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Chapitre 11

Les Guerriers de la Frontière

Traduction · JGarden, Relecture · Angeloids, Édition · Angeloids. Lecture ~9 min

Son nom était Anthony Justeen. Un fier guerrier du renommé 1er Régiment de la Brigade Guerrière de l’Armée Frontalière d’Alterna. Ce n’était pas n’importe quel vieux guerrier. C’était un maître guerrier. Anthony avait mis son honneur en jeu en participant à l’Opération « Serpent à deux têtes » en tant que glorieux Commandant de Section. Il allait attaquer l’Avant-Poste de Mortecrâne de front, essayant ainsi de prendre cette place à la loyale.

Bien entendu, si un guerrier aussi grand qu’Anthony foulé de son pied saint la terre d’un champ de bataille, il se devait de se tenir devant. À cet instant précis, il était en train de mener ses virils subordonnés alors qu’ils avançaient vers la porte, mais, dans son coeur, il y avait une chose qu’il trouvait quelque peu déplaisante.

Wren Water. Cette chiffe molle sans couilles. Qui a fait de lui un paladin ? Qui a fait de lui un brigadier général? C’était une tapette native du continent.

Un vrai paladin se tiendrait devant son armée, mettant sa vie en danger pour protéger ses camarades. Du moins, un paladin natif de la frontière avec du cran le ferait, mais cette pourriture de paladin et ce faux brigadier général n’étaient pas comme ça. Il avait une centaine de paladins et une bonne poignée de prêtre qui était là à le protéger tandis qu’il observait la bataille d’un air suffisant à l’arrière de la force principale.

C’était un idiot. Un putain d’idiot et un couard. C’était une merde. Et il était supposé être le descendant de la fameuse famille Water ? Comme si j’en avais quelque chose à faire. Il pouvait bien crever. Crever ou pourrir.

Même s’il était évident que le Général Graham Rasentra serait l’homme qui mènerait l’attaque sur la Forteresse Rivefer, d’ordinaire, le natif de la frontière, le guerrier parmi les guerriers avec du sang de la frontière, Brigadier Général Ian Ratty, aurait dû être celui qui mènerait la force principale avec sa force incomparable pour conquérir l’Avant-Poste de Mortecrâne. Wren Water aurait dû rester à Alterna, en chialant et en tremblant comme le poussin qui venait d’éclore qu’il était.

Dans les faits, même maintenant, alors qu’Anthony avait piétiné les camps, fait une percée jusqu’aux murs sous une pluie de flèches, et qu’il était sur le point d’installer le bélier sur la porte principale, ce misérable n’avait rien fait du tout.

Au tout début, il leur avait donné l’ordre d’avancer. C’est la seule chose qu’il eut fait. Même un gamin aurait pu faire ça. La majorité des guerriers de l’Armée Frontalière venait de la frontière. Les guerriers natifs de la frontière s’enorgueillissaient de leur grosse virilité et ils regardaient de haut les frêles natifs du continent avec un dédain absolu. C’était parce que les natifs du continent avaient beaucoup de fierté et pas grand-chose d’autres. Incapable de ne serait-ce que tenir une épée correctement, c’était une bande de bons à rien qui ne servait qu’à être méprisé.

Pour dire vrai, au moment où Wren Water avait été désigné comme leur commandant, le morale des guerriers avait chuté. C’est sans parler du fait que, dans cette opération, la Forteresse Rivefer était l’objectif principal, alors ils étaient tous quelque peu déçus d’être assignés à la prise de l’Avant- Poste de Mortecrâne, un combat qu’ils savaient gagner d’avance.

Bien sûr ils accompliraient leur mission. Ils prendraient la place forte, mais Wren Water en récupérerait le mérite. C’était impensable que cela se finisse sur autre chose que sur une victoire.

Va en enfer Wren Water. Ce sale con. Et donc, c’était ça la puissance d’une famille de renommée, n’est-ce pas ? En fait, cela ne pouvait être que ça. Il n’était pas là grâce à son talent. Même s’il ne faisait rien, les éloges viendraient à lui sans qu’il n’ait rien à faire et elles s’accumuleraient. C’était comme ça que cela avait était décidé.

L’homme que l’on pouvait appeler le symbole de l’Armée Frontalière, le Général Rasentra, entrait dans sa 46e année. Il était toujours dans la fleur de l’âge, mais certaines rumeurs circuleraient comme quoi le continent voudrait le récupérer. On disait aussi qu’il avait refusé à plusieurs reprises de prendre le poste de commandant en chef. Cependant, un jour ou l’autre, le général sera enlevé par le continent. Serait-il possible que Wren Water convoiterait son poste quand celui-ci sera parti ?

Il y avait actuellement trois brigadiers généraux qui étaient les suivants dans la hiérarchie après le général dans la frontière. Les Brigadiers Généraux Ian Ratty, Wren Water, ce petit con, et en dernier, le Brigadier Général Jord Horn, qui était toujours aux côtés du général.

Le sens commun indiquerait que le Brigadier Général Horn serait le successeur, mais ils étaient bien trop proches pour ça. Le général pourrait très bien vouloir prendre le Brigadier Général Horn avec lui sur le continent. Si cela venait à arriver, le Brigadier Général Ian Ratty serait le prochain général.

En termes de talent, c’était sans aucun doute lui qu’il fallait choisir, mais Wren Water était un sale con, il pourrait donc vouloir lui subtiliser le poste grâce à l’influence de sa famille. C’était une possibilité. Ce n’était pas impossible, mais vu que ce sale con était un sale con, il pourrait aussi vouloir rentrer sur le continent le plus vite possible. Personne ne l’en empêcherait.

Bouge-toi et pars. Les merdes appartiennent au monde des merdes.

De l’autre côté des Montagnes de Tenryu, sur le continent qu’Anthony n’avait encore jamais vu, il y avait des dizaines, des centaines de cités humaines. La campagne s’étendait à perte de vue, et il y avait des châteaux qui prônaient nonchalamment un peu partout. Il y avait des barbares au sud qui n’étaient pas encore soumis au Royaume d’Arakabia, mais ils étaient sans danger pour le royaume. Il y avait des guerres occasionnelles, mais il était rare que des soldats y meurent.

Les barbares se bagarraient entre eux la plupart du temps, et le royaume s’interposait de temps à autre. Le royaume était comme un père bénévole, et les tribus barbares ses enfants.

L’industrie s’était développée sur le continent, et les gens aimaient chantaient, dansaient et jouer de la musique. La bénédiction de la lumière du dieu Lumiaris était forte là-bas, et les terres étaient imbibées de lumière. L’économie d’Alterna était gérée par le continent, mais des choses qui couteraient un or à la frontière en couteraient seulement dix argents sur le contient. Le continent était une terre prospère. Tout ce qui était imaginable se trouvait là-bas, et si les pauvres se courbés un peu devant les riches, ils pouvaient trouver de la nourriture, des boissons et des vêtements. On disait même que les plus pauvres plébéiens du continent vivaient mieux que les soldats de la frontière.

C’est de la merde, pensa Anthony. Ce sont tous une bande de merde.

À qui les petits cons du continent pensaient devoir reconnaissance pour pouvoir vivre leur train de vie de merde ? C’était à Anthony et aux guerriers comme lui qu’ils devaient du respect, à ceux qui faisaient couler leur sang à la frontière. Si Alterna venait à tomber, la Route de L’Aorte du Dragon Terrestre sous les Montagnes de Tenryu, qui reliait la frontière au continent, serait vite découverte. Les orcs et les morts-vivants viendraient en masse pour envahir le continent. Il en prendrait le contrôle avec une aisance dérisoire. Le continent était construit sur les sacrifices d’Anthony et de ses hommes. C’était une tour bâtie sur du sable.

Donc, peu importe les magnifiques récits qu’ils entendaient sur le continent, même si cela ressemblait au paradis, c’était rien d’autre que de la merde. S’il devait le dire franchement, Anthony voulait prendre la place des orcs et des morts-vivants, conquérir le continent lui-même, et piller toutes ses ressources. Il avait tous les droits pour.

Car Anthony avait travaillé dur pour ses obligations, il défendait leurs propriétés et il leur permettait d’amasser des fortunes. Cette fortune avait été créée grâce à Anthony. Il était juste de dire que c’était la fortune d’Anthony.

Bien entendu, il ne le ferait jamais. Il y avait le fait que c’était un but irréaliste, mais Anthony avait aussi sa fierté en tant que guerrier. Il aimait aussi le vin, les femmes et la bonne nourriture, mais tout ça existait grâce aux guerres des hommes. Ici à la frontière, il y avait des batailles pour les hommes.

—Dégage , Wren Water ! cria Anthony.

Quand Anthony cria ça pour les encourager, les guerriers qui étaient sur le point de lancer le bélier affichèrent un large sourire.

—Dégage, Wren Water ! agréa un guerrier.

—Dégage !

—Va voir ailleurs et dégage !

—Dégage, Wren Water !

—Dégage tout de suite !

—Dégage, Wren Water !

Si les voix des guerriers apportaient ces mots jusqu’aux oreilles de Wren Water à l’arrière, ils le payeraient très cher plus tard.

Comme si j’en avais quelque chose à foutre ? On fera notre devoir. Notre devoir en tant que guerrier. Grâce à notre fierté de guerrier.

—On va compter jusqu’à trois !

Le guerrier en charge de donner le rythme leva son épée.

—Trois…

Le reste fut noyé. Il y eut un rugissement. Un rugissement s’abattit sur eux. C’était les orcs.

—Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhsh… !

Des orcs sautèrent depuis les remparts. Il était en train de pleuvoir des orcs. Le mûr sud faisait six mètres de haut. C’était, cela va sans dire, assez haut. Mais les orcs étaient braves. Ils se jetèrent sans la moindre peur, et ils atterrirent sur le sol. Des orcs atterrissaient même sur des soldats de leur propre armée en le faisant.

Les connards natifs du continent avaient tendance à regarder de haut les orcs et les autres races hostiles, mais Anthony le natif de la frontière n’avait pas cette mauvaise habitude. Il avait même une certaine forme de respect pour les orcs, ainsi que pour leur audace et leur intégrité. Les orcs étaient robustes, tenaces, et audacieux. Ils apparurent depuis pratiquement droits devant la tête de la ligne de front.

Devant des soldats qui ne s’attendaient qu’à recevoir des flèches, dix —non, plus de vingt— orcs vinrent à eux en balançant leurs épées. — Non ils volèrent jusqu’à eux.

Cela se finit en un instant. Les soldats qui essayaient d’armer le bélier se firent faucher sans même qu’ils puissent comprendre ce qui leur arrivait. Alors qu’ils avaient baissé leur garde, qui aurait pu prédire que des guerriers aussi expérimentés tomberaient aussi facilement ? Cela dit, cela n’avait rien de surprenant. La porte principale n’était pas encore ouverte. Ces orcs avaient lancé un assaut sans repli possible. C’était une escouade suicide. Des troupes mortes.

D’un autre côté, ses hommes étaient venus sur l’opération avec la présomption de la victoire. Ils pensaient qu’ils étaient garantis de gagner. Ils pensaient qu’ils ne pouvaient en aucun cas perdre. Tout le monde avait pensé ça.

Les ennemis étaient prêts à mourir. Alors que ses hommes eux n’avaient aucunement l’intention de mourir. Cela faisait une différence de préparation entre les deux côtés. Cette différence avait été trop importante.

—Calmez-vous !

Anthony asséna un coup à un orc. Leurs lames se bloquèrent, alors il fit un Enroulement. Mais son adversaire savait qu’il allait faire ça. Ils se bousculèrent, puis ils se séparèrent.

—Encerclez-les ! Encerclez-les ! Ils ne sont pas si nombreux !

Ses subordonnées essayèrent de faire comme Anthony le leur avait ordonné, mais une bonne partie d’entre eux était confus et paniqués. Ils ne pouvaient pas bouger comme ils le voulaient. Et ensuite, virent les flèches du ciel. La confusion s’intensifia et se propagea.

—On devrait battre en retraite temporairement ! cria quelqu’un.

—Conneries ! cria Anthony tandis qu’il déviait les coups de l’orc.

—Avez-vous oublié votre fierté en tant que guerrier ?! Écoutez-moi ! Tout ça c’est à cause de ce putain d’incompétent, Wren Water ! Ça me fait chier de le dire, mais on doit lui torcher le cul nous-mêmes ! Nous, les guerriers de la frontière, ne nous retournerons jamais ! On y va ! Guerriers, suivez-moi !

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