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Épilogue

Passer le temps dans une caverne artisanale

Traduction · Angeloids, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~11 min

Trois heures s’étaient écoulées, et la nuit était tombée sur la forêt. Mais dans cette obscurité, il y avait un essaim de lumières vacillantes, indubitablement issues des torches du Saint Empire qui nous cherchait encore.

—Ouf, ils travaillent vraiment pour leur paie, marmonnai-je.

—Je sais, n’est-ce pas ?

Nous chuchotions l’un à l’autre tout en regardant les soldats nous traquer désespérément. Quelle était notre position ? À la surface d’une montagne, surplombant l’immense forêt.

Quand le sifflet d’alarme avait retenti, nous avions couru à toute allure à travers les bois un moment, mettant de la distance entre nous et eux. Puis nous étions tombés sur cette montagne rocheuse, nous avions grimpé et creusé. Après avoir creusé sans relâche un moment, nous avions aménagé une pièce dans un endroit offrant une vue dégagée sur les bois et fermé l’entrée avec des blocs de pierre. La surface était un peu inégale, mais elle était assez large, et l’air frais faisait du bien. Nous avions ramassé du bois en chemin, ce qui nous avait donné une chaise, une table et un lit.

Après avoir vérifié les choses par la fenêtre, je proposai à Melty de la fermer pour le moment.

—Ça me paraît bien, dit-elle.

Je la fermai avec une planche de bois, m’assurai qu’il n’y avait pas d’espace, puis sortis une torche pour éclairer la pièce. Même s’il s’agissait d’une torche normale qui dégageait du CO₂, on avait un peu d’aération en plus de la fenêtre, donc on n’avait probablement pas de problème côté air.

—Alors, qu’est-ce qu’on fait ? demanda Melty. Je n’aurais vraiment pas pensé qu’ils nous poursuivraient après avoir vu cette évasion.

—Ouais, eh bien… On peut toujours faire profil bas jusqu’à ce que les choses se calment.

Ils ne pouvaient pas continuer à chercher éternellement. Il y avait des monstres dans les bois, et une chasse aussi intensive demandait de l’endurance. S’il y avait des victimes, ils auraient besoin de fournitures médicales, et plus ils enverraient de soldats sur le problème, plus ils auraient besoin de fournitures. Leur plus gros problème, c’était évidemment que, tant que nous étions terrés dans notre abri de montagne, ils rentreraient les mains vides chaque jour, et leur moral baisserait inexorablement.

—Cela dit, poursuivis-je, ce n’est pas comme s’il fallait qu’on se contente de rester assis à se cacher d’eux.

Melty acquiesça.

—Je pense qu’on peut quand même se permettre de faire profil bas pendant un jour. On a marché trois jours d’affilée.

—Tu as raison, je suppose.

Mes muscles ne me faisaient pas mal et je n’avais pas encore d’ampoules aux pieds, mais mes jambes étaient lourdes après avoir marché six heures par jour pendant trois jours. Il n’y avait quasiment aucune chance qu’ils trouvent cet endroit, c’était donc parfait pour se reposer. Il ne me restait plus qu’à utiliser les matériaux que j’avais récupéré du bois pour fabriquer un coussin, une couverture ou autre, et rendre l’endroit plus habitable.

—Tu veux dîner ? demandai-je à Melty.

—Bien sûr. Quel est le menu d’aujourd’hui ?

J’avais des tonnes de nourriture et de plats prêts dans mon inventaire. Rien ne pourrissait là-dedans et je pouvais garder les choses bien chaudes, donc j’avais fabriqué beaucoup de choses et je les avais mises de côté.

—Hum… Voyons voir… Que dirais-tu d’un pain moelleux, d’une soupe à la tomate avec des rouleaux de cabbaj, et de quelques fruits frais ?

Je déposai sur la table une corbeille de pain, des bols profonds de soupe rouge contenant des rouleaux de cabbaj, et une assiette de fruits ressemblant à des pommes et à des raisins.

—Ouah, ça a l’air génial.

Melty posa un regard heureux sur le buffet que j’avais sorti du néant. Je sortis aussi un seau d’eau pour qu’on puisse se laver les mains, et un chiffon propre pour les sécher.

—Au fait, n’est-il pas temps de faire notre point régulier ? me rappela-t-elle.

—Oh, bonne idée.

Je sortis le communicateur golem de mon inventaire et commençai à émettre vers celui que j’avais laissé à Lime et aux autres.

—Ici Kousuke. Vous me recevez ?

Je ne tardai pas à recevoir une réponse.

—Ici Poiso. Parfaitement.

D’habitude, les filles étaient occupées 24 heures sur 24, mais comme les humains du château de Merinisburg se taisaient généralement la nuit, elles avaient un peu de temps libre pour s’amuser. Leur dernière distraction était de me parler à l’aide du communicateur golem.

—Tout va bien ici ! envoyai-je à Poiso. On a eu un petit problème aujourd’hui.

—Comment ça ?

—On devait s’arrêter dans ce village, mais il était occupé par le Saint Empire. Ils nous ont trouvés suspects et voulaient nous arrêter, mais on s’est enfuis. Ils nous cherchent dans les bois.

—Ça va ? Tu as l’air si calme.

—Oui, lui assurai-je. J’ai creusé un trou dans une montagne voisine et j’en ai fait une pièce confortable où on se cache. On a scellé l’entrée, personne ne nous trouvera.

—Ils vous cherchent sans savoir qu’ils ne vous trouveront jamais ? C’est dommage pour eux.

Même à travers le communicateur, je voyais qu’elle ne ressentait aucune empathie. Poiso était probablement ravie que les soldats du Saint Empire gaspillent leur énergie pour rien.

—On va se reposer ici demain et surveiller les soldats à l’extérieur. S’ils abandonnent, ça sera beaucoup plus facile de bouger.

—Je vois. Eh bien, n’y va pas trop fort, et trop intensément.

—Euh, quoi ?

—Je parle à Melty, dit Poiso.

Je levai les yeux et vis Melty qui souriait.

—Sérieusement ? lui demandai-je, incrédule. À un moment pareil ?

—Kousuke, dit-elle.

—Oui ?

—Je me retiens depuis trois jours.

—O-oh.

—On a marché ensemble tout ce temps, n’est-ce pas ? Et je t’ai vu sérieux, souriant, riant, apathique, frustré… gêné parce que tu pensais à moi… J’ai vu tant de facettes différentes de toi. Et puis hier et avant-hier, on a dormi dans le même lit, mais on n’a rien fait.

—Eh bien…

Il était difficile de se mettre dans l’ambiance pour ce genre d’activité quand les murs des auberges bon marché étaient si minces.

—Et aujourd’hui, tu as dit à ce soldat que j’étais ta propriété, ajouta Melty.

—…En effet, je l’ai dit.

Et je l’ai dit avec la plus grande confiance. Tout à fait naturellement. Comme si j’y croyais.

—Plutôt méprisable, même pour moi.

—Peut-être, mais ça m’a rendue heureuse, donc je ne vois pas le problème.

Les yeux de Melty devinrent dorés. Elle me regardait intensément.

—Alors, tiens tes promesses, me dit-elle. D’accord ?

À ce moment-là, elle était un prédateur à part entière. Un loup déguisé en brebis.

—Alors je vous laisse tous les deux, dit Poiso, et elle coupa l’appel.

Tout devint silencieux, et ces yeux dorés et brillants me transpercèrent depuis l’autre côté de la table.

—…Après qu’on aura mangé, dis-je.

—Youpi !

Le lendemain était arrivé.

Mis à part ce qui s’était passé la veille au soir, Melty était collée à moi depuis le matin. Elle était, genre, complètement scotchée à moi. Totalement. En fait, notre chaleur corporelle combinée rendait l’ambiance étouffante. Hum, tu n’as pas chaud ? J’ai essayé de lui suggérer ça, mais elle avait eu l’air sur le point de fondre en larmes.

Il n’y avait pas grand-chose à faire face à la nouvelle manie de Melty de se coller à moi, donc je la laissai faire et installai mon établi et ma station de forge, puis je me mis au travail pour produire des matériaux de construction et des objets de niveau intermédiaire. J’avais le sentiment qu’on allait passer la nuit dans des abris souterrains et des logements temporaires dans un futur proche, donc je devais m’y préparer.

Je posai mon équipement à un endroit d’où je pouvais observer la forêt en contrebas tout en bricolant. Pendant ce temps, Melty gémissait joyeusement et venait me caresser le visage de temps en temps. Ça aurait fait mal si elle avait encore eu ses cornes.

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 3, Épilogue — illustration

Ce qui me rappela qu’il fallait que je trouve un moyen de les remettre en état. Je me jurai de le faire. Améliorer mon établi de médecine serait un bon point de départ.

—C’est difficile de voir les soldats en plein jour, commentai-je.

—Hum ? Vraiment ? dit Melty. Je trouve plutôt facile de repérer la lumière qui se reflète sur leur armure entre les arbres.

—Mes yeux ne sont pas terribles, d’accord ?

Mais apparemment Melty les voyait, donc peut-être que ça n’avait rien à voir avec nos yeux et plus à voir avec mon sens de l’observation ?


—Vous ne les trouvez pas ?

—Pas du tout. Hannes soupira et secoua la tête. Pas la moindre trace.

Il devait avoir l’air aussi déconfit parce qu’il n’avait pas réussi à attraper cette satanée overlord. Parce qu’il avait laissé une belle femme lui glisser entre les doigts. Je le voyais.

Même si nous l’attrapions, une overlord comme elle pouvait déchirer un être humain sans le moindre effort, donc je ne voudrais m’en approcher pour rien au monde. À bien y réfléchir, je n’avais jamais dit à Hannes à quel point les overlords étaient dangereuses. Mais si je l’avais fait, il n’aurait pas voulu la chercher, donc j’avais pensé qu’il n’y avait pas de raison de le faire.

Et la suite ? J’avais déployé les soldats pour observer comment notre proie allait réagir, mais nous n’avions réussi à débusquer que quelques monstres. Une overlord devait être capable d’abattre des dizaines de soldats en un instant, et pourtant ils n’engageaient pas le combat avec nos hommes. J’aurais juré qu’ils s’étaient enfuis dans les bois pour nous tailler en pièces petit à petit.

L’homme qui était avec l’overlord avait dit qu’il n’était pas possible de quitter le village sans tuer quelqu’un. Pouvaient-ils vraiment ne pas avoir prévu de tuer qui que ce soit chez nous ? Cela dit, il nous avait avertis de ne pas les suivre. Était-ce une menace ?

—Hum… Hannes.

—Oui, capitaine ? Vous avez pensé à quelque chose ?

Il arbora un sourire dégoûtant. Sans doute en imaginant ce qu’il ferait à l’overlord s’il l’attrapait. Il fallait que je trouve un moyen de l’éloigner d’elle, si jamais nous arrivions à mettre la main sur elle. Il avait beau être une ordure absolue, il était toujours utile. Trop utile pour être perdu.

—Rappelez les équipes de recherche et envoyez ces soldats à Bagenat. Mettez en place des inspecteurs, lui ordonnai-je. Si tu ne veux pas perdre la femme, fait vite.

—Compris.

Hannes partit en courant, haussa la voix et transmit mes ordres aux autres hommes.

J’avais mes propres affaires à régler. Il fallait que je fasse savoir à l’arrière que nous déplacions l’unité. C’était une petite unité, mais déplacer un peloton d’humains exigeait toutes sortes de formalités et de préparatifs. Quant à savoir si nous parviendrions à jeter un filet décent avant l’arrivée des cibles, seul le Seigneur Adol le savait.

Quoi qu’il en soit, l’information selon laquelle il y avait une overlord parmi les ennemis était extrêmement importante. Si on les laissait se déchaîner, notre ligne de ravitaillement pourrait être anéantie. Il fallait élaborer un plan et découvrir ce qu’ils préparaient. Normalement, une petite unité comme la nôtre poursuivant une overlord serait une mission suicide, mais nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Bon sang.

—Si seulement… murmurai-je pour moi-même, tournant mon regard vers les Montagnes de Solel.

La plupart des gens n’envisageraient même pas de s’y aventurer, mais une overlord ? Peut-être…


—Je pense qu’il est encore trop tôt pour qu’ils aient abandonné, murmura Melty en contemplant la forêt sombre et silencieuse.

Ils étaient beaucoup plus calmes que la veille. Avaient-ils renoncé à essayer de nous trouver ?

—Je doute sincèrement que ce type aux yeux de serpent abandonne si vite, dis-je.

—Je suis d’accord. Il a sûrement fait un autre mouvement.

—Hum… Et qu’est-ce que ça pourrait être ?

—Eh bien… Melty réfléchit un instant.

Je tournai mon attention en direction du village, et vis qu’il faisait beaucoup plus sombre que la veille. Melty remarqua la direction de mon regard.

—C’est sûr qu’il fait sombre là-bas.

—C’est vrai. Ils ont peut-être déplacé l’escouade, hasardai-je.

—Dans le village suivant, je parie.

—Je suis d’accord.

—Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Nous ne pouvions pas baisser notre garde face à ce type. Très franchement, je préférerais qu’on n’ait plus du tout affaire à lui.

—Traversons les Montagnes de Solel, dis-je.

—Cet endroit ? Ce ne sera pas dangereux ?

—Si, beaucoup plus. Mais c’est une meilleure option que de naviguer sur des terres contrôlées par le Saint Empire alors qu’ils nous ont à l’œil.

—Et ils n’ont pas l’air de vouloir s’arrêter de sitôt, raisonna Melty.

Je me rappelai le visage de l’enfoiré soldat qui nous avait barré la route, et celui de l’homme aux yeux de serpent. Tous les deux m’avaient paru du genre tenace. Ce serait un vrai calvaire s’il fallait gérer ça pendant tout le voyage. Si ça tournait mal, une autre escouade pourrait s’en mêler, et ça transformerait la situation en épreuve encore plus grande.

—Oh, bon. Va pour les Montagnes de Solel, conclus-je. On est d’accord sur la direction ?

—En gros, oui. Je pense qu’on pourra voir Arichburg depuis le sommet de la montagne, donc ce ne sera pas un problème.

—Compris. Une fois la montagne franchie, on devrait pouvoir émettre vers Arichburg. Je pense que ça ira.

En termes de nourriture et d’eau pour deux personnes, on devrait avoir de quoi tenir des années. Je pourrais sans doute fabriquer du matériel d’escalade si nécessaire. Honnêtement, la perspective de traverser le Solel ne m’inquiétait pas vraiment. Les monstres étaient un problème, mais Melty était avec moi, et j’avais mes fusils.

Ce qui voulait dire qu’il était temps de commencer à fabriquer du matériel. Je savais très bien qu’il fallait traiter les montagnes avec un respect appuyé. J’avais joué à plein de jeux de survie qui impliquaient ce genre de chose.

D’abord, les vêtements. Il nous fallait des vêtements solides et chauds. Il fallait aussi des aliments transportables et des médicaments pour ne pas dépendre entièrement de mes compétences. Si je tombais et perdais connaissance, tant que je n’étais pas mort, Melty pourrait utiliser une potion de vie sur moi et nous remettre sur les rails. Et s’il y avait des monstres dans le coin, nous pourrions être séparés en combat. Il fallait absolument que je fabrique des sacs à dos.

Et puis il y avait les chaussures. Il nous fallait des chaussures d’escalade solides. Les sandales que portait Melty n’allaient pas suffire.

—Melty, qu’est-ce que tu veux comme arme ?

—Pour quoi faire ?

—Il y a plein de monstres sur le Solel, n’est-ce pas ? Tu n’auras pas besoin d’une arme pour te battre ?

—Hum… Melty prit un moment, puis secoua la tête. Non, mes poings me suffisent. C’est comme ça que je me bats.

—Hein, d’accord.

Je pourrais peut-être lui fabriquer des gantelets ou un truc du genre ? J’avais ouvert le menu d’artisanat de mon établi modifié. Hum… Que pouvais-je faire avec les ressources limitées à ma disposition ? Mes yeux balayèrent rapidement le menu d’artisanat qui occupait l’intégralité de mon champ de vision, tandis que je commençais à planifier le voyage du lendemain.

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