Bien qu’ils aient fait face à de nombreuses… non, d’innombrables… crises de la sorte qui auraient fait perdre tout espoir au plus brave des hommes, Ranta avait accompli l’exploit d’y survivre et à s’en sortir par lui-même.
Les situations difficiles ne sont rien pour moi, il avait toujours pensé avec confiance. Je peux m’en sortir quoiqu’il arrive.
C’était ce en quoi il croyait. Il en était sûr et certain. Absolu-totalement. Ranta se sourit à lui-même. Ce mot-là, il était incroyablement bien trouvé. Absolu-totalement. Aurait-il dû le crier à haute voix ? Quoi sait ? C’était dur à dire. S’il criait, ils pourraient s’énerver, non ? Plus que ça, peut-être ? Ou peut-être que de les voir s’énerver était le dernier de ses problèmes ?
La brume.
Il s’était enfoncé dans la brume depuis un moment désormais. Il n’y avait rien d’autre à part cette brume, et il ne pouvait plus du tout la berner.
Bon sang. N’y avait-il pas une façon d’utiliser cette mauvaise visibilité offerte par la brume pour qu’il puisse s’échapper ?
Ouais, non. Aussi grand soit-il, c’était un petit peu gros pour lui. Après tout, il était attaché.
Complètement saucissonné, pourrait-on dire ?
Les cordes s’enfonçaient dans la partie supérieure de son corps. C’était cette chose. Vous savez, le truc de la tortue. Les liens carapace de tortue. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ses jambes étaient libres, mais ses bras étaient attachés derrière son dos, donc il ne pouvait pas bouger comme il le voulait. Les cordes qui s’étendaient de ses mains étaient solidement attachées à un arbre proche. Il était fatigué de rester debout, donc il s’assit en croisant les jambes.
L’heaume de Ranta lui avait été retiré. Son armure, était toujours sur lui. Avant de se faire attacher, il avait été victime d’une fouille au corps qui avait été plus violente que nécessaire, et il avait été destitué de toutes ses possessions, armes incluses.
Eh bien, rien de bien anormal. C’était une fouille au corps, après tout.
Il avait dû la subir, et elle aussi.
Il lança un regard sur le côté. Leurs épaules se touchaient. Elle était à côté de lui, sur les genoux et la tête baissée.
Hé, hé, hé, sois pas aussi tactile comme ça. T’as un faible pour moi ou quoi ? Alors ? T’en dis quoi ?
Ranta aurait pu s’engager dans une discussion banale avec elle, mais il n’en fit rien. Il ne pouvait pas. Ils pourraient se mettre en colère.
Juste peut-être, ils pourraient faire plus que s’énerver. S’il n’avait pas de chance— peut être allaient-ils le tuer… ?
Il ne pouvait pas voir si bien que ça à travers la brume, donc il ne savait pas dans quel genre d’endroit il était, mais ils n’étaient pas au sommet d’une colline tout du moins. Il y avait une cave juste à côté d’eux. Bien entendu, ce n’était pas la sortie par laquelle ils étaient arrivés.
Ranta et Merry n’étaient pas seuls ici. Il y en avait d’autres. Plein d’autres.
Tout d’abord, il y avait ces choses. Ces créatures félines avec des mains habiles et une tête légèrement trop grosse. Il y en avait plein autour d’eux. Il serait même juste de dire qu’ils étaient encerclés par ces bestioles. Dans les arbres, au sol, couché quelque part, en boule, il y en avait de toutes les sortes, mais on aurait dit qu’ils se faisaient observer par eux. Ou, enfin, non, ces créatures étaient complètement en train de les surveiller. Il savait déjà qu’elles n’étaient pas sauvages.
Il n’y avait pas que ces créatures félines. Il y avait ces loups d’un noir profond à l’entrée de la grotte. Ils étaient tous des créatures apprivoisées.
C’était ce gobelin.
Il y avait ce loup noir couché près de la grotte qui était plus gros que les autres, assez gros pour ne pas dire impressionnant, et le gobelin qui était assis juste à côté de lui, qui le caressait tendrement, était apparemment le maître des créatures félines et des loups. En se basant sur ses observations, c’était la seule conclusion possible.
Cependant, ce gobelin portait une tenue en cuir moulante ou quelque chose comme ça… Il avait le visage d’un gobelin, la tête d’un gobelin, le physique d’un gobelin— on ne pouvait pas faire plus gobelin que lui— mais il y avait quelque chose de différent chez lui. Il était complètement calme, comme s’il était intelligent, et on pouvait ressentir une pointe de tristesse dans son regard.
C’est pas un gobelin comme les autres, pensa Ranta. Dois être un genre de gobelin spécial, huh ?
C’était évident. Enfin, bien sûr, qu’il l’avait remarqué.
—H-Hé ? Ranta essaya de parler avec la voix la plus basse possible. Commence pas à baisser les bras. On est encore en vie, tu sais. Du moment qu’on est en vie, on peut faire quelque chose. Ok… ?
—Tu as raison. Merry garda sa tête baissée tandis qu’elle lui crachait ces mots. Donc du moment que tu es en vie, tu peux te jeter au sol et t’incliner.
—Urkh…
De sombres souvenirs firent surface en un instant.
S’incliner. C’était vrai, ouais… Il s’était incliné ! Ils avaient été submergés par les loups, et on n’importe qui aurait pu dire que ça allait mal se finir, ok ?! Ça avait été l’impulsion du moment ! Il avait fait ça par réflexe, trouvant que c’était la meilleure chose à faire ! Cela avait été un coup de maître quoi qu’il en soit !
Ouais, il l’avait fait !
Il l’avait fait, ok ? Il s’était vraiment jeté au sol et il l’avait fait, parce qu’il n’avait pas d’autre choix, compris ? Il s’était incliné, ok, c’est bon ? Vous avez compris, non ? Au final, cela avait été le bon choix.
—G-Grâce à ça, on est encore en vie, dit Ranta. On a pu éviter de se faire tuer là. Montre un peu de reconnaissance, si tu le peux. Ma rapide et efficace révérence a perturbé nos adversaires.
—Ça les a plus consternés.
—…Peu importe, on a survécu. Pense positivement, Merry.
—Positivement ? Dans cette situation ? Merry laissa échapper un soupir fatigué. J’en ai marre de tes blagues.
Ranta lui donna un autre regard de côté. Bon, si elle ne pouvait pas penser positif, peut être qu’il ne pouvait pas lui en vouloir. Après tout, ils étaient attachés. Les cordes étaient aussi bien serrées. N’était-ce pas quelque peu érotique ? Non, pas vraiment— c’était assez érotique, on est d’accord ? Comme on pourrait s’en douter, c’était ce gobelin qui avait attaché Merry et Ranta. Cela signifiait qu’il avait dû toucher Merry de part et d’autre de son corps. Ranta ne l’avait pas pensé sur le moment, mais en y repensant désormais, il était jaloux.
Non ! C’était outrageux ! Comment un pauvre gobelin pouvait-il oser faire ça ? Ranta ne l’avait même pas encore touchée !
—…Qu’est-ce que tu regardes ? Merry tourna son regard vers lui.
—R-Rien du tout. Ranta tourna son visage devant lui. …Ok, je te regardais. Je te regardais. Je te regardais, je te regardais complètement. Est-ce que c’est mal de regarder quelqu’un ? Hmph… Est-ce que ça va pour toi ? Si elles sont trop serrées, ou que ça te fait mal…
—Pervers…
—J…J’étais juste inquiet !
—Ta voix.
—Urkh…
Ranta s’empressa de la fermer et regarda autour de lui. Les créatures félines étaient toutes en train de regarder dans leur direction. Ainsi que les loups. Et ce gobelin. Il y avait aussi les autres.
En vérité, en plus des créatures félines, des loups noirs, et de ce gobelin, il y avait aussi un bon nombre d’orcs à la peau verte. Il y avait aussi d’autres choses qui n’étaient pas des orcs et qui cachaient leur peau. Ils allaient et sortaient de la grotte, ou flânaient dans les alentours.
Qu’est-ce que faisaient ces types ici ? Qui étaient-ils ? Pour commencer, pourquoi n’essayaient-ils pas de tuer Ranta et Merry ? S’ils l’avaient voulu, ils auraient pu. Même maintenant, ils pouvaient toujours le faire. Les orcs n’étaient-ils pas des ennemis de l’humanité? Qu’est-ce qu’un gobelin qui devrait se trouver dans les alentours de Damuro faisait ici ?
Ranta se tourna à nouveau vers Merry. Ils n’allaient pas les tuer lentement… n’est-ce pas ? Du genre, la partie de faisait que commencer ? S’ils allaient faire quelque chose, ce serait ça ? Ça allait être ça ? Genre, « Gehehehe, chacun son tour, les gars ? » Genre, Merry va avoir des problèmes ? Non, pas qu’elle allait avoir des problèmes, il en avait déjà.
Ouais… c’est comme ça que ça va se passer, huh.
S’ils se trouvaient dans une situation où leurs ennemis pouvaient se les faire à n’importe quel moment, cela signifiait aussi qu’ils pourraient se la faire à n’importe quel moment. Merry le savait déjà. Elle allait pour sûr passer un sale moment. Elle devait penser que cela aurait été mieux qu’ils se fassent tuer rapidement et proprement.
Qu’allait-il se passer en premier ? Allaient-ils tuer Ranta, ou allaient ils s’attaquer à Merry en premier ? Ils pourraient le faire juste en face de lui alors qu’il serait encore en vie… cela serait dur pour lui à encaisser. Il ne voulait pas voir ça, mais un peu au fond de lui. Non, non, il ne voulait pas. En aucun cas il ne voudrait voir ça.
Ranta cadenassa ses yeux.
F-F-F-Flippaaaaaaant. Ça fait trop putain de peuuuuuur. Non, non, non, je ne veux as ça. Sauvez-moi, sauvez-moi, sauvez-moi, s’il vous plait, je vous en supplie !
Il entendit Merry avalait sa salive.
Ranta ouvrit les yeux. Il les ouvrit en grand.
Quelqu’un était sorti de la grotte. Quelqu’un.
Il n’était pas un orc, ni un gobelin, ni une créature humanoïde. Même s’il était humanoïde. Parce que, eh bien— il était humain.
Il était en train d’arriver. Dans leur direction. Un humain. Ses longs et raides cheveux étaient attachés en chignon sur sa tête. Son visage était couvert de poils. Ses joues étaient creusées.
Un kimono ? Il portait quelque chose comme ça, avec obi pour tenir le tout au niveau de sa taille. Il… n’avait pas de bras droit ? Ou alors était il en train de le cacher dans sa manche ?
Le long et fin objet qu’il tenait dans sa bouche semblait être une pipe. Il était en train de fumer du tabac. L’homme n’avait qu’un œil. Son oeil gauche n’était pas juste fermé. Il y avait une profonde cicatrice à cet endroit. Il avait la quarantaine, peut-être ? C’était un vieil homme. Mais… Comment était-ce possible ?
Il y avait un humain, aux côtés d’orcs et de gobelins ? Étaient-ils camarades ?
—Hmm…
Le vieil homme s’arrêta devant Ranta et Merry, retirant la main de sa ceinture pour se caresser le menton. Un bruit de frottement en ressortit. Il avait une épée incurvée accrochée à sa taille. On aurait dit un katana, peut-être.
—Quelle jolie demoiselle. Elle a l’air délicieuse.
—Quoi, t’as envie de le bouffer ?! Ranta ne pu s’empêcher de lui envoyer cette vanne.
—Le vieil homme releva l’un de ses sourcils touffus et il le regarda de haut. Ce gosse aussi à de la gueule.
—La fraicheur avant tout, huh ? Putaiiiiiiin… O-On va se faire bouffer, huh ?
—…Je suis presque sûre que c’est pas ça, dit froidement Merry. La ferme Merry ! Et une seconde, comment tu peux être aussi calme ?!
—Je ne dirais pas exactement que je suis calme…
—Bon, ça suffit. vociféra le vieil homme. C’est vrai, si on décide qu’on veut vous bouillir, ou vous cuisiner, et vous dévorer, on peut le faire. On peut faire ce qu’on veut, quand on le veut. Si Onsa n’était pas aussi capricieux, vous deux seriez déjà dans le ventre des loups. Vous avez réussi à échapper à ça. Pourquoi ne pas vous réjouir de cette chance que vous avez eu ? Hm ?
Le gobelin était en train de caresser avec tendresse le grand loup noir tandis qu’il les regardait. Peut-être qu’Onsa était le nom de ce gobelin.
Ranta regarda Merry. Elle avait le regard baissé, ses épaules faisaient des vas et viens vers le haut puis le bas. Sa respiration était mitigée. Tout son corps était en train de trembler.
Etait-elle effrayée ? Évidemment qu’elle l’était.
Ranta prit une profonde inspiration, et il fixa ses yeux sur le vieil homme. Il était pratiquement en train de se faire dessus, mais il n’allait en aucun cas laisser penser quelqu’un qu’il était une poule mouillée. Il avait sa fierté du chevalier noir le plus atroce à considérer, après tout.
—Tues-moi, lui dit Ranta. Si vous allez nous tuer, alors qu’on en finisse. Mais, tu sais quoi ? Vous allez pas le faire. Vous devez avoir une raison, pas vrai ?
—C’est pas vraiment une raison. Le vieil homme cracha un nuage de fumée. Quand on fait des prisonniers, peu importe à quoi ils ressemblent, on ne les tue juste pas comme ça. C’est la loi.
—La loi… ? Quel genre de groupe vous êtes ?
—Quoi, tu nous connais pas ?
—Bah, non.
Ranta se lécha les lèvres.
Donc c’est comme ça, pensa-t-il. Ils n’allaient pas les tuer immédiatement. Le vieil homme lui avait garanti cela. Dans ce cas, de quoi devait-il avoir peur ? Il n’avait pas peur. Il ne ressentait pas la moindre once de peur.
—On vient juste de rentrer d’un petit voyage d’un autre monde, tu vois, lui dit Ranta.
—Un autre monde, huh ? Le regard dans l’oeil du vieil homme changea un petit peu. On aurait dit qu’il avait attiré son attention. Bien, bien. On dirait pas comme ça, mais je suis un soldat volontaire quelque peu connu, se vanta Ranta. Donc, après qu’on se soit fait un tas d’expérience dans un autre monde, je suis revenu en Grimgar, plus grand et plus fort que jamais. Si vous voulez en entendre parler, je peux vous conter cette histoire.
—Est-ce que t’es stupide ? Merry était en train de lui murmurer quelque chose à voix basse, mais qu’est-ce qu’il en avait à faire ?
—C’est une aventure qui va vous prendre aux tripes et qui va faire bouillir votre sang ! déclara Ranta. Non, c’est carrément une série de plein de super aventures ! Des terres inconnues, des créatures surprenantes, notre or ne valant pas un sou, notre expérience si durement acquise à la poubelle, on a traversé l’épreuve ultime de survie dans un endroit comme ça ! Qu’est-ce t’en dit ? Si tu ne m’écoutes pas, je te le garantis, tu vas le regretter plus tard, tu sais ?! T’en as envie ?! De l’entendre ?! Si j’étais toi, c’est ce que je ferais !
—Laisse-moi réfléchir. Le vieil homme pencha sa tête sur le côté, et cracha un autre nuage de fumée. Je vais passer mon tour.
—Pas possiiiiiiiiiiible…
—Laisse-moi te demander une chose.
—D-Demande ! N-Non ! Ç-Ça dépend ce que c’est ?! Ça me dérange pas de répondre, je veux dire, je suis heureux de coopérer… Pour de vrai ?
—C’est dans votre intérêt de répondre, dit le vieil homme. Vous deux, quelle est votre connexion avec le village ?
—Le Village… ?
Ranta et Merry se regardèrent l’un l’autre.
Merry secoua sa tête, ne semblant pas comprendre. Ranta n’était pas plus éclairé qu’elle, mais il pouvait se permettre de ne pas être honnête non ? Le village, huh ? Ranta regarda le vieil homme. Il essaya de lire les intentions de l’homme avec ses expressions, mais il ne pouvait pas. Il ne lui montrait pas la moindre chose qu’on pourrait appeler une expression. Le vieil homme était de marbre. Il allait devoir y allait au cran là.
—…Oh, le village, dit Ranta. Oui, je sais ce que sais. Je veux dire, je suis le gars avec le plus de connaissance du coin. Si quelqu’un vous dit le contraire, c’est qu’il ment. Pourquoi, parce que pourrais tenir toute la nuit en vous parlant des villages ! Mais gardons ça pour une autre fois…
—Je vois. Le vieil homme fronça les sourcils et se gratta l’arrière de sa tête. Je n’arrive pas à dire si tu essaies de prétendre que tu sais, ou si tu essaies désespérément de cacher le fait que tu saches.
—Heh… Ranta ferma les yeux.
Ouais, je sais bien que tu peux pas, pensa-t-il. C’est exactement ce que je voulais faire.
—On dirait qu’on peut se débarrasser de vous sans problème.
—Quooi ?! Pourquoi ça ?! Pourquoi sans prothèse ?! Prothèse ?! C’est quoi une prothèse ?!
—Toi, t’es un rigolo, mais ferme-là.
—L-La fermer… maintenant. Ok ? dit Ranta
—Femme. Le vieil homme s’accroupit, semblant lécher le corps de Merry de haut en bas avec ses yeux. Le truc avec les femmes humaines, aussi étrange cela soit-il, c’est qu’on dirait que ça ne dérange pas les autres races. Y’a que des gars ici. Si tu ne résistes pas trop, tu pourrais ne pas mourir.
Merry ne dit rien. Elle continua se fixer le sol en serrant les dents. Peut-être qu’imaginer l’horrible dessein qui l’attendait dans un futur proche l’empêchait de dire quoi que ce soit.
Ranta n’avait pas le temps de ressentir de la pitié pour Merry. Si ça continuait sur ce chemin, Merry allait devenir un joujou pour orc et gobelins, et Ranta allait se faire tuer avant ou après que ça n’arrive.
Ranta-sama, le plus atroce de tous les chevaliers noirs, ne pensait pas le moins du monde qu’il pourrait mourir ainsi. En toute honnêteté, cela lui semblait si irréel.
Il devait être dans une sorte de blague organisée où ils allaient lui faire penser, Tu vas mourir, tu vas mourir, ou plutôt, Tu vas te faire tuer, tu vas te faire tuer. Ils allaient jamais le tuer pour de vrai. Ouais. Bien sûr qu’il allait s’en sortir.
Ou peut-être qu’il voulait juste penser qu’il allait s’en sortir… ?
Quand on meurt pour de vrai, est-ce que c’est vraiment aussi simple ?
Mourir.
Allait-il mourir ?
Impossible.
Il ne pouvait pas mourir. Pas encore.
Il ne l’avait pas encore fait avec une femme !
Non, enfin, il ne se souvenait de rien avant Grimgar, donc il se pourrait qu’il ait déjà fait ce genre d’expérience, mais s’il ne s’en souvenait pas, c’est comme s’il ne l’avait pas fait. Il voulait au moins le faire avant de mourir. Non, non, il ne voulait pas mourir. Il voulait le faire, se taper le plus de gonzesses possibles, et vivre. Quoi qu’il puisse se passer, il devait vivre.
Si le plus atroce des chevaliers noirs devait disparaître comme ça, ce serait une grande perte pour l’humanité. Il devait vivre, pour le bien de l’espèce humaine.
Mais comment ?
—Tenez-vous tranquille, dit le vieil homme avec un petit rire grave, puis il tira sur sa pipe avant de prendre la direction de la grotte en marchant.
Ranta claqua sa langue.
Chier.
Avant que le vieil homme ne parte, il aurait dû effectuer une théâtrale, brillante mais néanmoins puissante révérence…
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