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Chapitre 8

Le Début soudain de ma vie de survie : Jours 8

Traduction · Angeloids, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~1 h 29

BONJOUR À TOUS, C’EST KOUSUKE. J’ai trop joué avec Sylphy hier soir, et elle a fini par lancer sa propre contre-attaque. Il n’y avait pas si longtemps, Sylphy était totalement inexpérimentée, alors où avait-elle appris de tel mouvement ? Je ne pouvais que supposer que Melty était la coupable puisqu’elles passaient beaucoup de temps ensemble.

Quoi qu’il en soit, nous avions prévu de partir à la chasse aux gizmas aujourd’hui. Nous devions être prêts à tout. Pendant que Sylphy préparait le petit déjeuner, je rassemblais tout ce que j’avais fait et j’en avais profité pour fabriquer rapidement une attelle avec mon l’établi amélioré.

Vous savez, celle que l’on utilise pour soigner les os cassés et les entorses.

Si vous vous demandiez pourquoi j’avais fabriqué un tel objet, c’est parce qu’il s’agissait d’un élément essentiel dans les jeux de survie où les fractures et les entorses étaient monnaie courante. Elles avaient tendance à être des debuffs terribles. Votre vitesse et votre capacité de saut étaient considérablement réduites, et selon le jeu, vous pouviez même subir des dégâts en glissant. Le fait de ne pas pouvoir se déplacer aussi rapidement rendait la fuite devant des créatures hostiles d’autant plus difficile ; c’est un moyen infaillible d’obtenir son billet pour l’au-delà.

En général, on obtient ce genre de debuff en tombant d’un endroit élevé, mais dans certains jeux, des créatures hostiles pouvaient aussi en être la cause. Mieux vaut prévenir que guérir.

—Kousuke, le petit déjeuner est prêt.

—J’arrive !

Nous avions mangé du pain fraichement cuit – essentiellement du naan – des légumes et des champignons hachés épicés bouillis avec des haricots. C’était un peu comme un chili ? Je ne me souvenais pas que le chili contenait des champignons, mais c’était tout de même assez savoureux.

J’avais mis le pain et le pot de chili dans mon inventaire pour le déjeuner, avant de prendre mon matériel d’artisanat et de partir vers le rempart. À notre arrivée, nous avions vu les réfugiés s’entraîner afin d’être prêts à faire face aux attaques. Ils portaient tous un équipement hétéroclite ; la seule partie uniforme de leur équipement était les arbalètes.

—Bonjour à tous, dit Sylphy.

—Bonjour, répondirent les réfugiés à l’unisson.

Ils n’avaient pas l’air d’un groupe sinistre. En fait, le moral semble étonnamment élevé. Danan la salua avec sa politesse habituelle.

—Bonjour, Votre Altesse.

—Bonjour. Kousuke ? Sylphy me jeta un coup d’œil.

—Aye, Aye, Ma’am.

J’avais déjà placé une table et j’y déposais tous les carreaux d’arbalète.

—Je ne pourrai pas tout étaler ici. Mais je suppose que cela va de soi.

—Attends un peu. Nous devons faire les choses dans l’ordre, alors pourrais-tu les distribuer par paquets de 500 ? dit Melty.

—Oh, bien sûr.

J’avais suivi ses ordres et lui remis les paquets. Après les avoir comptés, elle partit les distribuer aux réfugiés.

Ce n’est pas facile d’être responsable.

Les réfugiés mettaient leur part de carreaux dans des carquois ou les enveloppaient d’une ficelle et les mettent dans des sacs.

C’est vrai. Ils ont besoin de quelque chose pour les transporter. J’ai été stupide de l’oublier.

—J’ai aussi fabriqué d’autres arbalètes améliorées, ajoutai-je.

—Je les prendrai avec le reste des arbalètes normales que tu as.

Il me restait 250 arbalètes et 15 arbalètes améliorées, que je remis également à Melty. Ce fut la dernière chose que j’avais à lui donner.

—Si l’une des arbalètes ou l’un des carreaux est endommagé ou tordu, assurez-vous d’en rapporter autant que possible pour que je puisse les réparer.

—Je le ferai. Je sais à quel point les pointes de flèches sont précieuses.

Melty acquiesça et s’approcha de Danan. Elle laissa la gestion des autres objets que j’avais apportés à ses aides, ce qui signifiait que mon travail ici était terminé, et je retournai donc auprès de Sylphy. Cuvi était avec elle, arbalète à la main.

—Yo, je vais rester avec toi aujourd’hui.

—Nous nous déploierons en équipes de trois. Toi, Cuvi et moi formerons une équipe, expliqua Sylphy.

—Je vois. Quel est notre ordre de marche ? demandai-je.

—Cuvi sera l’avant-garde, je serai au milieu et tu seras l’arrière-garde.

—Pourquoi cela ?

—Cuvi est rapide et ses sens sont aiguisés. Même si les gizmas prennent l’avantage sur nous, il ne se laissera pas abattre d’un seul coup.

—Tu n’as pas tort. Sinon, je ne serais pas arrivé jusqu’ici, dit Cuvi en haussant les épaules.

C’était logique. Il était celui qui avait le plus de chances de survivre à un combat avec les gizmas, puisqu’il était parvenu jusqu’à la Forêt Noire en parfaite santé.

—Une fois que Cuvi aura engagé un gizma, je le couvrirai. Je suis la plus forte au corps à corps, dit Sylphy.

—Je veux bien le croire.

Surtout si l’on considérait la façon dont elle avait réussi à mener ce gizma par le bout du nez avant de le démembrer.

—Et comme tu as le moins d’expérience en combat rapproché, je te mets à l’arrière. Ton arbalète est faite pour l’arrière-garde, où tu peux tirer rapidement.

—Je ferai de mon mieux pour ne pas rater ma cible.

Tirer sur la mauvaise chose avec l’arbalète améliorée ne serait pas une partie de plaisir. La tenue moulante de Sylphy était résistante, mais elle ne ferait pas le poids face à la puissance de perforation de cet engin.

Après avoir confirmé nos rôles au sein de l’escouade, Danan nous avait donné un bref briefing sur la façon dont nous devrions donner la priorité à nos propres vies plutôt qu’à l’élimination de n’importe quel gizma. Il nous avait dit de récupérer autant de carreaux que possible et de ramener les arbalètes si elles se cassaient, mais qu’il était inutile de perdre nos vies pour cela, et que nous ne devions donc pas prendre d’énormes risques pour tout récupérer. Les harpies étaient déjà en train de faire du repérage dans les airs, mais il y avait une chance que les gizmas se dirigent vers les frontières du village.

—Ils sont vraiment rapides, n’est-ce pas ? demandai-je.

—Oui, dit Danan.

—Ils ont envahi le pays beaucoup plus vite que nous ne l’avions prévu. Au rythme où ils vont, ils nous atteindront ce soir dans le pire des cas, mais très probablement demain. Je frémis à l’idée de ce que nous ferions si tu n’étais pas là.

—Je suis d’accord. Sans toi, nous serions en train de tout laisser tomber pour nous enfuir dans les profondeurs de la forêt à l’heure qu’il est, acquiesça Melty.

—Je suis heureux d’avoir pu vous aider, dis-je.

De nombreuses personnes étaient venues nous voir partir, y compris des enfants, des personnes âgées et des personnes souffrant de blessures incurables. Savoir que ces personnes me considéraient comme leur sauveur d’un destin cruel et implacable me rendait fier.

—On dirait que Danan a terminé son briefing. Allons-y, dit Sylphy.

—D’accord, répondis-je en hochant la tête.

—Parfait. Alors, mes chers survivants, on se met en route ?
demanda Cuvi en hochant la tête en retour et nous menant dans la forêt.

Comment les arbalètes allaient-elles se comporter au combat ? Elles nous donneraient certainement un avantage, mais j’étais quand même un peu inquiet.


Après avoir traversé la forêt pendant environ une heure, Cuvi leva la main et s’arrêta. Il nous jeta un coup d’œil en arrière et nous indiqua la direction à suivre. Je n’avais d’abord rien vu, mais en observant le sol de plus près, j’avais remarqué que des feuilles mortes avaient été écartées de façon anormale, laissant le sol nu. Confirmant que nous avions détecté la présence d’un gizma, il lâcha son arbalète d’une main et ramassa un rocher qu’il envoya sur la zone dénudée.

Au moment de l’impact, le corps gigantesque du gizma jaillit du sol, soulevant une pluie de terre avec lui. C’était donc ça, l’embuscade caractéristique du gizma dont m’avait parlé Sylphy ! Oui, il n’y avait pas moyen de s’en sortir sans dommage si on était pris dans une telle embuscade. C’est comme si on se faisait renverser par un petit camion.

—Je vais le contourner. Tu l’attaques pendant que tu recules, ordonna Sylphy.

—Aye aye, ma’am, répondis-je en plaçant un carreau dans l’arbalète et en visant.

—SKREEEEE ?!

Avant que je ne puisse tirer, un carreau de l’arbalète de Cuvi transperça profondément la base du cou du gizma.

Alors, ils ressentent aussi la douleur, hein ?

Il tressaillit avant de s’arrêter de bouger.

—Joli coup ! m’exclamai-je alors que Cuvi tomba à la renverse.

J’avais pris place juste devant le gizma et j’avais tiré un carreau. Il vola et se planta en plein dans le centre de son visage. La flèche s’enfonça si profondément que je ne pus plus voir la mèche. Le gizma trembla. Ça dut lui faire très mal.

—Hé, Kousuke ! Ne traîne pas devant ! C’est trop dangereux ! cria Cuvi.

—Je sais.

Ce n’est pas comme si j’avais pris cette position sans plan ; j’étais bien conscient de sa charge.

—GRAAAAAAAAAAH !

Dans une dernière tentative futile pour nous arrêter, le gizma se précipita sur moi à une vitesse incroyable. Ha ha ha. C’était vraiment un insecte stupide, qui n’agit que par instinct.

—Hup.

J’avais posé un mur de briques d’un mètre cube juste en face de moi.

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 1, Chapitre 8 — illustration

Puis il y eut un grand ker-thunk !

—C’est sale, dit Cuvi.

—Je n’ai rien pu faire, se plaignit Sylphy.

Je ne voyais rien, mais j’entendais leurs commentaires sur la mort du gizma.

Pour être honnête, je ne pensais pas que cela fonctionnerait aussi bien, me dis-je en plaçant la carcasse du gizma dans mon inventaire.

—Normalement, je laisserais ce genre de choses à M. Wood Spikes, mais je n’étais pas sûr que cela fonctionnerait sur quelque chose d’aussi grand, dis-je.

—M. Wood Spikes ? Qui est-ce ? demanda Sylphy.

—Ceci.

J’avais posé le piège à pointes de bois que j’avais fabriqué précédemment. Chaque piège avait des morceaux de bois pointus et tranchants qui en sortaient, il fallait donc les aligner sur le sol. Il s’agissait d’un outil fiable dans ce jeu de survie zombie où vous aviez une semaine pour survivre, alors à l’époque sur internet, nous appelions notre bon copain M. Wood Spikes. Ces piquets rivalisaient avec des chausse-trappes en termes de puissance défensive.

—Tu as raison, je ne pense pas que cela aurait suffi à l’arrêter, acquiesça Sylphy.

—Je ne suis pas sûr qu’il aurait pu percer la carapace du gizma non plus, dit Cuvi.

Ils avaient tous les deux raison.

—Oui, il faudrait probablement qu’il soit en métal ou quelque chose comme ça.


J’avais sorti ma pioche pour ramasser mes blocs de briques. J’avais prévu de placer ces pointes de bois à l’extérieur des remparts. Je pouvais les fabriquer sans utiliser de station d’artisanat, alors j’en avais fait beaucoup.

Par la suite, je fis tomber les gizmas l’un après l’autre en utilisant ma stratégie de bloc de briques. Cuvi les débusquait, et à nous deux, nous faisions la première attaque. Ensuite, j’interceptais sa charge avec les blocs, et si cela ne suffisait pas à l’achever, Sylphy arrivait pour donner le coup de grâce.

Environ la moitié des gizmas avaient trouvé la mort en s’écrasant contre les briques ; même si ce n’était pas suffisant pour les tuer, c’était en tout cas assez douloureux pour les arrêter, et c’était donc une mise à mort facile pour Sylphy.

—Cela n’a jamais été aussi facile auparavant, s’émerveilla Sylphy après que nous ayons tué notre huitième.

—Je doute que nous ayons la moindre chance de perdre tant qu’ils ne nous prennent pas par surprise, déclara Cuvi.

Du point de vue des gizmas, je parie que notre tactique sortait tout droit d’un cauchemar : après s’être fait douloureusement agresser, ils s’attaquaient à nous avec leur charge mortelle, dans un élan de rage, avant de se heurter à un mur stupidement solide, sorti de nulle part. Je suppose que Cuvi avait raison de dire que nos tactiques étaient sales.

—Ha ha ha ! J’ai encore d’autres sales tours dans ma manche.

Si seulement nous avions le temps, je pourrais installer des sites remplis de pièges à une certaine distance du village. Pour l’instant, le mieux que je pouvais faire, c’était d’ajouter des épines aux murs et de creuser une douve sèche au fond de laquelle se trouveraient M. Wood Spikes et tous ses amis. Naturellement, de nombreux soldats armés d’arbalètes y seraient déployés. Les troupes auraient certainement besoin d’un passage souterrain, ou peut-être d’un passage aérien pour se replier une fois les défenses franchies.

Hm ? Attendez une minute, la gravité affecte-t-elle mes blocs ? Il faudrait que je vérifie.

—Pourquoi construis-tu un mur sans prévenir ? demanda Sylphy.

—Je fais une expérience.

J’avais empilé deux blocs de bois verticalement et j’avais cassé celui qui était en bas.

—Ahh, je vois. C’est donc comme ça que ça marche ici.

Le bloc qui se trouvait au sommet était figé en l’air. Il ne bougeait pas, même en le poussant ou en le tirant.

—Cuvi, suis-je trop fatiguée ou est-ce que je vois quelque chose de bizarre en ce moment ? demanda Sylphy.

—Je le vois aussi, donc je pense que ça va aller, dit Cuvi.

—Ha ha ha. On va pouvoir faire une base dans le ciel.

La question était de savoir si ce bloc continuerait à flotter. Si mon pouvoir avait une sorte de porter limité, alors la base pourrait soudainement tomber et se briser. J’avais décidé de tester une limite de poids, j’avais donc placé un autre bloc de bois à côté de celui qui était déjà en l’air, ainsi qu’un bloc de briques.

—Ok, ça ne tombe pas, me disais-je en essayant de monter sur le bloc et de sauter dessus.

Il était aussi stable que la terre ferme. Il ne bougeait pas du tout. Mon bref flirt avec l’idée de construire un château dans le ciel était revenu, d’autant plus tentant maintenant.

—Mais même si je le faisais, il faudrait un moyen facile de s’y rendre et d’en revenir, comme la téléportation ou une sorte d’avion.

—Désolé d’avoir été si long. Qu’est-ce que vous avez tous les deux ? Pourquoi avez-vous l’air si fatigués ? demandai-je.

—Rien, juste… maintenant j’ai l’impression de savoir pourquoi Ira crie toujours « absurde » et « illogique » autour de toi, répondit Cuvi.

—Je comprends.

—Ne sois pas d’accord avec lui. Et dire que je m’étais juré de ne pas me laisser déstabiliser par tes absurdités… murmura Sylphy.

Après mon expérience, nous avions repris la chasse aux gizmas et réussi à en attraper trois autres avec les blocs de briques lorsqu’un événement inattendu s’était produit.

—Hm ?

Les oreilles de Cuvi se dressèrent soudainement, et il regarda dans une autre direction. J’avais suivi son regard, mais je n’avais rien remarqué d’anormal.

—Qu’est-ce qui ne va pas

—J’entends des gizmas hurlaient et pas seulement un ou deux.

—Peut-être qu’il y a une escouade qui s’occupe d’un groupe d’entre eux. Allons voir ce qu’il en est, dit Sylphy.

—Compris. Je vais ouvrir la voie, dit Cuvi en se mettant à courir.

Je me demandais si nous pourrions nous contenter de foncer comme ça, sans nous soucier des conséquences. Sylphy n’avait rien dit, alors je m’étais tue et je les avais suivies. Après une dizaine de minutes de course, nous étions tombés sur un endroit où plusieurs arbres avaient été réduits en éclats. Le travail des gizmas, bien sûr.

—C’est tout près, dit Sylphy.

—Par-là, dit Cuvi en pointant son doigt.

Si près de l’action, même moi, je pouvais entendre le bruit des arbres qui se brisaient et les hurlements des gizmas.

D’ailleurs, comment ces choses peuvent-elles hurler ? On dirait qu’ils n’ont pas de cordes vocales.

—Les Voilà ! Vise bien et essaie d’attirer l’attention de l’ennemi ! ordonna Sylphy.

—Compris, dit Cuvi.

—Je m’en occupe !

Nous avons continué à courir et nous étions tombés sur un groupe de trois gizmas. Il y avait plusieurs soldats réfugiés que je n’avais pas reconnus qui se battant contre eux. L’un ressemblait à un homme-écureuil, un autre était une Lamia portant ce qui semblait être un homme-lézard enroulé autour de sa queue, tous courant à toute vitesse pour échapper aux gizmas qui les poursuivaient.

Ma meilleure hypothèse était que l’homme-lézard avait été blessé, et qu’ils étaient tombés par hasard sur ces autres gizmas en tentant de battre en retraite — une scène bien trop familière dans n’importe quel jeu de survie, où un groupe d’ennemis persistants rejoint d’autres ennemis pendant que leur proie les entraîne partout sur la carte. Le l’homme-écureuil semblait essayer de gagner du temps en attirant leur attention vers les arbres.

—Je les couvre, annonçai-je en interceptant le gizma qui poursuivait le Lamia et le blessé.

—Qu’est-ce que tu fais ?! s’exclama la Lamia, surprise.

—Ne t’inquiète pas pour moi, replie-toi !

Le gizma me chargea immédiatement, alors je plaçai des briques puis commençai à reculer, construisant un mur horizontal entre nous et lui. J’avais utilisé la commande saut pour me hisser au sommet du mur. Le gizma avait déjà cessé de bouger lorsque je l’avais visé et tiré.

—SKREEEEEE ?!

J’avais dû toucher un point critique, car le gizma s’étaitraidi d’un bond. Je tirai un autre boulon, ce qui l’acheva. Il était facile de voir qu’il était mort, car son corps avait soudainement été signalé comme quelque chose que je pouvais mettre dans mon inventaire.

Je vis Sylphy enfoncer son kukri dans le cou du deuxième gizma. Cuvi et l’homme-écureuil tirèrent sur le dernier, qui avait l’air considérablement affaibli. Je tirai sur lui depuis le haut du mur en guise de renfort.

—SKREEEE !

Après trois carreaux, le dernier gizma rendit son dernier soupir.

Oui, ces arbalètes semblent très efficaces contre eux.

J’avais décidé de ramasser les carcasses des gizmas plus tard et je m’étais précipité vers la Lamia. Elle examinait les blessures de l’homme-lézard un peu plus loin. D’après ce que je pouvais voir, la jambe droite de l’homme lézard avait été blessée – elle était pliée dans une direction peu naturelle et couverte de sang. Je pouvais même voir des os dépasser.

—Une fracture ouverte, dis-je.

Heureusement, j’avais l’attelle et les potions de vie sous la main. Ira avait donné son accord pour les potions, alors je voulais tester et voir … Heu je veux dire, aider la pauvre chose.

—Je vais te guérir. Cela pourrait faire mal, mais essaie d’endurer, dis-je dit.

L’homme-lézard acquiesça en silence.

—D’accord.

Hmm, Pas de microexpressions faciales ou de sueur ici, alors ça risque d’être difficile à gérer.

J’avais sorti de l’eau potable de mon inventaire et j’avais commencé par laver les blessures. L’homme lézard n’avait même pas gémi lorsque je l’avais fait – il devait être très résistant.

—Et maintenant, je vais prendre l’attelle et… voilà !

Alors que je tenais l’attelle en gardant un œil sur la jambe cassée, je vis un pop-up qui disait « Utiliser ». J’avais sélectionné le pop-up et mon corps se mit automatiquement en mouvement pour placer l’attelle et enrouler le bandage autour d’elle.

—A-attend ! Il faut d’abord soigner l’os cassé ! protesta la Lamia alors que je posais le bandage.

—Je sais, je sais.

J’étais d’accord avec elle, mais je m’étais dit ça marcherait très bien comme ça.

—Gwuh ?! Whoa ?!

L’homme lézard cria de douleur ; à la seconde où j’avais terminé le bandage, l’os cassé commença à se réparer, comme s’il revenait tout seul à la normale. Franchement, c’était dégoûtant à regarder. À l’entendre, la guérison devait être un véritable enfer, mais ce n’était pas vraiment un problème ici. Ha ha ha. Une fois la jambe revenue à la normale, l’attelle brilla puis disparut, comme si elle s’était cassée ou quelque chose comme ça.

C’était bizarre.

—Cela ces guéris tout seul, dit la Lamia, incrédule.

—Il doit s’agir d’une sorte de magie sacrée. Je ne comprends pas très bien moi-même, dis-je.

—Tu ne sais pas comment ça a marché ?!

Je balayai les plaintes de la Lamia et sortis une potion de vie. Après des blessures aussi graves, l’homme-lézard avait sans doute besoin d’une potion plus puissante.

—Ce médicament a été approuvé par Ira. Bois.

J’avais fait sauter le bouchon et je lui tendis la potion.

—D’accord, dit l’homme-lézard avant de boire son contenu sans hésitation.

—Quel goût ça a ?

—Un peu amer… Hmm ?!

—Qu’est-ce qui ne va pas ?

—La douleur a complètement disparu.

L’homme-lézard se redressa, fit quelques pas pour tester la jambe guérie, puis pesa de tout leur poids dessus.

—C’est guéri !

La Lamia était ébranlée.

—Hein ?! Mais ta jambe avait été mutilée !

—Mm-hmm, mais maintenant c’est guéri.

L’homme-lézard essaya de sauter. Cela semblait aller. Était-ce que c’est moi, ou était-ce que l’attelle et la potion de vie semblaient un peu trop puissantes ? Sylphy et tous les autres s’approchèrent alors que la Lamia tremblait.

—Tes blessures… semblent aller mieux maintenant ? dit Sylphy.

—Quoi ? ! Mais tu étais dans un sale état ! Quel genre de magie as-tu utilisée ? demanda l’homme-écureuil.

—Il m’a soigné et m’a donné une potion. Merci beaucoup. J’avais peur qu’ils soient obligés de l’amputer.

L’homme lézard, qui avait un visage impassible, me fit une révérence en guise de remerciement.

—Pas de problème. Je suis content d’avoir pu aider.

—C’était si grave que ça ? demanda Sylphy.

—Pire que vous ne pouvez l’imaginer ! L’os sortait tout droit !, insista l’homme écureuil.

—Vraiment ?

Sylphy et Cuvi avaient tous deux l’air dubitatifs. Oui, je ne l’aurais pas cru non plus si je ne l’avais pas vu de mes propres yeux. L’homme-lézard était maintenant là, sautillant comme un fou.

—Nous ne savons pas si tu as récupéré tout le sang que tu as perdu, alors je pense qu’il vaudrait mieux que nous retournions au village, au cas où, suggérai-je.

—D’accord. Combien de gizmas avez-vous réussi à abattre ? demanda Sylphy à l’escouade.

—Deux.

—En comptant les trois que nous venons d’attraper et ceux de tout à l’heure, cela fait treize au total. Je dirais qu’aujourd’hui est un succès. Retournons au village.

—D’accord, je vais nous préparer à nous retirer, dis-je.

J’avais placé les blocs de briques et les carcasses de gizmas dans mon inventaire, avant de prendre tous les six pris le chemin du village. Nous avions tué deux autres gizmas en chemin, soit quinze au total.


—Je suis heureux que vous soyez tous rentrés sains et saufs, dit Danan à notre arrivée.

—Nous pensions passer pour déposer un combattant blessé, mais il a déjà été soigné, expliqua Sylphy.

Aucun gizma ne semblait être arrivé au village pour le moment.

—Nous avons appris des choses pendant que nous étions là-bas, ajouta Sylphy.

—Qu’est-ce que c’est ? demanda Danan.

Le reste d’entre nous les suivit jusqu’à notre lieu de rencontre habituel. C’était le seul endroit où il y avait une table et des chaises ; nous n’avions pas beaucoup d’autres options.

—Sommes-nous les seuls à être revenus ? demanda-t-elle.

—Pour l’instant, oui.

—Je vois. Je pense qu’il serait préférable que tu leur transmettes de nouveaux ordres à leur retour.

—Pourquoi donc ?

—Eh bien…

Notre équipe avait réussi à prendre un bon rythme, mais c’était uniquement grâce à ma tactique avec les blocs et aux prouesses de Sylphy en combat de mêlée. Selon Zarda – l’homme lézard – et les deux autres membres du groupe, les arbalètes avaient blessé les gizmas, mais ils n’avaient pas assez de puissance de feu à eux trois.

Ils utilisaient des arbalètes ordinaires, selon les propres termes de l’équipe :

—Cela perce leur armure, d’accord, mais il faut plus de dix carreaux chacun pour en abattre un – plus ou moins selon la chance que l’on a aux tires.

—Avec trois personnes, on peut placer environ deux tirs avant que le combat se transforme en course à pied, ce qui peut attirer d’autres gizmas.

Sylphy résuma leurs conclusions à Danan.

—Je vois, dit Danan.

—Je pense que ce serait plus sûr si les gens voyageaient par groupes de six au lieu de trois.

—Je crois que vous avez raison. Très bien, je vais leur donner cet ordre.

—S’il te plaît, fais-le.

Danan se leva de sa chaise pour donner l’ordre quand je remarquai qu’il traînait son pied droit en marchant. C’est alors que l’inspiration me vint à l’esprit.

—Attends une minute, dis-je.

—Qu’est-ce qu’il y a ? Je dois donner l’ordre le plus rapidement possible.

—Donne-moi quelques minutes. J’aimerais que tu t’asseyes à nouveau pour que je puisse examiner ta jambe.

Danan me jeta un regard perplexe, mais s’assit quand même. Je m’approchai de lui et sortit l’attelle de mon inventaire.

—On ne peut pas réparer ça avec une attelle. Tu veux te moquer de moi ? dit Danan, plein d’indignation.

—Maintenant, laisse-moi faire, le calmais-je tandis que j’observais son pied.

Elle était là : la fenêtre contextuelle « Utiliser ». Sans attendre, je l’avais sélectionné pour placer l’attelle et j’avais commencé à envelopper sa jambe avec le bandage automatiquement.

—C’est inutile, hein ?!

Toutes sortes de bruits secs et de craquements provinrent de sa jambe bandée. Danan se renfrogna un instant, puis le bruit cessa, l’attelle se brisa et elle disparut. L’expression de Danan reprit son air sévère habituel.

—Qu’est-ce que tu as fait ?

—Je t’ai soigné. Tiens, bois aussi ce médicament.

Je sortis une potion de vie inférieure et je la lui avais tendue. Danan hésita un instant avant de se ressaisir et de boire d’un trait.

—Ce n’est pas aussi amer que je le pensais.

—Très bien. Alors, comment se sent ta jambe ?

—La douleur a disparu.

Danan se leva, plia sa jambe blessée et recommença à la fléchir et à l’étendre. Elle semblait aller bien.

—J’ai l’impression qu’une fée m’a joué des tours.

—Réjouis-toi que tout aille mieux maintenant. Vas-y, mets-toi au travail.

—Hmph. Je suppose que tu as raison. Je te remercierai plus tard.

Danan se retourna et partit en courant. Il semblait plus vif qu’auparavant.

—Tu as soigné la jambe de Danan ? Rien qu’avec cette chose ? dit Sylphy émerveillée.

—Ça pourrait même marcher sur les pieds et les bras aussi, dis-je.

Je l’avais fait sur un coup de tête, car il pouvait guérir les entorses et les fractures. À l’époque, je ne savais pas si cela fonctionnerait, mais je m’étais dit que si nous pouvions guérir les blessés, nous devrions le faire. Cela nous donnerait une plus grande force de frappe et améliorerait mes relations avec la communauté.

Moi, Kousuke fera tout ce qui est en son pouvoir pour lécher les bottes de tout le monde, tant que cela garantit que personne n’essaiera de me tuer !

—Hmm. Cuvi ? dit Sylphy.

—Oui. Je vais tous les chercher.

—Merci. Kousuke, que faire… ?

—À propos de quoi ? demandai-je.

—Je ne sais pas si c’est une bonne idée de t’emmener avec nous à la chasse aux gizmas. S’il y a un accident et que nous te perdons, tous ceux qui pourraient être sauvés seront perdus.

—Pour être honnête, j’ai envie de me battre. Je crois que j’ai une autre capacité qui se renforcera en battant des monstres.

—Vraiment ?

Oh, c’est vrai, je n’ai pas du tout parlé à Sylphy des niveaux, des compétences et des réussites.

J’avais jeté un coup d’œil à mes statistiques et constaté que j’étais au niveau 9 maintenant.

C’est bien, j’ai gagné trois niveaux pendant que nous étions là-bas !

—Je n’ai pas la capacité de fabriquer des objets, mais cela me rend physiquement plus fort, expliquai-je.

—Cuvi, combien de temps penses-tu qu’il faudra pour ramener tout le monde ? demanda Sylphy en reportant son attention sur Cuvi.

—Je ne pense pas que cela prenne trop de temps. Je sais où ils devraient tous être.

—D’accord. Nous irons à nouveau à la chasse après le déjeuner. Tous ceux qui sont sortis devraient déjà être de retour. Il se peut que d’autres personnes aient été blessées, nous allons donc les traiter du mieux que nous pouvons, puis ils pourront repartir après la réorganisation des groupes.

—Compris

Pendant que nous attendions Cuvi, j’avais demandé à Sylphy ce que je devais faire des gizmas que nous avions tués avec l’équipe de Zarda. Cela ne me demanderait probablement pas beaucoup d’efforts si c’était moi qui les démembrais, mais je ne pourrais obtenir que sa carapace, sa viande, ses glandes à venin et ses tendons. Si nous le faisions à la main, nous pourrions obtenir des choses comme ses organes internes et les extrémités de ses griffes, donc même si cela prenait plus de temps et d’efforts, cela en valait la peine.

—Nous nous en moquons tant que nous avons notre part, déclara Lianess, la Lamia.

—Oui, acquiesça Zarda.

—C’est vrai. Mais nous n’avons pas besoin de viande, n’est-ce pas ? Il doit y en avoir des tonnes, puisque notre part équivaut à deux gizmas. Si nous la partageons entre nous, la plus grande partie sera probablement gaspillée, fit remarquer Nakul, l’homme écureuil.

Il n’avait pas tort : le gizma que Sylphy et moi avions tué avait suffi à nourrir tous les réfugiés. La plus grande partie de la viande était sûre de pourrir s’ils la partageaient entre eux trois. Apparemment, la viande de gizma se gâtait vite.

—C’est un bon point. Devrions-nous les donner à Melty pour que tout le monde puisse en manger ? suggérai-je.

—Bien sûr, répondit Nakul.

J’avais décidé de démembrer l’un des gizmas de mon inventaire et de leur remettre la viande, les glandes à venin et les matériaux acquis. Cependant, j’avais bien plus de gizmas dans mon inventaire – y compris les huit que nous avions tués pendant notre partie de chasse et les deux autres que nous avions attrapés sur le chemin du retour.

Naturellement, nous n’avions pas pu récupérer les deux gizmas que Zarda et son équipe (je ne pouvais le savoir, mais il s’avéra que Zarda était une femme) avaient vaincus avant que nous ne les rencontrions, de sorte que leur part avait été de deux gizmas sur les cinq que nous avions battus.

—D’accord, je déduirais les carapaces, les glandes à venin, les tendons et les antennes de deux gizmas, dis-je.

J’en démembrai deux et commençai à étaler les matériaux sur le sol. J’avais placé les glandes sur deux assiettes de bois.

—Je n’arrive pas à croire qu’il y en ait autant. Je vais nous chercher un chariot, dit Nakul.

—Je viens avec toi, proposa Zarda.

—Je vais rester ici et faire le guet, dit Lianess.

Ils commencèrent à réfléchir à la façon dont ils allaient gérer les matériaux, alors Sylphy et moi avions décidé de confier la viande à Melty. Il était normal de lui confier la gestion de ces ressources.

—Et la part de Cuvi ? demandai-je à Sylphy.

—Il en reste onze, je crois ? Donc quatre pour Cuvi, sept pour nous.

—D’accord.

J’avais démembré notre part de gizmas. Maintenant, je n’aurais plus à m’inquiéter de ne pas avoir assez de tendons et de carapaces. Nous avions également une quantité ridicule de viande de gizma. Nous nous étions renseignés sur Melty ; après quelques minutes, nous l’avions finalement trouvée portant une lourde boîte. Elle était plus forte que je ne le pensais.

—Oh, Votre Altesse ! Déjà de retour ?

—Oui, nous aidions un ami blessé à revenir. Nous avons obtenu une grande quantité de viande de gizma, alors j’aimerais que tu la distribues, dit Sylphy.

—Et combien représentent une grande quantité ?

—Neuf gizmas pour l’instant.

—C’est beaucoup. La viande de gizma ne se conserve pas très longtemps même séchée. C’est une véritable énigme.

—Elle ne se gâtera pas tant qu’elle sera dans l’inventaire de Kousuke, donc nous devrions être tranquilles sur ce point. Est-ce que deux gizmas suffisent pour aujourd’hui ?

—C’est vrai ? Très bien alors, je vais vous prendre la viande de deux gizmas.

Elle me jeta un sacré regard en parlant. Cela me fit peur. J’étais si heureux que Sylphy soit ma maîtresse. Entre les mains de Melty, mes pouvoirs allaient certainement être exploités de toutes sortes de façons.

Je mis la boîte que Melty portait – qui contenait des ignames – dans mon inventaire, et nous avions fini par nous rendre dans l’espace de cuisson commun des réfugiés. C’est là qu’ils avaient cuisiné la viande de gizma hier aussi.

J’avais remis une montagne de viande aux femmes de la cuisine, qui avaient décidé de l’utiliser pour le déjeuner et le dîner. Personne n’allait manquer de protéines aujourd’hui. J’avais également déposé la boîte de Melty, qu’elle comptait livrer. Sylphy, Melty et moi regardions les dames cuisiner tout en discutant de ce que nous allions faire des matériaux que nous avions acquis lorsque nous avons entendu Cuvi dire :

—Vous voilà. J’ai rassemblé tout le monde.

—D’accord. Je te verrai plus tard, Melty.

—Prenez soin de vous, Votre Altesse.

Nous nous étions dirigés vers la place près des murs, où Cuvi avait rassemblé tous les blessés.

—Enfin.

Ira nous y attendait déjà.

—Si vous devez soigner les gens, je dois être là aussi. Tous les habitants de ce village sont sous ma responsabilité, après tout.

—Je vois », dis-je en hochant la tête.

Il était logique qu’elle se sente responsable de tout le monde. Ira prenait son rôle au sérieux.

—Qui veut être le premier ?

Cependant, personne ne s’était manifesté. Je ne pouvais pas dire que j’avais été très surpris. Sylphy avait fait ce discours pour les convaincre que je n’étais pas leur ennemie, mais personne ne voulait se porter volontaire pour montrer ses blessures … Leurs faiblesses… sans préavis, surtout pas un étranger humain.

—Ne vous inquiétez pas, je suis là. Je ne le laisserai pas vous faire quelque chose de bizarre, les rassura Ira.

—Ils ne me font pas confiance, dis-je.

—Bien sûr que non.

Une patiente s’était finalement présentée à nous – une jeune fille traînant un pied derrière elle. Elle avait les oreilles tombantes, c’était une femme-lapin.

—C’est ton genou ? lui demandai-je.

—Oui. Un gizma m’a eu avec son antenne il y a trois ans.

—D’accord. Je vais te soigner en un clin d’œil.

Je sortis une attelle de mon inventaire. La fille et Ira échangèrent un regard inquisiteur en penchant la tête.

—Il est inutile de mettre une attelle à son genou à ce stade – son os a été cassé et a guéri dans une position tordue, c’est pourquoi il fait mal, déclara Ira.

—Laisse-moi faire mon travail.

Je la rassurais pendant que j’utilisais l’attelle sur la jambe de la jeune fille. Mon corps bougea automatiquement pour mettre en place l’attelle, puis l’enveloppa d’un bandage.

—Voilà.

—Je te l’ai dit, il n’y a pas d’intérêt à…

—Hmm ?!

Le corps de la fille-bête se mit à trembler soudainement. Nous entendîmes un concert de craquements et de bruits sourds, désormais familiers, tandis que les os et les tissus se remettaient en place. Une fois que le bruit s’était arrêté, l’attelle scintilla et disparut.

—Comment te sens-tu ? demandai-je.

—Euh… Quoi ? ! Ça ne fait pas mal ! Ça ne fait plus mal !

Elle se leva, fléchit son genou plusieurs fois, puis sautilla de haut en bas, un sourire joyeux s’affichait désormais sur son visage. Il était difficile de croire qu’elle était gravement blessée il y a quelques minutes à peine.

Ira resta silencieuse. J’avais jeté un coup d’œil dans sa direction et j’avais découvert qu’elle avait son grand œil ouvert et qu’elle regardait fixement devant elle. L’expression de son visage me semblait familière… Ah, oui. Comme ces images d’un chat abasourdi avec une galaxie en arrière-plan que j’avais vues sur Internet.

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 1, Chapitre 8 — illustration

—Qui veut être le suivant ? demandai-je.

Le patient suivant était un homme-lézard blessé au bras droit. Après ce qui s’était passé avec Zarda, je n’allais pas tirer de conclusions sur leur sexe cette fois-ci. Quoi qu’il en soit, je m’apprête à poser l’attelle quand une main me bloqua.

—Attends, laisse-moi faire, me supplia Ira, l’air sérieux, après s’être remise du mode « chat de l’espace ».

Hmm, je doute que ça marche, tu sais. Sylphy n’a pas obtenu les mêmes résultats que moi lorsqu’elle a essayé d’utiliser la pioche que j’ai fabriquée sur un rocher. J’ai l’impression qu’il en sera de même cette fois-ci.

À contrecœur, je l’avais laissée faire.

—D’accord.

Il n’y a pas de mal à la laisser essayer. Ce serait une aubaine si quelqu’un d’autre que moi pouvait utiliser cette chose avec le même effet, pensai-je en lui tendant l’attelle.

Avec une rapidité et une précision incroyable, elle plaça l’attelle et enroula ensuite le bandage.

—Comment te sens-tu ? demande Ira.

—Je ne sens rien, répondit le lézard avec confusion.

Donc ça ne marche pas si quelqu’un d’autre que moi utilise les attelles que j’ai fabriquées. Je m’en doutais.

—Alors je vais recommencer.

J’avais déroulé le bandage de son bras et réutilisé l’attelle à partir de l’écran contextuel.

Hmm. Je commence à m’habituer à la sensation de mon corps qui bouge tout seul comme ça.

—Huh ? Whaaa ?!

Comme précédemment, son bras fit un tas de bruits horribles et grinçants, puis guérit complètement. L’homme-lézard me remercia en partant.

—Buh… ?

Ira était repassée en mode chat de l’espace. Cette fois, sa bouche était entrouverte. J’avais continué à soigner les gens les uns après les autres avec les attelles. Malheureusement, ils n’avaient pas permis de faire repousser les membres perdus.

—Dommage, dit un grand homme-ours en gloussant de résignation. Il lui manquait la main droite à partir du poignet.

Mince, ce serait bien si je trouvais un objet capable de guérir quelque chose comme ça.

Pendant ce temps, Ira était encore sous le choc d’avoir assisté à une scène aussi illogique. On aurait dit qu’elle avait raté son jet de santé mentale, mais réussi son jet d’idée… Pauvre fille.


—Absurde. Illogique.

—Tu recommences, marmonnai-je.

—En fait, je suis d’accord avec Ira sur ce point, ajouta Sylphy

—Je suis tout à fait d’accord.

C’était complètement absurde que je puisse soigner toutes sortes de blessures, des entorses ordinaires, des fractures, voire même des tendons sectionnés, simplement en posant une attelle et en enroulant un bandage. Ira n’avait pas tort.

—Mais, comment dire ? Ton pouvoir est… complètement incohérent, ajouta Sylphy.

—C’est tout à fait exact, déclara Ira.

—Je pense que je dirais plutôt qu’il est bâclé, répondis-je.

J’avais l’impression que toutes sortes de paramètres provenant de différents jeux avaient été rassemblés et jetés sur moi. Tous mes désirs étaient satisfaits, mais l’exécution était pour le moins hasardeuse. J’imaginais une sorte d’ingénieur système s’efforçant de répondre à temps aux demandes déraisonnables de son client. Ha ha ha. Ce serait drôle si c’était vrai.

—Le Monde des Dieux a probablement ses propres problèmes à régler, non ? Je serai juste reconnaissant qu’il n’y ait pas de bugs.

Sylphy fit un signe de tête ferme.

—Il a été très utile, je n’ai pas à me plaindre.

Oui, restons-en là. Ahh, ce gizma cuit est vraiment savoureux. Il est si tendre. Si je ne savais pas à quoi ressemblent les gizmas, je dirais qu’il s’agit d’une crevette géante.

—On dirait que les soldats sont revenus de la forêt.

—Oui. Il semble que personne n’ait été blessé pour l’instant.

Les personnes qui étaient revenues portaient sur leur dos des pattes arrière et des carapaces de gizma. Je n’étais pas surpris qu’ils aient décidé de rapporter quelque chose pour compenser leurs efforts. Ils reconstituèrent leurs réserves de carreaux, mangèrent, puis reformèrent leurs groupes. J’avais vu Lianess la Lamia et Nakul l’homme-écureuil parmi eux, mais je n’avais pas vu Zarda, elle devait se reposer.

—On va encore aller à la chasse ? demandai-je.

—C’est une possibilité. Que penses-tu que nous devrions faire ? demanda Sylphy.

—Hmm, bonne question

Un champ de vision est impératif pour tirer sur l’ennemi. En d’autres termes, il est important de maintenir notre champ de vision autour du rempart. Il serait également bon de disposer de pièges pour gagner du temps avant que l’ennemi ne nous atteigne. Les barbelés et les pointes de bois fonctionnent bien contre les humains, mais les gizmas sont d’une tout autre nature. En fait, ils ressemblent plus à des chars d’assaut. J’ai l’impression qu’ils vont piétiner tout ce que je peux mettre en place sans en être le moins du monde affecté.

Il y a peut-être un risque qu’ils s’emmêlent les jambes dans du fil de fer barbelé ? Je ne sais pas si j’ai ce qu’il faut pour cela. Il y a bien du fil barbelé dans mon menu d’artisanat, mais il faut beaucoup de fer pour le fabriquer. Est-ce que c’est normal d’en utiliser autant pour l’instant ? J’ai l’impression qu’il doit y avoir un moyen plus simple et moins coûteux.

—J’ai quelques idées, dis-je.

—Ah oui ? Vas-y, dis-moi.

—Il y a de fortes chances que nous les combattions la nuit, nous aurons donc besoin de pour les voir

—C’est vrai. Tu as une idée ?

—Je vais préparer des torches.

—Euh, eh bien, des torches nous permettraient certainement de les voir, je suppose ? Sylphy tourna la tête vers moi avec un mélange de pensées écrites sur son visage.

—Je doute qu’il s’agisse de torches normales, dit Ira avec un regard noir.

Ira commençait à se faire une idée de ce qu’était mon pouvoir. Elle était intelligente.

—Je peux aussi placer des blocs de briques pour interrompre leurs charges, ajoutai-je.

—Ah, ça pourrait marcher. Sylphy acquiesça, semblant se souvenir de la façon dont les gizmas avaient subi en s’enfonçant dans mes murs.

Si nous placions des torches sur les blocs de briques, nous obtiendrions le champ de vision élargi dont nous avions besoin. Une fois le repas terminé, nous avions décidé de rendre visite à Danan et de lui annoncer que j’allais entreprendre des travaux de construction pour renforcer nos défenses.

—Il vaudrait mieux que je donne mon avis après. Vas-y et essaie de construire quelque chose.

Danan nous donna volontiers sa bénédiction. Je commençais à avoir l’impression qu’il s’habituait à traiter avec moi.

Puisque j’avais sa permission, j’avais décidé d’abattre tous les arbres entourant le village afin d’avoir une visibilité sur les gizmas lorsqu’ils approcheraient.

—Peut-être que tout abattre est un peu exagéré, protesta Sylphy.

—Mais ils vont tous être déracinés quand les gizmas vont attaquer. Et les archers spirituels vont probablement les détruire avec leurs attaques, n’est-ce pas ? Il vaut mieux les abattre maintenant et en faire bon usage tant qu’on le peut.

Sylphy fronça les sourcils et poussa un petit grognement, mais elle ne pouvait pas dire que j’avais tort, alors je continuai sans entrave. Les matériaux des arbres pouvaient être utilisés pour fabriquer des torches et Mr. Wood Spike. J’étais toujours impressionné par le nombre d’applications différentes que je pouvais trouver pour le bois.

—Je pense que c’est à peu près tout, déclarai-je finalement.

—Urgh, la forêt…

Les oreilles de Sylphy s’abaissèrent en regardant la terre à nue autour du village.

Je suis désolé, Sylphy, mais j’ai dû endurcir mon cœur pour cette entreprise…

Secrètement, le fait de voir tout l’espace que j’avais libéré était étrangement satisfaisant.

—Je vais commencer à placer les briques. Quelle forme dois-je prendre ?

—Les carrés ne suffisent pas ?

—Oui, ils sont parfaits. Je pense que je vais les faire un bloc entier. »

En tenant compte de la taille des gadgets, j’avais laissé un certain espace entre les blocs. S’ils étaient trop proches les uns des autres, ils pourraient marcher dessus, ce qui irait à l’encontre du but recherché. J’ai également créé de petits murs ici et là en alignant deux blocs l’un à côté de l’autre, qui étaient sûrs d’absorber la force des charges des gizmas. Une fois que j’eus fini de placer les blocs, nous les avions contemplés du haut du rempart.

—Qu’en penses-tu ? demandai-je.

—Oui, je pense que cela rendra l’approche du rempart assez difficile.

Si nos ennemis étaient de taille humaine, ils auraient pu utiliser les blocs pour se couvrir, mais pour une créature de la taille d’un SUV de luxe, il n’y avait nulle part où se cacher. De plus, nous occupions toujours le terrain le plus élevé.

—Je vais passer aux torches.

Je m’étais approché du feu de camp qui avait été allumé à l’intérieur du rempart, j’avais ouvert le menu d’artisanat et j’avais déplacé toutes les torches que j’avais fabriquées dans mon inventaire.

  • Torche–Matériaux : Bois × 1
  • Torche–Matériaux : Bois × 1, Charbon de Bois × 1
  • Torche–Matériaux : Bois × 1, Tissu × 1

La première recette était réalisée à l’aide du feu de camp. Les deux autres étaient des recettes qui peuvent être réalisées à la main ou à l’aide de l’établi amélioré. Évidemment, la fabrication avec le feu de camp était celle qui utilise le moins de matériaux.

Je m’étais demandé si une sorte était meilleure que l’autre, mais elles s’étaient toutes empilées comme le même article après avoir essayé de créer les recettes individuelles. En d’autres termes, elles étaient toutes identiques, quelle que soit la recette utilisée. Les fabriquer avec le feu de camp était la méthode la plus économique.

J’avais commencé à placer les torches sur les blocs de briques. Les voir se dresser toutes seules au sommet des blocs rendait l’œil d’Ira terne, mais j’avais décidé de ne pas m’en préoccuper.

En peu de temps, tous les blocs furent équipés de torches et le soleil s’était couché lorsque je plaçai Mr Wood Spike autour des remparts. Grâce aux torches, toute la zone était éclairée comme s’il faisait encore jour.

—Hé, Kousuke ? dit Sylphy.

—Oui, Maîtresse ?

—On dirait que ces torches ne vont jamais s’éteindre.

—Ce sont des torches. Elles font ce qu’elles font.

—Uh-huh.

Sylphy soupira de résignation et se pressa les tempes. Cela faisait bien deux heures que j’avais placé les premières torches, et elles ne s’éteignaient pas, et encore moins ne devenaient plus petites. Mais c’était des torches. Tout le monde savait qu’une fois allumées, elles continueraient à brûler jusqu’à ce qu’elles soient détruites. Ha ha.

—Un feu qui ne s’arrêtera jamais de brûler…

Ira avait l’air morte à l’intérieur. Son trait le plus mignon, son grand œil, avait complètement perdu son éclat. D’un point de vue magique, je ne serais pas surpris que ces torches soient une abomination. Non pas qu’elles respectaient les lois normales de la physique – c’était comme si elles faisaient un double doigt d’honneur à la thermodynamique, en ricanant et en cherchant la bagarre.


Je me tenais au sommet du rempart, regardant les blocs que j’avais placés dans la zone et me demandant quoi faire ensuite, lorsque je vis tous ceux qui étaient partis à la chasse au gizma revenir au village depuis la forêt.

Ils étaient surpris de voir à quel point le village avait changé, mais après m’avoir aperçu au sommet du rempart, ils avaient semblé comprendre la situation. J’avais l’impression que les réfugiés commençaient à reconnaître mon absurdité. Par absurdité, je ne parlais pas de moi personnellement, mais de mes capacités. Peut-être que nous ne nous excluions pas l’un l’autre…

—Au fait, est-ce qu’on va rester ici à guetter les gizmas aujourd’hui ? demandai-je à Sylphy.

—Non, il y aura des gardes. Danan a dit que ceux qui ne font pas le guet devaient se reposer, alors nous rentrerons aussi. Il est inutile que tout le monde épuise son endurance.

—Je vois.

C’est logique. Nous ne voudrions pas que tout le monde soit épuisé au moment où les gizmas arrivent.

J’avais levé les yeux vers le ciel avant d’être troublé par ce que je vis.

—Hé, tu trouves que la lune est rouge, ou c’est juste moi ?

—Hmm ? Non, il me semble que c’est la même chose que d’habitude.

—Vraiment ?

Le nom de la lune de ce monde était Lanicle. Le soleil et une énorme planète se trouvaient également dans le ciel, mais ils semblaient en bonne santé pour le moment. Le fait est que la lune me paraissait rouge. Comme si la lune de sang s’était levée une fois de plus. Sois prudent, Kousuke.

—Ira, et toi ? La lune te paraît-elle rouge ?

—Si je devais dire quelle est la couleur habituelle de Lanicle, ce serait le jaune. Et elle a l’air jaune maintenant aussi, dit Ira en regardant la lune.

Pourtant, à mes yeux, elle était rouge. Pourrait-il y avoir un signe plus inquiétant dans un jeu de survie qu’une lune de sang ? Non.

—Qu’est-ce qui ne va pas, Kousuke ? demanda Sylphy.

—Je ne sais pas pourquoi la lune me semble rouge, mais d’après ce que je sais, une lune de sang est un présage que les ennemis vont commencer à charger en masse, expliquai-je.

—Vraiment ?

—Tu crois que j’inventerais quelque chose comme ça ?

Sylphy regarda Ira, qui réfléchit un instant avant d’acquiescer.

—Je pense que tout le monde, y compris moi, a compris que Kousuke est anormal. Je pense qu’il serait sage de l’écouter et de renforcer la garde.

—Oui, tu as raison. Je vais aller parler aux anciens, dit Sylphy.

—Et je le dirai à Danan.

—Et moi ? demandai-je.

—Tu restes ici, d’accord ?

—D’accord, Maîtresse.

Je réfléchis en regardant Sylphy et Ira s’éloigner.

Je devrais probablement laisser la surveillance du périmètre aux gardes. Je suis sûr qu’ils ont une meilleure vue que moi. Que dois-je faire, alors ?

—Je pourrais fabriquer d’autres armes, je suppose.

Cependant, je ne pense pas pouvoir fabriquer quelque chose de plus puissant que des arbalètes pour l’instant. Je pouvais fabriquer l’arc composite, mais je n’étais pas sûr qu’il soit comparable aux arbalètes en termes de puissance. Si seulement il existait une arme qui soit vraiment plus puissante au tir.

—Hmm, J’ai assez de temps pour fabriquer de la poudre à canon

Je suppose que je pourrais déterrer de la terre de la salle de bains ? Mais si je ne fais pas attention, je vais devoir faire face à cette horrible odeur de toilettes extérieures. Mais je devrais quand même le faire, n’est-ce pas ? J’ai regardé en vain le menu de ma forge. Si j’avais beaucoup d’huile, je pourrais probablement faire quelque chose comme un cocktail Molotov.

Mes pensées tourbillonnèrent lorsque j’entendis les hurlements d’innombrables gizmas s’élevant des profondeurs de la forêt – ou peut-être venaient-ils des Terres Désolées. En tout cas, c’était encore loin. Mais il semblait qu’ils avaient commencé leur marche.

—Inutile de souhaiter quelque chose que je n’ai pas maintenant.

Je sortis l’arbalète améliorée de mon inventaire et la pointai. J’avais une montagne de carreaux d’arbalète à ma disposition. En fait, j’en avais fabriqué 10 000 au cas où, et il m’en restait encore plus de 5 000 dans mon inventaire.

—Très bien. Venez à moi, sales bestioles !

J’avais un mur massif qu’ils ne pouvaient pas franchir, des obstacles pour les ralentir, Mr Wood Spike disséminés à l’extérieur, et toutes les arbalètes et les archers pour les utiliser que je pouvais demander.

Heh, la victoire était déjà toute trouvée !


—Visez ! Tirez !

J’entendis le bruit d’innombrables cordes d’arc qui claquaient. Je ne pouvais pas vraiment entendre le fletching des flèches elles-mêmes se frayer un chemin dans l’air ; je ne savais pas si c’était parce qu’elles étaient petites ou parce que les flèches étaient en fait silencieuses.

Peut-être que le son d’une flèche en vol est un murmure privé pour la personne à qui elle est destinée.

—SKREEEEE ?!

—SKROEEEEE ?!

Tout ce que j’entendais, c’était le cri d’agonie des gizmas qui mouraient.

Alors, laissez-moi vous raconter ce qui s’est passé.

—Notre armée est vraiment quelque chose, dis-je.

—Ha ha ha. Avec un nombre suffisant de ces armes, nous sommes indéniablement écrasants.

Jagheera rit en tirant la corde de son arbalète améliorée. Elle n’avait pas tort. Le kit que j’avais fourni à tout le monde s’était avéré très efficace. Trop efficace, vu le nombre d’arbalétriers que nous avions.

—Quel est notre effectif ? demandai-je.

—J’ai entendu dire que nous étions un peu moins de 200.

—Wôw, 200 personnes qui tuent 20 gizmas par volée… Ouais, ils n’ont eu aucune chance contre nous.

Les gizmas sortaient de la forêt en un flot incessant, mais le vaste parcours d’obstacles que j’avais mis en place les ralentissait ; des carcasses obstruaient les chemins étroits entre les blocs, obligeant la vague suivante de gizmas à s’agglutiner à la limite de la zone d’abattage, où nous les mettions rapidement en pièces lors de notre prochaine salve.

Les survivants avançaient d’autant plus lentement qu’ils se frayaient un chemin parmi les cadavres. Certains commencèrent à essayer de tourner autour, mais ils finirent par se faire tirer dans les flancs et se retrouvèrent paralysés. D’autres essayèrent de grimper sur les carcasses pour percer les lignes, ils se détachaient comme des éléphants dans un magasin de porcelaine.

—Ne les laisser pas s’approcher ! Tirez !

Et juste comme ça, ils étaient criblés de carreaux.

—Tout le monde est si rapide pour recharger, me dis-je.

—C’est parce que nous, les hommes bêtes, avons des corps très solides. Je doute que notre temps de recharge soit beaucoup plus lent si nous étions tous équipés d’arbalètes améliorées, dit Jagheera.

—Je vois. J’aurais peut-être dû en faire plus.

Jagheera avait pris position à côté de moi, tirant un coup après l’autre. Elle m’avait dit qu’elle avait choisi cet endroit à côté de moi parce qu’elle pensait qu’elle ne manquerait pas de carreaux, quel que soit le nombre qu’elle utiliserait. Elle possédait certainement une grande perspicacité, ce qui, je suppose, était nécessaire pour un éclaireur.

—On dirait que nous n’aurons pas besoin de ces archers spirituels après tout, hein ? dis-je

—Tu as raison.

D’innombrables corps remplissent la zone d’abattage. Nous étions passés d’une volée toutes les dix secondes au début de la bataille à une volée toutes les quinze secondes. Si nous avions continué à notre rythme initial, nous aurions utilisé environ 5 000 boulons en quatre minutes.

Je vis Melty s’approcher.

—Kousuke, nous manquons de carreaux

—Prends-en autant que tu veux.

J’en avais gardé 200 pour moi et Jagheera, mais j’avais sorti le reste de mes carreaux avant de les lui remettre. J’étais bien content d’en avoir fait 10 000. Danan cessa nos tires et ordonna que nous attendions de les avoir attirés pour tirer, probablement pour économiser les carreaux. En les laissant se rapprocher du mur, il serait de toute façon plus facile de récupérer les carreaux plus tard.

—Combien de temps la viande de gizma est-elle bonne avant de commencer à se détériorer ? demandai-je.

—Hmm ? Probablement une demi-journée, répondit Jagheera.

—Je vois. Dois-je aller les chercher alors ?

—Hein ? Tu veux sortir ?

—Ça devrait aller si j’amène des gens qui sont bons en mêlée, n’est-ce pas ? La viande de gizma est assez savoureuse. Je ne voudrais pas qu’elle soit gaspillée.

Je quittai Jagheera, abasourdi, et me dirigeai vers Danan, qui donnait des ordres. Il avait pris position au-dessus de la porte, à un endroit que j’avais aménagé selon ses spécifications. L’endroit était assez spacieux, ce qui en faisait un bon poste de commandement et un solide point d’étranglement où l’on pouvait intercepter et repousser l’ennemi.

—Oh, Kousuke. Qu’est-ce qu’il y a ?

—Les gizmas n’abondent plus aussi rapidement maintenant, n’est-ce pas ? J’aimerais aller chercher leurs carcasses. Je devrais pouvoir le faire assez rapidement avec mes capacités, et la viande ne se gâtera pas non plus.

—Ah. Très bien, organisons une escouade que nous enverrons dans la mêlée avec toi.

—Worg, je te laisse la responsabilité d’ici.

—Oui, monsieur, répondit Worg en saluant.

On aurait dit qu’il était quelque chose comme l’adjudant de Danan.

—Si tu as besoin de quelqu’un pour le combat rapproché, je t’accompagne, proposa Gerda, la femme-ours.

Gerda était assez grande et semblait assez puissante. Elle avait l’air d’une fille insouciante, cependant, ce qui me fit me demander si elle pouvait vraiment se battre. Elle portait une des épées que j’avais réparées et données à Danan, accrochée à sa hanche, mais une épée de fer destinée à des mains humaines ne semblait pas à sa place sur une grande femme-ours comme elle.

Ahhh, c’est vrai. Comme je n’avais pas l’intention de me battre contre ces choses aux corps à corps, je n’avais pas fabriqué d’armes du tout. Est-ce que j’ai quelque chose à lui donner ? Oh, peut-être que ceci fera l’affaire.

—Mlle Gerda ?

—Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? Et n’hésite pas à m’appeler Gerda.

—Oh, d’accord. Compris. Euh, cette épée ne semble pas vraiment te convenir.

—Ah, oui, tu as raison. Honnêtement, je ne serais pas surpris si je le cassais en deux.

Gerda porta une main à sa joue et gloussa maladroitement. Pour mettre en perspective la taille de cette personne, l’objet était presque aussi long que moi, et il ressemblait à une épée courte sur elle.

—Peux-tu dire à Danan que je serai en attente autour de la porte ? Je vais essayer de fabriquer une arme qui te conviendra mieux. Quel genre préfères-tu ?

—Wôw, tu es sûr ? Quand j’étais fantassin en armure lourde pour le Royaume de Merinard, j’utilisais un grand bouclier fait sur mesure et une longue masse.

—Un grand bouclier et une longue masse, hein ? Compris.

J’avais quitté Gerda en souriant et j’avais choisi un emplacement près de la porte qui avait un peu de place. J’avais passé beaucoup plus de temps à fabriquer des objets ici que dans mon atelier chez Sylphy. Les réfugiés commençaient à reconnaître qu’il s’agissait de mon espace de travail.

Eh bien, c’est très bien. Quoi qu’il en soit, je devrais me mettre à l’artisanat pendant que Danan rassemble l’équipe.

J’avais posé ma forge, mis du carburant et regardai la liste des armes. Je n’avais pas vu de longue masse. J’avais imaginé une masse, avec son manche long et résistant et sa tête solide, puis j’ai imaginé une masse beaucoup plus grande.

  • Longue Masse–Matériaux : Ressort en Acier × 3, Fer × 3

Des matériaux coûteux. Mais encore une fois, il est pratiquement fait de métal. Voyons maintenant s’il y a un grand bouclier. Grand Bouclier, Grand Bouclier… Pas sur la liste. Mais il y a un scutum. Peut-être est-ce suffisant ?

  • Scutum1–Matériaux : Peau d’animal × 3, Tissu × 3, Fer × 1

Il semble qu’il s’agisse d’un bouclier en fer renforcé par des peaux d’animaux. Gerda ferait sûrement un meilleur usage d’un bouclier fait d’une quantité de métal proportionnellement plus importante. J’ai imaginé le scutum, remplacé par une plaque d’acier fine, mais solide, renforcée par du bois et du cuir. La colle que nous avons récupérée à l’entrepôt devrait suffire à les lier.

  • Grand Bouclier Lourd–Matériaux : Plaque d’acier à ressort × 3, Bois × 2, Peau d’animal × 2, Adhésif × 1

Oui, ça devrait aller. Il est temps de commencer à fabriquer des armes. Je devrais aussi me choisir une arme. Hmm, je suis complètement nul dans ce domaine. Il vaut mieux que je me serve d’une arbalète ou d’un pistolet, mais il faut que je prenne en compte la possibilité d’être impliqué dans un combat rapproché. Qu’est-ce qui me conviendrait alors ? Mais les soldats ordinaires ont tous le même type d’armes, quelle que soit leur origine : des lances ou des gourdins.

  • Lance d’acier–Matériaux : Fer × 3, Bois × 2
  • Massue à pointes–Matériaux : Fer × 2, Bois × 2
  • Masse–Matériaux : Fer × 4, Bois × 2

J’avais décidé de les fabriquer. La massue à pointes ressemblait à une version diabolique d’une batte à clous.

Je vais voir ce que ça donne par rapport à la masse.

J’étais en train de les fabriquer quand Danan et les autres arrivèrent. Sylphy était avec lui ; les archers spirituels devaient être déployés au sommet du rempart. Cela lui avait pris du temps.

—Bienvenue, Sylphy »

—Merci, Kousuke. Tu as vraiment l’intention d’aller là-bas ?

—Je ne peux pas laisser perdre ce que nous pouvons utiliser à bon escient. Gerda, j’ai terminé tes armes. Essaie-les.

Je lui tendis la longue masse et le grand bouclier lourd.

—Wôw, merci !

Elle avait l’air aussi joyeuse qu’un enfant le jour de Noël.

D’accord, je comprends que tu sois heureux et tout, mais j’aimerais que tu fasses tes essais ailleurs. Le bruit que tu fais en coupant l’air me fait peur.

—Ils ont un bon poids. Je vais pouvoir réduire les gizmas en bouillie, déclara Gerda.

—C’est super.

J’avais rangé ma forge et testé mes propres armes. La lance était plus lourde que je ne l’avais imaginé. Je pourrais probablement l’utiliser comme arme contondante. J’avais trouvé que la massue à pointes plus agréable dans ma main que la masse. La masse me semblait un peu trop lourde.

—Ce sont tes nouvelles créations ? demanda Sylphy.

—Oui, pour tester. Je n’aime pas la sensation de la masse, cependant.

—C’est vrai ? Alors, donne-la-moi.

—Hein ? Euh, d’accord, dis-je en lui tendant.

Whoa, elle le balance aussi facilement qu’une brindille. Ses bras n’étaient pas très épais et étaient doux au toucher, mais elle était étonnamment forte. C’était de la magie ou quelque chose comme ça ?

—Sommes-nous tous prêts à partir ? demanda Danan.

—Oui, monsieur ! répondirent les membres de l’équipe.

Il y avait moi, Sylphy, Danan, Gerda, une femme qui ressemblait à un oni à la peau rouge avec une corne sur la tête (brandissant une énorme massue en bois), un lézard maniant une lance en fer (je ne pouvais pas dire leur sexe), un homme au visage de lion tenant deux épées en fer (dont j’avais soigné la jambe cet après-midi), et Ira, qui brandissait un bâton.

—Ira ? Est-ce que ça va aller là-bas ? demandai-je.

—Je m’en sortirai. Ils n’ont pas fait de moi un sorcier de la cour sans raison.

—Si tu le dis

Allait-elle tirer des rayons de son œil ? Je plaisantais. Elle allait probablement se battre avec une sorte de magie. J’avais hâte d’y être.

—Notre objectif est de récupérer les carcasses de gizma. Kousuke s’occupe du gros du travail. Tous les autres, protégez-le. C’est compris ? Ouvrez la porte ! ordonna Danan.

La barre fut enlevée et les grandes portes renforcées de fer furent ouvertes.

Très bien, il est temps de devenir fou et de remplir mon inventaire à ras bord !


—Ton pouvoir est, comment dire, étrange. Étrange, dit l’homme au visage de lion.

—Sir Leonard, vous devriez déjà le savoir d’après cette affaire avec ta jambe aujourd’hui, lui dit Ira.

—Tu n’as pas tort.

Son nom complet était trop long pour que je m’en souvienne, mais Leonard avait été chevalier, et tout le monde s’adressait à lui en l’appelant « Sir ». Il n’était pas de la même trempe que Danan, qui avait été garde royal. Il devait être celui auquel les gens faisaient référence lorsqu’ils mentionnaient que le royaume de Merinard possédait un maître épéiste.

—Je ne comprends pas vraiment, mais cela semble être un pouvoir utile. C’est différent de la magie, non ? dit Shemel, l’oni rouge avec la massue.

Elle était encore plus grande que Danan et Gerda. Elle devait mesurer facilement plus de 2,5 mètres.

—Oui, son pouvoir est un peu différent de la magie. En fait, il n’y a aucune trace de magie en lui, expliqua Ira.

—Cela veut dire que lui et moi sommes pareils ! Moi non plus, je ne sais pas utiliser la magie dit Shemel en souriant méchamment.

—Dépêchons-nous. Il pourrait y avoir des problèmes si les gizmas commencent à avancer, dit la femme-lézard nommée Madame Zamil tout en surveillant la zone avec vigilance équipée de sa lance de fer.

—C’est vrai. Mais je ne serais pas contre l’idée d’avoir la chance d’essayer cette arme, déclara Gerda.

—Une si belle arme. J’aimerais bien avoir quelque chose comme ça, dit Madame Zamil tout en me fixant du regard.

Il était difficile de lire les lézards, mais je le devinais à ses yeux. Les yeux étaient la fenêtre de l’âme, après tout. Elle voulait vraiment que je lui fasse quelque chose. J’avais entendu dire que Madame Zamil avait été instructrice de combat à la lance au Royaume de Merinard et qu’elle était passée maître dans l’art de manier cette arme. En fait, toutes les personnes qui m’accompagnaient étaient assez puissantes pour abattre un gizma à elles seules.

Le pouvoir de Sylphy n’avait pas besoin d’être expliqué pour l’instant. Danan ayant été garde royal, il était une force avec laquelle il fallait compter au combat. Apparemment, Gerda avait déjà utilisé sa force herculéenne pour vaincre un gizma à mains nues. Sir Leonard était connu sous le nom de « Leonard l’ambidextre » pour son habileté à manier deux lames. Shemel avait été un aventurier de haut rang surnommé « le hachoir à viande ». Madame Zamil n’avait pas de surnom, mais comme elle avait été l’instructrice de Danan, je savais qu’elle devait être douée. Le bruit courait que Danan n’avait jamais battu Madame Zamil dans un combat d’entraînement. Moi ? Mon travail consistait à ramasser des cadavres de manière furtifs, dans l’ombre de tous ces super-héros.

—A-t-il aussi fabriqué ton arme, Danan ? demande Madame Zamil.

—Oui, madame, répondit Danan.

—J’aimerais moi-même avoir de meilleures épées, dit Sir Leonard.

—Si vous demandez une arme, alors j’aimerais une vraie arme aussi. Je veux dire, ce n’est qu’un tronc d’arbre. Regardez.

Shemel fit un geste avec son gourdin. Ils se tournèrent tous les trois vers moi. J’avais cherché de l’aide auprès de Sylphy et elle me fit un signe de tête.

Oh, d’accord.

—Sylphy m’a donné sa permission, alors je vous ferai quelque chose plus tard. Réfléchissez au type d’arme que vous aimeriez, leur dis-je.

—Compris, dit Madame Zamil.

—Mm, acquiesça Sir Leonard.

—Gé-nia-le ! dit Shemel.

Les trois eurent l’air satisfaits. Eh bien, peu importe. Mes prouesses au combat n’avaient aucune importance. Si je rendais des gens aussi puissants redevables envers moi, alors ils étaient sûrs de me protéger en cas d’urgence. Comme l’avait dit Shingen Takeda, « Les gens sont mes châteaux, mes murs de pierre et mes douves ».

—SKREEEEEEEEE !

—On dirait que nous avons de la compagnie, dit Sir Leonard.

Nous avions entendu d’autres hurlements de gizma venant de la Forêt Noire.

C’est leur deuxième vague ?

—Ça n’a pas l’air bon. Devrions-nous courir ? demandai-je.

—Qu’est-ce qui t’inquiète ? Ils ne pourront pas nous encercler, et encore moins nous charger ici, dit Sir Leonard avec désinvolture.

Je n’avais même pas remarqué qu’il avait déjà dégainé ses épées.

—J’aimerais partager ton optimisme, Sir Leonard.

—Le vieil homme n’a pas tort. La seule chose qu’ils peuvent utiliser dans un endroit comme celui-ci, ce sont leurs antennes, déclara Madame Zamil.

—Ne me parle pas de façon aussi irrespectueuse.

—Comme si les titres avaient de l’importance sur le champ de bataille.

—Eh bien… tu n’as pas tort.

Malgré le fait que les gizmas allaient apparaître d’une seconde à l’autre, ils plaisantaient. C’était étrange de voir à quel point ils semblaient détendus.

—Kousuke, ne t’inquiète pas pour eux. Concentre-toi sur la collecte des corps, dit Sylphy.

—Aye, Aye, Ma’am.

Tout le monde, à l’exception de Sylphy, qui était restée en arrière pour me protéger, s’était précipité dans la bataille contre les gizmas. Je les surveillais du coin de l’œil en ramassant les carcasses les unes après les autres.

—Hah !

  • Danan attaque ! La tête du gizma est coupée en deux en plein milieu !
Survival in Another World with My Mistress!, Tome 1, Chapitre 8 — illustration

—Aye !

  • Gerda attaqua ! Sa longue masse écrase la tête du gizma !
  • Le gizma attaque ! Il lance son antenne rapide vers Sir Leonard !

—Hmph.

  • Sir Leonard a coupé l’antenne du gizma !
  • Sir Leonard lance une contre-attaque ! Il décapite le gizma !

—Hah !

  • Madame Zamil attaque ! C’est un coup critique !
  • Elle a poignardé le gizma en plein visage et l’a tué !

—Prends ça !

  • Shemel attaque !
  • Le gizma est réduit en morceaux.

Pourquoi ? Pourquoi ? ! Pourquoi l’a-t-elle écrasé ?

—Shemel, nous ne pourrons pas récupérer les gadgets si tu les frappes comme ça, lui dit Sir Leonard.

—Désolé pour ça. Parfois, je ne connais pas ma propre force. s’excusa Shemel tout en se grattant la tête avec son gourdin.

—Éclate, le tonnerre. Éclair !

Une lumière brillante inonda la zone, suivie d’un grondement de tonnerre. J’avais regardé vers la source et j’avais vu des éclairs jaillir du bâton d’Ira, mettant en déroute plusieurs gizmas.

—Putain de merde ! La magie est incroyable ! Tu n’es pas d’accord, Sylphy ? ! Regarde, elle a utilisé la magie ! La magie, c’est génial ! bafouillai-je tant j’étais enthousiaste.

—Arrête de te comporter comme un enfant qui voit de la magie pour la première fois… Mais bon, je suppose que c’est ta première fois, non ? répondit Sylphy.

—Oui, c’est vrai ! Je t’ai seulement vu utiliser ce sort de guérison auparavant.

—Ah. Eh bien, la magie destructrice d’Ira est d’un autre niveau, puisqu’elle est une mage et tout le reste. Ce n’est pas quelque chose que l’on voit tous les jours.

En entendant les louanges de Sylphy, Ira sembla fière et fit un petit V.

—Hé, vous donnez tous l’impression que c’est moi qui suis bizarre, mais si vous voulez mon avis, c’est vous qui êtes bizarres.

Je veux dire que je n’avais pas le pouvoir de découper, de mettre en pièces, de poignarder à mort ou d’écraser un insecte de la taille d’un petit camion d’un seul coup, et encore moins d’en électrocuter un.

—N’importe qui peut devenir un expert en magie ou en armes s’il y met du sien, déclara Sir Leonard.

—Ah oui ? C’est ce que vous pensez vraiment ? répondit Shemel.

Si c’était vrai, alors les humains de ce monde étaient bien plus forts que je ne pourrais jamais l’être. Sans mes commandes d’actions et mon menu d’artisanat, je serais complètement impuissant.

—Nos mondes ont simplement des idées différentes en matière de bon sens, expliqua Sir Leonard.

Peut-être. J’avais un peu de mal à être d’accord avec cette affirmation ; leurs pouvoirs étaient assez logiques, mais les miens ne correspondaient à aucune compréhension du fonctionnement des choses, même dans le monde d’où je venais. C’est sans doute pour cela qu’ils me regardaient tous avec curiosité.

—Si tu as le temps de réfléchir aux mystères de la vie, tu as le temps de bouger tes pieds. Remets-toi au travail, ordonna Sylphy.

—Aye, Aye, Ma’am.

Elle a raison. Ce n’est pas le moment de rester la tête dans les nuages.

J’avais fait le tour de la zone d’abattage pendant que mes protecteurs découpaient et tailladaient les gizmas, ramassant les carcasses au fur et à mesure. Croyez-le ou non, j’en ai ramassé 216.

Laissez-moi réfléchir. Deux de ces carcasses suffiraient à nourrir tous les réfugiés pendant une journée, ce qui signifie que nous avons assez de nourriture pour 108 jours.

—Je parie que Melty sera ravie, dis-je.

—Pas seulement elle, mais aussi tous les réfugiés. Le fait d’avoir de la viande de gizma a un impact énorme sur leurs habitudes alimentaires, répondit Sylphy.

—Oui, c’est vrai ! La viande rehausse vraiment la qualité d’une soupe, ajouta Gerda.

—La viande de Gizma fait d’excellents bouillons de soupe, renchérit Sir Leonard.

J’eus l’impression que ces deux-là étaient peut-être des gourmets.

—Et c’est grâce à toi que je peux à nouveau participer à la chasse. J’ai mangé sans faire ma part pour le peuple, alors je vais m’efforcer de me rattraper.

—J’en doute fort, Sir Leonard. Tout ce qui intéresse un vieil homme comme toi, c’est de satisfaire ton palais surdéveloppé, fit remarquer Madame Zamil.

—Pourquoi voudrais-je manger moins que ce que le monde peut offrir de meilleur ? Ces lames du Saint Empire sont émoussées. Elles sont pratiquement inutiles à ce stade.

—On dit que les maîtres épéistes ne doivent pas être difficiles avec leurs épées… Quoi qu’il en soit, nous avons tous nos limites. Cette lance est tout simplement affreuse.

—Ces armes ont l’air de se briser en morceaux si on utilise trop de magie avec elles.

Sir Leonard et Madame Zamil me regardèrent.

Je sais, je sais. Vous n’avez pas à me regarder comme ça.

—Je ne suis pas difficile tant qu’il peut me résister, déclara Shemel.

Tout le monde semblait vouloir me faire fabriquer des armes dès notre retour au village.

Sylphy, sauve-moi !

—Cela ne devrait pas vous prendre trop de temps, n’est-ce pas ? Vas-y, fait leur quelque chose pour les remercier de t’avoir protégé aujourd’hui. Au fait, j’aimerais aussi une arme un peu plus puissante.

Comment a-t-elle pu me trahir de la sorte ? !

—Oui, madame, marmonnai-je.

Ira tira sur l’ourlet de ma chemise.

—Une pour moi aussi.

—Tu en veux un aussi ?

J’avais penché la tête en lui jetant un regard sceptique. Ira n’avait pas utilisé d’armes, n’est-ce pas ?

—Je veux un bâton fait de tu-sais-quoi.

—Tu sais quoi ? Oh, ça… Hmm, je ne suis pas sûr de pouvoir faire quelque chose comme ça avec ce que j’ai pour l’instant. Je suppose que les bâtons magiques requièrent des techniques et des ornements spécialisés ?

—Hmm, tu as raison. Je vais te faire un dessin, alors.

—Ne rends pas les choses trop complexes. Je pourrais ne pas être capable de le faire correctement si c’est le cas.

Je ne sais pas avec quelle précision je peux fabriquer quelque chose à partir d’un dessin de quelqu’un, surtout s’il a fait l’objet d’une grande réflexion. Cependant, comme je peux fabriquer des carreaux et des écrous, il y a de fortes chances que je puisse réaliser des dessins qui exigent un haut niveau de précision. C’est ce que je vais croire.


Nous avions entendu des acclamations lorsque nous avions franchi la grande porte du village. Tous ceux qui n’avaient pas pu participer à la bataille s’étaient rués sur nous dès qu’ils nous avaient aperçus.

Hé, arrêtez ça ! Qui vient de me toucher les fesses ?

—Ha ha ha. Ne sommes-nous pas les plus populaires ?

Sylphy, qui n’était pas prise d’assaut, rit joyeusement.

Arrête de rire et aide-moi !

—Stop, Stop, donnez à Kousuke un peu d’espace. Il a encore du pain sur la planche.

Sir Leonard tapa dans ses mains et me sauva de la mer de nouveaux fans. J’étais submergé par la gratitude.

—Il est temps pour toi de me fabriquer ces épées.

Mon cœur, gonflé de reconnaissance, s’était dégonflé comme un ballon de baudruche. Il était clair que ce vieil homme ne faisait les choses que dans un but égoïste.

—Et fais-moi une lance, demanda Madame Zamil.

—Tu peux faire quelque chose pour moi en dernier, dit Shemel.

Je n’avais aucun moyen de m’en sortir ! Non pas que j’avais vraiment une raison de me tortiller.

—Vous devez me dire plus concrètement quel type d’armes vous souhaitez. Il y en a de toutes sortes. Par exemple, pour les épées, vous voulez qu’elles soient légères et tranchantes ? Ou lourdes et solides ? Voulez-vous une épée particulièrement tranchante, ou plus axée sur l’impact ou le pouvoir de perforation ? Voulez-vous qu’elle soit droite ou courbée ? Voulez-vous une ou deux arêtes ? Voulez-vous le tenir d’une seule main ou des deux mains ? Long ou court ? Etc.

—Tu en sais plus sur les épées que je ne le pensais. Je préfère les épées larges qui excellent dans les entailles et qui ont un certain poids derrière le coup. Si je devais choisir, je dirais que je préfère les lames à un seul tranchant, me dit Sir Leonard.

—Je préférerais une lance pour percer. Cependant, j’aimerais que la lame soit un peu plus longue et qu’elle puisse aussi trancher, déclara Madame Zamil.

—Je ne suis pas particulièrement difficile, mais je ne suis pas un expert en matière de maniement. Je préférerais une arme contondante, si possible, déclara M. Shemel.

—Compris.

Après avoir entendu leurs demandes, j’avais ouvert le menu d’artisanat de ma forge et j’avais regardé si j’avais des armes qui correspondaient à leurs critères. Non, aucune. J’avais donc décidé de sortir la lance en acier que j’avais dans mon inventaire et de la montrer à Madame Zamil.

—C’est la lance en acier standard que je peux fabriquer, mais tu en préférerais une avec une lame un peu plus longue, n’est-ce pas ?

—Hmm, c’est une belle lance… Si la lame était aussi longue, ce serait idéal.

—Si l’on tient compte de la durabilité, je pense que la lame devra être plus large et plus lourde.

—Cela ne me dérange pas. En fait, je dirais que celle-ci est beaucoup trop légère.

—D’accord.

Il semble qu’elle veuille quelque chose qui ressemble plus à une épée courte avec une poignée inhabituelle, mais j’avais décidé d’essayer de la rendre conforme à la commande. Hmm, j’ai l’impression d’avoir déjà vu une telle lance dans un manga… Ah oui, celui-là. Le manga intitulé Ushio et Tora avec la lance qui tue les yokai. Je vais donc la fabriquer à l’identique.

Sir Leonard aimerait probablement des fauchons2. Ils sont larges et solides, avec un certain poids, ce qui leur confère une bonne capacité de coupe. C’est ce que l’on attend d’un barbare, mais ils remplissent toutes les conditions, donc ils devraient suffire.

L’arme de Shemel est une évidence. Quand on pense à l’arme d’un oni rouge, on pense aux grands gourdins-kanabo, ceux qui sont longs et métalliques avec des pointes.

En imaginant à quoi ressemblaient toutes ces armes, la lance3, le fauchon et le kanabo étaient apparus dans ma liste d’artisanat.

Euh, le nom de la lance est presque tiré directement du matériel d’origine ! Est-ce que c’est autorisé ? Personne ne se fâchera, n’est-ce pas ? Je suppose qu’il n’y a pas d’avocats spécialisés dans les droits d’auteur à craindre dans ce monde !

J’avais sélectionné les nouvelles armes dans le menu et j’avais commencé à les fabriquer. Je m’étais assuré de ne pas regarder combien de matériaux le kanabo allait me coûter.

Ha ha ha. Il va falloir que j’aille bientôt reprendre du service dans les mines.

—Tout est terminé.

Je sortis les deux fauchons, la lance et le kanabo et les donnèrent à chacun d’eux. Le kanabo était vraiment lourd ! Je n’arrivais même pas à le tenir !

—Ces épées ont un aspect un peu rudimentaire, mais elles sont pratiques, dit Sir Leonard avec un sourire satisfait.

—Merveilleux, dit Madame Zamil avec la même expression.

—Ha ha ha ! J’aime ça ! dit Shemel rayonnante.

Comment fait-elle pour balancer le kanabo d’une seule main avec autant de facilité ? Cette chose doit peser plus de trente kilos. Je suppose qu’elle était assez forte pour pouvoir manier une énorme bûche jusqu’à présent…

—Je me demande si d’autres gizmas vont venir, dis-je.

—C’est une bonne question. Il semble y avoir une accalmie pour l’instant, mais qui sait s’ils ne reviendront pas en masse, répondit Sylphy.

—Alors je devrais probablement faire d’autres carreaux.

—Oui, Vas-y, fais-le. C’est la meilleure façon de contribuer, après tout.

Notre équipe de récupération se sépara, et tout le monde, sauf Sylphy et moi, était retourné sur les remparts. Sylphy et moi étions restés dans mon espace de travail pour fabriquer d’autres carreaux. Il était vrai que Sylphy n’était là que pour nous soutenir moralement.

J’avais mis en file d’attente les pointes de flèches dans ma station de forge pendant que je démembrais les gizmas dans mon inventaire. J’avais également pu récupérer des carreaux de cette manière. Certaines des pointes de flèches des carreaux s’étaient cassées, mais j’avais pu les réparer à l’aide de ma forge.

Sylphy me regardait travailler sans rien dire de particulier.

Je me demande ce qui lui passe par la tête en ce moment. Le cœur des femmes est bien complexe.

—Sylphy ?

—Oui ?

—Quel type d’arme veux-tu ?

—Hmm… N’importe quoi, du moment que c’est toi qui la fabriques.

—Choisis au moins un type d’arme, dis-je en riant d’un air un peu gêné, ce qui la fit rire à son tour.

—Si tu insistes. Une sorte de lame, alors. Pourquoi pas une épée ?

—Une épée ?

—Oui, quelque chose qui me conviendrait. Ah oui, pourquoi pas un de ces cimeterres dont tu as parlé la dernière fois ?

—Un cimeterre ?

Je le lui avais en effet recommandé une fois. Un cimeterre élégamment décoré conviendrait à quelqu’un d’aussi belle que Sylphy. Peut-être comprendriez-vous ce que je veux dire si je l’appelais plutôt un shamshir ?

Le nom n’était pas si important. Cependant, je doutais que les cimeterres, qui étaient minces et plus spécialisés dans les attaques tranchantes, soient aussi efficaces contre les gizmas ou contre quelqu’un portant une armure, même si je la fabriquais en fer ou en acier. J’envisageais de le fabriquer en mithril à la place. Ira avait demandé un bâton en mithril, après tout. Ce serait sans doute un bon moyen de tester le matériau.

—D’accord, je vais essayer.

Je vais fabriquer un cimeterre en mithril. Je veux qu’il soit décoré de pierres précieuses. Il doit être tranchant, fort, inflexible – une épée exceptionnelle qui utilise pleinement les qualités particulières du mithril. La lame doit avoir la couleur pâle du clair de lune, ce qui correspond à l’image de Sylphy.

  • Cimeterre de mithril–Matériaux : Minerai de mithril × 4, gemme × 5, minerai d’argent × 2, Fer × 2, Ressort en Acier × 2, Cuir × 1

Oh, le voilà. Dans mon menu : un cimeterre en mithril. Mettons-le en file d’attente pour l’artisanat.

—Bon sang, ce n’est pas rien ! m’exclamai-je.

—Qu’est-ce qu’il y a

—J’essaie de te fabriquer une arme spéciale, mais ça va prendre du temps.

—Oh ? Combien de temps ?

—Quatre heures.

—C’est… très long.

C’est le temps de fabrication le plus long que j’aie jamais vu ici. Il se trouvait que le deuxième temps de fabrication le plus long que j’avais vu était celui du kanabo de Shemel, qui avait duré deux minutes et demie.

—Qu’est-ce que tu fabriques ? demanda Sylphy.

—Tu vas devoir attendre et voir.

Les épées en mithril ne prenaient-elles pas normalement des mois, voire des années, pour être fabriqué ? Il était logique que, même si mon pouvoir faisait des heures supplémentaires pour comprimer la tâche, cette épée allait être un véritable calvaire.

Nous étions en état d’alerte après cela, et j’étais sortie occasionnellement pour ramasser les carcasses de gizmas jusqu’à minuit passé. Les gizmas avaient cessé leurs attaques à peu près à la même heure. La lune reprit sa couleur jaunâtre habituelle. Il semble que nous ayons réussi à vaincre les gizmas.


Le lendemain de la bataille, Sylphy et moi avions mangé quelques-uns des aliments que j’avais inventoriés pour le petit-déjeuner et étions allés visiter le rempart. Les archers spirituels et les réfugiés armés d’arbalètes qui avaient fini de monter la garde prenaient leur petit déjeuner en somnolant. Danan avait monté la garde toute la nuit, mais il n’avait pas l’air fatigué. Qu’est-ce qu’il était, un lapin rose à piles ?

—Bonjour, Votre Altesse.

—Bonjour, Danan. Que s’est-il passé après notre départ ?

—Nous n’en avons pas vu un seul. J’ai envoyé une patrouille au lever du soleil, nous devrions avoir de leurs nouvelles d’ici peu.

—Je vois. Tu as commandé toute la nuit, n’est-ce pas ? Va chercher te reposer.

—Oui, c’est exact. Dès que j’en aurai l’occasion, je prendrai le temps de me reposer.

Pendant qu’ils parlaient tous les deux, j’étais occupé à accéder à ma forge, que j’avais laissée ici pendant la nuit.

Oui, c’est terminé.

—Sylphy

—Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ?

—Ton arme est prête.

Je sortis de mon inventaire le cimeterre de mithril dans son fourreau de cuir et le tendis à Sylphy. Le pommeau et la garde étaient ornés de pierres précieuses ; on aurait dit une épée précieuse avec toutes ses gravures détaillées. Sylphy fut surprise de la façon dont elle tenait la lame dans sa main. Pour une raison ou une autre, la lame semblait aussi légère qu’une plume.

—Kousuke, tu n’as pas…

—Vas-y, dégaine-la.

Elle acquiesça et dégaina l’épée. Le magnifique cimeterre courbé brillait d’un blanc bleuté dans les rayons du matin. La lame était fine, mais finement aiguisée. On aurait dit une épée forgée à la lumière de la lune.

—C’est incroyable… haleta Danan.

—Princesse, est-ce que c’est fait de… ?

—Oui, de mithril. Kousuke, cette lame a-t-elle un nom ?

—Non, je ne lui en ai pas donné. Chez moi, la lune a cette couleur pâle, et je voulais faire quelque chose qui la représente. Si nous lui donnons un nom, peut-être quelque chose comme Moonbeam ou Moonlight ? Agh, c’est un peu trop évident, hein ? Hmm, Lune bleue n’est pas très bon non plus. Oh, et pourquoi pas Lune pâle ?

—Lune pâle ? Oui, j’aime bien. À partir de maintenant, cette lame s’appellera Lune pâle.

Sylphy leva Lune pâle tout en criant son nouveau nom de, provoquant des applaudissements et des acclamations de la part des réfugiés qui nous observaient.

—Ooh, j’aime bien les applaudissements. Je pense qu’ils aiment vraiment ça ?

—Les épées en mithril finement ouvragées sont considérées comme des trésors nationaux dans toutes les nations de notre monde. Le fait qu’elle ait été offerte par un visiteur légendaire lui confère encore plus de prestige. Je ne serais pas surpris que les gens considèrent cette épée comme le symbole de la renaissance du Royaume de Merinard, dit Ira en se matérialisant de nulle part, ce qui me fit pousser un cri de surprise.

Dans ses mains, un grand morceau de papier portant une sorte de diagramme.

Ah, oui. J’ai compris. Tu veux aussi utiliser ce minerai de mithril, n’est-ce pas ? Oui, oui.

—Kousuke, sors une des carcasses de gizma. Je veux tester ma nouvelle lame, ordonna Sylphy au moment où je pris le papier d’Ira.

—Aye, Aye, Ma’am.

J’avais étalé l’une des carcasses qu’il me restait à démembrer. Celle-ci avait été tuée par des attaques de mêlée et n’avait pas de boulons. D’après le trou dans son visage, j’ai supposé qu’il s’agissait d’une victime de Madame Zamil.

—Hah !

Sylphy mania Lune pâle et coupa net la carapace du gizma. Pour de vrai ? Elle l’a découpé si facilement que « comme un couteau chaud dans du beurre » n’était pas suffisant pour le décrire. Sylphy balança Lune pâle encore et encore, démantelant le gizma en un clin d’œil. Il lui fallut moins d’une minute pour le réduire en miettes.

Merde. Cette épée est peut-être un peu trop puissante.

—C’est une lame merveilleuse. Cependant, tu dois faire attention à ne pas frapper quelqu’un accidentellement, avertit Danan.

—Votre Altesse, je serais ravi de vous former quand vous le souhaiterez, proposa Leonard.

—Et n’hésitez pas à me poser des questions, dit Madame Zamil.

—Je ne manquerai pas de faire appel à vous, leur dit Sylphy.

J’avais le sentiment que je fabriquerais ensuite des épées d’entraînement en bois.


Nous étions restés en alerte toute la journée au cas où les gizmas attaqueraient à nouveau. En d’autres termes, j’avais passé la journée à produire en masse d’autres carreaux d’arbalète et à assurer la maintenance des arbalètes qui avaient été utilisées la nuit dernière.

Le gizma que Sylphy avait découpé fut soigneusement lavé et cuit à l’étouffée jusqu’à la coquille pour le déjeuner. La saveur me mit presque sur le cul. Le bouillon est-il fait à partir de la carapace ?

Il s’était avéré que la coquille d’un gizma était bien trop précieuse en tant que matière première pour la fabrication d’outils de toutes sortes pour être utilisée dans la cuisine, sauf en tant que mets réservé aux nobles et aux membres de la famille royale. Nous avions littéralement mangé comme des rois.

D’ailleurs, Sir Leonard avait été ravi de cette perspective et avait pris la relève dans la cuisine. C’était un homme vraiment motivé par ses désirs ; je ne pouvais pas lui en vouloir.

Donc…

En fait, tout ce que j’avais à faire, c’était de placer toutes les activités de la journée dans ma file d’attente d’artisanat, puis de rester assis à me tourner les pouces. Je n’avais rien de mieux à faire, alors j’avais consulté mes réalisations, mes compétences et mon niveau.

J’étais maintenant au niveau 12.

C’est bien, j’ai encore progressé.

Maintenant, je voyais non seulement une jauge pour ma santé et mon endurance, mais aussi les chiffres qui allaient avec. Pour l’instant, j’avais 120 points de santé et d’endurance. J’avais également six points de compétences supplémentaires à dépenser et de nouvelles réalisations.

  • Ma première infusion : Brasser une potion pour la première fois. *Déverrouille une compétence.
  • Ma première création : Crée un objet pour la première fois. *Déverrouille une compétence.

La série « Ma Première » s’allongeait de plus en plus. Le brassage était assez facile à comprendre, mais la création ? Je ne l’avais pas encore fait lorsque j’ai préparé la bardiche pour Danan.

  • Mon premier banc de brassage : Fabriquez un banc de brassage pour la première fois. *Déverrouille l’affichage numérique de la santé et de l’endurance.

Voilà qui explique tout. Qu’est-ce que j’avais eu d’autre ?

  • Chasseur novice : Tuer 10 monstres. *Augmente la santé et l’endurance de 10 points.

C’est pourquoi ma santé et mon endurance sont à 120 points. Peut-être que la prochaine réalisation sera de tuer 100 d’entre eux ?

  • Novice en fabrication d’armes : Fabriquer 100 armes. *Améliore le temps de production et la qualité des armes de 5%.

5% ? Comment pouvez-vous faire la différence ? Je suppose que les maîtres en sont capables. Quoi qu’il en soit, je vais maintenant pouvoir obtenir plus de succès en fabriquant des armes, et je vais aussi pouvoir améliorer progressivement la qualité de ce que je fabrique.

  • Forgeron Légendaire : Fabriquer une arme en utilisant un métal légendaire. *Diminue de 10% le temps nécessaire à la fabrication d’objets utilisant des métaux Légendaire.

Oh, cela doit provenir de la fabrication d’une arme en mithril. 10 %, c’est un bon coup de pouce.

  • Charmeur irrésistible : En bons termes avec plus de cinq membres du sexe opposé. Ne viens pas pleurer si tu te fais poignarder. ☆ *Les attaques contre le sexe opposé sont augmentées de 5%.

—Va te faire foutre avec ce bout de phrase impertinent à la fin. Mais surtout, je n’ai aucune idée de ce à quoi ou à qui cette réalisation fait référence. À part Sylphy, les seules femmes que je connais sont Ira, Melty, Jagheera, Pirna, Gerda, Madame Zamil et Shemel. Ah oui, et les trois qui se sont fait piéger par des gizmas : Zarda, Lianess et Nakul… En fait, je connais beaucoup de femmes ! Et il y a aussi toutes les femmes que j’ai soignées. Mais cela n’inclut sûrement pas les anciens elfes, n’est-ce pas ? Mais qui peut le dire ? Mieux vaut ne pas y penser. De toute façon, je n’ai d’yeux que pour Sylphy, et ça me suffit.

  • Survivant : Survivre à la nuit d’une lune de sang pour la première fois. *Déverrouille les niveaux de compétences.

Et c’était le dernier de la liste.

Les niveaux de compétences ? Cela signifie-t-il que je peux augmenter les effets des compétences que j’ai déjà acquises ? J’aimerais bien tester ça. Passons donc aux compétences.


  • Ouvrier qualifié : Le temps de fabrication est réduit de 20%.
  • Démonteur : Le nombre de matériaux acquis lors du démontage d’un objet d’artisanat est augmenté de 10%.
  • Réparateur : Le temps de réparation des objets est réduit et le coût des matériaux est réduit de 20%.
  • Producteur de masse : Lorsque vous fabriquez plus de dix exemplaires d’un même objet, le nombre de matériaux nécessaires est réduit de 10%.
  • ★ Récolteur : Le nombre de matériaux végétaux obtenus est augmenté de 20%.
  • ★ Mineur : Le nombre de minéraux obtenus est augmenté de 20%.
  • ★ Anatomiste : Le nombre de matériaux obtenus à partir de corps est augmenté de 20%.
  • Créateur : Réduis le niveau de difficulté de la création d’objets.

Je ne savais pas exactement quel était l’effet de la compétence Créateur, mais j’avais l’impression qu’il s’agissait d’un choix évident. Peut-être qu’elle entrerait en jeu lors de la fabrication d’armes dotées de mécanismes ou de machines plus complexes.

  • ★ Coeur en bonne santé : La vitesse de récupération de l’endurance est augmentée de 20%.
  • ★ Pas Léger : La vitesse de déplacement est augmentée de 10%.
  • Bras Puissant– : Les attaques avec des armes de mêlée sont augmentées de 20%.
  • ★ Tireur d’élite– : Les attaques avec des armes à distance sont augmentées de 20%
  • Peau de fer : Les dégâts subis sont réduits de 20%.
  • Survivant : Les points de vie sont augmentés de 10% et la vitesse de récupération des points de vie est augmentée de 20%.
  • Médecin : Les effets des objets de récupération sont augmentés de 20%.
  • Estomac reptilien : La vitesse de réduction de la faim est réduite de 20%.
  • Bosse de chameau : La vitesse de réduction de la soif est réduite de 20%.

La nouvelle compétence ajoutée ici est donc Medic, hein ? Et elle augmente les effets des objets de récupération ? C’est plutôt inutile si tu en as déjà préparé beaucoup à l’avance. Je pense qu’elle peut être utile si je me retrouve à court de ressources. Maintenant, sur quoi dois-je utiliser mes six points de compétence ? Tout d’abord, le Créateur. C’est une évidence. En pensant à ce qui m’attend, j’ai le sentiment que je devrais prendre celui de Producteur de masse. Si je veux continuer à aider Sylphy, il est évident que je vais devoir produire toutes sortes de choses en masse.

Comme je sais que la fabrication des armes en mithril prend beaucoup de temps, il vaudrait mieux que je prenne aussi l’Ouvrier qualifié. Démonteur et Réparateur sont tentants, mais… je ne les prendrai pas pour l’instant.

Et ça ne ferait pas de mal de prendre des compétences qui améliorent directement mon espérance de vie. J’ai envisagé de prendre Peau de fer et Survivant, mais j’ai décidé d’essayer d’abord de monter en niveau dans une compétence. Laquelle devrais-je faire évoluer ? Hmm, le Mineur, je suppose. Après tout, les ressources minérales me seront très utiles à l’avenir.

  • ★ Mineur II– : Le nombre de minéraux obtenus est augmenté de 40%.

J’avais dépensé deux points de compétence pour monter le niveau de Mineur.

Je suis content d’avoir décidé de faire ça en premier ; si j’avais pris Peau de fer et Survivant, il ne me serait resté qu’un point et je me serais senti déprimé de ne pas pouvoir essayer ça. Je pense que je vais prendre Peau de fer. 20% de dégâts en moins, c’est un sacré coup de pouce.

  • ★ Ouvrier qualifié : Le temps d’artisanat est réduit de 20%.
  • ★ Producteur de masse : Lorsque vous fabriquez plus de dix exemplaires d’un même objet, le nombre de matériaux requis est réduit de 10%.
  • ★ Miner : Le nombre de minéraux obtenus est augmenté de 20%.
  • ★ Mineur II : Le nombre de minéraux obtenus est augmenté de 40%.
  • ★ Anatomiste : Le nombre de matériaux obtenus à partir de corps est augmenté de 20%.
  • ★ Créateur : Abaisse le niveau de difficulté de la création d’objets.
  • ★ Coeur en bonne santé : La vitesse de récupération de l’endurance est augmentée de 20%.
  • ★ Pas Léger : La vitesse de déplacement est augmentée de 10%.
  • ★ Tireur d’élite : Les attaques avec des armes à distance sont augmentées de 20%.
  • ★ Peau de fer : Les dégâts subis sont réduits de 20%.

Voilà à quoi ressemblaient mes compétences actuelles. J’avais fait de bons choix, si je puis dire. Si je savais que je devais me débrouiller seul, je choisirais d’autres compétences, mais je n’étais pas vraiment appelé à participer à des combats. J’étais à l’aise en tant qu’artisan et je possédais quelques notions de base en matière d’autodéfense. Une seule chose m’inquiétait.

—Ces attaques sont-elles une coïncidence ou non ? Telle est la question.

La nuit du raid des gizmas s’était déroulée exactement huit jours après mon arrivée. Cela m’a rappelé ce qui s’est passé dans un célèbre jeu de zombie Survival. Tous les sept jours, il y avait une lune de sang qui donnait naissance à des hordes de zombies qui vous attaquaient. Si nous appliquions les règles de ce jeu ici, cela signifierait qu’il pourrait y avoir une autre attaque massive la nuit dans sept ou huit jours, ce qui ferait que j’en serais à mon quinzième ou seizième jour ici. J’espère vraiment que ce n’est qu’une coïncidence.

Si nous devons subir des attaques à grande échelle de la part d’une créature ou d’une autre chaque semaine, je dois renforcer nos défenses. Je devrais probablement en parler à Sylphy, non ? Mais il y avait eu des avertissements et des présages adéquats concernant l’attaque des gizmas… Je suis probablement en train de trop réfléchir. J’en parlerai à Sylphy ce soir, au cas où.


—Hmm, des attaques toutes les semaines ?

—Je vois peut-être des schémas là où il n’y en a pas. Mais je ne peux pas non plus le nier totalement, étant donné que mon pouvoir suit également des schémas presque incompréhensibles.

J’avais parlé à Sylphy du potentiel d’une lune de sang hebdomadaire en prenant un verre après le dîner. Sylphy aimait tellement Lune Pale qu’elle avait pris l’habitude de la porter en permanence. En fait, elle l’aimait tellement qu’elle ne buvait même pas beaucoup d’hydromel – elle était plus concentrée sur le polissage et l’huilage de l’épée.

—Je doute qu’il y ait d’autres attaques aussi importantes que celle de la nuit dernière, mais il vaut mieux rester vigilant pendant une semaine, au cas où. Le rempart actuel est peut-être bon pour repousser les gizmas, mais il est trop bas pour les humains. Il n’y a pas beaucoup de monstres qui pourraient facilement sauter par-dessus, mais ce serait une bonne idée de renforcer les murs pour l’avenir, dit Sylphy.

—Alors… ?

—Oui, je propose que nous renforcions le rempart, j’en parlerai à Danan et aux anciens. Même si c’est toi qui ferais le plus gros du travail, je suis sûr que les citoyens de Merinard et les elfes seront prêts à nous aider à nous procurer les matériaux nécessaires.

—Super, merci.

—Tu n’as pas besoin de me remercier. Il est normal que je fasse tout ce que je peux pour alléger tes soucis, d’autant plus que cela profitera à tout le monde.

Sylphy avait fini de s’occuper de Lune Pâle, elle la rengaina et me sourit doucement. Ahhh, quel ange ! Depuis quelque temps, elle commençait à sourire plus naturellement en ma présence. Je me sentais fier d’être l’homme pour qui elle souriait.

—Tu vas donc recommencer à partir de demain ? demanda Sylphy.

—Oui. J’aimerais que tout le monde rassemble de l’argile, et je veux aller à la mine.

—Encore ? Tu aimes bien tailler dans le vif avec ta pioche.

—On n’a jamais assez de minerai.

J’avais besoin d’une tonne de fer rien que pour transformer toutes les arbalètes en arbalètes améliorées. J’avais encore assez de bois pour l’instant. J’avais une montagne de matériaux provenant des gizmas, et j’avais donc beaucoup de tendons résistants.

—Alors je suppose que nous devrions nous coucher tôt ce soir.

—Hmm, oui. Mais avant d’aller au lit, je devrais commencer à répondre à la demande d’Ira…

Je me levai de ma chaise, mais Sylphy m’attrapa soudainement par la main, m’attirant dans un baiser. L’odeur sucrée de l’hydromel combinée au parfum naturel de Sylphy suffit à faire fondre mon cerveau.

—Tu oses évoquer le nom d’une autre femme alors que nous sommes enfin seuls ?

—Quoi ? Oh, c’est vrai. Désolé.

Je n’avais pas voulu que cela se produise, mais c’est ce qui se passa. On dirait que j’ai mis Sylphy de mauvaise humeur. Non, attends, elle faisait semblant. Le rire se lisait dans ses yeux.

—Il me semble qu’un esclave qui ne fait pas passer les besoins de sa maîtresse en premier doit être puni, n’est-ce pas ?

—Euhhh, oui. Je pense…

—Hee hee. C’est l’heure de ta punition, dit Sylphy en me soulevant dans ses bras et en m’emmenant dans sa chambre comme une jeune mariée.

Hein ? Whoa, elle est forte. Attendez une minute, nos rôles ne devraient-ils pas être inversés ? Sylphy ? Mlle Sylphy ? Whoa, uh, whaaa ?!


—Je ne pourrai plus jamais me marier après cela, marmonnai-je en me remémorant ma défaite totale de la veille.

—Hee hee. Heureusement, tu m’appartiens déjà, dit Sylphy en roucoulant.

Eh bien, j’avais seulement fait semblant de pleurer.

Je commence à penser que Sylphy est une sadique et qu’elle ne s’en est pas encore rendu compte. Je suis du genre classique, vous savez ? Je le jure, vous devez me croire !

Nous nous étions lavés ensemble des péchés de la nuit précédente et avions flirté toute la matinée. Sylphy était de très bonne humeur aujourd’hui. Je ne savais pas si c’était grâce à son excitation persistante à propos de Lune Pale ou parce qu’elle avait réussi à prendre l’initiative et à maintenir sa domination pendant notre match de catch au lit la nuit dernière. J’espérais vraiment que c’était le premier cas…

Aujourd’hui, j’avais été une esclave dévouée et j’avais préparé le petit déjeuner. Je n’avais plus rien à préparer. Peut-être était-il temps d’essayer quelque chose de nouveau ?

—Qu’est-ce qui prend autant de temps pour le petit déjeuner ? demanda Sylphy.

—Ne t’inquiète pas, je m’en occupe !

Je sortis de mon inventaire le simple réchaud que j’avais utilisé l’autre jour pour faire des abats rôtis. J’avais également placé ma forge.

  • Amélioration du simple réchaud : Bois × 10, Pierre × 30, Fer × 10, Planche à découper × 1, Couteau × 1, Ustensile de cuisine × 4

C’est celui-là. Je peux facilement fabriquer la planche à découper en bois, alors je vais aller de l’avant et la mettre au point. Est-ce que quelque chose peut faire l’affaire pour un couteau ? Il y a un couteau de cuisine dans ma forge. Pour les ustensiles, j’ai la marmite et la poêle à frire que Melty m’a données tout à l’heure. Il ne me manque plus que deux ustensiles… Peut-être qu’un bol en métal et une râpe feront l’affaire ? Je peux les fabriquer en un clin d’œil avec ma forge. Et amélioration !

—Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait autant de lumière ? me plaignis-je.

—Tu dois me prévenir quand tu fais en sorte que ces choses s’éclairent soudainement ! C’est aveuglant.

—Je suis désolée.

Le simple poêle était devenu un comptoir de cuisine ! Je pris quelques ingrédients dans la cuisine de Sylphy. J’avais l’habitude d’utiliser la semoule de céréales, le cabbaj, le oneel, le pepal, le galik, le dicon et le miel, mais elle avait d’autres ingrédients et épices que je n’avais jamais vraiment touchés auparavant. De plus, il nous restait une tonne de viande de gizma.

Pain Matériaux : Farine de céréales × 1, eau potable × 1, sel × 1

Pâtes sèches Matériaux : Farine de céréales × 2, eau potable × 2, sel × 1

  • Ragoût Matériaux : Farine de céréales × 2, Eau potable × 2, Légumes × 2, Viande × 2, Sel × 2
  • Steak Matériaux : Viande × 2, Poivre noir × 1, Sel × 1
  • Salade Matériaux : Légumes × 3
  • Curry Matériaux : Farine de céréales × 2, eau potable × 2, légumes × 2, Viande × 2, Sel × 2, Fruits × 2, Épices × 4

C’est tout ce que je pouvais faire avec ce que j’avais sous la main. Je fus un peu déçu par la sélection.

C’est peut-être là que la création d’objets va vraiment briller ? Mais pourquoi pratiquement toutes ces recettes nécessitent-elles du sel ? Ugh.

—Alors, de quoi ça a l’air ? demanda Sylphy.

—Je vais pouvoir préparer quelque chose. Dois-je faire un grand repas pour nous ce matin ?

—Oui, puisque nous allons sortir.

—D’accord.

Je ferai deux pains, un ragoût, deux steaks et deux salades. Je mettrais les restes dans mon inventaire et je prépare beaucoup de curry et de pain pour le déjeuner.

—C’est fait. On sort manger dehors ? demandai-je.

—Hmm, oui, manger à l’extérieur de temps en temps peut être agréable.

J’avais installé des chaises et une table dans l’arrière-cour et j’avais placé le repas sur la table. Le ragoût est sorti à l’intérieur d’une marmite.

Hé, mais d’où vient donc cette marmite ? En fait, je ne devrais pas me poser la question à ce stade.

Le steak et la salade avaient été servis dans des assiettes en bois. Je n’allais pas poser de questions. Non, nuh-uh. Le pain n’était pas accompagné d’un supplément.

—Ooh, un tel festin pour le petit déjeuner. Alors, c’est quoi cette viande ? demanda Sylphy en montrant le steak.

—Probablement du bœuf ?

—Et quel type de viande as-tu utilisé pour faire ça ?

—Ha ha ha. De la viande de gizma, bien sûr.

Sylphy hésita un instant avant de répondre :

—Non, je ne vais pas demander.

Quelle maîtresse intelligente ! Elle était habituée à mes pouvoirs !

C’était une perte de temps de remettre en question mes capacités ou d’essayer de les rationaliser, alors nous avions renoncé à faire l’un ou l’autre et nous avions dégusté le ragoût. J’avais fabriqué toutes les cuillères, couteaux, fourchettes et autres avec l’établi un peu plus tôt.

—C’est bon. La viande a le goût de la volaille. Et ce légume rouge, qui ressemble à une carotte, est assez sucré et savoureux, commenta Sylphy.

—Je ne vais pas m’attarder sur le fait que la viande et les légumes que j’ai utilisés pour cette recette sont devenus des aliments complètement différents.

D’ailleurs, la carotte mentionnée par Sylphy était un légume qui ressemblait à une carotte jaune, mais qui était aussi longue qu’une racine de bardane. Il y avait aussi de la pomme de terre, que je n’ai absolument pas utilisée pour faire cette recette, et le ragoût était en quelque sorte une sauce blanche, bien que je n’aie pas utilisé de lait. Mais cela ne m’avait pas dérangé. S’en préoccuper serait une perte de temps. La viande de gizma s’était transformée en poulet, mais je n’allais pas me laisser atteindre !

—Et ce pain est étonnamment moelleux et doux, dit Sylphy.

—C’est très bon si tu le trempes dans le ragoût. C’est un peu mal élevé, mais qui va s’en plaindre ? lui dis-je.

Le pain fraîchement cuit était vraiment moelleux. Il ressemblait à du pain français, mais il était rond et moins long qu’une baguette. Je ne savais pas comment il s’appelait, mais c’était tout de même du pain !

Le steak était bel et bien du bœuf. Il était cuit à point et son goût était aussi délicieux que celui d’un steak normal. On n’aurait pas deviné qu’il s’agissait à l’origine d’un gizma ! Je parie qu’un gizma cuit avec du galik serait assez bon en soi. Comme un énorme steak de homard. La salade était une salade ordinaire. Mais les légumes qui la composaient étaient bien différents de ceux avec lesquels je l’avais préparée ! Ha ha ha ha !

Ainsi, après un petit déjeuner délicieux et raffiné, nous nous étions rendus à notre place habituelle près des remparts. J’avais mon espace de travail juste à côté de la porte. Ira nous attendait, ses grands yeux pétillant d’impatience.

—Désolé, je n’ai pas encore eu l’occasion de fabriquer ton bâton m’excusai-je.

—Noooon ! dit Ira en prenant un air effaré et en affaissant les épaules.

Je suis désolé, mais il n’y a pas moyen de battre Sylphy…

—C’est malheureux, mais il n’y a pas d’urgence… C’est dommage, quand même, dit Ira, le désarroi se lisant sur son visage.

—Je le ferai dès que je le pourrai.

Je me sentais vraiment coupable de la voir dans cet état, d’autant plus que c’était parce que Sylphy et moi avions été trop occupés à lutter la nuit dernière. Alors que je regardais le dessin d’Ira, Sylphy avait amené Danan. Je n’avais pas remarqué qu’elle était allée le chercher.

—J’ai entendu dire que tu souhaitais fortifier les murs.

—Mm-hmm. À sa taille actuelle, il ne nous aidera pas contre les humains ou d’autres types de monstres, n’est-ce pas ? demanda Sylphy.

—Vous avez tout à fait raison. N’importe qui de fort ou de magiquement amélioré pourrait les faire disparaître facilement.

—Quelle taille devrions-nous lui donner, alors ?

—J’aimerais qu’il soit trois à quatre fois plus grand qu’il ne l’est déjà.

Pour l’instant, il mesurait environ 2,5 mètres de haut, y compris le passage supérieur avec les parapets, ce qui signifiait qu’il voulait qu’il fasse entre 8 et 10 mètres de haut. Cela allait nécessiter beaucoup de matériaux.

—Il faudrait qu’elle soit environ trois fois plus haut si l’on veut qu’elle corresponde à la hauteur des murs du village, n’est-ce pas ? demanda Sylphy à Danan.

—Oui, c’est exact.

Les murs du village étaient en bois, mais ils avaient ceci de curieux qu’on ne voyait aucun point de jonction dans le bois. J’avais entendu dire que les elfes avaient jeté des sorts sur les arbres pour les former et qu’ils étaient résistants au feu, à la magie et aux attaques physiques. Ils semblaient mesurer environ huit mètres de haut, d’après mes calculs.

Je m’étais tourné vers Sylphy et je lui demandai :

—Dois-je continuer à le fabriquer en argile ?

—Hmm, je pense que oui.

—D’accord, alors je vais avoir besoin de tout un tas d’argile.

Je devrais probablement construire une autre forge. J’ai assez de matériaux, je vais donc m’y mettre. Mon travail ira beaucoup plus vite si j’en ai une dédiée au travail du fer et l’autre à la cuisson des briques. Et si je n’ai rien à faire avec le fer, je peux utiliser les deux pour faire des briques. Je devrais aussi fabriquer un autre four pour faire du charbon de bois.

C’est ainsi qu’avait commencé pour moi une série de jours difficiles.

—Si nous risquons d’être confrontés à des humains, nous avons besoin d’une fondation souterraine, déclara Sylphy.

—Puisqu’ils pourraient creuser un tunnel en dessous pour essayer d’entrer ?

—Exactement. Trois mètres de profondeur, c’est bien, je pense.

—Je vois… Alors je devrais en creuser un ? Deux mètres de large, ça devrait aller, n’est-ce pas ?

—Oui

J’avais cassé un bloc dans le mur avec ma pioche et commencé à creuser. La pelle en fer pouvait facilement creuser de la terre molle comme celle de la Forêt-Noire, c’était donc un jeu d’enfant. J’avais commencé par creuser à environ trois mètres de profondeur.

—Tu vas bien, Kousuke ? demanda Sylphy.

—Oui, il n’y a pas de problème ici.

—Tu pourrais tomber sur de l’eau si tu creuses aussi profond, alors sois prudents.

—Cela ne devrait pas poser de problème.

J’étais assez naïf pour le croire. J’avais effectivement rencontré de l’eau à environ trois mètres de profondeur et, bien que cela n’ait pas suffi à me noyer ou à me faire perdre la tête, je n’ai pas réussi à m’en débarrasser, l’eau commençait à s’accumuler à mes pieds ; je ne pouvais pas beaucoup avancer dans ces conditions.

—Tu es couvert de boue maintenant, n’est-ce pas ?

—Ça craint.

J’aurais pu poser un bloc de briques avant que l’eau ne s’infiltre, mais si je l’avais fait, je serais à moitié coincé sous terre dans l’obscurité. Je commencerais aussi à manquer d’oxygène si je m’enfermais complètement ici. Je finirais par causer ma propre mort si je me laissais aller à creuser comme un fou.

—Je suis désolé, Sylphy.

—Quoi ? Tu n’as pas à t’excuser.

Sylphy fut d’une grande aide. Elle avait utilisé la magie de ses gemmes d’esprit de lumière et de vent pour éclaircir l’obscurité et faire circuler de l’air pur. Elle utilisait également la magie de l’esprit de la terre pour creuser des trous. Elle était vraiment une sorte de déesse.

—Je suis heureuse d’aider, tu sais ?

—Tu es divine. Littéralement. Je consacrerai ma vie à te vénérer.

—Hee hee. J’aime ce son.

Pendant que Sylphy et moi étions occupés à poser les fondations ensemble, Ira était soudainement descendue dans le trou.

—Je t’aiderai aussi.

—Tu aideras ? demandai-je.

—Je vais vous montrer à quel point la magie est géniale.

C’est ce qu’elle prétendait, mais je ne la croyais pas vraiment.

—Euh, d’accord ?

—C’est probablement parce que tu avais l’air si étonné quand tu l’as vu pendant la bataille, dit Sylphy.

—Peut-être

Quelle que soit sa raison, notre travail s’était déroulé à un rythme rapide. La magie terrestre d’Ira nous avait énormément aidés, comme elle s’en vantait.

—Je suis surpris que l’eau ne sorte pas, dis-je.

—Je jette mes sorts de manière à ce que l’eau ne s’infiltre pas et que le sol ne s’effrite pas.

—Wôw, la magie est vraiment incroyable !

—Hee hee. Bien sûr qu’elle l’est.

J’étais extrêmement reconnaissant, car Ira avait creusé la partie la plus profonde et je n’avais pas eu à me couvrir davantage de boue. Sylphy et moi nous étions occupés de creuser les deux mètres supérieurs, tandis qu’Ira avait creusé le dernier mètre le plus profond en un rien de temps.

—Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans vous deux. J’aurais probablement déprimé très vite tout seul, dis-je.

—Cela serait compréhensible pour n’importe qui, après avoir travaillé tout seul dans le noir comme ça, me dit Sylphy.

—Oui, c’est morbide, reconnut Ira.


Grâce à l’aide des femmes, nous avions terminé la construction des fondations en trois jours. Le premier jour avait été consacré à la mise au point du processus par essais et erreurs, de sorte qu’il n’avait fallu que deux jours de travail effectif.

—Maintenant que les fondations sont prêtes, il faut travailler sur le mur lui-même, n’est-ce pas ? demanda Sylphy.

—Oui, mais j’attends toujours les briques.

J’en avais fabriqué un nombre considérable ces trois derniers jours, mais je n’en avais toujours pas assez. Une fois que j’aurais commencé, je devrais détruire temporairement le haut du mur actuel, ce qui le rendrait plus court. Cela l’affaiblirait, et je voulais donc attendre d’avoir un bon stock de blocs de briques avant de m’y mettre.

—J’ai un bon nombre de blocs de pierre. Et si j’essayais d’en faire des maisons ? demandai-je à Melty, puisqu’elle était la seule à s’occuper des questions relatives à la vie quotidienne des réfugiés.

Elle avait l’habitude de ce genre de choses, ayant été autrefois responsable des affaires internes.

—C’est une bonne idée. Beaucoup de nos maisons sont pleines de courants d’air, alors réparer cela nous aiderait beaucoup.

Le sourire de Melty à ce moment-là m’avait fait peur. Elle avait l’air assez inoffensive, mais il ne fallait pas la sous-estimer, avec son penchant pour imposer calmement un travail difficile aux autres.

—Euh, eh bien, je vais voir ce que je peux faire.

—Pourquoi ai-je l’impression que tu es mal à l’aise en ma présence ?

—Peut-être devrais-tu mettre la main sur ton cœur et y réfléchir à deux fois

—Hmm ?

Elle avait l’air plutôt mignonne en plaçant une main sur sa poitrine bien fournie et en penchant la tête sur le côté, mais je n’étais pas du genre à me laisser berner. Malgré son apparence, elle était assez forte pour porter sous son bras un tronc que je ne pouvais même pas soulever. De toute façon, comme j’allais construire une maison, j’avais obtenu un terrain.

—Il y a beaucoup d’espace pour travailler, me dit Melty.

—Oui, il y a une certaine distance entre l’endroit où tout le monde vit et les remparts.

Après avoir choisi l’emplacement, j’avais commencé à réfléchir à la disposition de la maison et à l’épaisseur des murs.

—Fais en sorte que le plan de la maison ressemble à ceci, me dit Melty.

—Donc, un foyer, un salon avec un espace pour manger relié à la cuisine, deux chambres et deux pièces de rangement ? confirmai-je.

—Oui. Je suggérerais de faire des murs de cette épaisseur.

—Environ 60 à 80 centimètres, alors. Les murs à l’intérieur doivent-ils être les mêmes épaisseurs ?

—Oui.

—Alors je devrais agrandir un peu la maison pour tenir compte de l’épaisseur des murs.

Après avoir déterminé la hauteur du plafond et autres, j’avais décidé de commencer à construire la maison. Tout ce que j’avais à faire, c’était d’ajuster la taille des blocs que j’avais déjà et de les placer, ce qui ne m’avait pas pris plus de dix minutes. J’avais utilisé des blocs de bois pour les planchers et j’avais construit la maison en un clin d’œil.

—C’était rapide…

Melty n’en revenait pas.

—Oui, c’est comme ça quand j’ai déjà le matériel.

L’intérieur n’avait pas été décoré du tout, il était donc évident que la maison avait encore besoin de travaux.

—Mais qu’en est-il des fenêtres ?

—Ah oui.

J’avais accidentellement oublié de laisser des trous pour les fenêtres. J’avais cassé quelques blocs avec ma pioche et je les avais placés ailleurs.

—Cela devrait suffire.

—Nous devons encore fabriquer des portes et remplir les cadres des fenêtres, mais c’est du très bon travail. De quoi sont faits les murs ?

—De Pierre et d’argile. J’ai une montagne de pierres provenant de mes précédents voyages, donc nous devrions nous en sortir si nous avons assez d’argile.

—Nous avons besoin d’argile pour cela aussi, alors ?

—Oui.

L’argile était utilisée pour faire des briques en ce moment, je n’avais donc pas de surplus à travailler.

—On peut aussi faire des maisons en bois, non ? demanda Melty en regardant le sol.

—Hein ? Ouais, je pourrais, je suppose.

J’avais acquiescé sans réfléchir. C’était une erreur.

—Alors, faisons les autres maisons en bois. Je suis sûr qu’il suffit d’abattre d’autres arbres pour avoir plus de bois, après tout.

—Euh, d’accord

Ensuite, elle m’avait fait abattre un nombre ridicule d’arbres. Naturellement, Sylphy m’avait accompagné pour m’empêcher de déborder.

—Il suffit de faire preuve de patience, Sylphy.

—Eh bien, ça ira. Il ne s’agit pas de moi, nous faisons cela pour le bien de tous, dit-elle.

Mais elle avait fait la grimace lorsqu’elle avait appris la quantité de bois dont j’aurais besoin pour ces maisons. Cela dit, je n’aurai jamais assez de bois. Je l’ai déjà vanté en long et en large, mais ça mérite d’être répété.


Les journées passaient vite, consacrées à l’exploitation minière et forestière, à la fabrication du fer, à la cuisson des briques et à la construction. Je me réveillais le matin, me lavais, prenais mon petit-déjeuner et me dirigeais vers les remparts. Je passais la matinée à miner dans les gorges et à couper des arbres dans la forêt, puis nous retournions au village, où les citoyens du royaume de Sylphy me donnaient l’argile qu’ils avaient ramassée, que je jetais dans ma forge pour fabriquer des briques.

—Je veux aussi des épées en mithril.

—Je suis sûr que je serais encore plus fort au combat si j’avais une lance en mithril.

—J’exige une nouvelle arbalète, tu entends ? !

Le vieil homme qui laissait ses désirs guider chacune de ses actions, la femme-lézard ainsi la femme-chat commencèrent à me supplier de leur fournir de nouvelles armes.

—Hee hee. Hee hee hee.

Ira avait un sourire effrayant sur son visage alors qu’elle frottait sa joue contre son nouveau bâton en mithril brillant.

—Nous ne pouvons pas vivre uniquement de viande. Fais plus de farine de céréales !

Melty me força à moudre encore plus de céréales.

—As-tu déjà créé une nouvelle sorte d’arme que les harpies peuvent utiliser ?

Au début, il n’y avait que Pirna, mais rapidement, d’autres harpies avaient commencé à me demander des armes. D’autres choses s’étaient produites, mais c’est l’essentiel.

—Ces derniers temps, j’ai l’impression que les gens ont compris ce que mon pouvoir peut faire ; je pense qu’ils commencent à m’apprécier davantage.

—N’est-ce pas agréable d’être aussi demandé ? demanda Sylphy en détournant les yeux.

—Sylphy, je veux que tu me regardes dans les yeux et que tu me redemandes ça

Puis, un autre jour…

—Nos petits-enfants ne sont pas encore en route, hein ? nous demanda un ancien.

—C’est pour cela que vous nous avez invités ici ? Non pas que l’un d’entre vous soit mes grands-parents, grommela Sylphy.

—Ho ho ho ho. Allons, allons, ne sois pas comme ça. Nous te considérons tous comme notre petite-fille.

—Ses enfants seraient donc nos arrière-petits-enfants. Tu es vraiment en train de devenir sénile, déclara un autre ancien.

—C’est juste une façon de parler. Et qu’est-ce qui te fait penser que je vais devenir sénile ? Je t’assure que je suis en pleine forme.

—Tu t’habillez plus jeune que votre âge.

—Tu n’as pas changé depuis 500 ans. Je te plains.

—Hmph, vous l’aurez voulu. Sortons d’ici.

Nous avions dû assister à une dispute entre les anciens qui ressemblait plus à un duel de sorciers, avec toute la magie de l’esprit qu’ils lançaient. Ces personnes âgées pouvaient faire de véritables ravages. C’était comme la fin du monde. Aujourd’hui marquait le septième jour depuis le raid des gizmas sur le village. C’était ma quinzième nuit depuis mon arrivée dans ce monde.

—La lune est rouge ce soir, Kousuke ? demanda Sylphy.

Du haut du rempart récemment reconstruit, je regardai la lune. La lune me paraissait toujours plus grosse qu’à l’accoutumée, mais elle était d’une couleur jaune-or.

—Elle a l’air normale aujourd’hui. Mais wow… La lune est magnifique, n’est-ce pas ?

Survival in Another World with My Mistress!, Tome 1, Chapitre 8 — illustration

—Oui, elle est vraiment belle ce soir. J’aimerais voir une lune comme la tienne au bout de mes doigts ou sur ma hanche, mais j’aime bien la douce lueur de notre lune, » dit Sylphy en levant les yeux vers le ciel, l’air satisfait.

Je voulais m’inspirer de Natsume Soseki et exprimer mon amour de façon romantique, mais ce n’était pas comme si ce type avait existé dans ce monde. Mes sentiments pour elle ne changeraient pas juste parce qu’elle ne comprenait pas la nuance de ce que je disais.

—Que devrions-nous faire ensuite ? demandai-je.

—La suite ? Hmm…

Sylphy et Danan avaient profité de leur temps cette semaine pour envoyer des éclaireurs dans la Forêt Noire et les Grandes Terres Désolées d’Omitt. Les éclaireurs avaient rapporté qu’il n’y avait plus de gizmas dans la forêt – et il s’était avéré qu’il y avait moins de gizmas dans les Terres Désolées qu’auparavant.

—Allons-nous récupérer Merinard ? demandai-je.

—C’est certainement un de mes rêves.

Sylphy me l’avait déjà dit le jour où elle m’avait confié l’histoire de sa vie. Qu’est-ce que la princesse en exil de Merinard pouvait bien vouloir d’autre ?

—Je ferai tout ce que je peux pour t’aider. Je suis ton esclave, tu te souviens ? C’est le devoir d’un esclave d’aider sa maîtresse de toutes les façons possibles.

—Kousuke…

—Ha ha ha. Ne m’oblige pas à en dire plus. C’est tellement embarrassant.

Comme si je voulais quitter Sylphy après tout ce que nous avons vécu. Nous, les hommes, sommes vraiment des créatures simples, hein ?

—Mais ce n’est pas réaliste. Même si tous les habitants du village elfique approuvaient ma volonté, nous ne sommes que 300 personnes au maximum. Il nous serait impossible de déloger les forces du Saint Empire qui y sont en garnison.

—Aw, ne sois pas comme ça. Il doit y avoir un moyen.

Les chiffres étaient à la base de toutes les grandes batailles. Il était incroyablement difficile de gagner contre un groupe dont l’effectif était écrasant. Mais ce n’était le cas que lorsque les groupes étaient composés de soldats de même qualité et qu’ils utilisent exactement les mêmes tactiques.

—Si nous ne pouvons pas les battre par le nombre, nous nous retrancherons et nous construirons des forteresses. Ce sera encore mieux si nous utilisons des pièges. En plus, nous avons des arbalètes de notre côté, fis-je remarquer.

Vous pensez que c’est sale ? Lâche ? Mwa ha ha. Ce sont des compliments, si vous voulez mon avis.

Si nécessaire, je pouvais utiliser ma création la plus précieuse. La semaine dernière, j’ai profité de toutes les occasions que j’ai pu trouver pour ramasser de la terre des toilettes. J’avais commencé à fabriquer des vous savez quoi en secret.

—Quand on le dit comme ça, ça semble si facile, dit Sylphy.

—Je suis une optimiste, tu sais

Maintenant que j’avais tous les matériaux et les composants d’artisanat dont j’avais besoin, nous avions beaucoup d’options si le but était juste pour Sylphy et moi de survivre. J’avais l’impression que Sylphy m’en voudrait de l’avoir formulé ainsi. Le regard de Sylphy se posa sur la lune alors qu’elle réfléchissait un instant.

—D’accord, j’ai pris ma décision : Je vais reconquérir le royaume de Merinard !

Si c’est ce qu’elle voulait faire, je la suivrais et ferais tout mon possible pour l’aider. J’étais son serviteur dévoué, après tout !

—D’accord. Il faut en parler à Danan et aux autres.

—Très bien, allons-y, Kousuke.

—Aye, Aye, Ma’am.

Sylphy s’éloigna pleine de détermination. Je l’avais suivie. Lanicle, la lune d’or, et Omicle, avec ses mers bleues et ses nuages blancs, veillaient sur nous.

Bonus

  1. Le scutum est le bouclier utilisé par les soldats romains. Sa forme et sa taille sont variables selon les époques et le corps de troupe, le scutum des légionnaires étant notamment différent de celui des auxiliaires. ↩
  2. Un fauchon est un sabre droit, développé en Europe durant le Moyen Âge et utilisé entre le XIᵉ et le XVIᵉ siècle. La lame mesure généralement entre 40 et 60 centimètres, parfois plus, et peut être droite ou légèrement recourbée. ↩
  3. La traduction est « Beast Spear » (tiré du manga Ushio and Tora), mais j’ai simplement mis « Lance » ne trouvant pas d’équivalent sympa en Français ↩

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