À partir de ce moment-là, le combat devint unilatéral. Pris entre Haruhiro et les autres de la Force Ouragan Vert et la Force Aigle Sauvage, les orcs du front Nord tombèrent comme des mouches. Combien de minutes fallut-il pour les éliminer ? Ce fut rapide. En quelques minutes, plus d’une vingtaine d’orcs furent transformés en corps silencieux.
Ils étaient ses ennemis, donc Haruhiro ne se sentit pas désolé pour eux, mais il pensa que cette attaque fut assez brutale. Il s’était habitué à l’odeur de la mort, mais avec autant de corps qui gisaient au sol, c’était assez dur à tenir pour lui. Kajiko des Anges Sauvages passa devant le groupe d’Haruhiro.
Les étoles en plumes autour de leurs nuques, leurs heaumes et leurs chapeaux, même les plumes sur leurs bandanas … Tous étaient recouverts du sang de leurs ennemis.
—…I-Incroyable … !
Ranta les regarde avec admiration, mais … ce n’est pas incroyable, c’est effrayant, pensa Haruhiro.
—Britney ! Et la porte principale ?! demanda Kajiko d’un ton menaçant, mais Bri-chan, qui se tenait toujours sur le mur Est, secoua simplement sa tête.
—C’est pas bon ! On dirait qu’ils ne l’ont toujours pas brisée ! Je ne peux pas le voir d’ici, mais on dirait que c’est tendu par là-bas !
—Dans ce cas, nous n’avons qu’à prendre le fort nous-même ! dit Kajiko en levant ses bras haut dans les airs.
—Écoutez-moi, soldats volontaires ! L’Armée Frontalière a mis cent pièces d’or sur la tête du gardien, Zoran Zesh ! Et aussi, il y aura cinquante pièces d’or pour ceux qui ramèneront la tête d’Abael, un sorcier qui a tué un grand nombre de soldats volontaires avec sa magie noire !
—Cent… !
—Cent pièces !
—Cent pièces d’or !
—Cinquante pièces ?!
—Cent ors ?!
—Est-ce qu’elle vient de dire cent pièces d’or ?!
—C’est énorme !
—Sérieusement… ?!
Comme s’ils essayaient de verser de l’eau glacée sur la Force Ouragan Vert et sur la Force Aigle Sauvage qui bourdonnaient d’excitation, une pluie de flèches s’abattit sur eux depuis les tours de surveillances. Il semblerait qu’un bon nombre de soldats volontaires se soit fait toucher par elles. M.Rigole du groupe de Choco avait une flèche qui dépassait de son épaule, et M.Prêtre avait commencé à le traiter.
—Bou-Boucliers… !
Haruhiro ramassa hâtivement un bouclier orc. Cependant, il semblerait que plus personne ne portait d’intérêt pour les flèches désormais. Les soldats volontaires avec un reflet dans leurs yeux qui était différent de celui d’avant. Ils voulaient monter les escaliers du fort. Puis depuis le haut des escaliers, ils voulaient entrer dans le fort. Il y avait cent pièces d’or à l’intérieur, plus clinquantes. Cent Cinquante. Cent Cinquante. Cent cinquante ors en tout et pour tout. N’y avait-il que cela dans leurs esprits désormais ? Bien sûr, cent cinquante ors étaient une somme aguicheuse. C’était une telle somme qu’elle semblait irréelle, mais tout de même. Haruhiro entendit un cri de guerre familier venant de la cour. C’était Ron.
—On fonce dans le fort ! On sera les premiers là dedans.
Quand Haruhiro les avait observés depuis les escaliers du mur un peu plus tôt, ils se faisaient repousser autant qu’ils avançaient, mais la robuste défense ennemie avait fini par faiblir. La Force Ouragan Vert et la Force Aigle Sauvage avaient fini par se fusionner ensemble, fonçant ainsi vers les escaliers extérieurs. C’était comme une inondation de soldats volontaires. Les flèches pleuvaient depuis les tours, mais cela n’arrêtait pas le courant.
L’esprit de groupe qui régnait auparavant n’était plus. Nul ne pouvait s’arrêter. Haruhiro se faisait emporter par la vague lui aussi. Ses camarades étaient à ses côtés. Cela au moins, il pouvait encore le dire.
—Je vais à la porte principale ! cria Bri-chan.
—Je vais voir où en est la force principale ! Kajiko, je compte sur toi !
—Britney, le temps que tu reviennes, tout sera terminé … !
—Ne les énervez pas trop ! Montrez un peu de retenu ! Vous n’êtes pas une bande de gosses, vous savez !
—Toi va dire à cette armée régulière inutile que je vais prendre la prime !
—Franchement … ! Ne faites rien de trop risqué maintenant !
Bri-chan va quelque part ? se demanda Haruhiro. Il a parlé de la porte principale. Je suppose que c’est bon. Peu importe. Ça n’a pas d’importance. J’ai des plus gros soucis. C’est les escaliers extérieurs. Enfin, on est aux escaliers extérieurs. C’est vraiment un embouteillage là. Est-ce qu’on peut monter comme ça ? C’est tellement bouché, je crois que ça va pas être possible, mais on continue de bouger. Pourquoi est-ce qu’on se déplace si vite ? On a été super rapide. On est déjà sur le toit du fort. Quoa. Qui-oa. Wow. Les flèches. Elles arrivent de trois tours différentes. Il y des flèches qui arrivent de trois directions différentes. Là c’est vraiment une pluie de flèches. On se croirait en plein déluge.
Haruhiro arriva à tenir son bouclier, entre autres. Le temps qu’il atteigne l’entrée du fort, plusieurs flèches percèrent son bouclier. Juste avant de se faire pousser dans la porte, il se débarrassa de son bouclier.
Moguzo. Là. Ranta. Ici. Yume. Shihoru. Merry. Elles sont toutes là.
Il pouvait aussi voir le visage de Choco. Enfin, il pensait pouvoir le voir. Ils étaient tellement serrés, c’était dur de l’apercevoir. Il ne pouvait pas non plus se faire une idée de l’intérieur du fort. Pour l’instant, il devait se laisser porter par le courant. Il courut à travers un couloir, puis il descendit des escaliers. Du troisième étage, jusqu’au deuxième, puis jusqu’au premier.
Le premier étage du fort avait un haut plafond. La pièce était grande aussi. C’était si grand qu’il se disait que l’étage entier n’était qu’une simple place ouverte. Il y avait des escaliers dans les quatre coins, avec celui qu’Haruhiro et les autres avaient descendu qui devait être celui du sud-est. S’il se souvenait bien, ils devraient monter les escaliers du premier étage pour atteindre les tours. Cela signifiait qu’ils devraient monter trois escaliers différents, et que, ceux du Nord-Ouest, ceux du Sud-Ouest, et ceux du Nord-Est les mèneraient à une des tours.
Il y avait aussi quatre portes sur les murs, toutes ouvertes. Est-ce que cela voulait dire qu’elles avaient déjà été fouillées ? Il surmonta, ou il sauta au-dessus de beaucoup de corps orc dans le couloir, mais ce n’était rien face au premier étage. Le temps qu’Haruhiro et les autres arrivent ici, une féroce bataille avait dû avoir lieu.
Il y avait dix—non, plus que ça — orcs morts, ainsi qu’un grand nombre de soldats volontaires déchus. Certains étaient en train de se faire soigner par leurs camarades, tandis que d’autres n’étaient pas soignés. En d’autres termes, ils étaient morts.
—Bon maintenant, c’est de quel côté le jackpot ? demanda Kajiko.
Kajiko et ses Anges Sauvages avaient l’air de vouloir s’attaquer à la tour nord-ouest. La Team Renji avait choisi la tour Sud-Ouest. En voyant cela, bon nombre des soldats volontaires se dirigèrent vers la tour Nord-Est.
—Qu’est-ce qu’on fait ?!
Ranta releva sa visière, regardant chacun des escaliers.
—Je doute que l’on puisse affronter Kajiko ou Renji et en sortir vainqueur, alors on devrait aller à la tour nord-est comme les autres… ?
—Nah… commença Haruhiro.
Je dois prendre une décision.
Avant qu’il ne commence à se retourner la tête, Haruhiro prit sa décision. Il se fiat à ce qu’on appellerait une sorte d’intuition.
—Allons avec Renji et son groupe.
—T’es débile ou quoi ?! Si on va au même endroit que ces gars, on n’a aucune putain de chance d’avoir la tête d’un des leaders, et tu le sais très bien ! cria Ranta.
—Yume et les autres n’auraient pas été capables de prendre leurs tête dans tous les cas, t’sais.
—Idiote ! Stupide Yume ! Tu dois viser plus haut ! beugla Ranta.
Shihoru éclata de rire.
—Je ne pense pas qu’une personne qui croit que si l’on va avec Renji et son groupe, on aura aucune chance de prendre leurs têtes, ait le droit de dire ça …
—Ouais. Bah, pas faux. Je suppose que tu as raison. Très bien ! Pillons-les, alors ! déclara Ranta.
—Hahaha… rigola Moguzo.
—Quel lâche, dit froidement Merry.
—Et ça me va très bien ! dit Ranta avec un grand sourire.
—Pour un Chevalier Noir, ces mots sont une idylle ! Mwahahahahah ! Ô Ténèbres, Ô Seigneur des Vices, Appel du Démon !
De derrière la tête de Ranta, légèrement au-dessus, une chose qui ressemblait à un nuage noirâtre et violacé apparut. Le nuage tourbillonna pour former un vortex, puis il prit rapidement une forme.
Il était comme un torse sans tête, avec deux trous pour les yeux sur sa poitrine et une sorte d’entaille pour la bouche juste en dessous. C’était un familier de chevalier noir, un démon.
—…Kehe… Kehehehehe… Kehehehe… Kehehehehehehehe… Kehe… Ranta meurt.
—Pas « meurs, Ranta », mais « Ranta meurt » ?! Tu prédis soudainement ma mort, Zodiac-kun ?!
—…Ehehehe… Tue Ranta.
—Et maintenant tu me profères des menaces de mort ?! cria Ranta.
—Zodiac-kun, la patte ! ordonna Yume en tendant sa main.
Zodiac-kun dit « …Meurs … Mocheté … », mais il lui donna tout de même ses mains.
—Ohh ! s’exclama Yume. Zodiac-kun est vraiment une gentille créature. Mais, t’sais, dire que des gens sont des mochetés, c’est pas gentil …
—…Kehehe… Désolé…
—T’es tout gentil maintenant ?! dit Ranta.
La réplique comique de Ranta ne fit pas réagir Zodiac-kun. Pourquoi est-ce que son propre démon le tourmentait ?
Le groupe de Choco semblait être en train de décider quoi faire ensuite eux aussi.
—Vous pourriez mal le prendre, mais vous devriez ne pas trop en faire ! leur dit Haruhiro.
Il n’était pas clair qu’ils aient pris le conseil d’Haruhiro en considération, mais quoi qu’il en soit, Choco et son groupe avaient l’air de vouloir rester au premier étage. Il y avaient aussi d’autres groupes qui semblaient avoir pris la même décision. Ils étaient en sécurité de cette façon. C’était un bon choix.
Pour dire vrai, cela aurait été mieux pour Haruhiro et son groupe de rester au premier étage comme les autres. Pourquoi ne le faisaient-ils pas ? Parce qu’ils avaient tué des orcs. Vu qu’ils avaient perdu leurs virginités, est-ce que cela ne leur montait pas à la tête ? Est-ce qu’ils se sentaient confiants face à des orcs désormais ?
Haruhiro ne le pensait pas. Normalement, Haruhiro aurait au moins hésité dans cette situation. Alors pourquoi avait-il pris sa décision aussi vite ? Était-ce parce qu’il se disait que ce ne serait pas dangereux s’ils étaient avec Renji et son groupe ? Il y avait probablement une part de ça. Il ne pouvait le nier.
La Team Renji était forte. S’il restait caché derrière Renji, il n’allait probablement pas passer l’arme à gauche aussi facilement. Ceci dit, il n’avait nullement l’intention de rester caché. Haruhiro savait que son groupe devrait être capable d’aider, au moins un petit peu, et il était bien déterminé à les faire participer.
C’était étrange à dire, mais Haruhiro avait le sentiment, enfin en quelque sorte, qu’il voulait aider Renji. Rien de ce qu’ils feraient ne serait un facteur décisif du combat, mais ce n’était pas non plus comme s’ils allaient contribuer à quelque chose en restant ici. S’ils devaient aider quelqu’un, il préférerait que ce soit Renji. Même s’ils étaient vus comme une aide non souhaités, ou même traités comme de simples obstacles. Il ne voulait pas penser qu’ils ne pouvaient rien faire.
Si Haruhiro avait été seul, cela ne l’aurait pas dérangé d’être vu comme un bon à rien. S’ils se moquaient de lui, il aurait été capable d’en rire lui aussi. Il pourrait tout prendre sur lui. Cependant, il était dans un groupe. Il avait des camarades. Moguzo était un guerrier assez incroyable. Même Ranta, aussi énervant pouvait-il être, était tenace, et il y avait quelque chose d’unique dans sa façon d’utiliser ses compétences. Yume était toujours décontractée, donc il était facile de bien s’entendre avec elle, et Shihoru pouvait avoir l’air quelconque, mais elle était toujours en train de penser à ses camarades, et elle pouvait avoir une vue d’ensemble sur le groupe. Merry bossait dur elle aussi pour soutenir tout le monde.
Manato. On est devenu un bon groupe. Bien que ce ne soit vraiment pas de chance que tu ne puisses pas être ici avec nous. Je veux emmener ce groupe aussi loin que possible. Je ne pense pas qu’on ait besoin de se presser, mais même dans l’état actuel des choses, je pense que l’on peut aller plus haut.
—C’est partiiiiiiiiiiii… ! hurla Ranta.
Avec Ranta en premier, Haruhiro et les autres poursuivirent la Team Renji. Peut-être parce qu’ils ne voulaient pas affronter la Team Renji, peu de soldats volontaires se dirigèrent vers la tour Sud-Ouest. La Team Renji escalada les escaliers. Ils les laissèrent sur place.
—Les yeux de Yume tournent et tournent ! dit Yume en rigolant.
Ils pouvaient entendre des bruits qui venaient d’en haut. L’écho d’une bataille.
—Est-ce qu’on a touché le gros lot ?! cria quelqu’un.
Il y avait de soldats volontaires amassaient à la toute fin des escaliers.
Ils sont cinq. Un groupe, huh.
—Qu’est-ce que vous faites ? beugla Ranta.
Les yeux d’un soldat volontaire qui avait l’air d’être un guerrier s’écarquillèrent.
—Même si on voulait y aller, on peut pas … ça part vraiment dans tous les sens là-dedans !
—T’es débile ?! Si ça part vraiment en vrille là-dedans, ça fait une raison de plus pour entrer ! cria Ranta en poussant Zodiac-kun devant lui.
—Vas-y, Zodiac-kun ! Va devant, et reviens pour nous dire ce qu’il se passe !
—…Nnnnnnn… Non, non, non, non, non, non, non,… Kehehehehehehe…
—Pourquoi non ?! gémit Ranta
Haruhiro claqua sa langue.
—Oublie ça ! Je vais aller voir ! Tu te sens pas mal pour Zodiac-kun ?
—Oh, la ferme ! Zodiac-kun est à moi, alors je peux faire ce que je veux avec lui !
—…Qu… Qui tu dis t’appartenir … ? Je ne ne t’appartiens pas …Es- tu stupide ? Meurs…
—Si je meurs, tu disparaitras toi aussi ! Ça te convient ?! cria Ranta.
—…Ehehehehe… Si tu mourais… Je… Je-Je-Je ne pourrais pas être plus heureux … Ehehehehehe…
—Quo…
En poussant sur le côté Ranta, l’homme qui parlait aux murs, et en passant entre les soldats volontaires qui étaient devant eux, Haruhiro sortit sa tête des escaliers.
—Whoa !
Ils étaient sérieux. C’est vraiment le bordel.
La pièce circulaire au sommet de la tour était plus grande qu’il ne s’y attendait, avec un plafond qui assez haut. Au premier regard, il y avait plus de dix orcs. Au centre de la pièce il y avait Renji et Ron, qui étaient en train de combattre dans une confrontation assez intense, mais Chibi-chan, Sassa, et Adachi avaient été coincés dans une des extrémités de la pièce.
Chibi-chan agitait son bâton dans tous les sens, essayant entre autres de protéger Sassa et Adachi. Les membres de la Team Renji étaient les seuls soldats volontaires ici, et il n’y avait qu’un seul orc à terre à cet instant. Haruhiro ramena sa tête dans les escaliers.
—C’est pas bon, les gars. À ce rythme-là, je ne sais pas pour Renji et Ron, mais Chibi-chan et les autres…
Ils devaient les sauver. Pouvaient-ils le faire ? Eux ?
C’était présomptueux à un tel niveau de penser qu’ils pouvaient le faire que cela en devenait absurde. Cependant, la Team Renji était vraiment dans une très mauvaise situation. Présentement, c’était du cinq contre dix. La Team Renji pouvait être forte, elle n’en demeurait pas inhumaine. Leurs adversaires n’étaient pas faibles non plus. Pour dire vrai, ils étaient forts. Cela dit, si le groupe d’Haruhiro et ses six membres se joignaient à eux, ils pourraient au moins équilibrer le combat numériquement parlant.
Tout d’abord, ils aideraient le groupe de Chibi-chan. Renji et Ron n’avaient pas besoin d’eux. Ils pouvaient tenir par leurs propres moyens. Qui plus est, si Haruhiro et les autres aidaient Chibi-chan et son groupe, cela rendrait les choses plus faciles pour Renji et Ron.
—Moguzo, monte et va à droite ! ordonna Haruhiro.
—Chibi-chan et les autres y sont, alors protège-les ! Ranta et moi on y va aussi ! Yume, Shihoru, Merry, gardez un œil sur la situation et décidez de vos actions !
—Mm-hm ! dit Moguzo.
—Ouaisiish, c’est vraiment des assistés … marmonna Ranta.
—Ranta, mec, juste essaye de dire ça à Renji en face ! répondit Haruhiro.
—Je peux pas et tu le sais ! T’es vraiment taré !
—C’est toi le taré ! On y va !
Haruhiro, Moguzo et Ranta, montèrent dans cet ordre. Il la vit. Cette faible ligne luminescente. Au moment où Haruhiro pensa qu’il la voyait, son corps était déjà en mouvement, suivant la ligne, sans marcher ni courir. Il avança comme s’il glissait sur le sol.
Il n’y avait aucun bruit. Ce n’était pas comme si tout s’était arrêté, mais tout avança à un rythme apathique. Cet orc était sur le point d’assener un coup à Sassa.
Juste là.
Attaque Sournoise.
Même si elle traversa une armure, la dague d’Haruhiro s’enfonça avec légèreté. Elle toucha quelque chose. Un point vital. Quand il la retira, l’orc s’effondra sans faire le moindre bruit.
—…C’était quoi ça ?
Sassa semblait abasourdie. Haruhiro secoua sa tête en guise de réponse. Même si elle le lui demandait, il ne pouvait pas le lui expliquer clairement.
—Merci… ! rugit Moguzo en utilisant la Taillade de Gratitude pour écarter un orc qui était sur le point d’attaquer Chibi-chan.
—H-Hé, toi ! Zodiac-kun ! Aide-nous, veux-tu ! T’es pas sympa … !
—…Huhehehehehehehehe… Nnnnnnn… Non… tu es un peureux, et poilu insecte … Meurs …
—Putain… ! Il y a pas assez d’espace, c’est trop dur du coup !
Ranta était en train de courir dans tous les sens pour éviter les échanges de coups directs. Cela dit, il gardait un orc à lui tout seul, alors ce n’était pas si mauvais que ça. Yume, Shihoru, et Merry arrivèrent elles aussi.
—Renji !
Haruhiro utilisa Frappe sur le coup d’un orc, avant de reculer, laissant la prochaine attaque à Sassa. Sassa utilisait bien Frappe. Haruhiro devait avoir considérablement plus de force musculaire qu’elle, mais Sassa était souple et elle se déplaçait avec aisance. Elle avait le sens du rythme.
Haruhiro lui cria,
—Chibi-chan et les autres vont bien !
Renji regarda Haruhiro, un léger sourire sur les lèvres.
Ahh. Il est vraiment incroyable.
Renji utilisa son corps en entier pour faire tourner l’épée d’Ish Dogran. On aurait presque dit qu’il dansait. Quel genre de technique était-ce ? Était-ce une compétence ? Coupe, coupe — Renji terrassa deux orcs, l’un après l’autre. Ron en mit lui aussi un hors combat, le découpant avec toute sa force. Puis Renji en supprima encore un autre, en le décapitant cette fois-ci.

—Zeel , mare , gram , fel , kanon.
Adachi utilisa le sort Glace-Sang pour geler les pieds d’un orc. En dépit de cela, l’orc continua à avancer.
—Zeel, mare, gram, terra, kanon.
Sans perdre une seconde, Adachi commença à incanter son sort suivant. C’était Globe de Glace. L’élémentaire de glace gela instantanément l’eau présente dans l’air. La sphère résultante s’écrasa majestueusement sur le visage de l’orc. Cela avait l’air douloureux. L’orc tomba à genoux. Tout de suite après, Sassa se mit en action. Elle dépassa l’orc. Immédiatement après, Sassa enfonça sa dague dans la nuque de l’orc.
Alors tu peux faire une Attaque Sournoise comme ça ? Pensa Haruhiro. Joli combo. Enfin, on n’est pas mal, nous non plus.
—Ohm, rel, est, nemun, darsh !
Shihoru arrêta un orc avec Liens des Ténèbres, Merry lui assena un bon coup de bâton, Yume le trancha avec sa machette pour le faire reculer, puis… Moguzo.
—Hunghh… !
Il n’utilisa pas la Taillade de Gratitude. Il s’avança, prenant son épée à une main pour faire une poussée. C’était Charge. La gorge de l’orc fut basiquement pulvérisée. Bien sûr, cela voulait dire que sa nuque était brisée. Il ne pourrait pas se relever, soyez-en certains. Haruhiro observa les alentours. Y avait-il des ennemis ?
Aucun.
Les orcs étaient tous effondrés au sol.
—Putain…
Ron agita son épée ensanglantée.
—On n’avait pas besoin de votre aide.
—C’était quoi ça ?!
Ranta se rapprocha de Ron avec assurance, mais un seul regard fut suffisant pour le faire reculer à la vitesse de la lumière.
—…J-Je suis désolé. Ça n’arrivera plus.
—Lâche … marmonna Merry.
—Lâche, lâche, lâche … Kehehehehehe… Lâche, poilu insecte … Ehehe Insecte, insecte, insecte, insecte …
—…Un vrai insecte serait plus utile, tu ne penses pas ? demanda Shihoru.
C’est pas souvent, mais Shihoru peut être super méchante en vrai, pensa Haruhiro. Mais bon, elle a pas tort.
—En plus les insectes sont mignons, t’sais, acquiesça Yume.
Là, je suis pas d’accord.
—Vous nous avez aidés, dit Renji.
Mec, même la voix de Renji est cool. Elle est grave et rauque. C’est intimidant, mais il y une vague tristesse dedans. Quand je l’entends dire qu’on l’a aidé, avec cette voix— Honnêtement, c’est écrasant.
Cela le frustra, alors Haruhiro feignit le calme en haussant les épaules.
—On t’en devait une.
—Maintenant nous sommes quittes, dit Renji.
—…Vraiment ? demanda Haruhiro.
—Ouais, dit Renji en regardant Moguzo.
—Toi. Je pourrais t’utiliser.
—Huh… ?
Les yeux de Moguzo fusèrent rapidement dans tous les sens, avant qu’il ne le désigne.
—Quoiiiii ?! T-T-T-T-Tu veux dire moi … ?! N-Non, ce n’est pas … Uh, J-Je ne suis pas aussi impressionnant…
Que voulait-il dire, il pourrait « l’utiliser » ? Cela pouvait un peu embêter un peu Haruhiro, mais Renji et Moguzo étaient tous deux des guerriers. « Sois un guerrier pour en comprendre un »… il ne savait pas s’il y avait une expression comme celle-ci, mais un guerrier devait savoir beaucoup de choses sur le fait d’être un guerrier. Qui plus est, il avait été reconnu par Renji, le gars qui avait le respect du plus grand nombre de soldats volontaires que quiconque.
Moguzo est vraiment incroyable, pensa Haruhiro. Notre Moguzo est incroyable.
—Cependant, dit Adachi, réajustant la position de ses lunettes en prenant un ton calme et sarcastique.
—Il semblerait que le prix n’est pas là. Te relâcherais-tu maintenant, Renji ?
Renji ne répondit pas. À la place, il se tourna vers les escaliers. Ce fut à cet instant que cela arriva.
—Hé ! En bas ! dit quelqu’un.
Quelqu’un. Ni de la Team Renji, ni du groupe d’Haruhiro. Quelqu’un qui n’était pas ici.
Haruhiro se retourna.
—En bas… ?
Renji piqua un sprint.
—Haruhiro !
Ranta frappa Haruhiro dans le dos.
—On y va nous aussi !
Qu’est-ce que ça pourrait être ? Bizarre. Mon coeur. Il bat comme un fou. En bas. Qu’est-ce qui se passe en bas ? En bas. Attendez, en bas… ?
Ils descendirent l’escalier en spirale. Il se sentait comme si ses oreilles étaient bouchées. Étrange. Pourquoi ? Pourquoi était-il autant agité ? Il ne comprenait pas. Qu’elle en était la raison ? La cause ? Haruhiro avait perdu la tête à un point où il ne pouvait plus rien ressentir. Il était instable sur ses pieds. Et pourtant, son corps continuait à bouger.
En bas.
Au premier étage.
Il y avait des morts.
Des soldats volontaires.
Un grand nombre.
Il y avait beaucoup de corps inanimés.
Il y avait des orcs.
Pourquoi ? D’où est-ce que ces gars étaient venus ? C’était plus qu’un ou deux. Il y en avait une tonne.
Au milieu, il y avait un orc plus grand que les autres. L’orc portait une robuste, une fielleusement robuste armure rouge et un heaume, avec des cheveux teints en noir et des mèches dorées qui sortaient d’en dessous. Que dire de plus, il utilisait un style d’épée à une main. Il était incroyablement costaud, et il portait deux cimeterres qui hurlaient le danger, un dans chaque main, bien entendu.
Zoran.
Zoran Zesh.
Cela ne faisait aucun doute. Chaque trait distinctif que Bri-chan leur avait décrit correspondait. C’était le Gardien Zoran, le chef du Clan Zesh, celui qui avait cent pièces d’or sur sa tête.
Zoran utilisait ses cimeterres pour découper les gens. C’est M.Charmant, réalisa Haruhiro en en reconnaissant l’un d’entre eux. Du groupe de Choco. M.Charmant avait dû essayer de bloquer le cimeterre de Zoran avec son épée. Cependant, il ne le fit pas à temps.
—Ahh !
M.Charmant laissa échapper un cri qui semblait un peu stupide. Ses deux bras furent tranchés au même moment.
Et puis, dans la seconde qui suivit, sa tête.
La tête de M.Charmant s’envola.
C’est arrivé si facilement.
C’est quoi ça ?
Qu’est-ce qui se passe ?
Ou est M.Rigole ? M. Prêtre ? Mme. Cheveux Courts, la mage ?
Ils ne sont pas là.
Non, ils étaient là.
Au sol.
Tous, découpés en morceaux.
M.Grand tenait sur le bout d’un fil, combattant son dos contre le mur un orc qui n’était pas Zoran. À côté de lui, Choco.
Choco était là.
M.Grand essayait de protéger Choco. Cependant, il était clairement inférieur, et il ne pouvait pas complètement la protéger. Fort. Ces orcs étaient forts. Ils étaient loin d’être comme les orcs qu’ils eurent combattus jusque-là.
Ce n’était pas leurs équipements… c’était par rapport à leurs structurations, ou même leurs auras. Ils étaient complètement différents. Ils étaient le gardien et ses proches collaborateurs. Il y avait plusieurs orcs sans armure avec de sortes de pots accrochés à leurs tailles qui ressemblaient à des mages. Non, pas de mages… ils étaient appelés sorciers, n’est-ce pas ?
La Team Renji était déjà en train d’attaquer les orcs. Cela dit, il y en avait plus de dix, probablement une vingtaine, et le premier étage était grand et ouvert. Inutilement ouvert.
Comment allaient M.Grand et Choco ?
—Urkh !
M.Grand bloqua sa lame avec l’un des associés du gardien, mais il avait dû se prendre un coup de pied dans le ventre, car il se plia en deux.
Hé.
Non.
Tu peux pas faire ça.
Tu ne peux pas te le permettre.
Choco tenait sa dague en position de combat. Avec ses deux mains sur sa garde, elle pointait sa lame en direction de l’orc. Le bout de l’arme tremblait. Elle était terrifiée.
Non. Ce ne sera pas suffisant.
—Choco ! hurla Haruhiro en commençant à courir.
À cet instant, il sentit que Choco le regardait. Probablement, elle essaya de le regarder. L’épée de l’orc s’enfonça dans l’épaule de Choco. Elle s’y enfonça vraiment profondément. L’orc la poussa au sol avec son pied, retirant son épée avant de la rabattre une nouvelle fois sur elle.
—Sto…
Une fois.
Deux fois.
Trois fois, l’orc planta son épée.
Choco. Ahh !
Choco.
Comment ? Pourquoi ? C’est pas possible…
Non
Haruhiro pencha sa tête. Une voix s’éleva d’elle-même. Il ne savait pas ce qui était en train de se passer, il ne savait absolument pas ce que cette voix était. Il ne le savait pas.
Mais c’était quoi ce bordel ?

Laisser un commentaire
Connectez-vous ou créez un compte pour commenter.