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Chapitre 11

Egoïste

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~13 min

—Gwahahahaha ! s’esclaffa Ranta bruyamment.

Il avait la sensation de revoir la lumière du jour après un long moment. Pour dire vrai, ça faisait un bout de temps. La guilde des chevaliers noirs se trouvait sous terre dans les tentaculaires bas quartiers de la Ville Ouest d’Alterna. Ranta y était resté dedans un bon moment pour apprendre deux compétences. Pendant neuf jours, il n’avait pas mis un pied en dehors de cette froide et humide guilde qui avait des allures de prison. Non, ce n’était pas juste des allures. Il n’aurait pas pu s’en aller même s’il l’avait voulu. S’il avait insisté pour partir, tout ce qui resterait de lui ne serait qu’un corps sans vie. Sur ce point, au moins, cet endroit était une prison.

Le soleil aurait dû réchauffer le corps de Ranta, mais à la place il frissonna.

—… Putain, je sais que je le dis tout le temps, mais les seigneurs étaient effrayants…

Au sein de la guilde des chevaliers noirs, il y avait quelques chevaliers noirs qui s’élevaient au rang de seigneur. Il ne connaissait pas le nombre exact, mais Ranta en avait probablement rencontré sept.

Pourquoi « probablement » ? Parce que les seigneurs cachaient leurs visages, et ils ne donnaient jamais leurs noms. Il ne pouvait les distinguer que par leurs voix et leurs tailles. Cela voulait dire que Ranta était sûr d’en avoir identifié au moins sept différents.

Chacun d’eux était terrifiant à souhait. Ils ne montraient pas ne serait-ce qu’une once de gentillesse, et ils étaient bien trop cruels. Pour être franc, Ranta ne pouvait pas voir les seigneurs comme des semblables humains. Si une personne maitrisait la voie des chevaliers noirs, allait-elle finir comme ça ?

—Ils sont putains de cool, cela dit, dit Ranta.

—J’ai envie de devenir comme ça. Seigneur Ranta, huh. Heh hehe…

Ranta se tint la gorge, il toussa pour se l’éclaircir, puis il essaya d’imiter leurs voix.

—« Appelle-moi Seigneur. Tu es un esclave du Seigneur Skullhell, et je suis un esclave du Seigneur Skullhell qui va te montrer la voie. Il n’y a nul besoin de noms pour nous deux. » … Oh-oh ! C’était cool ! Et là, c’était pas trop cool quand je l’ai dit ? C’était trop putain de cool ! Ow !

Ranta reçut une grande claque dans l’arrière de sa tête, mais quand il se retourna, il n’y avait personne dans les parages.

Quoi ? Est-ce que j’ai halluciné ? Ça se pouvait pas, pas vrai… ?

Il caressa la zone où il avait été frappé, il se retourna pour regarder devant lui, et il y avait un seigneur vêtu de noir qui ressemblait à une ombre brumeuse en mouvement.

—Urkh… M-M’avez-vous entendu ?! cria Ranta.

—Esclave imprudent.

Le seigneur s’arrêta et il se tourna pour faire face à Ranta avec son visage dissimulé par un masque noir et rougeâtre.

—Voudrais-tu te faire étreindre par le Seigneur Skullhell ?

—N-Non ! bafouilla Ranta.

—Ça va aller, merci !

—Que veux-tu dire, ça va aller ? demanda le seigneur.

—Erm, eh bien, ça va aller pour le moment, genre, je veux toujours servir le Seigneur Skullhell et, genre, je peux le servir, genre, je vais le servir vraiment bien ! jacassa Ranta.

—Je pense que je peux être bien, bien plus utile que je ne le suis maintenant, donc, uh, l-l-laissez-moi partir pour cette fois ! J-Je vous en supplie !

Ranta sauta dans les airs et il se jeta au sol. Il posa son front contre le sol. C’était une magnifique prosternation.

—J-J’ai fauté ! J-J’avais tort ! Je vais travailler comme quatre, comme un fou furieux, pour accomplir la volonté du Seigneur Skullhell, alors, s’il vous plait ! S’il vous plait, s’il vous plait, s’il vous plait, juste cette fois ! E-Epargnez ma vie, au moins !

—Pourriture.

Le seigneur s’en alla en ne laissant que ces mots derrière lui.

—… J-J’ai eu chaud. M-Mais bon, attends, c’était pas la première fois que je rencontrais un seigneur à l’extérieur ? Donc les seigneurs sortent dehors comme les personnes ordinaires, huh ? Bah, ouais, bien sûr. Ils ne peuvent pas rester sous terre tout ce temps. Merde, si elle enlève ce masque, je saurais même pas qui elle est. Je pourrais la croiser dans un bar et ne pas m’en rendre compte. Ce seigneur doit être une femme. Je veux dire, elle a des seins. Je ne connais qu’un seul seigneur femme, alors ça doit être elle, ouais ? Peut-être qu’enfaite elle est super bonne quand elle enlève ce masque. Une totale femme fatale, huh. Je pourrais m’en contenter … Geh heh heh…

Tandis qu’il déambulait dans les rues tortueuses de la Ville Ouest, Ranta fantasma sur les jours d’amours et de plaisirs divers et variés qu’il passerait avec elle quand il serait enfin devenu un seigneur. La guilde des chevaliers noirs lui imposait une vie d’abstinence, alors quand il en sortait, il était toujours remonté à bloc.

—Je suis un jeune homme en bonne santé, après tout, dit Ranta.

—Vous ne pouvez pas me le reprocher. Ouais.

Ranta s’arrêta devant l’Allée Céleste, les yeux perdus dans les nuages. Le soleil lui avait semblé si brillant et si chaud quand il était sorti, mais maintenant il était déjà le soir. Le soleil était bas sur l’horizon.

—Je vais vivre ta part aussi, partenaire, dit-il.

—Je veux dire, j’aurais préféré que tu sois là pour la vivre avec moi. Mais je me débrouille bien sans toi. C’est parce que ma légende en tant qu’homme le plus puissant ne fait que débuter. Toi reste assis et regarde-moi, espèce d’idiot…

Ranta s’essuya les yeux et il renifla un bon coup. Il posa ses mains sur ses hanches, il bomba le torse, et il se mit à rire bruyamment. Il se sentit invincible en le faisant. Non, ce n’était pas juste une sensation—il était invincible.

Ranta fit un paisible détour par l’Allée Céleste. Il n’allait pas se rendre à cette ridicule Taverne de Sherry ce soir. Non, son choix s’était porté sur un endroit où plein de jolies filles viendraient lui apporter ses boissons. Si les choses se passaient bien, il en ramènerait une ou deux avec lui à la maison, et puis il ferait ce qu’il aurait à faire pour que tout se finisse bien.

—Ouai, vue comment je suis aujourd’hui… je peux le faire !

Ranta jeta ses pouces dans les airs, puis il se mit à la recherche de cet endroit. Les bons établissements étaient réservés pour les forces régulières de l’Armée Frontalière, aucun soldat volontaire n’était admis, donc il allait devoir être prudent dans son choix. Ranta voulait un endroit où il trouverait beaucoup de jeunes et bien garnies minettes avec une silhouette émincée qui seraient gentilles et attentionnées, mais qui deviendraient agressives quand ils se retrouveraient seul à seul et qui prendraient les choses en main. Ranta remonta et descendit l’Allée Céleste quelques fois avant de s’arrêter devant un établissement.

Un club cabaret, Le Paradis Courcour.

L’extérieur avait l’air un peu hors sujet, mais il y avait des filles sur le balcon du deuxième étage habillées avec des ensembles qui ne laissaient rien à l’imagination. Elles étaient en train de lancer des regards insistants aux passants masculins et elles les incitaient à venir à l’intérieur. Bien entendue, Ranta lui aussi fut invité.

Non, Ranta fut spécialement demandé.

—Heh heh heh … Chaud devant, j’arrive ! beugla-t-il.

En faisant son maximum pour garder son sang bouillant sous contrôle, Ranta fonça à travers la porte du Paradis Courcour. Et puis quelqu’un l’attrapa par l’épaule.

—He, frisette.

—Huh … ?! hurla Ranta.

C’était comme si on lui avait renversé un seau d’eau glacée sur la tête.

Ranta se retourna, prêt à faire subir ses trois mille coups de poing et ses sept mille coups de pieds au bâtard audacieux qui avait osé toucher son épaule, mais quand il vit son visage, il changea immédiatement d’avis en se jetant au sol pour effectuer une prosternation. C’était sa deuxième prosternation sautée de la journée, mais en considérant à qui il avait à faire, il ne pouvait pas se permettre d’être embarrassé pour ça.

—J-J-J-Je suis désolé… ! Attends, est-ce que j’ai fait quelque chose au moins ?! J’ai dû faire un truc, huh, pac’que je ferais pas ça sinon ! Peu importe, Je suis vraiment, vraiment désolé !

—… Pourquoi est-ce que t’excuses ? demanda Renji.

—Bah, je ne sais pas vraiment pourquoi je m’excuse ! pleurnicha Ranta.

—…Huh ? J’y suis pas ? J’ai pas besoin de m’excuser ? Attends, qu’est-ce que tu fais ici, Renji ? Non, pas Renji, Renji-san ! Peut-être que tu vas au Paradis Courcour toi aussi ? Non, pas juste y aller, mais tu es un habitué… ?

—Le Paradis Courcour ?

Quand Renji leva les yeux vers le balcon du deuxième étage, les filles crièrent avec une voix perçante. Ce n’était pas tout —Ranta l’avait vu. Il en fut témoin. L’une des filles enleva la partie déjà bien aguicheuse de ses vêtements au niveau du torse, lui donnant un aperçu de ses seins de tueuses. Son maquillage était un peu épais, mais c’était une jolie fille, et la façon dont Renji ne battit même pas un cil, repoussant sa proposition avec un « Non », était sérieusement virile.

—Je ne suis jamais venu ici, dit Renji.

—… O-Ouai, je me disais la même chose, Huh ? Alors, pourquoi est-ce que tu… ? demandas Ranta.

—Je t’ai vu de loin, alors je suis venu te saluer, dit Renji.

—Huh ?! N-Non, je veux dire, pourquoi tu voudrais parler avec moi ? demanda Ranta.

—J’avais envie de te parler.

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 4, Chapitre 11 — illustration

—A-A moi… ?! demanda Ranta.

—Ouais.

Renji caressa ses cheveux cendrés en soupirant.

—Mais j’en ai plus top envie enfaite.

—… À cause du Paradis Courcour ?

—Non. À cause de ton comportement.

—Oh, évidemment.

Ranta se releva avec un étrange rictus, puis il se soumit à une inspection surprise de son corps pour voir s’il ne sentait pas mauvais.

Non, attends. C’est pas une fille. C’est un mec. Genre, le mec parmi les mecs. J’ai pas besoin de faire ça. Ou plutôt, il me rend un million de fois plus nerveux que n’importe quelle fille.

—Uh, uh, uh, uh, uh, uh, uh,uhmmm… D-D-D-D-D-D-De quoi tu voulais discuter ? bégaya Ranta.

—Viens avec moi.

Renji lui monta la direction avec son menton, puis il se mit à marcher.

—Oui, m’sieur ! beugla Ranta avant de lui emboita le pas.

Renji conduisit Ranta dans un petit et délabré bar à la limite de l’Allée Céleste. L’endroit était vraiment délabré, mais l’intérieur était propre, proposant un bon stock de bouteilles et de tonneaux de vin derrière le bar. Il n’y avait aucun autre client. Il était probablement trop tôt pour boire. Plus tard dans la nuit, des personnes se rassembleraient ici pour partager une boisson dans le calme. Ça devait le genre d’endroit pour ça. En d’autres termes, ce n’était pas un endroit pour Ranta.

—C-C’est une bonne adresse, Ha ha ha, ha… dit Ranta.

—Un brandy, peu importe lequel, pour deux, commanda Renji sans demander à Ranta.

Leurs boissons leurs furent rapidement servies. C’était un liquide marron dans un petit verre.

Ranta dit, « C’est pas de refus ! » et prit une gorgée. Il était à la limite de s’étouffer avec le contenu, mais il arriva on ne sait comment à l’endurer.

—C-Ce truc est fort …

Renji lui offrit un bref renâclement, puis il descendit son verre cul sec.

Whoa. Putain, il est cool…

—Comment ça se passe ? demanda Renji.

—Huh ? Oh … Eh bien, comme ci, comme ça … je dirais. Tu sais ce qui nous est arrivé.

—Moguzo, huh, dit Renji.

—Bah, ouais en gros …

—Je l’ai mal jugé. Il était vraiment fort. dit Renji.

La phrase de Renji n’était pas claire. Moguzo avait été fort ? Que voulait-il dire par là ? Qu’il avait été plus fort qu’il ne l’aurait pensé ? Ou alors que sa mort fut une grande perte, ou un truc comme ça ? Dans tous les cas, Renji était en train de reconnaître la valeur de Moguzo.

Mec, t’as même Renji qui te reconnaît maintenant, partenaire, pensa fièrement Ranta. Bien que ça ne serve à rien de se faire reconnaître après sa mort.

—Mais, bon, il est parti désormais, dit Ranta.

—Ça ne résoudra rien de s’en plaindre ou de gémir sur ça. On doit continuer sans lui maintenant. C’est comme ça qu’on avance…

—Et Haruhiro ? demanda Renji.

—Et Haruhiro quoi ? Il n’y a pas grands choses à dire, dit Ranta.

—Bah, il fait de son mieux à sa manière. Bien qu’il ressemble à tout sauf à un leader.

—Ça c’est vrai.

—Il peut pas être comme toi, Renji-san, ajouta Ranta.

—Arrête avec le -san.

—D’acc. Renji donc.

Ranta prit une petite gorgée de son brandy.

—C’est bon ce truc, si tu prends le temps de le boire. Mais bon, c’est bizarre d’être ici en te parlant comme ça. Tu es seul ?

—Le travail c’est le travail, dit Renji.

—Et tu veux garder tes distances pendant ton temps libre ?

—Ouais, en gros, dit Renji.

—Si tu restes avec des gens tout le temps, ils deviennent agaçants, confirma Ranta.

—T’as envie d’être seul de temps en temps.

—Même toi tu ressens ça ? demanda malicieusement Renji.

—Je me débrouille très bien tout seul, t’sais ? dit Ranta.

—Je me sens pas vraiment seul. Dans ce business, tu peux pas t’en sortir tout seul, en fin de compte, donc j’ai besoin de camarades. D’un groupe.

—Tu veux rejoindre le mien ? demanda Renji.

Ranta était à la limite d’acquiescer, et puis

Une seconde, attendez, pensa-t-il. Quoi ?

Qu’est-ce que vient de dire Renji ? Tu veux rejoindre le mien ? Non. Ça peut pas être ça, si ? Tu veux repeindre le pain ? Non, c’est pas ça. « Tu veux rejoindre le mien ? » C’était ce que Renji avait dit.

—…Huh ? demanda Ranta complètement abasourdi.

—Au moment où je te parle, on est cinq, dit Renji.

—Il nous reste une place.

—Oh—parce que Protection marche sur six personnes, c’est ça ? demanda Ranta.

—Les voleurs ne s’immisceront pas dans les affaires d’un voleur, dit Renji.

—C’est une des règles de leur code d’honneur. Je n’ai pas besoin d’une chasseresse qui ne peut pas se servir d’un arc ni d’une mage qui n’a pas de puissance d’attaque. Votre prêtresse est sans valeur elle aussi. Elle a laissé Moguzo mourir.

—C’est pas… !

Il sentit le sang montait à la tête. Mais … pourquoi Ranta devrait-il défendre Merry ? Parce qu’elle était sa camarade ? Même si elle l’était, il devait appeler un chat un chat. C’était l’un des principes de Ranta. Il ne voulait pas se la jouer copain-copain.

—… Bah, ouai, dit Ranta.

—Ses compétences ne sont pas mauvaises, mais Merry s’est loupée. Elle s’est royalement viandée.

—Notre Chibi n’en a pas l’air, mais elle est utile, dit Renji.

—Ça m’a vraiment, vraiment choqué, dit Ranta.

—J’sais pas … elle donne pas l’impression d’avoir ça en elle. Mais si elle soutient votre groupe, c’est qu’elle doit être incroyable.

—Ranta.

C’était probablement la première fois. Renji ne l’avait pas appelé Frisette, il l’avait appelé par son nom.

—Tu vas devenir utile. Quand je t’ai vu à Mortecrâne, c’est ce que j’ai pensé. Mais Haruhiro ne peut pas t’utiliser proprement.

Renji l’avait observé ? Ranta avait vu Renji et son groupe. Renji était celui dans cette équipe qui était vraiment, vraiment incroyable. Enfin, c’était juste parce que Renji était un homme fou qui sautait dans le danger comme si ce n’était rien et qui massacrait ses ennemis. Ranta et les autres étaient suffisamment incroyables eux aussi. Ils avaient été avec Renji pendant tout ce temps, et ils étaient restés en vie. C’était un exploit en lui-même. C’était dur de se dire qu’ils n’avaient pas été soldats volontaires pendant plus de temps que Ranta et les autres.

Lui, dans ce groupe.

Si cela devait arriver —il était sûr qu’il pourrait se battre beaucoup, beaucoup plus farouchement. Sans avoir à s’inquiéter pour ses camarades, il serait capable d’utiliser ses compétences à droite et à gauche pour garder les ennemis à sa merci. C’était comme ça qu’un chevalier noir était censé se battre. Pas comme il le faisait en ce moment. Il devait prendre en considération tout un tas de choses. Il y avait trop de limitations. Si seulement ils avaient encore Moguzo.

Si son partenaire avait été là, il aurait pu se concentrer pour se battre comme un chevalier noir. Bien entendu, ce n’était plus possible. S’il prenait en compte les nécessités du groupe, Ranta n’avait d’autre choix que d’être le tank. Il n’était pas fait pour ça, mais il pouvait le faire. Ranta avait aussi l’intention de l’être à sa manière. Même si cela signifiait la fin de celui qu’il était vraiment, il n’avait pas le choix.

Y-a-t ’il vraiment aucun autre choix … ? se demanda-t-il.

—Je suis un gars égoïste, dit Renji en finissant son deuxième verre de brandy en un coup.

—Je prends soin de ceux qui peuvent m’être utiles. Je m’en fiche des autres. Finalement, je me dis que la plupart des gens ne sont pas si différents. Si tu vis pour les autres, ça veut juste dire que tu mourras pour eux aussi.

—Ouais, on me le dit tout le temps. Que je suis égoïste et égocentrique, dit Ranta.

—Laisse-les.

—Tu penses que je peux devenir fort ? demanda Ranta.

—Si c’est moi qui t’utilises, dit Renji.

—Tu veux que je sois ton pion, c’est ça ?

—Bingo.

Renji n’était pas en train de mentir. Après mûre réflexion, il avait pensé que Ranta avait du potentiel. Il était en train d’essayer de se le mettre dans la poche. Pour la Team Renji.

Sérieusement ? Pensa Ranta. Je vais finir par exploser de rire. C’est un truc de malade. Est-ce que la chance est enfin de mon côté ? Alors, qu’est-ce que je fais ? Avec une offre pareille, j’ai même pas besoin de poser la question, si ? La réponse est évidente. Pas vrai ?

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