Cela aurait pu être vrai, en effet, qu’Haruhiro et le groupe avaient besoin de s’aventurer dans de nouvelles et inconnues contrées.
Haruhiro et son groupe avaient été comme des insectes qui s’accrochaient à la frontière de Grimgar. Ils n’avaient pas d’ailes, donc ils ne pouvaient pas s’envoler quelque part. Forte heureusement, cela dit, ils avaient effectivement des jambes. Ils pouvaient avancer devant eux.
Tandis qu’ils progresseraient dans leur périple, des paysages qu’ils n’avaient pas encore découverts s’entendraient devant eux. Sous les infinis cieux, les terres semblaient s’étendre éternellement. Il avait la sensation qu’ils pourraient aller n’importe où.
Pour être franc, quand il pensa qu’il devrait encore retourner à la Vieille Cité de Damuro, ou aux Mines de Cyrène, cela le pesait. Cependant, Haruhiro s’était dit qu’il n’y avait pas d’autres options. Il s’était rendu compte que s’ils allaient avancer lentement et sûrement, en faisant des ajustements durant leur périple, il n’y avait pas trente-six solutions, les trois premiers niveaux des Mines de Cyrène semblaient l’endroit le plus approprié pour ça.
Il était devenu trop étriqué ; il l’avait réalisé désormais. Il s’était dit qu’il était arrivé devant une impasse, mais il avait négligé la prise d’informations.
Cela fit prendre conscience à Haruhiro toute l’étendue de sa médiocrité. En tant que voleur et en tant que soldat volontaire il se tenait dans le milieu du tableau, et en tant qu’individu, il était fade avec une imagination pauvre. Il ne pouvait penser aux choses qu’avec un point de vue bien trop commun, et il était incapable de faire les choix logiques qu’il devrait faire pour voir les choses sous un autre angle. Appeler ça avoir une vision terre à terre pourrait embellir la chose, mais non seulement il ne pouvait pas faire ces choix, mais il ne pouvait même pas penser à essayer de les faire non plus.
C’était pour ça que les effusions d’idées fantaisistes de Ranta étaient si précieuses. C’était une idée terrible que de laisser Ranta dévergonder sans lui imposer de limites. Mais Haruhiro se devait d’intégrer certaines des idées que Ranta leur sortait, celles que lui ne pourrait pas imaginer.
—Ok ! Les Plaines Ventvif ! Yee-hawwwwwè ! beugla Ranta.
Bien évidemment, peu importe ce qui arriverait, il n’imiterait jamais la façon idiote qu’avait Ranta de crier comme un demeuré et de courir la tête pencher tout droit vers les plaines.
—Yahooooooo-hoy ! Bonjouuuuuur ! Les Plaines Vent vif ! Whahahahahahaha ! Putain de merde, je suis excité, wow ! Gwahahahah !
—Est-ce que je peux te demander quelque chose ? demanda Kuzaku à Haruhiro en pointant l’abruti qui hurlait.
—C’est le Ranta normal ?
—Ouais, entre autres… dit Haruhiro.
—Wow…
—Huh ? dit Ranta en ne tournant que la partie supérieure de son corps vers eux pour les regarder.
—Quoi ? Est-ce que je viens t’entendre me manquer de respect ?
—Personne ne te manque de respect. C’était plus un, « uh, Ranta est vraiment différent ». C’est tout, dit simplement Kuzaku.
—Gwahahahaha ! Ça ressemble à un compliment ! Hourra pour moi qui suis unique ! cria Ranta.
Bien que tous les autres semblaient en avoir marre de lui, Ranta lui semblait satisfait de cette situation. Sérieux, mais quel idiot bienheureux. Mais, bon, en se tenant ici dans cette espace ouvert gigantesque, un sentiment de libération les envahit.Yume, Shihoru et Merry semblaient si subjuguées pas ce sublime tableau qu’elles en perdirent leurs mots.
En allant six kilomètres au nord d’Alterna vers l’Avant-poste de Mortecrâne, puis en marchant une petite heure de plus vers le nord à travers des bois clairsemés, on pouvait trouver des plaines qui ne pouvaient être décrites que comme étant infiniment vastes. Peut-être était-ce dû au caractère ouvert de l’endroit, mais le vent là-bas y soufflait fort. C’était probablement pour ça qu’elles avaient été nommées les Plaines Vent vif.
Les plaines étaient grandes et vastes, mais pas vides comme des terres abandonnées et dévastées. Elles avaient l’air d’être de parfaites prairies naturelles. Au premier regard, on pouvait se dire que ce n’était que de l’herbe à perte de vue, mais il y avait aussi des arbres, et ce n’était pas comme s’il n’y avait pas d’élévations de terrain-là et là. C’était juste que, avec l’immensité de l’endroit, les arbres faisaient office de grandes herbes, et les petites collines ici et là n’étaient rien de plus que des erreurs d’arrondi au mieux. Mais jusqu’où ces plaines pouvaient-elles s’étendre ? Avaient-elles une fin ?
—Hm…
Ranta ombragea ses yeux avec ses mains pour observer les environs. Il pencha sa tête sur le côté.
—T’sais, je vois rien par là. Genre, y a pas d’animaux. Je me suis dit qu’il en y aurait.
—Maintenant que tu le dis…
Haruhiro plissa les yeux et regarda au loin. Non seulement il n’y avait aucun signe d’une quelconque personne, mais il n’y avait pas non plus le moindre signe d’une créature vivante, quelle qu’elle soit. C’était assez étrange, en y repensant.
—Vous pensez qu’ils se cachent ? Non… Il n’y a pas vraiment d’endroit pour se cacher ici …
—Ah ! cria Yume en pointant quelque chose au loin.
—Y a que’que chose là-bas !
—Huh ?
Haruhiro regarda dans la direction que Yume indiquait.
—… Où ?
—… Peut-être, chuchota Shihoru.
—Tu parles de ça ? demanda Merry qui semblait avoir trouvé elle aussi.
—Ahhh. Pour ma part, mes yeux ne sont pas très bons, vous savez, dit Kuzaku en grimaçant légèrement.
—Quoi ?! Où ?!
Ranta était horriblement bruyant comme toujours.
—Où, où qu’il est ?! Je le vois pas ! Vous êtes sûr que vous n’êtes pas en train de vous imaginer des trucs ?! Devez être en train d’halluciner, pas vrai ?! Si je peux pas le voir, c’est que —Attendez, whoaaaaaa… ?! C’est ça ?!
—Oh…
Haruhiro avait trouvé ce de quoi tout le monde parlait. C’était assez loin d’eux, de l’autre côté de sortes de buissons. Il y avait quelque chose là-bas. Une chose qui était quelque chose. C’était trop vague pour être utilisé comme description, mais, bon, c’était plutôt loin, donc il ne pouvait rien dire de définitif à son sujet.
—C’est… commença Haruhiro.
—… quelque chose de vivant, je crois ? finit Ranta pour lui.
Il plissait tellement les yeux qu’on aurait dit qu’il avait deux fentes à la place des yeux.
—Ouaiiiii. J’ai l’impression qu’il vient vers moi, alors ça doit être vivant, je suppose ?
—Ça bouge, ouais.
Yume était techniquement—non, pas juste techniquement, elle était une vraie chasseresse — et elle s’était entraînée au tir à l’arc, donc elle pouvait voir plus loin que ses camarades.
—… Ça bouge. Je crois que c’est ça. Ça marche, peut-être ?
—… Marcher ?
Shihoru était pratiquement suspendue à son bâton.
—Du coup, il est bipède ?
—C’est long et maigre… marmonna Merry.
Même pour les yeux d’Haruhiro, la silhouette semblait élancée et fine, ou plutôt grande et fine. Du moins il était sûr que ce n’était pas une bête à quatre pattes.
—Mais, v’savez… dit Haruhiro.
Ces buissons.
Les buissons devant la chose en question… étaient-ils vraiment des buissons ? Après tout, ces buissons étaient beaucoup éloignés de là où ils se tenaient. Peut-être n’étaient-ils pas des buissons et qu’ils étaient un bosquet d’arbres de taille raisonnablement élevée ? En plus de tout ça, le sol sous le bosquet des arbres étaient légèrement surélevé.
Les yeux d’Haruhiro s’écarquillèrent.
—C-C’est pas mal énorme, non ? ! Ce truc ?!
—Nuwah ?!
Ranta sauta en arrière avec une surprise exagérée.
—S-Sérieusement ! Maintenant que j’y pense, ce truc doit être gigantesque !
—Un humain… dit soudainement Yume.
—Cette chose. Pour Yume, ça ressemble à une forme humaine, v’voyez…
—Nah… Ça ne peut pas être vrai, dit Kuzaku avec une pointe d’ironie.
—Un géant, dit Merry avec une petite voix.
—J’en ai entendu parler auparavant. Il y a des géants qui vivent dans les Plaines Vent vif.
—Héééééééééééééééééééé !
Sans crier gare, Ranta rassembla ses mains près de sa bouche pour former un cor, puis il cria.
Mais qu’est-ce que tu fous, mec ? Pensa Haruhiro.
Avant qu’Haruhiro ne puisse le corriger avec un petit coup poing amusant, Merry frappa Ranta derrière la tête avec son bâton court.
—Gwah ! Qu’est-ce que tu fais, Merry, espèce de salope ! hurla Ranta.
—Est-ce que t’es idiot ?! rétorqua-t-elle.
—Huhh ?! Qui tu traites d’idiot ? Tu sais quoi, il y une ancienne règle qui dit que qui se ressemble s’assemble !
—Qu’est-ce que tu vas faire si le géant vient par là ?! répondit Merry.
—Si ça arrive, ça arrive ! J’aviserais de quoi faire alors ! C’est pas un gros problème ! Je suis là pour ça ! S’il veut se battre, j’aurais juste à le couper en deux !
—Hoh…
Yume recula.
—… V-V’savez, le géant, il vient de s’arrêter… je crois ?
—Courez pour vos vies !
Ranta partit la queue entre les jambes avant même que les mots ne furent sortis de sa bouche. Kuzaku l’observa, l’air abasourdi.
—Il a changé d’avis effroyablement rapidement.
—C’est juste comme ça qu’il est… soupira Shihoru.
—C-Courrons ! cria Haruhiro en agitant son bras pour dire aux autres de courir.
Ranta était déjà assez éloigné pour avoir l’air petit. Il était rapide quand il s’agissait de s’enfuir. Haruhiro laissa Yume et Shihoru, Kuzaku, et Merry partir devant lui pour qu’il soit l’arrière garde. Il se retourna pour regarder derrière lui sans jamais arrêter ses jambes. Est-ce que le géant se rapprochait ? Est-ce qu’il était en train de bouger au moins ? Haruhiro ne pouvait pas le dire avec sa vue médiocre. Mais il n’avait pas l’air de s’éloigner non plus, donc il se dit qu’ils feraient mieux de courir pour l’instant.
Vers l’ouest.
Vers l’ouest.
Loin vers l’ouest.
L’Avant-Poste de Champ-Lointain de l’Armée Frontalière était à environ 35 kilomètres à l’ouest de leur position. L’AvantPoste de Champ-Lointain servait de base d’opération pour la Force Serpent Bleu, l’unité qui avait pris part à l’attaque de la Forteresse Rivefer pendant l’Opération Serpent à Deux Têtes. On l’appelait avant-poste, mais il y avait bien plus que le personnel de l’Armée Frontalière qui vivait là-bas. C’était pratiquement une ville à part entière. La localisation de l’entrée du Trou-Ô-Merveilles était supposée être proche de l’AvantPoste de Champ-Lointain.
Alors qu’il était en train de courir, les yeux d’Haruhiro croisèrent ceux de Merry tandis qu’elle se retournait. Ils ne pouvaient pas dire pour sûr que le géant était en train de les poursuivre. Ils ne courraient pas comme si leurs vies en dépendaient, donc ils pouvaient se permettre de parler.
—Maintenant que j’y pense, Merry. Ton bâton, dit Haruhiro en courant.
—Huh ? demanda-t-elle sans ralentir son rythme.
—Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? C’est pas celui que tu avais avant, si ?
—Ah ! Ça c’est…
Merry regarda devant elle. Si Haruhiro ne se trompait pas, elle était probablement en train de regarder Kuzaku.
—Um, on va dire que je l’ai perdu…
—Je… vois, dit Haruhiro.
—Il était temps d’en acheter un autre de toute façon, dit-elle.
—L’ancien n’était pas très pratique pour le combat.
—Ahh, dit-il.
—Tu penses que ce sera plus facile de frapper des trucs avec le nouveau ?
—Oui, C’est ça ! Celui-ci est plus simple que le précédent ! C’est une meilleure arme, dit-elle.
—Ok bah, c’est une bonne chose que tu l’ait changé, alors, dit-il.
—C’est une bonne chose oui.
—Je vois. Bien, bien. Ha ha…
J’ai l’impression qu’elle essaye de me rouler dans la farine là. Mais bon, qu’est-ce qui s’est passé entre Kuzaku et elle ? Je peux à peu près me l’imaginer, mais j’ai pas envie de l’imaginer.
Il passèrent probablement vingt ou vingt-cinq minutes à courir. Yume dit qu’elle pouvait toujours voir le géant au loin, mais Haruhiro et les autres ne pouvaient plus l’apercevoir. En se disant qu’ils étaient probablement en sécurité, ils se mirent à marcher.
À partir de cet instant, ils marchèrent à travers des champs herbus.
Au premier regard, tout avait l’air plat, mais il y avait des bosses là et là, et le sol était parfois plus souple et parfois plus dur, alors parfois il était facile de marcher et parfois non. C’était surprenamment fatiguant.
Sur le plan technique, il y avait des routes qui menaient jusqu’à l’Avant-Poste de Champ-Lointain. Haruhiro et les autres n’arrivaient justes pas à les trouver. Ils s’étaient pourtant normalement dirigés dans la bonne direction, alors c’était en soit assez déconcertant.
De temps à autre, ils commencèrent à voir des groupes d’animaux se balader un peu partout. Cela devait être dû au géant qu’ils n’avaient pas vu depuis un bout de temps. La plupart d’entre eux semblaient être des herbivores, mais il devait y avoir des carnivores qui les chassaient, alors cette situation était un peu angoissante. Cependant, étant une chasseresse, Yume avait étudié les différents animaux à un certain degré, donc elle était une source de connaissance à leur sujet. Bien qu’elle leur dit qu’ils y en avaient certains qui étaient dangereux, elle les informa qu’ils n’avaient pas vraiment à s’en faire.
Si la route qui les mènerait à la ville faisait trente-cinq kilomètres, en voyageant à quatre kilomètres par heure, ils pourraient faire le trajet en un petit peu moins de neuf heures. Il était possible qu’ils puissent arriver aujourd’hui, mais ils étaient partis en prenant soin de prendre de quoi camper dehors. En partie à cause de cela, ils n’avaient pas pu quitter Alterna avec le déjeuner, donc ils n’allaient finalement pas être capables d’y arriver aujourd’hui.
Tandis que la luminosité faiblissait, ils prirent la décision de monter le camp. M’enfin, tout ça se résumait juste à manger de la nourriture séchée, s’enrouler dans des couvertures, puis s’endormir. Ils discutèrent sur s’ils devaient faire un feu de camp, mais cela leur semblait compliquer de rassemblait de quoi faire brûler, alors ils abandonnèrent cette idée.
Le voile de l’obscurité recouvrit les Plaines Vent vif en un rien de temps. Bien que, avec la lune rouge qui était de sortie, il ne faisait pas complètement noir. Ce n’était peut-être pas les ténèbres absolues, mais il faisait assez sombre pour se sentir oppressé. Le vent avait décru avec le début de la soirée. Désormais c’était plus une brise rafraichissante.
Quelque part là dehors, il y avait des animaux qui étaient en train de produire leurs sons variés. Après qu’ils eurent entendu un hurlement au loin, Shihoru fit appelle à Yume en disant,
—Um… c’était quoi ça ?
—Hm… Un chien cornu à crinière, peut-être ? Ils sont comme les loups, et ils chassent en meute la nuit. C’est ce que mon Maître disait, dit Yume
—… Est-ce qu’ils vont nous chasser ? demanda Shihoru.
—J’en suis pas sûre. Mon Maitre disait qu’ils n’attaquaient pas si souvent les humains enfaitent, répondit Yume
—… Pas si souvent …
—Il n’y a rien d’absolu dans la nature, alors soyez prudent, C’est ce que Mon Maitre disait, expliqua Yume.
—… Rien n’est absolu… marmonna Shihoru.
—Écoute, tu… dis Ranta l’air endormi.
—Dis pas des trucs qui font monter l’anxiété. Parce que Shihoru est une trouillarde. Pas vrai, Trouillarde ? J’ai raison, non ?
—… Je voudrais que les chiens viennent et qu’ils emportent juste Ranta.
—Huh ? T’as dit quelque chose, Trouillarde ?
—… J’ai rien dit du tout. Je ne peux pas dormir parce que tu es bruyant, alors aurais-tu l’obligeance de te taire ? dit Shihoru
—Ouais, ouais, ouais, ouais. Tréééééés bien. Je suis fatigué moi aussi. Fwahhhh…bâilla-t-il bruyamment.
Après ce bruyant bâillement, Ranta se mit à ronfler en un rien de temps. Dans des temps pareils, certains pourraient envier son insolence. Merry était silencieuse. Kuzaku aussi. Étaient-ils en train de dormir, ou pas ? Shihoru n’arrêtait pas de se retourner. Il semblerait qu’elle n’arrivait pas à s’endormir. Yume était en train de respirer paisiblement tandis qu’elle dormait.
Plus il s’enfonçait dans la nuit, plus Haruhiro se sentait éveillé. Il pouvait entendre les chiens cornus à crinière hurler de temps à autre, et il pouvait sentir quelque chose qui bougeait pas très loin d’eux. Cela n’allait pas être facile de se reposer dans ces conditions.
Et pourtant, vu que ses camardes dormaient, ils ne pouvaient pas s’en plaindre et les réveiller. Tout ce qu’il pouvait faire était de rester tel qu’il était, perdu dans ses pensées à se dire,
Wh-Whoa, c’est flippant. Ça fait vraiment peur.
Puis un événement se produisit ce qui l’obligea à passer à l’action. Ce n’était pas les hurlements des chiens cornus à crinière. Il entendit un son provenant d’un rugissement rauque.
Non, pas un son, une voix. La voix d’un carnivore.
Il n’était pas sûr de lui, mais il avait la sensation qu’elle venait probablement de l’un de ces gros chats. Il figura qu’il se trouvait relativement proche. Alors qu’il était en train de trembler, il l’entendit à nouveau
Roar.
—… ! Oh merde, pensa Haruhiro en paniquant. Pas bon, pas bon, pas bon, pas bon, pas bon, pas bon, pas bon. Il arrive, il arrive, il arrive. Celui-là était plus proche que l’autre. Sérieusement, sérieusement, sérieusement. Il vient nous manger ? C’est l’heure du casse-croute ? On va se faire bouffer ? Est-ce que c’est l’une de ces choses ? Genre, comment je devrais réveiller les autres ? C’est assez clair que je dois le faire là. Mais, vous savez, si je bouge, j’ai l’impression qu’il va m’attaquer non ? Genre, ça va lui donner le signal ? C’est pas le bon moment ? Je devrais attendre et voir ce qui va arriver ? J’sais pas. Je fais quoi ? C’est quoi la bonne réponse ? Et, une seconde, je peux pas bouger. J’ai trop peur. Non, non, non. Pendant que je perds mon temps, on pourrait se faire tuer.
Haruhiro essaya de dégainer sa dague et sa matraque.
Je devrais me lever d’abord ? Mais, vous savez, je pense vraiment que trop bouger pourrait être dangereux. Si je vais devoir me lever, ça doit être rapide et en une fois. D’abord, je devrais vérifier la zone autour de moi. Je vais bouger ma tête juste un petit peu, et avec mes yeux, je vais observer les environs. Je sais pas. Il fait noir. Il fait noir, ok ? Putain, on voit rien. Il fait trop sombre. Il est pas là… ou du moins je crois qu’il est pas là. Je vois rien dans cette pénombre, alors je peux pas dire pour sûr. Je vais tendre l’oreille. Pour le prochain. Je vais juger en fonction du prochain rugissement. Aughhhhhhhhhhhh, bordel, les ronflements de Ranta sont trop forts. Boucle là, veux-tu ? S’il te plait. Son rugissement. Il ne le fait pas encore ? Il ne le fait pas encore ? Là.
Haruhiro l’entendit. Un petit rugissement.
C’était léger. Est-ce qu’il est parti ? On dirait bien que oui. Mais il est trop tôt pour se relâcher… je pense. Probablement.
Il essaya d’attendre encore un bon moment, mais bien qu’il était attentif pendant on ne sait combien de temps, il ne l’entendit pas. Ils étaient probablement en sécurité maintenant. Haruhiro s’assit, et quelques instants plus tard, Merry se leva elle aussi à moitié endormie.
—Là… Juste là, il y avait quelque chose ici, pas vrai ? Quoi que ça puisse être… murmura-t-elle.
—O-Ouai, Y avait quelque chose. Tu les as entendus ? Ces rugissements, demanda Haruhiro.
—O-Oui, Ça faisait peur … dit-elle.
—Je sais, n’est-ce pas ? J-J’ai entendu, moi aussi… Attends, tous les autres, ils sont complètements endormis…agréa Haruhiro.
—J’ai pas fermé l’œil, dit Merry.
—Ouais, moi non plus…
Il faisait sombre, donc ils ne pouvaient pas voir leurs visages l’un l’autre, mais cela commençait à être un peu amusant, alors ils rigolèrent tous les deux. Et puis les chiens cornus à crinière hurlèrent encore, ce qui les fit sursauter tous les deux.
—… Haru, tu penses qu’on ne craint rien maintenant ? demanda Merry.
J’sais pas… faillit-il dire, mais il s’arrêta.
—Ouais. Tout ira bien.
—Ok, dit Merry.
—Pourquoi tu te reposerais pas un peu ? demanda Haruhiro.
—Je resterai éveillé jusqu’à ce que je sois assez fatigué. Ah … on aurait probablement dû faire des tours de garde, huh ? Quand on est dehors comme ça.
—T’as raison, dit-elle.
—Bah, quand je pourrais plus combattre la fatigue, je réveillerais Ranta, ou quelqu’un d’autre, dit Haruhiro.
—Ou tu pourrais me réveiller, dit Merry.
—Ouais . Je pourrais faire ça.
—Bon bah, bonne nuit.
—Dors bien, dit Haruhiro.
—Ah, Merry.
—Quoi ?
—Écoute…
Haruhiro secoua sa tête et il soupira.
—… Désolé. Oublie ça.
—Ok. … Bonne nuit.
—Ouais.
Merry se coucha.
Haruhiro resta assis. Quand il regarda la lune écarlate, cela lui rappela Moguzo pour on ne sait quelle raison. Il ne reverrait plus jamais Moguzo, mais cela ne lui fit se sentir ni triste ni seul, cela lui semblait étrange.
Ça peut pas être vrai, si … ? pensa-t-il.
Mais c’était la réalité. Quand le ciel à l’est commença à s’éclaircir, Kuzaku se leva.
—Huh ? Pourquoi t’es debout ? demanda Kuzaku.
—J’arrivais pas à dormir, dit Haruhiro.
—Bon, y a de ça, et je surveille aussi.
—Tu ferais pas mieux de dormir ? demanda Kuzaku.
—Si t’as besoin qu’on surveille, je peux le faire.
Haruhiro accepta l’offre de Kuzaku et il s’allongea pour dormir. Ses paupières commencèrent immédiatement à être lourdes, et il arriva à dormir un peu. Quand il se réveilla, Haruhiro et les autres prirent un simple encas, puis ils levèrent le camp tôt dans la matinée. Sur le trajet, il leur parla des carnivores qui s’étaient approchés pendant la nuit, mais ils en rigolèrent tous ensemble. Merry, elle, ne semblait pas s’en réjouir. Dans l’après-midi, ils tombèrent sur un vaste et légèrement surélevé plateau. Une fois qu’ils l’eurent grimpé, ils y trouvèrent un bassin derrière.
Il était évident que la dépression en forme de pot qui s’étendait sur les terres était Champ-Lointain. Il y avait quelques petites tours qui dépassaient de là où seraient normalement les bords du pot. Des tours de surveillances, entre autres. Il y avait un grand nombre de source dans le fond du pot, ainsi qu’une ville entourée par des douves et des barrières.
Oui, une ville. C’est une ville, pensa Haruhiro.
Elle n’avait rien d’impressionnant, mais il y avait plus de vingt bâtiments, ainsi que des routes entres eux. Ils pouvaient voir aussi des personnes qui se baladaient. Cet endroit ne pouvait être qu’une ville.
—Heh…
Ranta frotta son nez avec son pouce.
—Bah voilà, c’est pas trop tôt, on est enfin arrivés. L’Avant-Poste de Champ-Lointain.
Il avait sûrement dû vouloir avoir l’air cool, mais il n’était pas cool du tout. Mais bon, s’il disait quelque chose, cela ne ferait qu’engager un conflit. Haruhiro et les autres ignorèrent Ranta sans se presser de descendre la pente pour arriver dans le fond du pot. Peu importe à quel point Ranta faisait du grabuge, personne n’y paya attention.
La tranchée qui entourer l’avant-poste était plus épaisse qu’il ne l’avait pensé en la voyant de loin, et elle était aussi plus profonde. Elle était remplie d’eau qui avait très certainement été puisée des sources alentour. Les solides barrières avaient été construites au-dessus d’une plateforme de deux mètres de haut faite de terre compactée, elles ne seraient pas faciles à franchir. On aurait dit qu’il n’y avait seulement qu’une entrée, avec un pont qui traversait la tranchée à cet endroit. Il y avait un étroit espacement dans la terre compactée et une porte s’y tenait.
Juste en face du pont, à côté de la tranchée, il y avait un grand nombre de tentes éparpillées. Cela devait être l’endroit où vivaient les soldats volontaires. Il y avait des soldats de l’Armée Frontalière qui se tenaient devant la porte. Il y en avait deux en bas de la porte, mais les tours des deux côtés devaient en contenir plus de dix, certains d’entre eux avaient leurs arbalètes pointaient vers Haruhiro et ses camarades. Ils avaient l’air d’être sur le qui-vive, mais quand le groupe montra leurs Badges du Corps des Soldats Volontaires, ils les laissèrent au moins passer.
À l’intérieur de la base, les routes qui partaient de la porte étaient dessinées par de grands bâtiments qui servaient d’écuries et de casernes. Une fois qu’ils eurent passé cette section, ils atteignirent une place. À l’autre bout de la place, il y avait quelque chose qui ressemblait à un fortin. Il avait l’air bien gardé, et il était probablement un centre de commandement ou quelque chose ou quelque chose de similaire. Il y avait quelques bâtiments entassés autour du centre de commandement qui étaient eux aussi probablement destinés à un usage militaire.
Ils pouvaient entendre des hommes criaient à intervalles réguliers. Ils devaient s’entrainer quelque part.
Les soldats de l’Armée Frontalière qu’ils croisèrent par ci et par là, où qui patrouillaient dans la zone, aucun d’eux ne prêta attention à Haruhiro et au reste du groupe, ou parfois ils leur jetèrent des regards méprisants, mais rien de plus.
Cependant, quand ils coupèrent à travers deux casernes et qu’ils arrivèrent dans les rues auxiliaires, l’atmosphère changea. Il y avait un nombre hallucinant de bâtisses délabrées qui auraient eu leur place près des bars de l’Allée Céleste.
Il y avait des femmes qui se promenaient dans les rues avec une démarche langoureuse. Il y avait des forges. Il y avait des rangées d’étables. Il y avait des vendeurs de rues. Il y avait même quelques pensions qui avaient l’air plus confortables que les casernes.
Il y avait des hommes et des femmes que l’on pouvait immédiatement reconnaître comme des soldats volontaires. Ils étaient assis aux différentes étables qui servaient de la nourriture, ou ils étaient en train de marchander avec les différents vendeurs.
C’était un marché, un endroit fait pour le divertissement, et un quartier résidentiel, tout ça à la fois. En jetant un petit regard curieux vers les étables, il remarqua qu’il y avait un choix raisonnable d’armes et d’armures à pourvoir. Il se pouvait même qu’il avait plus de choix qu’à Alterna. Il n’y avait pas beaucoup de produit indispensable pour le quotidien ou bien de denrées alimentaires, mais c’était probablement dû au manque de demande dans ce domaine.
Une des choses qui les surprit était ces marchands qui vendaient des animaux en cage qu’ils n’avaient jamais vus auparavant. Quand ils se renseignèrent auprès de l’un d’eux, il leur dit qu’il y avait aussi des chevaux, des chevaux-dragons, des cerfs-chevaux, et d’autres grands animaux qui étaient utiles pour voyager et transporter des cargaisons à l’extérieur de la base. Le marchand louait aussi des chevaux, donc il les encouragea à utiliser ses services s’ils devaient se rendre dans un endroit éloigné. Le gérant de l’un des magasins qui vendaient toutes sortes de tentes vit qu’ils étaient nouveaux dans l’avant-poste, et il leur offrit une réduction agressive sur ses biens.
Avec tous ces effluves autour d’eux, ils commencèrent à avoir faim, alors ils s’arrêtèrent à une étable pour déjeuner. Les brochettes de viandes frites dégageaient un certain charme rustique, et l’eau aromatisée avec un jus de fruits acide n’était pas trop mal non plus.
—Je pourrais vivre ici, fut le commentaire de Ranta sur cet endroit, et Haruhiro ne pouvait s’empêcher de penser la même chose.
—V’savez, dit Yume avec une expression relâchée et joyeuse sur son visage.
—Yume, elle l’a entendu plus tôt, les bains sont ici aussi.
—C’est important,
Merry acquiesça avec insistance.
—…Ouais, dit Shihoru avec une inattendue et sérieuse expression sur son visage.
—Si je dois tenir au moins un jour sans bains, honnêtement, ça me dégoute …
—Bah, ouais, si t’es une fille… dit Kuzaku nonchalamment.
—Ha ! Les femmes sont vraiment casse-pieds ! gloussa Ranta.
—Moi, je pourrais tenir dix jours, peut-être un mois, et ne pas y faire attention, vous savez ?! Ne pas se laver n’a jamais tué personne !
—Tu dis ça, mais si tu commences à puer, tu vas pas trop apprécier, qu’est-ce tu dis de ça ? rétorqua Yume.
—Quoi, Yume ? demanda Ranta.
—Si tu ne te laves pas, tu pues tant que ça ? Voyons ça ! Laisse-moi te sentir !
—Yume te laissera renifler rien du tout, espèce d’idiot ! répondit-elle.
—Hmm ? Bah, je parie que tu dois puer bien comme il faut là maintenant, du coup, huh ? demanda Ranta.
—C’est pas vrai ! Yume ne sent pas encore mauvais du tout !
—Bah, laisse-moi vérifier, et je te donnerais un avis officiel d’un tiers. En plus, c’est pas comme si c’était un truc que tu pouvais remarquer par toi-même. Tu peux pas sentir ta propre odeur, dit Ranta.
Merry se rapprocha soudainement de la nuque de Yume et elle la renifla.
—Elle ne sent pas mauvais, reporta-t-elle.
—Hyaoh ?!
Cela avait dû faire réagir Yume, car elle laissa échapper un étrange cri.
—Oh…
Merry s’écarta de Yume.
—… Je suis désolée.
—Mm, nuh-uh, pas besoin de t’excuser pour ça.
Yume semblait légèrement embarrassée pour on ne sait quelle raison.
—Yume était juste un peu surprise c’est tout. Mais, Yume, elle est contente de savoir qu’elle ne sent pas fort.
—Qu’est-ce t’es en train de faire, tu me laisses sur la touche ?! cria Ranta en agitant ses bras avec indignation.
—Laissez-moi-le faire moi aussi ! Non, incluez-moi activement ! Laissez-moi participer à l’action !
Une fois que leurs ventres furent bien remplis, ils décidèrent qu’il était finalement temps de se rendre au Trou-Ô-Merveilles. Cependant, cela leur faisait honte, mais Haruhiro et les autres savaient seulement que l’entrée du Trou-Ô-Merveilles se trouvait à l’Avant-Poste de Champ-Lointain. Ranta poursuivit quelques soldats volontaires et il essaya de récolter des informations, mais il se fit brusquement envoyer balader.
Si tu ne les connaissais pas et que tu ne payais pas leurs boissons durant la nuit, la plupart des soldats volontaires n’étaient pas amicaux. Haruhiro aurait dû s’attendre à ce que cela arrive.
—Ce serait bien qu’il y ait quelque qu’un je connaisse dans le coin, dit Haruhiro en regardant tout autour de lui.
—… Ah.
Bah voilà, réalisa-t-il.
—Oh !
Il semblerait que Ranta l’ait remarqué lui aussi et il commença à l’appeler.
—Héééé ! Shinohara-saaaan ! Ça fait un bail, mec ! Ça roule ?!
Il y avait un groupe de personnes qui portait tous des capes blanches et qui était en train de marcher. L’homme avec le visage rassurant qui se tenait à leur tête dirigea un grand sourire dans leur direction.
Shinohara était le leader du bien connu clan Orion, mais c’était un type avec des manières de gentleman avec une personnalité aimable. Vu qu’ils étaient un groupe mené par Shinohara, tous les membres d’Orion étaient amicaux et bien organisés. Cela dit, l’attitude audacieuse de Ranta fit tout même froncer quelques sourcils de consternation. Shinohara lui, cela dit, ne semblait pas énervé.
—Hé, Si vous êtes là, cela veut-il dire que vous vous attaquez enfin au Trou-Ô-Merveilles vous aussi ? dit l’homme.
—Oui ! M’sieur ! C’est ça ! cria Ranta en faisant une gestuelle proche du salut militaire pour une raison pas très bien claire.
Il était totalement submergé par son excitation. C’était tellement stupide que ça en devenait gênant à regarder.
—Donc, Shinohara-san, vous allez au Trou-Ô-Merveilles, tout comme nous ?! Ça alors, mais quelle coïncidence !
—Non, Nous allons à un autre endroit. Nous avons quelques affaires à régler sur le Mont Chagrin, dit Shinohara.
—Le Mont Chagrin…
Haruhiro marmonna ces mots. Ce n’était pas des mots familiers, mais ceux-ci avaient une aura inquiétante qui les entourait. Quel genre d’endroit pouvait être ce Mont Chagrin ? Est-ce qu’Haruhiro et les autres iraient à leur tour là-bas un de ces jours ?
—Oh.
Shinohara regarda Kuzaku.
—Je ne crois pas t’avoir déjà rencontré. Je suis Shinohara d’Orion. Ravi de faire ta connaissance.
—Ohh.
Kuzaku pencha légèrement sa tête.
—Bonj’r. Je suis Kuzaku.
—Je vois.
Shinohara fit une pause pendant un instant en fermant ses yeux et en prenant une courte inspiration.
—Si je me souviens bien, vous avez tous pris part à l’Opération Serpent à Deux Têtes en tant que membres de la Force Serpent Bleu, n’est-ce pas ? Bien qu’il n’y ait eu que peu de pertes dans les rangs de l’Armée Frontalière, seulement six, j’ai entendu dire que vingt-trois soldats volontaires avaient perdu la vie là-bas.
—Je n’ait pas été assez fort,
Merry regarda Shinohara droit dans les yeux en lui disant ces mots.
—J’ai fait une erreur qu’aucun prêtre ne devrait faire. À cause de ça, je l’ai laissée mourir.
—Merry…
Un homme avec les cheveux courts et de petits yeux commença à s’avancer, puis il s’arrêta. Hayashi. L’homme qui fut un des camarades de Merry.
—Et pourtant, tu es toujours là.
Shinohara posa une main sur l’épaule de Merry.
—Plutôt que de renoncer, tu as fait face à ton destin et tu as continué à avancer. Tu t’es trouvé de très bons camarades, Merry.
—… Oui.
Merry abaissa les yeux vers le sol. Son dos tremblait faiblement.
J’ai envie de lui faire un câlin, pensa Haruhiro, puis il fut troublé pour avoir pensé ça. Non, j’ai pas envie. Pas possible. Je peux pas lui faire un câlin. C’est tellement pas moi ça.
Il pensait que ce n’était pas son rôle. Après tout, il n’y avait rien entre Haruhiro et Merry.
—Er, vous aussi, Shinohara-san,
Haruhiro s’éclaircit la voix.
—Beau travail pour l’attaque de la Forteresse Rivefer. Je ne connais pas les détails, mais vous avez gagné, ouais ?
—Grâce à vos efforts, nous avons eu une victoire totale, dit Shinohara.
Pendant un moment, on aurait cru voir un sourire cynique se dessiner sur le visage de Shinohara. Cependant, il ne demeura qu’un instant. Ce n’était pas une expression commune pour Shinohara, donc Haruhiro se disait qu’il l’avait peut-être imaginé.
—La Force Serpent Rouge a subi des pertes, mais dans le sens contraire à vous, continua-t-il. L’Armée Frontalière a essuyé de lourdes pertes, mais peu de soldats volontaires sont tombés. Les Briseurs du Levant de Soma nous ont vraiment sauvé la mise. Grâce à eux, ce fut pour nous les membres d’Orion une promenade de santé.
—Mec ! Soma, huh !
Ranta écrasa ses pieds au sol et il passa une main dans ses cheveux frisés.
—Putain, ce Soma est incroyable ! Les Briseurs du Levant, huh ! Ohh… !
Shinohara se couvrit la bouche et il sourit. Bien que c’était Ranta qui était en train de parler, on aurait dit que Shinohara était en train d’observer un enfant innocent.
—J’ai entendu dire que Soma traîner en ville ces jours-ci, dit l’homme. Vous pourriez peut-être le croiser quelque part.
—Ohhhh ?! Pour de vrai ?! Ohhhhhhhhhhhhhhhh ! » cria Ranta.
—Tu pourrais la fermer maintenant, mec ? Sérieusement…
Haruhiro soupira, puis il se tourna vers Shinohara.
—Oh, c’est vrai. Shinohara-san, en vrai, il y a quelque chose que je voulais vous demander.
—Qu’y a-t-il ? J’espère pouvoir te répondre.
—Erm…
Haruhiro se frotta la joue avec une main en observant chacun des membres d’Orion. Hommes comme femmes, ils le regardèrent tous avec des yeux calmes. Peu importe s’ils étaient jeunes ou vieux, ils avaient tous l’air de grands frères et de grandes sœurs sur lequel on pourrait compter.
De l’autre côté, son propre groupe —eh bien, Ranta pourrait bien tirer la dignité du groupe vers le tréfonds des abysses à lui tout seul, mais Haruhiro, Shihoru, Yume, leur cadet Kuzaku, et même Merry, étaient tous plus jeunes que les membres d’Orion. Ils donnaient l’impression d’être extrêmement inexpérimentés, c’en était presque rafraîchissant. Non, ce n’était pas rafraîchissant. Pour dire vrai, c’était dur à supporter.
Même le fait d’être venu à l’Avant-Poste de Champ-Lointain pour se diriger vers le Trou-Ô-Merveilles était quelque chose qu’ils avaient décidé sur un coup de tête. Et maintenant qu’ils y étaient, ils ne savaient même pas la plus basique des informations, et donc il était sur le point de demander de l’aide à Shinohara.
Est-ce que c’est vraiment convenable ? Se demanda Haruhiro. Mais, il y a une expression qui dit « Demander est un moment de honte, mais ne pas demander est une vie de honte, » et je préférerais ne pas perdre mon temps.
—… Et donc, à propos du Trou-Ô-Merveilles, ce serait merveilleux de savoir où il se trouve.
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