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Chapitre 7

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Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~34 min

Mais, eh bien, vous savez ?

Ce n’était pas comme si le groupe d’Haruhiro et les Tokkis n’avaient rien fait d’autre que creuser un trou pendant trois jours et trois nuits. Il n’y avait pas de nuit dans les Étendues Crépusculaires, donc le dire comme ça était étrange… peut-être ? Ouais ? Quoi qu’il en soit, durant ces trois jours, moins de la moitié de ces soixante-douze heures furent passées à creuser le trou. Vingt-quatre heures, tout au plus. Le reste du temps ils le passèrent à dormir.

Non, non, ce n’était pas vrai. Naturellement, ils avaient pris des pauses, et ils avaient dormi, et même pris des tours pour retourner aux campements se laver, mais ils avaient d’autres choses aussi.

Taro était passé par là et avait suggéré qu’ils viennent jeter un coup d’œil au dieu géant et à l’Hydra. Pour que l’on se comprenne bien, l’Hydra était cette créature blanche tentaculaire. Le père de Taro, Gogh, lui avait donné ce nom.

—C’est un bon nom, se murmura le jeune garçon à la beauté inégalée, Taro, en ayant son visage sur le point d’exploser d’une joie incontrôlée. L’hydra. C’est cool. Papa est incroyable. Ça c’est bien mon père.

Tout en suivant Taro, qui avait un profond respect et amour pour son père, et probablement pour sa mère aussi, le groupe d’Haruhiro et les Tokkis approchèrent du dieu géant et de l’Hydra.

Les deux étaient en perpétuel mouvement, à la poursuite des équipes de diversion, donc finalement, ils ne purent s’approcher qu’au plus près à cinquante mètres. Rien que ça c’était bien plus dangereux pour eux que prévu.

Le dieu géant, tout particulièrement, faisait une taille qui ne pouvait être décrite que comme transcendant l’imagination humaine, et quand Taro leur annonça qu’ils estimaient sa taille à 300 mètres de haut, ils ne pouvaient dire que, « Oh, OK, alors. C’est tout ? »

Haruhiro faisait à peu près 1.70m de hauteur, donc trois cents mètres étaient approximativement 176.5 fois ça. Même en comparant avec Kuzaku et ses 1.90m, cela faisait toujours 156.25 fois sa taille. Il n’y avait pas vraiment d’intérêt à comparer.

Vaincre cette chose ? Pas possible. Impossible. Quel genre de blague était-ce ? Il n’y avait rien qu’ils puissent faire. Cela n’allait fonctionner d’aucune façon possible. C’était pour ça que, d’après Taro, les équipes de diversion pensaient que ce serait un petit peu trop pour eux à combattre de cette manière.

Genre, que voulaient-ils dire par, de cette manière ? Y’en avait-il une autre ? Allaient-ils s’attaquer à lui la prochaine fois ? Étaient-ils stupides ? Ou juste incroyable ? Est-ce que les gens qui étaient aussi incroyables expérimentaient juste les choses différemment ?

Quelle que soit la réponse, c’était une bonne nouvelle pour Haruhiro que le dieu géant soit écarté de la liste des cibles.

Je veux dire, réfléchissais-y trois secondes. Les pieds d’Haruhiro faisaient 25.5 centimètres de long. S’il multipliait ça par 176.5 fois, cela donnerait 4,500.45 centimètres. Cela faisait plus de 45 mètres.

Cette chose ne tomberait pas dans le trou à rat qui faisait 30 mètres de diamètre. Et pour la profondeur, avec son corps massif de 300 mètres de haut, même s’ils étaient raisonnablement prudents, ils leur faudraient environ deux cents mètres.

Pas possible.

Même en mettant de côté le trou à rat, c‘était impossible.

Pour commencer, bien que ce soit vrai que le dieu géant avait l’air humanoïde quand il était vu de loin, et qu’il bougeait comme un humain aussi, il était plus proche d’une mégastructure d’un blanc pure. C’était insensé de vouloir tuer cette chose pour commencer. Ils devraient à la place parler de le détruire.

Et aussi, s’ils allaient devoir le détruire, Haruhiro allait devoir penser humblement que cela allait nécessiter un armement lourd quel qu’il soit. Comme des armes de sièges, peut-être ? Bien que même s’ils arrivaient à rassembler tout ça, l’ennemi n’allait pas attendre gentiment de se faire détruire. Non, il attaquerait probablement, et ce ne serait pas simple de le retenir. C’était le point vu strictement d’Haruhiro, mais n’était-ce pas un peu impossible ?

Maintenant, pour ce qui était de l’Hydra…

Cela devait être parce qu’ils avaient vu le spectacle incroyable qu’était le dieu géant avant de voir l’Hydra. Cela devait être ça. Car quand Haruhiro le regarda, sa première impression fut, « Huh ? C’est tout ? »

À première vue, il faisait peut-être la taille d’un immeuble à deux étages. Non, peut-être un peu plus grand. Et aussi, il était long. L’Hydra était une créature dotée de plusieurs têtes qui ressemblait à une masse de serpents épais de deux ou trois mètres de large chacun.

Il avait neuf têtes, qui ressemblaient à des serpents, mais qui n’avait surprenamment pas d’œil. Les créatures des Etendues Crépusculaires semblaient toutes avoir un œil, donc il s’était attendu à ce qu’il en ait un par tête, mais ce n’était pas le cas. Peut-être cela signifiait que ce n’était pas de vraies têtes, mais des tentacules après tout.

L’Hydra se déplaçait en tordant un bon nombre de ses tentacules sur le sol. On aurait dit que quatre de ses tentacules lui servaient à bouger. Les cinq restantes s’agitaient dans les airs comme si elles étaient à la recherche de quelque chose. Cela devait être des sortes de capteurs.

—On peut se prendre ce truc facilement, dit Tada en rigolant du nez.

Je ne sais pas si on peut facilement, mais ça à l’air plus faisable que le dieu géant, et— Non, non, non, non, non…

Haruhiro secoua sa tête.

Une seconde, une seconde. Je dis ça, mais il est quand même énorme de fou, OK ? Si je me fais frapper par l’une de ses tentacules, je suis certain que je meure sur le coup.

L’Hydra était à environ cinquante mètres devant Haruhiro et les autres et se dirigeait vers l’ouest, mais n’était-ce pas un peu proche ? S’étaient-ils trop rapprochés ? Là maintenant, les cinq tentacules qu’il n’utilisait pas pour se déplacer n’étaient pas dirigées vers eux. En d’autres termes, l’Hydra n’avait ni remarqué Haruhiro ni les autres derrière lui, ou il s’en fichait.

Mais et s’il les remarquait ? Qu’arriverait-il alors ? Ce ne serait pas une mauvaise nouvelle ?

—Um, on devrait pas s’écarter… ? s’aventura Haruhiro.

Taro regarda derrière lui en continuant de marcher.

—Tout va bien. On est à bonne distance. Probablement.

—Probablement ?

—Rien dans le monde n’est sûr à 100 %. Mon père m’a dit ça un jour.

—Bah, c’est sûrement vrai, mais…

—Non, « pas sûrement » dit Taro avec confiance. Les mots de papa son absolus.

Huh ? Je croyais que rien n’était sûr à 100 %, non ?

A quel point s’énerverait le joli garçon si Haruhiro lui infligeait sa logique implacable comme ça ? Ce serait quelque chose à voir. Non, il ne voulait pas le voir, et il ne voulait pas le mettre en colère. Ça avait l’air effrayant.

Finalement, Haruhiro et les autres étaient en train de poursuivre l’Hydra en petit footing. Tokimune était en train de porter Anna-san dans son dos parce qu’il avait dit que ce serait probablement dur pour elle de suivre, mais Haruhiro se devait de penser que c’était un petit peu trop facile pour elle, même si elle était leur mascotte.

—Qui fait office de leurre ? demanda Ranta.

Peut-être que Taro n’entendit pas, car il ne répondit pas.

—Hé, c’est qui ? Hé ? C’est qui les leurres ? Hé ? Hé ? Hé, pourquoi t’es silencieux ? Je te parle, tu sais ? Héééé. Hé, hé hééééééé. Tu m’entends ? Je te pose une question tu m’entends ? Hé !

—Je t’entends. Taro ne lui accorda même pas un regard dans sa direction. Mais je me fiche de te répondre. Ma mère m’a dit, « La vie est trop courte pour perde son temps à parler avec les imbéciles. »

—Quoi, c’est moi l’imbécile ?! hurla Ranta.

—Ouais, t’es un imbécile.

Haruhiro ne put s’empêcher de l’appuyer.

—T’es un imbécile, c’est bien vrai,

Yume était d’accord.

—Pire qu’un imbécile… Shihoru avait l’air d’avoir son opinion sur à quel point Ranta était un imbécile.

—Il est vrai que ce serait du gâchis, dit froidement Merry.

—Bah…

Kuzaku, qui s’était retenu de dire quoi que ce soit, dut se dire qu’il ferait mieux de se retenir.

—Ahaha ! Kikkawa claqua sa main contre l’épaule de Ranta. Eh bien, moi j’aime à quel point t’es un imbécile ! La poubelle d’un homme est le trésor d’un autre, pas vrai ?!

—La ferme ! hurla Ranta. Tu me les brises, Kikkawa ! Je suis pas une poubelle ! S’ils veulent me jeter comme une poubelle, je les jetterai en premier !

—Ça nous dérangerait pas, tu sais ? dit Haruhiro.

Ranta paniqua.

—Espèce—espèce— espèce d’imbécile ! T’es pas censé dire ça ! T’es censé être comme, genre, « Dis pas ça ! » et t‘énerver contre moi ! Dis-moi que je suis pas censé parler de jeter des gens ou d’être jeté !

—Ranta ! Tokimune lui offrit un beau sourire avec ses dents blanches nacrées. Tu es si exigeant !

—Tokimune-san ?! Tu sais, ça n’a pas l’air d’un compliment pour moi !

—C’est pas un compliment, ouais ?! Anna-san lui fit un doigt depuis le dos de Tokimune. De quel genre de cul véreux de sanglier t’es sorti, espèce de bite pourrie ?!

—Heh… Inui fit un sourire maléfique. Tombe en ruine, espèce de chien des enfers…

—Un chien ? Mimorin observa les environs.

—Je ne vois aucun chien ici… confirma Haruhiro.

—Qui sont les leurres ? demanda Tada comme si rien ne s’était passé.

Cette fois, Taro lui donna une vraie réponse.

—L’Hydra est principalement menée par le golem de Pingo, Zenmai. Le dieu géant est mené par Lala et Nono, je crois. C’était ces deux. Vu qu’ils sont venus ici en cheval-dragon.

Les chevaux-dragons étaient de petits dragons qui marchaient debout sur leurs pattes arrière. Si un dragonnet était élevé depuis l’œuf, il pouvait être entrainé à porter un humain sur son dos. En ayant vu à l’Avant-Poste de Champ-Lointain, Haruhiro s’était d’abord dit qu’il aurait bien aimé essayer d’en monter un une fois. Cependant, quand il avait appris que l’on coupait les ailes des chevaux-dragons à la naissance pour en faire des montures convenables, son envie lui était vite passée.

—Je vois. Tada hocha la tête et il s’arrêta de marcher en faisant un arrêt soudain. Héééé, espèce d’Hydra stupide ! Regarde-moi ! Ouais, moi ! Je suis là ! Juste là !

Les humains étaient-ils capables de crier aussi fort ? Mais comment pouvait-il faire pour porter autant sa voix ? Cela ne transcendait pas les limites du corps humain ? Haruhiro s’arrêta, pétrifié d’horreur. Tout le monde fit de même. Même Tokimune et les autres Tokkis étaient blancs comme un linge.

—Att— Taro s’arrêta, les yeux écarquillés. Qu’est-ce que tu… ?

—Viens à moi ! Hééé ! Tada pointa sa masse en direction de l’Hydra. J’ai dit, viens à moi, la chenille ! Est-ce que tu te fais dessus ?! Est-ce que tu réalises que tu ne peux pas me vaincre ?! T’es qu’une tapette gigantesque !

C’est à ce moment que c’est arrivé.

L’Hydra ne s’arrêta pas, Plutôt, avec sa taille, il n’était peut-être pas en mesure de faire un stop direct. Cependant, sa vitesse diminua clairement. L’un de ses tentacules, la partie en forme de tête tout au bout, se tourna vers eux.

Après, l’Hydra s’arrêta d’avancer.

Un deuxième, puis un troisième tentacule bougea, et leurs têtes dépourvues d’yeux se tournèrent en direction d’Haruhiro et compagnie.

—Heh… Tada épaula sa masse en ajustant la position de ses lunettes avec son index gauche. Tu m’as enfin remarqué, huh. Ça en a pris du temps. Bien trop de temps.

Tada, pensa Haruhiro. Tu veux dire quoi par Heh ? Tada ! Tadaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Même s’il disait cela à haute voix, cela n’aurait aucun effet. Haruhiro s’en était au moins rendu compte. Il n’était pas rare que même les conversations les plus basiques finissent mal avec Tada. Bon, que pouvait-il faire alors ?

—Oh, pour l’amour de… ! postillonna Haruhiro.

Il fit cela. Haruhiro attrapa Tada par le col de son uniforme de prêtre.

—Gweh ! s’étouffa Tada.

Peut-être était-il en train de le brusquer, mais Haruhiro s’en fichait. C’était Tada, après tout. Il survivrait.

—Tout le monde, courez ! cria Haruhiro.

Il partit en faisant le sprint de sa vie. Forte heureusement, les Tokkis le suivirent parce que cela avait l’air amusant, donc ils furent tous capables de fuir sans qu’il y ait de pépins. Le plus gros problème était les actions de l’Hydra.

S’il les poursuivait, arriveraient-ils à s’échapper ? Que se passerait-il s’ils se faisaient attraper ? Devraient-ils combattre ? Ou plutôt, devraient-ils mourir ? C’était terrifiant rien que d’y penser, mais l’Hydra ne se dirigea pas vers eux.

Avaient-ils été chanceux ? Non, Zenmai le leurre avait dû faire quelque chose pour arriver à le provoquer. Ils en devaient une bonne à Zenmai.

Une fois qu’ils eurent mis 200 mètres entre l’Hydra et eux, Haruhiro lâcha Tada. Il transpirait abondamment. Cela avait été terrifiant.

—Mec ! Tada se tint la gorge en se rapprochant d’Haruhiro. Ça fait mal, tu sais, Haruhiro !

Il cogna son front contre le sien, mais Haruhiro arriva entre autres à retenir son grognement. Il ne dit que, « Ow ! »

Les yeux de Tada étaient emplis de sang. Il était carrément terrifiant. Mais si Haruhiro reculait maintenant, cela voulait à peu près dire qu’il allait se faire tuer. Il ne comprenait pas Tada, et il ne le comprendrait sûrement jamais, mais il se disait que c’était la chose à faire.

—R-Réfléchis sur ce que tu viens de faire ! cria Haruhiro. C’était dangereux, tu sais ?! J’ai même pas envie de savoir à quoi tu pensais, et je m’en fous, mais s’il te plait, arrête tes conneries, sérieux !

—Ta gueule ! C’est toi qui dois réfléchir !

—Je n’ai pas tort, donc non !

—Qu’est-ce t’as dit ?!

—Je n’y repenserai pas ! T-Toi tu dois !

Oh, était-ce nécessaire d’aller aussi loin ? N’était-ce pas dangereux ? Il ne savait pas. Mais s’il ne repoussait pas la pression qu’exerçait Tada sur lui, il se ferait probablement prendre à la légère. Dans le but de le repousser, il devait sûrement y aller sans prendre des pincettes.

—Réfléchis, Tada ! hurla Haruhiro. Tu ne peux pas mettre tes camarades en danger sur un coup de tête comme ça !

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 6, Chapitre 7 — illustration

—Ha ha ! rit Tada alors qu’il frappa une nouvelle fois le front d’Haruhiro contre le sien.

Haruhiro ne recula pas. Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas battre en retraite. Avec tout ce qu’il avait dit, s’il reculait et qu’il s’excusait, il aurait l’air d’un fou complet. Il était proche de pleurer, mais il ne pleurerait pas.

—Un novice comme toi, qui essaie de me dire… ! Tada bougea sa tête d’avant en arrière.

Leurs fronts entrèrent en collision.

Que quelqu’un me sauve, implora silencieusement Haruhiro. Que quelqu’un l’arrête. Genre Tokimune.

Cependant, au moment où Haruhiro détournerait le regard de Tada pour chercher de l’aide de la part de l’un d’entre eux, le combat serait perdu. C’était le sentiment qu’il avait.

—M-Même si je suis un novice…

—Même si t’es un novice, alors quoi ?! beugla Tada.

—…Je peux dire ce qui est bien ou mal mieux que toi ! finit Haruhiro. Si tu vas te comporter comme un gamin qui ne peut pas faire la différence, je vais devoir te mettre une laisse pour te canaliser !

—Oh, ho. Tada se retira soudainement avant d’ajuster la position de ses lunettes avec son index gauche.

Haruhiro tomba pratiquement devant lui.

—Pas mal.

…Est-ce qu’il vient de sourire ? Il a l’air content ? Haruhiro était abasourdi. Je ne le comprends pas…

Mais je suis sauvé—je crois? Pensa-t-il, incertain. Tout du moins, on dirait que je vais pas me faire battre à mort. Non, si je baisse ma garde, il pourrait se jeter sur moi avec sa masse, peut-être ? Juste pour être sûr, peut être que je devrais pas baisser ma garde ?

—Haruhiro.

Tokimune exposa ses dents blanches et lui fit un pouce en l’air.

—Beau combat.

Oh, la ferme, pensa Haruhiro, mais il était trop timide pour s’énerver.

—Merci, dit-il, en penchant un peu sa tête.

—Pft… Taro explosa de rire, avant de se couvrir le visage avec ses deux mains. Heheheheheh ! Ahahahahahahah ! Vous êtes bizarres ! Tous si bizarres ! Bwahahahahahahaha ! Gwahahahahahaha !

Il était en train de rigoler. De rigoler comme un fou. Il rigolait tellement, on aurait dit qu’il allait se rouler par terre. La vue d’un jeune et beau garçon elfe doublée d’un fou rire était inattendue, et cela prit Haruhiro de court.

Taro resta ainsi pendant un moment, avant de précipitamment s’éclaircir la gorge et de revêtir une expression sérieuse. Mais son visage était devenu rouge. Même ses grandes oreilles étaient rouges. Il avait dû être gêné.

—Père m’a dit un jour, « Rire est le meilleur médicament », dit solennellement Taro.

Bon, OK alors, pensa Haruhiro. Quel elfe étrange.

Quoi qu’il en soit, entre quelques évènements comme celui-ci, le groupe d’Haruhiro et les Tokkis prirent soixante-douze heures pour creuser un trou qui faisait environ trente mètres de diamètre, et approximativement trois mètres de profondeur. Ils y installèrent un bon nombre de poutres pour supporter le tout, des filets qui venaient des marchands restants du camp de base dessus, et puis ils camouflèrent tout ça avec de l’herbe pour que ça ait l’air d’un vrai trou à rat.

Il était facile à discerner de près, donc on ne pouvait pas vraiment appeler ça un travail parfait. Cela dit, s’ils attiraient une créature géante comme l’Hydra dessus, peut-être tomberait-il dedans ? Possiblement ? Honnêtement, personne ne pouvait savoir avant d’avoir essayé.

Ils s’étaient mis d’accord avant pour se rassembler à la colline initiale une fois qu’ils auraient fini les trous. La colline initiale était à l’ouest du camp de base.

Haruhiro et les autres avaient bâti leur structure à environ cinq kilomètres au sud du camp. Celui-ci était sur le chemin, donc ils avaient décidé de s’arrêter au campement. Ils s’étaient enfin habitués à leur travail de soldat volontaire, donc personne ne demanda quelque chose de luxueux comme un bon bain, mais ils voulaient au moins de l’eau fraîche à boire.

Même avant qu’ils n’atteignent le campement, tout le monde pensa que quelque chose ne tournait pas rond. Pour être plus précis, ils avaient un mauvais pressentiment.

Le dieu géant était visible loin à l’ouest. S’il était en train de bouger, ce n’était pas un vrai problème. Le fait était que, il ne bougeait pas. Il était immobile.

Juste avant qu’ils n’atteignent le campement, Anna-san avait dit nonchalamment,

—Ça… c’est la direction de la colline initiale, yeah… ?

Ouais, pensa Haruhiro.

C’était assez agité dans le camp. Bien que la plupart des marchands étaient rassemblés en haut et à gauche, il y avait toujours entre soixante-dix et quatre-vingts soldats volontaires rassemblés ici après tout.

Non, s’ils avaient seulement été rassemblés ici, ça n’aurait pas été aussi bruyant.

—C’était quoi ça, enfoiré ?! Tu veux te battre ?!

« Tête-à-Tête » Max des Phalanges de Fer était au coude à coude avec un homme qui avait les cheveux rouges comme les flammes comme s’il essayait de l’attraper à n’importe quel moment.

—Est-ce que je veux me battre ?! cria à Max l’homme aux cheveux rouges qui n’était pas juste grand mais qui avait de grands yeux, un gros nez, et une grande bouche aussi, sans reculer d’un centimètre. T’as putain de raison j’ai envie de me battre, Minus !

—Qui c’est que tu traites de minus ! Je suis pas petit, c’est juste toi qui es débilement trop grand ! hurla Max.

—Ne rejette pas la faute sur les autres parce que tu es petit, Minus !

—Minus, minus, minus, minus— c’est tout ce que tu sais dire, bouboule ?

—D’où tu te permets de me traiter de gros, Minus ?! Je garde mon pourcentage de masse grasse à un niveau hyper bas, donc ne sous-estime pas mon corps, espèce de petite merde !

—Comment tu pourrais possiblement garder ton corps à un pourcentage de masse grasse bas ?! Fais pas genre t’es un mec en feu juste parce que t’as teint tes cheveux en rouge, espèce de gros lardon !

—Le mot que tu cherches c’est « lourdaud », espèce d’ignominus !

—N’essaie pas de piquer la manière dont parle les gens, espèce de trou du cul en feu ! Tu veux te faire brûler ? !

—Mais bordel ça veut dire quoi ça ?! Et si tu crois que tu peux me brûler, alors brûle-moi, espèce de macaque !

—Qui c’est que tu traites de macaque, le singe ?!

—Tous ceux qui m’ont traité de singe ne sont plus en vie désormais ! Pas que quelqu’un ait essayé en fait, OK ?!

—Je te le dirai autant de fois que je le voudrai ! Espèce de singe, singe, singe, singe, singe, siiinge, singe !

—Pourquoi, espèce de… !

Les poings des Cheveux Rouges fusèrent à travers l’air. Max… n’esquiva pas. C’était probablement intentionnel. Sans esquiver le coup, il abaissa ses hanches et il prit le coup dans sa joue gauche.

Max trembla pendant un instant, mais il tint bon.

—Tes coups de femmelettes ne me chatouillent même pas !

—Oh, ouais ?!

Cheveux Rouges frappa les genoux de Max avec un coup de pied bas cette fois.

—Alors qu’est-ce tu dis de ça ?!

—Ça marchera pas sur moi, Ducky ! C’est la deuxième fois après tout !

—Je me disais bien aussi ! Je peux toujours pas oublier cette sensation quand je t’ai écrasé cette fois-là ! Je veux y gouter une nouvelle fois !

—Ben, ne serait-ce pas une coïncidence ? Moi aussi je rêve parfois de cette fois où je t’ai botté le cul !

—Uwahahaha !

Cheveux Rouges abandonna soudainement sa posture de combat et il offrit sa main droite à Max. Max sourit et frappa la main droite de Cheveux Rouges avec la sienne. Les hommes autour d’eux explosèrent dans un tonnerre d’applaudissements.

—Max ! Maaaax !

—Ducky c’est le meilleur !

—Max est fort !

—Espèce d’imbécile, Ducky est clairement plus fort, tu sais ?!

—S’ils y allaient pour de vrai, Ducky serait celui qui mourrait !

—Ta gueule, espèce d’anus !

—Fais gaffe à ce que tu dis, espèce d’abruti de Berserker !

Quelques hommes étaient en train de s’insulter entre eux, mais ils ne semblaient pas être sur le point de se sauter à la gorge pour s’entre-tuer. Ce serait un petit peu trop de dire qu’ils s’entendaient bien, mais ils semblaient passer un bon moment ensemble.

—« Anus » ? Yume pencha sa tête sur côté.

—C’est juste une insulte, probablement, dit Haruhiro en essayant de garder au maximum son calme. Quoi qu’il en soit, tu devrais pas prononcer ce mot.

—Anuuuuus ? Yume le regarda, mystifiée. Pourquoi ?

—Non, c’est pas grave, je suppose, marmonna Haruhiro. Pas vraiment en fait…

—Maintenant écoute, Yume, dit Ranta avec un soupir en plaçant sa main sur l’épaule de Yume. Laisse-moi te parler de l’anus. C’est, eh bien, dur à expliquer avec les mots, donc je vais te montrer où c’est. Tu sais que tu as des fesses, pas vrai ? Eh bien, entre ces fesses c’est…

—…Dégueulasse, marmonna Shihoru dans sa barbe.

—Oh bien vu ! dit Kikkawa en désignant Shihoru.

—Shihoru se recroquevilla sur elle-même. Je…Je n’essayé pas de faire une blague.

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 6, Chapitre 7 — illustration

—« Tête-à-Tête » Max et « Diable Rouge » Ducky, huh. Tada poussa ses lunettes avec son index gauche. Ouais, ils font pas le poids face à moi.

—Ces deux-là font toujours ça. Tokimune les regardait comme un père fier de ses enfants le ferait. Je suppose que c’est comme le proverbe— plus tu te combats, plus tu t’entends bien.

—Je ne peux pas le comprendre ça… Merry secoua sa tête.

—Ils étaient couverts de sang… Kuzaku semblait lui aussi un peu pris de court.

—Heh… dit Inui.

J’aurais aimé qu’Inui reste silencieux, pensa Haruhiro.

—A penser qu’ils allaient commencer ce rituel sans moi… continua Inui.

Parce que tout ce qu’il dit n’a pas le moindre sens.

—Oh, stupid fuckers ! Il y a d’autres choses à faire d’abord, yeah ?! Anna-san sauta en l’air avec ses joues gonflées. D’autres choses ? Pourquoi, shit ? C’était quoi déjà ? Quoi ?

En vrai, qu’est-ce qu’ils étaient censés faire d’abord, huh ?

Haruhiro ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Peut-être avait-il toujours été du type patient. Sinon, il se disait qu’il s’était construit un niveau de tolérance assez phénoménal.

Quand il rouvrit se yeux, il vit Shinohara s’approcher avec un groupe d’hommes et de femmes ornées de capes blanches. En les comparant à Max des Phalanges de Fer et à Ducky des Berserkers, des gens qu’il ne comprendrait sûrement jamais, Shinohara était comme un sauveur. Il avait même un halo de lumière autour de lui. Était-ce une illusion ?

Bon, bien évidemment que c’était une illusion. Il n’aurait pu en aucun cas avoir un vrai halo de lumière autour de lui.

—Urkh… Mimorin grimaça un petit peu et plissa les yeux.

Était-il trop brillant pour elle ? Pas possible… Mimorin pouvait-elle elle aussi voir l’halo de lumière ?

Haruhiro cligna des yeux pour se le confirmer.

Non, même si c’était Shinohara, aussi grand pouvait-il être, il n’avait pas d’halo de lumière. C’était évident.

—Hé, Haruhiro, Tokimune, Shinohara les salua. On dirait qu’on se retrouve dans un sacré pétrin, huh.

—Bonjour, Haruhiro hocha la tête en regardant Shinohara avec les yeux tournés vers le haut. Un sacré pétrin ? Que voulez-vous dire par—

—Permettez-moi, Kimura d’Orion, de vous expliquer, s’introduit l’homme avec des lunettes et une coupe en brosse.

—Ugwahhhh !

Quel coup de pied. C’était audacieux et puissant, et pas moins précis. On aurait presque dit que les deux jambes de Max étaient brisées. Et pourtant, Max était debout. Avec le sourire en plus.

—Gyahyahyahya ! Ça marchera pas sur moi !

—Tu joues les durs à cuire ! Cheveux Rouges frappa Max au visage une fois, et encore, et encore plus fort. C’est ton seul point fort, espèce de petit macaque ! Prends ça !

—Ça ne fait pas ! Mal ! Putain ! Pas ! Du tout ! Gwahrah !

—Kuh ?!

Cheveux Rouges retira ses poings en forme de rocher qu’il utilisait pour défoncer Max.

Sa tête. Il avait frappé Max à la tête. Non, Max l’avait-il laissée le frapper à la tête ? Le crâne pouvait être assez dur. Si on frappait au bon endroit, il pouvait même dévier l’acier d’une épée. Cependant, Max était couvert de sang désormais.

Ça lui fait pas mal ? Il a complètement perdu la boule ? C’était tout ce qu’Haruhiro pouvait penser.

Max s’accrocha immédiatement à Cheveux Rouges. Il l’attrapa par ses extrémités basses. Il le poussa immédiatement au sol. Il lui monta dessus et il fit s’abattre une pluie de coup sur Cheveux Rouges.

—Oorah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah ! Rah !!

Cheveux Rouges se défendait avec ses deux bras— ou c’est ce qu’on aurait dit, mais les assauts virulents de Max étaient incroyable.

Y’a pas moyen qu’il puisse riposter comme ça… Au moment où Haruhiro pensa cela, Cheveux Rouges décolla son poing droit depuis en dessous.

S’il avait touché son menton, Max aurait sûrement été envoyé au tapis. Il aurait, sans aucun doute, perdu connaissance.

Mais Max se pencha sur le côté et l’esquiva d’un cheveux— et ce n’était pas tout. Sans perdre une seconde, il saisit le bras de Cheveux Rouges. Il se contorsionna sur lui-même pour effectuer une prise.

Cependant, Cheveux Rouges réagit lui aussi rapidement. Il se leva, amenant Max avec lui, qui était accroché à son bras.

—Uwahahahahahaha !

Cheveux Rouges abattit immédiatement son bras vers le sol pour essayer de fracasser Max.

Haruhiro imagina une scène dans laquelle il se ferait écrabouiller, mais ça n’arriva pas. Avant qu’il ne se fasse détruire, Max lâcha le bras droit de Cheveux Rouges. Avec une flexibilité et une légèreté qui rappelait celle d’un invertébré, il tourna dans tous les sens et se remit sur ses pieds.

Encore ce gars.

—Nous avons remarqué que le dieu géant s’était arrêté de bouger il y de cela deux heures. Notre trou à rat était déjà complété, alors nous avons décidé d’identifier la position actuelle du dieu géant. Pas vraiment une tâche difficile. Si vous approchez le dieu géant, sa localisation devient vraiment apparente. Et ainsi, nous l’avons vu. Le dieu géant s’était placé sur la colline initiale. Oh, quel désastre ! C’était notre seule façon de rentrer à la maison ! Désormais, bien que nous pourrions être capables de rentrer, le faire sera incroyablement ardu !

Qu-Qu’est-ce tu viens de dire ?

Faillit dire Haruhiro avec une voix pratiquement monotone, mais il se stoppa. Il n’était pas si surpris. Il était déprimé que sa pire prédiction, celle à laquelle il n’avait pas envie de penser, était devenue réalité. Mais c’était tout. Il n’y avait que ça.

D’après les têtes que tiraient Shihoru, Merry et Kuzaku, cette nouvelle avait tué tout l’enthousiasme qu’ils leur restaient.

Yume semblait en pleine réflexion. On aurait dit qu’elle allait arriver à une conclusion.

—…Ah ! Si on peut pas rentrer, est-ce que ça veut dire qu’on a aucun moyen de rentrer ?!

—Il l’a déjà dit ça ! Est-ce que t’es débile ?! lui cria Ranta.

—Yume est pas débile, se défendit-elle. Les gens qui disent qui sont les imbéciles, c’est eux les vrais imbéciles, t’sais.

—Bah, en suivant ta logique, est-ce que les gens qui disent qui sont les génies sont des génies eux aussi ?! hurla Ranta.

—Hmm, j’crois bien, probablement ?

—T’es un génie ! T’es un génie ! Yume, t’es un vrai et magnifique génie !

—Oh ? Vraiment ? Ranta, alors c’est ça qu’tu ressentais pour Yume pendant tout ce temps, attaqua Yume. C’est un peu gênant.

—A-Abrutie ! C’est pas ce que je voulais dire ! C’est pas dans ce sens, OK ?

—Ton visage est tout rouge… Shihoru effectua son effrayant regard sur le côté qui était empli de dégoût. Trop dégueu…

—Qu-Qu-Qu-Qu-Qu-Qui a le visage tout rouge, putain ?! Et tu veux dire quoi par dégueu ?!

—Hmm. Kimura ajusta nettement la position de ses lunettes en faisant des aller-retour entre Ranta et Yume. Je vous prie de m’excuser si c’est une question délicate, mais êtes-vous engagés dans une profonde relation amoureuse ? En bref, êtes-vous en couple ?

—Qu-Quoooo ?! Ranta se pencha tellement en arrière qu’il effectua une petite danse. Qu-Qu-Qu-Qu-Qu’est-ce que tu dis, idiot ? MM-M-M-Me fais pas rire !

—Nuh uh. Yume l’infirma rapidement. T’as tort.

—O-O-O-Ouais ! T-T-T-T’as tort ! T-T-T-T-Te méprends pas ! Je ne me mettrai jamais avec elle ! J’veux dire, regarde ses petits seins !

—Dis pas qu’ils sont petits !

—Qu’y a-t-il de mal avec les petits seins ?! Kimura devint soudainement très en colère. Ce qui est plat est sublime ! L’humanité peine encore à inventer quelque chose qui transcendera les petites poitrines ! Croyez-moi !

—Kimura, calme-toi.

Shinohara avait l’air en quelque sorte embarrassé en posant sa main sur l’épaule de Kimura.

—Oh, pardonnez-moi. Rigola Kimura. J’ai perdu mon sang-froid. Cependant, permettez-moi d’éclaircir quelques malentendus. Bien que ce soit ma philosophie personnelle que les petites poitrines sont l’apogée de tout ce qui existe, je puis comprendre qu’elles ne sont pas les seules choses qui puissent avoir de la valeur. Naturellement, je peux me contenter d’énormes poitrines aussi ! En fait, je suis assez flexible pour m’adapter à n’importe quelle taille de poitrine !

—Tu es passionné ! Kikkawa leva ses bras en l’air. Tu as de la passion Kimuracchi! Je comprends, je comprends carrément ! Je suis pareil, mec ! Toutes les tailles me vont, ouais !

—Ouais !

Kimura et Kikkawa échangèrent une poignée de main. On aurait dit qu’une amitié sincère venait de se former entre les deux hommes.

Même Orion avait des gigolos comme ça, huh. C’était, pour tout dire, une découverte des plus troublante.

—Um, yeah… Anna-san haussa ses épaules et les regarda avec dégoût. A chaque fois que tu ouvres ta bouche, tu parles de nichons, nichons, et de nichons ! Ça ? Ça s’appelle du harcèlement sexuel, yeah ! Et si Anna-san et les autres demoiselles commençaient à parler de la taille de vos bites en face de vous ? Pensez à quel point ça vous enverrait aux cieux, bande de losers à petite bites !

Merry fronça ses sourcils.

—Hayashi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

—En y regardant bien, l’ancien camarade de Merry Hayashi était plié en deux. …Non. Ce n’est rien. Tout va bien. Vraiment, c’est rien…

—Oh, my god ! Anna-san se couvrit la bouche. Est-ce que t’as vraiment une petite bite ? Pas de quoi s’inquiéter, yeah ? La théorie dit même que si elle est petite, ça fonctionne avec no problem…

—En théorie, dit Mimorin sans la moindre expression.

Pourquoi le répétait-elle ?

Hayashi était au bord des larmes désormais. Le pauvre gars. Mais cela aurait été étrange d’aller le réconforter. Ce n’était pas comme si Haruhiro en avait une si petite qu’il devait s’apitoyer sur son sort. Il ne pouvait pas offrir son soutien, ou vraiment dire quoi que ce soit dans ce genre de situation. Peut-être qu’aucun des mecs ne pouvait, et ils devraient tous rester silencieux ?

—Hmph… Tada se lécha les lèvres. En gros, on va devoir se battre. Je ne vois pas d’autre moyen.

Là on reconnaissait bien notre Tada-san. Aucune compassion sociale. Pour Tada, cela ne l’importait guère, et il n’en avait probablement rien à faire. C’était pour ça qu’il l’avait complètement ignoré. C’était vraiment une façon de faire qui ressemblait bien à Tada. Pour ce moment-là, Haruhiro lui en était reconnaissant.

Non ? Moi reconnaissant ? Huh ? « On va devoir se battre » ? Une seconde.

—Qu’est-ce tu veux dire…

Haruhiro oublia ce qu’il allait être sur le point de dire. Plus précisément, le fait qu’il voulait dire quelque chose s’envola complètement de son esprit.

Noooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooong.

Quelque chose résonna au loin.

Un son ? Non, c’était plus que la vibration d’un son. Bien que, si je me souviens bien, le son est une vibration, donc je suppose que c’est la même chose qu’un son. Quel genre de son ?

Haruhiro n’en était pas sûr, mais c’était bruyant. Son corps tout entier trembla comme s’il était un tympan géant. Tout son être fut secoué par ce son.

Sans aucune seconde pour être surpris, il était à la merci de ce son. C’était la première fois pour lui. D’où venait donc ce son ? D’où venait-il, et jusqu’où était-il allé ? Il ne savait à quel point les Étendues Crépusculaires étaient vastes, mais elles ne devaient pas être si petites. Ce son avait-il atteint les limites de ce monde ?

Haruhiro avait vu le son. Il avait secoué le monde et l’avait distordu. La distorsion était visible à l’œil nu.

Haruhiro agrippa son torse. Son cœur battait la chamade. Le son ne dura que quelques secondes, tout au plus. Cependant, son cœur était toujours en train de trembler. C’était différent de ses pulsations. Était-il paralysé ? On aurait dit quelque chose comme ça.

Il observa autour de lui. Personne n’allait parfaitement bien. Tout le monde venait de se faire frapper par ce son à l’instant. Shihoru était assise sur le sol en train de se tenir la tête.

—Est-ce que ça va ?

Merry tint Shihoru en l’aidant à se relever. Shihoru acquiesça, mais elle semblait être incapable de parler. Il y avait des larmes dans ses yeux.

—Qu’est-ce que… vous croyez… que c’était, là à l’instant ? essaya de demander Haruhiro à Shinohara, mais ensuite il pensa que Shinohara serait autant incapable de répondre que lui.

Comme il s’y attendait, Shinohara secoua sa tête. Son regard était plus concentré que d’habitude.

—Je ne sais pas… mais je doute que ce soit bon signe.

—Tu penses ? Tokimune laissa échapper un profond soupir, avant de faire rayonner ses dents blanches. Je ne peux pas être plus excité cela dit.

Ah… ça ne va pas bien finir, pensa Haruhiro. Je peux le dire par expérience, rien ne se passera jamais bien quand Tokimune dit ça. C’est le pire. Je n’aime plus ça. Comment ça a fini comme ça ? A qui la faute ? C’est quoi ce bordel ? Arrêtez, s’il vous plait. Putain. Putain. Putain.

Haruhiro déchaîna toutes les complaintes auxquelles il pouvait penser dans sa tête, puis il les enferma toutes.

Je veux m’enfuir. Mais je peux pas, en fait.

Je suis préparé à ça— mais c’est quelque chose que je ne peux pas dire. C’est pas possible. Mais je dois me renforcer. Quoi qu’il arrive, tout ce que je peux faire c’est le surmonter. Quoi qu’il arrive ?

Mais qu’est-ce qui va se passer au juste ?

Je sais pas.

Comme si je pouvais le savoir.

Les Phalanges de Fer et les Berserkers s’étaient rassemblés dans leurs groupes respectifs pour en discuter. Orion faisait de même. Ceux qui n’étaient pas dans un clan, ou qui étaient venus dans les Étendues

Crépusculaires en groupe individuel, sans faire partie d’un clan, se groupèrent ensemble eux aussi dans l’incertitude. Et entre autres, bien que le groupe d’Haruhiro et les Tokkis ne l’avaient pas vraiment décidé, le cours des choses les menèrent au groupe d’Orion.

Ils discutèrent d’un bon nombre de choses.

Où est le groupe de Soma ? Où sont Akira-san et son groupe ? C’était quoi ce son à l’instant ? Qu’est-ce qu’on devrait faire ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour le moment ? On devrait rentrer. Même si on rentre dans notre monde, le problème est qu’il n’y a pas de manière simple de le faire. Bon, qu’est-ce qu’on devrait faire alors ? On devrait se barrer d’ici. Pourquoi on bouge pas du campement ? Quoi qu’on fasse, on doit en décider ensemble avec une grande discussion générale. C’est mieux si on ne se sépare pas. Mieux si on se serre les coudes. Non, peut-être ce serait mieux de se séparer et de ne pas se rassembler en un seul endroit ? Si tout le monde se rassemblait au même endroit, il y a le risque qu’on se fasse tous éradiquer ? Eradiquer ? Ça veut dire quoi ça, éradiquer ? On sait pas encore, pas vrai ? Si ça se trouve, rien ne va se passer. Où son Soma et son groupe ? Akira-san et son groupe ? Qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on devrait faire ? Quelle est la bonne chose à faire ?

Tout tournait plus ou moins en cercle. Ils ne pouvaient trouver de réponses du tout. Les Phalanges de Fer et les Berserkers ne bougeaient pas non plus. Au bout d’un moment, Shinohara et Kimura entamèrent une discussion. Il semblerait que les deux allaient décider de ce qu’allait faire Orion.

Il y avait des soldats volontaires répartis un peu partout en train de discuter de ceci et de cela. C’était bruyant. Pas juste ça— l’agitation était palpable dans l’air. Haruhiro devait dire quelque chose. Il devait parler à ses camarades. Parce qu’Haruhiro était le leader. Il devait décider. C’était ce qu’il se disait, mais il n’arrivait à réfléchir. Rien ne lui vint à l’esprit.

Ce n’était pas bon. Il ne pouvait pas laisser les choses comme telles. Pour dire vrai, c’était tout ce qu’Haruhiro savait. Il ne voulait pas regarder ce camarade dans les yeux, alors il se tint la tête avec ses deux mains.

Pas bon. C’est pas bon. C’est vraiment pas bon. Il se sentait nauséeux. J’arrive pas à bien respirer. Ça fait mal. Est-ce que je me suis préparé au pire ? Tellement pathétique. Ouais, c’est vrai. Je suis une personne pathétique. Je sais. Je ne peux pas être résolu même si je le veux. Je veux dire, je ne suis pas ce genre de personne.

—Écoute, dit Kuzaku. Moi, je vais te suivre. Quoi qu’il arrive, je suis avec toi, Haruhiro. Je me suis dit que je devais dire ça, au moins.

—M-Moi aussi, Shihoru leva sa main légèrement. Haruhiro-kun, tu m’as sauvée de nombreuses fois. Je voulais dire ça…

—C’est tout toi, notre Haru-kun, t’sais, dit Yume en gloussant.

—Je suis sûre, Merry sourit. Si tu n’avais pas été là, Haru, quelque chose de terrible serait arrivé. Je dis ça pour beaucoup de choses. Je suis ici maintenant grâce à toi.

Tout ceci résonna.

Pour beaucoup de choses.

Les mots de Merry en particulier.

Alors c’est comme ça, huh ?

Ce n’était pas vraiment la meilleure façon de l’amener, mais il avait la sensation que quelque chose de précieux venait de se faire arracher de lui. Si seulement il l’avait réalisé plus tôt. Qu’il aimait sincèrement Merry. Cependant, même s’il l’avait réalisé, il était Haruhiro. Il n’aurait sûrement pu rien faire du tout. En d’autres termes, tout serait pareil.

Oui. Pareil. Les choses avaient fini ainsi car elles devaient finir ainsi.

—Heh. Ranta renâcla dérisoirement. Vous faites tous pitié. Vous voulez graver vos tombes à ce point ? Vous êtes débiles. Sérieux, sérieux. C’était rassurant en vérité. Si Ranta ne se comportait pas comme Ranta, cela aurait déstabilisé Haruhiro.

Haruhiro secoua ses épaules. Il élimina sa tension. A quoi cela lui servirait d’être tendu ? Ce n’était pas ce genre de situation.

Ils ne mourront pas, mec.

Les yeux d’Haruhiro devaient probablement avoir l’air endormis à l’instant. Bien sûr, il n’était pas fatigué.

Je ne laisserais personne d’autre mourir.

Au moment où il dit cela, il commença à penser à des trucs comme :

Enfin, je l’espère, je vais donner ma vie pour garder les autres en vie, c’est ce que je dis, c’est bien mon intention, je ne sais pas si c’est possible ou pas, mais—

C’était Haruhiro. Il ne pouvait pas soudainement changer qui il était. Cependant, prétendre qu’il avait changé— ça, à un certain degré, il pouvait faire.

—Ducky, on y va ! « Tête-à-Tête » Max mena les Phalanges de Fer à l’action.

On aurait dit qu’ils allaient se diriger vers la colline initiale.

—Fais ce que tu veux ! Les Berserkers restent en attente ! lui répondit « Diable Rouge » Ducky.

On aurait dit que les Berserkers avaient prévu de rester au campement.

Max et Ducky n’étaient pas faits du même bois, mais ils étaient similaires. Parce qu’ils étaient les leaders, ou les boss, plutôt, les Phalanges de Fer et les Berserkers dégageaient une aura similaire. Ils étaient agressifs et spectaculaires.

Les Phalanges de Fer utilisaient le bleu et le noir, tandis que les Berserkers utilisaient le rouge comme signe distinctif, et chacun des membres avait l’une de ses couleurs sur l’un de leurs équipements. On aurait dit qu’ils avaient des symboles de clan aussi. Pour les Phalanges de Fer c’était un poing fermé, alors que les Berserkers utilisaient un crâne avec une épée et une hache qui se croisaient. Cela dit, bien qu’ils étaient similaires, les Phalanges de Fer étaient enjouées et espiègles, ce qui leur donnait un vent de jeunesse. Le Berserkers eux avaient ce qu’on pourrait humblement appeler un sens de la dignité, ou moins humblement de la sournoiserie.

Les Phalanges de Fer allaient à l’offensive, les Berserkers restaient en défensif. Shinohara et Kimura semblaient toujours en pleine discussion. Qu’allaient faire les Tokkis ? Haruhiro se tourna vers Tokimune pour jauger sa réaction.

Huh ? Y’a pas un truc de bizarre ? Pensa-t-il soudainement. Par bizarre, je veux dire— c’est… Ce son.

Haruhiro regarda à l’est. Ensuite, vers le sud.

Il arrive. Ça se rapproche. Un géant blanc. Des bruits de pas, huh. C’est ça. Ce tremblement… ce sont les pas d’un géant blanc. Non, mais c’est… Mais attendez, huh ? Ces géants blancs, leur nombre…

C’est pas juste un ou deux, si ? Mais combien y’en a ? Je sais pas.

Peut-être sont-ils encore assez loin ?

Ils arrivent de là, et de là-bas aussi ?

Je n’arrive pas à bien les compter. Il y en a beaucoup trop. J’ai pas le temps de m’asseoir et de les compter.

—I-Il y a un amas de géants blancs ! la voix d’Haruhiro semblait être sur le point de craquer.

—Whoa… Même Tokimune était choqué. Il en vient de tous les côtés, huh.

Tada rigola en faisant tournoyer sa masse de guerres.

—C’est comme ça que je l’aime.

—Heh… Inui ouvrit ses bras en grand. Vents de la destruction, soufflez sauvagement sans vous interrompre !

—Toi dis pas de bad présage, yeah ?!

Anna-san frappa Inui.

—Je derai-gar Anna-san avec ma e-vi ! Kikkawa se désigna avec son pouce.

—derai-gar et e-vi… marmonna Haruhiro malgré lui.

C’était probablement des mots mélangés à la Kikkawa, mais il ne pouvait même plus essayer de savoir ce qu’ils signifiaient.

—Kwahh, Mimorin laissa échapper un cri étrange en dégainant son épée.

—Dirait qu’on va devoir se battre, bordel.

Ranta abaissa la visière de son heaume.

—Mais même si on va devoir se battre… Kuzaku ajusta son heaume et prépara son bouclier. … est-ce qu’on peut le faire, pour de vrai ?

Yume, Shihoru et Merry étaient toutes silencieuses. Leurs visages étaient tendus et sombres. Même Yume faisait la grimace.

Haruhiro voulait en toute honnête fuir. Mais la question était, vers où ? Ouais, on aurait dit qu’il n’y avait nulle part où aller. Parce que le dieu géant se trouvait à la colline initiale.

Se pourrait-il que ce soit le dieu géant qui ait fait ce son ? C’était le genre de chose auquel il était en train de réfléchir. Ensuite ils sont arrivés ? On dit souvent de laisser les dieux endormis se reposer, mais peut être que nous les soldats volontaires avons mis en colère les dieux de ces Étendues Crépusculaires ?

Cela n’avait pas d’importance. Là, maintenant, tout de suite, ce n’était pas une chose à laquelle il fallait réfléchir.

—Hé, Shinohara ! cria Ducky en lui faisant signe. Aidez-nous par ici pour l’instant ! Se séparer c’est pas la meilleure idée !

—Rappelons les Phalanges de Fer aussi. Continua Shinohara. Cette fois nous allons nous regrouper, peu importe les conflits entre clans ! Orion fera comme il l’a toujours fait !

—Écoutez, vous n’avez pas intérêt à flipper et à tourner le dos à l’ennemi ! rugit Ducky. Si vous tournez les talons, attendez-vous à vous faire tuer ! Faites face jusqu’à la fin !

—Pourquoi ce type aux cheveux rouges raconte des trucs aussi évidents ? se moqua Tada.

Est-ce que ce type n’avait pas peur ?

Haruhiro était apeuré. Il pouvait sentir ses genoux et le bas de son estomac trembler. Les Phalanges de Fer rebroussèrent chemin et revinrent, menées par Max.

—Ils sont là, ils sont là, ils sont là ! Tokimune frappa son bouclier avec son épée.

Oh, j’ai pas envie de regarder— Mais Haruhiro devait voir. Les géants blancs. Ils sont toujours assez loin au sud. Les géants blancs à l’est sont assez proches. De ce que je peux voir, ils sont environ dix, peut-être ? Il pourrait y en avoir plus derrière.

Bien qu’il y avait des différences entre chaque géant blanc, ils pouvaient être catégorisés en à peu près trois catégories de taille. Les quatre mètres, les six mètres, et les huit mètres. Ceux de huit mètres étaient rares, et Haruhiro n’en avait jamais vu un avant.

On aurait dit qu’il y en avait deux qui pourraient faire partie des huit mètres. Un faisait six mètres, et le reste était des quatre mètres.

Haruhiro n’était pas brave et résolu, ou vaillant, ou quelqu’un qui pouvait prendre les bonnes décisions, ou calme. Le meilleur qu’il pouvait faire était de jouer le rôle du leader intrépide. Il devait jouer ce rôle quoiqu’il se passe.

Shihoru. Yume. Ranta. Merry. Kuzaku. Il regarda chacun de leur visage. J’ai des camarades, et je ne veux qu’aucun d’eux ne meurt.

C’est pour ça qu’on doit surmonter ça ensemble.

—Si t’as sommeil, alors vas te coucher, leader, rit Ranta.

—Combien de fois je dois te le dire ? Je suis né avec ces yeux. Haruhiro frappa un poing contre sa poitrine.

—Ok Finissons-en avec tout ça. Dormir, ce sera pour après.

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