Haruhiro avait fait une certaine rencontre. Pensant que cela était une chance qu’il ne pouvait pas se permettre de laisser passer, il lui avait tendu la main sans la moindre hésitation. L’opportunité de changer était venue à eux. Le temps où ils marchaient était révolu. Maintenant, il était temps de courir.
—Ghh ! Urkh ! Ahh !
Kuzaku était désespérément en train de retenir les attaques d’un muryan avec son bouclier. Si l’on devait décrire les muryans en un seul mot, c’était des fourmis. En termes de taille, ils étaient plus larges que les humains. Ils avaient une couleur bordeaux, et leurs corps étaient plus solidement constitués que ceux des fourmis. Cela dépendait des individus, mais certains avaient une paire de bras en plus de leurs trois paires de jambes. Il y avait beaucoup de différences, certes, mais ils étaient similaires aux fourmis. Des fourmis géantes qui avaient construit des nids partout dans le Trou-Ô-Merveilles, dans lesquels ils se reproduisaient.
—Hah ! Hah ! Prends ça ! beugla Ranta.
Ranta était en train de croiser le fer avec un autre muryan. Celui auquel Kuzaku faisait face était un type de muryan communément appelé un samurai. C’était une variété vicieuse qui utilisait la dextérité de leurs mains pour tenir différentes armes qu’ils utilisaient pour attaquer brutalement les créatures hostiles. Pendant ce temps, Ranta était en train de combattre l’un de ceux qui étaient originellement prévus pour défendre les nids contre les menaces extérieures, un soldat avec deux bras qui avaient la forme de lames tranchantes.
En plus de tout ça, Haruhiro et Yume combattaient chacun d’eux un soldat muryan, et Merry était dans le fond en train de garder Shihoru.
—Jess, yeen ,sark, fram, dart… !
Shihoru incanta Éclair. Une boule de foudre s’abattit sur le soldat C, celui qui se battait avec Yume.
Ils ne savaient pas vraiment pourquoi, mais la magie Falz semblait plus qu’efficace contre les muryans. Le soldat C s’envola avec le choc, son corps convulsa avant de s’effondrer. Yume rangea sa machette, arma son arc, et elle décocha une flèche. Tout en criant, elle tira son projectile pour garder occupé un nouvel ennemi, le soldat D qui était en train de sortir du nid. Haruhiro n’était pas bon pour rivaliser avec les muryans qui n’étaient pas humanoïdes. Il se concentrait sur sa défense en utilisant Frappe tout en gardant un œil attentif sur le déroulé du combat.
—Kuzaku, Ranta ! Ça arrive ! cria Haruhiro.
—Juste nous le dire va pas vraiment aider ! brailla Kuzaku en retour.
Il semblerait que Kuzaku était proche de sa limite rien qu’en bloquant les armes du samurai qui avaient des allures de katana avec son bouclier. Ce katana n’était pas fait de métal. On aurait dit de la porcelaine, mais le matériau était résistant et avait une puissance dévastatrice. Le samurai avait une affinité naturelle pour l’ambidextrie, donc il était difficile de blâmer Kuzaku pour ne pas pouvoir supporter ce style d’épée à une main.
—Zwoosh ! Ha ! Évitement !
Ranta recula en utilisant Epuisement pour attirer le soldat A, puis il le planta avec son épée. Le soldat A pris une épée en pleine poire, et pourtant il n’était pas mort. Tout sur son visage, en incluant ses yeux, étaient écrabouillés, ce n’était pas une petite égratignure. Avec un lourd rugissement et des cris répétés, Ranta se lâcha sur lui, le découpant encore et encore. Peu de temps après, le soldat A s’arrêta de bouger.
—Yume, aide Kuzaku ! ordonna Haruhiro en se défendant avec Frappe.
—Aye, m’sieur ! répondit Yume avant d’aller au secours de Kuzaku.
Ranta se jeta avec un autre coup sur le nouvellement arrivé soldat D. Shihoru ré-incanta Éclair. Le muryan qui essayait de suivre le soldat D, le soldat E, fut frappé par la foudre. Un autre soldat vint, et Merry se mit en mouvement.
—Haru, on échange ! s’exclama-t-elle.
—Je compte sur toi ! cria-t-il en retour.
Il laissa le soldat B à Merry, avant de se mettre à avancer.
Yume dégaina sa machette en essayant d’attaquer le samurai depuis les côtés. Et pourtant, le samurai fit face à Yume et à Kuzaku, n’offrant ni à l’un ni à l’autre la moindre ouverture. C’était vraiment un formidable adversaire, mais, au fond de lui-même, Haruhiro aurait voulu que Kuzaku l’abatte, et non simplement qu’il l’occupe.
Je veux qu’il montre qu’au moins il essaye, pensa Haruhiro. Dans la situation actuelle, ce n’est pas un vrai tank. Est-ce qu’il est satisfait de sa situation ? Mais trêve de bavardages, ajouta-t-il pour lui. Ça ne peux pas attendre.
Haruhiro stoppa l’avancée du soldat F avec une Frappe.
Tu n’iras pas plus loin.
—Jaillissement ! s’exclama Ranta, et il sauta diagonalement vers l’avant.
Cela dit, il fit plus que dépasser le soldat D. Tout en le croisant, il détacha la tête de la fourmi géante.
—Wahahahaha ! Je suis incroyable !
—Ranta, suivant ! cria Haruhiro.
—Je le sais déjà, ok ?!
Le soldat G entre dans la danse, nota Haruhiro.
Ranta se rapprocha de lui rapidement avec Jaillissement, balayant sa longue épée répétitivement contre le soldat G.
Il est en train de s’emporter. C’est bon pour l’instant, mais—le problème c’est ce qui se passe après. S’il y en a plus qui se ramène…
Alors qu’Haruhiro commença à penser ça, les créatures émergèrent. Et comme on pouvait s’y attendre …
Bien sûr qu’il arrive, pensa-t-il, frustré. Voilà le soldat H.
—Jess, yeen, sark, fram, dart… !
Peut-être commençait-elle à perdre patience, car Shihoru déchaina un Éclair sur le samurai. À l’instar des soldats, les samurais ne pouvaient pas être immobilisé pas un seul coup d’Éclair. Cela dit, le samurai fit un pas en arrière, ou d’une douzaine de centimètres. Kuzaku hurla un cri de guerre, et Yume cria « Meow, meow, meow ! » tandis que tous deux se défoulaient sur le samurai.
—Espèce d’idiot ! cria Ranta.
Je vois ce qu’il veut dire. C’est Kuzaku, pensa Haruhiro.
Yume avait pu voir que le samurai ne s’était pas complètement remis du choc, donc elle était en train de concentrer ses attaques sur la tête. En comparaison, Kuzaku était simplement affable. Il était juste en train de balancer son épée comme un animal, la plupart de ses coups se faisaient dévier par le katana du samurai.
Qu’est-ce que je devrais faire avec le soldat H ? pensa Haruhiro. Est-ce que je le laisse à Kuzaku ou à Yume ? Mais je devrais probablement pas laisser Yume seule contre le samurai. Est-ce que je devrais faire en sorte que Kuzaku nous gagne du temps tandis que Yume se charge du soldat H ? Agh, qu’est-ce que je fais ? Je dois faire quelque chose. Je crois qu’on peut. Non, je ne peux pas juste croire. Je dois penser, prendre des décisions, puis les mettre à exécution.
Aujourd’hui, encore, ils avaient contourné le domaine des trois demi-humains et ils s’étaient baladés dans la zone connue sous le nom de nid des muryans. Ils avaient tué plus de muryans qu’ils ne pourraient en compter. Les muryans n’attaquaient pas sans distinction comme les trois demi-humains le feraient, mais les samurais étaient hautement agressifs. Si un samurai engageait un combat, des soldats se rassembleraient pour l’assister, et même certains soldats individuels attaqueraient s’ils s’en rapprochaient trop. Les soldats essayeraient d’appeler d’autre soldat proche au combat.
S’ils revendaient l’arme style katana noir des samurais, ils en tireraient un bon prix. Haruhiro ne connaissait pas les détails, mais apparemment en fondant ces armes avec d’autres métaux, on pouvait les utiliser pour créer un alliage de top qualité. Sur certains soldats, des parties de leur exosquelette étaient de couleur verdâtre d’orée, et ces parties pouvaient être vendues. C’était apparemment des reines, qui pondaient des œufs, et les étalons, qui s’accouplaient avec les reines, se trouvaient plus en profondeur, mais ils n’en avaient jamais rencontré aucun. Les innombrables petits travailleurs qui construisaient les nids étaient et sans bras, et sans valeur, donc ils pouvaient être ignorés purement et simplement.
Leur groupe ne se faisait pas d’argent à foison ici, mais ils n’étaient jamais revenus dans le rouge. S’ils allaient devoir construire leur force lentement mais sûrement avec de l’expérience, le nid des muryans n’était pas un mauvais endroit pour chasser. Il n’était pas en manque de proie, et bien que les samurais étaient puissants, ils n’étaient pas légion. S’ils restaient sur leurs gardes, ces monstres étaient définitivement plus simples à gérer que les hordes sans fin de demi-humains.
Et aussi, tout comme les demi-humains évitaient de pénétrer dans le nid des muryans, les muryans évitaient eux aussi d’entrer dans le territoire des trois demi-humains. Si le cour du combat tournait au vinaigre, Haruhiro et son groupe pourraient se réfugier sur les terres des demi-humains, et les muryans, généralement, retourneraient dans leurs nids. L’espace qui séparait le territoire demi-humain et le nid des muryans pouvait être utilisé comme une zone de repos.
—Enfin voilà quoi, allez, râla Ranta. Fais quelque chose par rapport à ça ! Tu sais de quoi je suis en train de parler, pas vrai ?! Alors ?!
Après que le soleil se soit couché et qu’ils soient rentrés dans les petites ruelles de l’Avant-Poste de Champ-Lointain pour diner et boire un verre à l’un des stands de nourriture, Ranta explosa.
—Pourquoi est-ce que t’es assis là avec cette expression débile comme si ça te concernait pas ?! beugla-t-il.
—Est-ce que t’es débile ?! Je te parle, fry ! Je ! Te ! Parle !
—…Huh ?
Kuzaku, qui était en train de regarder dans une autre direction en sirotant sa boisson, se retourna lentement vers Ranta.
—Qui ça moi ?
—Ouais, toi ! beugla Ranta.
—De qui d’autre je pourrais parler, espèce d’idiot ? Ouai, c’est bien ce que je pensais, personne ! Alors ?!
—Tu crois ? demanda Kuzaku.
—Je le pense ! C’est toi ! Tu es le problème !
—Pas si fort, leur dit Merry avec une voix calme.
—C’est vrai, dit Yume en se frottant les épaules. La voix de Ranta, elle est trop énervante. Elle me tape sur les nerfs, v’savez. Devoir l’entendre, c’est une gêne pour tous ceux qui sont autour d’lui.
—Pas juste pour ceux qui sont autour de nous, dit Shihoru en soupirant. C’est une gêne pour moi aussi.
—Shihoruuuuuuuuuu. Rurururuuuuuuuuu, s’exclama Ranta.
—Je vais te peloter !
—… Jess, yeen, sark…
—Whoa, minute, pou-pourquoi est-ce que tu dessines des runes élémentaires en incantant ?!
—Pour ma self-défense, dis Shihoru. Je pense que c’est justifié. Jess, yeen, sark, fram…
—Whoa, attend, j’ai compris, j’ai compris c’est bon, ok ? Je vais me taire un peu. C’est pas comme si je faisais ça pour me battre avec les gens, tu sais ?
Haruhiro se frotta la tête.
—Alors, commence par parler comme une personne normale.
—Heh.
Ranta se donna une pichenette sur le nez avec son pouce.
—Je disais donc. Tu as besoin de faire quelque chose par rapport à ça, Kuzaku. Oui, cela va sans dire, je suis en train de te parler.
Kuzaku s’était encore retourné dans la direction opposée.
—Quelque chose par rapport à quoi ?
—Non, avant ça, j’aime pas ton attitude, dit Ranta avec une pointe d’énervement.
—Pourquoi est-ce que t’as l’air de faire la gueule ?
—Je fais pas vraiment la gueule, mec.
—Non, t’es absolument, complètement en train de faire la gueule, dit Ranta. Tu crois que t’as le droit de tirer la tronche ou un truc comme ça ? Huh ?
—Je sais que je fais pas du bon boulot, dit Kuzaku.
—Ouais, et qu’est-ce que le fait de juste savoir ça va apporter de nouveau ? demanda Ranta. T’es pas content parce que tu peux pas faire ton boulot correctement ?
—J’en ai peut-être pas l’air…
Kuzaku se tint la tête et son menton par la même occasion.
—… mais ça me fout vraiment mal.
—Ouais, eh ben, t’as pas le droit de te sentir mal à cause de ça, fry, s’énerva Ranta. Est-ce que t’es attardé ? Tu dois être attardé.
—Arrête de dire que je suis attardé, dit Kuzaku.
—Ohh ? Est-ce une réponse insolente que j’ouïsse ? Une réponse arrogante ? Es-tu un attardé débile ? Tu dois être un attardé débile, huh ? Je le savais. Je savais que tu étais un attardé débile, chanta Ranta
—Ecoute, vieux… dit Kuzaku énervé.
—Whoa là. Tu viens de me regarder ? Le gamin prétentieux a osé me défier, moi ? Écoute, frérot, garde ça pour quand tu auras fait ce que tu es supposé faire, ok ? T’es censé être un tank, bordel de merde. T’es notre tank, mais t’es un tank de merde qui peux même pas remplir son rôle, sale nul, dit Ranta
—Je le sais déjà ! Je sais que je ne fais pas mon boulot ! cria Kuzaku.
—Si tu le sais, pourquoi est-ce que tu fais la gueule alors ?! répondit Ranta en hurlant.
—Quoi ?! Est-ce que c’est ça ? Je suis juste un poutit gamin, et je ne peux pas faire ce que tu veux que je fasse, mais je fouais vraiiiiment de mon mieux, alours sois vraiiiiiment gentil avec moi, huh ?
—Je n’ai jamais dit ça, bouda Kuzaku.
—Ouais, tu ne l’as pas dit ! Tu l’as insinué avec ton attitude !
—Enculé !
Kuzaku essaya d’attraper Ranta.
Enfin, « essaya » était le mot clé ici, car Ranta frappa sous le menton de Kuzaku avec sa paume quand il se rapprocha. Kuzaku tituba vers l’arrière et tomba au sol. Juste avant de tomber, il se débrouilla pour placer ses mains par terre, donc il finit à quatre pattes.
—… Putain… Espèce d’enculé …
—Est-ce que c’est la seule insulte que t’as en réserve, minable ? ricana Ranta.
—He, Ranta… commença Haruhiro.
—Toi reste en dehors de ça, Haruhiro ! Je vais dire à ce timbré ce qu’il a besoin d’entendre, parce que t’es trop putain de faible pour le dire !
Ranta s’accroupit près de Kuzaku et il planta son index contre le front du paladin.
—Écoute-moi bien, espèce de tank en papier mâché ! On n’en a rien à branler que tu donnes à fond ou pas ! C’est les résultats qui comptent ! Des efforts vains ça vaut toujours que dalle ! Mais genre vraiment que dalle ! Combien de jours tu penses qu’on a combattu les muryans jusqu’à maintenant, espèce d’abruti ? Six jours ! Six ! Ça fait six putains de jours ! Nous ça nous sert à rien un tank qui commence à pleurnicher quand il doit prendre un muryan ! En vrai, à l’inverse, on serait mieux sans un gars comme toi ! T’es censé être notre tank, sors-toi les doigts et prends-en au moins deux ! Fais-le comme si t’étais prêt à mourir ! Si tu peux pas, alors contente-toi de mourir ! Tu piges tout ça, le tank en papier mâché ?!
Kuzaku regarda ses chaussures, ne faisant aucune tentative pour écarter le doigt de Ranta. S’il l’avait voulu, Haruhiro aurait été capable d’arrêter Ranta. Il aurait pu l’interrompre, ne pas le laisser finir. Pas seulement Haruhiro. Yume et Shihoru, qui étaient toujours contre Ranta, ou même Merry, auraient pu dire quelque chose. Ils ne levèrent pas ne serait-ce qu’un petit doigt.
Lui dire qu’ils seraient mieux sans lui, qu’il pouvait mourir, qu’il était un tank en papier mâché… Haruhiro ne serait pas allé aussi loin.
Mais bon, je ne suis pas satisfait de Kuzaku. Même en mettant de côté le problème de l’habilité, à part qu’il ait été béni avec un corps assez grand, Kuzaku est étonnamment petit pour un tank.
Voilà quoi, je suis d’accord, je lui ai dit de se concentrer sur ses Bloquages, mais s’il avait fait ça sérieusement, n’aurait-il pas été capable de faire un peu plus ? Kuzaku se contente de jouer le rôle qu’on lui a donné, se défendre contre les attaques des ennemis que je lui assigne. Ça se pourrait bien que ce soit tout ce qu’il puisse faire, mais il observe à peine ce qu’il se passe autour de lui. Il est juste là. Comme une sorte de grand obstacle. Honnêtement, j’ai l’impression qu’il ne se bat pas avec nous.
Malgré tout, Kuzaku avait rejoint le groupe après Haruhiro et les autres. Il n’avait pas la même expérience qu’eux. Il devait y avoir des difficultés que seul lui expérimentait.
C’est pour ça que je me suis dit que je devais le surveiller de près. Je me suis dit que si j’étais patient avec lui, il pourrait éventuellement s’améliorer, pensa Haruhiro. Je ne connais pas Kuzaku depuis longtemps, alors je me suis retenu. Yume et les autres ont dû faire pareil.
Dans tous les cas, Haruhiro n’avait pas dit ce qu’il aurait dû dire. Il avait laissé Ranta le faire à sa place. Cette nuit-là, Kuzaku avait dit, « Je vais aller prendre l’air » ou un truc comme ça, et il avait quitté la tente délabré dans la seconde qui suivit ces mots. Peu de temps après, Ranta s’endormit comme un bébé.
Haruhiro ne pouvait pas dormir, alors il alla se balader dehors. Alors qu’il marchait dans le rassemblement de tentes qui se trouvait à côté du fossé, il remarqua des visages au milieu d’un petit bosquet. Haruhiro se cacha derrière l’une des tentes. Il n’avait sûrement pas besoin de le faire, mais c’était devenu une habitude.
La lune rouge brillait dans le ciel.
Kuzaku était assis, son dos se reposait contre un arbre. Merry se tenait à ses côtés.
Il y a une distance bizarre entre eux, pensa Haruhiro.
Elle était à côté de lui, certes, mais il y avait assez d’espace pour qu’une autre personne puisse se mettre entre eux. Quand il vit cela, Haruhiro se surprit à être soulagé.
Peut-être que je suis jaloux, pensa-t-il. Mais, en vrai, est-ce que j’ai des raisons d’être jaloux ? Merry est l’une de mes camarades, pas plus, pas moins. Elle est magnifique, et si je devais dire si je l’aime ou si je ne l’aime pas, je l’aime, et, bah, ça n’arrivera jamais, mais si Merry me demandait de sortir avec elle, je suis sûr que je répondrais joyeusement oui. Non, peut-être pas. Je suis pas sûr que la romance entre des membres du même groupe soit une bonne idée, alors je devrais peut-être me pencher sur la question. Mais, en vrai, je suis pas sûr que je pourrais refuser. Pas que ce soit même possible que ça arrive. Ouais, c’est carrément impossible, non ?
Y penser commençait à être une réflexion stérile et puérile. Les deux n’avaient pas remarqué la présence d’Haruhiro.
Je devrais m’en aller d’ici maintenant, ne pas les espionner comme un mec chelou, pensa-t-il.
Qui plus est, leurs voix étaient trop faibles pour qu’il puisse entendre ce qu’ils disaient.
Qu’est-ce qu’il s’est passé entre Kuzaku et Merry ? Se demanda-t-il. Quelle est leur relation ? Est-ce qu’ils se sont vus secrètement comme ça pendant tout ce temps ? Là maintenant, j’ai juste l’impression qu’ils sont en train de parler avec une distance suspecte entre eux. Mais quelque chose pourrait démarrer entre eux. Qu’est-ce que je veux dire par « quelque chose « ? Bah, ça, je suppose. Ouais. Ça doit être ça.
Pas que ce serait une mauvaise chose, vous voyez, se dit-il à lui-même.
Il n’avait pas voulu faire en sorte que Kuzaku se sente comme un étranger, mais Kuzaku avait dû se sentir comme ça. S’il se rapprochait de Merry, cela devrait alléger ce sentiment en quelque sorte.
Mais bon, quand même, de quoi est-ce qu’ils sont en train de parler ? Pensa-t-il. Je me le demande. Pas que me le demander m’apporte quoi que ce soit, huh.
Haruhiro laissa échapper un petit soupir, puis il rebroussa chemin.
Est-ce que je vais pouvoir dormir cette nuit… ?
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