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Chapitre 0

On Aurait dit …

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~3 min

On aurait dit que tous les intendants orcs avaient été tués. Une cascade de larme s’écoulait sur les deux joues de Shihoru tandis que Yume la tenait dans ses bras en lui disant, « Là, là. Tu t’es bien battue. Super bien, » tout en lui caressant la tête.

—Tu peux te lever ? lui demanda Merry.

Ouais, non, je peux pas.

Haruhiro était sur le point de dire ce mensonge, car il avait le sentiment que Merry allait être douce avec lui s’il disait ça. Mais il ne fit rien.

—Je peux y arriver, ouais, dit Haruhiro en se levant.

—Mais bon, pour de vrai, avant que tu viennes m’aider…

Pourquoi est-ce qu’il reste planté là ? se demanda Haruhiro.

Tout le monde était en train de danser, de discuter, avait leur prêtre en train de les soigner, ou faisait quelque chose, mais Moguzo était juste planté là.

Quelque chose ne va pas, pensa Haruhiro.

Moguzo n’était pas en train de tenir son épée. Ses bras étaient ballants sur les côtés.

C’est incroyable qu’il puisse encore tenir comme ça, pensa Haruhiro. Je suis impressionné qu’il soit encore debout. Qu’il ait essayé de rester sur ses pieds. Particulièrement dans cet état. Genre, son heaume, il est pas juste écrasé, il n’existe carrément plus. Il y a aussi du sang qui sort de là et là sur son corps.

Soudainement, Moguzo se mit à tomber lentement. Comme quand quelque chose de grand et d’imposant perdait soudainement son support et qu’il s’effondrait. C’était ce genre de chute.

Merry avala sa salive.

—… Moguzo ?

Quand Haruhiro appela son nom, Moguzo se remit sur ses pieds lentement.

—Qu-Qu’est-ce tu nous as faits là ?

Haruhiro reprit son calme, laissant échapper un petit soupire.

Ça m’a surpris. Pendant un instant, j’ai vraiment paniqué. J’ai pensé qu’une chose qu’on n’aurait jamais dû laisser se produire était arrivée. M’enfin, ça aurait été impossible que ça arrive.

—Me fais pas peur comme ça, Moguzo, dit-il.

—Désolé, désolé.

Moguzo laissa échapper un rire embarrassant avant de se frotter l’arrière de la tête.

Mais bon, il saigne vraiment beaucoup, pensa Haruhiro. Avec tout ce sang, impossible de dire quel genre d’expression il a. Mais, bon, il a l’air d’aller bien on va dire.

—Dieu merci… marmonna Haruhiro en fermant ses yeux.

Il se couvrit le visage avec ses mains.

Je crois que vais pleurer.

—Vraiment, Dieu merci…

Pour de vrai, je sais pas ce que j’aurais fait. Si ça devait arriver, on serait mal. Vraiment mal. Ça n’arrivera jamais, cela dit. Genre, pas possible. Ça ne se peut pas. Pas la moindre chance.

—Dieu merci…

Je crois que je vais pleurer. Attendez, non, je suis déjà en train de pleurer. Mes mains sont mouillées. Les mains qui couvrent mon visage. C’est comme ça que je m’en suis rendu compte. Sérieusement, quel soulagement. Dieu merci. Juste Dieu merci. Honnêtement—Honnêtement, j’ai pensé qu’il était fini. Je crois vaguement me souvenir d’avoir eu un rêve comme ça. Mais bon, je ne sais pas quand est-ce que j’ai eu le temps d’avoir un rêve comme celui-ci. Je me le demande. Était-ce un truc du genre rêve prophétique. Du style, peut être que j’ai eu un rêve comme ça la nuit dernière ? Un rêve ou il n’allait pas bien ? C’est trop bizarre. D’avoir un rêve comme ça. C’est bizarre. Peu importe, Dieu merci. Moguzo est couvert de sang, mais, quand même, Dieu merci. Au moins, je suis heureux qu’il aille bien.

—Dieu merci…

Haruhiro entendit une voix. Sa propre voix. Il bougea ses mains.

Sombre.

On n’y voit rien du tout. Une chambre. C’est notre chambre dans la baraque des soldats volontaires. Je dormais ? J’étais endormi. Ça veut dire…

Il ne voulait pas y penser. Mais… il voulait vérifier, il devait vérifier, alors il se leva. Il y avait deux lits superposés dans cette chambre. Ranta utilisait la couchette du haut de l’autre lit.

Ranta est là. Il ronfle. Et dans le lit d’en dessous—Il n’est pas là. Personne n’y est. Il est vide.

Il n’est pas là.

Moguzo n’est pas là.

Il est nulle part désormais.

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