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Chapitre 2

Mon Amour Est Toujours Comme ça

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~17 min

Il n’y avait pas de soleil qui se levait ou se couchait dans les Étendues Crépusculaires, pas de matin ni de nuit. Les compas y étaient inutiles, et donc les directions cardinales étaient introuvables. C’était embêtant, alors Shinohara d’Orion proposa quelque chose.

En partant de la colline initiale, un peu au loin, il y avait un objet en forme de pilier qui s’élevait dans le ciel. Il avait la forme et la taille de quelque chose qui n’était pas naturel, et il avait probablement été créé par quelqu’un. Il suggéra que, pour le bien commun, cette direction serait le Nord. Sans aucune objection, tout le monde avait accepté cette idée.

A l’est de la colline initiale, un duo d’aventuriers qui s’appelait Lala et Nono avait découvert une vallée où les plantes poussaient, et où une source d’eau claire s’y écoulait. Pareillement, c’était aussi Lala et Nono qui étaient arrivés cinq jours après qu’Haruhiro et les autres avaient découvert le trou qui était apparu dans le Puit de Mine des Grimbles dans le Trou-Ô-Merveilles.

Qui plus est, Lala et Nono avaient nommé ces sortes de créatures chauves-souris les « Gremlins ». Le nom Ri-komo n’était plus utilisé. Même Haruhiro et le reste utilisaient gremlins désormais.

Lala et Nono nommèrent la zone où les gremlins déposaient leurs œufs le Hangar à Œufs, et la zone après ça la Planque des Gremlins. Naturellement, Haruhiro et le reste utilisaient aussi ces noms désormais. Lala et Nono avaient un bon sens pour le business, et ils s’étaient faits de l’argent en invitant Orion, les Phalanges de Fer, et d’autres clans influents dans les Étendues Crépusculaires et en se chargeant de leur présenter l’endroit.

Lala et Nono étaient apparemment très prudents et méticuleux. Ils avaient exploré la Planque des Gremlins de fond en comble et avaient découvert l’entrée d’un autre monde séparé des Étendues Crépusculaires, où il faisait toujours sombre et où l’aube ne venait jamais— Les Étendues Nocturnes.

Les Étendues Nocturnes étaient plus ou moins vierges. Il faisait sombre après tout, et il y avait des rumeurs comme quoi des soldats volontaires qui y étaient allés ou pas, n’étaient jamais revenus. Cela semblait être un endroit vraiment dangereux, et il y avait des rumeurs comme quoi Lala et Nono continuaient secrètement d’inspecter l’endroit.

A ce jour où ces rumeurs fantasmagoriques semblaient avoir une part de vérité en eux, les Étendues Crépusculaire étaient devenues le terrain de chasse numéro un pour les soldats volontaires. Cela était devenu ainsi en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Haruhiro se tenait en dehors de sa tente en prenant une gorgée d’eau dans sa cantine. Il soupira.

C’est vraiment un truc de dingue…

Dans la zone entre la vallée que Lala et Nono avaient découverte et l’est de la colline initiale, il n’y avait pas juste des tentes, mais des dizaines de tentes alignées. La plupart d’entre elles appartenaient à des soldats volontaires qui, comme Haruhiro et les Tokkis, restaient dans les Étendues Crépusculaires. Le reste était pour ceux qui faisaient affaire avec les soldats volontaires— une cafétéria itinérante, un bar itinérant, un bain public, un revendeur, une branche de la Banque Yorozu, et même… ces gens qui vendaient des compagnons d’aventures. Ces personnes avaient leurs tentes plantées près de la vallée, tandis que les tentes des soldats volontaires étaient plantées tout autour d’eux, ce qui formait une sorte de village miniature.

Tout cela était appelé le Camp de Base du Corps des Soldats Volontaires des Étendues Crépusculaires.

Non, c’était un mensonge. Presque personne n’utilisait un nom aussi long. Le camp de base était la version courte.

La nuit ne venait jamais ici.

De l’autre côté, c’était probablement le milieu de la nuit, mais, en quelque sorte, il n’y avait pas de temps ici, donc on n’aurait pas vraiment dit que c’était la nuit. Anna-san avait une montre mécanique, donc Haruhiro et les autres se reposaient sur elle pour se lever le matin, être actifs durant la journée, et puis dormir autant que possible la nuit.

Haruhiro voulait vraiment faire cela, mais il se sentait un petit peu insomniaque. C’était pour ça qu’il était là tout seul, recroquevillé à l’extérieur de la tente. Il pouvait entendre les ronflements de Ranta.

Comment je pourrais dormir avec ça, pensa-t-il.

Les voix des soldats volontaires qui étaient au bar itinérant avaient l’air effroyablement bruyantes.

Je vais pas pouvoir dormir du tout, pensa-t-il.

—Le truc ici, v’savez, il ne fait jamais nuit et je crois que ça me pèse, marmonna Haruhiro.

Est-ce que ça me rend nerveux ? Se demanda-t-il. Je ne suis pas complètement insensible à ce genre de choses comme Ranta, mais je ne pense pas y être trop sensible non plus.

—Je voudrais vivre seul… un de ces jours… murmura-t-il.

C‘est juste qu’il y a un truc d’intolérable à avoir des gens constamment autour de soi. Ça peut devenir suffocant. Ça l’est souvent, en vrai. C’est peut-être un grand rêve, mais je veux louer une chambre pour moi tout seul.

—Ugh, Je déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, déteste ça, j’en peux plus…

Il enterra sa tête entre ses bras et il se marmonna des choses pendant un bon moment. Cela l’aidait à se sentir mieux.

Soyons réalistes. Je veux dire, même si j’allais louer une chambre, on serait pas de retour à Alterna avant un bout de temps. A l’Avant-Poste de Champ-Lointain et au camp de base, on vivra dans des tentes. Pour ce qui est de se déplacer, moins on a de tentes, mieux c’est. La configuration actuelle, une pour les gars, une pour les filles, deux au total, est probablement la meilleure. Je le sais ça, alors pourquoi j’ai des envies soudaines d’être tout seul ?

J’arrive pas à trouver une raison.

C’est peut-être en partie parce que je suis le leader, un rôle que je suis fondamentalement pas fait pour être…en vrai, c’est en grande partie à cause de ça que j’essaie d’être attentionné avec les autres.

C’est bien quand on travail. Il y a plein de choses à penser, plein de choses à faire, alors je ne me concentre pas trop là-dessus. Mais quand le jour se termine et que je suis libéré de mes obligations, tout me retombe dessus, et j’ai du mal à respirer.

Je ne pense pas vouloir tout foutre en l’air. Je n’ai pas prévu de m’enfuir non plus. C’est juste que, c’est dur.

Je ne peux rien jeter en l’air, et je n’ai pas l’intention de le faire, mais c’est difficile. Je fais plus que ce je peux supporter, et je ne peux pas m’empêcher de me sentir mal à l’aise. Mais bon, je dois quand même le faire.

Je ne peux pas m’en plaindre non plus. Je ne veux pas inquiéter mes camarades, et j’ai pas envie de faire de vagues. Ça pourrait affecter nos performances.

Quoi qu’il en soit, je fais attention à leurs sentiments. Avec mes camarades et avec les Tokkis. J’ai pas d’autres choix. Ce labeur émotionnel m’épuise.

Je veux être seul.

—Bah, je le suis, en fait, marmonna-t-il. Seul…

C’est vrai. Mon souhait est exaucé. Je suis seul là. Haruhiro se leva. Je vais aller faire un tour.

Il laissa la tente et se dirigea vers la vallée. Il n’y avait pas de nuit ou de jour ici, donc il y avait des clients et à la cafétéria et au bar. Il y avait aussi des soldats volontaires qui se baladaient dans le coins, mais Haruhiro se déplaça discrètement pour éviter d’attirer l’attention.

Il y avait un grand nombre de soldats volontaires amassé ici au camp de base. Cela dit, ce n’était pas comme s’ils étaient deux ou trois cents. Il les connaissait tous à peu près, mais ils étaient ses ainés, et Haruhiro et les autres étaient souvent les sujets de leurs blagues. Si l’un d’entre eux l’appelait et qu’il devait s’engager dans une petite discussion inutile, il était sûr de passer un moment déplaisant. En plus, il voulait être seul.

Les membres des Phalanges de Fer étaient en train de tenir une fête au bar itinérant. Ils étaient ce que vous et moi appellerions un clan, mais pour on ne sait quelle raison ils se disaient une famille, et ils se parlaient comme des frères. Au centre du groupe se trouvait un homme avec les cheveux rasés qui n’était pas spécialement larges, et il avait le visage d’un bébé, mais même à cette distance il avait une aura intimidante, Titan Max. L’homme avec un petit bouc qui était assis à côté de lui était sa main droite, Aidan.

De ce qu’il savait, le vrai nom de Max était Masafumi et Aidan était Eisuke, mais quiconque prononçait ses noms en face de l’un d’eux était garantie de voir couler son sang. Ce n’était pas juste Max et Aidan ; la plupart des frères avaient des surnoms qu’ils utilisaient pour se reconnaître.

—Nous ! Sommes ! Les ! Phalanges ! De ! Fer ! Ouaiiiiiiiiis ! crièrent les frères.

Haruhiro les entendait souvent crier. Les frères devenaient vraiment excités quand ils criaient tous en ensemble avec leurs voix graves. Il ne comprenait pas vraiment, ce genre de culture.

Les Phalanges de Fer furent les deuxièmes à faire irruption dans les Étendues Crépusculaires après Orion, et ils avaient vite démontré à quel point ils étaient féroces.

Orion était à l’image du caractère de Shinohara, et ses membres étaient généralement élégants, une sorte de club d’exploration bourgeois, mais Max et sa clique étaient bien loin de tout ça. Ils étaient belliqueux jusqu’à la moelle, et c’était un terrifiant groupe de combattant.

Ils les tuèrent. Chaque cultiste qu’ils trouvèrent, ils les tuèrent. C’était un massacre.

Il y avait des villes de cultiste éparpillées un peu partout dans les Étendues Crépusculaires. Avant qu’Orion ne vienne, Haruhiro et les autres en avaient découvert deux. Cependant, ils ne s’en étaient jamais approchés, vu qu’il y avait des cultistes qui y vivaient. Cela aurait été clairement dangereux.

Cependant, les Phalanges de Fer avaient foncé têtes baissées comme si de rien n’était. De ce qu’avait entendu Haruhiro, ils avaient passé un jour entier, plus de 24 heures, à massacrer des cultistes. Après ça, les cultistes survivants avaient déserté la ville, et les Phalanges de Fer avaient fait un retour triomphant en chantant des chants de victoire.

Ils avaient envahi la ville. Non, peut-être serait-ce plus juste de dire qu’ils l’avaient détruite. Et en fait, il se trouve que ces derniers jours, c’était cette ville qu’Haruhiro et les autres utilisaient parfois comme terrain de chasse.

Ensuite, les Phalanges de Fer avaient continué d’occuper la ville ; ils s’étaient lancés dans une expédition avec des raids et des massacres. Dépensaient-ils leur revenu du jour le jour même ? Non, ce n’était pas ça. Quoi qu’il en soit, les cultistes étaient retournés dans leur ville en petit groupe, mais ils ne firent que nettoyer les corps de leurs camarades déchus et patrouiller dans la zone, sans montrer la moindre intention de vivre ici pour le moment.

De plus, les géants blancs étaient habituellement dans les zones appelées bases des cultistes, ou juste les bases, et pas dans les villes des cultistes. Cela était vrai, de ce qu’avait pu voir le groupe depuis.

Tout d’abord, à l’instar des cultistes, les géants blancs n’étaient pas n’importe où. Ils se trouvaient uniquement dans les ruines du temple des dieux géants dans lesquelles les Tokkis s’étaient enfuis le deuxième jour de leur arrivée dans les Étendues Crépusculaires, ou dans le bassin au sud-ouest de la colline initiale appelé le Grand Chaudron des Dieux où des géants blancs avaient été observés.

Cela dit, depuis que les Phalanges de Fer avaient anéanti l’une des bases des cultistes, les géants blancs avaient commencé à flâner un peu partout. On les voyait même parfois agir de concert avec les cultistes.

Pour cette raison, il était maintenant aisé d’attraper un nombre limité de cultistes et de géants blancs dans la base que les Phalanges de Fer avaient détruite, ce qui rendait cet endroit un terrain de chasse lucratif pour les soldats volontaires. Parmi les soldats volontaires, on appelait cet endroit « Le Premier ».

Cela venait-il du fait que c’était la première base détruite par les humains, ou alors que c’était le premier terrain de chasse ? Ou les deux, peut-être ? Haruhiro ne le savait pas vraiment.

—Bah, on doit beaucoup aux Phalanges de Fer, ça c’est sûr… marmonna-t-il.

C’était des gens atroces, ouais. Cela n’allait pas être facile de passer outre ce sentiment. Mais vu qu’Haruhiro et les autres vivaient sur les restes de leur travail, cela voulait dire qu’ils étaient tout autant atroces qu’eux, et qu’ils étaient aussi insignifiants. Ils n’étaient en aucun cas en position pour les critiquer.

En mettant ça de côté, Haruhiro mit en pratique ses compétences de voleur pour atteindre l’orée de la vallée sans attirer l’attention de qui que ce soit. Il savoura cette légère sensation d’accomplissement.

Je suis vraiment un gars simple, pensa-t-il. Mais ça me va d’être comme ça. Un gars simple. C’est cool. Je voudrais être un mec simple pour toujours. En vrai, ce que je ne veux pas c’est être un leader simple, et ça fait vraiment mal de se dire que je pourrais rien y changer.

Quand ils avaient découvert cet endroit, tout avait été verdoyant et vert, mais c’était beaucoup plus désolé désormais. Tous les arbres avaient été abattus, il n’en restait plus un seul. Il restait quelques buissons ici et là. Et c’est tout.

La source en bas de la vallée était utilisée comme source d’eau potable. La cantine d’Haruhiro contenait de l’eau de cette source qui avait été bouillie. L’eau avait l’air claire et propre, mais si vous la buviez comme ça, vous auriez une diarrhée garantie. Et une bonne. Les soldats volontaires ne se retenaient pas sur leur usage de l’eau, donc il y avait un risque qu’elle s’assèche, mais ça avait l’air bon pour l’instant.

Quand il regardait vers la source, pour on ne sait quelle raison, cela calmait son cœur. Faire cela l’aider à retrouver un état d’esprit à peu près stable. Il était vraiment une personne simple et facile. Il était heureux d’être une personne simple et facile. Si Haruhiro avait été quelqu’un de raffiné et de compliqué, il se serait sûrement inquiété pour beaucoup plus de choses qu’il ne le faisait déjà.

Il commençait à se dire qu’il pourrait trouver le sommeil, donc Haruhiro décida de retourner à la tente.

C’est vraiment ça que je vaux…

Alors qu’il marchait, il se moqua de lui-même. Jour après jour, il pensait la même sorte de chose encore et encore, en se torturant le cerveau avec, et puis il commencerait à remarquer qu’il n’en avait juste plus rien à faire. Il commencerait alors à se mettre en mode, « Bah, je vais travailler dur demain aussi. »

Vous pourriez dire que je ne fais pas vraiment de progrès… mais quand même, c’est pas si mal. Je ne suis pas quelqu’un d’important, alors je devrais me demander si c’est si facile de faire des progrès…

Le groupe dans son entièreté fait de gros progrès, et on arrive à se faire du profit, donc c’est bon, pas vrai ? Pensa-t-il. Ouais. C’est bon. Je devrais juste accepter ça. C’est ce que je vais faire.

Ma douce tente est juste à se tournant là. Pas qu’il y ait quoi que ce soit de doux là-dedans.

Hé, attendez.

Quelqu’un émergea de la tente. Non, pas quelqu’un—ça ne pouvait être que Ranta ou Kuzaku.

C’est Kuzaku, nota Haruhiro. Il est toujours aussi grand, même si sa posture n’est pas terrible. Pas une surprise, en vrai. La hauteur ne change pas facilement. C’est évident.

Si ça n’avait été que ça, ça n’aurait pas eu d’importance…

Oh, qu’est-ce qu’y a, il s’est réveillé, hmm ?

…mais une autre personne sortit de la tente voisine, donc ça avait de l’importance.

Enfin, non, pas vraiment un évènement important, mais Kuzaku sortit de la tente des gars, et Merry sortit de la tente des filles à quelques secondes d’intervalle. Cela pouvait-il vraiment être une coïncidence ? Peut-être était-ce inévitable ? C’était dur à dire.

…Je ne peux pas leur demander…

Haruhiro se fondit derrière l’ombre de la tente la plus proche. Il s’était immédiatement caché, bien que ce n’était pas intentionnel.

Y’a t-il quelque chose de mal à se cacher ? Pas vraiment, non.

Mais quand même. Je ne devrais vraiment pas.

Il laissa dépasser à moitié sa tête pour les observer tous les deux.

Pourquoi je dois faire ça ? C’est comme si je les espionnais. C’est pas bon. Genre vraiment. Mais quand même. Je dois l’admettre. Je suis un peu curieux. Bien sûr que je le suis. Je veux dire, je suis le leader, pas vrai ? Peut-être que ça n’a pas d’importance ? Non, mais ça se passe au sein du groupe, non ? On ne peut pas dire que ce n’est absolument pas mes affaires, pas vrai ? Chais pas. Peut-être que si ?

Ils se disaient quelque chose. Merry avait la tête légèrement baissée.

Je me demande de quoi ils peuvent bien parler ces deux-là. Chier. Je peux pas entendre.

—Oh…

Haruhiro laissa finalement échapper un grognement étrange. Kuzaku avait attrapé le bras de Merry— non, sa manche. Il tira dessus et ils se mirent à marcher. Merry ne résista pas. Tout en continuant à avoir le regard baissé, elle le suivit.

Ohh. Alors elle y va. Elle va y aller. Ensemble. Ohh. Je vois. Alors c’est comme ça…

—Je l’ai vu, marmonna Haruhiro.

Bah, peu importe.

C’est vrai.

Je suis parfaitement d’accord avec ça, vous savez ?

Ce n’est pas comme si je ne l’avais pas vu venir du tout. Ouais. Je m’en doutais, OK ? J’en étais pratiquement sûr. Jusqu’où sont-ils allés ? Ça je suis sûr de rien, et j’ai pas l’intention de le trouver, parce que j’ai pas envie de le savoir, mais je suis putain de sûr que quelque chose est arrivé entre eux deux, au moins. Je suis sûr qu’un petit truc est arrivé. Alors, je vous en prie, continuez.

Faites ce que vous voulez !

Ouais !

Comme si j’en avais quelque chose à foutre !

Je veux dire, sinon, je vous surveillerais, OK ?! Je le ferai, vous savez ?!

Si vous aviez dit quelque chose, bien évidemment !

Si vous aviez été honnêtes et que vous me l’aviez dit…

Je pense vraiment qu’ils devraient l’annoncer, vous savez…

—Hahhhh…

Haruhiro laissa échapper un profond soupir en s’asseyant sur le sol et en s’attrapant la poitrine. Il était au bord des larmes.

C’est un choc.

Pourquoi ? Pourquoi je suis si choqué par ça ? Parce qu’ils le font en secret ? Dites-le-moi ! Dites quelque chose ! Vous ne me faites pas confiance ?! C’est ça ? Je ne pense pas que ce soit vraiment ça. Même si j’aurais préféré qu’ils ne se cachent pas, c’est pas vraiment la chose la plus facile à annoncer. Ce n’est pas que je ne le vois pas comme ça.

« Voilà, nous deux on sort ensemble ! »

Le dire soudainement comme ça ne ressemblerait pas à Kuzaku, et encore moins à Merry. V’savez, c’est juste pas leur façon d’être. En plus, leur relation pourrait bien être en train de grandir de plus en plus, il se pourrait qu’il n’y ait pas une ligne précise, ou une forme définie à cette histoire. Peut-être que les deux se sentent mal de le cacher à leurs camarades, mais ils n’arrivent justes pas à le dire. Il se pourrait qu’ils ne sachent pas comment le dire eux-mêmes. Il pourrait se passer tout un tas de choses. Ça doit être ça.

Et puis ils ont, quoi— des sentiments ? L’un pour l’autre ? Donc, ils sont mutuellement attirés ?

—Urghhhh…

Il y a une douleur dans ma poitrine. C’est une agonie. C’est quoi ça ?

Bon, peu importe, s’ils vont être, quoi, amoureux ? Quelque chose comme ça ? Une relation romantique ? Un amour réciproque ? C’est entre eux deux, et ils sont libres de faire ce qu’il leur chante.

Ils sont complètement libres de le faire. Personne n’a le droit de se mettre en travers de leur chemin. Quiconque se met en travers de l’amour mérite de se faire battre à mort par un cheval !

C’était ce qu’Haruhiro pensait. Il le pensait vraiment du plus profond de son cœur.

Alors, pourquoi ?

Est-ce que c’est la seule raison pour laquelle ils font ça ?

C’était dur à accepter, et il ne voulait pas l’accepter, et il se disait qu’il ne fallait mieux pas qu’il l’accepte, mais au final, c’était probablement ce qui était en train de se passer.

Peu importe ce qu’il pouvait dire, Haruhiro avait un peu aimé Merry. D’une façon simple et plane— d’une façon sincèrement simple et plane, une façon si simple et si plane que cela lui convenait à merveille— il avait eu le béguin pour elle, mais c’était à sens unique.

Naturellement, je n’ai jamais vraiment pensé, même pas ne serait-ce qu’une seconde, que je pourrais faire en sorte que Merry m’aime en retour. Je n’attends rien de tout ça. Je peux le dire pour de bon. C’est pour ça que je n’ai jamais voulu penser que j’étais amoureux de Merry. J’ai essayé de ne pas y penser. Je veux dire, tout ceci à l’air si vide et insignifiant.

Et pourtant, il l’avait probablement aimé. S’il faisait une expérience de pensée comme celle-là, il pouvait s’en assurer.

Prenez Yume ou Shihoru, ses camarades comme Merry, par exemple.

Imaginez que Yume ou Shihoru se mette avec quelqu’un dans le groupe.

Quand cela arriverait, ressentirait-il la même douleur dans sa poitrine ?

Cela ferait-il autant mal ?

Probablement pas.

Shihoru et Ranta— s’ils se mettaient ensemble, ce serait vraiment une grosse surprise. Mais il serait juste surpris, et il se ferait du souci sur ce qui arrivera dans le futur, mais cela s’arrêterait sûrement là. Ce serait pareil avec Yume et Ranta. Si c’était Yume et Kuzaku, ou Shihoru et Kuzaku, ce serait inattendu, mais « Oh, je vois, j’espère que vous trouverez le bonheur, essayez de ne pas vous séparer, OK ? Ce serait embêtant de s’occuper de la séparation », aurait été ses réactions.

C’était uniquement parce que c’était Merry.

Qu’elle se mette avec Kuzaku, ou avec n’importe qui d’autre, Haruhiro aurait été très probablement choqué dans tous les cas. Parce qu’il était tombé complètement amoureux de Merry.

—Je vois… Alors c’est comme ça…

Haruhiro regarda les yeux absents vers ce ciel aux mille couleurs. Une faille s’ouvrit dans sa poitrine qui avait été alourdie et tourmentée par la douleur depuis un bout de temps déjà. Vu que c’était une faille, il n’y avait rien ici, juste le vent qui passait à travers.

Le cœur d’Haruhiro était brisé.

Ou plutôt, cela faisait maintenant bien longtemps qu’il était brisé.

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