Peu importait au final que les sept jours de formation aient été « amusants » ou non. C’était dans tous les cas, une information qu’il ne pouvait communiquer aux autres. N’importe qui pouvait choisir de quitter la guilde des voleurs, et à n’importe quel moment. Et si les huit pièces d’argent étaient payées, il pouvait alors rejoindre à nouveau la guilde. Cependant, ceux qui n’étaient pas instructeurs avaient interdiction d’enseigner ou même de parler aux éléments externes de la guilde des techniques de vol, d’assassinats, d’attaques-surprises, ou toute autre technique secrète.
Bien entendu, cette obligation de confidentialité s’appliquait également aux nouveaux élèves et concernait tout ce qu’ils apprenaient lors de leur entraînement. Haruhiro ne pouvait donc en parler à personne. Pas plus qu’il ne pouvait mentionner le surnom donné par son mentor. Il ne devait être connu et utilisé qu’au sein de la guilde des voleurs. Et cette règle arrangeait bien Haruhiro, uniquement parce qu’il avait hérité du surnom de « vieux chat ».
D’après maître Barbara, c’était à cause de ses yeux qui avaient toujours l’air à demi fermés, comme ceux d’un vieux chat. En y repensant, il fallait bien admettre qu’il y avait une part de vérité, mais ça ne justifiait en rien ce surnom.
Elle aurait pu lui en donner un plus poétique comme « panthère », « jaguar », « loup » ou encore « aigle ». N’importe quoi d’autre aurait fait l’affaire, tant que ce n’était pas « vieux chat ».
Quoi qu’il en soit, Haruhiro avait terminé ses sept jours d’entraînement, et était à présent un voleur confirmé. Confirmé, mais pas qualifié. Maître Barbara lui avait inculqué les règles de conduite et l’idéologie des voleurs, les bases du crochetage, ainsi que les grandes lignes en ce qui concerne le combat, et l’importance des attaques-surprises. Cependant, Haruhiro avait du mal à tout assimiler. Il faudrait qu’il utilise ces techniques fréquemment pour qu’elles deviennent un automatisme.
Quand le moment viendra d’apprendre de nouvelles compétences, il devra alors revenir à la guilde et suivre un autre entraînement avec Barbara. Et comme tout travail mérite salaire, il devra payer de nouveau.
Pour l’instant, les seules compétences qu’Haruhiro avait acquises étaient le crochetage et le combat. Mais à cause de son faible niveau de maîtrise, il ne pouvait dire si elles allaient être efficaces au moment opportun.
En tant que cadeau de fin d’entraînement, il avait reçu une vieille cape, une dague, un kit d’outil pour voleur de basse qualité, et une paire de vieilles bottes. Avec cet accoutrement, il ressemblait peut-être à un voleur, mais il n’avait pas leur dextérité pour autant.
L’entraînement draconien de maître Barbara avait fait comprendre à Haruhiro que le chemin pour devenir un voleur était ardu et exigeant. Haruhiro était au commencement de ce qui allait faire de lui un vrai voleur.
Est-ce qu’il allait s’en sortir ?
—Vieux chat, soupira-t-il en se dirigeant vers le lieu de rendez-vous.
Il était bientôt midi et la place du marché était noire de monde, mais seulement deux clients faisaient la queue devant l’échoppe de brochettes de Dory. Le premier portait une armure en cuir et une longue épée accrochée à sa ceinture. Il avait des cheveux totalement décoiffés et frisés. La seconde personne, une femme, avait un arc et un carquois sur le dos ainsi qu’un coutelas à la taille. Ses cheveux étaient noués en deux tresses uniformes.
—Ranta ! Yume !
—Hein ? Ranta tourna la tête vers Haruhiro.
—Humpf ! répondit Yume, s’étouffant presque avec la bouchée monstrueuse qu’elle venait de prendre sur sa brochette.
Revoir l’expression gaie de Yume ravit Haruhiro. Mais étonnamment, même revoir les cheveux en bataille de Ranta était source d’un grand soulagement. Ce fut une longue et éprouvante semaine d’entraînement. Maître Barbara avait beau être magnifique, son caractère démoniaque ne laissait aucun répit à Haruhiro.
Chaque nuit, alors qu’il s’écroulait sur sa paillasse crasseuse pour s’endormir sur le sol froid de sa cellule, il imaginait que tout le monde était dans la même galère. Cette pensée ne l’encourageait pas, mais lui donnait un sentiment de solidarité avec les autres.
—C’est vraiment horrible. Ça suffit.
Il avait formulé cette pensée à de nombreuses reprises. Ayant atteint les limites de son endurance et incapables d’en supporter davantage, Haruhiro avait plusieurs fois songé à s’enfuir. Mais sa peur de maître Barbara l’en avait dissuadé à chaque fois.
—Ranta ! Yume ! cria Haruhiro en courant vers eux tout en levant la main.
—Oh ? Ranta tapa dans sa main pour le saluer, mais il était clair à l’expression de Yume qu’elle n’avait aucune idée de quoi faire. La main d’Haruhiro ne salua alors que de l’air.
Cet élan de bonheur était-il de trop ? Un peu embarrassé, il se racla la gorge.
—Ça va vous deux ? Où sont tous les autres ?
—On va bien, j’imagine. Pour l’instant il n’y a que nous, répondit Ranta après avoir regardé autour de lui.
—Humpf ! Humpf ! dit Yume en se dépêchant d’avaler sa brochette, manquant encore une fois de s’étouffer. Elle commença à tousser.
Haruhiro se tourna vers elle.
—Yume, tout va bien ?
—Oui, j’ai juste avalé de travers…
—Il ne faut pas parler la bouche pleine. Tu devrais prendre ton temps. Avale d’abord, parle ensuite.
—J’ignore pourquoi, mais j’ai tendance à toujours vouloir manger le plus rapidement possible.
—Ah bon ?
—Mon maître de guilde me disait toujours : « Yume, tu devrais essayer de manger plus lentement ». Non, en fait il me disait plutôt : « Yume ! Mange moins vite ! » Ranta dévisagea Yume, dubitatif.
—Tu sais vraiment te servir de cet arc ? Si tu veux mon avis, tu es loin d’être une chasseuse.
—Tu doutes de mes compétences de tir à l’arc ?
Yume inclina sa tête et l’appuya sur une de ses mains.
—Mon maître de guilde m’a dit que je n’étais peut-être pas faite pour ça. Peu importe à quel point je m’entraînais, je ne m’améliorais pas vraiment.
—Mais un chasseur qui ne peut pas se servir d’un arc, ce n’est pas vraiment un chasseur, si ? Tous les chasseurs savent se servir d’un arc ! répliqua Ranta.
—Mais je veux un loup de compagnie, alors être chasseur me convient.
—Un loup, hein ? Haruhiro se frotta la nuque.
Apparemment, les chasseurs expérimentés étaient capables de dompter et de partager un lien unique avec des loups. Mais des vrais loups, pas des chiens sauvages. Haruhiro réalisa les avantages d’avoir un loup comme compagnon, et comprit vaguement les sentiments de Yume.
—Un chasseur inutile et un voleur. On est dans de beaux draps, jasa Ranta.
—Comme si tu pouvais parler, frisé, rétorqua Haruhiro.
—Ne m’appelle pas comme ça !
Une petite fille habillée d’un chapeau triangulaire et de vêtements uniformément noirs interrompit leur conversation. Elle se tenait juste derrière Ranta.
—Euh, excusez-moi…
—Oh ! cria Ranta de surprise en se retournant.
Le bord du chapeau de la fille était relativement long, et comme elle baissait la tête, son visage était totalement dissimulé. Après quelques secondes de réflexion, Haruhiro l’a reconnue :
—Shihoru ?
La fille acquiesça en silence. C’était bien Shihoru. Ranta ouvrit grand ses yeux, plaça sa main sur son torse et dit :
—Tu m’as fait peur en apparaissant derrière moi comme ça ! Tu es mage, mais tu as plus les caractéristiques d’un voleur.
—Je suis désolée. Personne ne m’avait remarqué et je ne savais pas comment vous aborder…
—Tu ne pouvais pas dire quelque chose de normal ? Comme « Eh » ou « Salut » !
—Je suis désolée. Je n’ai rien pu dire de normal… Je suis sincèrement désolée…
—Ne t’excuse pas ! Tu me fais passer pour le méchant !
—Au vu de la situation, dit Haruhiro tout en se plaçant entre les deux
—Tu es effectivement le méchant. Arrête de t’énerver contre elle.
—Oh, et toi, tu es le gentil Haruhiro ? Même si Shihoru les cache bien, on sait tous ce que tu veux : ses énormes seins !
—Quoi ? Cacher ?
Par réflexe, le regard d’Haruhiro glissa vers la poitrine de Shihoru. Shihoru enroula tellement vite ses bras autour de son torse, qu’Haruhiro ne put déterminer leur taille. Mais…
—Attends, mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Je ne suis pas censé regarder…
Il rougit.
—Désolé, dit-il en baissant la tête.
—C’est bon, répondit Shihoru.
—Tu les caches ! s’exclama Ranta en pointant Shihoru du doigt.
—Tu ne peux pas tromper ces yeux ! Ils peuvent voir à travers les vêtements !
Haruhiro lança un regard assassin vers Ranta.
—C’est quoi ce genre de compétence ?
—Ce n’est pas une compétence, c’est un don naturel !
—Shihoru, tes seins sont tellement gros… dit Yume, tenant sa propre poitrine.
—Ça doit être sympa d’avoir une poitrine généreuse. Moi je n’ai rien. Ça irait si j’étais mince, mais j’ai quelques bourrelets mal placés… C’est déprimant…
—C’est juste que… En fait…
Shihoru recula comme si elle essayait de disparaître.
—C’est juste que je suis grosse, voilà tout.
—Vraiment ? Tu n’as pas l’air grosse, répondit Yume.
—J’ai des vêtements plutôt amples. C’est pour ça que tu ne le vois pas…
Ranta marmonna :
—Shihoru, les autres filles doivent te détester.
—Pourquoi ?
—Tu n’es pas grosse, mais tu persistes à le faire croire. Les filles haïssent les autres filles qui disent être grosses quand elles ne le sont pas.
—Je ne voulais pas… Je…
—Les épaules de Shihoru commencèrent à trembler.
—Je voulais dire, je suis vraiment grosse…
—Attends ! dit Ranta, l’air embarrassé.
—Attends un peu… Il n’y a pas de quoi pleurer enfin.
—Je… Je ne pleure pas… Bafouilla Shihoru.
—Bien sûr que si ! Regarde tes larmes ! C’est évident que tu pleures !
—Tout va bien Shihoru, dit Yume, en la prenant dans ses bras.
—Ne pleure pas, je ne te déteste pas. Mais après c’est vrai que je ne te connais pas trop non plus…
Haruhiro ne put s’empêcher de faire une remarque.
—Ça… Ça ne la rassure pas vraiment, Yume.
—Quoi ? Vraiment ? Mais le corps de Shihoru est tellement parfait, doux et moelleux.
—Ah, ne me touche pas là… C’est très embarrassant…
—Vous deux !
Ranta respirait bruyamment. Très bruyamment.
—Vous êtes incroyables ! Continuez, bon sang ! J’en veux plus !
—Vous m’avez l’air tous bien excités, dit une voix familière.
Haruhiro se tourna vers le nouveau venu.
—Manato !
Manato portait une tunique à capuche bleue et blanche. Il tenait dans ses mains un bâton.
—On dirait que je suis le dernier à arriver.
Manato afficha un large sourire et les salua à tour de rôle.
—Je suis un prêtre, Haruhiro est un voleur, Yume une chasseuse, Shihoru un mage, et enfin Ranta un guerrier. Notre groupe semble prêt à partir.
—Pourquoi tu t’adresses à moi aussi familièrement ? Je ne suis pas comme Haruhiro, moi., dit Ranta en fronçant les sourcils.
—Tu préfères quelque chose de plus formel ?
—Que l’on me parle aussi familièrement me fout en rogne. Tu devrais m’appeler seigneur Ranta.
—Ah, ah. Non.
—C’était quoi ce « non » dédaigneux ? cria Ranta.
—De mon côté, tu peux m’appeler simplement Yume, dit l’intéressée.
—Shihoru me convient aussi, ajouta Shihoru.
—Merci, Yume et Shihoru, répondit Manato.
—Ouais ! s’exclama Yume en lui tapotant sur l’épaule.
Shihoru qui avait toujours l’air embarrassée, marmonna doucement quelque chose en réponse, mais Haruhiro n’avait pas réussi à comprendre.
—Manato !
Haruhiro leva sa main droite et Manato, changeant son bâton de main, vint frapper dans celle d’Haruhiro. Leurs paumes se rencontrèrent et produisirent un claquement satisfaisant. Haruhiro posa doucement sa main sur l’épaule de Manato.
—C’est bon de te revoir, Manato. C’était quoi déjà ton entraînement ? Formation de prêtre ?
—Oui c’est ça. Et comment c’est passé ton entraînement à la guilde des voleurs ?
—Du gâteau ! dit Haruhiro, avant de se raviser
—Non. En fait, c’était horrible… Mon mentor était horrible. Très belle, mais aussi très effrayante.
—Belle, hein ? Ça doit être sympa. Mon instructeur était un vieil homme sévère, à la voix tonitruante qui me donnait mal aux oreilles.
—Mal aux oreilles ? À ce point-là ? Il passait son temps à te crier dessus ?
—C’était à peu près ça. Mais j’imagine qu’il est né avec pour seul but de me crier dessus. Il était tout le temps en colère.
Haruhiro, malmené en permanence par maître Barbara, avait perdu toute confiance en lui. Ça avait été assez déprimant. Mais il semblait que l’expérience de Manato avait été assez similaire. Peut-être que c’était le châtiment infligé aux nouveaux venus. La pensée qu’il n’avait pas été le seul à subir cette expérience le réconforta. Ça ne servait à rien de déprimer après tout.
Grâce à Manato, il était à présent soulagé. C’était lui qui avait trouvé le système des guildes et qui les avait conseillés sur leur choix de guilde. S’il n’était pas là, que seraient-ils devenus ? Haruhiro préférait ne pas y penser.
—Je pense que c’est le bon moment, dit Ranta en soupirant, le visage fermé.
—En fait, j’ai une annonce à vous faire. Une annonce très importante.

Haruhiro fronça les sourcils.
—Comment ça ?
—Raconte ! dit Yume, toute impatiente.
Shihoru jeta un regard nerveux à Ranta tandis que Manato inspectait minutieusement l’équipement de Ranta. Ranta portait une armure en cuir et une épée longue usagée pendait à sa ceinture. C’était assez proche de la tenue d’un guerrier, mais quelque chose clochait.
Manato dit en se rapprochant :
—Mmm… Les guerriers ne devraient pas porter des…
—Écoutez-moi tous !
Ranta bombait tellement le torse qu’Haruhiro pensa qu’il allait tomber à la renverse.
—Je vous avais tous dit que j’allais devenir guerrier, mais j’ai changé d’avis ! Il est devenu évident que mes talents et mon génie ne seraient pas exploités dans la guilde des guerriers alors je ne les ai pas rejoints !
—Que…
Manato commença sa phrase, mais ne trouva pas les mots pour la terminer. Son visage blêmit. Haruhiro était aussi bouche bée. Après tout, selon les informations de Manato, il y avait deux classes indispensables dans un groupe : le guerrier et le prêtre. Le guerrier combattait en première ligne. C’était le bouclier qui faisait face aux ennemis avec force et courage. Le prêtre se chargeait de soigner le groupe et assistait ses compagnons pendant les combats.
Pour cette raison, Manato s’était porté volontaire pour devenir prêtre tandis que l’un des deux autres garçons devait devenir guerrier. Parce qu’il trouvait ça cool d’être un guerrier, Ranta s’était porté volontaire. Haruhiro avait donc rejoint la guilde des voleurs.
—Hein ?
L’expression de Ranta était complètement nonchalante.
—Un problème ? Vous êtes sous le choc ? C’est une super surprise, non ?
—On n’est pas sous le choc… dit Haruhiro en se massant les tempes.
—On est plutôt consternés. Pourquoi rejoindre une autre guilde sans nous en parler ?
—Un sentiment. Une intuition. Un pressentiment. Un sixième sens. Les dieux m’ont parlé : « Tu n’es pas fait pour être guerrier. Ce n’est pas pour toi. Tu mérites mieux que ça. »
Manato, ayant repris ses esprits face à cette nouvelle, prit la parole :
—Alors, tu as rejoint quelle guilde ?
—Regarde !
Ranta sortit un collier avec un pendentif en forme de crâne et le dirigea vers sa poitrine. Gravé dans le cuir du plastron, il y avait aussi un emblème en forme de crâne.
—Je suis un chevalier noir ! Gloire au Maître de la mort, gloire au Dieu ténébreux Skullheill !
Yume mit son index sur la lèvre inférieure :
—Un cavalier mort ?
—Non ! cria Ranta tout en postillonnant devant lui.
—Un chevalier noir ! Ça claque, hein ? C’est autre chose qu’un vulgaire guerrier !
Shihoru dit dans un murmure :
—Ne me dis pas que tu as choisi cette classe uniquement parce que le nom était cool…
—Uniquement ?
Ranta soupira de manière exagérée.
—Est-ce que j’ai besoin d’une autre raison ? Non, absolument pas. Aucune autre raison n’est valable, pas besoin d’en chercher d’autre.
Haruhiro voulait le frapper. Il était vraiment tenté de le faire. Mais quand bien même il l’aurait fait, cela n’aurait rien changé à la situation. Gardant son calme, il demanda confirmation :
—La guilde des chevaliers noirs a une règle spéciale, n’est-ce pas ? Une fois que tu as rejoint la guilde, tu ne peux plus la quitter. Si tu essayes, ils te traqueront.
—Une fois que le Dieu de la mort vous a embrassé, vous ne pouvez plus être embrassé par aucun autre dieu ! Voilà le commandement ! Compris ? Une fois qu’on est lié avec lui, on doit mourir avec lui ! dit Ranta.
Haruhiro demanda :
—Et qu’est-ce que les chevaliers noirs sont censés faire ?
—Je peux invoquer des démons !
Ranta leva son poing au-dessus de sa tête avant de le baisser avec un air dépité.
—Mais pas pour le moment. Pendant la journée, la puissance du Dieu de la lumière est trop importante.
—Alors tu peux seulement invoquer de nuit.
—Pour l’instant ! Mais si je ramasse des Vices, mon démon deviendra plus puissant !
—Et que peut faire ton démon ?
—Il me parle, m’informe quand des ennemis sont proches. Et une fois de temps en temps, il me sort une blague de démon !
—Quoi ?
—Quoi, quoi ? Chevalier noir est la meilleure classe pour moi !
—Tu as sans doute raison, opina Manato de façon sarcastique en se forçant à sourire.
—Ça te va à merveille !
—C’est vrai ? dit fièrement Ranta, ne comprenant pas le sarcasme de Manato.
—Quel garçon insouciant, pensa Haruhiro.
Ranta était sans doute heureux de sa situation, mais le résultat était désastreux pour le groupe. Étaient-ils des idiots pour compter sur un type comme lui ? Haruhiro baissa la tête.
—Oui, ils l’étaient.
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