Paramètres

Lecture personnalisée

CompactLarge

TransparentOpaque

Thème
Police d’écriture

ÉtroiteLarge

Accessibilité

Raccourcis clavier

←
Chapitre précédent
→
Chapitre suivant
S
Ouvrir ces paramètres
Échap
Fermer sans enregistrer

Inactifs pendant la saisie dans un champ (recherche, commentaire) et tant que ce panneau est ouvert.

Aperçu en direct. « Valider » enregistre sur cet appareil (connectez-vous pour les retrouver partout), Échap annule.

Épilogue

Traduction · MoonKissed, Relecture · Angeloids. Lecture ~11 min

Velladonna titillait la joue de Rogue, un parfum écœurant flottant à chaque mouvement. Rogue resta assis sur sa chaise, la laissant faire ce qu’elle voulait de lui.

—Tu es sûr ?

—Ouais, pas de problème.

—Quel gaspillage. J’avais tout prévu pour toi à ce poste de direction, espèce d’ingrat.

Il y avait un document officiel sur son bureau, demandant formellement qu’il reste affecté au sixième commissariat.

—Combien de fois as-tu failli te faire tuer ?

—Pas mal de fois.

—Rien ne garantit que tu survivras à la prochaine. C’est ta dernière chance de faire marche arrière.

Le ton mielleux avait disparu, et son regard le transperçait de part en part. Pour une fois, elle se comportait comme une chef de bureau.

—Ça me va. Envoyez n’importe qui d’autre à ma place, ce ne sera qu’un gaspillage de ressources humaines.

Velladonna haussa un sourcil.

—Tu es bien sûr de toi.

Rogue se contenta de hausser les épaules.

Elle prit le document à côté de sa lettre.

—Celui-ci a également été approuvé.

—Ouais, ils la laissent rester.

—Hum. Elle aurait été exilée, mais c’était une chance de s’en aller. Les tensions montent entre les deux grandes maisons nobles, et elles ne feront probablement pas cette offre une deuxième fois.

L’incident Chronos avait exacerbé la querelle entre les maisons. Au point que même les officiers subalternes en parlaient.

—Je ne comprends pas comment pensent les sorcières, murmura Velladonna. Rogue était tout à fait d’accord.

Ils terminèrent la paperasse, et Rogue quitta le bureau du chef.

Dans l’ascenseur, il appuya sur le bouton du rez-de-chaussée et s’adossa au mur. Il n’y avait personne d’autre que lui. Les parois de verre offraient une vue imprenable sur les rues animées d’Elayl. Les voitures défilaient sur les routes comme des globules rouges, et les gratte-ciel se dressaient telles des épingles sous le soleil de midi, scintillant comme s’ils cherchaient à attirer l’attention.

La lumière lui faisait mal aux yeux, alors il les protégea avec sa main. Sa manche glissa, dévoilant le collier noir à son poignet gauche.

Un collier.

Cela faisait deux semaines depuis le dénouement de l’affaire Lifetaker.

Ils avaient fouillé l’entrepôt de Chronos mais n’avaient trouvé que le collier de Miseria et quelques lambeaux de ses vêtements. Tout le reste avait été réduit en cendres.

Une fois que la police scientifique eut terminé son travail, Rogue avait tiré quelques ficelles et obtenu le collier. Lui-même ne savait pas vraiment pourquoi il l’avait voulu ; peut-être était-il simplement sentimental. Il n’avait pas l’intention de l’exhiber, alors il le gardait généralement à l’intérieur de sa manche.

Il n’avait aucune idée de ce qu’était devenu Chronos après la Lecture. Les deux grandes maisons nobles gardaient le silence à ce sujet. Mais d’après ce qu’il avait vu, l’homme n’était guère en bonne santé.

……Le retour de karma.

La punition était à la mesure du crime. Il se demandait si cela s’appliquait à tout le monde.

Il arriva au rez-de-chaussée et quitta le bâtiment, chassant ces pensées futiles de son esprit. Il savait très bien que de nombreux malfaiteurs ne payaient jamais le prix.

Sur le parking, il trouva une jeune fille qui attendait près de la voiture. Lorsqu’elle aperçut Rogue, ses yeux s’illuminèrent.

—Bienvenue à la maison, inspecteur ! s’écria Catherine.

—On est loin de ça.

—Mais il y avait quand même une chance que tu quittes le sixième commissariat ! Je veux dire… Catherine ne termina pas sa phrase, l’air fuyant.

—Si tu es au courant, alors retiens-toi.

—Ah-ha-ha… Elle gloussa maladroitement.

C’est comme transporter une bombe partout, pensa Rogue.

Mais c’était sa décision de ne pas signaler la trahison de Catherine à Velladonna.

Ils montèrent dans la voiture. La conduite de Catherine était très inquiétante, alors il prit le volant.

Elle s’installa à côté de lui, tournant ses pouces. Se remémorant sans doute la nuit de l’incendie.

Ils venaient tout juste de s’échapper de l’entrepôt en flammes.

Catherine se réveilla dans ses bras, crachant du sang.

—D-Détective…

—Attends un peu, on t’emmène à l’hôpital !

—L-laisse-moi ici ! Pas d’hôpital… Je mérite de mourir ! supplia-t-elle. Tant que je serai en vie, je serai obligée de trahir les gens. M-mais je ne veux plus être une traîtresse ! S’il te plaît… laisse-moi mourir.

—Pas question, rétorqua Rogue.

—Pourquoi… pourquoi pas ? Pourquoi tu ne me laisses pas mourir ?

—Je ne te propose pas de t’aider à te suicider. Tu vas vivre et te repentir. On a des crimes à résoudre. Ne crois pas que tu t’en tireras aussi facilement.

—C’est… tellement injuste ! gémit Catherine, le visage décomposé. Maintenant, je dois vivre !

Elle attrapa ses épaules.

—Je t’ai trahi !

—Ouais, et j’en ai souffert.

—…… Je suis sûre que je le referai. J’essaierai de ne pas le faire, mais je ne peux rien promettre.

Witches Can’t Be Collared, Tome 1, Épilogue — illustration

—Je ne suis pas fan.

Elle leva les yeux vers lui à travers ses cils.

—… Alors pourquoi tu me pardonnes ?

Il ne pensait pas vraiment lui pardonner, mais il fit semblant pour l’instant.

—Eh bien, quelqu’un d’autre m’a fait changer d’avis. Je me fiche de ce que vous pensez, les sorcières : je ne suis pas encore prêt à abandonner.

Catherine baissa la tête en grinçant des dents.

—… Tu vas vivre dans la peur pour ta vie. Ça ne te dérange pas ?

—Et alors ? Je vais vous faire travailler jusqu’à l’épuisement, sorcières ou pas. Dès que tu seras remise, tu reprendras le travail.

Cela sembla enfin la convaincre.

—……Je veux être là quand tu mourras, dit Catherine. D’ici là, je me rendrai utile.

Comme il aurait aimé qu’elle plaisante, mais Catherine pensait clairement chaque mot.

Mais quand elle y réfléchit, c’était comme si un escroc disait à sa victime qu’il s’apprêtait à lui faire une arnaque. Réalisant cela, Catherine rougit et devint très nerveuse. « Je veux être là quand tu mourras » était une déclaration assez gênante.

Ils roulèrent encore quinze minutes, et alors qu’ils approchaient du sixième commissariat, il reçut une alerte sur son téléphone de la part de Velladonna.

Un meurtre sur un terrain de golf dans le Troisième Quartier. L’auteur avait utilisé un sort d’un genre qu’ils n’avaient jamais vu, elle demandait donc l’aide du sixième commissariat.

Bon sang, pas de repos pour les méchants.

Un officier de petite taille aux cheveux noirs leur servait de guide sur le terrain de golf. Peut-être était-il un débutant, car sa voix se brisait.

—Par ici !

Un golfeur gisait sur le green.

—Je n’ai aucune idée de ce qui se passe !

Le corps de l’homme recouvrait tout le green. Le même corps, répété, disposé soigneusement comme un puzzle.

Un sort de duplication ? Mais dans quel but ? Non, les sorts de duplication ne peuvent pas copier quoi que ce soit de biologique, alors qu’est-ce que cela pourrait bien être d’autre ?

Alors que Rogue fronçait les sourcils, l’officier balbutia :

—Euh, hum… c’est vous qu’on appelle Bloody Rogue ?

—Ouais, c’est bien moi.

Il avait presque oublié ce nom.

—Euh… — l’Officier s’inclina — Je suis un fan ! Je peux avoir votre autographe ?

—Hein ?

Rogue était abasourdi.

—Je tiens un album avec toutes les affaires que vous avez résolues, inspecteur ! Vous faites un travail formidable. Je vous respecte vraiment !

—D-d’accord…

L’officier avait une carte en papier coloré et un stylo. Tout était prêt pour son autographe.

Rogue jeta un coup d’œil à Catherine, mais celle-ci demandait aux techniciens de la police scientifique où se trouvaient les toilettes. Peut-être que les cadavres l’avaient rendue malade. L’officier l’emmenait, et les autres policiers sur les lieux étaient occupés à numéroter les corps, à quelque distance d’eux.

La lueur dans les yeux de cet officier fit taire les réticences de Rogue. Personne ne regardait — autant en finir.

—Pourquoi pas ?

Il prit le stylo, en retira le capuchon, et tandis qu’il signait la carte, l’officier demanda : « Euh, c’est un collier ras-du-cou ? », en désignant le poignet de Rogue.

Le collier dépassait de sa chemise.

—Ouais… un cadeau d’un ami.

—C’est plutôt mignon.

Rogue acquiesça et reporta son regard sur la carte.

—Bon, comment tu t’appelles ? Je devrais l’adresser à toi ?

—Oh, désolé, j’avais complètement oublié !

Du coin de l’œil, il vit l’Officier s’incliner à nouveau.

—Je m’appelle Miseria ! Si vous pouviez écrire “Miseria, continue à travailler dur !” dessus, ce serait génial !

Son cœur fit un bond.

—Mis… eria ?

Il leva les yeux.

—Ouais ! C’est moi !

L’officier ôta sa casquette d’un geste brusque, puis saisit ses cheveux noirs et les balaya d’un coup. Les cheveux blancs cachés sous la perruque se déchaînèrent.

Rogue se figea sur place.

—Le chat vous a mangé la langue, inspecteur ? demanda l’officier en retirant des lentilles de contact colorées. Des yeux bleus le transpercèrent. Continuez à bouger les mains ! Mieux vaut faire signer ça avant que quelqu’un d’autre n’arrive.

La voix de l’officier avait complètement changé, passant du timbre d’un jeune homme à celui d’une fille.

—Ou bien tu ne signeras pas à moins que je t’appelle Rogue ?

—…… Tu es censé être morte.

—Hmm. Je m’attendais à ce que tu verses des larmes de joie ! Sa voix était rauque.

—…… Je ne pleure pas.

—Ohhh ! Même si tu as transformé mon collier en souvenir ? Un “cadeau d’un ami”, c’est ça ?

—……Tais-toi.

—Je ne savais pas que tu avais une si haute opinion de moi. Je suis touchée !

Miseria gloussa. Ce ton moqueur était clairement celui de la sorcière. Rogue poussa un long soupir.

—…… Tu as des explications à donner.

—Bien reçu ! Tout d’abord, je suis bien morte. Mon corps s’est effondré en poussière ; aucun sort de guérison n’aurait pu m’aider. Alors pourquoi vais-je bien comme un poisson dans l’eau ? Tu devines, Rogue ? Miseria était clairement déterminée à le faire participer.

Elle était sans aucun doute finie. Si elle revenait de ça… Une résurrection ? Rogue se sentit soudain très bête. Pourquoi n’avais-je rien remarqué ?

Miseria devina le fil de ses pensées.

—Tu as compris ?

—Ouais. Tu t’es gravé le mot « Contrôle » sur toi-même, c’est ça ? Une fois morte, tu as inversé le cours du temps, restaurant ton corps. Il lui tendit la carte dédicacée. C’est ça ?

—Tu as tout compris ! Miseria l’applaudit avec un sourire malicieusement éblouissant. Contrairement aux incantations, un sort lancé via un sigil pouvait être activé après un certain délai. Si elle donnait des ordres au sort à l’avance, celui-ci se déclencherait même si elle était morte. Et maintenant ? Tu m’en veux ?

Miseria scruta son visage.

—Chut.

Il connaissait la réponse, mais cela ne lui semblait pas juste. Quelque chose le tracassait au fond de son esprit. Pourquoi Miseria n’avait-elle pas lancé Contrôle alors qu’elle était encore en vie ? Si elle était si certaine que Contrôle pouvait la guérir, pourquoi s’était-elle laissée mourir d’abord ? Miseria avait choisi de mourir, mais dans quel but ?

Miseria se contentait de sourire, en l’observant. Il y avait autre chose. Elle avait un objectif en tête. Quelque chose qu’elle devait mourir pour accomplir. La réponse était sur le bout de sa langue.

Il leva la main gauche, repoussant ses cheveux en arrière. L’objectif n’était probablement pas si compliqué. Quelques mots suffiraient à l’exprimer. Avant que les autres flics n’arrivent.

Quelque chose de simple… qu’une sorcière comme Miseria voudrait…

Son regard se posa sur son poignet. Et il eut sa réponse.

Rogue soupira.

—Tu t’es laissée mourir pour te débarrasser du collier ?

—Bien joué, dit Miseria avec un sourire narquois.

Avec le recul, c’était évident. Le collier ne s’ôterait que lorsqu’elle serait morte. Pour s’en débarrasser, elle devait mourir. Le mobile était encore plus évident : le collier la privait de son pouvoir et de sa liberté. Personne n’aurait laissé passer une chance de s’échapper.

—Alors, si tu tenais tant à me faire sortir de là, c’était pour que je ne voie pas le collier tomber quand tu mourrais ?

—Tu es malin, mon garçon. Exactement, dit Miseria. J’avais réussi à te faire oublier le collier, mais si tu l’avais vu rouler au loin, tu aurais très bien pu deviner mon intention.

Elle s’était attendue à ce qu’il tente de la sauver. Depuis combien de temps avait-elle planifié cette ruse avec le collier ? Il se sentait trahi — et sa langue et sa gorge étaient très sèches.

C’était bien une sorcière.

—… C’était ton but depuis le début ?

—Et alors ?

—… Je croyais que tu détestais les menteurs.

—C’est vrai.

Miseria s’éloigna en sautillant joyeusement. Puis elle se retourna vers lui.

—Je me suis vraiment bien amusée avec toi. C’est pour ça que je suis venue ici. Rogue ne dit rien.

Au lieu de cela, il fit un pas vers elle. Elle ne semblait pas vouloir bouger.

—Tu ne t’enfuis pas ?

—Tu ne m’arrêtes pas ?

Encore une fois. Elle continuait de le tester.

Rogue se mordit la lèvre et s’approcha suffisamment pour l’attraper.

—… La marionnettiste Miseria. Tu es en état d’arrestation.

—Vas-y.

Miseria tendit ses poignets. Comme si elle était sérieuse.

Échapper au collet n’était-il pas son but ? J’ai mal à la tête. Argh, elle est tellement…

Rogue se tourna vers sa gauche, en direction du champ de cadavres. Il ne pouvait plus voir le visage de la sorcière.

—Rogue ? Elle semblait perplexe.

—Tu voulais partir, non ? Vas-y, file. Avant que je change d’avis.

—Euh, non, j’étais plutôt là pour profiter de ta perplexité.

—Ma décision est prise. Dégage.

Elle semblait sincèrement déconcertée, et il en profitait.

C’est le bon choix.

—… Tu es bien trop gentil, dit-elle.

Puis elle lui saisit la mâchoire, lui tournant le visage vers elle, et il sentit ses lèvres sur les siennes. Son esprit se fit le vide.

Witches Can’t Be Collared, Tome 1, Épilogue — illustration

—C’est pour te remercier.

Miseria s’écarta, mais son visage était encore si proche qu’il pouvait compter ses longs cils.

—Hé-hé. Tu as une drôle d’expression. Elle lâcha son menton.

—Qu-qu-qu’est-ce que tu… ? balbutia Rogue, l’esprit en train de redémarrer. T-tu ne peux pas juste…

—Ce n’est pas si grave. Tu es tellement inexpérimenté ! Ça ne me dérange pas de t’apprendre une chose ou deux, Rogue.

—M’apprendre quoi ?!

Il éleva un peu la voix, et elle se couvrit les oreilles et se mit à marcher.

—Je m’inquiète pour ton avenir. Comment vas-tu t’en sortir, alors que tu es encore si novice ?

—Laisse-moi tranquille !

—Oh, d’accord. Garde un œil sur Catherine. Je lui ai infligé un million de punitions, mais ses problèmes sont profonds. C’est tout le conseil que j’ai à te donner, vraiment. Le reste dépend de toi.

—Attends !

Miseria se cacha derrière un arbre. Il fit mine de la suivre, et elle passa la tête à nouveau, lui adressant un sourire timide.

—Peut-être que tu m’attraperas la prochaine fois. J’ai hâte !

Ouais, c’est ça.

On ne peut pas mettre un collier à une sorcière.

Fin

Commentaires

Laisser un commentaire