Paramètres

Lecture personnalisée

CompactLarge

TransparentOpaque

Thème
Police d’écriture

ÉtroiteLarge

Accessibilité

Raccourcis clavier

←
Chapitre précédent
→
Chapitre suivant
S
Ouvrir ces paramètres
Échap
Fermer sans enregistrer

Inactifs pendant la saisie dans un champ (recherche, commentaire) et tant que ce panneau est ouvert.

Aperçu en direct. « Valider » enregistre sur cet appareil (connectez-vous pour les retrouver partout), Échap annule.

Chapitre 13

Révélation

Lecture ~20 min

Avant de lever le camp, Haruhiro et les autres suivirent les conseils de M. Unjo, ou plutôt ses instructions, et firent de minutieuses préparations.

La ville d’Herbesit se trouvait à l’ouest du Village du Puit, et il fallait trois jours de marche pour s’y rendre. Sur le trajet, ils devraient camper dans les bois. Il y avait quelques yegyorns qu’il avait mentionnés dans la forêt à l’ouest, mais il y avait une colonie de gaugais (les inuzarus) dans la zone. Il y avait aussi diverses créatures vicieuses carnivores et omnivores, ainsi que les durzoi— qui signifiait apparemment « qui est ancien », ou quelque chose comme ça— une race humanoïde qui avait quatre bras.

D’après M. Unjo, les durzois étaient de fiers chasseurs qui travaillaient généralement seuls pour traquer de grandes bêtes carnivores appelées vaguls. Si un groupe leur volait leur proie, ils deviendraient de dangereux et rancuniers ennemis, mais du moment que leurs intérêts n’étaient pas menacés, ils demeuraient pour la plupart bénin. Cela dit, le groupe allait devoir faire attention à ces vaguls, ainsi qu’aux autres bêtes qui incluaient les siddas, les wepongs, et les gaugais. Ces bêtes utilisaient chacune des tactiques différentes, et étaient assez intelligentes pour tirer parti d’une opportunité.

Il y avait une méthode qui leur permettrait d’éviter la plupart des bêtes, et c’était cette cloche comme celle qu’avait le wagon du brûleur de charbon.

Ils purent se procurer une cloche anti-bête auprès du forgeron. Elle n’était pas donnée. Il leur en couta 20 rumas, mais c’était apparemment essentiel pour traverser la forêt, donc cela en valait probablement le coup.

Dans la forêt à l’ouest, ils devaient basiquement faire sonner la cloche anti-bête constamment. M. Unjo avait naturellement sa propre cloche, mais il leur dit que ce serait difficile de faire le trajet à travers la forêt seul. Avoir des camarades rendrait le périple bien moins dangereux. Quand il devait s’allonger pour se reposer, d’autres pouvaient prendre le relais pour faire sonner la cloche.

Et aussi, bien qu’ils n’étaient pas aussi dangereux que les yegyorns, la forêt était la maison d’insectes et de serpents venimeux, donc il était préférable de ne pas avoir de peau exposée.

Haruhiro et les autres achetèrent des matériaux épais au magasin de vêtements et de sacs pour se fabriquer des tentes. Ils en profitèrent pour se faire aussi des dessous de vêtements faciles à porter. Ils se procurèrent des rations de survie et des bougies chez l’épicier. Ils achetèrent aussi de l’huile faite à partir de certaines plantes.

Haruhiro et les autres avaient vu le laboratoire d’Oubu le sage comme le fourre-tout, mais au final le véritable fourre-tout du Village du Puit s’avérait être l’épicerie du crabe géant.

Avec tous les préparatifs terminaient, le groupe suivit M. Unjo et ils quittèrent le Village du Puit.

Ils suivirent en premier la route avec les rails de wagon jusqu’au brûleur de charbon. Le chemin ne s’arrêtait pas ici. Haruhiro et les autres y avaient déjà pensé avant. S’ils continuaient à partir de là, où arriveraient-ils ? D’après M. Unjo, la route finissait par rejoindre une jonction à trois chemins.

M. Unjo menait la marche, avec sa cloche anti-bête qui pendait de son sac à dos, donc pour le moment, tout ce qu’Haruhiro et les autres avaient à faire était de le suivre. Du moment qu’ils avaient la cloche de M. Unjo, peut être qu’ils n’avaient pas besoin d’avoir leur propre cloche. Cette pensée traversa leur esprit, mais ce serait trop s’appuyer sur un étranger.

Le brûleur de charbon, qui ressemblait à l’identique au forgeron du Village du Puit, était en train de faire une sorte de travail avec son four à charbon. M. Unjo était apparemment aussi une connaissance du brûleur de charbon, car ils eurent une conversation amicale avant qu’il n’ordonne à Haruhiro et aux autres de se reposer ici.

—Il n’y a pas d’endroit plus sûr dans ces bois, leur dit M. Unjo. Nul n’est plus amical que lui à partir de maintenant. Une fois que vous avez compris ça, reposez-vous sur le jugement de votre cœur.

De la façon de parler de M. Unjo, les habitants d’Herbesit pourraient ne pas être nécessairement amicaux.

Haruhiro était empli à 99 % de malêtre, mais c’était ce dernier 1 % d’espoir qui lui permettait de ne pas faire marche arrière. Haruhiro et les autres devaient savoir. Et pas juste avec des dires, ils devaient le voir de leurs yeux. Voir c’est croire. Il y avait des choses qu’ils ne pourraient pas comprendre avant qu’ils ne l’aient vu et ressenti par eux-mêmes. Ce serait contre-productif d’agir en fonction d’informations qu’ils auraient obtenues seulement en écoutant les autres. Et si en plus c’était une décision qui influencerait leur avenir, ce n’était que plus important pour eux.

Une fois qu’ils eurent pris une courte sieste, M. Unjo les réveilla pour le départ. Tout ce qui se trouvait derrière le cabanon du brûleur de charbon était un monde nouveau et inconnu pour Haruhiro et les autres. Ils étaient tendus, mais M. Unjo marchait rapidement, et rien n’arriva. On aurait dit que la cloche anti-bête faisait du bon travail.

Alors qu’ils étaient dans la forêt, ils ne pouvaient plus voir la crête lointaine. Le ciel s’éclairait toujours un petit peu, tout de même, donc ils pouvaient différencier le jour et la nuit.

Le groupe arriva à cette intersection à trois routes ce même jour. M. Unjo choisit le chemin menant vers le sud-ouest. Il dit que s’ils prenaient le nord-ouest, ils atteindraient des montagnes abruptes. Ils pouvaient les voir se dessiner au loin dans la pénombre.

La route avec le rail du wagon n’avait pas été placée par le brûleur de charbon ; c’était apparemment quelque chose qui existait depuis longtemps. Il en était de même pour la cabane du brûleur de charbon, et il y avait eu un autre brûleur de charbon avant l’actuel.

D’après les tablettes de pierres et d’argiles, même après que Lumiaris et Skullhell soient parties, la guerre fit rage en Darunggar pendant longtemps entre les forces de la Déesse de la Lumière et les forces du Dieu Sombre. Alors que Darunggar était fermement divisé entre deux camps, ils ne furent pas en mesure de s’unir même après que leurs leaders soient partis. Ce conflit tragique était, aussi incroyable que cela puisse paraître, toujours d’actualité de nos jours. Par exemple, ceux qui faisaient partie des morts étaient des descendants des suivants de Skullhell, et ils tuaient et se dévoraient entre eux dans l’espoir d’assister un jour à la fin du monde. Les personnes se rassemblaient au village du Puit étaient les descendants de ceux qui suivaient Lumiaris, et ils transmettaient des histoires parlant du jour où Lumiaris reviendrait, apportant la lumière dans le sombre Darunggar. D’un autre côté, ils partaient plus du fait que c’était une légende, et plus une prédiction qui disait que le monde finirait dans les ténèbres. Leur adoration pour la poupée Kinuko et pour les autres objets venant d’un autre monde était peut-être une manifestation de ces sentiments contradictoires. D’après M. Unjo, qui avait décrypté les tablettes, il semblerait que certaines races avaient bâti des royaumes, et des membres des factions de la lumière et des ténèbres s’étaient réconciliés pour former des espaces de vie commune dans le passé. Cependant, tout groupe plus large qu’un village ou qu’une ville était garanti de s’effondrer sous les pressions internes et externes. Quand un roi qui avait usé de ses qualités de meneur pour construire un pays mourait, ou était tué, tout ce travail sombrait rapidement dans une guerre civile, et tout était réduit en poussière.

Darunggar signifiait apparemment quelque chose comme « la terre du désespoir ». Mais ce monde n’a pas toujours été connu sous ce nom. Originellement, cela avait été Fanangar (paradis) diriger par Enos (un dieu). Quand Enos s’est divisé en les deux ennemis jurés Lumiaris et Skullhell, ce monde devint Jidgar (champ de bataille). Quand le monde fut abandonné par les deux dieux, les cieux et la terre furent enveloppés par le désespoir.

Ils continuèrent à suivre le rail du wagon à travers la profonde forêt. Il y avait toujours aucun signe d’une quelconque bête. Ils étaient reconnaissants envers les cloches anti-bêtes pour ça. À la tombée de la nuit, Haruhiro sentit quelqu’un qui les observait. Quand il en informa M. Unjo, il leur dit que c’était les durzois.

—Dans ces bois, ça arrive tous les temps, leur dit M. Unjo. N’essayez pas de les trouver. Vous ne les trouverez jamais. S’ils deviennent hostiles, vous serez pris pour cible. Rien de bon ne vous arrivera.

Haruhiro pouvait probablement juste faire comme M. Unjo lui avait dit et ne pas laisser ça l’inquiéter. Mais, en toute honnêteté, il était curieux. Il se faisait tard désormais, donc ils plantèrent leurs tentes et dormirent dans des couvertures tout en gardant active la cloche anti-bête. Il ne le sentait pas quand il était à l’intérieur de la tente, mais quand il était dehors enroulé dans sa couverture, il se sentait parfois étrangement agité.

Les monstres faisaient aussi du bruit parfois. Ils devaient le faire exprès. Les chasseurs durzois choisissaient de faire du bruit pour observer comment il allait réagir. Si Haruhiro se comportait de manière hostile, une flèche pourrait lui foncer dessus à n’importe quel moment. Le durzoi pourrait être encore plus proche de lui qu’il ne le pensait. Il pourrait se retourner et le trouver juste en face de lui, avant que celui-ci ne balaye sa vie d’un coup d’arc détendu. Il ne pouvait pas écarter cette possibilité. Ou peut-être cela les amusait-il d’intimider le groupe en leur faisant peur…

Haruhiro n’eut pas vraiment ce qu’on peut appeler une nuit de sommeil, mais quand le matin se leva, il ne sentait plus la présence des durzois.

Ils sont partis, huh, pensa-t-il. Non, y’a rien que me dit que c’est le cas. Je ne peux pas baisser ma garde. Ou alors je me prends trop la tête, peut-être ?

—À continuer de t’inquiéter comme ça, tu vas finir chauve comme un caillou, mec. se moqua Ranta avec mépris.

Cela énerva Haruhiro, mais donner ne serait-ce qu’une once d’attention à Ranta équivaudrait à rendre les choses encore pires, donc il se contenta de dire : « Ouais, ouais… » et de laisser couler. Mais ensuite cette ordure de Ranta se rapprocha de l’oreille d’Haruhiro et lui murmura, « C-H-A-U-V-E, ok ? »

Si seulement Ranta avait pu disparaître à la place des durzois. En vrai, j’aimerais bien échanger Ranta pour un durzoi dans le groupe.

Alors qu’il était en train de penser ça, sa peur et son mal être vis-a-vis des durzois commencèrent à s’estomper. Même les poubelles pouvaient s’avérer utiles de temps à autre.

Il y eut un incident plus tard ce jour-ci, quand le ciel commença à s’éteindre. Il y avait quelque chose qui bloquait le chemin devant eux. Pire encore, quoique soit cette chose, elle bougeait. Non, peut-être « se tordait » serait une meilleure façon de le décrire.

Il y avait de longues et fines créatures. Il y en avait un grand nombre. Un nombre époustouflant.

Au premier regard, elles ressemblaient à… à des entrailles. Des intestins, peut-être ? Si l’on devait donner une comparaison plus raisonnable, elles ressemblaient à des vers. Des intestins qui étaient épais au niveau de leur taille. Non, des vers. Il y en avait une grande quantité, et elles étaient en train de bloquer la route du wagon.

—… C’quoi ça ? demanda Kuzaku avec une voix rauque.

—Surprenamment, M. Unjo agita sa tête. Qui sait.

—Eeh… Shihoru laissa échapper un petit cri et recula en arrière. Il était aisé de comprendre son ressentiment.

—T-Tout va bien aller, ok ? Yume regarda Haruhiro. … T’crois ça va bien aller, hein ?

Me demande pas, voulait-il dire, mais il se retint.

—… E-Eh bien, j’sais pas.

—Parupiro ! Ranta frappa Haruhiro dans le dos. Vas-y ! Saute par-dessus eux ! Fais ça, et on saura si c’est dangereux ou pas. Fais-le ! T’es le leader, mec ! Allez !

—Non, ne sois pas comme ça. Merry était effrayante dans les moments comme celui-ci. Pourquoi tu ne sauterais pas toi ? On aurait des problèmes s’il arrivait quelque chose à Haru.

—Quoi, et tu t’en branles de ce qui pourrait m’arriver à moi ?! Ce sera trop tard pour les regrets quand je m’en irai ! T’as pensé à ça au moins avant de parler, huh?! Est-ce que tu comprends parfaitement ma supériorité, ô combien je suis spécial, ma contribution, et mon potentiel futur ?!

—Oh, ouais, t’es spécial c’est sûr, Ranta-kun, dit Kuzaku.

—Kuzacky ? Bien, bien, bien ! Je savais que tu comprendrais ! T’es pas juste une pousse d’haricot finalement ! Tu dois être, genre, une pousse de haricot de niveau 2 ou dans ce style ! Non, peut-être même de niveau 3 ?!

—Pas vraiment un compliment…

—Je chante tes louanges là. T’arrives même pas à comprendre ça, espèce d’imbécile ? En vrai, t’as tout mis dans la taille et rien dans le cerveau ? C’est pour ça que t’es une pousse de haricot, huh ? Ahaha ! C’est logique !

—Hé. M. Unjo attrapa soudainement Ranta par le col et il commença à le trainer avec lui.

—Whuh ?! Qu-Quoi ?! Qu’est-ce qui se passe ?! Whoa, Unjo-san ?! Je veux dire, Unjo-sama ?! Quoi, quoi ?! A-Arrêtez ?! Whoa ! C’est, wahh —

M. Unjo était fort. Il traina aisément Ranta avec un seul des ses bras, puis il le jeta au centre de la masse de vers géants, ou d’intestins vivants.

—Nooooooooooooooooooon… ! Ranta atterrit sur son dos en plein milieu de la colonie. GWahhhhhhhhhhhhhhhh…

Cela se passa en un instant. Ranta se fit engloutir par les vers géants ou les intestins vivants, et le groupe le perdit de vue. Si Zodiac-kun avait été là, quelle sorte de commentaire le démon aurait-il fait ? Non, ce n’était pas vraiment le moment de penser à ça… Peut-être ? Je suppose… ?

—R-Ranta… ? l’appela Haruhiro en hésitant.

—Bwahhhhhh ?! Ranta surgit du centre des vers géants ou des intestins vivants. Il y avait toujours des vers enroulaient autour de sa nuque, de ses bras, de ses jambes, de son torse, et ils essayaient de le refaire plonger. Ranta s’agita dans tous les sens. J’vais crever ! J’vais crever là, sauvez-moi ! J’vais me faire bouffer ! S-Sauvez-moiiiiiiii !

—Si on n’a pas le choix… marmonna Kuzaku en étendant ses longs bras pour sauver Ranta.

C’était la chose virile à faire. Haruhiro était impressionné. Mais n’était-ce pas dangereux ? Tout comme Haruhiro s’en était inquiété, les vers géants ou les intestins vivants attaquèrent Kuzaku tout comme Ranta.

—Wha ! Oh, merde ! cria Kuzaku.

—Obscur ! Shihoru invoqua l’élémentaire connu sous le nom d’Obscur, et elle le fit plonger dans la masse de vers géants ou d’intestins vivants. Cela en secoua quelques-uns, peut-être même une bonne douzaine d’entre eux, mais ce n’était largement pas suffisant.

Si cela n’avait été que Ranta, Haruhiro aurait pu l’abandonner, mais Kuzaku était désormais lui aussi pris au piège, donc il n’avait pas d’autre choix que de les sauver. Au final, tout le monde à l’exception de M. Unjo leur vint en aide contre les vers géants ou les intestins vivants en les écartant un par un. Puis ils s’écartèrent tous de l’endroit pendant un petit moment et ils attendirent que les vers géants ou les intestins vivants finissent de traverser la route du wagon. Au moment où le matin se leva, ces objets tourbillonnants étranges avaient complètement disparu.

C’est quoi ces choses, en fait ?

Y penser n’allait lui apporter aucune réponse satisfaisante. En se faisant une note mentale que des choses comme celle-ci pouvaient arriver, ils marchèrent pendant un quart de jour, avant que la forêt ne cesse précipitamment.

Le chemin de fer du wagon continuait sur une pente qui descendait progressivement. Il y avait une ville qui s’étendait à l’autre bout de celle-ci. Bien qu’il était à moitié effondré, il y avait tout de même un mur défensif qui entourait la cité. Au premier coup d’œil, elle faisait un kilomètre de large… non, plus que ça. On aurait dit qu’elle faisait un kilomètre et demi de chaque côté.

Elle était lumineuse. C’était les lumières de la ville. On pouvait facilement se douter que des centaines, possiblement des milliers de personnes vivaient dans cette ville. Ils pouvaient très clairement discerner un grand nombre de silhouettes se balader dans les rues principales. On aurait dit qu’il y avait beaucoup de bâtiment en pierre. Les édifices avaient un étage, deux étages, trois étages, et parfois même plus. Il y avait beaucoup de tours qui s’élevaient haut dans le ciel.

Le vent se leva soudainement, et les arbres de la forêt bruissèrent. Peu de temps après ça, ils entendirent le bruit d’une cloche. Elle était différente de la cloche anti-bête que M. Unjo et le groupe d’Haruhiro avaient. Son son était plus puissant, plus lourd, et quelque peu plus triste. Il devait y avoir une sorte de clocher en ville, et sa cloche oscillait au gré du vent. L’une de ces tours pourrait être le beffroi.

—Ceci est la ville d’Herbesit. M. Unjo, qui était à la tête du groupe, retira son chapeau tressé. Ne cachez pas vos visages dans Herbesit. Mais ne regardez personne dans les yeux non plus. Ce sera pris comme un challenge. Si vous êtes provoqués, ignorez-les. Les gens dans cette ville aiment se battre. Si vous ne voulez pas de conflit, gardez la tête baissée, et restez silencieux. Si vous voulez vous battre jusqu’à la mort, alors c’est une autre histoire. Faites comme vous voulez.

Haruhiro et les autres frissonnèrent.

À quel point cette ville est dangereuse… ?

Comme il s’en était douté, elle était vraiment très dangereuse. Il ne fallut pas attendre longtemps après qu’ils soient entrés en ville pour qu’une paire de créatures humanoïdes qui étaient courbées autant que cela soit possible de l’être, mais tout de même plus grandes que Kuzaku, ne vienne vers eux pour chercher des ennuis.

Ils ne pouvaient pas savoir ce que la paire était en train de dire, mais il était évident qu’ils étaient en train de déblatérer de fausses accusations. L’un d’eux sauta d’avant en arrière devant M. Unjo en faisant des bruits provocants et en tapant des mains. L’autre se rapprocha du visage de Shihoru en faisant des hee-haw, hee-haw extrêmement aigu.

Shihoru était pratiquement en train de pleurer. Haruhiro voulait l’aider, mais s’il regardait l’une de ses créatures et qu’il disait, Hé, arrête ça, un combat s’engagerait avant même que ces mots ne sortent de sa bouche. Shihoru allait devoir prendre sur elle, et les autres allaient devoir faire de même.

Au bout d’un moment, quand les deux provocateurs semblaient être partis, Yume laissa échapper un étrange cri. « Yow ! » Quand Haruhiro se tourna vers elle, elle était en train de se caresser l’arrière de la tête. Quelqu’un lui avait jeté une pierre, et il l’avait touchée.

—Yume ?! Est-ce que ça va ?! Ranta regarda tout autour de lui. Putain de merde ! Qui a fait ça ?!

—Stop ! Merry frappa sans attendre Ranta avec son bâton. C’est évident que c’est une provocation. Ne te laisse pas avoir aussi facilement.

—Merry, t’es sûre que t’es pas en train d’essayer de me provoquer ? rétorqua Ranta. Ça m’a fait hyper mal, ce que tu viens de faire…

—Oh, vraiment ? Merry le prit à moitié au sérieux. Yume. Je sais que ça doit faire mal, mais prends sur toi. Je te soignerai plus tard.

—Meowwwww. Merci. Le p’tit truc à voler, et ensuite, bam, j’étais juste surprise. Y’a juste un peu d’sang. Yume va bien.

—Tu saignes un peu ?! Ranta continua de baisser les yeux et il claqua sa langue. Ces bouffons pensent qu’ils peuvent se foutre de nous. J’vais les découper morceau par morceau. Ils vont voir…

—Il n’apprend jamais… Kuzaku affichait un léger sourire ironique

Shihoru rigola froidement.

—Bien sûr que non. C’est Ranta.

—Et alors quoi si je suis moi, huh ?! Alors, tétons torpilles ?! Je vais te peloter ! Non, laisse-moi te peloter !

—Mec… commença Haruhiro, mais il décida que ce serait stupide d’engageait une conversation avec lui alors il se tut.

Il y eut encore d’autres provocations de la part des habitants après ça. Ils les suivaient et les insultaient, leur jetaient des choses, leur bloquaient la route, et ce n’était que les plus gentils. Il y en avait certains qui leur faisaient des croche-pattes, ou d’autres qui allaient même jusqu’à les tacler. Peu importe à quel point ils les ignoraient, les esquivaient, s’échappaient, ces assaillants apparaissaient les uns après les autres. C’était épuisant à la fois physiquement et mentalement.

Si M. Unjo n’avait pas été là, ils n’auraient pas tenu une minute dans cette ville et se seraient enfuis, ou alors ils se seraient battus.

Est-ce qu’Haruhiro et les autres étaient pris pour cible car ils étaient des étrangers ? On aurait dit que ce n’était pas exactement le cas. Il y avait des un contre un, des un contre plusieurs et des plusieurs-contre-plusieurs qui explosaient ici et là dans toute la ville, et ils entendirent même ce qui ressemblait à de terrifiants râles d’agonie de temps à autre. Il était difficile de croire, ou du moins ils ne voulaient pas le croire, mais les personnes ne se contentaient pas de juste blesser, elles s’entretuaient aussi. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond dans cette ville… ?

Elle était plongée dans un tel chaos que des mêlées implosaient dans les rues principales considérablement souvent, et les passants pariaient sur les résultats.

M. Unjo s’écarta des rues principales et mena Haruhiro et les autres à travers les petites rues. Ces rues secondaires étaient un petit peu plus vivables. De chaque côté de la rue, qui était quelque peu étroite avec ces deux mètres de large, il y avait des membres de différentes races accroupis. Ils disaient des choses avec des voix pathétiques tout en tendant leurs mains. Si Haruhiro baissait sa garde, ils lui tiraient sur son manteau. De ce qu’il pouvait voir, la plupart d’entre eux étaient blessés. Ils ressemblaient en tout point à des mendiants. Ils étaient lugubres, déprimant, et il ne lui fallut que peu de temps avant d’en avoir assez d’eux, mais c’était toujours mieux que les rues principales où les gens étaient continuellement à la recherche de leur prochain combat, et où la mort se pavanait à leur côté.

Bien que, tout de même, pouvaient-ils vivre de cette manière ? Il y avait ceux qui étaient clairement aux portes de la mort, ou qui ne bougeaient pas du tout, et l’odeur de quelque chose qui pourrissait s’élevait dans les airs. On aurait dit qu’un grand nombre d’entre eux n’avait pas réussi à survivre comme ça, et ne faisait plus partie du monde des vivants.

—Ne touchez rien dans cette ville si ce n’est pas nécessaire. Ne laissez personne vous toucher non plus. M. Unjo esquivait les mains des mendiants en leur disant ça. Vous ne voudriez pas attraper quelque chose. Je ne peux pas dire que les maladies mortelles ne sont pas monnaie courante par ici.

—Oh bordel… marmonna Ranta.

Même Ranta, qui était une peste sur patte, était apparemment effrayé de tomber malade.

Naturellement, Haruhiro avait peur de la maladie lui aussi. Merry avait appris Purification, un sort qui neutralisait le poison, et il fonctionnait sur certaines maladies aussi. Certaines étant le mot à retenir ici. Les petits coups de froid du quotidien, par exemple, ne pouvaient pas être soignés par la magie. S’ils tombaient malades, ils devraient se reposer sur la médecine qu’ils pourraient se procurer, sur leur propre endurance et sur la force de leur mental pour traverser cette épreuve. Haruhiro était bien conscient que son corps n’était pas particulièrement robuste ni qu’il n’avait pas un mental d’acier trempé non plus. Pour ce qui était des maladies, la prévention était le meilleur remède.

Alors qu’ils slalomaient entre les mendiants des petites rues, ils se dirigèrent droit sur une tour qui n’était pas particulièrement haute et qui se tenait dans les cinq mètres de haut. M. Unjo utilisa le heurtoir en métal sur la porte. Peu de temps après, la porte s’ouvrit en grand.

Une femme avec une peau blanche pratiquement translucide portant une robe marron en sortit. Ses cheveux peignés étaient gris. Était-elle humaine ? Non, elle ne l’était pas. Elle était proche de ressembler à une humaine, mais ses yeux n’avaient pas de blanc. On aurait dit que quelqu’un avait enfoncé des boules de verre dans les trous de ses yeux. Qui plus est, elle avait trois fentes dans chacune de ses joues, qui s’ouvraient et se refermaient légèrement. On aurait presque dit des branchies.

—Unjo, dit la femme avant de se tourner vers Haruhiro et les autres avec ses yeux de verre. Akuaba ?

—Moa worute.

M. Unjo agita son menton, comme pour dire, laisse-nous entrer. La femme ne laissa pas seulement entrer M. Unjo, mais Haruhiro et le reste aussi, dans la tour.

Le plafond était haut. N’y avait-il rien d’autre entre ici et le toit ? Les murs étaient en grande partie remplis d’étagères à livre. Les étagères portaient des tablettes de pierre et d’argile, des armes et des armures, des sortes d’équipement, des objets qui n’avaient pas l’air à leur place, des plantes en pot, et plus. Il y avait des lampes laissées ici et là, ainsi que des échelles et des tabourets.

—Ceci est Rubicia, la présenta M. Unjo.

La femme appuya ses mains ensemble devant sa poitrine et elle s’inclina devant eux. Cela devait être comme ça que les gens se saluaient ici.

—B-Bonjour. Haruhiro essaya d’imiter Rubicia. Je m’appelle Haruhiro.

—Je suis Ranta. Ranta croisa ses bras avec arrogance. On m’appelle Ranta-sama !

—Kuzaku. Kuzaku inclina légèrement sa tête.

—You-may ! dit Yume avec une grosse voix pour essayer clairement d’être intelligible, puis elle sourit. Ehehe…

—… Je m’appelle Shihoru. Shihoru imita Rubicia comme Haruhiro l’avait fait.

—Je suis Merry. Merry fit une vraie révérence. Ravie de faire votre connaissance, Rubicia-san.

Rubicia hocha lentement la tête puis elle échangea quelques mots avec M. Unjo avant de descendre les escaliers à côté du mur. Il y avait apparemment un sous-sol.

—Vous êtes en sécurité ici. M. Unjo posa son sac à dos sur le sol. Si vous voulez vous reposer, reposez-vous. Rubicia va bientôt amener de l’eau. L’eau n’est pas infectée, ou contaminée. Pas d’inquiétude.

—D’acco d’acc ! Ranta s’assit immédiatement. Sérieux, si vous aviez une belle maison toute sécur comme ça, z’auriez dû le dire plus tôt, Unjo-san, seesh. Et en passant, c’est qui cette Rubicia-san ? Est-ce qu’elle est votre vous savez quoi? Nah, pas possible…

—Oui, répondit M. Unjo. Rubicia est ma femme.

Haruhiro ne put s’empêcher de soupirer un, « Wow… »

Commentaires

Laisser un commentaire