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Interlude 4

POV : SLIME GIRLS

Traduction · Angeloids, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~26 min

—BORDEL ! Maudits soient-ils tous !

L’homme jurait à tout va dans son bureau radieux et somptueux… En fait, on aurait mieux fait de parler de son bureau minable de nouveau riche. L’homme s’appelait Bullington Sail Ortlinde, et c’était un ecclésiastique drapé d’une robe de prêtre étincelante de soie blanche et de fils d’or. On attendait d’un homme de sa position qu’il fût incorruptible, un phare d’intégrité. La vérité, c’est qu’il était un homme simple, né dans la rue, parti de rien — ce qui n’est pas en soi condamnable, mais son ascension sociale sans fin ne lui avait laissé qu’un seul vrai dieu. Malgré ses prêches acharnés au nom d’Adol, l’argent était son seul maître. Et tout le monde le savait.

Bullington Sail Ortlinde était de mauvaise humeur. La raison n’en était que trop claire. L’Armée de libération, surgie de nulle part depuis la Forêt Noire au-delà des Grandes Terres Désolées d’Omitt, ne lui avait causé que des ennuis ces derniers mois.


Tout commença par des attaques et des évasions dans les villages et les mines de sel gemme près de la frontière sud. Une force inconnue frappait les soldats du Saint Empire pendant la nuit et les anéantissait. Les villages tombèrent silencieux, et les demi-humains qui y travaillaient furent tous emportés au loin. Au début, la croyance dominante était qu’il devait s’agir de l’œuvre d’une escouade de mercenaires à grande échelle ou d’un groupe de bandits. Personnellement, je trouvais étrange de traiter les mercenaires et les bandits sur un pied d’égalité, mais apparemment, les ecclésiastiques du Saint Empire n’y voyaient pas grand-chose comme différence.

Au fur et à mesure que la situation devenait plus claire pour lui, il prenait une mine porcine. En fait, c’était une insulte aux cochons. Mais par souci de concision, je décidai de l’appeler Père Porc. Ça sonnait bien.

Mais revenons à nos moutons. La situation était si grave qu’elle avait de quoi l’exaspérer. En fait, les demi-humains n’avaient pas été emportés, ils étaient partis par leurs propres moyens. Les villes n’avaient pas été prises, les demi-humains qui y vivaient avaient tout emporté en partant.

Autrement dit, c’était une rébellion. Telle fut la conclusion du Père Porc.

Rien que lui et les siens n’aient déjà géré, ils avaient maté la révolte trois ans plus tôt. Quoi qu’il en soit, cette victoire avait eu un coût.

—Encore ?! Ces maudits demi-humains ! Je vais m’assurer qu’ils ne songent plus jamais à organiser une rébellion !

Le Père Porc envoya immédiatement une escouade de chasseurs. Les rebelles avaient tué des dizaines de soldats, mais en fin de compte, ce n’étaient que des esclaves sans armes adéquates. Ils n’auraient aucune chance face à des soldats correctement entraînés et équipés. C’est du moins ce qu’il s’était figuré.

Mais son subalterne, qui était également le général de ses armées, fit une grimace de frustration. Évidemment. Le rapport qu’il avait reçu du terrain suggérait qu’il devait y avoir une ou plusieurs personnes entraînées impliquées dans les évasions.

—Il serait dangereux de croire qu’il ne s’agit que d’une simple rébellion d’esclaves, déclara le général.

Le Père Porc ricana. Quel charabia cet homme racontait-il ?

Les esclaves avaient peut-être ramassé quelques armes sur les soldats qu’ils avaient tués, mais ce n’étaient encore que des esclaves, brisés par la roue du dur labeur. Ils étaient sans doute trop épuisés pour bien combattre, et leur moral comme leur énergie ne tiendraient pas longtemps. Ainsi parlait le chef des Chevaliers Saints, qui ne s’entendait pas avec le général. Le Père Porc acquiesça, forçant son homme à reculer.

Ce fut le début de tout.

Personne ne doutait que les esclaves en fuite seraient éliminés par l’escouade de chasseurs, mais un rapport incroyable arriva de l’une des forteresses frontalières entre le Royaume de Merinard et les Grandes Terres Désolées d’Omitt.

L’escouade avait été éliminée, les dégâts et les pertes étaient lourds, et il ne restait que peu de soldats. Ils demandaient de nouveaux ordres.

Le Père Porc resta perplexe. Même si les demi-humains en fuite étaient environ un millier à ce moment-là, il aurait dû être impossible pour un groupe de soldats armés d’une taille à peu près équivalente de perdre face à eux, surtout de façon aussi spectaculaire. Il était vrai que les demi-humains avaient en général une force physique et magique supérieure à celle des humains, mais un humain doté de compétences en magie pouvait les égaler, voire les surpasser largement. Et ils n’étaient encore que des esclaves.

Et pourtant, le Saint Empire… avait perdu ? Avait été éliminé ? Quelle plaisanterie était-ce là ?

Mais puisqu’il s’agissait d’un rapport officiel, ça ne pouvait être que la vérité. Difficile à croire sans le voir de ses propres yeux, mais il était hors de question que le Père Porc s’y rende lui-même. À la place, il ordonna à son général et au chef des Chevaliers Saints de rassembler une armée et d’éliminer les fuyards.

Il fallut du temps pour rassembler les troupes et le matériel, mais la force militaire de cinq mille hommes finit par se mettre en route. Apparemment, ils dépensèrent une somme exorbitante rien que pour lancer l’opération. Le Père Porc était d’une humeur exécrable, mais il ne faisait aucun doute que cinq mille soldats suffiraient à la tâche, c’est ce qu’il se murmurait. J’étais d’accord.

Les résultats parlèrent d’eux-mêmes. La plupart des soldats envoyés ne revinrent pas. Les rares soldats qui parvinrent à rejoindre la forteresse frontalière étaient profondément marqués physiquement et mentalement, incapables d’expliquer correctement ce qui s’était passé. Les quelques bribes glanées lors des interrogatoires indiquaient qu’une étonnante forteresse avait été bâtie en plein cœur des Grandes Terres Désolées, et qu’une force appelée l’Armée de libération y résidait. Cette forteresse avait provoqué une explosion massive qui avait anéanti l’armée du Saint Empire.

Que s’était-il passé ensuite ? Lorsqu’on posa cette question aux survivants, ils entrèrent dans un état de confusion et furent incapables de s’exprimer correctement.

Lorsque la nouvelle parvint au Père Porc, il s’effondra. Il aurait été préférable qu’il meure sur-le-champ, mais le monde ne fut pas si tendre avec lui.

Ainsi commença la marche de l’Armée de libération. Ils prirent chaque forteresse frontalière à une vitesse hallucinante, déclenchant la rumeur de l’évasion des esclaves demi-humains, qui se répandit dans tout le sud. Et même plus loin, jusqu’au cœur du Royaume.

Les pertes côté Saint Empire étaient considérables, et le Père Porc ne tarderait pas à être contraint d’abandonner son poste de souverain du Royaume de Merinard. Il s’était efforcé en vain d’écraser toute information sortante pour que le Saint Empire n’apprenne pas la situation actuelle. Mais rien ne pouvait empêcher les gens de parler.

Un jour, alors que le Père Porc souffrait de maux d’estomac dus au stress, un seul attelage apparut depuis le sud et entra dans le château. Cet attelage transportait les espions du Saint Empire, pas les hommes du Père Porc, mais les sous-fifres du cardinal de son pays.

Dans le groupe, il y avait un homme-renard unique, douze humains et un homme entravé.

Selon l’homme-renard, le prisonnier était une personne de grande importance dans l’Armée de libération. Il ne donna pas plus de détails, mais comme la propre Sainte du cardinal viendrait elle-même chercher le prisonnier, l’homme-renard voulait que le Père Porc s’assure absolument qu’il ne s’enfuirait pas et ne serait pas récupéré par l’Armée de libération.

Une sueur grasse coula sur le visage du Père Porc tandis qu’il acquiesçait. La Sainte qui allait venir était connue sous le nom de « Sainte de la Vérité », car elle avait reçu une bénédiction de Dieu lui permettant de percer les mensonges à jour. Son patron était le cardinal en personne, l’ennemi politique du Père Porc.

Le Père Porc avait le dos au mur.

Sur le plan personnel, j’étais curieuse d’en savoir plus sur ce supposé personnage important, et j’envoyai donc l’une de mes copies dans sa cellule de prison. L’homme-renard avait dit que si le Père Porc devait emprisonner cet homme, il faudrait absolument lui mettre un bandeau sur les yeux et lui attacher les mains et les pieds, tous deux hors de son champ de vision direct. De plus, il faudrait toujours qu’il y ait quelqu’un pour le surveiller. Si le Père Porc n’y arrivait pas, l’homme-renard s’était même proposé de confier cette tâche à ses propres hommes.

Mais non seulement le Père Porc n’écouta pas, mais il refusa aussi l’offre d’aide. L’homme-renard tenta de protester, mais le Père Porc usa de son statut pour le faire taire et traita sa prise comme n’importe quel autre prisonnier ordinaire. Il refusa d’écouter les avertissements de l’homme-renard. Il était bien plus concentré sur la façon de survivre à la prochaine visite de la Sainte.

Pendant un certain temps, le prisonnier observa l’intérieur de sa cellule et ce qu’il pouvait apercevoir au-delà. Je ne savais pas comment il avait fait, mais il fit disparaître instantanément les menottes qui lui serraient les poignets et les chevilles. Il n’y avait pas de magie à l’œuvre ici, je ne le pensais pas. Alors comment avait-il fait ?

Ensuite, l’homme prit le bois du lit, retira la paille de son oreiller et commença à ramasser des pierres sur le mur de pierre de la cellule. Soudain, il eut entre les mains une hache en pierre grossière. Je ne comprenais pas. Comment avait-il fait ça ?

Quand l’avait-il fabriquée ?

Ma tête se remplit de questions.

—Heeeeeyo ! Y a quelqu’un ? C’est Kousuke, de la chair fraîche !

Apparemment, il s’appelait Kousuke. Il avait l’air de vérifier s’il y avait d’autres prisonniers, mais malheureusement, lui et moi étions les seuls ici. Le geôlier qui l’avait jeté-là ne reviendrait probablement pas de sitôt.

Satisfait de l’absence de réponse, l’homme commença à frapper le sol de pierre avec sa hache de pierre, faisant un boucan terrible. En l’absence du geôlier, personne n’entendait le travail de l’homme.

Que faisait-il ?

—Malheureusement, ce genre de plan ne marche pas avec moi, se murmura l’homme à voix basse. De quoi parlait-il ? Je ne comprenais pas.

Le prisonnier continua à frapper le sol tandis que ma tête se remplissait de doute et de confusion, et finalement il se mit à le détruire. Je ne comprenais pas. Comment une hache aussi grossière pouvait-elle percer un sol de pierre ?

L’homme se fraya un chemin à travers le sol, brisa entièrement le lit, fit disparaître tout ce qui se trouvait dans la cellule, et réussit-on ne sait comment à allumer une torche avant d’entrer dans le trou qu’il avait fait. Où avait-il bien pu trouver ce truc-là ?

Après avoir creusé un peu plus longtemps, je ne sais pas comment, mais il réussit à refermer le trou dans le sol derrière lui. J’étais restée en arrière. Il était plus que probable qu’il déboucherait dans les égouts en contrebas, alors je le suivis. Finalement, j’arrivai à le rattraper et à entrer en contact avec lui.

Une semaine s’était écoulée depuis.

Nous nous entendions bien. Il s’avéra qu’il avait un pouvoir mystérieux qui lui permettait de fabriquer toutes sortes de choses, et il s’en servait pour préparer son évasion.


—Ngggh, c’est mauvais ! C’est terrible ! Qu’est-ce que je vais faire… ?

Une sueur grasse continuait de couler sur le visage blafard du Père Porc. Honnêtement, j’aurais préféré ne pas avoir à le regarder, mais comme c’était un individu de haut rang, je ne pouvais pas ne pas le surveiller. Cela dit, il n’occuperait probablement pas ce poste très longtemps.

Grâce à l’expansion de l’Armée de libération, le Saint Empire avait complètement perdu la région sud de Merinard. Les demi-humains quittaient peu à peu les possessions du Royaume et fuyaient vers le sud. À l’occasion, des citoyens du Saint Empire s’étaient réfugiés dans la capitale, mais ils n’étaient pas nombreux. Lorsqu’il apprit l’évasion de Kousuke, l’homme-renard et ses troupes partirent immédiatement vers le nord. Soit ils rejoignaient la Sainte, soit ils se rendaient auprès du cardinal pour faire leur rapport, soit ils fuyaient de peur de représailles de Kousuke ou de la Princesse. Je n’étais pas sûre de laquelle.

Il fut également confirmé que Kousuke s’était enfui dans les égouts. Ben tiens. Étant donné qu’un seul endroit dans sa cellule de prison était flambant neuf, ça avait forcément l’air suspect. Quant à savoir comment il s’y était pris, personne ne semblait en avoir la moindre idée, mais en détruisant le nouveau sol, ils avaient trouvé un chemin qui menait au réseau d’égouts. Ils pensaient qu’on l’avait tué depuis longtemps.

L’administration du château avait déjà fait appel à un mage de la terre pour sceller correctement le trou dans sa cellule.

—À ce rythme… À ce rythme, je…

La région sud du Royaume de Merinard était aux mains de l’Armée de libération, la moitié des soldats qu’il avait reçus du Saint Empire étaient morts, et l’important prisonnier que les espions du cardinal lui avaient amené avait disparu. Le Père Porc essayait encore désespérément de trouver un moyen de s’en sortir, mais en réalité, il était foutu. La Sainte arrivait sur ordre du Saint Roi transmis à son cardinal, et tous les mensonges et fausses pistes que le Père Porc avait jamais racontés allaient partir en fumée en sa présence. C’était une véritable inquisition.

Si cela se confirmait, le Père Porc pourrait dire adieu à ses couilles, et il était plus que probable qu’il finirait sur le billot, comme n’importe quel autre cochon. L’homme était aussi corrompu qu’on pouvait l’être, et nous avions même les documents qui le prouvaient. Ce serait plutôt drôle de laisser certains de ces dossiers à des endroits faciles à repérer dans le château.

Quoi qu’il en soit, je n’avais aucune idée de la façon dont le Saint Empire réagirait après l’évasion de Kousuke, mais je doutais qu’ils restent les bras croisés. Ils allaient forcément bouger. En attendant, il fallait qu’on ramène notre nouvel ami là d’où il venait, le plus vite possible.

Honnêtement, ça me faisait mal d’y penser. Je ne savais pas pourquoi, mais nous étions toutes les trois fortement attirées par lui. Ça devait avoir un rapport avec le fait qu’il était un Visiteur Légendaire. J’avoue qu’on s’est un peu moquées de lui pendant qu’il dormait. Je pensais qu’il l’avait remarqué, mais il n’avait rien dit. Comme il avait déjà des relations avec la Princesse, la mage de cour et les harpies, il ne serait sans doute pas trop dérangé à l’idée d’en ajouter trois autres au mélange, et nous avions répondu en conséquence.

On frappa à la porte. Le Père Porc tressaillit de surprise. Apparemment, le moment était venu pour lui de se rendre au billot du boucher. Il fallait que je m’assure d’aller jusqu’au bout des choses et que je le fasse savoir à Kousuke. Et à la fin de la journée, je serais le seul lit dont il aurait besoin. Comme il avait l’air d’aimer mon oreiller, j’étais sûre qu’il serait satisfait.


—Lime est la plus intelligente d’entre nous, m’a dit Bess.

—Elle contrôle un nombre énorme de copies à tout moment, dit Poiso. Bien plus que chacune d’entre nous.

—Elle multitâche tellement que ça provoque du ralentissement, hein.

—Ralentissement ? dit Lime en inclinant la tête vers moi.

C’était trop adorable.

Elles m’expliquaient que Lime savait qu’elle n’était pas très douée avec les mots, alors sa copie relayait les informations qu’elle avait recueillies à Bess et Poiso, qui me les retransmettaient ensuite. Ça prit un peu de temps, mais on finit par tout comprendre.

—Et donc, le chef a été déchu de son titre et démis de ses fonctions de souverain du Royaume de Merinard.

—Et la Sainte a pris sa place ? demandai-je.

—Provisoirement !

—Je vois, je vois. J’acquiesçai. Eh bien, Lime est carrément la MVP du jour.

—Récompense ! Lime rayonna de bonheur.

—Hum, d’accord, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, dis-je.

—Je serai ton seul lit pour ce soir !

—Hein ?

C’était ça qu’elle voulait ?

—D’accord, ça me va.

Bess et Poiso soupirèrent et acceptèrent-elles aussi l’arrangement nocturne.

—Youpi !

Lime se mit à rebondir joyeusement dans la pièce, ce qui mena à… eh bien, si c’était un jeu sur PC, ma machine se serait mise à faire un bruit de locomotive à vapeur à cause de l’explosion soudaine de physique de rebond impliquée.

Argh, je n’allais pas céder ! Je ne pouvais pas ! …Bon, j’ai cédé. Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder, OK ? Trop faible.

Cette nuit-là, je m’endormis enveloppé dans l’étreinte de Lime. Ou du moins, j’essayai.

—Euh, Lime ? C’est un endroit un peu délicat, alors… H-hé, attends. Non, tu peux pas !

—Je le fais tous les soirs.

—Tous les soirs ?!

—Tu t’endors si vite, Kousuke, dit-elle, comme si ça expliquait quoi que ce soit.

—J’ai jamais réussi à dormir pendant que ça m’arrivait… Euh, Poiso ?

—Ouf, il commence à faire chaud ici !

Poiso tenta de siffler nonchalamment. Piètre tentative, je dois dire, et venant de sa direction, je sentis l’habituel parfum rafraîchissant que je sentais toujours avant de m’endormir. Il y avait quelque chose de si confortable là-dedans, ça m’endormait toujours… Attends, c’était pour ça… ?!

—Kousuke

Bess s’approcha de moi d’un air résigné. C’était l’expression qu’elle prenait d’habitude quand elle me venait en aide !

—B-Bess ?

—Il faut savoir quand abandonner, dit-elle.

J’étais entouré par trois filles slimes. Je n’avais aucun espoir de leur résister, et j’avais déjà été absorbé. À poil. Il n’y avait rien que je pouvais faire.


Cela faisait environ une semaine depuis cette soirée mémorable. Je pensais que les filles slimes avaient pris cette nuit-là comme signal d’arrêter de jouer, puisqu’elles avaient cessé leurs farces, pour autant que je sache. C’est-à-dire que je n’étais plus protégé par elles… Le donnant-donnant, c’est important, non ? Ou du moins, c’est comme ça que j’avais organisé les choses dans ma tête depuis cette nuit-là.

Mais ce n’est pas comme si je n’avais fait que traîner tout ce temps. J’avais fabriqué toutes sortes de choses dont j’avais besoin, discuté avec les filles, et travaillé avec elles pour préparer notre évasion.

—Tu es fin prêt ? demanda Poiso.

—Ouais, dis-je. À peu près.

Le minerai des marais se révéla super utile. Même s’il n’y avait pas de mithril dans le mélange. S’il y en avait eu ne serait-ce qu’un peu, j’aurais pu l’utiliser pour fabriquer un noyau pour le communicateur golem.

—Bon sang, y a vraiment aucun mithril nulle part ? Pas même un peu ?

—Mm, ça n’a jamais été facile à trouver, dit Poiso. Le mithril est un matériau très rare.

—Y en a pas dans les coffres ici ?

—Il a été pris et expédié au Saint Empire il y a une éternité, dit Bess.

—J’aurai ma revanche, Saint Empire !

Je brandis mon poing vers le plafond.

—Revanche ! cria Lime.

Un fléau pour ma vie, encore aujourd’hui. Je demandai aux filles si je ne pouvais pas remplacer le mithril par d’autres métaux, mais apparemment, c’était indispensable pour fabriquer des outils magiques de haute qualité. Bess m’expliqua que pour le type d’outils magiques dont je parlais, c’était tout bonnement impossible. Il fallait que j’aille en ville et que je mette la main sur un objet en mithril pour pouvoir entrer en contact avec Sylphy et les autres. Je n’avais pas besoin de grand-chose : même une bague en mithril, juste une bague normale et non magique, du genre alliance ou quelque chose dans le genre, ferait l’affaire. Même si ce serait sacrément cher.

Les bagues en mithril étaient très faciles à travailler, alors il y en avait pas mal en circulation. Les nobles, hommes et femmes, les utilisaient fréquemment comme bagues de fiançailles.

Mon autre option était un talisman adoliste : le symbole de leur foi, la croix de lumière. Pour être clair, ce n’était pas une forme en T, mais en X. Comme son nom l’indique, elle symbolisait la lumière d’Adol.

Le moins cher était en fer, ensuite il y avait l’argent standard, l’or grand luxe, et enfin le niveau mithril. Ce dernier était stocké dans les locaux de l’église.

—Je préférerais autant ne pas m’approcher de l’église, avouai-je.

—Mais ils sont sûrs d’en avoir, dit Bess.

—Ça va coûter super cher, prévint Poiso.

—Dépense nécessaire ! chanta Lime.

—Je suppose que j’ai pas mal de fausse monnaie impériale à distribuer.

Quelques jours plus tôt, Bess m’avait apporté de la vraie monnaie impériale, donc j’avais utilisé l’or et l’argent que j’avais pour faire des répliques décentes. La monnaie impériale prenait la forme d’une simple monnaie métallique en forme de tige. À première vue, elles ressemblaient à de gros jetons de mahjong. Mais comme elles étaient faites d’or et d’argent, elles étaient assez lourdes. Il en existait plusieurs types selon le poids, à la fois pour l’or et pour l’argent. Le trou au milieu exprimait visuellement le poids de chaque tige.

En gros, cinq tiges d’or à un trou et une tige d’argent à cinq trous avaient à peu près le même poids. Cela voulait dire que tout changement de poids était visiblement reconnaissable, donc on savait quand la valeur baissait.

Je crois que ça s’appelait la monnaie au poids. En fait, comme c’était basé sur la constance de la qualité, le nombre de trous représentait la quantité, alors c’était plutôt de la monnaie à la pièce ? Argh, mais au bout du compte, le poids était mesuré au comptoir, alors peut-être que c’était bien de la monnaie au poids ? J’en savais rien ! Peu importe, ça n’avait pas vraiment d’importance. Du moment que je pouvais utiliser le truc.

—Il ne reste plus que l’équipement ?

—Ouais…

Ma couverture n’avait pas changé : je revenais des champs de bataille entre le Saint Empire et l’Empire, à la recherche d’un emploi dans le Royaume de Merinard. Par chance, il y avait une véritable rébellion à Merinard, alors il n’y avait rien d’étrange à ce qu’un mercenaire pousse aussi loin en suivant les rumeurs.

Voilà le truc. Si je devais être mercenaire, il fallait que j’aie l’allure et l’équipement pour passer pour tel.

Première chose, le classique : une épée.

Une épée courte un peu large. Une épée à deux mains ? Une grande épée ? C’était trop classe. Mais je préférais m’en tenir à quelque chose de léger. Poignée incluse, l’épée était légèrement plus courte que mon bras. Les épées longues étaient trop difficiles à manier. Comme je l’avais fabriquée avec ma propre station de forge, elle était de très bonne qualité. Probablement.

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 3, Interlude 4 — illustration

—La suite, c’est un bouclier, dis-je.

—Très normal, commenta Bess.

—Normal et simple, dit Poiso. Et le plus simple, c’est le mieux.

C’était un bouclier rond en bois et en cuir renforcé de métal, le genre de bouclier qu’on peut trouver partout. En dessous, il y avait des fentes pour ranger jusqu’à deux dagues de lancer, mais à part ça, c’était tout à fait banal. Oh, et il avait une sangle pour que je puisse le porter sur le dos en me déplaçant.

—Maintenant, il me faut une lance.

—Une Arme principale ? demanda Poiso.

—Dans le mille.

En fin de compte, les lances étaient des armes extrêmement utiles. On pouvait attaquer les ennemis à distance, et on pouvait les lancer. Pour être honnête, elles régnaient en maîtres. Aucun outil de mise à mort n’avait été plus constamment fiable dans toute l’histoire de l’humanité. Je n’en avais jamais vu utiliser au combat, mais j’avais entendu dire qu’elles étaient plus courantes que les épées.

En l’essayant moi-même, je fus impressionné par la sensation. Les lances, c’était peut-être mon truc.

—Ta posture a encore besoin d’être travaillée, dit Poiso.

—Vous êtes un public exigeant, les filles.

—C’est moi la plus exigeante ! proclama Lime.

Quelqu’un qui se présentait comme mercenaire mais ne savait pas manier l’épée ou la lance allait juste passer pour un imbécile, alors ces derniers jours, les slimes girls m’avaient appris les bases.

Au début, j’avais hésité à pointer une lame sur elles, mais c’étaient des slimes, après tout. Je pouvais les couper ou les poignarder sans que ce soit grave. C’étaient en fait des partenaires d’entraînement parfaits en ce sens. En plus, elles étaient méga fortes. Les attaques me parvenaient sous des angles impossibles, et elles me balançaient dans tous les sens, encore et encore.

Aïe…

—Magie de guérison ! dit Lime.

—On peut toutes l’utiliser, dit Bess, alors t’es paré.

—Je peux te fabriquer des médicaments sans problème, ajouta Poiso.

—Et si vous y alliez un peu plus doucement avec moi ? demandai-je.

—On y va doucement !

—Que quelqu’un me sauve ! criai-je, mais il n’y avait personne pour avoir pitié de moi.

Au minimum, il me fallait devenir assez bon pour dissiper tout doute sur mon statut de mercenaire. Sinon, je ne pourrais pas me défendre, et les filles ne me laisseraient pas quitter les égouts parce que ce serait trop dangereux.

Elles étaient strictes, mais incroyablement gentilles, et je le sentais littéralement dans mes os.

À l’aide d’actions de commande, je feignis une avancée, puis glissai en arrière avant de bondir en avant avec une poussée pour enchaîner une attaque en double saut et déclencher une attaque d’élan.

—Tu te déplaces de façon si étrange…, dit Poiso, perplexe.

—Bouahaha ! Je ne vais pas me faire battre indéfiniment !

Cette tactique marcha la première fois, mais après, elles n’eurent aucun mal à gérer.

—On connaît tous tes tours maintenant, dit Bess avant de me jeter au sol encore une fois.

—Kerblagh ?!

—Cette charge est idéale pour tuer les ennemis dès les premiers instants.

—Si tu peux l’utiliser découper tes mouvements, c’est pas mal pour l’attaque et l’esquive, ajouta Poiso. Ça perturbe suffisamment la maîtrise de la portée de ton adversaire.

—Mais sur nous, ça marche pas ! chanta Lime.

—Je trouve que c’est injuste, votre façon à vous les filles de simplement saturer le terrain d’attaques.

Si mes mouvements glissants déréglaient leur portée, alors elles pouvaient simplement couvrir une zone plus large d’attaques, lançant une vague de tentacules perforants et déchiquetant ma pauvre peau sans défense. C’était suffisant pour me faire perdre l’équilibre complètement et m’envoyer rouler au sol. Je n’étais plus qu’un énorme bleu.

Une autre semaine s’écoula pendant laquelle je fus secoué dans tous les sens, et petit à petit, mes compétences de combat à l’arme blanche s’améliorèrent.

…En fait, il n’y eut aucune notification de ce genre dans mon statut ni dans le menu des compétences. Pas de changement non plus dans mes succès. J’avais mis tous ces efforts dans l’entraînement au combat, mais comme je n’avais encore rien tué, mon niveau n’avait pas augmenté. On aurait pu croire que je décrocherais quelque chose pour avoir vécu sous terre tant de jours, mais non, rien. Ce serait sympa de pouvoir gagner la vision nocturne ou un autre truc utile, mais le monde n’était pas si gentil.

—Il ne reste plus que mon atout, conclus-je.

—Tu veux dire le truc qui fait un bruit de fou, c’est ça ? demanda Lime.

—Ouais.

Je sortis de mon inventaire un fusil d’assaut équipé d’un long chargeur incurvé. C’était probablement le fusil d’assaut le plus célèbre au monde, et il utilisait des balles en fer de 7,62 × 39 mm. C’était la version modifiée, parce que pourquoi pas ?

Il était très facile à produire en série, il était robuste, et il frappait comme un camion. J’avais choisi cette arme au cas où je tomberais sur une cible très bien blindée. Une arme de poing ne serait peut-être pas capable de percer une armure de fer.

Et oui, un fusil automatique était difficile à justifier en raison de son coût élevé. Ma capacité à produire des balles ne suffirait pas à équiper des dizaines, des centaines ou des milliers de personnes. Mais pour une seule personne ? C’était une autre histoire. Je pouvais produire assez de balles pour moi-même. Donc, ça avait parfaitement du sens de privilégier les capacités, la puissance de feu, la robustesse et la facilité d’utilisation.

Cette arme particulière répondait à tous mes besoins : beaucoup de balles, automatique, chargeurs détachables pour faciliter le rechargement, et assez de puissance pour transpercer à peu près n’importe quoi. Ce n’est pas pour rien qu’elle figure dans le livre Guinness des records comme l’arme militaire la plus répandue au monde. Elle avait été choisie parce qu’elle était solide et fiable.

Je n’avais pas réussi à fabriquer de la poudre à canon à partir d’eaux d’égout non traitées, mais grâce à quelques essais et erreurs avec Poiso, j’en fabriquai une tonne à partir de déchets partiellement traités. Inutile de préciser que je fabriquai aussi des grenades à main. Pourquoi ne pas avoir plusieurs atouts dans ma manche ?

—Ce truc est absurde, dit Bess.

—J’espère bien ! répondis-je.

—Sur nous, ça marchera pas !

—Rien ne marche, dis-je à Lime.

Elle me répondit par un sourire en se trémoussant.

La magie et le feu sont à peu près les seules choses qui les affectent. Une grande explosion pourrait les rayer de la surface de la planète, mais en tant qu’humain qui ne peut les attaquer que physiquement, je ne pourrais jamais gagner.

—Ça fait deux semaines que vous m’avez amené ici, mesdames, et je suis enfin prêt…

—Alors, tu pars demain ? demanda Bess.

—Ouais, je vais aller faire un tour en ville, répondis-je en hochant la tête.

—Sois prudent, dit-elle. C’est fini si tu te fais attraper.

—Évidemment.

—Pas besoin de nous ramener des cadeaux ! dit Lime.

—Vous êtes sûres ? Je serais content de vous offrir quelque chose.

—On veut juste que tu reviennes sain et sauf !

Bess et Poiso acquiescèrent.

—Ce serait le plus beau des cadeaux, dit Poiso.

—Vous inquiétez pas, je le ferai.

Je devais rester prudent à présent. Le lendemain, je me rendrais enfin dans la capitale. Je mettrais la main sur tout le mithril que je pourrais trouver et je rentrerais sain et sauf. Si possible, j’aimerais aussi me faire une idée de la situation actuelle dans le monde, mais je n’allais pas tenter le diable. Ce n’était pas le moment.

Tout dépendait de demain.


—Vérification de l’équipement !

Lime leva la main avec un grand sourire et fit sa proclamation.

—Armure, bon ! Casque, bon ! Sac, bon ! Épée, lance et bouclier, bon !

Je portais une armure de cuir avec des plaques de fer aux endroits stratégiques. Au premier coup d’œil, mon casque avait l’air tout à fait ordinaire, mais c’était en fait une plutôt belle pièce avec un plumet rouge qui attirait le regard. Hum… Devais-je me distinguer comme ça ? J’étais censé être un mercenaire. Si je ne me distinguais pas d’une manière ou d’une autre, ce serait encore plus suspect. Et puis, j’avais l’air frais comme un gardon.

—Portefeuille ? demanda Lime.

—Le principal est sous l’armure, le second est dans mon sac.

La plupart de l’argent se trouvait dans mon portefeuille principal, tandis que mon portefeuille secondaire contenait de la petite monnaie et des lingots d’argent. Tous ces objets avaient été récupérés dans les égouts, et Poiso et Bess les avaient stockés avant qu’ils ne rouillent. Si je n’avais que de la monnaie impériale dans mon portefeuille, les gens se demanderaient comment j’avais bien pu survivre dehors, alors je leur en avais demandé quelques pièces variées

Comment je les ai payé ? Faites marcher votre imagination.

—Récite ton histoire, m’ordonna Bess.

—Je suis un mercenaire venu de l’est, dis-je. Je cherche du boulot ou un champ de bataille.

L’histoire n’avait pas changé depuis nos premières discussions. Si quelqu’un me demandait plus de détails, j’étais prêt à en fournir.

—Les cheveux noirs, c’est rare, chantonna Lime en faisant mine de trouver des failles dans mon histoire.

—C’est vrai, mais c’est pas comme si ça n’existait pas.

Dans leur monde, il n’y avait pas beaucoup de gens aux cheveux noirs, mais il y en avait. Au moins un sur mille ou dix mille, sans doute. Dans une grande ville, il y en avait même quelques-uns.

—Tu n’as pas l’air très fort, fit remarquer Poiso.

—Je suis plutôt du genre cardio, répondis-je.

J’étais devenu un combattant correct grâce à l’aide des slimes girls, mais je n’étais pas encore un pro. Si on parlait de ma force physique brute par rapport à la moyenne des gens, je me situais dans la moyenne, voire en dessous.

Mais grâce à mes compétences, j’étais rapide, et je pouvais tenir une course assez soutenue sur de longues distances. Le style de course que j’employais en utilisant des actions de commande paraissait incroyablement peu naturel, mais si j’expliquais que c’était un style spécial ou un secret, ça passait pour la plupart des gens. D’après Bess, il y avait beaucoup de magie et d’outils magiques dans le monde, et personne n’en savait tout.

—Tu devrais pouvoir y aller, déclara Bess. Il ne reste plus qu’à s’assurer que tu entres par l’extérieur de la ville.

—C’est vrai, dit Poiso. Si tu n’as pas de carte de passage sur toi, il y aura des problèmes.

—On peut sortir par les tunnels ! dit Lime.

—Allons-y

Parmi les passages sous le château, il y en avait un qui s’étendait vers l’est, au-delà des murs de la ville. J’allais emprunter ce chemin, puis entrer dans la capitale par le côté est.

—Selon ce qui se passera, je pourrais bien passer plusieurs jours en surface. Même si je me fais capturer, tant qu’ils ne me tuent pas sur-le-champ, ils me fourreront probablement à nouveau sous le château. Si ça arrive, je ferai du grabuge. Alors s’il vous plaît, venez me sauver.

—On doit tout faire pour toi, hein ? me taquina Poiso.

—Non, dis-je. Je ne suis simplement pas assez idiot pour croire que je peux tout faire moi-même.

Et puis, Bess et les autres étaient bien plus fortes que moi. Si je pouvais compter sur elles, je le ferais. J’utiliserais tout ce qui était à ma disposition pour retrouver Sylphy.

—Alors je suppose que c’est le moment ? demanda Poiso.

—L’heure d’y aller, dit Bess.

—Par ici !

Lime nous mena vers la porte. Nous nous sommes mis en route à quatre. Apparemment, elles voulaient m’accompagner pour me dire au revoir.

—Vous savez, c’est en fait la première fois que nous voyageons tous ensemble.

—Hum, t’as raison, Bess.

—On n’a généralement pas besoin de se déplacer, ajouta-t-elle.

—Les petites copies sont largement suffisantes, déclara Poiso.

—J’imagine.

Lors de nos combats d’entraînement, j’avais affronté en un contre un la même copie de Lime que j’avais rencontrée quelques semaines plus tôt. Elle m’avait donné du fil à retordre. Même les petites versions des filles étaient incroyablement coriaces. Pour s’entraîner aux combats à plusieurs adversaires, les trois filles avaient créé deux copies d’elles-mêmes. Une fois encore, je m’étais fait botter les fesses.

Après un peu de bavardage et de marche, les trois slimes girls s’arrêtèrent. Nous étions arrivés au bout du tunnel, ou presque.

—C’est l’heure, dit Bess.

—Comme la famille royale peut emprunter ce chemin, il est considéré comme faisant partie du château, même s’il n’est pas directement en dessous, mais c’est la limite absolue, déclara Poiso.

—On ne peut pas aller plus loin ! chanta Lime.

—Oh…

Je pouvais à peine sentir le courant d’air provenant de l’autre extrémité. L’extérieur était proche.

—On veille à nettoyer l’entrée, expliqua Poiso. Donc il ne devrait y avoir personne, mais sois prudent, au cas où.

—Nettoyer l’entrée, c’est-à-dire… ?

—On fait foncer les petits et ils se déchaînent ! dit Lime avec un plaisir évident.

—C’est une image terrifiante.

—Ils se décomposent après un certain temps, donc ce n’est pas dangereux, dit Poiso. Si on ne nettoyait pas l’entrée régulièrement, des gobelins et autres bestioles s’y installeraient.

—Ça, ce serait embêtant, c’est sûr… Bon. Il est temps d’y aller.

J’ai vérifié mon équipement une fois de plus, puis je me suis tourné vers les filles. Lime arrivait à peine à cacher la solitude écrite sur son visage. Bess avait l’air inquiète. Poiso semblait assez calme.

—Je ne vous dis pas adieu, leur dis-je. Je reviendrai.

Elles ont répondu toutes en même temps.

—T’as intérêt !

—Vas-y, mais ne fais pas de bêtises.

—Sois prudent, s’il te plaît.

—Je le serai, promis-je. Prenez soin de vous !

J’ai commencé à marcher vers la surface. Cela faisait vraiment un bon moment que je n’avais pas mis les pieds en surface.

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 3, Interlude 4 — illustration

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