Pour répondre à la question, oui, ils y arrivèrent. Haruhiro se souvint d’enlever sa cape en feu et il la jeta aux orcs alentour, avant de remettre Yume sur ses pieds et la faire courir. Après ça, il ne se souvenait absolument pas de ce qui était arrivé. Tout était flou.
Il y avait un groupe qui était descendu au premier étage et qui était resté dans les escaliers de la tour en observant la scène pour voir ce qui allait arriver. Après avoir pris leurs places, ou après les avoir éjectés, Haruhiro et les autres prirent une petite pause.
Merry avait traité la profonde blessure de Yume en premier, et elle traitait désormais celles de Moguzo. Son armure et son heaume étaient intacts, mais vu qu’il avait été touché de plein fouet par cette attaque au lance-flamme, il devait avoir des brûlures.
Allait-il bien ? Non, il ne pouvait en aucun cas aller parfaitement bien.
—Merci, Moguzo ! dit Yume en s’asseyant près de lui.
—Moguzo, si tu n’étais pas intervenu, Yume pense qu’elle serait morte.
—N-Nah. Uh… c’est à quoi servent les camarades, dit Moguzo
—Oh, Ouaiss. C’est vrai, huh, dit Yume.
Ranta était assis dans les escaliers en tenant ses genoux. Il était infiniment silencieux. Merry ne tenait pas plus la discussion que ça, et Shihoru s’était tue. Haruhiro ne voulait pas parler lui non plus.
C’est pas bon, pensa-t-il.

C’était vraiment dangereux. C’est invraisemblable qu’on soit tous encore en vie. Un miracle. Si on avait fait ne serait-ce qu’une erreur —non, on a fait des erreurs. Beaucoup, probablement. Et encore une fois, sans savoir si oui ou non on a fait des erreurs, si nous n’avions pas été chanceux, l’un d’entre nous aurait pu mourir. Une fois qu’une personne meurt, tout se serait effondré à partir de ça. Une deuxième puis une troisième personne seraient mortes, et en un rien de temps, on se serait fait tous exterminer. C’était de la chance.
On a été chanceux. C’est tout.
Battre en retraite.
Même maintenant, il n’était pas sûr d’avoir pris la bonne décision. Si l’un d’entre eux s’était fait tuer en se retirant, ils se seraient fait éradiquer, ou presque. C’est grâce au plus grand des hasards que ça ne s’était pas produit. C’était une bonne chose que ce soit le cas, mais Haruhiro ne pouvait se féliciter d’avoir fait ce choix. Ils avaient juste été chanceux.
—…Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Ranta en soupirant.
Personne ne répondit. Que devrait-il faire ?
Qu’est-ce qu’on fait ? Pensa Haruhiro. Une seconde. C’est impossible. On ne peut plus se battre. On se fait totalement surclasser. Même Renji et son groupe ont l’air d’en baver. Pas juste d’en baver ; ils sont à la limite de se faire tuer. Si ça se trouve, c’est déjà le cas.
Haruhiro releva sa tête. Quand il le fit, il réalisa qu’il l’avait baissé tout ce temps. Tous les regards de ses camarades étaient concentrés sur lui.
Pourquoi ça ? —Oh, c’est vrai.
Était-ce parce qu’il était le leader ? Parce qu’il était le leader de ce groupe ? Cela voulait-il dire qu’il allait devoir décider de ce qu’ils allaient faire ensuite ?
Eh bien, même s’ils me le demandent, je peux pas décider ça, pensa-t-il. Ne soyez pas ridicules. Ne me mettez pas ça sur le dos. Je n’ai pas la force pour ça. La responsabilité est trop lourde. Je peux pas le faire, ok ? Je veux dire, trop sont déjà morts. Il y une tonne de personnes qui sont mortes. Ça fait peur, ok ? Tous ces trucs. Ça suffit maintenant. Mourir— Elle est vraiment morte, non, réalisa-t-il. Choco est morte, elle aussi. Est-ce qu’on va tous mourir ? Renji, son groupe, et ensuite nous ? Tout le monde ?
On va mourir, tout comme Choco.
On peut pas le faire.
C’est déjà fini. J’ai envie de le leur dire, mais je n’arrive pas à prendre une décision. Je ne veux plus en prendre. Stop. Je n’en peux plus d’être le leader. Je m’en fous. Ne comptez plus sur moi pour quoi que ce soit. N’attendez rien de moi. Je ne peux pas supporter ce fardeau. Je peux pas, ok ? Bon, je suppose qu’on va crever. On a d’autres choix que de mourir. On peut rien y faire. Si vous n’aimez pas ça, et bien que quelqu’un d’autre fasse une supposition. Faites- moi part de vos idées. Dites, « Pourquoi on ferait pas ça ?» Dites-moi ce qu’on peut faire.
Je ne peux pas le dire.
S’il disait cela, ce qui arriverait était clair comme de l’eau de roche. Le groupe s’effondrerait.
…Ahh, réalisa-t-il . Non, c’est pas comme ça. Ça ne l’est pas. Ça ne l’était pas.
Au final, tout reposait sur lui.
Même dans une situation désespérée, il voulait toujours garder son image intacte. Il avait envie d’avoir l’air cool. Il ne voulait pas que ses camarades le laissent tomber par désarroi. Haruhiro n’était pas un grand leader, et il ne pouvait probablement pas en devenir un. Cependant, il ne voulait pas que ses camarades pensent qu’il était le pire d’entre eux. Il ne voulait pas qu’on le déteste. Il ne voulait pas être abandonné. Jusqu’à la toute fin, il voulait qu’ils le voient comme leur camarade.
Il y a une limite aux combiens pathétique je peux être, pensa-t-il. Abandonner… il n’y a rien de plus nul que ça. Ça fait juste trop pitié. Mais au final, était-ce tout ce que je pouvais faire ? Je ne suis pas Manato donc, eh bien, je suppose que c’est le cas.
—…Je vais aller jeter un œil, dit-il.
Haruhiro et son groupe étaient agglutinés à une courte distance des escaliers en spirales. S’ils restaient là, ils continueraient à entendre les bruits de la bataille ainsi que les voix, mais ils n’auraient pas une idée claire de ce qui s’y passait. Ils étaient probablement ici, car ils ne voulaient pas vraiment le savoir. Personne ne fit l’effort de bouger.
Haruhiro était comme eux. Cependant, c’était toujours mieux que de rester ici, exposé à leurs avides— enfin, ce mot pourrait être un peu méchant — insistants regards qui le suppliaient de faire quelque chose. Qui plus est, ce n’était pas comme s’il n’avait pas une sorte de curiosité mordante pour ce qui s’y passait. Haruhiro descendit les escaliers et il laissa dépasser sa tête. Il serra ses dents.
—…Renji.
La Team Renji était toujours en train de combattre farouchement. Ron et Chibi-chan s’étaient couverts de sang pour protéger Adachi et Sassa, tandis que le duel épique qui opposait Renji au Gardien Zoran Zesh était toujours d’actualité. Zoran était gravement blessé, alors que Renji était à un stade où on ne pouvait plus vraiment dire où étaient ses blessures, mais il tenait toujours debout, toujours en train d’esquiver les deux épées de Zoran.
Epic. Oui, épique était le seul mot adapté pour décrire ce combat. Et pour les soldats volontaires survivants … ils étaient encore cinq ou six. Les orcs n’avaient subi que peu de pertes.
Mais, pour commencer, comment en étaient-ils arrivés là… ? Quand ils étaient descendus au premier étage et qu’ensuite ils étaient montés dans la tour par les escaliers, ils ne croisèrent pas l’ombre de Zoran. S’était-il caché quelque part ?
Il y avait des portes au premier étage qui menaient à d’autres endroits que les escaliers. Toutes ces portes avaient été ouvertes. Cela voulait dire que des soldats volontaires les avaient au moins vérifiés pour voir s’il n’y avait pas d’orc. Mais ils n’avaient jamais trouvé Zoran.
Peut-être y avait-il un compartiment secret ou quelque chose comme ça. Zoran et ses hommes auraient pu s’y cacher, puis en sortir une fois que les soldats volontaires étaient montés dans les tours. Ça pourrait être ça.
Les intendants de Zoran, en incluant les trois sorciers, étaient vingt en tout et pour tout. Leur force était clairement un niveau ou deux au- dessus des autres orcs que les soldats volontaires avaient affrontés jusqu’à présent. C’était des troupes d’élite.
La Team Renji comprenait cinq personnes, et il y avait six autres— non, cinq autres soldats volontaires. Et puis il y avait Haruhiro et son groupe, ce qui rajoutait six personnes. Les ennemis étaient en supériorité numérique, et ils étaient en plus de ça plus fort qu’eux en moyenne.
Mais est-ce que… la différence de force ne nous laisse aucune chance ? se demanda Haruhiro.
Cela ne prendrait que peu de temps avant que les soldats volontaires restants se fassent tuer, et ensuite Renji et son groupe tomberaient les uns après les autres, rendant la situation complètement sans espoir d’en réchapper. Mais maintenant ? À cet instant ? Précisément à ce moment ?
À cet instant du temps… pensa-t-il.
Nos atouts. Tous nos atouts stratégiques ne sont pas ici. Kajiko et ses Anges Sauvages ne sont probablement pas encore descendus des tours. Leur force se compose de dix-huit personnes. Même si elles en ont perdu quelques-unes, cela nous fait encore environ quinze. Kajiko avait l’air robuste, cela dit, alors peut-être qu’on va pouvoir renverser la balance quand ils arriveront.
Qu’en est-il de Bri-chan ? Il a parlé d’aller vérifier ce que faisait la force principale. La force auxiliaire avait pour mission originelle de servir de diversion et de garder les ennemis occupés, tandis que la force principale percerait la grande porte et elle prendrait le fort. Il se pourrait qu’ils aient un peu de retard suite à des évènements imprévus, mais la force principale viendra peut-être ici. Quand ils arriveront, on sera sûr de pouvoir les dominer.
Est-ce qu’on doit les attendre alors ? Si on se cache dans la tour jusqu’à ce que la force principale arrive—Non. On ne sait même pas quand ils pourraient arriver, et si toute la Team Renji de fait avoir avant ça, ça va mal se passer. Si ça arrive, l’ennemi va prendre l’initiative de chercher les humains restants. Même si on est bien au chaud dans les tours, ils finiront par nous trouver.
On ne peut pas compter sur la force principale. Mais je veux compter sur Kajiko. Du coup, est-ce qu’on doit rester ici jusqu’à ce que Kajiko redescende ? Tout est question de si Renji et les autres peuvent tenir jusque-là. Pour être honnête, je veux qu’ils tiennent jusque-là. Je ne veux pas prendre plus de risques.
Nous on reste ici. Renji tient tout ce joli monde. Kajiko arrive. La vapeur se renverse. Ce serait idéal, mais il n’y aucune garantie que ça se produise.
Je veux aussi sauver la Team Renji, cela va de soi. Notre groupe est sûrement sans importance par rapport à eux, mais on est de la même génération. Renji et son groupe sont en train de se faire acculer. Si je sais —non, plus que je sais, je suis en train de les regarder— et qu’ensuite je ne fais rein, j’aurais du mal à m’endormir après ça. Qui plus est, en tant qu’atout de combat, on a besoin de Renji et de son groupe dans les parages.
Je ne sais pas vraiment si Kajiko et ses Anges Sauvages sont si fortes que ça, mais si la Team Renji et les autres soldats volontaires se font massacrer, ils reviendraient à une égalité numérique, ou peut-être à un léger désavantage. Zoran est putain de fort, alors je ne peux pas me dire que Kajiko le battra pour sûr. Si Kajiko et les Anges Sauvages perdent, nos vies seront en danger.
Depuis quand est-ce que je suis en train de réfléchir ? Je ne sais pas. Mais j’ai pas le temps de tergiverser. Ça au moins c’est sûr. Je ferais mieux de me bouger. On va décider de ce qu’on va faire.
S’il ne faisait rien, Haruhiro non, Haruhiro et tous les autres de son groupe mourraient. Cela voulait dire qu’ils étaient déjà à moitié morts. En regardant la situation sous cet angle, cela rendait la prise de décision plus facile en quelque sorte.
Choco. On va peut-être se revoir dans pas longtemps. Quand ça arrivera, parlons ensemble de ce qu’on a oublié et remémorons-nous ces fragments du passé les uns après les autres.
Haruhiro retourna auprès de ses camarades.
—Désolé, les amis. Je sais que ça fait peur, mais essayons de tenir un petit plus longtemps. On va aider Renji et les autres. On va se concentrer en priorité sur les sorciers. À part leur sorcellerie, ils n’ont rien d’exceptionnel, dit-il.
Il laissa de côté le « je pense. » Il choisit délibérément de prendre ce fait comme une vérité. Il se disait que cela devait être décevant pour ses camarades, mais aussi pour lui-même. Mais pour on ne sait quelle raison, il ne se sentait pas coupable de l’avoir fait.
—L’un des sorciers est sûrement ce gars-là, Abael, continua-t-il.
—Il vaut 50 pièces d’or. On peut pas avoir Zoran, mais on peut tuer Abael. Allons les prendre. Nos 50 ors.
—Cinquaaaaaante ! Ors ! Ouaisiiiiiiiii ! cria Ranta.
C’était une bonne chose que Ranta soit un simplet. Avec les pièces d’or qui tournaient autour de ses yeux, Ranta fonça en bas des escaliers.
Haruhiro donna une tape dans le dos de Moguzo.
—Aller, Moguzo. On compte sur toi.
—Mm-hm !
Il lui donna une réponse virile, ce qui surprit un peu Haruhiro. Moguzo suivit ensuite Ranta dans les escaliers. Haruhiro hocha la tête en direction de Merry, de Yume, et de Shihoru.
Est-ce que c’est la bonne chose à faire ? Se demanda-t-il. Ça l’est.
Quand ils eurent fini de descendre les escaliers en spirales et qu’ils eurent mis un pied au premier étage, ils prirent immédiatement pour cible un sorcier.
Ils les abattraient un par un.
Haruhiro désigna le sorcier A
—Ce gars !
Zoran et ses intendants orcs ne prirent même pas la peine de les remarquer. Haruhiro et le groupe foncèrent vers une escouade. Le sorcier A remarqua Haruhiro et les autres. Il essaya d’ouvrir l’un de ses pots, mais il était trop tard.
—Colère !
Ranta déchiqueta la gorge du sorcier A avec son épée longue.
C’est loin d’être un début prometteur, pensa Haruhiro. Mais on ne peut pas se permettre de se laisser emporter. On doit garder notre calme, et se contenter de les tuer un par un.
L’un des intendants orcs vint à eux, mais Moguzo déchaina un cri de guerre et il le balaya.
Un sorcier, pensa Haruhiro. J’en ai trouvé un.
—Celui-là maintenant ! cria-t-il en désignant le sorcier B.
Au moment où il le fit, les intendants orcs commencèrent à converger vers eux.
Ils nous ont pris pour cible, pensa Haruhiro. Bah, même si c’est le cas, on doit finir notre job.
Ils n’engagèrent pas le combat avec les intendants. Moguzo hurla et chargea la tête la première, ouvrant un passage, tandis qu’Haruhiro utilisait Frappe pour se frayer un chemin lui aussi.
—Ohm, rel, ect, nemun, darsh ! cria Shihoru.
Elle utilisa Lien des Ténèbres, pour arrêter un intendant orc, tandis que Merry rugissait tout en matraquant le bouclier d’un intendant orc pour le faire reculer.
—Perce-étoile, meow ! cria Yume alors qu’une volée de couteaux de lancée faisait battre les orcs en retraite et …
Attendez, meow ? Pourquoi est-ce que tu miaules ? Oh, peu importe, pensa Haruhiro.
Ranta fut le premier à entrer en contact avec le sorcier B. C’est là qu’il leur fit la démonstration de sa technique.
—Épuisement Plus !
Ranta fit un volte-face devant le sorcier B, puis il sauta en arrière.
De la perspective du sorcier B, l’humain qui était venu l’attaquer s’était soudainement retourné, et l’instant d’après, il y avait une paire de fesses qui volait vers lui. Cela avait dû être un sacré traumatisme pour lui. Le sorcier B fut touché de plein fouet par l’attaque de hanche de Ranta et il faillit tomber au sol.
Maintenant, pensa Haruhiro.
Il dépassa le sorcier B en piquant un sprint.
Là.
Quand il enfonça la dague qu’il tenait à revers dans la nuque du sorcier B, il sentit comme s’il s’était connecté à quelque chose. Il avait dérobé le meilleur mouvement de Sassa, une Attaque Sournoise en dépassant l’ennemi.
Le sorcier B s’effondra.
—On a abattu deux sorciers ! beugla Haruhiro.
En entendant ça, la Team Renji et les soldats volontaires survivants semblaient comme revenir d’entre les morts, repoussant l’ennemi avec une vigueur renouvelée.
C’est la balance, pensa Haruhiro. La balance penche en notre faveur. Ne baisse pas ta garde, ne te laisse pas emporter, se disait Haruhiro sans s’arrêter.
Cela dit, il se disait aussi que s’il laissait passer cette chance, il le regretterait. Quelle était la bonne réponse ? Il ne le savait pas. Mais la situation continuerait à changer tandis qu’il y réfléchissait. Il n’avait pas le temps de penser à faire les bons choix.
—On peut gagner ! cria-t-il.
On va inverser cette balance.
—On peut gagner ! cria-t-il une nouvelle fois.
—Battez-vous !
Regardez. Une fois que la balance est de notre côté, des choses comme celles-là arrivent.
—Eryeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee… vociféra une voix.
Les voilà. Cette voix effrayante. Kajiko. C’est Kajiko et son groupe.
Les Anges Sauvages descendirent de la tour avec Kajiko pour les mener. Pendant leur première charge, ils démolirent les deux intendants orcs qui étaient sur leur passage. C’est ce genre d’impression qu’ils laissaient.
Ils pouvaient le faire. Ça allait fonctionner. C’était les prémices d’une victoire totale. C’est ce qu’il pensait, mais…
Alors que les Anges Sauvages firent irruption dans le premier étage, le troisième et dernier sorcier, qui devait être Abael, lança de nouveau son lance-flamme. Ce n’était pas tout. Abael jeta aussi quelque chose.
Une corde ? pensa Haruhiro. Non. Ça bouge. Des serpents. Ce sont des serpents. Plus que juste un ou deux.
Le sorcier jeta un grand nombre de serpents sur les pieds des Anges Sauvages. Il y eut des hurlements. Les Anges sauvages étaient en train de paniquer. Et soudain Zoran Zesh abandonna Renji et il rentra dans le tas, tranchant, tranchant, et tranchant tout ce qui bougeait. Ce fut fini en un instant. Quatre, puis cinq des dames guerrières furent anéanties.
—Ne faiblissez pas ! cria Kajiko en essayant d’arrêter Zoran.
Ils échangèrent des coups. L’épée de Kajiko rentra en collision avec les lames jumelles de Zoran. Des étincelles fusèrent. Elle recula. Kajiko recula. Mais ce n’était pas vraiment qu’elle l’avait décidé, mais plus qu’elle y fut contrainte.
—Merde ! cria-t-elle.
—On ne peut se permettre plus de pertes ! Tout le monde sauf Mako, Kikuno, et Azusa, retirez-vous pour l’instant !
Il semblait que Kajiko voulait que les autres se retirent et qu’elle voulait garder seulement les plus expérimentées avec elle. Renji poursuivit Zoran, essayant de le trancher, mais son coup fut aisément dévié.
Zoran le traite comme un enfant, réalisa Haruhiro. Traiter Renji comme un enfant. Nah, Renji est blessé. Il est à bout de souffle en plus. Il doit être épuisé. Quelqu’un devrait faire quelque chose pour ses blessures. On dirait que Chibi-chan est en train de soigner Ron avec sa magie de lumière. La magie de lumière. Le sort Soins peut soigner les blessures à distance. Un prêtre. On en a un. Un autre prêtre que Chibi-chan.
—Merry ! Utilise ta magie sur Renji ! cria-t-il.
—Soins ne marchera pas s’il bouge ! Le sort cible une zone ! lui répondit-elle en criant.
—Ça cible une zone … marmonna-t-il.
Je vois. Soins est un sort qui fait rayonner la lumière à un certain endroit. Si tu veux que la lumière soigne tes blessures, tu dois rester immobile. Renji est en train de combattre Zoran. Il n’a aucun moyen de rester en place.
—Quand même, on doit laisser Renji se reposer un petit peu ! s’exclama Haruhiro.
—Moi ! Je suis ton homme ! cria une voix.
Ce n’était pas Ranta. C’était Moguzo. Il avait l’air de plus en plus viril. « Je suis ton homme », avait-il dit. Moguzo rugit et hurla tout en chargeant férocement vers Zoran.
Ses coups sont incroyables, pensa Haruhiro. Ils sont rapides. Chacun de ses coups est puissant. Il est comme Taches de Mort. Zoran est sur la défensive maintenant.
Renji essaya immédiatement d’attaquer Zoran.
Sérieux ! Pourquoi est-ce que Moguzo se donne à fond à ton avis ? pensa Haruhiro en attrapant Renji par le bras.
—Non ! Viens te faire soigner ! cria-t-il.
—…Casse-toi, s’énerva Renji.
—Je bougerai pas ! Merry !
—Tout de suite !
Merry fonça vers lui tout en faisant le signe de l’hexagramme, avant de tourner sa main vers Renji.
—Ô Lumière, puisse la divine protection de Lumiaris te protéger … cure !
Baigné par la lumière de Lumiaris, Renji semblait s’être résigné et il ne bougea pas. Merry dirigea sa paume vers les blessures de la tête de Renji, ses épaules, et ses côtés, les soignant en passant dessus. Elle le soigna, encore et encore, mais c’était sans fin. Son souffle était laborieux, et il était pâle. Renji avait perdu bien trop de sang.
Ranta était en train d’affronter un intendant orc. Yume était avec un autre intendant orc. Et un autre intendant orc commença à attaquer Shihoru. Haruhiro se précipita pour intervenir en utilisant Frappe pour gagner du temps.
—Ça suffit !
Renji tua l’orc que combattait Haruhiro avec un coup de l’épée d’Ish Dogran, puis il se mit à courir en direction de Zoran.
—Je reprends, espèce de gros bourrin ! C’est ma proie !
—Non ! N’essaye pas de faire tout par toi même ! rétorqua Moguzo.
Moguzo se plaça rapidement sur la gauche de Zoran, laissant une ouverture sur la droite. Renji combla cet espace comme s’il venait de se faire aspirer et il transforma ce combat en deux contre un.
—Je suis pas un gros bourrin ! ajouta Moguzo.
Moguzo attaqua, balançant Le Hachoir de gauche à droite. Il continua ses assauts sans laisser le moindre répit à son adversaire.
Renji fit lui aussi danser l’épée d’Ish Dogran. Moguzo était robuste tandis que Renji était flexible. Moguzo avait la puissance tandis que Renji avait le talent. C’est ce à quoi ça ressemblait. Tout ce que Zoran pouvait faire était d’utiliser ses lames jumelles pour bloquer leurs deux épées. Ce combat était vraiment irréel. Mais il l’était. C’était réel.
—Ouais ! Ça c’est vrai ! cria Haruhiro.
—T’es pas un gros bourrin ! Tu t’en sors vraiment bien, Moguzo !
On aurait dit une tout autre personne. Non. Peut-être était-ce Moguzo. On avait souvent dû traiter Moguzo de simplet, ou bien de bourrin, ou de bien d’autres choses déplaisantes. Cela avait dû lui arriver avant qu’il ne vienne en Grimgar, alors il se pourrait qu’il ne s’en souvienne pas, mais il avait internalisé ces insultes, et Moguzo avait perdu confiance en lui. Mais en combattant aux côtés d’Haruhiro et des autres, il était devenu un grand, presque trop grand, pilier pour l’équipe.
Sans Haruhiro dans les parages, le groupe pourrait continuer à fonctionner du moment que Merry ou quelqu’un d’autre prenne le relais en tant que leader, mais sans Moguzo ils auraient des problèmes. Aucun d’entre eux ne pouvait le remplacer. Tout le monde pensait la même chose ; ils se reposaient sur Moguzo.
Moguzo avait dû sentir la confiance que lui portait ses camarades, et il en était bien conscient. Il devenait de plus en plus confiant, et il fut finalement capable de montrer l’étendue de ses capacités. Cela devait être son niveau naturel de talent. Renji l’avait mal jugé. Moguzo aurait dû être recruté par la Team Renji.
Cependant, ce que Renji avait perdu fut un gain pour eux, et cela voulait dire qu’Haruhiro et les autres pouvaient le compter dans le groupe. Dans les faits, Haruhiro devrait être reconnaissant que le destin ait réuni Moguzo et les autres tous ensemble.
—Je n’aime pas me battre aux côtés d’hommes, mais…
Kajiko se joignit à la danse en attaquant Zoran par-derrière.
Zoran sauta sur le côté et il se mit à courir.
Le Zoran était en train de fuir.
—La prime sera un partage équitable ! s’exclama-t-elle.
—Va te faire voir ! cria Renji.
—Rarrrrrrgh… ! ajouta Moguzo.
Kajiko, Renji, et Moguzo poursuivirent Zoran.
Ils pouvaient le faire. Cela pouvait fonctionner.
Au moment où Haruhiro pensa cela, Ranta prit feu, et il tomba au sol en se roulant par terre.
—Whoa ! Gwahhhhhhhhhhhhhhh… !
C’était le sorcier. Le sorcier Abael.
Abael avait touché Ranta avec son lance-flamme, avant d’immédiatement se retourner pour s’en aller.
Ce gars est rapide, pensa Haruhiro. Qui plus est, il suit assidument sa stratégie de hit-and-run. À cause de ça, il est dur à choper.
—Merry, va vers Ranta ! cria-t-il.
—Je sais ! répondit-elle.
—Yume, défends Shihoru ! ajouta-t-il.
—Meow !
Qu’est-ce que « meow » est censé vouloir dire ?!
Il ne le comprenait pas vraiment, mais elle restait près de Shihoru, alors cela voulait sûrement dire « OK »
—Ohm, rel ,ect , palam, darsh !
Shihoru utilisa Complexe de l’Obscurité pour rendre confus l’un de intendants orc, mais ce fut insuffisant pour faire la différence. Les orcs avaient toujours plus de dix intendants, plus Zoran et Abael, alors qu’eux n’avaient que la Team Renji, les six membres du groupe d’Haruhiro, et les quatre membres des Anges Sauvages de Kajiko, ainsi que trois soldats volontaires—
Huh ? On est en train de gagner ? Si on ne regarde que les chiffres, on est train de gagner, non ? pensa Haruhiro.
Mais alors Abael attrapa un autre soldat volontaire avec son lance- flamme.
—Arrrrgh… ! hurla le soldat volontaire en prenant feu en se jetant au sol.
Quelqu’un ferait mieux de le soigner, ou il sera en danger, pensa Haruhiro. Attendez, il porte un uniforme de prêtre. Il est quand même en train de bruler. S’il est un prêtre, il pourrait pas se soigner lui-même ? Probablement pas quand il est dans cet état. Mais ni Chibi- chan ni Merry ne peuvent se permettre d’aller le soigner.
—C’est Abael ! cria Haruhiro.
—On doit se faire ce type !
Moguzo, Renji et Kajiko étaient occupés avec Zoran. Ron ne pouvait pas laisser Sassa, Chibi-chan et Adachi.
—Mako-san , Kikuno-san , Azusa-san ! cria Haruhiro.
—Allez d’abord vers le sorcier !
Il se trouvait qu’il se souvenait de leurs noms, donc Haruhiro essaya de demander de l’aide de la part des femmes des Anges Sauvages. Elles affrontaient chacune un intendant orc. L’une d’entre elles, une femme aussi imposante que Kajiko qui ressemblait à une guerrière, était en train de gaiement massacrer un intendant orc.
Peut-être était-ce le moment qu’Abael avait attendu. Il se rapprocha rapidement d’elle, il ouvrit le couvercle du pot qu’il portait.
Des insectes, se rappela Haruhiro.
Mais avant qu’Haruhiro ne puisse la prévenir, les insectes se jetèrent sur la grande femme.
—Eeeeek ! cria la femme de stupeur en essayant de se débarrasser des insectes qui tournaient autour d’elle.
C’était instinctif, cela ne faisait aucun doute, alors il était dur de lui en vouloir, mais ce n’était pas la bonne chose à faire. Elle devait courir ou faire quelque chose d’autre et le faire rapidement. Cette fois, Abael ne se retira pas immédiatement. Il était en train de se rapprocher d’elle en essayant de faire quelque chose.
Hé, attendez, est-ce que ce serait pas une opportunité… ?
Au moment où cette pensée lui traversa l’esprit, Haruhiro était en train de courir. Abael tenait une courte masse faite de métal. Il l’utilisa pour frapper la femme dans les genoux, avant de poursuivre avec un violent coup à la tête. La femme portait un heaume, alors on ne savait pas vraiment si ce coup lui avait été fatal, mais elle s’effondra sur le sol.
Abael se retourna, regardant dans la direction d’Haruhiro.
Chier. Il m’a vu, pensa Haruhiro.
—Gashdrasha ! cria Abael avant de balancer sa masse.
Elle est courte, je peux l’esquiver, pensa Haruhiro, mais son corps réagit de manière exagérée.
Il se jeta sur le sol, il se roula sur le côté puis il se leva, mais le temps qu’il fasse ça, Abael était déjà en train de s’enfuir.
—Il est rapide ! dit Haruhiro.
Après qu’il commença à le poursuivre…
Est-ce que c’est vraiment la bonne chose à faire ? Se demanda Haruhiro. Je sais pas si c’est bien ou mal. Mais si je le laisse faire ce qu’il veut, il va juste faire plus de dégâts. On va se faire avoir un par un, et notre avantage numérique va éventuellement se faire balayer. Mais ça fait peur quand même. Est-ce qu’une personne comme moi pouvait arrêter un ennemi comme lui ? Je pense très certainement que je ne peux pas me le faire moi-même. Je veux dire, regarde-moi ça.
Abael se retourna vers Haruhiro, et Haruhiro se jeta au sol une nouvelle fois.
Ça arrive, pensa-t-il, et il avait raison.
C’était des flammes. Un lance-flamme. S’il avait réagi ne serait-ce qu’une seconde trop tard, Haruhiro aurait été réduit à l’état de cendre.
Abael se remit à courir. Haruhiro réitéra rapidement sa poursuite, mais l’écart s’était légèrement agrandi.
Savez… c’est peut être impossible, pensa-t-il. Ça a pas l’air d’être possible pour moi. Je peux pas l’attraper, et même si j’arrive à l’attraper, qu’est-ce que je vais faire ensuite ? Je m’inquiète pour mes camarades aussi, mais si je lâche Abael juste une seconde, j’ai le sentiment que je le reverrai plus.
Alors qu’Abael courait, on aurait dit qu’il se retournait de temps en temps pour jeter un œil vers Haruhiro.
Je vais le perdre de vue.
Haruhiro s’arrêta.
—Osh !
Un intendant orc lui jeta un coup d’épée.
Haruhiro esquiva la lame de l’orc, il se retourna et prit le risque calculé de courir droit vers un autre des intendants orc. Il fit une déviation soudaine juste avant d’entrer dans la portée d’attaque de son nouvel adversaire, et les deux intendants orc faillirent se rentrer dedans. Alors que cette scène se déroulait, Haruhiro s’écarta d’eux. Il observa les environs, en étant sûr de ne pas s’arrêter en le faisant.
Le perdre de vue ? pensa-t-il. Pas la moindre chance. Le premier étage est grand, mais pas tant que ça. Si je le cherche, je le trouverai en un rien de temps.
En dépit de cela, Abael s’était envolé. Il disparut, avant de réapparaître soudainement. Bien entendu, il n’allait pas vraiment s’envoler. Il sortirait de leur champ de vision, puis il se mêlerait aux autres orcs, faisant croire qu’il avait disparu. Ensuite, une fois qu’ils l’auraient oublié, il lancerait une attaque-surprise. Haruhiro avait renoncé à Abael. C’est ça qu’il voulait faire croire à Abael. Pour Abael, Haruhiro disparaitrait. S’il faisait ça, Abael retournerait à l’attaque. Haruhiro ne cherchait plus Abael —ou plutôt il prétendait ne plus le chercher.
On dirait qu’Abael veut se faire Ron et son groupe, pensa-t-il. Soit ça, soit les deux Anges Sauvages qui sont seules maintenant. Ou possiblement Moguzo, ou Renji, ou Kajiko. C’est dur à dire avec sa façon de bouger. Est-ce que c’est comme ça qu’il se rapproche de ses cibles ? Je vais l’imiter. Non— Je suis un voleur. Je vais lui voler.
Quelques instants plus tard, il avait compris le truc. C’est lui la prochaine cible d’Abael—celui qui se fait protéger par Ron et Chibi- chan tout en utilisant la magie Kanon pour perturber les intendants orcs et leur donner des engelures. C’est Adachi.
Abael verrouilla son prochain coup sur Adachi, se préparant à le frapper avec souffle de feu, mais Haruhiro lui asséna une Attaque Sournoise juste avant qu’il ne puisse le faire.
Abael réagit au quart de tour et il esquiva le coup au dernier moment. La dague d’Haruhiro ne fit qu’effleurer le bras gauche d’Abael. Haruhiro s’était loupé, mais Abael ne répliqua pas, il se mit à courir sans attendre.
Est-ce qu’il ne se bat que quand il a un avantage absolu ? pensa Haruhiro. Il a l’air de savoir y faire. Je sais pas si c’est de la lâcheté ou bien de l’intelligence. Il est malin.
Abael avait dû probablement percer le plan d’Haruhiro à jour. Le voleur avait volé les méthodes d’Abael et il les avait reproduites, mais Haruhiro avait vendu la mèche à son adversaire. Le même tour ne fonctionnerait pas deux fois. S’il le laissait s’échapper cette fois, Abael deviendrait encore plus prudent et il pourrait bien ne pas avoir d’autres occasions de l’abattre.
—Épuisement Plus ! beugla Ranta.
—Ubogeh ?! s’exclama Abael.
Pendant un moment, Abael n’avait pas dû comprendre ce qui l’avait frappé. La plupart des gens ne s’attendraient pas à recevoir une paire de fesses sur la tête en vitesse extrême. Le puissant coup de hanche de Ranta envoya paître Abael vers l’avant.
Tout de même, comment Ranta fait pour avoir des timings aussi ridiculement bons parfois ? Se demanda Haruhiro. C’est trop parfait. Tu me fais flipper, mec. Peu importe, je n’ai pas besoin de voir cette ligne pour être capable de tuer Abael maintenant.
Haruhiro prit toutes les précautions possibles, choisissant d’utiliser Araignée au lieu d’Attaque Sournoise. Il attrapa Abael par-derrière et il l’immobilisa. Il glissa ensuite sa dague sous le menton de l’orc, égorgeant violemment l’orc avant de battre en retraite immédiatement.
—Touché ! dit Ranta à haute voix.
Est-ce qu’il est idiot ? Pensa Haruhiro. Bon, oui, je sais qu’il l’est, mais quand même.
Ranta balança son épée longue diagonalement et il l’enfonça dans la nuque d’Abael. Cela ne décapita pas l’orc, mais elle la traversa de moitié. Il donna un coup de pied à l’orc pour le mettre au sol, avant de poursuivre avec une autre attaque. Il ne fut pas satisfait par un seul coup, alors il en fit un deuxième, puis un troisième. Abael s’arrêta de bouger.
—Oui ! 50 ors ! Oh, et aussi, un vice ! beugla Ranta.
Ça c’est bien notre Ranta, pensa Haruhiro. Il ne changera jamais. On devrait presque admirer ce gars. Enfin, je le ferai pas. Pas moyen que je le fasse.
—Maintenant c’est juste Zoran ! cria Haruhiro.
Il reste toujours des intendants orcs, mais Zoran Zesh passe en premier. Le danger Abael n’existe plus, et ils se battent à trois contre un contre Zoran, ça veut dire qu’on peut le faire.
—Moguz—Whoa… ! s’exclama Haruhiro.
Juste au moment où il commença à l’encourager, Zoran sauta. C’était un saut périlleux avant. Kajiko essaya de lui asséner un coup dans le dos, mais elle le manqua, tandis que Renji et Moguzo qui étaient devant lui sautèrent en arrière.
—Quo— ?! hurla Kajiko.
—Urkh ! cria Renji.
—Oh… ?! cria Moguzo de surprise.
—Gahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh… ! rugit Zoran.
Et puis l’orc tournoya. Son saut périlleux avant avait utilisé une rotation verticale, mais maintenant il était en train de bouger vers l’avant tout en tournoyant comme une toupie. Sa rotation était horizontale cette fois.
C’était rapide. Avec une force invraisemblable. Ce n’était pas que Renji et Moguzo ne faisait rien. Quand Renji essaya de faire un pas en avant et de s’interposer, Zoran se tourna immédiatement vers lui et il l’attaqua. Après l’avoir forcé à reculer avec un coup surpuissant, il se déchaina sur Moguzo avec ses lames jumelles.
—Eryeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !
Kajiko attaqua Zoran par-derrière. Mais Zoran lui asséna un coup ou deux alors qu’il était train de tourner, la repoussant en arrière, avant d’attaquer Moguzo une nouvelle fois.
Moguzo. Moguzo. Zoran persistait à concentrer ses attaques uniquement sur Moguzo. Quand Renji essayait de se mettre entre les deux, il utilisait son combo saut périlleux avant plus la toupie pour le faire reculer, avant de se retourner contre Moguzo.
Pourquoi ? Se demanda Haruhiro l’air hébété.
Pourquoi est-ce qu’il s’acharne sur lui ? Moguzo ne peut presque plus bloquer les attaques. Son armure est défoncée. Son heaume est complètement écrabouillé. Il est en train de se faire broyer. Moguzo se fait broyer. À chaque seconde. Bien sûr que je veux faire quelque chose. Mais qu’est-ce que je peux faire ?
Sûrement enhardis par les assauts de Zoran, ses intendants se montrèrent plus féroces tout en chantant « Osh, osh ! » L’un d’entre eux attaqua Haruhiro. Il était en train de se défendre avec Frappe, mais ce gars était fort. Haruhiro avait la sensation que sa dague allait s’envoler.
—Parupiro ! cria Ranta.
Ranta vint à son secours juste à temps, ce qui sortit Haruhiro du pétrin, mais le fait que Ranta l’ait appelé « Parupiro » n’était pas acceptable. Mais Ranta l’avait sauvé, entre autres.
—Gah ! cria Kajiko.
Zoran fit mouche avec l’un de ses coups, et le heaume de Kajiko se retira. Son visage était couvert de sang frais.
—Recule ! lui hurla Renji.
J’sais pas si c’est Mako, ou Kikuno, ou Azusa, mais elle est en train de trainer Kajiko pour la faire battre en retraite, pensa Haruhiro. C’est pas bon. C’est pas bon du tout. J’étais sûr qu’on l’avait cette fois. Il trop putain de fort. Zoran Zesh. Ish Dogran n’était rien par rapport à lui. C’est un monstre. Mais entre autres —J’sais pas. Il y a quelque chose d’étrange, on pourrait dire, ou quelque chose qui me dérange. Son équilibre.
Ouaiss. C’est son équilibre. L’équilibre de quoi ? De son corps. La gauche et la droite. L’équilibre entre sa gauche et sa droite. À gauche —Il tourne du côté gauche. Quand il fait la toupie, Zoran tourne toujours vers la gauche. Et pourtant, quand il fait son coup tournoyant, c’est l’inverse. Il tourne à droite. Pourquoi ? C’est bizarre. Quelque chose de ne tourne pas rond là-dedans.
—Parupiro ! cria Ranta.
—Fais quelque chose au lieu de rester là planté comme un idiot !
C’est pas le moment de rester planté comme un idiot, pensa Haruhiro. Bah, Ouaiss, il a raison. Je suis pas Parupiro cela dit.
Ranta avait raison, mais Haruhiro continua à réfléchir.
C’est important. J’en ai la certitude. Ces lames jumelles. Est-ce que Zoran est gaucher ? Gaucher ? Pourquoi j’ai pensé ça ? C’est parce qu’ils sont crispés. Ses mouvements. Quand il bouge avec son bras gauche, ça à l’air plus fluide qu’avec sa droite. Son bras droit bouge moins de haut en bas, comme s’il était rigide. Soit ça, soit il est sous l’emprise d’une sorte de stress étrange.
Comme s’il essayait de couvrir quelque chose. Si, par exemple, il avait une vieille blessure sur son épaule droite ou sur son flanc droit, est-ce que ça pourrait en être la cause ? Même s’il le fait inconsciemment, il essaye naturellement de le couvrir. Bon, alors quoi ?
Renji et Moguzo, qui l’affrontaient désespérément sur une distance courte, ne le remarqueraient probablement pas. Haruhiro l’avait uniquement remarqué par chance, car il était en train de les observer à distance
Encore, alors quoi ? Pensa-t-il.
—Ranta ! appela Haruhiro.
—Huh ?! demanda Ranta.
—Est-ce que tu veux 100 ors ?
—Bordel bien sûr que je les veux ! » hurla Ranta.
—Alors sers de leurre ! lui dit Haruhiro.
—Y a que toi qui puisses le faire !
—Ha ! On dirait que t’as enfin trouvé comment m’utiliser proprement ! beugla Ranta.
—Qu’est-ce qu’il faut faire ?!
Haruhiro lui donna une brève explication. Le rôle de Ranta était dangereux, mais simple. Si un chevalier noir le faisait, même si ça ne marchait pas, rien qu’essayer ne serait pas difficile. Le problème était Moguzo et Renji.
—Moguzo ! Renji ! cria Haruhiro.
—Il a l’habitude de tourner à gauche quand il tourne, et son côté droit est faible ! Il doit avoir une vieille blessure sur ce côté ou un truc du genre ! Laissez Ranta passer devant ! Vous deux vous reculez !
Comprendraient-ils ? Même s’ils le comprenaient, pouvaient-ils le faire ? Il n’y avait aucune garantie.
Haruhiro regarda en direction de Merry et des autres. Merry et Yume travaillaient ensemble pour arrêter un intendant orc et protéger Shihoru. Shihoru, elle, utilisait Lien des Ténèbres pour stopper un autre intendant orc dans sa course. C’était juste rassurant de les savoir en vie.
Choco, pensa Haruhiro. Choco est tombée. Elle est morte.
Une fois que tu meurs, c’est la fin.
Finissons-en.
Je vais mettre les choses au clair.
—On le fait Ranta ! cria-t-il.
—T’es prêt ?!
—Putain Ouaiss ! beugla Ranta.
—C’est 150 ors !
—C’est ça ta réponse ?!
Haruhiro courut. Zoran suivit Haruhiro des yeux tout en continuant d’harasser Moguzo et Renji de coups. Il était perceptif. Haruhiro essayait de contourner Zoran par-derrière.
Il m’a percé à jour, pensa Haruhiro. Mais qu’est-ce tu dis de ça ?
—Hé, loser !
Ranta surgit devant Zoran.
—Je peux te tenir tout seul, sale nul ! Tu m’as entendu, loser ? Looooo-ser , looooo-ser !
Il se tenait devant Zoran, en pointant son épée vers lui en en prenant ses grands airs. Tout se déroulait comme il le lui avait expliqué, mais quand même, quel enfoiré.
Cependant, avec Ranta qui poussait le bouchon aussi loin, Zoran devait savoir qu’il se faisait insulter, même s’il ne pouvait pas comprendre les mots. Peut-être était-ce ce qui l’énerva. Zoran utilisa un saut périlleux avant, suivi par un coup tournoyant.
—Gahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh… ! rugit Zoran.
—Épuisement !
Ranta ne fut pas expulsé. Il s’expulsa lui-même, s’évadant du coup tournoyant de Zoran, ou plutôt il s’envola hors de sa portée.
—Ha ! Crétin, t’es tellement prévisible, espèce de loooo— whoa, Épuisement … !
Ranta s’était échappé et Zoran l’avait poursuivi dans un accès de colère. Cela ne prit qu’un instant pour que Zoran comble l’espace qui les séparait quand Ranta utilisa Épuisement.
Cependant, Haruhiro avait vu juste. Moguzo et Renji étaient tous deux plus puissants que Ranta en combat, cela allait de soi. Dans un combat en un contre un, Ranta n’aurait absolument aucune chance. Et pourtant, les deux guerriers n’étaient pas un tout point supérieur à lui.
Ranta était meilleur qu’eux dans certains domaines.
Quand Zoran utilisait son combo saut périlleux avant et son coup tournoyant, Moguzo et Renji ne pouvaient pas l’esquiver. Ils n’avaient d’autres choix que de le bloquer avec leurs épées. Ça n’était pas arrivé seulement la première fois. C’était à chaque fois.
Moguzo et Renji n’étaient bien évidemment pas lents. Même s’ils voyaient le coup arriver, ils ne pouvaient pas s’en échapper. Le combo de Zoran était tout simplement rapide, et il avait une grande allonge, ce qui le rendait dangereux. En dépit de cela, Ranta avait prouvé qu’il pouvait l’esquiver.
La manière dont fonctionnait la compétence Épuisement jouais là-dessus, mais, au final, quand on en vient à esquiver ce combo, Ranta le chevalier noir était meilleur que Renji et Moguzo les guerriers.
—Gahhhhhhhhhhhhhhh ! Gahhhhhhhhhhhhh… ! rugit l’orc.
—Épuisement ! Épuisement ! beugla Ranta.
Zoran était en train de s’énerver. Il n’arrivait même pas à toucher une personne comme Ranta, alors il était assez aisé de voir que cela le mettait en rogne. Grâce à ça, Haruhiro fut capable de se placer derrière Zoran. Moguzo et Renji étaient en train de poursuivre Zoran avec Haruhiro.
—Il tournoie sur sa gauche, souvenez-vous-en ! dit Haruhiro.
S’ils allaient devoir attaquer, ce serait par la droite. En comparant une attaque de la gauche ou de la droite dans le dos de Zoran, ses épées mettraient un peu plus de temps à les atteindre selon l’angle choisi.
—Wah ha ha ! brailla Ranta.
—T’es pas assez bon pour me battre !
Alors que Ranta continuait ses incorrigibles provocations, Zoran hurla et exécuta un combo. Un saut périlleux avant, suivi d’un coup tournoyant.
Ranta s’échappa avec un Épuisement encore une fois.
Au moment où le coup tournoyant se finit, Renji s’avança sur Zoran depuis son côté droit. Son attaque était silencieuse, rapide, puissante et féroce. Il avait l’air de prendre son temps, mais il referma la distance très rapidement avant de balancer sa lame.
Zoran réagit avec une rotation sur sa gauche, bien évidemment. En utilisant l’épée dans sa main gauche, dans sa main arrière, on pourrait dire, il la balança vers l’extérieur pour dévier l’épée de Renji. C’était si proche.
Y arrivant à un cheveu près, l’épée de Zoran bloqua celle de Renji. Mais c’était différent des fois précédentes. Bien que la lame de Renji n’ait pas atteint le corps de Zoran, elle avait poussé l’épée de Zoran sur le côté.
Bien que, cela dit, Zoran maniait deux épées en même temps. Zoran trancha avec une attaque rapide le torse de Renji avec son épée en main droite. Renji avait probablement dû mettre tout ce qu’il avait dans cette attaque. Il avait abandonné sa défense.
Il ne pouvait pas l’esquiver.
—Guh… ! grogna Renji.
Cela était sûrement dû à son armure. Il ne se fit pas tailler en deux. Cependant, cela restait un coup direct. Renji s’était fait renverser.
C’est un échec. Ça n’a pas marché, pensa Haruhiro.
Haruhiro ralentit et il était sur le point de s’arrêter. Moguzo, cela dit, n’était pas du même avis.
—Merci… !
Mais Moguzo était quelqu’un de courageux. C’était sa Taillade de Gratitude, ou son Choc de Rage. Il enfonça ses pieds dans le sol, et il balança son épée diagonalement vers le bas avec toute la puissance qu’il possédait.
Ce n’était pas une attaque-surprise. Zoran y était préparé. Il attendit le moment opportun, sans même s’ennuyer à utiliser ses épées pour intercepter le coup. Les lames de Zoran étaient plus rapides que celle de Moguzo.
Il trancha Moguzo sur son épaule gauche. Puis sur le haut de son bras droit, son avant-bras gauche, et sa hanche droite. Et ensuite, il se dirigea vers la tête. Son flanc gauche, puis le dessus.
Les armures et les heaumes en plaques sont aussi résistants, huh ? Pensa Haruhiro, soulagé. Il ne peut pas trancher à travers eux. Mais même s’il ne peut pas faire ça, je doute que Moguzo aille bien après avoir pris ça. Il des énormes entailles partout sur son armure. Mais bon, même s’il ne va pas bien, Moguzo n’est pas en train de faiblir. Il ne posera même pas un genou. Il se tient là comme si ses pieds étaient enfoncés dans le sol. Oh, je vois.
Garde de Fer.
La compétence d’armure lourde qui utilise armures et objets défensifs à leur maximum, et qui a pour résultat de faire rebondir les attaques ennemies.
Cependant, peu importe de la façon dont je les regarde, ces attaques ne se font pas repousser. C’est un passage à tabac pour lui. Est-ce qu’il peut résister à ça ? Bien que Moguzo soit très résistant, il ne pourra pas tenir bien longtemps. Dans ce cas… Il n’y avait qu’une chose à faire pour Haruhiro.
Son corps était déjà en mouvement. Haruhiro était un voleur. C’était un lâche qui était toujours en train de surveiller le dos de son adversaire, toujours en train de penser à comment passer derrière lui, et cette fois ne faisait pas exception.
Zoran se concentrait sur Moguzo. Il devait se demander pourquoi cet humain ne voulait tout simplement pas flancher. C’était étrange. Erroné. Il se pourrait même que cela l’effrayait. Il était aussi peut être devenu irrité et impatient.
Haruhiro chargea en direction du dos de Zoran.
La ligne ? Je peux pas voir cette chose, pensa-t-il. Ça n’a pas d’importance. Bien que j’ai une vague idée d’où frapper. Zoran porte une sorte d’armure rouge et un heaume de la meilleure qualité, mais il y a un petit espace entre les deux. Peut-être que je peux m’y faufiler ?
Zoran était grand, donc Haruhiro tint sa dague à revers, avant de frapper droit sur sa cible. Il visa la couture entre sa tête et son dos.
Il le poignarda.
À cet instant, le corps de Zoran se rigidifia.
Haruhiro sortit sa dague, prêt à l’enfoncer une nouvelle fois, quand le bras gauche de Zoran vint à lui et il se fit envoyer valser.
—Merci… ! beugla Moguzo.
Alors qu’Haruhiro était en train de rouler sur le sol, Moguzo déchaina sa Taillade de Gratitude et il frappa le bout de l’épaule de Zoran. Zoran asséna un coup de pied à Moguzo et il avait dû vouloir effectuer une retraite temporaire.
Je vais pas te laisser faire.
Haruhiro s’accrocha à la jambe gauche de Zoran. Zoran écrasa immédiatement la tête d’Haruhiro avec le talon de son pied droit, le faisant perdre connaissance pendant quelques secondes. Quand il revint à lui, Kajiko était en train d’échanger des coups avec Zoran. Ron était proche lui aussi. Adachi déchainait sa magie Kanon sur Zoran. Chibi-chan matraquait Zoran avec son bâton.
Ranta le trancha. Shihoru utilisa Battement des Ombres. Yume toucha Zoran avec sa machette. Même Merry utilisait son bâton de prêtre pour cogner Zoran.

À cause du coup qu’il avait reçu sur la tête, Haruhiro se sentait un peu ailleurs.
Huh, c’est un peu bizarre, pensa-t-il. Tout le monde est train de se défouler sur Zoran comme s’ils étaient possédés. Bah, je peux pas vraiment le leur reprocher. On a traversé une expérience terrifiante. Beaucoup de gens sont morts. Sérieusement, ce gars faisait tellement peur, c’était pas fun. Et maintenant Zoran git sur le sol, sans même résister.
Est-ce qu’il est encore en vie ? Je me le demande. Et ses intendants ? On dirait que quelques un d’entres eux ont essayé de sauver Zoran, mais ils se sont fait tuer. Vous savez, il n’y a pas tant d’intendants que ça. Non, c’est pas ça — on est plus nombreux.
Le reste des Anges Sauvages et quelques autres soldats volontaires qui s’étaient cachés surgirent. Ils encerclèrent les intendants de Zoran les uns après les autres avant de les battre à mort.
Haruhiro toucha le derrière de sa tête. Il était en train de saigner. Mais son visage était tout humide. Il semblerait que sa tête, son nez, ou sa mâchoire avait frappé le sol quand Zoran avait écrasé sa tête, et il était en train de saigner de cet endroit. Il avait du mal à respirer, alors peut-être que son nez était cassé.
—Ça suffit.
Renji se releva, se frayant un chemin entre Kajiko, les membres de la Team Renji, et du groupe d’Haruhiro. Ranta hurla quelque chose et il essaya de l’arrêter, mais Renji lui donna simplement un coup de poing. Renji attrapa l’Epée d’Ish Dogran. Personne n’eut le temps de le stopper. Il l’abattit, et il décapita Zoran.
—C’est fini, dit-il.
La pièce était silencieuse.
—Woooo ! applaudit quelqu’un.
Les quelques intendants restants crièrent quelque chose avant de charger les Anges Sauvages, dans le seul but de se faire massacrer.
—Haru !
Merry se précipita à ses côtés.
—Tu vas bien ?!
Haruhiro hocha la tête. Il essaya de dire quelque chose, mais il n’arrivait pas à parler.
—150 ! cria Ranta en sautant de joie.
—150 ors !
—Renji a asséné le coup final ! essaya de protester Sassa
—Ce sera un partage équitable ! cria Kajiko
Je ne pense pas vraiment que j’en ai quelque chose à faire, pensa Haruhiro. Enfin, non, ça m’intéresse. Je veux dire, c’est une fortune. On pourrait apprendre de nouvelles compétences, ou on pourrait partir des baraques et louer un endroit avec des portes qui ferment, ou on pourrait se commander de nouveaux équipements ; il y a un tas de choses qu’on pourrait faire avec. Nos objets défensifs commencent à être particulièrement abimés. On a besoin de les réparer ou de le remplacer. Oh, mais pas tout de suite je voulais dire.
Il semblerait que tous les intendants orcs avaient été tués. Une cascade de larme s’écoulait sur les deux joues de Shihoru tandis que Yume la tenait dans ses bras en lui disant,
—Là, là. Tu t’es bien battue. Super bien, tout en lui caressant la tête.
—Tu peux te lever ? lui demanda Merry.
Ouaiss, non, je peux pas.
Haruhiro était sur le point de dire ce mensonge, car il avait le sentiment que Merry allait être douce avec lui s’il disait ça. Mais il ne fit rien.
—Je peux y arriver, Ouaiss, dit Haruhiro en se levant.
—Mais bon, pour de vrai, avant que tu viennes m’aider…
Pourquoi est-ce qu’il reste planté là ? se demanda Haruhiro.
Tout le monde était en train de danser, de discuter, avait leur prêtre en train de les soigner, ou faisait quelque chose, mais Moguzo était juste planté là.
Quelque chose ne va pas, pensa Haruhiro.
Moguzo n’était pas en train de tenir son épée. Ses bras étaient ballants sur les côtés.
C’est incroyable qu’il puisse encore tenir comme ça, pensa Haruhiro. Je suis impressionné qu’il soit encore debout. Qu’il ait essayé de rester sur ses pieds. Particulièrement dans cet état. Genre, son heaume, il est pas juste écrasé, il n’existe carrément plus. Il y aussi du sang qui sort de là et là sur son corps.
Soudainement, Moguzo se mit à tomber lentement. Comme quand quelque chose de grand et d’imposant perdait soudainement son support et qu’il s’effondrait. C’était ce genre de chute.
Merry avala sa salive.
Haruhiro appela son nom.
—…Moguzo ?

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