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Chapitre 6

Même Si Nous Faiblissons

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~9 min

Le matin du jour suivant… enfaite, le même jour, quand on y repense, ils patientèrent jusqu’à ce que la cloche sonne une fois, ou jusqu’à dix heures, mais Merry ne se montra pas à la porte nord.

Le jour d’après, ils attendirent une nouvelle fois pendant deux heures, mais Merry ne vint jamais. Ranta proclama à haute voix qu’ils devraient faire irruption dans la chambre de Merry, mais Haruhiro et Shihoru s’y opposèrent fermement. Et pour Yume, elle se sentait toujours funya-funya, mais elle allait mieux.

Ensuite, au troisième jour, Haruhiro et les autres arrivèrent à la porte nord juste avant que la cloche de huit heures ne sonne.

—Oh… dis Ranta, surpris.

Shihoru prit une inspiration non contrôlée.

Yume dit,

—Meow.

Haruhiro eut un léger sourire, et il se couvrit le visage avec une main. À chaque fois qu’il souriait, cette douleur désagréable refaisait surface dans sa poitrine.

Il y avait une fille dans un costume de prêtresse qui était appuyée sur son court bâton dans un coin près de la porte nord. Elle avait les yeux rivés sur le sol, comme si elle était en train de compter les doigts de ses pieds. Elle n’était pas spécialement petite, et pourtant elle avait l’air minuscule à cet instant.

—Merry ! l’appela Haruhiro.

Merry leva les yeux et se tourna vers eux. Elle rabaissa les yeux juste après, ou bien elle ne fit qu’un acquiescement.

Je pense qu’on s’en fiche que ce soit l’un ou l’autre, pensa Haruhiro. Ouais. On s’en fiche. Merry est là. On ne l’a pas forcée à venir. On ne lui a pas supplié non plus. Merry est venue ici de son propre chef.

Haruhiro et les autres coururent jusqu’à elle. Shihoru arriva en première devant elle, lui serrant la main sans dire un mot. Merry ne la rejeta pas. Yume lui asséna un inattendu câlin aérien avec ses deux bras.

—Eek ! cria Merry, qui ne s’y attendait sûrement pas.

Bon, Haruhiro aussi fut pris de court. Bien entendu qu’elle était surprise.

—Désolée pou’ça, Merry-chan, dit Yume, en serrant Merry contre elle comme un chat qui se frotterait contre son maitre.

—Vraiment, désolée.

—Huh—pour-pour qu’elle raison… ? bégaya Merry.

—Pour t’avoir laissée toute seule, dit Yume.

—Désolée pou’ça. Yume avait Shihoru qui était là pour elle, mais, Merry-chan, tu n’avais personne avec toi. Alors que tu soufrais toi aussi. Désolée. Yume te laissera plus jamais seule, alors elle espère que tu la pardonneras. Yume sera à tes côtés.

—… Je suis… dis Merry en regardant ailleurs.

Au début, Haruhiro pensait qu’elle était juste confuse, mais on aurait dit que ce n’était pas le cas. Le visage de Merry était brulant et rouge. Elle était rouge jusqu’au bout de ses oreilles. Merry serra ses dents. Elle donnait l’impression d’être en train d’endurer et qu’elle faisait de son mieux pour prendre sur elle.

Peut-être qu’elle est sur le point de pleurer —est-ce que c’est ça ? Pensa Haruhiro.

—Je suis … commença-t-elle.

—C’est bon, déclara Yume.

—Merry-chan, peu importe ce que tu vas dire maintenant, Yume, elle a déjà pris sa décision. Elle ne te laissera plus jamais seule. Yume, à compter de ce jour, elle va rester dans la même pension qu’toi. C’est ça que Yume a décidé. Shihoru sera avec nous aussi.

Haruhiro regarda Shihoru.

—… C’est vrai ?

—Je… crois bien ? dit Shihoru en portant une étrange expression qui se tenait entre un sourire forcé et une confusion totale.

—… Je crois me rappeler… en avoir parlé la nuit dernière… Vaguement …

—Vaguement, huh… dit Haruhiro.

—Heh !

Ranta frotta son nez avec son pouce.

—Bon, si c’est comme ça que ça va se passer, il ne nous reste qu’une seule option. Je vais louer une chambre chez Merry moi aussi !

—Toi, tu ne peux pas,

Merry adressa un regard à glacer le sang à Ranta.

—La première règle de l’endroit où je loge est : Les hommes ne sont pas admis.

Grimgar of Fantasy and Ash, Tome 4, Chapitre 6 — illustration

—Qu-Quoiiiiii ?! hurla Ranta.

—T-Tu peux pas y faire quelque chose ?! Hé, attends, si c’est une règle générale, ça veut dire qu’il peut y avoir des exceptions, pas vraies ?! Je suis né spécial, alors je dois être une exception, c’est évident !

—La seule exception est pour les jeunes enfants, dit-elle froidement.

—C’est à dire pour les mères et leurs enfants.

—Eh bien c’est parfait ! Très bien, à partir d’aujourd’hui, Merry, je vais être ton fils ! Ce serait suspect de dire que je suis ton vrai fils, donc bon, on va dire que je suis adopté, ouais, adopté ! Qu’est-ce t’en dis ! Maintenant, y a plus de problèmes, pas vrais ?!

Haruhiro marmonna,

—Il n’y a que des problèmes là …

—Ferme ta gueule, Parupiro ! C’est pas à toi de décider ! Bon maintenant, Merry, t’es ma maman à partir d’aujourd’hui ! Bienvenue dans la famille, m’man !

Merry caressa Yume dans le dos et dit.

—Je crois que je vais rentrer …

—Nooon ! pleurnicha Yume en serrant encore plus fort Merry.

—Merry-chan, t’en vas pas ! Quand stupide Ranta ouvre sa bouche, t’es pas obligée de faire attention aux trucs qu’il dit ! Tu sais que Ranta est un abruti et un idiot.

—Qui tu traites d’idiot ? cria Ranta.

—Particulièrement quand tu as des petits seins !

—Dis pas qu’ils sont petits ! éclata Yume.

—Hé, c’est pas ma faute si t’as des petits seins !

—Eh bah, Ranta, t’es bien plus plat que Yume, d’abord ! rétorqua-t-elle.

—Je suis un homme, bordel ! J’ai jamais entamé une compétition sur la taille de nos poitrines !

—Bon, tu fais une compète sur la taille de quoi, alors ?!

—Huh ?! Bah, c’est évident …

Ranta abaissa son regard vers son entrejambe, avant de lancer un regard à Haruhiro.

—… pas vrai ?

—Non, me demande pas d’être d’accord avec toi sur ça … dit Haruhiro.

—Hrmm ?

Yume pencha sa tête sur le côté en signe de confusion.

—Um… dit Merry en essayant de s’échapper de l’étreinte inconfortable de Yume.

—… Je ne vais pas partir. Donc, maintenant, pourrais-tu me lâcher ?

—Whuh ?! Yume t’faisais mal ? Désolée pou’ça.

Yume la lâcha.

—Yume, elle est plutôt forte, t’sais. Ces derniers temps, ses bras sont d’venues vraiment costaudes, et elle va avoir le six-pack un de ces jours, elle l’avait dit à Shihoru. Si ça arrive, disait Shihoru, peut-être que les muscles de la poitrine de Yume vont grossir, et ses seins pourraient devenir plus grands.

—… Y-Yume, bafouilla Shihoru.

—Ça suffit …

—Nwuh ? Pourquoi ?

—Ce n’est pas quelque chose dont on doit parler en face des garçons …

—Ah bon ? demanda Yume.

—Ha ! rigola nasalement Ranta.

—Tu n’as aucune délicatesse, Yume. C’est ça ton problème !

—Yume a pas de déstresse, mais toi non plus, Ranta ! répondit-elle.

—Comme si je pouvais en avoir ! Au fait, c’est pas déstresse, c’est délicatesse ! Délicatesse !

Ça alors, les choses sont devenues bien animées par ici, pensa Haruhiro en se frottant l’arrière de la tête. Mais bon, grâce à Ranta et à Yume, l’ambiance est moins pesante.

Pour commencer, Haruhiro parla à Merry de leurs affaires. Ils décidèrent de se rendre d’abord au Quartier Général du Corps des Soldats Volontaires pour remplir tous les papiers. Ensuite, ils allaient avoir besoin d’amener leurs titres militaires valant 60 ors à la Banque Yorozu, de les convertir en argent, et de diviser la somme. Il se dit aussi qu’il serait préférable de déposer La Hachoir en passant.

—Donc, la question est, qu’est-ce qu’on fait à partir de maintenant ? demanda Haruhiro en gardant son brin de voix aussi léger qu’il le pouvait.

La réalité à laquelle ils faisaient face était rude, et ils avaient tous l’impression qu’ils allaient se faire écraser par son poids. Il ne voulait pas rendre les choses encore plus lourdes qu’elles ne l’étaient déjà.

—J’y ai un peu réfléchi, vous savez. Pour l’instant, pourquoi on n’essayerait pas d’aller à Damuro ?

—Ooh, dit Yume prise d’excitation.

—Ça veut dire les gobies.

—Heh !

Ranta fronça les sourcils et croisa les bras.

—Pour nous là, tu crois pas qu’on est d’une autre portée pour eux ?

—… Je crois que tu veux dire «  d’une autre division » … marmonna Shihoru.

—Hm ? T’as dit quelque chose Shihoru ? demanda bruyamment Ranta.

—Peu importe … dit-elle.

—Oublie ça … Je sais qu’il n’y a aucun remède à la stupidité …

—Hé, j’ai l’ai carrément entendue celle-là, tu sais ? se plaignit Ranta.

—Damuro… dit Merry en baissant les yeux.

—Ils nous ont appelés les Tueurs de Gobelins pendant tout ce temps, après tout, dit Haruhiro pour plaisanter, mais l’expression de Merry ne changea pas d’un iota.

C’est trop pour que ça s’arrange directement. Ça va prendre du temps. Pas à pas. Se précipiter n’arrangera pas les choses.

—On a pas mal trainé dans les Mines de Cyrène ces derniers temps, donc on s’est habitué aux kobolds, mais si on va là-bas, on doit au moins descendre trois niveaux, dit-il.

—Je pense que c’est risqué. J’ai entendu dire que le récent état d’urgence dans la Vieille Cité de Damuro s’est un peu allégé, et on connaît pratiquement chaque coin et fissure de cet endroit. Si on choisit bien notre destination et qu’on ne fait pas trop de folies, je ne pense pas que ce sera dangereux.

—Ta façon de penser est toujours aussi passive, huh, Haruhiro ? demanda Ranta en exagérant son haussement d’épaules.

—Mais c’est pas grave, je suppose ? Je pense que c’est pas une mauvaise idée, pour l’instant, au moins.

—Wow, Ranta-kun ne se plaint pas pour une fois… marmonna Shihoru.

—Pour qui tu me prends, Shihoru ? cria Ranta.

—J’ai toujours était le gars qui disait la vérité vraie, tu sais ? Si c’est bien, je dis que c’est bien. Si c’est mal, je dis que c’est mal. Si j’ai quelque chose à dire, je le dis ! Si j’ai envie de faire quelque chose, je le fais ! En d’autres termes, je suis un homme authentique !

—Ouais, ouais, marmonna Haruhiro.

—Haruhirooooooo ! Non, Parepirurooooo ! N’essaye pas de juste laisser dériver ce que je dis !

—Si je le pouvais, j’aimerais te jeter dans une rivière et te voir dériver, dit Haruhiro.

—Ça me va ! Amène-toi ! Essaye juste de faire ça ! Si tu peux me jeter dans une rivière, fais-le, putain !

—Nah, je passe mon tour, dit Haruhiro.

—C’est trop chiant à faire.

—Ba-boing.

Ranta sauta vers l’avant en réalisant une ligne parfaite. Il avait dû essayer d’avoir l’air drôle pour les faire rire, mais il était évident que personne ne lassa échapper ne serait-ce qu’un gloussement. Ranta, cependant, était têtu et il réessaya encore quelques fois.

—Ba-boing. Ba-boing. Baboing !

Les tentatives répétées ne firent rire personne, mais elles rendaient en plus de ça les autres de moins en moins amusés, donc c’était assez incroyable qu’il puisse continuer sans se briser le cœur. Ranta commença à ajouter des têtes rigolotes dans sa chorégraphie des sauts ba-boing.

Yume laissa échapper un soupir exaspéré et elle secoua la tête.

Merry était en train de regarder Ranta avec pitié désormais.

Shihoru frémit.

—… Trop chelou.

—Ba-boing ! cria Ranta.

—Ba-boing ! Ba-boing, baboing,ba-boing !

Ranta a l’air content, pensa Haruhiro. Il aime quand les gens ont peur de lui. Est-ce qu’il est masochiste ? Mais quand même, Shihoru s’est beaucoup moquée de lui aujourd’hui. Peut-être qu’elle avait des raisons pour le faire.

Haruhiro ignora Ranta, préférant regarder Yume, Shihoru, et Merry.

—Est-ce que quelqu’un veut partager son opinion ?

—Yume pense qu’elle est d’accord avec ça, déclara Yume.

—Je pense aussi que c’est bien, dit Shihoru.

—Moi aussi, dit Merry en amenant sa main jusqu’à sa poitrine et en prenant une courte inspiration.

—Ça me va.

Les choses n’étaient pas comme elles l’avaient été dans le passé. Bien entendu qu’elles étaient différentes. Haruhiro et le groupe avaient perdu quelqu’un qu’ils ne pouvaient pas se permettre de perdre. Il n’y avait personne qui pouvait remplacer Moguzo. Nulle part. C’était impossible.

N’y avait-il rien qui pourrait commencer à remplir les larges, bien trop larges, fossés qui s’étaient creusés dans, et entre, les membres du groupe ?

Bon, s’il n’y a rien, qu’est-ce qu’on devrait faire ? Se demanda Haruhiro.

Il ne le savait pas à cet instant. Cependant, il savait que de ne pas savoir la réponse n’était pas une excuse pour laisser les choses comme telles. S’il ne connaissait pas la réponse, il allait devoir la chercher et la trouver.

Haruhiro hocha la tête.

—Allons-y.

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