à courir. Ses foulées étaient un peu étranges cela dit. Pas qu’Haruhiro faisait bien mieux.

Comme si je pouvais bien courir maintenant !

—Go, go… !

Le géant blanc essaya de cogner Kuzaku et Haruhiro avec sa main gauche en étant sur un genou, ou peut être essayait-il plutôt de les attraper et de les écraser.

—Bwuh… ! Kuzaku se jeta la tête la première au sol pour esquiver la main droite du géant.

—Ah… ! Haruhiro roula pour l’esquiver.

—Go, go, go !

Ensuite viendrait sa main gauche. Elle vint depuis au-dessus d’eux.

—Uwahhhhhh ?!

Kuzaku lança son bouclier et il continua de ramper devant lui. Il était désespéré. Bien entendu, Haruhiro fonçait comme s’il avait le feu aux fesses.

—Nnnnngh ! grogna-t-il.

Est-ce qu’il va frapper ? Est-ce qu’il va me frapper ? Est-ce que je vais me faire écraser ?

Quand le sol trembla violemment, il laissa échapper un petit gloussement étrange. On aurait dit qu’il s’en était sorti.

—M-Mon bouclier ! paniqua Kuzaku.

—I-I-I-Il vaut pas ta vie, OK ?! hurla Haruhiro.

Il se releva !

Le géant blanc se releva !

—Go ! Go, go ! Go ! Go, go ! Go ! Go, go, go !

Le géant blanc de six mètres se releva et dansa. Non, peut-être que ce n’était pas une danse, mais sa façon de venir vers Haruhiro et Kuzaku, on aurait dit qu’il suivait une sorte de chorégraphie de danse.

Je ne sais même plus ce qui est en train de se passer. Ça part dans tous les sens. Peu importe, on doit esquiver ses pieds. C’est le mieux qu’on puisse faire. On doit rattraper les autres. J’aimerais vraiment faire ça, et on est plus loin de la vallée qu’avant, mais dans quelle direction ils se dirigent ? Non, ce n’est pas—

—Salto, explosiiiiiiiiiif !

—Huh ?

Le géant blanc s’arrêta de bouger. Ou plutôt, il chancela. C’était parce que quelqu’un avait écrasé sa masse de guerre sur sa cheville gauche, qui avait été la jambe qui l’avait tenu jusque-là.

—Tada.

Pourquoi Tada est ici ?

Ce n’était pas juste Tada.

—Hah… ! s’exclama Tokimune.

Quand Tada le défonça avec son Salto Explosif, Tokimune le frappa avec Heurt. Enfin, c’était plus un tacle ordinaire que Heurt. Mais tout de même, il se trouvait contre un géant de six mètres, vous savez. Ça n’allait même pas le secouer. Sinon le fait que le Salto Explosif de Tada l’avait fait trembler, bien sûr. C’était leur attaque combinait qui avait fait fonctionner tout ça ? Et puis, en plus de tout ça…

—Del, hel, en, balk, zel, arve !

Il y eut un flash de lumière et puis une explosion près de l’entrejambe du géant pour on ne sait quelle raison. C’était l’Explosion de Mimorin. Le géant blanc fut complètement déséquilibré, et il tituba en arrière une, puis deux fois.

—Haruhiro ! Tokimune se retourna en lui exposant ses dents blanches. On t’en devait une ! On pouvait pas te laisser crever !

—Arrêtez de parler !

Tada tourna sur lui-même en formant un cercle, puis il écrasa sa masse violemment contre le tibia gauche du géant blanc.

—Et attaquez ! Frappe Tornaaaaaaaaade !

—Gohhhh ?!

Le géant blanc trembla une nouvelle fois.

Quelle puissance.

—Putain, il est cool, murmura Kuzaku.

Haruhiro se disait la même chose, mais il pria pour que personne ne suive son exemple. Si les membres de son groupe commençaient à se comporter ainsi, son cœur ne serait jamais capable de supporter une telle dose de stress, même s’il avait plusieurs cœurs. Et, généralement, les humains n’avaient qu’un cœur, donc il mourrait probablement d’une crise cardiaque en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. En plus, alors qu’Haruhiro et Kuzaku avaient survécu grâce à lui, était-ce vraiment convenable ?

Ce n’était pas juste Tokimune et Tada. Il y avait Mimorin, qui avait lancé le sort plus tôt, et Anna-san. Kikkawa était en train de faire demi-tour et de revenir. Ranta, Yume, Shihoru et Ranta aussi. Et Inui alors ? Haruhiro n’en avait rien à faire de lui, mais ils avaient laissé passer leur chance de s’enfuir désormais.

Les cultistes et les géants de quatre mètres seraient là d’une minute à l’autre. Les soldats volontaires et l’Hydra aussi. Cet endroit deviendrait une mêlée chaotique. Ils se feraient prendre dans la tempête.

Nul ne pouvait affirmer que les choses seraient mieux s’ils se mettaient à courir. Cependant, il y avait une différence majeure entre finir ses jours ici et avoir un endroit vers où se diriger. S’ils se faisaient prendre dans cette déferlante d’ennemis et d’alliés, ils étaient plus ou moins certains d’être anéantis. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser ça.

On dirait que c’est la fin. Je peux sentir mes forces m’abandonner. Bah, je m’y attendais. C’est dur. Comment je suis censé arranger les choses ici ? Je veux dire, même si j’arrive à faire courir tout le monde, on fait quoi ensuite ? Je suis sûr qu’on sera toujours finis.

J’aimerais juste abandonner.

GAME OVER.

Ce texte apparut et disparut aussi tôt dans son esprit.

Qu’est-ce que c’est que ça ?

Est-ce que j’ai déjà vu ça quelque part avant… ?

GAME OVER

G A M E O V E R

—GAME OVER –

Game Over Continuer ? Oui/ Non

Allez-vous continuer ? O/N

GAME OVER REESSAYER ? game over.

GAMEOVER

G A M E O V E R

Un jeu, huh ? Pensa Haruhiro. Mais c’est pas un jeu.

—Ça ne l’est pas, pas vrai ? Manato, Moguzo ? murmura-t-il.

C’est pour ça que je ne peux pas abandonner. Pas avant la toute fin. Abandonner et hors de question.

D’abord, je dois observer les environs. C’est vrai. Observe. Observe bien, et regarde.

Les Phalanges de Fer et les Berserkers étaient, du moins en partie, en train de bouger ensemble comme un groupe. Orion était plus dispersé, mais aucunes des capes blanches n’étaient complètement isolées. Ils semblaient bouger comme des groupes.

Il y avait des douzaines— non, facilement plus de cent cultistes. Plusieurs centaines. Et pour les géants blancs, en un coup d’œil ils étaient environ dix de quatre mètres, deux de six mètres, et un ridiculement énorme qui devait être un huit mètres en plus.

Et puis il y avait l’Hydra. Cette chose était une mauvaise nouvelle. Sérieusement.

—Kuzaku, t’as pas ton bouclier, alors ne fait pas de dingueries, l’avertit Haruhiro.

—Kay. Pas comme si je pouvais, de toute façon.

—Viens avec moi !

Haruhiro prit Kuzaku avec lui et ils rejoignirent Ranta, Yume, Shihoru et Merry. Kikkawa, Anna-san et Mimorin étaient avec eux aussi. Juste après ça, les cultistes les rattrapèrent.

—Kikkawa, je compte sur toi pour être le tank principal ! s’exclama Haruhiro.

—D’accodac ! Laissez-moi faire je gère !

—Tout le monde, restez groupé !

Tout le monde donna sa propre réponse, mais Haruhiro était plus concentré sur l’observation de son environnement que sur l’écoute. Il le devait.

Kikkawa balança son épée dans tous les sens et il attira les ennemis vers lui. Kuzaku et Ranta renforcèrent sa défense des deux côtés en attaquant les ennemis s’y trouvant. S’il y avait des ennemis que ces trois-là ne pouvaient pas arrêter, alors Yume, Merry, Mimorin et enfin Haruhiro les contiendraient. Même Anna-san avait une sorte de bâton comme arme qu’elle tenait devant elle tout en encourageant le reste du groupe.

Shihoru était assez salement essoufflée. Elle était en train de reprendre son souffle et guettant le bon moment pour utiliser sa magie. Les autres soldats volontaires avaient eux aussi arrêté de fuir près d’où étaient Haruhiro et les autres.

C’était l’Hydra. Il avait rattrapé l’arrière du groupe fuyant des soldats volontaires. Les cheveux rouges de Ducky s’agitaient sauvagement tandis qu’il criait quelque chose. L’un des Berserkers fut frappé par le poing d’un géant blanc et il s’envola dans les airs en tournoyant.

Oh, réalisa Haruhiro. Ouais, ce gars est mort. Mais là c’est pas le moment de s’inquiéter pour les autres.

—Augh ! cria Yume, et son corps trembla.

C’était un Tori-san. Elle avait écarté une Épée Foudroyante du Dauphin avec sa machette. Le Tori-san se rapprocha et essaya de porter un coup à Yume.

Elle va se faire tuer. Tuer Yume. Non, je ne le laisserai pas faire.

Haruhiro le chargea et, plutôt que de s’interposer entre eux, il tacla le Tori-san au niveau de sa hanche. Il utilisa sa matraque pour utiliser Torgnole sur la main du Tori-san qui était en train de tenir son Épée Foudroyante du Dauphin.

Elle est connectée. C’est quoi ça ?

Mais le Tori-san ne lâcha pas son Épée Foudroyante du Dauphin. Il se contenta de la retirer. Pire encore, il utilisa son Bouclier Miroir pour se défendre.

Oh, merde. Pas bon. Je peux pas l’esquiver.

—Urgh !

Haruhiro prit le retour de bouclier directement et il fut repoussé en arrière.

Je vais mourir ? Pensa-t-il pendant une seconde.

—Là ! s’exclama Mimorin.

—Prends ça ! cria Merry.

Grâce à ses camarades, il n’avait pas à mourir. Ce n’était pas passé loin. Mimorin et Merry formèrent un duo pour affronter le Tori-san et le faire reculer. Pendant ce temps, Yume aida Haruhiro à se remettre sur ses pieds.

—Désolée, Haru-kun ! dit-elle.

—C’est bon ! répondit-il.

Il allait y avoir des erreurs. C’était impossible de réduire leurs chances d’échouer à zéro pour cent. La chose importante était d’aider quiconque faisait une erreur, éviter de se blesser, et de survivre. Quand des failles commençaient à s’ouvrir, ils devaient les combler, ou les couvrir suffisamment pour qu’elles ne les gênent pas. S’ils pouvaient simplement répéter ce processus assidument, ils pourraient sortir vivants d’ici d’une manière ou d’une autre. Si ce n’était que ça, eh bien, même si cela n’était pas vraiment le point fort d’Haruhiro, il pouvait au moins essayer.

Bien que, naturellement, il y avait des limites.

Tokimune et Tada étaient toujours en train d’en découdre avec le géant de six mètres. Kikkawa, Kuzaku et Ranta se débrouillaient bien en tant que première ligne, et Haruhiro, Yume, Merry et Mimorin faisaient un travail relativement stable à l’arrière eux aussi. Grâce à ça, Anna-san et Shihoru n’avaient rien à faire pour l’instant. Au rythme où tout ceci se déroulait, ils pourraient probablement compter sur la magie de Shihoru quand ils en auront besoin. Ils pouvaient maintenir ce système pour le moment.

De ce qu’il pouvait voir, les Phalanges de Fer, les Berserkers, Orion et les autres soldats volontaires avaient tous formé leurs propres formations, et ils arrivaient à repousser les ennemis en groupe.

Si l’ennemi n’avait que des géants blancs de six mètres, ce ne serait pas impossible de les vaincre un par un et ensuite de décimer l’ennemi.

Le problème allait être le géant blanc de huit mètres et l’Hydra.

Les mouvements du huit mètres semblaient mollassons, même en les comparant aux autres géants, mais juste le fait d’être là, il était imposant. Bien entendu, c’était aussi une menace.

L’Hydra était en train d’agiter cinq de ses tentacules pour attaquer les soldats volontaires, tandis que les quatre autres rampaient au sol pour le faire avancer.

Quand le géant blanc de huit mètres ou l’Hydra attaquaient, les soldats volontaires ne pouvaient pas se battre. Cela donnait aux cultistes et aux autres géants blancs une chance d’attaquer. Ils étaient en train de désordonner tout le champ de bataille.

La façon dont les choses allaient fonctionner ici était très simple. S’ils faisaient quelque chose pour le géant de huit mètres et l’Hydra, les soldats volontaires gagneraient. C’était bien entendu, s’ils pouvaient faire quelque chose.

A la toute fin, cette tâche était bien au-delà du domaine de compétence d’Haruhiro et du groupe. Même les Tokkis auraient du mal. Non, ce serait probablement impossible pour eux aussi. Pour les Phalanges de Fer, les Berserkers et Orion, s’ils pouvaient le faire, ils l’auraient déjà fait. Les choses avaient fini comme ça parce qu’ils ne pouvaient pas.

Tout de même, tout n’était pas encore perdu. Bien que de temps à autre un soldat volontaire se faisait attraper par les tentacules de l’Hydra, ou qu’il se faisait envoyer dans les airs par le géant de huit mètres, et que leur groupe semblait être sur le point de se briser en mille morceaux, quelqu’un venait rapidement les aider. Tête-à-Tête Max, Diable Rouge Ducky et Shinohara étaient tous en train de courir dans tous les sens pour soutenir leurs camarades.

À travers maintes souffrances, les soldats volontaires tenaient leurs lignes et étaient lentement en train de battre en retraite. Haruhiro et son groupe faisaient de même. C’était une retraite progressive.

Même s’ils se faisaient repousser durement, ils tenaient au mieux qu’ils pouvaient. Arrivera un moment où ce sera trop pour eux à tenir, et ils s’effondreraient. Mais c’était étrange. Même s’ils se faisaient clairement surpasser, les soldats volontaires séniors avaient l’air impassibles, et ils faisaient juste de leur mieux. Personne ne s’était abandonné au désespoir, et personne ne dégageait non plus un sentiment de désespoir.

Avaient-ils tous arrêté de penser aux choses auxquelles ils ne pouvaient pas penser dans le but de se concentrer sur ce qu’ils avaient sous la main ? Au final, les gens ne pouvaient que ce qu’ils pouvaient faire. Ils pouvaient y mettre tout leur cœur. Ils ne pouvaient pas contrôler des situations comme celle-ci. Même s’ils voulaient que ça se passe d’une façon particulière, ils pouvaient prier et le vouloir autant qu’ils le souhaitaient, ça ne finirait forcément pas tourner vers là où ça ne devrait pas aller.

—Concentre-toi. Concentre-toi. Concentre-toi…

Tout en se le murmurant, Haruhiro observa les environs. Il observa et analysa la situation. Il Frappa une lance de Pansuke.

Il y avait un espace qui était en train de se former entre leur première ligne et leur ligne du fond, donc il devait faire bouger l’arrière de leur groupe. Il y avait un autre Pansuke qui venait par l’arrière, donc il devait faire reculer Yume et Merry derrière Anna-san et Shihoru. Kuzaku était assez épuisé. Haruhiro voulait le faire se reposer, mais ce n’était pas une option.

—Continue comme ça ! lui cria Haruhiro.

Il Frappa une lance de Pansuke. Il voulait enchainer avec un Brise Genoux, mais ce n’était qu’un souhait. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait jugé de faisable à ce moment. Il devait montrer de la retenue.

Le géant de huit mètres ne s’était pas vraiment rapproché, mais l’Hydra l’avait fait. Est-ce que Tokimune et Tada, qui étaient en train de sauter partout autour du géant de six mètres, allaient s’en sortir ?

—L’Hydra arrive ! les prévint Haruhiro.

Il voulait au moins les avertir. Puis il Frappa la lance d’un Pansuke. Il ordonna à Kikkawa, Ranta et Kuzaku de changer leurs positions vers la gauche deux fois.

Frappe, Frappe, Frappe. Il fit un tour d’horizon de la zone.

C’est vers l’ouest, pensa-t-il. Ils se dirigeaient vers l’ouest. Vers la colline initiale. Le dieu géant s’y trouve.

En d’autres termes, en continuant comme ça, ils allaient, à un moment ou à un autre, se faire prendre entre l’Hydra et le dieu géant. Bien que, cela était vrai s’ils arrivaient à tenir assez longtemps.

Non, non. Ne pense pas à ça. Ne sois pas distrait. Concentration, concentration, concentration, concentration.

—Gahh !

Kikkawa toucha sans faire exprès une Épée Foudroyante du Dauphin et fut étourdi.

—Espèce d’abruti !

Ranta dévia l’Épée Foudroyante du Dauphin avec sa propre Épée Foudroyante du Dauphin pour protéger Kikkawa. La formation de la première ligne se brisa, et on aurait dit que les cultistes allaient les submerger.

Pendant un moment, Haruhiro fut terrifié, mais ils pouvaient traverser cette épreuve.

—Kikkawa, continue et échange ta place avec Ranta ! Mimorin, aide Kikkawa !

—D’acco d’acc !

Kikkawa secoua sa tête pour se rafraîchir les idées en passant devant Ranta.

—Aye !

Mimorin prit position diagonalement derrière Kikkawa et elle repoussa une lance de Pansuke avec son bâton.

Je sais qu’il y avait un autre Tori-san dans le coin, pensa Haruhiro en scannant la zone. Là ! Il est en train de nous contourner.

—Merry !

Réagissant à son avertissement, Merry bougea à temps pour esquiver l’Épée Foudroyante du Dauphin.

—Ohm, rel, ect, el, vel, darsh !

Shihoru utilisa Echo des Ombres. Trois élémentaires d’ombre s’envolèrent en direction du Tori-san. La portée était relativement courte. Ils touchèrent. Non, le Tori-san en avait bloqué deux avec son Bouclier Miroir. Mais aucun ne le frappa au visage.

La tête du Tori-san recula comme s’il venait de se prendre un coup de poing. Merry défonça son Bouclier Miroir avec son bâton court et le fit reculer encore plus. Cependant, elle ne pouvait uniquement se concentrer sur le Tori-san.

Merry et Yume avaient chacune occupé un Pansuke. Avec le Tori- san qui s’ajoutait à l’équation, elles avaient du mal à s’en sortir avec eux. Même si Anna-san les rejoignait, ce serait trop petit, trop tard, et Shihoru n’était pas capable de tenir un combat de mêlée. Haruhiro lui-même était déjà en train de garder deux Pansukes avec Frappe.

Est-ce que je rappelle Mimorin ? Se demanda-t-il. Ou est-ce que je prends quelqu’un de la première ligne pour le faire revenir aider ? Décide. Maintenant.

—Kuzaku, viens derrière !

—Kay !

Kuzaku commença à reculer immédiatement.

Kuzaku avait sûrement dû être inquiet pour Merry. Ce serait plus facile pour lui s’il était à ses côtés, sans aucun doute. Maintenant, comment combler cette espace ?

Ranta était complètement occupé avec le Tori-san devant, tandis que Kikkawa était en train de tenir un grand nombre d’ennemis aussi. Mimorin n’avait qu’un Pansuke pour l’instant. Si Haruhiro le prenait et qu’il la libérait…

Concentration. Je dois me concentrer. Concentration, concentration.

L’hydra.

Il est proche.

Il commence à être assez proche. Peut être pas ? J’sais pas. Mais… il m’a l’ait assez proche.

—Whoa !

Tokimune était en train de pendre à son épée qui avait été plantée près de la taille du géant blanc, et aurait dit qu’il n’allait pas tarder à tomber.

Mais qu’est-ce qui se passe ? Bien que, les géants blancs ont des corps assez durs. Je suppose que c’est impressionnant qu’il soit arrivé à le planter ici, huh ?

C’est pas bon. Calme-toi. Je dois rester calme. Frappe, Frappe.

—Haaaaaze ! cria Tada.

Tada balança sa masse d’en haut diagonalement pour frapper le tibia gauche du géant blanc. Le corps massif du géant blanc trembla. Le tibia gauche. En y repensant, Tada avait concentré toutes ses attaques sur cet endroit. Il était sérieux. Tada avait vraiment l’intention de tomber le géant blanc. Ensemble avec Tokimune, ce serait effectivement possible.

S’ils avaient eu plus de temps, ces deux-là auraient pu s’occuper du géant blanc de six mètres. A cet instant, quelque chose devait être arrivé, mais Haruhiro n’en était pas entièrement sûr. Ou plutôt, pourquoi ce qui était arrivé était arrivé ? Et était-ce même possible ?

Il douta de ses yeux.

La tête du géant blanc de six mètres venait de soudainement exploser, après tout. Comme une pastèque qui s’était fait frapper par un bâton. Ce n’était pas exceptionnel de voir une pastèque se faire exploser, mais c’était la tête d’un géant blanc. N’était-ce pas étrange qu’elle explose comme ça, avec son contenu qui se répand dans toute la zone ? Ou était-ce Haruhiro qui était le gars bizarre qui pensait comme ça ?

—Quoooooooooooo ?! rugit Tada. C’était ma proie ! Qui a fait ça ?!

C’est vrai. Ça ne peut pas être possiblement un phénomène naturel, donc quelqu’un a dû faire ça. Était-ce de la magie ? Qui ‘a fait ?

Cela ne prit pas longtemps avant que la question trouve sa réponse.

—Ohhhhhh ?!

Ranta sauta en arrière.

Ouais, je peux pas lui en vouloir d’être surpris.

La tête du Tori-san avait disparu.

Une hache. C’était une hache. Tenue par un personnage petit et baraqué. Le nain avec la barbe épaisse s’était rapproché du Tori-san par-derrière et il l’avait décapité avec sa hache.

Pas possible, pensa Haruhiro. Ça devrait être impossible de traverser les ponchos. Est-ce que ça ne s’applique pas aux nains— à Branken ?

—Gwahahahahaaaaaaah !

Branken laissa échapper un rauque et troublant rire alors qu’il était en train de couper des cultistes en deux nettement avec sa terrifiante hache qu’il portait. Il les découpait avec facilité.

C’est une chose assez simple sur laquelle se questionner, mais est-ce que cette hache et légère ? Elle a l’air assez lourde, vous savez ? Comment Branken balance cette hache qui est plus grosse que lui aussi facilement ? Parce qu’il est furieusement fort ? Est-ce que c’est comme ça que ça marche ?

Haruhiro avait été distrait par Branken, donc il mit du temps à le remarquer, mais le nain n’était pas le seul à être venu. Pas très loin d’eux, il y avait une femme forte qui agitait son épée massive dans tous les sens, et, bien sûr, elle coupait les cultistes les uns après les autres en ignorant complètement la propriété qui donnait aux ponchos une résistance aux lames. C’était Kayo.Il y avait aussi une mystérieuse hécatombe de cultistes, mais qu’ils ne se faisaient pas découper. Haruhiro se demanda ce que cela pouvait être, mais c’était des flèches. Ils se faisaient tirer dans leur œil unique.

D’où viennent ces flèches ? Se demanda-t-il. L’ouest, huh.

Elles venaient probablement de l’ouest. Quand il regarde dans cette direction, il le vit. Le magnifique garçon elfe avec son arc bandé. C’était Taro.

Le petit ancien mage, Gogh, et la magnifique mage, Miho, se tenaient derrière Taro avec un air calme. Le sort qui venait de partir devait venir de Gogh. Ou peut-être était-ce celui de Miho.

Et ensuite…

—Désolé. On arrive tard.

L’homme s’avança. Dégainant son épée, il était l’ancien champion, l’homme qui était indiscutablement une légende.

—Ce type à une putain d’aura… dit Ranta avec un gémissement d’admiration.

Il peut redire ça encore, pensa Haruhiro.

On parle souvent de personnes qui dégageraient une certaine aura, mais ceci pourrait bien être ce à quoi ressemblerait vraiment une aura.

—Akira-san ! quelqu’un scanda son nom.

—C’est Akira-san !

—Akira-san est ici !

—Akira-san !

—Woo ! Akira-san !

—On a Akira-san !

L’atmosphère se transforma en un instant. Akira-san. C’était Akira-san. La zone toute entière fut peinte avec les couleurs d’Akira-san ! Enveloppée par son aura !

Les cultistes étaient en train de se faire décimer dans un combat perdu d’avancer pour eux contre Branken, Kayo et Taro, et ils étaient en train de paniquer complètement.

Oh, oh ? Qu’est-ce que veut le géant blanc de quatre mètres ?

Il se tourne vers Akira-san, non ?

Akira-san était un homme imposant, mais la différence de taille entre lui et le géant blanc était toujours plus grande qu’entre un enfant et un adulte. Et pourtant— bordel, Akira-san était énorme. Personne ne savait pourquoi mais il avait l’air plus large que le géant blanc.

Bah, c’est risqué, pensa Haruhiro.

Le géant blanc eut l’audace de porter un coup à Akira-san. Naturellement, il n’avait aucune chance de réussir. Akira-san se tourna et l’esquiva avec autant d’aisance que pour esquiver un papillon qui fanfaronnerait, laissant dépasser le poing droit du géant blanc. Avec un mouvement léger, il arriva on ne sait comment à se placer juste derrière le géant blanc.

—Et…là !

Akira-san escalada le géant blanc. Il ne le grimpa pas. Comme s’il montait une petite colline, Akira-san atteignit l’épaule droite du géant blanc juste sous ses yeux. Haruhiro l’avait vu faire, mais ne pouvait pas comprendre. Cela n’était pas complètement vertical, mais il y avait un angle assez important. N’était-ce pas de la folie qu’il puisse l’escalader comme cela ?

—Repose en paix, OK ?

Akira-san plongea son épée profondément dans l’œil unique du géant blanc. D’une façon assez désinvolte qui plus est. C’était comme s’il voulait dire, « Hé, bats-toi un peu au moins. »

Pas qu’il aurait pu l’entendre même s’il l’avait dit. Il était trop tard pour ça. Le géant blanc s’effondra. Juste avant que le dos du géant blanc ne touche le sol, Akira-san sauta dans les airs et atterrit élégamment par terre.

—Bah, ça casse un peu l’ambiance. Tokimune rit sous l’émerveillement. Il est dans une dimension complètement différente de nous, huh ?

C’est vraiment une autre dimension, confirma Haruhiro. Il y a tant de différence que ça entre nous ?

—Ouais, alors quoi ?! Tada poussa ses lunettes avec son index gauche, puis il fonça et balança sa masse droit sur le premier Tori-san qu’il trouvait. Je vais créer une dimension rien qu’à moi !

La tête du Tori-san et le Bouclier Miroir qu’il essaya d’utiliser pour se protéger furent tous deux écrasés, et il s’effondra au sol.

—Yahoo ! Kikkawa saute de joie. Pas juste une autre dimension, mais une nouvelle dimension, huh ?!

Avec ces mots comme signal— non, ce n’était définitivement pas un signal— les soldats volontaires commencèrent la contre-attaque. Ce n’était pas une simple contre-attaque, tout de même. C’était un assaut violent, une contre-offensive massive.

Après tout, la grande équipe légendaire d’Akira-san, Branken, Kayo, Taro, Gogh et Miho étaient en train d’abattre des cultistes et des géants blancs comme s’ils arrachaient de la mauvaise herbe. C’était moins évident à voir avec les géants blancs, mais les cultistes semblaient revêtir leurs émotions, et on aurait dit que la stupéfaction et la panique en faisaient partie. Les cultistes semblaient être sur le point de s’enfuir. Les soldats volontaires, enhardis par l’arrivée d’Akira-san, se mouvèrent comme un seul homme pour les attaquer.

Les lances des Pansukes furent brisées les unes après les autres. Les Épées Foudroyantes du Dauphin des Tori-san n’étaient pas si effrayantes quand tout le monde leur fonçait dessus en même temps. Leurs armes leur furent arrachées de leurs mains, et leurs Boucliers Miroir furent piétinés. Les géants blancs de quatre et six mètres furent tombés les uns après les autres.

Haruhiro et les autres finirent un bon nombre de cultistes eux aussi. Tout particulièrement Ranta et Kikkawa, qui s’étaient laissé emporter et qui étaient devenus fous.

Où cette si difficile bataille qu’ils avaient dû traverser était-elle partie ? Haruhiro ne pouvait s’empêcher de penser que ce n’était que l’ennemi était effrayant, c’était le déroulé des éventements. Avec un battement de papillon, tout pouvait changer radicalement comme il venait de se passer. En s’appuyant sur cette théorie, il était entièrement possible qu’ils se fassent soudainement renverser de leur position davantage écrasante à un désavantage si grand qu’ils ne pourraient pas en récupérer.

Est-ce que c’est… vraiment bien ?

Haruhiro ne pouvait pas suivre le mouvement, et il ne savait pas quoi faire avec lui-même à cause de ça.

C’est, eh bien, ouais… C’est bon, je suppose? Je devrais juste essayer de faire comme tout le monde quand tout ne va pas si mal.

—Je vois que tu es toujours en bonne santé, Haruhiro-kun, dit une voix.

Haruhiro fut choqué de trouver Akira-san juste à côté de lui. Akira-san rangea son épée dans son fourreau et il croisa ses bras avec un air cool sur son visage.

—Oh, er, ouais, o-on va bien, nous tous, bégaya Haruhiro. Enfin, mon groupe va bien, au moins…

—On a essayé pas mal de choses différentes avec Soma et son groupe pour voir si on pouvait faire quelque chose avec le dieu géant.

—Oh, ouais ? demanda Haruhiro.

—Et ?

Akira-san secoua sa tête.

—Depuis qu’il s’est installé au milieu de la colline initial, il n’a pas bougé d’un pouce. Ce machin est résistant.

—Même pour vous ?

—On reste des soldats volontaires, tout comme vous tous. J’ai simplement survécu plus longtemps que toi. Quand tu vis deux fois plus, tu as tendance à devenir un petit meilleur que les autres.

—C’est comme ça que ça marche ?

—Bien sûr que oui.

Akira-san sourit et hocha la tête. Ce type avait dégagé une aura qui avait mis la pression sur tout a zone il y a de cela quelques instants, mais maintenant il avait l’air d’un simple vieux monsieur aimable. Bien sûr, ce n’était absolument pas ce qu’il était.

—Je suis juste un vieil homme, dit Akira-san. À cause de mon âge, je me surprends à me mêler de chose qui ne me regarde pas.

—Kuzaku-kun, observe-moi un moment.

Akira-san appela Kuzaku, puis il prépara son bouclier et il dégaina son épée. Il s’avança en couvrait la moitié de son corps avec son bouclier, et il balança son épée diagonalement vers le bas sur le Pansuke le plus proche. Même Haruhiro pouvait dire ce qu’il était en train de faire. C’était la compétence des Paladins Châtiment. Mais Akira-san choisit délibérément de stopper son épée a mis parcours et de la retirer. Le Pansuke était en train de trembler, comme s’il était gelé.

—Tu as vu ça ? En t’entrainant assez, tu seras capable toi aussi de le faire, dit Akira-san.

—D’accord…

Kuzaku se tenait droit comme un manche à balai et il écoutait attentivement.

Je n’aurais pas su dire mieux, pensa Haruhiro.

Akira-san utilisa Châtiment sur le Pansuke une nouvelle fois, mais seulement cette fois il ne s’arrêta pas. A la fin, c’était probablement Châtiment, mais c’était complètement différent.

J’sais pas, c’est comme si tout ça n’était qu’un seul mouvement.

Se défendre avec son bouclier, avancer, et envoyer son épée vers le bas. Les trois actions avaient complètement fusionné pour ne faire qu’une.

L’épée d’Akira-san coupa clairement à travers le Pansuke de son épaule gauche jusqu’à sa hanche droite. Il semblerait que quand on atteignait le même niveau que Branken, Kayo ou Akira-san, les supposés intranchables ponchos n’étaient pas un souci. Était-ce vraiment quelque chose qu’ils pouvaient accomplir en le répétant ? C’était dur à accepter au pied de la lettre, mais Akira-san ne semblait pas être du genre à montrer des choses pour embobiner ceux qui étaient plus jeunes et moins expérimentés.

—Tout est question de comment tu te construis au fil du temps.

Akira-san rangea son épée dans son fourreau une fois de plus.

—C’est l’expérience. Ressens les choses pour toi-même, et construis sur ça. Si tout ce que vous avez fait c’est de l’apprendre, une compétence est et restera une simple compétence. La vraie puissance se cache quelque part derrière ça. Maintenant, pour ce qui est de ressentir tout ça, je vous le dis honnêtement, la répétition sur le terrain est la seule manière.

—Hmm, renâcla Gogh. Eh bien, tu te prends pour un roi.

La splendide mage Miho se tenait là elle aussi. Bien que la situation était en leur faveur, c’était toujours une bataille chaotique, alors pourquoi ces gens discutaient tranquillement comme s’ils prenaient le thé dans leur jardin ?

—Donner des leçons ne te va pas, Akira-san, dit Gogh. T’es même pas du genre à suivre la théorie. Le fait que tu veilles dire à ces jeunes ces choses à tout prix pourrait être le signe qui tu es devenu vieux.

—Bah, ouais, Akira-san haussa les épaules. J’en suis conscient moi-même.

—Il est toujours jeune, dit Miho avec gloussement.

—Bwuh !

Ranta devait avoir imaginé quelque chose d’étrange.

—M-Magie ! Shihoru s’avança en tenant fermement son bâton. E-Et pour… la magie ? Est-ce qu’il y a une astuce ?

—Je veux savoir, appuya Mimorin.

—Hé, attendez. Anna-san tourna la tête dans toutes les directions. Est-ce que c’est le moment de taper la discussion ?! Y’a encore beaucoup, beaucoup d’ennemis autours, yeah ?!

—Bon, il est temps de faire un peu de ménage, alors, dit Gogh en adressant un regard à Shihoru et Mimorin. Je vais répondre à votre question en vous montrant. Vous êtes seulement sur la ligne de départ de la magie une fois que vous avez appris toutes les incantations élémentaires que la guilde peut vous apprendre. À partir de là, il n’en revient qu’à vous.

—Miho.

—On y va

—On le fait.

Gogh et Miho s’écartèrent du groupe. Akira-san les suivit sans faire le moindre bruit. Si des ennemis les attaquaient tous les deux, Akira-san les couperait en deux immédiatement.

Les trois ne tardèrent pas à s’arrêter. Ils étaient tournés vers le géant blanc de huit mètres. Gogh et Miho commencèrent à tracer ce à quoi ressemblaient des runes élémentaires avec le bout de leurs bâtons.

—De, he, lu, en, ba, zea, ruv, dag, na, mitoh, lo, wa, swa, va.

—Ne, ve, lu, shia, rass, fe, de, ge, hi, mina, sheh, kweh, du, il.

—Je n’avais jamais vu ça auparavant, murmura Shihoru.

C’était vrai. Haruhiro n’avait jamais vu semblables runes élémentaires comme celles-ci, et c’était une incantation inhabituelle. On aurait dire que, peut-être, l’intonation était aussi différente de quand Shihoru et Mimorin incantaient ?

Le géant de huit mètres, qui semblait avoir remarqué Gogh et Miho, les regarda d’en haut. Juste après ça, il y eut un résonnant « thuuuuuuuuuuuuuun », un son qui semblait à la fois aigu et grave, et sa tête fut explosée.

—…Un coup. La mâchoire de Merry tomba.

—Meow… Yume cligna des yeux plusieurs fois.

—Et, donc, il y a un bon nombre de points que je voudrais apporter, mais… Gogh tourna sur lui-même pour leur faire face en envoyant ses cheveux derrière son oreille avec un air artistique. Même après avoir changé de job pour devenir un prêtre, je suis capable de faire ça en ayant étudié assez. Bien que, je n’aurais pas pu faire ce qu’on vient de faire tout seul. On a lâché un élémentaire, puis on l’a activé avec un pouvoir alternatif. Ils ne vous apprendront pas ce genre de truc à la guilde. Vous devez étudier par vous-même, faire des découvertes, et affiner vos compétences.… Whew, je suis rincé.

Gogh s’attrapa soudainement la tête et il pressa sa main sur son front. On aurait dit qu’il allait s’affaler sur le sol à n’importe quel moment.

—Oh, là là.

Miho plissa ses yeux et couvrit sa bouche avec ses mains.

—On se fait assez vieux tous les deux. Akira-san offrit de l’aide à Gogh. Bien que, dans ton cas, ton corps était faible depuis le début.

—…Oh, la ferme, grogna Gogh. Laisse-moi tranquille.

—Chérieeeeeeee… ! Kayo se précipita vers lui en laissant une légère brume de sang derrière elle. Qu’est-ce qui ne va pas ?! Est-ce que ça va ?! Chérie ?! Je ne te le pardonnerai jamais si tu meurs avant moi !

—Papa ?! Est-ce que quelque chose t’est arrivé, Papa ?! Ne meurs pas ! Taro fonça lui aussi avec son visage déformé par l’anxiété.

—Écoutez ! Je ne vais pas mourir aussi facilement ! leur cria Gogh, mais ce qu’il dit fut en grande partie couvert par le bruit tonitruant du géant blanc de huit mètres qui était en train de s’effondrer sur le sol.

A penser que le géant blanc de huit mètres qui avait été un tel problème serait tué aussi facilement. Les soldats volontaires explosèrent en cœur.

—Gwah, hah, hah, hah, hah ! Avec un rire terrifiant, Branken pointa sa hache en direction de l’autre problème. Maintenant, c’est ton tour ! Prépare-toi à mourir !

Haruhiro essaya d’avaler sa salive, mais sa bouche était sèche, donc sa pomme d’Adam bougea simplement sans but.

L’Hydra avait dû sentir quelque chose lui aussi, parce qu’il resta là où il se trouvait en agitant ses tentacules. Non, pas juste en les agitant. Ses tentacules s’étendirent en grand, comme s’il essayait d’avoir l’air encore plus énorme qu’il ne l’était déjà.

—Bon maintenant. Akira-san s’écarta et dégaina son épée. D’abord, voyons voir de quoi il est capable.

Les Phalanges de Fer. Les Berserkers. Orion. Ils faisaient partie des plus grands soldats volontaires, et pourtant ils ne bougèrent pas, ou ils ne pouvaient pas. Akira-san, Kayo et Branken furent les seuls à approcher l’Hydra. Les cinq tentacules se tendirent vers eux en même temps. Trois vers Akira-san, et une chacune pour Kayo et Branken.

Ils sont rapides. Même avec cette taille, ils sont aussi rapides ?

Aux yeux d’Haruhiro, on aurait dit qu’ils se mouvaient à la même vitesse qu’une épée.

Personne peut esquiver ça, pensa-t-il pendant un moment.

Mais Akira-san ne fit que deux pas rapides, Kayo s’avança, et Branken roula sur le côté, chacun esquivant les tentacules à leur propre façon. Akira-san alla à droite de l’Hydra, tandis que Branken prit la gauche. Kayo était en train de l’approcher en face de lui.

L’Hydra balaya la zone avec ses tentacules. On aurait dit qu’il y avait deux types d’attaques qu’il pouvait faire avec. Des balayages et des pointes descendantes.

Les pointes semblaient esquivables, mais les balayages avaient l’air plus compliqués. Ils faisaient plus de deux mètres de diamètre. Si quelque chose comme ça, qui était bien trop épais, et beaucoup trop long, venait vers eux avec cette vitesse intense, n’y avait-il pas nulle part où courir ? Pourquoi Akira-san et les autres étaient capables de les esquiver ? Haruhiro ne pouvait pas se l’imaginer.

Peut-être qu’ils peuvent les anticiper, pensa-t-il. Ils doivent savoir où les tentacules vont les atteindre. Probablement. Mais comment ils s’en rendent compte ? C’est un mystère. Un mystère bien trop mystérieux. Sans l’avoir observé attentivement et l’avoir étudié, c’est pas un peu impossible ?

—Pas du moment que tu es le genre de personne avec un don que le monde a rarement vu. dit Gogh, qui semblait avoir vu à travers le mécanisme de pensée d’Haruhiro. Au final, l’expérience fait tout. Quand on se retrouve contre un ennemi qu’on a jamais vu avant, bien entendu qu’on ne sait pas ce genre de chose nous non plus. Cependant, il y aura toujours des similarités, des points communs, avec les ennemis qu’on a affrontés dans la passée. Qu’est-ce qui est similaire ? Qu’est-ce qui est identique ? Tu peux pas t’en sortir avec eux si tu réfléchis trop à ces choses. Qu’est-ce que je fais là ? Qu’est-ce qui me donne le plus de chance de l’emporter ? Ton corps doit commencer à bouger tout seul avant même que tu commences à te pencher sur ce que tu fois faire.

—C-Cette chose… grogna Ranta. Ils ont combattu des tas d’ennemis qui lui ressemblent ? C’est pour ça qu’ils sont capables de le combattre sans difficulté ?

—J’ai l’impression qu’ils ont quand même du mal. Gogh haussa ses épaules. Ils passent tous un mauvais quart d’heure avec lui. Sans avoir accès à la magie de lumière, ils auront moins envie de jouer sur leur chance.

—Tu dis ça comme si ça ne te concernait pas.

Miho fronça les sourcils, mais Haruhiro ne put s’empêcher de penser qu’elle prenait elle aussi cette situation à la légère.

—Il n’y a nulle part où viser.

Taro abaissa son arc, mais il devait lui aussi avoir une expérience considérable. Étant donné le fait qu’il ait voyagé avec Akira-san et son groupe, cela était un dû.

—Ça vous dérange si je pose une question ? demanda Kuzaku non sans hésitation.

Gogh regarda Kuzaku avec une expression qui lui disait de continuer.

—Vous avez dit « pas quand tu es le genre de personne avec un don, » mais… Kuzaku demanda ce qu’avait voulu demander Haruhiro.

—Ce serait un petit impertinent d’essayer de prétendre qu’Akirasan et les autres n’ont pas un don, non ?

Bien que cela s’appliquait aussi à Branken et à Kayo, il était incroyablement difficile de croire qu’Akira-san était en train de reculer. Il s’était concentré sur les esquives en premier lieu, mais désormais il faisait plus que ça. Après avoir esquivé, il le frappait avec son épée. En plus de ça, n’était pas en train de lentement se rapprocher de l’hydra ? C’était probablement le cas. Non, pas juste probablement, il était définitivement en train de se rapprocher de lui.

—Akira n’a pas un don, dit fermement Gogh, avant de laisser s’échapper un malicieux petit rire.

Il doit se moquer de nous, Pensa Haruhiro avec incrédulité. Est-ce que son amitié l’aveugle ?

—Tu as raison, dit instantanément Miho.

Haruhiro commença à penser qu’ils disaient peut-être la vérité.

—Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, ce type était une poule mouillée comme j’en avais jamais vu avant.

—Ce gars est toujours assez timide, vous savez ? Appuya Gogh.

—Tu pourrais avoir raison.

—Même dans notre génération, il y avait un tas de gens plus fort que lui.

—Je dirais que Kayo était bien plus courageuse.

—Pas que cela ait changé.

—Ma maman est la plus courageuse du monde, et mon papa le plus sage, déclara Taro avec un air si sérieux dans ses yeux que ça en devenait effrayant. Et moi, je suis le plus chanceux.

—Tu les aimes vraiment beaucoup, huh, dit Yume avec sincérité.

—Bien sûr que je les aime ! cria Taro, les yeux écarquillés. Mon amour pour Maman et Papa fera ne perdra contre rien et personne ! Jamais ! De la vie !

—Je suis pas sûr qu’il soit question de gagner ou de perdre, cela dit, Gogh caressa la tête de Taro avec rire ironique. Quoi qu’il en soit, la seule chose dont je suis sûr et que je peux vous dire est qu’Akira n’est pas un génie. Mais il a survécu. C’est grâce à moi, Kayo, Branken, Taro et tous les autres amis et camarades que nous avons perdus durant notre périple. Beaucoup de talentueux guerriers et paladins qui avaient la chance d’être particuliers sont tombés, tandis que lui a tenu bon. Il n’a pas survécu parce qu’il était fort. Était-ce qui a joué en sa faveur ? Si on devait transmettre cette idée avec un mot, ce serait la chance, je suppose. Parce qu’il a été chanceux, il a survécu, et il a été capable de devenir fort.

Ce n’était pas juste un ou deux moments— C’était plus de deux décennies de bonnes fortunes accumulées. C’était ce qui avait créé Akira-san. A quel point avait-il été chanceux ? Un simple moment de malchance aurait été suffisant pour le tuer comme Manato et Moguzo.

En retournant le fait, si Manato et Moguzo n’étaient pas morts, ils auraient eu une chance de devenir comme Akira-san. Dans les faits, Manato et Moguzo avaient eu plus d’aptitudes qu’Haruhiro. Ce qui voulait dire qu’il n’y avait aucune garantie de succès. Si la chance d’un soldat volontaire était mauvaise, ne serait-ce qu’un petit peu, il se ferait emporter.

Il mourrait.

Dans tous les cas, Akira-san faisait partie des quelques élus.

—…Je suis pas comme ça, marmonna Haruhiro.

Akira-san, Branken et Kayo étaient pratiquement en train de toucher l’Hydra. Les cinq tentacules ne semblaient pas pouvoir les atteindre du tout.

Et puis, soudainement, les quatre tentacules qu’il utilisait pour se déplacer se mirent à attaquer Akira-san et les autres. Tandis qu’Haruhiro fut pris par surprise, Akira-san et les autres semblaient l’avoir anticipé. En esquivant et se mouvant entre les tentacules, Branken et Kayo reculèrent, mais… Akira-san planta son épée à la racine des tentacules.

En utilisant son épée comme d’une prise, il escalada. C’était le même style de grimpe, comme s’il montait une colline. Il courut sur le dessus du tentacule.

—Ohh. Gogh claqua des doigts. Il a une force qu’Akira-san a toujours eue. Son sens de l’équilibre. Pour ça on pourrait dire qu’il était au-dessus de la moyenne.

—Il aimait les endroits en hauteurs aussi, gloussa Miho.

—Il doit être idiot. Les coins des lèvres de Gogh se relevèrent. Il est déjà l’heure, huh.

—Ouais. Tu as raison. Déjà l’heure pour quoi ?

Le tentacule essaya de se débarrasser d’Akira-san. Akira-san sauta. Il donna un coup de pied à un autre tentacule, puis encore à un autre. Akira-san disparut derrière les tentacules.

—E-E-E-Est-ce qu’il va s’en sortir ?! cria Kuzaku.

Le corps entier d’Hydra frémit.

—Gyahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Il laissa échapper un cri affolant. Si une femme qui faisait plus de dix mètres de haut se mettait à crier, ça aurait pu être aussi puissant. Ce son fut relâché par la partie inférieure de l’Hydra accompagnée par une vague d’air, et les tentacules se tendirent vers le haut avant de se rabattre.

Akira-san roula à l’extérieur dans un espace entre les tentacules. Gogh et Miho dessinèrent des runes élémentaires avec leurs bâtons et ils incantèrent leurs sorts.

—Ea, zu, fa, nwe, meu, hoa, rahi, kweh, ba, ju, sai, le, cthu.

—Ni, fau, shin ; dza, wao, iki, le, vu, duma, gis, qua, zu.

—C’est chaud ?!

Haruhiro se couvrit le visage par réflexe et plia ses genoux. La vague d’air chaud lui souffla dessus. Ou il aurait plus juste de dire que la vague lui fut assénée violemment.

L’Hydra était au centre. L’Hydra était en train de bruler— non, ce n’était pas ça. Il n’y avait aucune flamme qui s’échappée de lui. Mais c’était chaud. Il y avait un incroyable vortex d’air chaud qui tourmentait les tentacules de l’Hydra. Le vortex semblait se diriger vers le centre de l’Hydra. Haruhiro et les autres ne faisaient qu’être pris par les résidus de celui-ci. Et pourtant, c’était quand même chaud et menaçant.

Qu’est-ce qu’il se passait ? Qu’allait-il arriver maintenant ? Le vent ne soufflait changea soudainement de direction. Il ne soufflait plus sur eux. Il se faisait aspirer.

Ils étaient en train de se faire attirer.

—Uwahhhhhhhhhhh ?! hurla Ranta.

—Yahooooooooooooooooooooooo ?! cria Kikkawa.

Ranta, Kikkawa, fermez-là. Même si je sais ce que vous ressentez.

—Eeeeeeeeeeeeeek ?! lâcha Shihoru.

—Funyoooooooooooo ?! cria Yume.

—Yahhhhhh ?! cria Merry.

Shihoru, Yume et Merry se tenaient les unes aux autres.

—Pardon ?! Kuzaku s’accroupit au sol.

—What the heeeeeeeeeeell ?! Cria Anna-san.

Mimorin s’agrippa à la Anna-san en panique, et pour on ne sait quelle raison, elle tenait aussi fermement Haruhiro.

—Non, je vais m’en sortir, OK ? lui dit-il.

—Juste au cas où !

Je vais vraiment m’en sortir, et en vrai, c’est plus difficile pour moi quand tu me tiens fermement comme ça. D’ailleurs, est-ce que Tokimune et Tada vont bien ? Et aussi, où est Inui ?

—Oh !

Le vent changea de direction une nouvelle fois. Cette fois, il ne les poussa pas et il ne les attira pas. C’était un souffle qui venait d’en haut. La masse d’air chaud venait d’en haut et était en train de les écraser.

Haruhiro et son groupe ne furent frappés que par une pression qui les obligea à se mettre à quatre pattes, mais l’Hydra au centre du cataclysme devait passer un mauvais moment.

Sérieusement ?

L’Hydra était en train de se faire écraser.

Les neuf tentacules se faisaient plaquer au sol, révélant ainsi sa partie centrale— son véritable corps, peut-être ? Ou le torse ? Quoique cela était, cette partie qui ressemblait à une succulente plante blanche massive s’était fait exposer, et sa partie supérieure était en train de grincer et de s’enfoncer un peu plus chaque seconde.

C’est quoi cette magie ? La Magie Arve ? Ça ne peut pas être la Magie Kanon, pas vrai ? Ça ne ressemble pas non plus à la Magie et Falz et à la Magie Darsh. Bon, alors c’était quoi ? Je me souviens que Gogh a dit quelque chose comme lâcher des élémentaires, puis les activer avec un pouvoir alternatif. Est-ce que c’est ça la vraie nature de ce tourbillon super-chaud écrasant ?

Le vent brûlant finit par se dissiper. La plante blanche massive succulente machin truc avait l’air d’avoir diminué de moitié. C’était impossible à confirmer d’ici, mais son centre devait s’être fait écraser assez violemment.

L’Hydra ne bougeait pas du tout.

—Est-ce qu’il est… mort ?

Ranta tomba sur son dos à moitié conscient.

—Je suis épuisé… Gogh tituba.

—Papa ! Ici !

Taro plaça son arc et son carquois de flèches sous son bras, puis il s’accroupit en face de Gogh et il lui offrit son dos.

—Maintenant, écoute… je suis ton père, tu comprends ?

Même en marmonnant quelque chose qui ressemblait à une complainte, Gogh se reposa sur le dos de Taro. Il avait dû être sacrément affaibli.

—Hee hee.

La Miho souriante ne semblait pas avoir ce genre de problème. Était-elle résistante, en plus d’être une beauté inimaginable ? Ou était-ce Gogh qui était juste trop faible ?

—Est-ce que… c’est fini… ? Shihoru était accrochée à Yume en tremblant.

—Peut-être ? Yume caressa le dos de Shihoru d’une façon rassurante.

—Je l’espère. Merry rejoignit Yume pour caresser Shihoru.

—Whew… Kuzaku leva timidement les yeux.

—C’est pas dangereux maintenant ? demanda Mimorin.

Anna-san, qui était en train de jouer avec la poitrine bien trop développée de Mimorin pour on ne sait quelle raison, pencha sa tête sur le côté avec un air interrogatif.

Est-ce que c’est bon quand des filles se font ça entre elles ? Se demanda Haruhiro. Pas qu’il était jaloux ou quoi que ce soit. Qu-Qui sait…

Mais l’était-ce vraiment ?

Haruhiro ne pouvait pas l’affirmer avec certitude, mais il aurait apprécié que Mimorin le lâche, vous savez ? Sentir la poitrine de Mimorin collée contre lui, il était sur le de le lui dire quand, pas très loin, Tada commença à crier.

—Non, c’est pas drôle ! Je refuse que ça se finisse aussi facilement ! Je n’ai encore rien fait ! Reste pas mort comme ça, reviens à la vie maintenant !

—Gyahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

—Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeek !

Mimorin laissa échapper un cri comme ils n’en avaient jamais vu et elle sera fort Haruhiro et Anna-san contre elle. Ou plutôt, elle était en train de l’étrangler. Il ne pouvait pas respirer.

Sauvez-moi, implora silencieusement Haruhiro.

Mais, enfin, il ne pouvait pas lui en vouloir d’avoir été surprise. Il avait été surpris lui-même.

L’Hydra qu’il avait considéré comme mort déchaina soudainement une autre explosion sonore depuis la partie inférieure de cette large et blanche partie qui ressemblait à une plante succulente. Qui plus est, le son était plus fort plus violent que la première fois. Puis les tentacules commencèrent à s’agiter dans tous les sens sauvagement.

Akira-san, Branken et Kayo étaient en train de reculer. Bah, pas vraiment de surprises ici. Il avait l’air assez dangereux, vous savez ? Les autres soldats volontaires étaient en train de paniquer maintenant, tout comme Haruhiro et son groupe.

—Hahahahahahahahah ! Tada semblait aux anges cela dit. Bien ! C’est ça que j’attendais de toi ! Amuse-moi encore !

—Super ! C’est maintenant que commence le deuxième round, huh ! Tokimune semblait prendre son pied.

Est-ce qu’ils sont stupides… ?

—Kwa, do, roh, wo, su, eck, lue, rah, va, le.

Pendant ce temps, Miho incantait un sort. S’il devait le décrire avec une couleur, c’était violet. Cette chose violette qui n’était ni une flamme ni une boule d’électricité explosa sur la partie gigantesque et blanche de la partie inférieure de ce genre de plante succulente avec un bruit à s’en déchirer les tympans. Il était découpé et déchiré, dispersant une sorte de substance visqueuse dans tous les sens, et l’Hydra commença à convulser, mais on pourrait dire qu’il ne fit que ça. Cependant, Miho demeurait confiante. Elle ne se contenta pas seulement de ne pas reculer, elle s’avança.

—Ah, lua, de, muo, su, vi, gwa, pa, le, tu, kia.

Cette fois-ci c’était d’un vert noirâtre. La lumière vert foncé frappa plusieurs fois la partie massive et blanche de la plante succulente. Elle perça à travers et la déchira. Les tentacules se tordirent. L’Hydra se tordit de douleur avec son mucus qui s’éparpillait partout, et ensuite…

—Ta, tu, rua, fa, yek, nie, she, la, stoa, ryu, kweh, wana.

Huh ? Encore ? Vous en rajoutez une couche ?

Un point rose se forma au-dessus de la partie massive, blanche et succulente de genre de plante de l’Hydra. Puis il tomba.

—Shishishishishishishishishishishishishishishishishishishi…

Attendez, quel genre de son était-ce ? Qu’est-ce que c’était ?

Ce n’était pas clair, mais cela venait apparemment du contact entre le point rose et le morceau massif, blanc et succulent de la plante. Mais qu’est-ce qu’était ce point rose en faite ? Il était en train de grandir.

Le point n’en était plus un. C’était une balle désormais. Il grandissait encore et encore. Les tentacules se débattirent sauvagement. Leurs extrémités frappaient le sol. Comme s’il disait, « Une seconde, une seconde, sérieux, attendez, » et qu’il essayait de négocier un temps mort.

Naturellement les soldats volontaires n’allaient pas attendre. Lui offrit une pause était quelque chose d’inconcevable. La sphère rose était en train de s’élever de la partie massive, blanche et succulente en forme de plante. Comme s’il était en train de fondre. La sphère rose s’engouffra finalement à l’intérieur de la plante blanche, massive et succulente.

Les neuf tentacules devinrent flasques. La plante massive, blanche et succulente avait l’air d’être devenue flasque elle aussi. Miho s’arrêta et laissa échapper un soupir. Puis elle se mit à sourire.

—Il était têtu et insolent, alors je l’ai un peu puni.

Haruhiro était choqué et accroché à Mimorin contre sa volonté.

Est-ce qu’elle complètement sadique ?

—T’es sérieuuuuuux ! cria Tada au visage de Miho. Juste quand ça allait enfin devenir intéressant, fallait que tu ruines tout !

—Oh, mon pauvre. Je suis désolée.

—Un désolé ne va pas me suffire ! Maintenant, écoute-moi bien toi là-bas— Murgh ?!

…Whoa.

Haruhiro savait qu’il ne pouvait pas se permettre d’être choqué par toutes les petites choses, mais c’était vraiment ahurissant. Les tentacules de l’Hydra furent soudainement emplis de force.

Les neuf tentacules repoussèrent le sol, et l’Hydra s’envola dans les airs.

Il sauta.

Huh, il peut sauter ?!

—Oh, merde ! Reculez ! cria Akira-san.

C’était la première fois qu’il entendait une urgence dans la voix d’Akira-san. Akira-san, Branken, Kayo, Miho, et Taro, qui était en train de porter Gogh— aucun d’entre eux n’hésita quand le moment de courir était venu. C’en était presque déconcertant à quelle vitesse ils détalaient.

L’Hydra bondit. Il s’envola dans les airs en balançant ses tentacules dans tous les sens.

Tokimune et Tada reculèrent eux aussi.

—Mimorin, lâche-moi ! Haruhiro se libéra de l’étreinte contraignante de Mimorin. O-O-O-O-On doit se dépêcher de déguerpir d’ici !

—On le fait, yeah ! cria Anna-san.

—Yep ! Mimorin avança d’un pas lourd en ne portant qu’Anna-san.

Le reste de leurs camarades fuirent eux aussi. C’était comme une compétition pour voir qui courrait le plus vite. Ils devaient s’écarter de l’Hydra.

Oh, bordel. Non. Juste non.

Haruhiro continua de bouger ses jambes tout en évacuant tous les sentiments qu’il ne pouvait pas exprimer par des mots dans sa tête.

Ranta, Merry, Kuzaku, Yume, Shihoru. Ils vont tous bien. Kikkawa, Tokimune et Tada aussi. Inui manque toujours à l’appel, mais qui en a quelque chose à foutre de lui ? Et les Phalanges de Fer, les Berserkers et Orion ? On dirait qu’ils se sont séparés, peut-être ?

Haruhiro, pour sa part, était toujours en train de suivre Akira-san et les autres. Était-ce la bonne chose à faire ? Ne l’était-ce pas ? Il n’en avait aucune idée. Il ne pouvait pas décider.

Soudainement, l’Hydra s’arrêta de sauter dans les airs.

Il arrive.

Il frappa les neuf tentacules au sol violemment pour charger devant lui avec une fureur sauvage.

—Wawawawawawawawaaa ?!

Haruhiro perdit son sang-froid et bredouilla n’importe quoi dans la panique.

Est-ce que c’est mauvais ? C’est pas bon, n’est-ce pas ? Huh ? Est-ce que je me suis trompé ? Est-ce que j’ai fait la mauvaise chose ? Je veux dire, on dirait que l’Hydra vient par là. Est-ce qu’il vise Akira-san et son groupe ? Si c’est le cas, est-ce qu’on devrait se séparer d’eux ? Peut-être ?

—De, he, lu, en, ba, zea, ruc, ah, ru, la !

Gogh se retourna tout en continuant à se faire porter par Taro et il commença à incanter en dessinant quelque chose qui ressemblait à des runes élémentaires avec son bâton.

Kaboooooooooom !

Il y eut une explosion juste en dessous de l’Hydra qui envoya en l’air une grande quantité d’herbe et de terre. L’Hydra perdit l’équilibre. C’était parce que son appui venait de se faire anéantir par la magie. Ils devaient gagner autant de distance que possible grâce à cette interlude. Mais qu’est-ce que la distance allait leur apporter de bon ? Qu’arriverait-il ensuite ? N’allait-il pas les rattraper à un moment ou un autre ? Que feraient-ils si ça arrivait ?

Pour le moment, tout ce qu’on peut faire c’est courir le plus vite possible, pensa Haruhiro. Si l’Hydra est vraiment en train de cibler Akira-san et son groupe, c’est pas bon. J’sais pas comment le dire, mais vous savez, il y a de meilleure façon de s’en sortir pour nous. Genre, si je suis en train de chercher un moyen de nous mettre en sûreté, on pourrait dire qu’il n’y a qu’une manière possible.

Si Haruhiro devait être parfaitement honnête, il pensait que ce serait mieux s’ils ne suivaient pas le groupe d’Akira-san. D’après ce qu’il se passait, ils étaient en train de se tenir sur la ligne entre l’Hydra et le groupe d’Akira-san, et ils ne voulaient pas se retrouver ici. Il serait peut-être mieux pour eux de changer de direction et d’agir indépendamment.

Même si je me sens coupable de le faire. En plus, on est pas absolument sûr qu’Akira-san et les autres sont ses cibles. Et s’ils ne l’étaient pas ? S’il se tourne et nous suit nous quand on se sépare d’Akira-san et des autres, ce serait un désastre complet. Akira-san et son groupe ne seraient pas capables d’aider, et, bah, ce serait la fin pour nous.

Quoi que, je suis pratiquement sûr que l’Hydra doit se diriger vers Akira-san et son groupe.

Est-ce qu’on prend ce risque ?

Ça ne semble pas être un mauvais pari, mais je n’arrive pas à m’y résoudre. Je ferais mieux de me dépêcher de décider cela dit. Je suis tellement indécis. Je déteste ça.

Au final, Akira-san et son groupe vont arranger les choses on ne sait comment ? Est-ce que c’est ça que je pense ? Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas une part de ça. Ça revient juste à laisser mes problèmes à quelqu’un d’autre, non ? Je crois qu’il y a quelque chose de mal là-dedans. Est-ce que c’est mal ? Je ne peux pas dire que c’est bien, si ?

Même dans son indécision, il continuait de lever ses jambes quand il passa à côté de quelque chose qui se dirigeait dans l’autre sens.

Huh ? réalisa Haruhiro. L’autre… sens ?

Oui. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Quelque chose avait couru vers lui, puis il l’avait dépassé.

Haruhiro se retourna et regarda.

Ce quelque chose était enveloppé dans une armure noire. Elle était moulante, avait l’air légère, et elle était noire là où c’était noir, mais qu’était-ce donc cette lumière orangée qui s’échappait d’ici et là ? Comment cela fonctionnait-il ? Il y avait une courte épée incurvée, ou plutôt un katana, accroché à l’une des hanches du personnage, et un katana assez long dans son dos. La personne tendit sa main vers l’arrière et la posa sur la garde du katana en continuant de courir. Il fonçait droit sur l’Hydra.

—Soma…

Haruhiro dit son nom sans honorifique malgré lui. Il se tint ici aveuglé.

Soma.

C’était Soma.

L’Hydra était en train de foncer vers eux, et Soma était en train de courir dans la direction opposée à la leur, donc les deux allaient forcément entrer en collision.

Allait-il… s’en sortir ?

Ce serait un mensonge que de dire qu’il n’était pas inquiet, mais pour on ne sait quelle raison, Haruhiro ne pouvait pas s’imaginer Soma se faire possiblement tuer.

L’Hydra souleva son corps massif avec ses tentacules, puis ils se jetèrent sur Soma. Soma ne s’arrêta pas, il ne ralentir même pas son allure. Il dégaina son katana. Haruhiro fut capable de tout observer jusqu’à cet instant. Mais qu’avait-il fait après ça ?

Les yeux d’Haruhiro avaient été grands ouverts et il observait attentivement, et pourtant, il ne saurait dire. Il savait seulement que deux des tentacules de l’Hydra furent découpés et lancés dans les airs. L’Hydra atterrit avec un bruit à en faire trembler la terre— mais et Soma dans tout ça ? Haruhiro fut finalement frappé par le doute. Soma s’était-il fait écraser ?

Les tentacules de l’Hydra se tordirent et se collèrent alors que la créature essayait de faire demi-tour. Cela voulait-il dire que Soma était derrière ? Avait-il glissé sous l’Hydra ? Ou quelque chose comme ça ?

Tandis qu’Haruhiro était toujours pris par le suspens, l’Hydra sauta sur sa gauche.

Là.

C’est Soma.

Il était en train d’agiter son katana. Il est long, se katana. Pourquoi a-t-il l’air plus long que quand il était posé sur son dos. Quelle que soit la réponse, les frappes de Soma faisaient hésiter l’Hydra. Il était en train de faire un un-contre-un contre cette créature massive au corps à corps, et c’était lui qui le faisait reculer.

C’est bizarre. C’est juste pas normal. Qu’est-ce qui se passe ?

—Maintenant, regarde, quand tu utilises le mot « don ».

La chose suivant qu’il remarqua était que Gogh était à côté de lui, toujours sur le dos de Taro.

—C’est le genre de gars que tu désignes. Il n’a était présent que pendant un cinquième de notre temps. Et pourtant, il peut quand même faire ça. Le talent est une chose cruelle et terrifiante.

Incroyable, pensa Haruhiro. Les rumeurs sur lui n’avaient pas été que des paroles. Soma avait sauvé leurs vies dans le passé aussi. Il n’était pas surnommé le plus fort pour rien.

Haruhiro le savait. Ou il pensait l’avoir su. Mais il n’avait pas dû vraiment comprendre ce que cela signifiait vraiment. Le katana devait avoir quelque chose de spécial. Son armure semblait contenir une puissance secrète qui transcendait la connaissance humaine. Et pourtant, Soma lui-même était un homme fait de chair et d’os. Il devait l’être.

Était-il vraiment humain, comme vous et moi ? C’était dur à croire.

Soma était en train de faire reculer l’Hydra avec un simple katana. Comment faisait-il pour passer à travers ces tentacules qui faisaient plus de deux mètres d’épaisseur ? Haruhiro n’en avait pas la moindre idée. C’était clairement impossible. Mais Soma était en train de le faire.

Haruhiro n’était probablement pas en train d’halluciner, donc c’était la réalité. C’était une réalité qui dépassait la compréhension et l’imagination d’Haruhiro. Ou plutôt, il n’aurait pu en aucun cas imaginer quelque chose comme ça.

Genre, comme s’il disait, « Un jour, je balancerai un katana et j’abattrai un monstre qui fera la taille d’un immeuble à deux étages, » les gens riraient sûrement de lui. Haruhiro ferait de même, bien entendu. Si quelqu’un autour de lui disait quelque chose comme ça, il penserait, « Quel idiot. »

Les gens comme Soma, qui rendaient ces rêves absurdes réalité, étaient-ils les vrais génies ? Gogh avait raison— c’était cruel. Il n’y avait pas de façon de s’en rapprocher, ou de le surmonter. C’était comme la différence entre la lune et une tortue. Bien sûr, les deux étaient rondes, mais même essayer de les comparer n’avait aucun sens. Ils étaient juste trop différents.

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 6, Chapitre 8 — illustration

Même les choses qui lui venaient à l’esprit étaient si ordinaires qu’il voulait disparaître. Haruhiro avait toujours su qu’il était ordinaire, donc ça ne le dérangeait pas le moins du monde, mais il se sentait tout de même vide. S’il avait pensé qu’il avait le potentiel pour devenir quelqu’un, et qu’il avait visé le sommet, le choc aurait bien pu le laisser tellement mal qu’il n’aurait pas pu s’en relever.

Il était reconnaissant que lui et tous les autres reconnaissaient sa médiocrité. Grâce à ça, il n’avait qu’à souffrir de son sentiment d’impuissance.

—Soma ! cria une créature à l’élégance et à la beauté inhumaine en passant devant Haruhiro.

C’était plus que naturel qu’elle semblait inhumaine. Elle n’était pas du tout humaine.

Elle est une elfe. Bah, Taro est un garçon anormalement beau aussi. Peut-être que la race des elfes n’a que des personnes magnifiques ? Quoi qu’il en soit, sa beauté se démarque. Cette peau si douce qui lui appartient doit être contre les règles. Elle a des cheveux argentés aussi. La façon qu’ont ses yeux de briller, ils ressemblent exactement à des pierres précieuses. Pour ce qui est de son visage, je suppose qu’on pourrait dire, pareil pour son physique et sa musculature, ils ne sont même pas humains. Genre, sa tête est teeeeeeellement petite. Sa façon de courir est différente aussi. Ses pas sont plus légers que ceux des humains. On dirait pas qu’elle frappe le sol, mais plus qu’elle glisse dessus.

—Tu n’en fais qu’à ta tête en partant encore sans prévenir !

Lilia dégaina une fine épée qui lui convenait bien, et elle chargea droit sur l’Hydra. Elle était une danseuse des lames. C’était vraiment comme si elle dansait. Lilia tournoya sur elle-même autour des tentacules en faisant sa danse de lame. Plutôt que de les couper avec son épée, c’était comme si elle les couper avec les mouvements de son épée et de son corps. Même si elle ne pouvait pas les couper comme l’avait fait Soma, Lilia était définitivement en train de blesser les tentacules en les attaquant. Naturellement, ils ne pouvaient pas la toucher. Elle ne les laissa jamais l’approcher.

Tandis qu’Haruhiro était en train de retenir son souffle et qu’il était en train d’observer la magnifique et sublime technique à l’épée de l’elfe sans pouvoir détourner le regard, il entendit quelqu’un laisser échapper un soupire qui ressemblait à un bâillement. Quand il se tourna, le grand homme avec les dreadlocks passa à côté d’Haruhiro avec des détendus, mais malgré tout incroyablement large pas.

Kemuri était un paladin tout comme Akira-san, Tokimune ou Kuzaku. Naturellement, cela signifiait qu’il avait un bouclier dans son dos, mais la très longue épée qu’il portait diagonalement dans son dos attira l’attention d’Haruhiro.

Tout en retirant lentement l’épée avec ses deux mains, Kemuri s’approcha de l’Hydra.

Peu importe à quel point il est bon, est-ce qu’il ne se la joue pas un peu tranquille ?

L’un des tentacules prit Kemuri pour cible. Du dessus et sur le côté, il se lança diagonalement vers lui.

—Ho…

Kemuri n’esquiva pas. Il alla à la rencontre du tentacule avec son épée.

—…hisse !

Quand ils rentrèrent en collision avec son épée, le tentacule fut coupé en deux. Comment cela pouvait-il fonctionner ? Il venait tout juste de remporter un combat de force contre un tentacule de deux mètres d’épaisseur.

—S’il fait des trucs comme ça, ça m’étonne que son dos ne lui fasse pas mal.

Akira-san était en train de se caresser le menton et s’était mis du côté des spectateurs.

Est-ce que c’est ça le problème ici ?

—Tu as des maux de dos, après tout.

Miho caressa le dos d’Akira-san.

—Hmph ! Je pourrais faire ça moi aussi…

Branken avait épaulé sa hache et il avait l’air de prendre une pause lui aussi.

—Je passe mon tour, merci.

Kayo s’approcha de Gogh et elle arracha son petit mari pour le porter dans ses bras comme une princesse.

—C’est un beau travail que tu as fait là. Tu dois être fatigué d’avoir utilisé toute cette magie, n’est-ce pas, mon cœur ?

—…Pas tant que ça, alors arrête de me porter comme ça.

—A ton âge, de quoi as-tu hontes ? demanda Kayo.

—C’est précisément mon âge qui est la cause de ma honte. Pose-moi par terre !

—Je veux pas.

—Nom d’un chien!

Tout en regardant un mari et sa femme qui étaient si proche qui cela rendait tout le monde mal à l’aise pour eux, leur fils elfique portait un sincère sourire de satisfaction.

—Oh, là, là. C’est Shima-chan, dit Miho.

En regardant dans la même direction de Miho, Haruhiro vit une fille sexy plus âgée marcher gracieusement dans leur direction.

—Hé, dit Shima en inclinant sa tête. Que se passe-t-il ici ?

—Il est plus résistant qu’on le pensait. Akira-san pencha légèrement sur le côté. On dirait qu’on n’arrivera pas à frapper ces points faibles et à le finir rapidement comme ça. On va devoir l’avoir à l’usure. Où est Pingo-kun ?

—Il reste proche du dieu géant. Zenmai aussi. Il est avec Pingo depuis qu’il est revenu vu qu’il ne pouvait plus diriger l’Hydra.

—Tu penses que Lala et Nono se sont enfuis ? demanda Akira-san.

—Je me le demande, dit Shima. On ne peut pas contrôler ces deux-là.

—Je suppose qu’on va devoir se débarrasser de l’Hydra en premier.

—Si quoi que ce soit arrive, je te soignerai, dit Shima. Pas que je doute de toi.

—Non, je compte sur toit. Je veux dire, je commence à me faire vieux, après tout. Je pourrais toujours trébucher.

—Toujours à plaisanter.

—Je suis sérieux.

—Branken, Kayo, il est l’heure de retourner au travail.

—Très bien. Branken caressa sa barbe, le feu brûlant dans ses yeux.

—Chéri, tu m’attends, OK ? Kayo déposa Gogh, puis il agita ses bras en cercle pour les échauffer.

—Je vais aider moi aussi ! Taro prépara son arc.

Oh. Ils vont vraiment le faire. Bah, ouais, je suppose que c’est normal, huh ? Je veux dire, on dirait que Soma, Lilia et Kemuri pourraient s’en charger par eux-mêmes, pensa Haruhiro. Il n’y avait rien à faire pour lui et pour les autres, donc ils feraient probablement mieux de rester spectateurs en regardant le combat jusqu’à la fin. Ou plutôt, il ne pouvait rien faire de plus que ça.

—Tada éleva la voix. On va voler leur éclair, Tokimune.

—Faisons-le, Tada !

Tada et Tokimune étaient sur le point de partir, et les Phalanges de Fer, les Berserkers et Orion avaient l’air d’avoir pris connaissance que c’était le moment de retourner la situation, mais Haruhiro n’avait en aucun cas l’intention de prendre part à tout ça.

En dépit de cela, Ranta dit,

—O-O-O-Ok, moi aussi ! avec une voix tremblante.

Il était désespérant.

—Ouais, toi tu fonces devant, dit Haruhiro.

—Attends, tu ne m’arrêtes pas ?! Sois maudit toi et tes yeux endormis !

—Mes yeux n’ont rien à voir avec ça…

—Bien sûr que si, abruti ! beugla Ranta. Il me fout les jetons, ce regard dans tes yeux !

—Akira-san et les autres sont en train de partir sans toi tu sais, dit Haruhiro.

—Whoa, t’as raison ! J’ai manqué ma chance ! Putaiiiin, c’est trop tard. Quel dommage, huh. Peux pas y aller maintenant. C’est entièrement ta faute, Parupiro.

—Ma faute, huh…

Tout en pensant, « Mec, et que dirais-tu de juste charger l’Hydra, » Haruhiro observa les environs. Ils ne pouvaient en aucun cas combattre l’Hydra, mais il devait rester quelques cultistes ou géants blancs en approche. Si nécessaire, ils pourraient en tenir un certain nombre.

C’est vrai. Je dois faire la part des choses. Nous les gens ordinaires devons faire des choses de gens ordinaires. C’est bien, ou plutôt, c’est tout ce qu’on peut faire. Même si on est médiocre, on ne laissera pas nos compétences se rouiller, vous savez ? Je veux dire, si on les laisse se rouiller, on serait pire que médiocre.

—…Attendez ? Est-ce que c’est— Huh… ? Une seconde… Yume ?

—Meow ? demanda Yume.

—Hé, là-bas… Haruhiro pointa quelque chose au sud. Je veux dire, ça pourrait être mon imagination, mais…

—Huh? Ah oui. Y’a quelque chose là-bas, confirma Yume. Pas sûre de ça, mais p’t être que c’est un Hydra ?

Ouais, je me disais bien. C’est pour ça que je l’ai pas dit à haute— Haruhiro paniqua et re-regarda. Ç-Ça y ressemble vraiment, non ?! Ça ressemble à un h-h-hydra, pas vrai ? Ouais ?!

—Un autre ?! grimaça Merry.

—Pas possible… Shihoru était en train de trembler.

—Huh ? C’est pas un peu la marde ? Peut être était-ce à cause de la fatigue, mais la posture de Kuzaku était pire que d’habitude.

—Vous rigolez… Tout étant toujours coincée sous le bras de Mimorin, Anna-san forma une jumelle avec ses mains et regarda au loin.

—What the fuck ?! No way !

—Oh, sérieux, sérieux, sérieux, sérieux ! Ranta pointa le bout de son Épée Foudroyante du Dauphin sur Haruhiro. Tout ça c’est ta faute, fry ! Je t’en tiens responsable !

—Qu’est-ce tu dis ? dit Mimorin avec une voix monotone avant de frapper Ranta derrière la tête avec son bâton.

—Urgh…

Ranta s’accroupit en squat sous la douleur.

—Meeeec !

Kikkawa était en train d’essayer de faire des blagues pour on se sait quelle raison.

—C’est genre, est-ce que ça nous a pas tous abattu ? Même si je n’irai pas pleurer dans les jupons de mon oncle après avoir vu ça ! Attendez, est-ce que j’ai un oncle au moins ?!

—Hm…

Gogh semblait en train d’y réfléchir.

—Eh bien, c’est un dilemme.

Le ton de Miho ne semblait pas assez sérieux étant donné la situation.

Est-ce que c’est parce qu’elle est trop magnifique ? Se demanda Haruhiro. Ou est-ce que ça n’a rien à voir avec ça ?

—Il y en avait d’autres, huh.

La façon de Shima de dire cela en fronçant les sourcils, en un mot, séduisante.

Une minute, pourquoi ces gens se comportent comme si cela ne les affectait pas ? Est-ce que c’est l’expérience ? Ce genre de crise c’est rien pour eux ? Peut-être pensent-ils qu’ils vont juste être capables de s’en sortir quoiqu’il arrive à la fin ?

—A-A-Akira-san ! Haruhiro fonça vers lui.

Akira-san était sur le point de se jeter sur l’Hydra. Et pourtant, il remarqua Haruhiro et il se tourna pour lui faire face.

—Qu’y a-t-il, Haruhiro-kun ?

—C-C-C’est pas bon Il y a un Hydra !

Haruhiro regarda une nouvelle fois vers le sud, puis il tourna ses yeux d’est en ouest. Il faillit finir sans voix.

Non, je peux pas me permettre de finir muet. Pas maintenant.

Ce n’était pas que le sud. C’était une bonne chose qu’il regarde à l’est et à l’ouest aussi. Était-ce une bonne chose ? Il ne pouvait pas le dire. Mais les faits étaient les faits.

—I-I-I-I-Il y en a d’autres qui arrivent ! J’en vois un, deux—trois ou quatre ?! À peu près tout ça !

—Qu’est-ce que t’as dis ?

Même Akira-san était surpris par cette nouvelle, mais pas au point d’en être choqué apparemment. Il fit un tour d’horizon du secteur, puis il leva son épée bien haut.

—Miho, Gogh, tenez-moi au courant de la situation. A tous les soldats volontaires talentueux ! Suivez-moi et Soma ! Ne tombez pas derrière ! La victoire appartiendra à ceux qui l’arrachent de leurs propres mains !

Avec cet homme légendaire qui les échauffait, les soldats volontaires rugirent comme un seul homme.

Huh ? Pensa Haruhiro, abasourdi. Est-ce que ça va aller… ?

Cette fois, Haruhiro finit réellement sans voix, et il resta planter là complètement assommer.

Non, enfin… Si c’est ce que dit Akira-san… c’est la bonne réponse— je suppose. Probablement.

L’Hydra originel avait été poussé à ses limites par Soma et les autres, et il ne lui restait que trois tentacules complètement intactes. Il les utilisait pour sauter et courir dans tous les sens. Une fois que les tentacules restants se feraient découper, il ne sera même plus capable de faire ça.

L’Hydra allait bientôt se faire abattre. Même si de nouveaux Hydra venaient, ça ne changerait pas ce fait. Ils pouvaient simplement en tuer un à la fois. Akira-san devait en être certain. S’il avait Soma et les autres, ils pourraient les tuer. Il avait dû prendre sa décision en prenant en compte tout ça.

Haruhiro utilisa le dos de sa main pour s’essuyer le coin de sa bouche et il regarda autour de lui.

Des hydras.

Il y en avait un au sud, un à l’est, et un au sud-ouest. Cela en faisait trois qu’il pouvait voir. Mais il ne pouvait pas dire avec certitude que d’autres ne viendraient pas après. Qui plus est, comme il s’y était attendu, il n’y avait pas que d’autres hydras. Il vit des géants blancs aussi. Et des cultistes. Une partie d’entre eux iront se déferler sur les soldats volontaires sans le moindre doute.

Est-ce qu’ils ont prévu de les utiliser ?

Cette pensée apparut soudainement dans l’esprit d’Haruhiro.

Entre Soma, Akira-san et leurs groupes, ils pouvaient défaire les hydras. Ils n’avaient pas besoin de la force des autres soldats volontaires. En dépit de cela, Akira-san les avait encouragés et convaincus de rester. Si les ennemis de bas rangs venaient s’impliquer dans leurs combats, cela compliquerait les choses. Avaient-ils l’intention de les utiliser pour qu’ils s’occupent du menu fretin ?

Non, non, Akira-san n’était pas ce genre de gars. C’était le sentiment qu’en avait Haruhiro. Akira-san était un homme bon, et une bonne personne. Il n’utiliserait pas les autres comme des pions dispensables. Il était tellement ouvert et attentionné avec les autres, il était complètement parfait…

L’était-il vraiment ?

Fut un temps où il était un trouillard. C’était ce que qu’avait dit Miho. Et pourtant il n’en avait pas du tout l’air. Akira-san semblait si gentil. Il était fort, fiable, et si quoi que ce soit arrivé, il avait le sentiment qu’il les protégerait, comme un père— mais le ferait-il vraiment ?

Akira-san n’était pas un type né avec un don. Il y avait eu des personnes bien plus talentueuses que lui, mais elle étaient toutes mortes. Akira-san avait survécu pour devenir plus fort. C’était ce que Gogh avait dit.

Comment Akira-san avait-il survécu ? Avait-il été amené à prendre de difficiles, même de cruelles décisions ? N’était-il pas devenu plus fort car il pouvait faire ça, et que donc il avait survécu ?

Haruhiro se retourna, et ensuite, avec autant de désinvolture que possible, il demanda à Gogh,

—Combien pensez-vous qu’il y aura de pertes ?

—Oh, tu es de ce genre, huh. Gogh releva un sourcil. C’est un petit peu inattendu.

—Que voulez-vous dire ?

—Je t’avais pris pour un type émotionnel. Je ne te connais pas si bien que ça, mais c’était juste mon impression. Si tu es capable de calmement calculer les pertes, tu pourrais être plus fait pour être un commandant que je ne l’avais pensé.

—…Vous n’avez toujours pas répondu à ma question cela dit.

—C’est la chance. Gogh dessina un cercle avec son index. Si notre chance est mauvaise, même nous pourrions mourir. C’est comme ça que ça marche. Personne ne peut prédire combien de personnes vont mourir. Bien entendu, j’ai pas l’intention de mourir ici. Si tu veux survivre toi aussi, alors je te suggère de rester à nos côtés.

—Ce n’est pas bon, dit Haruhiro.

—Huh ?

—Ce n’est pas bon. soupira Haruhiro.

Je la sensation que le sang va me monter à la tête. Garde ton sang-froid. Ce n’est pas que je suis énervé. C’est juste que, c’est n’est pas ça, pensa-t-il.

—Si vous prétendez avoir survécu parce que vous avez été chanceux, vous ne pouvez le dire qu’avec du recul, dit-il. Il y a en réalité beaucoup plus de facteurs qui entrent en jeux, non ? Est-ce que vous diriez qu’être utilisé comme un pion dispensable par quelqu’un d’autre est une part de chance ? Je ne le vois pas comme ça. Il y a des cas où je pense, « J’ai uniquement survécu grâce à ce type », ou, « Je serais mort si les choses ne se serraient pas déroulées comme ça ». Ce n’est pas de la chance. C’est grâce à quelqu’un, ou quelque chose.

—Et donc ? Gogh était en train de sourire légèrement. Que veux-tu dire ?

—Je ne sais pas si je peux bien l’exprimer avec des mots, mais…

—Accouche. Je déteste tourner autour du pot.

—J-Juste— j’étais en train de penser, ne serait-il pas possible de minimiser le nombre de personnes qui meurt ? Ouais, je suis sûr que les plus forts survivront. Cela veut dire que ceux qui survivent sont forts. Mais même s’ils sont faibles, ou malchanceux, les gens ne sont-ils pas toujours en vie ?

—Pourquoi devrions-nous nous embêter à nous occuper de ceux qui sont faibles et malchanceux ? demanda Gogh.

—Je ne pense pas que vous ayez à vous occuper d’eux…

—Bien dit gamin. Nous ne sommas pas de philanthropes, et nous ne distribuons pas de la charité ici.

—Q-Quand même, s’il y a quelque chose que vous pouvez faire, s’il vous plait, faites-le.

—Pourquoi ça ? demanda Gogh.

—Je veux dire, s’ils meurent, tout est fini !

Haruhiro se mordit et les lèvres et baissa sa tête. S’il avait été plus intelligent, peut-être aurait-il pu amener un argument plus convaincant pour ainsi convaincre Gogh ? Ou est-ce que les pensées d’Haruhiro le menaient sur la mauvaise voie depuis le début ?

—Une fois qu’on meurt, il ne reste plus rien, expliqua-t-il. Pour cette personne, du moins, la porte vers toutes les possibilités est fermée. Donc, est-ce si étrange que je veuille que le moins de personnes possible meurent ? S’il n’y a pas d’autres moyens, alors ainsi soit-il, mais s’il y a quelque chose que vous pouvez faire, je pense que vous devez le faire. Est-ce que jeter les gens que vous ne connaissez pas comme des sacrifices n’est pas la voie de la facilité ?

—Tu es en train de me dire qu’on devrait délibérément prendre le chemin le plus difficile ? demanda Gogh.

—Je pense que ce serait mieux comme ça.

—Tu es si innocent. gloussa Shima. Pas que cela me déplaise.

—Mais Haruhiro-kun. Miho regarda Haruhiro dans les yeux. Que peux-tu faire ? Tu ne veux pas de sacrifices. Très bien, mais que peux-tu y faire pour y remédier ?

—Non, c’est…

C’était un regard étrangement intense. Haruhiro faillit baisser le regard malgré lui, mais il se force à ne pas le faire. Avec des yeux tournés vers le haut, il arriva à peine à supporter le regard de Miho. C’était le mieux qu’il puisse faire.

—Non… Il n’y a rien que je puisse faire. Pas vraiment. S’il y avait quelque chose, je l’aurais fait. C’est en fait pour ça que je le demande à Gogh-san.

—Ça alors.

Les yeux de Miho s’ouvrirent un peu plus.

—Tu es ridicule. Gogh fronça les sourcils et haussa les épaules. Je ne pense pas que ton honnêteté soit une vertu. Pas le moins du monde. Mais c’est quelque chose que, à un moment donné, nous avons perdu. C’est bon de revenir à nos racines de temps à autre.

—Les instincts de Soma pourraient ne pas s’être trompés, vous savez.

Avec ses mots mystérieux, Shima se pencha pour se rapprocher d’Haruhiro. Quelque chose sentait incroyablement bon.

Attendez, elle n’est pas un petit peu trop proche ?

—Nous sommes à la recherche d’un moyen pour rentrer dans notre monde originel.

Sa voix était presque comme un murmure.

Haruhiro se tint les oreilles et recula sans le vouloir.

—…Huh ? Originel ? Que voulez-vous dire par, un moyen de rentrer ?

—Oublie ça pour le moment. Shima déposa son index sur ses lèvres voluptueuses. Nous en discuterons une autre fois. Tout d’abord, nous devons nous sortir de là, n’est-ce pas ?

—C’était ton idée, dit Gogh en pressant son doigt contre le front d’Haruhiro. Même si tu ne peux rien faire si tu te précipites et que tu fuis, je ne serai plus responsable. Tu dois rester avec nous jusqu’à la fin. Tu nous dois bien au moins ça.

—Ok…

Il était sur le point d’accepter immédiatement, mais il revint ensuite à la raison. Ce n’était pas que le problème d’Haruhiro. Cela affectait ses camarades aussi. Haruhiro était le leader du groupe.

Quand il se retourna, Ranta rit et lui donna un regard amer.

—Si tu ne l’avais pas dit, j’allais le faire, le chauve.

—Y’a paaaaaaaaas moyen que ce soit vrai. Yume gonfla l’une de ces joues.

—J’ai déjà décidé de te suivre. Kuzaku était comme un gros et loyal chien désormais.

—Moi aussi. Merry sourit et acquiesça.

—… je pense que ça ira. Shihoru lui donna un sourire étrange elle aussi.

—Umm, umm, et pour nous tous ?!

Kikkawa regarda de Mimorin à Anna-san, puis il se tourna dans toutes les directions sans s’arrêter.

—Quoooo ?! Où est Inuicchi ?!

—Cet imbécile est parti depuis un loooooong moment déjà, yeah ?! cria Anna-san.

—Sérieusement ?! Genre, j’ai même pas remarqué, dit Kikkawa. Bah, peu importe, il est probablement en vie ! Et pour nous, en bien, je suppose que c’est Tokimune qui décide, huh ?

—Malheureusement. acquiesça Mimorin.

—Oh, bon sang. Quelle galère.

Gogh regarda Haruhiro et les autres avec un rapide coup d’œil. Son expression disait qu’il en avait assez, mais il y avait aussi une lumière dans ses yeux qui n’avait pas été là quelques instants auparavant.

—Pour le moment, vous allez escorter Miho, Shima et moi-même. Restez près de nous, et faites ce que je vous dis. Je vais vous apprendre ce que signifie marcher sur un chemin épineux. À partir de maintenant, on va se retirer en essayant de prendre le moins de dégâts possible. On va passer à travers le dieu géant je ne sais pas comment et on va s’échapper des Étendues Crépusculaires.

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