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Épilogue

Ce que je peux faire

Traduction · Angeloids, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~12 min

—…Je suis tellement mort.

—C’est de ta faute, dit Sir Leonard. Honnêtement, tu devrais être heureux d’être en vie. ton endurance ne connaît aucune limite.

Après avoir exprimé son impression dans les termes les plus étranges possibles, Sir Leonard me fit asseoir sur une chaise.

Cette table est tellement belle et cool. Attendez, quand est-ce que Sir Leonard est revenu ? Il n’était pas là hier.

—Heh heh heh, je suis complètement cramée… Brûlée à blanc, tu vois ce que je veux dire ?

Après m’être réveillé juste après midi, je m’étais traîné jusqu’à la salle de réunion au premier étage du manoir, les jambes flageolantes. Mes points de vie et mon endurance étaient tous deux à environ vingt pour cent.

—Euh, vas-y mollo, tu veux ? dit Danan. Ta santé est importante..

—Je préférerais que tu ne meures pas d’émaciation sexuelle, ajouta Sir Leonard.

—Peut-être devrions-nous demander aux autres d’être un peu plus prudentes ?

Danan et Sir Leonard discutaient sérieusement de la façon de traiter mon problème. C’était tellement gênant.

—Plus important, interrompis-je, comment se passe la communication avec le Saint Empire ?

—Hrm… hésita Danan. Veux-tu vraiment savoir ?

—C’est pour ça que je demande. C’est si grave que ça ?

—Non, pas du tout. Il n’y a rien à cacher, parce qu’il n’y a pratiquement pas eu de progrès.

—Pour de vrai ?

—La sainte a peut-être de l’autorité et du pouvoir, mais ce n’est pas illimité, expliqua Sir Leonard. Elle est accompagnée d’un officier d’administration et d’un superviseur militaire, qui exercent tous deux une influence sur leurs branches respectives. La sainte ne fait qu’avoir le pouvoir sur l’Église. Cela dit, des trois, c’est elle qui a le plus de pouvoir, donc ils ne peuvent pas l’ignorer complètement s’ils veulent mobiliser leurs troupes.

—Elle est la sainte de la vérité, après tout. Il suffit de se tenir devant elle pour que la vérité et le mensonge soient mis à nu, expliqua Danan. Il serait difficile de faire quoi que ce soit dans son dos.

—Je vois.

Dire que je pensais pouvoir lui cacher des choses quand on s’est rencontrés pour la première fois.

—Cependant, même s’ils réorganisent leurs troupes et font des réserves, ils ne sont pas en mesure d’envahir, poursuivit Sir Leonard. Ils recrutent des aventuriers et des mercenaires pour les aider à gouverner leurs territoires et à s’occuper des monstres, et même avec cette aide, ils s’en sortent à peine. Envoyer une force d’invasion dans ces conditions serait presque impossible.

—Tant qu’ils ne reçoivent pas de renforts à grande échelle de leur pays d’origine, ajouta Danan.

—J’ai compris. Qu’en est-il des négociations pour récupérer notre territoire ?

—Cela a été difficile, reconnut Danan. Nous demandons le retour de tous nos citoyens qui ont été transformés en esclaves, ainsi que de toutes les terres de l’ancien royaume de Merinard. Mais ils ont déjà des citoyens qui se sont installés à Merinard à ce stade, donc ils ne peuvent pas accepter nos conditions.

—Ce qui veut dire la guerre ? demandai-je.

—Ce serait certainement la façon la plus rapide de conclure les choses. Si les pourparlers n’aboutissent pas, nous n’aurons d’autre choix que de recourir à la force. Maintenant que le sud a été pris en charge, l’Armée de libération est en pleine expansion. Nous pourrions envahir Merinesburg à ce stade.

L’Armée de libération, poussée à reprendre tout ce qui lui avait été pris, et le Saint Empire qui avait gagné la guerre et placé le royaume de Merinard sous son contrôle… J’espérais vraiment que nous pourrions trouver une solution en discutant, mais…

—Devrions-nous demander à une autre nation d’intervenir ? demandai-je.

—Ce serait une mauvaise décision, déclara Sir Leonard. Les pays ne se rencontrent pas souvent dans des conditions amicales. Si nous devions permettre à une tierce partie d’intervenir maintenant, après la guerre, qui sait ce qu’ils pourraient nous demander.

—Il y a eu des mouvements suspects à la frontière ouest, liés à l’Union des nations. Nous pourrions être contraints à une guerre sur deux fronts, ajouta Danan.

—Alors quel est le plan ? Frapper en premier ?

—C’est là que nous sommes divisés. La Princesse est contre l’agressivité, mais Melty, en tant que responsable des affaires intérieures, pense que l’autre camp ne négociera pas, et qu’il faut donc se dépêcher d’envahir pour reprendre nos terres, expliqua Danan.

—C’est très agressif, dis-je. Comment vous sentez-vous tous les deux ?

—Je n’ai aucun problème à me battre, déclara Sir Leonard.

—Personnellement, je pense que nous devrions attendre un peu plus longtemps, dit Danan. Si la sainte et sa secte de la Nostalgie parviennent à prendre le contrôle politique et celui de la secte primaire de l’Adolisme, ce serait l’idéal. Quelle que soit la puissance des armes que tu fabriques pour nous, il y a une trop grande différence entre le territoire du Saint Empire et le nôtre.

Sir Leonard voulait être agressif alors que Danan préférait la patience, hein ?

—Mais nous ne pouvons pas nous permettre de donner trop de temps à nos ennemis, poursuivit-il. Cela augmente le risque qu’ils concoctent un moyen de faire face à nos bombes aériennes harpies. Et plus nous prenons de temps, plus ils ont l’avantage d’être la nation qui possède le plus de terres.

—C’est vrai.

Tout dépend d’Elen, également connue sous le nom de sainte de la vérité, Eleonora. N’y avait-il pas quelque chose à faire pour l’aider ? Je me souviens qu’elle m’avait parlé de ruines… Il fallait que je me penche sur la question.


Danan et Sir Leonard avaient tous deux des choses à faire, nous avions donc fait nos adieux et j’avais quitté le manoir. Il n’y avait rien de tel qu’un peu de temps seul, surtout après l’intensité de la nuit précédente… Où étaient passés tout le monde, et où avaient-ils bien pu aller, d’ailleurs ? Quand je m’étais réveillé, il n’y avait personne. C’était un sentiment nouveau.

—Hum, Madame Zamil ?

—Oui ?

—Pourquoi me suivez-vous ? demandai-je.

—Si quelque chose devait arriver et que vous étiez à nouveau kidnappé, je ne pourrais plus continuer à vivre.

Madame Zamil me fixa de ses yeux de reptile impossibles à déchiffrer. Elle tenait dans sa main Shooting Star, son long trident qui reflétait la lumière du soleil. Les gens qui nous croisaient ne pouvaient s’empêcher de nous regarder.

—Regardez cette arme. Ce doit être la générale Zamil.

—Je me demande ce qui se passe… ?

—Regardez cet éclat de mithril… Il a forcément été fabriqué par un forgeron célèbre.

Désolé, mais il s’agit d’une arme produite en série… Attendez, depuis quand Madame Zamil est-elle appelée « générale » ? Je suppose qu’elle et Sir Leonard ont dirigé les forces du sud, donc c’est logique.

—Hum, qu’est-ce que tu veux dire par là, tu ne pourrais plus continuer à vivre ? lui demandai-je.

—Quand vous m’avez donné cette Shooting Star, j’ai juré de vous protéger autant que je protège Son Altesse, dit Madame Zamil. Et pourtant, ce salaud de renard de Cuvi a eu une longueur d’avance sur moi et vous a enlevé… Si une telle chose se reproduisait, je ne pourrais plus me permettre de vivre.

—Attends une seconde, dis-je. Ne t’avise pas de te suicider. Si je revenais et que je découvrais que tu t’es suicidée pour prendre tes responsabilités, je pleurerais sérieusement.

—…Vous le feriez ?

—Bien sûr que je le ferais. Ne protège pas seulement mon corps, protège mon cœur. Je t’en supplie.

—…Votre cœur ?

Madame Zamil écarquilla les yeux.

Heh, j’ai eu l’air plutôt cool pendant une seconde, hein ?

—Vous voulez dire que vous voulez aussi que je… avec vous ? demanda-t-elle. Je ne suis pas sûre que ce soit possible, étant donné la différence entre nos espèces. Je suis ovipare.

—Ce n’est pas ce que je veux dire, d’accord ? Je veux juste dire qu’il ne faut pas que tu t’avises de te sacrifier ou de te suicider par sens des responsabilités.

—Je vois maintenant.

Se pourrait-il que Madame Zamil soit en fait un peu bête lorsqu’il s’agit de questions sans rapport avec le combat ? Cette idée me traversa l’esprit, mais je l’effaçai de ma mémoire. C’était probablement un problème lié à ma propre façon de vivre.

Je comprenais pourquoi. J’avais Sylphy, Ira, les harpies, Melty, Grande et Elen, même si elle n’était pas là pour le moment. Je ne pouvais pas me plaindre si les gens pensaient que je ne voyais la vie qu’en rose. Madame Zamil était innocente sur ce point.

—Au fait, demanda-t-elle, où allez-vous ?

—Nulle part, vraiment. J’aimerais bien parler à quelqu’un de ce que je devrais faire, mais tous ceux à qui je pourrais demander sont partis s’occuper d’autre chose. Alors je suis là, à regarder autour de moi.

—Et de quoi voulez-vous parler ?

—De ce que je devrais faire pour faire avancer la situation actuelle, lui dis-je. Ce ne serait pas bon que j’agisse seul, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je pensais en discuter avec Sylphy, Melty ou Ira. Danan et Sir Leonard semblaient occupés.

—Je vois… Je serais heureuse de vous prêter une oreille, vous savez. Je pourrais peut-être vous aider.

Madame Zamil avait apparemment obtenu des résultats spectaculaires dans le sud ; elle serait donc incontestablement une interlocutrice de choix pour discuter de mes problèmes.

—Dans ce cas, j’accepte ton offre. Hmm, mais nous ne pourrons pas nous rendre dans des restaurants ou des cafés si tu gardes ce trident sur toi… Ah, pourquoi pas là-bas ?

Je repérai quelque chose qui ressemblait à un café en plein air, et nous nous dirigeâmes dans cette direction. Madame Zamil put poser Shooting Star contre le mur extérieur.

—Ne pourrions-nous pas plutôt retourner au manoir ? demanda-t-elle.

—Voyons, nous sommes déjà ici. Ce serait un agréable changement de rythme de fréquenter un endroit comme celui-ci. Et puis je suis curieux de savoir ce qu’ils ont au menu.

—Vraiment ?

—Qu’est-ce que tu veux boire ? lui demandai-je.

—Tout sauf de l’alcool.

—Alors, ce sera un thé glacé. Excusez-moi !

Je commandai des amuse-gueules et deux thés glacés au citron à la serveuse aux oreilles de chat venue prendre notre commande. Elle ne tarda pas à revenir avec deux verres opaques de thé glacé au citron. Les amuse-gueules arriveraient dans quelques instants.

Je bus une gorgée et laissai le liquide tourner un peu dans ma bouche avant d’aller droit au but.

—Danan et Sir Leonard m’ont mis au courant tout à l’heure. La situation actuelle du Saint Empire n’est pas brillante.

—Non, en effet, ce n’est pas le cas, convint-elle.

—C’est pourquoi j’ai réfléchi à ce que je pouvais faire pour remédier à cette situation. Plus précisément, je veux faire quelque chose pour aider Elen, la sainte de la vérité.

—La sainte… ? À quoi pensez-vous ?

—Compte tenu de ce que nous avons tous pensé, le meilleur scénario serait que la sainte et sa secte de la Nostalgie prennent le pouvoir au sein du Saint Empire, n’est-ce pas ? répondis-je. En fin de compte, nos principaux ennemis, ceux qui tiennent le royaume de Merinard à la pointe de l’épée, sont ceux qui contrôlent actuellement l’Adolisme.

—Oui. Ils revendiquent la supériorité humaine comme une question de religion et de foi.

—Et la secte de la Nostalgie à laquelle appartient Elen doute de ces croyances, dis-je.

—Ils pensent qu’il y a des signes que l’Adolisme du passé a subi des modifications massives. Et si c’est vrai, cela porterait préjudice à la secte actuelle qui revendique la supériorité de l’homme.

—C’est ce que j’ai entendu dire. Mais même si c’est la vérité, le Saint Empire changerait-il si rapidement d’attitude au point de nous rendre nos terres ?

—J’ai du mal à le croire, dit Madame Zamil en fermant les yeux et en secouant la tête. Lorsque je suis née, le Saint Empire revendiquait déjà la supériorité de l’homme. Ceux qui y sont nés ont été élevés dans l’idée que les demi-humains devaient servir les humains. Qu’ils étaient au-dessus de nous, et que c’était l’ordre naturel des choses. Changer les sentiments et la façon de penser de quelqu’un n’est pas une tâche facile.

—Alors tu penses que ce que fait Elen n’a pas de sens ? lui demandai-je.

—Non, je ne crois pas. Je pense que le fait qu’il y ait un groupe pacifique au sein des forces ennemies est une bonne chose, et qu’il n’y a que du bon à tirer de cette situation. Ils ont ainsi pu étendre leur pouvoir. Cependant, si l’équilibre entre la secte du Contrôle et la secte de la Nostalgie venait à s’effondrer…

—Oui… ?

—Il est probable qu’avant que nous puissions nous réconcilier, une guerre civile éclate au sein de l’Église, dit Madame Zamil en inclinant la tête, dubitative. Et quand cela arrivera, la secte de la sainte pourra-t-elle vraiment vaincre la secte dominante ?

Hm.

—Je ne peux pas imaginer que la secte du Contrôle aille jusqu’à tuer les membres de la secte de la Nostalgie, répondis-je. Ils ont peut-être des croyances différentes, mais ce sont des citoyens de la même nation. Ils font tous deux partie de l’Adolisme, n’est-ce pas ?

—J’espère que vous avez raison… Mais l’actuel Saint Roi et l’actuel pape de l’Adolisme sont tous deux membres de la secte principale. Selon la tournure des événements, la secte de la Nostalgie pourrait subir une oppression féroce. Il est tout à fait possible qu’elle le voie venir, et c’est pourquoi elle s’est rapprochée de l’Armée de libération.

—Comme s’ils essayaient de nous utiliser en cas de lutte interne pour le pouvoir ?

—Nous ne pouvons pas ignorer cette possibilité, dit-elle. Et si c’était le cas, il ne faut pas croire que nous n’aurions pas de bonnes raisons de les aider.

—Comme quoi ? demandai-je. Je veux dire, ne te méprends pas : si cela arrivait, je voudrais aider Elen et ses amis, c’est sûr.

Franchement, il aurait été insensé de s’immiscer dans les conflits religieux internes d’un autre pays, et pourtant j’y étais.

—Si nous les rallions à notre cause, nous disposerions d’un moyen officiel de traiter avec l’Adolisme et, à travers lui, avec le Saint Empire, expliqua Madame Zamil. En tant que nation frontalière souffrant des politiques du Saint Empire et de l’Adolisme, une secte adoliste qui croit en une réconciliation pacifique avec les demi-humains vaut la peine d’être soutenue. Surtout si nous pouvons prouver qu’ils ont raison. Nous gagnerions immédiatement du personnel pour nous aider dans les négociations avec d’autres nations. Les ecclésiastiques humains jouissent d’une grande confiance au sein de la société.

—Je comprends maintenant… Je n’y avais jamais pensé.

En d’autres termes, il y avait beaucoup à gagner à nous rapprocher d’Elen et des autres. Dans ce cas, si je pouvais faire quelque chose pour aider, je voulais le faire.

—Alors je suppose que le meilleur plan d’action est de fouiller les ruines d’Omitt à la recherche de vieilles écritures adolistes, hein ?

—J’imagine que oui, dit-elle. Heureusement, les Terres Désolées sont sous notre contrôle. Nous finirons par obtenir des résultats.

—Ma capacité à creuser le sol va s’avérer très utile.

—…Oui, mais vous êtes la clé de notre chaîne d’approvisionnement, souligna Madame Zamil. Je préférerais personnellement que vous ne vous mettiez pas en danger.

—Mais je ne peux pas rester ici à Arichburg tous les jours à me détendre, dis-je. Grande nous a rejoints, et si je le lui demandais, elle serait heureuse de transporter des choses pour nous…

Quand on pensait au transport dans ce monde, c’étaient les chevaux et les attelages qui venaient à l’esprit. Je songeai à faire quelques progrès dans ce domaine. En termes d’efficacité globale, développer de nouveaux modes de transport pourrait être une bonne idée.

Ce serait mal d’utiliser Grande pour tout. Elle n’était pas vraiment membre de l’Armée de libération. Elle coopérait parce qu’elle tenait à moi.

—Il ne faut pas se précipiter, ajoutai-je. C’est dans des moments comme celui-ci que je dois agir avec calme et efficacité.

—En effet, il faut être patient.

—Merci, Madame Zamil. Vous nous sauvez la vie.

—Je suis honorée d’avoir été utile, dit-elle.

Ce soir-là, je parlerais à Sylphy, Melty et Ira de tout ce dont j’avais discuté avec Madame Zamil. Nos affaires terminées, nous nous attardâmes à savourer nos thés et nos collations.

Je parlai de tout et de rien : ce que j’avais vu dans la Forêt-Noire, le nouvel établi que nous avions développé au laboratoire, et toutes sortes d’autres choses.

—Vous voulez dire que vous pouvez rendre ma Shooting Star encore plus puissante… ? me demanda-t-elle.

Je n’aurais peut-être pas dû parler de la table d’enchantement. Je n’oublierai jamais à quel point il fut difficile de la faire reculer après cela.

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