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Chapitre 3

Avec Tout Mon Cœur

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~26 min

Et ? Alors quoi si c’était vrai ? Est-ce que ça voulait dire quoi que ce soit ?

Pas vraiment. Il n’y avait rien qu’il puisse y faire. Les émotions d’Haruhiro n’avaient rien à faire avec la façon dont ils vivaient tous jour après jour. Ses sentiments n’avaient aucune influence sur ça.

Il avait accepté ces sentiments désormais, ou il en avait fini avec eux, on pourrait dire. Dans les faits, toute sa frustration s’était évaporée maintenant. Il n’en avait plus rien à faire de ce qu’il se passait entre Merry et Kuzaku.

Enfin, il n’était pas vraiment encore arrivé à penser des choses comme :

« Je vous souhaite le meilleur, mais, D’accord, très bien, faites ce que vous voulez. Oh, et en fait, vous pensez peut-être être discret, mais je sais…Peut être ? »

Ouais, honnêtement, il ne pouvait pas penser ça non plus. Ils pensaient que c’était un secret, mais il savait. Que pouvait-il faire pour résoudre ce problème ? Devait-il essayer de le résoudre ? Il n’en était pas sûr.

C’était bizarre.

Donc, quand l’idée de « Revenons à Alterna pendant quelque temps » vint sur la table, ce fut d’une grande aide.

Il avait économisé une belle somme d’argent, donc il était temps pour lui d’apprendre au moins une nouvelle compétence, et il voulait faire un peu de shopping aussi.

Et aussi, il voulait se faire face avec lui-même. Ou plutôt, il voulait un peu de temps. S’en sortir avec ses sentiments, et toutes ces choses, ce n’était pas facile !

Durant les deux jours de trajet, ils voyagèrent du Camp de Base des Étendues Crépusculaires, en passant par l’Avant-Poste de Champ-Lointain, puis en traversant les Plaines Ventvif, pour arriver à Alterna.

Ils se séparèrent ici pour un moment. Haruhiro se rendit à la guilde des voleurs, où il passa sept jours à apprendre Furtivité, l’ultime compétence des voleurs. Il avait hésité à apprendre à la place la compétence Jet Aérien de l’art du combat et du meurtre, mais en tant que leader plat et ennuyant ainsi qu’en tant qu’éclaireur, ce qu’il voulait été la panoplie complète qui lui permettrait de cacher sa présence pour ne pas être détecté par les autres.

Il avait payé 20 ors à la guilde pour ça. Ce n’était pas donné— c’était carrément cher— mais s’il ne l’apprenait pas convenablement, ce serait du gâchis. Qui plus est, le mentor d’Haruhiro, Barbara, était super stricte, donc il n’y avait aucune chance qu’elle lui laisse prendre des raccourcis.

—J’ai cru que j’allais mourir… grogna Haruhiro.

Cette fois, sans aucune blague ou exagération, il avait frôlé les portes de la mort. Il avait failli devenir un corps.

Furtivité était composé de ce qu’on pourrait résumer en trois catégories de techniques :

En premier, éliminer sa présence—Dissimulation.

En deuxième, bouger avec sa présence éliminer— Pas de l’Ombre.

En troisième, utiliser tous ses sens pour détecter la présence des autres— Détection.

Quand il commença avec Dissimulation, la première étape, Barbara avait ordonné à Haruhiro, « Meurs ! » Et elle le punissait sans pitié à chaque fois qu’il ne pouvait pas le faire correctement. Elle lui avait brisé deux, peut être trois os, et ensuite elle l’avait forcé à s’entrainer à Dissimulation dans cet état.

Il y avait cette personne avec un passé douteux, un ancien voleur qui était désormais un prêtre. Quand quelqu’un était blessé à la guilde des voleurs, il venait le soigner, mais il serait plus juste de se poser la question : Devrait-elle vraiment pousser ses étudiants jusqu’à ce qu’ils soient à la limite de perdre connaissance sous la douleur extrême qu’elle leur inflige ? C’était juste cruel.

Comme Barbara-sensei le lui avait dit, si elle ne le poussait pas avec ces conditions extrêmes, il n’apprendrait pas correctement. Elle faisait tout ça pour lui. Il devrait pleurer des larmes de gratitude.

Et pour dire vrai, c’était une épreuve qu’il ne pouvait pas passer sans lâcher quelques larmes. Il pouvait voir de quelle manière ce que disait Barbara était vrai. Cependant, s’il avait fait une seule erreur, Haruhiro aurait pu mourir. C’était effrayant.

Mais en avoir bavé avait porté ses fruits. Les bases de Furtivité s’étaient encrées profondément dans la tête et le corps d’Haruhiro et elles ne s’en iront jamais. Maintenant, alors même qu’il déambulait tranquillement dans les rues d’Alterna en début de soirée, il se surprenait lui-même à utiliser Dissimulation, Pas de l’Ombre et Détection sans vraiment le vouloir. C’était un petit peu suspicieux, se disait-il quand il le faisait.

T’as un talent pour ça, lui avait dit Barbara, en lui offrant un rare compliment. Tu dois vraiment être fait pour ce genre de travail.

Eh bien… Haruhiro sourit légèrement alors qu’il se fondait dans la foule de la place du marché. ça m’a fait plaisir d’entendre ça, ouais…

Même si c’est pour être un voleur, vous savez ? Pensa-t-il. Cela va sans dire, mais un voleur est quelqu’un qui vole des choses. Un brigand.

Apparemment, la guilde des voleurs trouvait ses origines dans une société secrète de voleurs, les Veuves Noires, qui avaient officié dans les coulisses du Royaume d’Arabakia. Quand Arabakia s’était étendu jusqu’à la frontière, les Veuves Noires avaient offert leur aide à l’Armée Royale en échange de la libération de leurs camarades retenus prisonniers. L’offre fut acceptée, et quelques-uns des anciens prisonniers qui avaient été envoyés à une mort certaine en partant en éclaireur dans la frontière s’étaient rassemblés pour créer la guilde des voleurs.

Un récit des plus héroïque, vraiment, pensa Haruhiro. C’est à cause de ses origines que les entrainements de la guilde des voleurs sont si durs ? Ou alors c’est juste Barbara-sensei qui est une sadique ?

Quelle que soit la réponse, un voleur restait voleur. Certains d’entre eux usaient des compétences qu’ils avaient acquis pour menait une vie de dépravation constante. Haruhiro n’y avait pas vraiment réfléchi avant d’en devenir un, ou plutôt, il n’y avait pas pensé du tout, mais quand il disait, « Je suis un voleur », cela faisait mettre les mains dans les poches à plus d’une personne. Tout particulièrement ceux qui vivaient une vie normale à Alterna.

C’est juste un préjudice, essayait-il d’expliquer. La plupart des voleurs de la guilde des voleurs sont des soldats volontaires, donc ils ne volent rien du tout. Mais l’art de la dérobade avait des compétences comme Vol à la Tir, Cambriolage et même Pickpocket, et chacun avait des applications pratiques. S’il le voulait, un voleur pourrait s’adonner au vol n’importe quand. Il était dur d’en vouloir aux gens d’être sur leurs gardes.

—Ce n’est pas un métier respectable, je suppose, marmonna Haruhiro.

Il aimait se faufiler et faire la reconnaissance. Cela lui allait bien, à un tel point qu’il se disait qu’il était né pour ça.

Mais un voleur, huh… Peut-être qu’ils auraient dû changer le nom… Quand la guilde fut formée, ils n’auraient pas dû s’appeler les voleurs. Ils auraient dû trouver quelque chose d’autre. Ou alors est-ce que mes prédécesseurs qui ont formé la guilde trouvaient de la fierté à être des voleurs ? Non, mais est-ce qu’on peut être fière de ça ?

—La guilde des voleurs n’a pas de code, alors quelqu’un pourrait même fonder une autre guilde… Non, pas que je ferais ça, bien sûr, marmonna-t-il. Y’a pas quelqu’un qui pourrait le faire pour moi ?

Si quelqu’un le faisait, Haruhiro rejoindrait cette guilde dans la seconde de sa création.

Ce serait un peu triste de mettre fin à ma relation élève enseignant avec Barbara-sensei, peut-être ? Peut-être pas ? Je veux dire, Sensei me fait flipper.

Enfin, ce n’est pas comme s’il était vraiment en train de considérer la question. Cela n’avait vraiment pas beaucoup d’importance.

Ranta avait dit qu’il allait passer six jours à apprendre une compétence de combat des ténèbres, Absence. Shihoru avait dit qu’elle allait prendre cinq jours pour Bassin du Vide, qui appartenait à sa branche principale, la Magie Darsh, et puis qu’elle passerait deux jours à apprendre le sort de givre de la Magie Kanon Globe de Glace. Yume semblait avoir quelque chose derrière la tête, et elle avait prévu de passer ses sept jours à s’entrainer à des compétences comme Chasse, Traque, Piège à Rat, et Piège à Ours.

Vu que Merry ne pouvait pas utiliser la magie de lumière dans les Étendues Crépusculaires, elle avait choisi de passer cinq jours à apprendre une compétence de self-défense Revanche, tandis que Kuzaku avait décidé de passer six jours à apprendre les compétences défensives à l’épée Garde et Acharnement.

Haruhiro, Shihoru et Yume avaient passé sept jours à s’entrainer, Ranta et Kuzaku six, et Merry cinq. Pour les Tokkis, Anna-san et Tada avaient finalement appris Sacrement. Les autres avaient chacun travaillé sur leurs propres compétences, puis ils avaient utilisé le temps qu’il leur restait pour s’adonner à ce qu’ils voulaient. Demain tout le monde se retrouverait.

Ranta était probablement dans l’Allée Céleste à cette heure-ci, à la recherche d’une femme qui voudrait de lui. Haruhiro ne savait pas grand-chose de ces activités, mais Alterna avait des bordels… Est-ce comme ça qu’on les appelle ? Des endroits où l’on paye des femmes pour qu’elles nous tiennent compagnie, et où le marché ne manquait pas de clientèle.

Pour dire toute la vérité, Ranta l’avait invité à le rejoindre une fois. Quand il refusa, Ranta s’énerva contre lui. Il manquait apparemment de cran pour y aller tout seul, et il avait essayé d’embarquer Haruhiro avec lui. S’il voulait y aller, il n’avait qu’à lever la tête et y aller. Cependant, Ranta n’avait juste pas eu le courage de franchir ce pas, et il n’y était, sans le moindre doute, pas encore allé. Il était probablement dans un bar où des filles lui apportaient des boissons, en train de boire pour oublier, ou en train d’essayer de draguer.

Merry et Kuzaku étaient—

Eh bien, vous savez ? Ils sont probablement quelque part ensemble. Bien sûr qu’ils sont ensemble ! Ils ont l’air de sortir ensemble, donc bon. Je me demande s’ils le font. Pas que ça m’intéresse. Je vous en prie, fondez-vous une magnifique petite famille. Est-ce je vais pas trop vite en besogne ? Bah, ça pourrait arriver ma foi. J’ai le sentiment que ça pourrait être une bonne chose… ? Peut-être… ?

La cloche commença à résonner. C’était la cloche de six heures du soir. La cloche qui annonçait l’heure à Alterna commençait à sonner toutes les deux heures à partir de six heures du matin. A six heures du soir, elle résonnerait sept fois pour indiquer aux gens la venue de la nuit, et puis elle s’endormait jusqu’au jour suivant. Les magasins de la place du marché commenceraient à s’éteindre, tandis que l’Allée Céleste commencerait tout juste à s’embraser.

Haruhiro s’arrêta juste en face de la Banque Yorozu.

—Hé. T’es en retard, yeah ! dit Anna-san en gonflant ses joues d’énervement et en sautillant. Peut-être pas, yeah ?! Parce que tu n’es pas vraiment en retard, yeah ?! Mais, pour un rencard, l’homme doit venir en avance ?! Yeah !

Haruhiro inclina sa tête.

—Je suis désolé.

—Tu ne te comportes pas avec rectitude, yeah ?!

—…Tu veux dire avec sincérité.

—Avec sincérité, yeah !

—Oh, j’ai compris, dit Haruhiro. Elle veut dire être directe avec elle, huh ? En fait, je pensais qu’elle me parlait d’une autre forme de rectitude. C’est gênant.

Haruhiro hésita en tournant le regard de la grande fille qui surplombait Anna-san.

—…Hé.

—Ouais. sourit Mimorin.

Peut-être ? Ses expressions ne changeaient jamais vraiment beaucoup, donc c’était dur à dire. ¨

—Je voulais te voir.

Ses mots étaient assez directs pour qu’on ne puisse pas mal les comprendre. Elle était tellement directe que ça lui faisait mal au ventre.

—…Je vois, marmonna-t-il.

—Et toi, Haruhiro ? demanda-t-elle.

—Huh, moi ?

—Tu voulais me voir toi aussi ?

—Um…

Haruhiro se tint la tête. Cela lui donnait envie de répondre de façon diplomatique. S’il le faisait, ce serait plus simple. Pour le moment, du moins. Mais il ne pouvait pas faire ça.

Haruhiro releva sa tête en regardant Mimorin dans les yeux.

—Pas tant que ça.

—Moh, dit-elle.

—Dire ça avec un ton d’enterrement ne va pas aider…

—J’ai vraiment mal. Mon cœur est brisé.

—Là, là, yeah.

Anna-san caressa le dos de Mimorin, ou plutôt ses fesses. Il pouvait voir les larmes gorger les yeux de Mimorin, et même Haruhiro fut pris de court par ça.

—Non, attends—h-huh ? Où est Kikkawa ? Il était censé être là lui aussi aujourd’hui…

—Il y a eu des circonférences ? dit Anna-san en haussant les épaules et en continuant de caresser les fesses de Mimorin. Oh ! No. Circonstances ? C’est pour ça que Kikkawa est pas là, yeah.

—Avec Kikkawa, on aurait été quatre, et on aurait pu passer un moment productif à apprendre à mieux nous connaître. C’est pour ça que j’ai dit oui à ça…

—Dans la vie, y’a des hauts, y’a des bas ! Yeah ? dit Anna-san.

—Je ne pige pas…

—Bullshit, t’as pas besoin de comprendre le cœur d’une vierge, merde ! Yeah !

—C’est bon. Mimorin essuya les larmes de ses yeux en utilisant ses deux index. Ce n’est pas assez pour me décourager.

Sois découragé, je t’en supplie…

Haruhiro le pensait, mais ce n’était pas comme s’il voulait briser le cœur de Mimorin. Si possible, il ne voulait pas la peiner.

Elle pouvait bien être dans le groupe de quelqu’un d’autre, mais ils étaient des alliés, alors il voulait bien s’entendre. Son but final était de ne pas se retrouver dans une atmosphère tendue. Il ne voulait rien de spécial, juste que tout soit normal entre eux. Cependant, Mimorin avait ses raisons pour ne pas vouloir la même chose, et il avait reçu un bon nombre d’invitation de sortir avec elle de la part d’Anna-san.

Au début, c’était des rendez-vous en tête à tête avec Mimorin. Donc, en gros quelque chose comme un rencard. Il était clair qu’Anna-san le poussait à ne pas faire de chichi et à se mettre avec Mimorin, alors il avait poliment décliné.

Ce ne fut pas suffisant pour faire abandonner Mimorin, et Anna-san en avait eu certainement marre elle aussi, donc il reçut bon nombre de demandes encore et encore. A la fin, même Tokimune lui avait demandé « S’il te plait, vas à un rencard avec elle, juste une fois. »

S’il continuait à faire sa tête de mule, il se disait que ça pourrait engendrer pas mal de problèmes, mais Haruhiro pouvait se montrer têtu. Il avait donné des conditions.

Un tête à tête était hors de question. Parce que, comme il lui avait déjà très clairement dit, Haruhiro n’était pas intéressé. Si quelqu’un d’autre était présent, et c’était strictement en tant qu’amis, Haruhiro ne détestait pas Mimorin ou quoi que ce soit, alors il n’aurait pas de problème avec ça. C’est comme ça que l’idée que Mimorin, Anna-san, plus une autre personne irait un de ces quatre manger un bout avec Haruhiro, et puis ils iraient se balader quelque part ensemble.

Cette fois, vu qu’ils étaient revenus à Alterna pour la première fois depuis un moment, la suggestion fut que les quatre— Mimorin, Anna-san, Haruhiro et Kikkawa— iraient dans un bon restaurant pour diner ensemble. Il n’avait aucune raison de refuser, alors il accepta.

Pour être honnête, il s’était tout de même senti hésitant. Mais il ne pouvait pas se mentir sur le fait qu’ils commençaient à vaguement devenir des amis, alors peut-être qu’ils pourraient continuer comme ça ? C’était ce qu’il avait pensé.

Peut-être avait-il était naïf. Il était tombé en plein dans leur piège.

Il n’était pas ravi.

Mais il n’était pas en colère non plus. S’énerver ne ferait que le fatiguer.

—Bon, peu importe, on va se trouver un truc à se mettre sous la dent ? demanda Haruhiro.

—Je vais manger. Mimorin lui donna un puissant hochement de tête.

Whoa, pensa Haruhiro. Les yeux de Mimorin sont étincelants. Elle est si heureuse que ça ?

Quand quelqu’un est aussi heureux comme ça, c’est dur de ne pas être content aussi. Mais, bon, je ne la déteste pas, vous savez ? En tant que personne. Je pense vraiment qu’elle est un peu bizarre cela dit. Elle est trop grande, ce qui signifie que je dois lever la tête pour la regarder et ma nuque me fait mal, mais ce n’est pas un gros problème.

Les trois se dirigèrent vers un endroit qu’Anna-san avait apparemment repéré. Surprenamment, le cuisinier, qui était aussi le propriétaire, était un elfe. Ce restaurant était populaire pour sa viande épicée et sa grande variété de plats à base de légume.

C’était un grand et étroit restaurant, bondé aussi, mais ils arrivèrent à s’y trouver une place. Il y avait une petite table dans le fond avec quatre chaises à quatre pieds qui l’entouraient. Anna-san et Mimorin s’essayèrent d’un côté, tandis qu’Haruhiro s’assit en face d’elles. La commande fut prise en charge par Anna-san, qui semblait vraiment apprécier s’occuper des occasions comme celle-ci.

La bière herbeuse descendit plus facilement que la bière ordinaire. Chaque mets offrait un arôme délicieux qui stimulait l’appétit, et les saveurs étaient plus que bonnes elles aussi.

Durant le repas, Mimorin ne dit rien. Anna-san fut bavarde, bien que ce soit comme d’habitude en fait. Mimorin se tenait aussi très droite, ne faisant pratiquement aucun bruit. Sa façon de manger était très distinguée.

Pour Anna-san ce n’était pas vraiment la même chose. Pour être parfaitement honnête, ses manières étaient atroces. Pour dire vrai, Haruhiro ne pouvait pas supporter les gens qui mettaient de la nourriture partout, qui postillonnaient et qui mâchaient bruyamment. Il ne lui dit rien ou ne lui reprocha rien, mais il espérait au fond de lui qu’elle pourrait y faire quelque chose.

Sur ce point, il avait un avis favorable sur Mimorin. Honnêtement, il ne la détestait pas en tant que personne.

—Alors ?

Anna-san, qui semblait être un peu pompette, fixa son regard sur lui, avant de laisser échapper un rot qui sentait fortement les herbes.

—Qu’est-ce tu n’aimes pas chez Mimorin mon lapin ? T’es juste un Haruhiro stupide. What the hell, cherry boy !

—A la fin, tu voulais dire…

Haruhiro jeta un coup d’œil pour jauger l’expression de Mimorin. Leurs yeux se rencontrèrent. Elle était en train de le regarder intensément.

—Attendez, c’est de ça qu’on est en train de parler ? Je suis prêt à dire soyons amis, vraiment…

—Toi ça te va peut-être, mais pas Mimorin, yeah ! cria Anna-san. Regarde bien, imbécile ! Understand ?

—No understand, dit-il mollement.

—Pourquoi non ?! Dead or Death ?!

—Si ce sont mes seules options, je suis mort dans tous les cas…

—Pas de blague à deux balles ! Tu réponds ! Anna-san cogna la table. Qu’est-ce qui va pas chez Mimorin, yeah ?! Si t’as pas des bonnes raisons, je ne te pardonnerai pas, yeah ?!

—Anna-san, c-calme-toi, marmonna Haruhiro.

—Comment je pourrais me calmer, huh ?!

—Bah, essaie au moins de baisser le volume…

—Why, toi, pourquoi t’es aussi calme ?! Fuck, tu me tapes sur les nerfs !

—Je ne sais pas quoi dire là.

Le restaurant devint de plus en plus calme à mesure qu’Anna-san s’excitait. C’était vraiment dérangeant. Haruhiro se racla bruyamment la gorge en se frottant le front. Il ne voulait pas avoir cette conversation, mais s’il ne donnait pas une vraie réponse, Anna-san ne s’arrêterait pas.

—Ben…Chais pas, dit Haruhiro. C’est pas… comment déjà ? Ce n’est pas qu’il y a quelque chose qui ne me va pas chez elle, ou que je ne l’aime pas, ou quoi que ce soit d’autre, tu sais.

—Alors, demanda Mimorin en se penchant vers lui, quoi ?

—Hmm… Haruhiro ferma les yeux et il se les frotta avec ses deux mains. Je ne suis pas sûr de pouvoir bien l’expliquer. J’ai le sentiment… que je manque d’expérience.

—C’est pareil pour moi, dit Mimorin.

—Et pour Anna-san aussi, yeah ?!

—…J-Je vois. Erm, donc, genre, vous savez ? C’est pas quelque chose de logique, pas vrai ? Ce genre de truc c’est pas comme ça. Je veux dire, c’est évident, ouais ? Il y a des trucs comme aimer le visage de la personne, ou si elle est gentille avec vous, ce genre de truc. Les raisons pour lesquelles les gens, en gros, tombent amoureux, c’est ça ? Les déclics. Dans certains cas, il y en a peut-être un, mais c’est tout ce que c’est ? Peut être pas…

—Je t’aime, Haruhiro, dit Mimorin. Tu as raison, il n’y a pas de logique derrière ça.

—Non, écoute—

Haruhiro faillit dire, « Merci », mais il se força à s’arrêter. Ce n’était pas que cela le dérangeait. S’il la remerciait, ce serait un mensonge.

—Ouais, dit Haruhiro. On va dire que, bah, ouais… Genre, c’est vrai, mais, il n’est pas question de ce qui ne va pas chez toi, c’est juste que je n’ai pas ce genre de sentiment pour toi dans l’ensemble, tu vois. C’est pas très sympa de te le dire comme ça directement. Non, peut-être que c’est pas ça ?

—Bien sûr que t’es pas sympa, yeah ?! Ohhh, Mimoriiiin, Mimoriiiin…

Anna-san perdit la boule et essaya d’enlacer Mimorin, aux épaules— mais, étant donné leur différence de taille, elle ne pouvait pas logiquement l’enlacer. C’était un challenge impossible.

Donne-toi à fond, Anna-san, pensa Haruhiro. Mimorin est toujours en train de pleurer. Mais vraiment, elle a encore l’air d’être anxieuse. Quand je la regarde, ma poitrine me fait mal. Ça ne veut pas dire que je vais succomber à ses émotions non plus.

Anna-san commença à sangloter elle aussi, et quand elle se tourna vers lui avec ses yeux humides et rouges, il voulait, en toute honnêteté, s’enfuir le plus vite possible.

—Haruhiro est sans cœur ! Quel homme insensible, yeah ?!

—Oh, d’accord, dit-il. Je peux pas vraiment te contre dire là.

—Tu l’abbé ?!

—Huh ? Un abbé… ? Oh, je l’admets ? demanda Haruhiro.

—Ça ! C’est le mot, yeah ?! Comment tu le savais ?! C’est incroyable !

—Eh bien, je dois bien admettre que, même moi je m’impressionne, mais—

—On en a rien à foutre, yeah ! hurla Anna-san.

—Oui je suis d’accord…

—Non, dit Mimorin en reniflant. Haruhiro n’est pas insensible.

—What ?! cria Anna-san.

—Haruhiro n’est pas quelqu’un de froid, dit Mimorin. C’est juste qu’il ne ment pas.

—Nghhh. grogna Anna-san en se tenant la tête. Il ne ment pas ?

—Mais…

Tu commences à te comporter comme un mec qui a la quarantaine là, Anna-san, pensa Haruhiro.

—Il ne dit rien qui pourrait laisser une fausse impression. Mimorin mordit sa lèvre avec ardeur. Il ne me donne pas, à moi qu’il n’aime pas, de faux espoirs.

—Gwahhhhhhhh. Anna-san commença à se tirer les cheveux et elle se força à parler comme si elle allait cracher du sang. Mimoriiiiiiiin t’avais pas à dire tout ça, yeah ?!

—Je le comprends.

—Maiiiis—

—J’aime aussi ça chez lui.

—Ohhhhhh !

—Je t’aime. Mimorin regarda Haruhiro alors que les larmes coulaient sur ses joues. Alors, s’il te plait, laisse-moi faire de toi mon animal. Non, pas la bonne. Sors avec moi.

—Je suis désolé.

—Je m’attendais à cette réponse.

Haruhiro se lança non sans hésitation.

—Enfin, tu sais… même si tout ton délire d’animal est un peu chelou, je peux voir que tu es sérieuse avec ça, et, bah, je peux comprendre, mais… bien que je saisisse tout ça à ma façon, mais quand même… mais c’est ça qui fait que tout est pire… genre, tu sais ? Je ne peux pas juste dire n’importe quoi…

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 6, Chapitre 3 — illustration

—You idiot ! cria Anna-san en pointant son doigt vers Haruhiro. Est-ce que t’es stupide ?! T’es à un âge où tu y penses tout le temps ! Jour et nuit, tu y penses ! C’est ça, la jeunesse ! Pourquoi tu sors pas avec elle et tu le fais ? Tu peux, pas vrai ? C’est la saison des amours ! Yeah !

—Ça devient un peu chaud là, Anna-san, dit Haruhiro.

—La ferme, yeah ! Toi regarde ! Les nichons de Mimorin ! Boing ! Elle a un très jolie corps! J’ai pas raison, yeah ?! T’as pas envie de plonger ta tête là-dedans ?!

—Non, je vais pas faire ça, dit Haruhiro. Je suis pas Ranta. Enfin, lui c’est que de la frime, donc je pense pas qu’il fasse quoi que ce soit lui aussi.

—Mimorin est raide dinde de toi !

—Tu veux dire raide dingue…

—Avec ses sexniques infinies, elle te servira à l’infini, pas de doute là-dessus !

—…Sexniques ?

—Les techniques sexuels c’est les sexniques, yeah ?! Special technique ! You know ?!

—Ouais… on va dire ça. Mais ce que tu dis est un peu malaisant…

—Et en plus, elle est vierge ! Virgin ! Même pas encore de first kiss !

—C’est la vérité.

Pour on ne sait quelle raison, Mimorin confirma avec un visage sérieux. C’était un point important, peut-être ? Haruhiro ne comprenait pas vraiment, mais quelque chose au fond lui disait que ça avait de l’importance.

—Huh ?…Et donc par rapport à ces techniques … spéciaux ?

—J’étudierai. Mimorin hocha la tête une deuxième fois. Ne t’inquiète pas.

—Laisse faire Anna-san, yeah ?! Anna-san frappa sa main contre ça volumineuse, bien que négligeable face à Mimorin, poitrine. Anna-san la prend par la main et lui apprend chaque technique qui existe, yeah !

—Tu as beaucoup d’expérience… alors ? hésita Haruhiro en demandant.

—Ne sois pas bête, espèce de pervers ! Je suis bien évidemment une vierge pure, yeah ?!

—Non, mais alors—

—Heh heh, Anna-san fit un sourire osé en donnant une pichenette à son lobe d’oreille. Anna-san en connaît tellement sur le sex. Je suis le genre de fille qui n’apparait qu’une fois tous les cent ans, tu sais ? Ce sera facile.

—…Je vois.

—Dans ma tête, je réalise plus d’un million de fantasmes des mecs, tu sais ?

—Peut-être que tu t’imagines un peu trop de choses.

—C’est bien évidemment une blague, yeah ?! Parce qu’Anna-san est une vierge pure, véritable et sacrée !

—Ok, très bien. Qu’il en soit ainsi…

Haruhiro prit une gorgée de sa bière herbeuse et abaissa le regard. L’intérieur du restaurant n’était pas aussi silencieux que tout à l’heure, mais Haruhiro et les autres étaient en train d’attirer l’attention, et plus que quelques clients étaient en train de les écouter. Anna-san aimait vraiment ses blagues un peu osées. Haruhiro ne les détestait pas spécialement ou quoi que ce soit, mais il ne les aimait pas non plus.

—Bon, on en est où là ?! Anna-san prit une longue gorgée de sa bière herbeuse, avant de laisser échapper un soupire de satisfaction. Pour l’instant, tu essaies de sortir avec elle ? Juste un essai ? Pas un mauvais compromis, yeah ? Parce que, avec son nice body, tu plongeras dans tes sales désires every day ?

—Ouais, non, je passe mon tour.

—Fuck you ! Anna-san lui fit un doigt d’honneur.

Peu importe ce qu’elles diraient, il n’allait pas s’abandonner à leurs propositions. Tout spécialement parce qu’elles étaient ses allées— mais même si elles ne l’étaient pas, il aurait fait la même chose. Il n’était pas assez gentil pour sortir avec une personne dont il n’avait absolument aucun sentiment pour. Ou plutôt, Haruhiro avait le sentiment que ce serait impossible pour lui de faire ça. Même si elle le payait, ça ne changerait rien. Non, si elle lui offrait de l’argent, ce serait encore pire.

Peut-être que je suis juste têtu ? Pensa-t-il. Je ne peux pas écarter cette possibilité, mais au final c’est juste comme ça que je suis.

—Est-ce qu’il y a… commença Mimorin, puis les larmes commencèrent à s’écouler une nouvelle fois et elle les écarta avec ses mains. Je suis désolée. De pleurer.

—…Non, marmonna-t-il.

Il ne savait pas pourquoi, mais cela lui pinça un peu le cœur. Pourquoi là maintenant ? Pourquoi son cœur s’étaitil serré ? Haruhiro lui-même n’en avait pas la moindre idée.

—T-Tu n’as pas à t’excuser. Mais, ce serait mieux si tu arrêtais de pleurer. Ce n’est pas que je veux te faire pleurer. Je ne veux pas que tu pleures…

—C’est la première fois pour moi, dit Mimorin. Je suis très triste, ça fait mal.

—…Désolé.

—Ne t’excuse pas. Ce n’est pas ta faute, Haruhiro. Je suis juste tombée amoureuse de toi toute seule.

—Er, eh bien, ouais, c’est vrai, mais…

—Je peux continuer ma question ? demanda Mimorin.

—Oh, vas-y.

—Est-ce qu’il y a une chance ?

—…De quoi ?

—Même si tu ne peux pas maintenant. Un jour…

—Um, tu veux dire dans le futur ? demanda-t-il.

—Oui.

—Hrm…

Haruhiro voulait se tordre dans tous les sens pour réfléchir, mais il se retint désespérément de le faire.

Je ne suis pas sûr. C’est vraiment une question difficile ? Je suis dos au mur.

Il se disait que, peut-être, lui dire, « Non, ça n’arrivera jamais quoi qu’il arrive » serait la chose à faire dans cette situation. Ce n’était pas bon pour elle de tomber amoureuse de quelqu’un comme Haruhiro pour commencer. Le temps n’était pas infini. Même là, il était en train de s’envoler. Ce n’était pas comme s’il pensait qu’elle devrait abandonner l’idée de sortir avec lui et trouver quelqu’un d’autre— mais, vous savez ?

Était-ce quelque chose qu’Haruhiro devait décider ? Mimorin, à sa façon, avait trouvé quelque chose d’attirant chez Haruhiro. Et en conséquence, elle était tombée amoureuse de lui. Haruhiro avait-il un quelque droit pour s’opposer à ces sentiments ?

En ayant travaillé avec les Tokkis, il s’était fait une idée de qui était Mimorin. C’est vrai, elle était étrange. Elle était une mage, mais elle ne pouvait pas se passer des habitudes qu’elle avait prises en tant que guerrière. Cela l’effrayait quand il la voyait foncer au front en agitant son épée. Cependant, elle était forte, et elle était habile avec son épée aussi. Elle avait aussi une grande considération pour ses camarades. Et occasionnellement, elle était adorable. Il ne la détestait pas en tant que personne. En vérité, il l’aimait presque.

Sa façon de venir directement à lui et de ne faire que lui asséner son affection était le plus gros problème. S’il n’y avait pas eu ça, honnêtement, il n’aurait eu aucun problème avec elle.

Il avait même une opinion positive de la personnalité de Mimorin. En fait, il l’aimait assez pour vouloir respecter ses pensées et ses sentiments.

Haruhiro ne savait pas quoi faire avec l’affection de Mimorin et pensait, « Si seulement on était juste ami, ce serait plus facile », mais pourtant… n’était-ce pas égoïste de la part d’Haruhiro de vouloir changer ses sentiments à elle pour éviter des sentiments négatifs à lui qu’il pourrait ressentir ? Après tout, Haruhiro pensait seulement à sa propre personne.

Qui plus est, s’il lui disait qu’elle n’avait aucune chance qu’ils se mettent ensemble un jour, bien sûr, il pourrait le dire, mais ne serait-ce pas un mensonge ? Personne ne savait ce que le matin suivant réserve.

Personne ne savait s’ils seraient même encore en vie.

En dépit de cela, serait-il mieux de lui mentir ?

Ou devait-il être en honnête à ses risques et périls ?

Quelle était la bonne réponse ? Que devait-il faire pour Mimorin ? Pour Mimorin ? Haruhiro était-il vraiment en train de penser à Mimorin ? N’était-il pas juste en train de prétendre vouloir son bien ? N’était-il pas hypocrite ?

—Est-ce que je peux te le dire sans détour ? demanda finalement Haruhiro. Bah, je vais le faire. Je sais pas ce qui sera possible. Je ne connais pas l’avenir. Ce n’est pas juste moi ; c’est pareil pour tout le monde. Juste, là maintenant, en vrai, je pense que tu es quelqu’un d’intéressant. C’est marrant de te regarder, et ça me dérange pas du tout de discuter, mais je ne me vois pas m’engager dans une relation amoureuse. Je suis vraiment en train de me dire, On ne peut pas juste être amis ? je ne peux rien faire de plus que ça pour l’instant. Peut-être que, dans quelques années, je me dirai que je t’aime de cette façon, mais je n’ai pas envie d’y penser. Ce n’est pas sûr. Même si je pourrais commencer à te voir différemment, tu pourrais déjà avoir un petit ami d’ici là, et il n’y aurait rien que je pourrais y faire. C’est une question de timing, tu vois. Je ne peux parler que pour maintenant, désolé. J’ai déjà la tête remplie à m’inquiéter du présent.

Mimorin fixa intensément les yeux d’Haruhiro en écoutant attentivement. Ce n’était pas qu’Haruhiro trouvait ça intimidant, mais il fit de son mieux pour ne pas regarder ailleurs. Quand il finit son discours, toute sa force s’envola.

Je dois vraiment avoir des yeux endormis là, pensa-t-il. Il n’était pas somnolent, mais il était épuisé.

—Je comprends, dit Mimorin au bord des larmes.

Elle plissa les yeux, éleva les deux coins de ses lèvres pour former ce que serait possiblement un sourire.

Elle a compris. Dieu merci. Haruhiro ferma les yeux et laissa échapper un soupir. C’est un poids en moins sur mes épaules.

Vous savez, mon corps n’est pas si énorme, et mon ventre non plus, mais il y a une limite à ce que je peux supporter. Je ne peux porter que quelques responsabilités. Je dirige le groupe, et je fais mon boulot en tant que voleur. C’est la limite pour moi. Je n’ai pas le temps de penser ou de faire autre chose.

C’est vrai. Comme une relation. Je n’ai pas le temps pour ça. Il en va de même pour Merry. Si j’avais du temps pour moi, j’aurais dit quelque chose. Ouais. Peut-être pas. Pas possible. Ce serait pas arriver. Jamais. J’aurais pas pu faire ça.

Je devrais être reconnaissant, réalisa-t-il.

Malgré ses faiblesses, Mimorin était tombée amoureuse de lui. Ce genre de bonne fortune ne devait probablement pas arriver souvent. Ça pourrait ne jamais se reproduire. Ça pourrait être la dernière fois. La rejeter pourrait être un terrible gâchis.

Mais que pouvait-il faire d’autre ? Il était vrai qu’il ne ressentait rien pour elle là maintenant. Il ne pouvait vraiment pas se mentir à lui-même. Il ne voulait pas se décevoir, ou décevoir Mimorin. Il ne pouvait pas.

—Bon, voilà tout, dit-il.

—Mais je t’aime.

—…Pardon ? demanda-t-il.

Quand il ouvrit ses yeux, Mimorin était en train de regarder Haruhiro. Sans le moindre doute en eux, ses yeux étaient remplis de sérieux et de sincérité.

—Là tout de suite, je t’aime. Je t’aime Haruhiro. Est-ce que c’est mal. ?

—Whew… siffla Anna-san en haussant tellement les épaules qu’elles touchèrent sa tête. Mimorin est vraiment têtue. Comme un rocher, yeah ? Non, comme l’acier, peut-être ?

Haruhiro baissa les yeux vers le sol et se frotta l’arrière de la tête.

Non… est-ce que c’est mal ? C’est pas à moi de le demander. C’est pas une question de si c’est mal ou pas. J’ai pas le droit de lui dire quoi que ce soit. C’est le choix de Mimorin. Je dois le respecter.

Au final, dire, « Merci à toi d’avoir compris. Bon, soyons amis », alors serait juste une façon convenable de finir pour Haruhiro. Que Mimorin l’accepte ou non, cela dépendrait d’elle.

De la même manière, qu’Haruhiro accepte les sentiments de Mimorin ou non était son choix, mais Haruhiro ne pouvait pas changer les sentiments de Mimorin. Les sentiments de Mimorin appartenaient à Mimorin et à elle seule.

—Ce n’est pas mal, dit-il.

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