La « Banque Yorozu ». En tout cas, c’est ce que disait l’enseigne placée devant un bâtiment aux imposants murs en pierres aux allures d’entrepôt. Les lettres de l’écriteau étaient bordées d’or, avec des formes dignes de la plus grande des calligraphies. Haruhiro avait atteint la banque Yorozu sans se perdre, ce qui le rassurait un peu sur sa situation. Actuellement, son seul problème était son estomac vide.
Il allait bientôt mourir de faim s’il ne se dépêchait pas de faire de la monnaie pour pouvoir retourner chez Dory et engloutir une de ses brochettes. L’entrée principale laissait place à un hall qui finissait sur un petit escalier en pierre où trônait un comptoir. Haruhiro se plaça au bout de la file d’attente. Rapidement, ce fût son tour, signalé par un « suivant ! ».
De l’autre côté du comptoir était assise une petite fille calme, l’allure digne, sur un énorme fauteuil en cuir. Elle ne paraissait pas avoir plus de dix ans. Ses vêtements étaient d’un blanc et rouge vif avec des coutures dorées. Elle portait un monocle en or et tenait dans une main une pipe à tabac, elle aussi en or. Son personnage collait parfaitement à son habillement.
—Hmm
La fille prit une bouffée de tabac sur sa pipe tout en scrutant Haruhiro.
—Je ne vous ai jamais vu par le passé. Êtes-vous nouveau ?
—Oui… Répondit timidement Haruhiro.
Mais qui à la fin est cette petite fille ?
Il éclaircit sa gorge et continua :
—Oui, c’est la première fois que je viens ici.
—À en juger par votre accoutrement, vous devez être un apprenti de la Red Moon. Vous venez juste d’arriver, n’est-ce pas ?
La fille se leva et se tapota ses genoux.
—Je suis Yorozu, de la quatrième génération. Je mémorise parfaitement les noms, prénoms, visages, dépôts, soldes, ainsi que toutes les transactions effectuées. Cependant, je maintiens aussi des archives écrites pour ceux ne disposant pas d’une mémoire parfaite comme la mienne. Maintenant que les présentations sont faites, nous allons pouvoir ouvrir votre compte. Votre nom ?
—Euh… C’est… C’est Haruhiro.
—Je vois.
Yorozu se pencha en avant, prit un livre de compte sur le comptoir et commença à écrire, munie d’une plume et d’un encrier.
—Bien. À présent vous pouvez commencer à faire affaire avec la Banque Yorozu.
Haruhiro jeta un coup d’œil rapide au livre et vit qu’en effet, sur les premières lignes d’une page vierge, « Haruhiro » était inscrit avec une écriture très soignée. Quand il releva les yeux, le visage de Yorozu était en face du sien. Elle avait beau avoir une petite taille, elle n’avait définitivement pas dix ans. En l’examinant de plus près, il remarqua qu’elle possédait des traits très fins. Des yeux d’un bleu captivant, d’élégantes lèvres roses… Elle était en réalité d’une beauté sans nom.
—Quoi ?
Yorozu plissa ses lèvres puis tourna soudainement la tête, mouvement accompagné d’un long soupir :
—Vous n’avez pas à fixer mon visage de la sorte, Monsieur sans-manières.
—Je suis désolé.
—Soyons clairs.
Yorozu pointa sa pipe sous le nez de Haruhiro.
—La quatrième Yorozu est peut-être jeune, mais cela reste une Yorozu accomplie. Ne l’oubliez pas, et ne refaites jamais l’erreur de me mépriser. De plus, Haruhiro, je vous ai parfaitement mémorisé comme quelqu’un de grossier et de malpoli.
—Est-ce que vous pourriez oublier cette partie ?
—Impossible. Une Yorozu est une Yorozu, ce que veut dire qu’elle n’oublie jamais. Si une Yorozu oublie, elle doit démissionner de son poste au profit de la prochaine Yorozu. C’est la règle gouvernant tous les Yorozu.
—C’est plutôt strict…
Haruhiro jeta un coup d’œil derrière lui. Il était le seul client présent, et il n’y avait aucun autre employé de la banque.
—Est-ce que vous êtes la seule à travailler ici ?
—Évidemment que non ! Je suis la présidente et la représentante officielle de la banque. Transport d’argent et de biens, expertise, maintenance de l’entrepôt, tout ceci est réalisé par de nombreux employés et apprentis travaillant ici. Savez-vous précisément ce que nous faisons ?
—Euh… Du dépôt d’argent, du change de monnaie et tout ce qui s’y rapporte.
—Eh non, il n’y a pas que de l’argent. Il y a les biens également. Dans le cas de l’argent, nos frais s’élèvent à 1% du montant total. Pour les biens, ils sont à 2% de leur valeur, qui est évaluée par nos experts.
—1%… Alors pour cent pièces de cuivre déposées, il y en aura une qui sera pour les frais. Ce n’est pas un peu excessif ?
Yorozu tira sur sa pipe.
—Si c’est ce que vous pensez, alors ne déposez pas votre argent. Cela ne me dérange absolument pas. Mais permettez-moi de vous dire qu’un soldat de la Red Moon tel que vous, finira à un moment ou à un autre, par comprendre la valeur de nos services. Donc, Monsieur sans-manières, que souhaitez-vous faire ici ?
—Monsieur sans-manières… Répéta Haruhiro.
Allait-il avoir ce surnom désormais ? Il prit une puis deux pièces d’argent de sa bourse.
—Je voudrais changer ceci en pièces de cuivre.
—Je vois. Étonnamment, nous fournissons ce service sans aucuns frais. Deux pièces d’argent donnent alors deux cents pièces de cuivre, vous réalisez le poids que ça fait, Monsieur sans-manières ?
—Ah…
Haruhiro se rappela des pièces en bronze montrées par le vendeur de brochettes. Elles étaient petites, certes, mais deux cents pièces devaient sûrement représenter un poids conséquent.
—Je vois. Et puis marcher avec une telle somme n’est sans doute pas sans risque. Voilà pourquoi les gens déposent leur argent ici.
—En effet. Je peux aussi calculer instantanément des montants allant jusqu’au centième de pièces de cuivre. Par conséquent, les frais de dépôt pour une pièce de cuivre sont un centième de cette même pièce. Je m’en souviens et le note dans votre livre de compte. Quand le total des frais atteint une pièce de cuivre, je le déduis de votre compte. Alors inutile d’essayer de déposer 99 pièces de cuivre, ou encore une seule pièce à la fois.
—En d’autres mots, n’essayez pas de nous rouler. D’accord, j’ai compris.
Il déposa une pièce d’argent sur le comptoir.
—Est-ce que vous pourriez juste changer ceci en pièces de cuivre, s’il vous plaît ?
—Sans problème.
Yorozu fit sonner une cloche placée sur le comptoir à l’aide de sa pipe. Un jeune garçon vêtu de vêtements argentés sortit d’une porte au fond de la pièce. Yorozu ne décrocha pas un mot, se contentant de désigner quelque chose avec sa main. Le garçon s’inclina silencieusement puis disparut par la même porte. Quelques instants plus tard, il revenait avec un plateau noir, où étaient disposées des pièces en bronze. Il les plaça sur le comptoir puis se retira.
—Cent pièces de cuivre, vous pouvez les prendre, Monsieur sans-manières.
—Pourriez-vous arrêter de m’appeler comme ça ? marmonna Haruhiro tout en prenant les pièces pour les mettre dans sa bourse.
Malgré leur petite taille, une centaine remplit sa bourse à ras bord.
—Elles sont quand même lourdes, ça risque de ne pas rentrer dans mes poches.
Yorozu prit une grande inspiration.
—Vous pouvez toujours faire un dépôt si vous le souhaitez. Vous manquez peut-être de manières, mais notre devoir est de conseiller au mieux chacun de nos clients.
—Ça ira pour l’instant. Merci de vous soucier de moi, mais je pense m’en sortir.
—Très bien, dis Yorozu en tirant une nouvelle fois sur sa pipe.
—N’hésitez pas à revenir dès que vous en ressentez le besoin, Monsieur sans-manières. Nous sommes ouverts de sept heures à dix-neuf heures et ceci, tous les jours de l’année. Pour n’importe quelle requête, quand bon vous semble, la quatrième génération des Yorozu est toujours prête à vous répondre, ici même.
—À n’importe quel moment ? Même aux heures de repas ? »
—Je ne connais pas ceci. Je suis ici de sept heures à dix-neuf heures. C’est la règle chez les Yorozu.
—D’accord, merci et bonne journée.
C’est un travail difficile, pensa Haruhiro tout en quittant la Banque Yorozu.
Malgré sa petite taille, c’était une travailleuse acharnée.
Son estomac se fit entendre. De la viande. Les brochettes l’attendaient. Il se précipita vers l’échoppe de brochettes de Dory situé sur la place du marché. Il prit une grande bouffée d’air, remplissant ses poumons de l’odeur exquise de viande fraîchement grillée. Incapable de résister plus longtemps, il en acheta une immédiatement. L’explosion des saveurs mélangée avec la cuisson parfaite donnait un goût divin.
—Délicieux !
Une fois la première brochette dévorée, il était fortement tenté d’en prendre une seconde. Après une intense réflexion, il décida de se retenir. Une fois de retour à la Red Moon, il pourrait ramener Shihoru et Yume ici afin d’en déguster de nouvelles. Quant à Ranta, il s’en fichait. Ce passage à vide terminé, il quitta le marché et la raison de sa venue lui revint à l’esprit.
Ce n’est vraiment pas le moment de se goinfrer ! Je dois me renseigner sur cet endroit.
En regardant autour de lui, il repéra un panneau à l’entrée d’une rue, où était marqué : « Route Kaen ». Un jeune homme venait de cette direction, vêtu d’un long manteau blanc. Il portait une armure complète en métal sous son manteau, un bouclier était accroché sur son dos, ainsi qu’une épée à sa ceinture. Cependant, il ne ressemblait en rien à un garde de Tenbourou. En fait, il y avait des chances pour qu’il soit un des membres de la Red Moon.
Haruhiro prit une grande inspiration tout en rassemblant son courage et cria :
—Excusez-moi !
L’homme s’arrêta et se tourna vers Haruhiro.
—Oui ?
—Pardonnez-moi d’être si direct, mais, vous ne seriez pas un membre de la Red Moon ?
—C’est exact mais…
L’homme ébahi cligna des yeux plusieurs fois, puis eu un large sourire.
—Je vois, j’imagine que tu es un apprenti ?
—Euh, oui ! C’est tout récent ! Par conséquent, je ne connais pas grand-chose ici…
—On est tous passés par là. Même si on était perdu et confus, on avançait prudemment. En progressant régulièrement et à notre rythme, nos chemins deviennent alors évidents.
—Oui… J’avais compris que c’était quelque chose comme ça. Mais je ne sais absolument pas quoi faire, ni où aller…
L’homme acquiesça avec compassion.
—Je comprends. Mais les connaissances acquises pendant cette période te seront inestimables plus tard. Ceux qui ne trouvent pas leur propre lumière parmi les ténèbres n’arriveront jamais à en sortir.
—Ah bon ? C’est à dire que, je comprends ce que vous dites. Ou du moins en partie. Mais je vais vraiment y arriver ?
—Mon nom est Shinohara, d’Orion.
—Je m’appelle Haruhiro.
—Haruhiro, moi et mes compagnons d’Orion fréquentons assez souvent la Taverne de Sherry. Si tu as besoin de quoi que ce soit, viens nous voir.
—Quoi ? Ah, oui, très bien ! Orion, la Taverne de Sherry.
—Voilà. Je te souhaite bonne chance, Haruhiro. À bientôt.
Shinohara s’en alla, laissant à Haruhiro l’impression d’avoir rencontré quelqu’un d’accueillant et de sympathique. Avait-il obtenu des réponses ? Était-ce un échec ? Haruhiro baissa la tête. Il aurait dû retenir Shinohara et lui poser plus de questions. Malgré cela, il avait le sentiment qu’il avait poliment, mais efficacement, refusé de lui fournir plus de réponses. Shinohara n’en avait pas l’air, mais il n’était peut-être pas si sympathique. Ou alors était-ce sa manière pour guider les nouveaux ? De le retrouver à une taverne ?
Haruhiro regarda le ciel et plissa les yeux devant l’ardeur du soleil. La taverne ne devait sûrement pas être ouverte à cette heure de la journée. N’ayant nulle part où aller, il continua d’avancer le long de la route Kaen, à la recherche d’un autre membre de la Red Moon. Il croisa plusieurs personnes qui auraient pu l’être, mais elles avaient soit un air patibulaire, soit l’air inaccessibles ou encore le regardaient de manière dédaigneuse. Il n’avait pas le cran de les interpeller.
Il en avait marre. Haruhiro descendit la rue, passa les parterres de fleurs situés devant un grand bâtiment qui ressemblait à une auberge, et resta là, immobile, pendant un long moment. S’il restait ainsi suffisamment longtemps, peut-être que quelqu’un s’inquiéterait pour lui en lui demandant s’il avait un problème.
Ce n’est pas comme s’il avait des arrière-pensées. Bon effectivement, il en avait quelques-unes. Mais ce n’était que des vœux pieux. Quelles autres alternatives s’offraient à lui ? Il n’avait aucune idée d’où il était, ne se souvenait que de son nom, et n’avait pas la moindre idée de ce qui était en train de se passer. Comme pour en rajouter, il avait soudainement été enrôlé comme apprenti soldat. Et pendant qu’il était en pleine incompréhension et indécision, tous ceux qui étaient utiles avaient choisi leurs voies, laissant derrière eux les ratés incapables. Comme lui. Et maintenant, sans trop comprendre pourquoi, il avait fini par être le seul qui errait à la recherche de réponses. Et même ça, ça ne marchait pas.
Je suis bien trop lâche pour approcher les gens, pensa Haruhiro.
Mais où était le mal ? Nulle part. Il pourrait le surmonter s’il ne s’apitoyait pas sur son sort. Très bien alors, il allait manger des brochettes. Il allait retourner au marché et manger autant de brochettes que possible. Et pas seulement des brochettes, il y avait plein d’autres plats, plus appétissants les uns que les autres. Il mangerait alors toute la nourriture disponible sur le marché. Quand le crépuscule se montrera, il irait à la Taverne de Sherry. Peut-être était-ce un de ces endroits, où entouré de femmes, il passerait la soirée à boire. Il mangerait, boirait et s’amuserait jusqu’à ce que l’argent manque.
Non ! Haruhiro se releva.
Bien qu’il ne puisse pas s’offrir à un optimiste total, il n’allait pas sombrer dans la dépression. Il fit demi-tour et retourna vers le marché. Que faire. Fallait-il retourner au quartier général de la Red Moon ? Même s’il n’avait pas vraiment réussi à collecter beaucoup d’informations, un bon laps de temps s’était écoulé. Les autres devaient sûrement être affamés. Mais avant de leur faire découvrir les brochettes de Dory, il faudrait passer à la banque Yorozu pour y faire de la monnaie.
En y repensant, la banque Yorozu était une information utile pour le groupe. Et puis, il avait aussi rencontré Shinohara, qui lui avait donné rendez-vous à la Taverne de Sherry. Ce n’est pas comme s’il était seul. C’est vrai. C’est totalement vrai. Ils formaient un groupe après tout.
C’était décidé. Il marcha en direction du quartier général de la Red Moon, l’humeur plus joyeuse qu’auparavant. Mais il y avait un problème. En se servant de la tour Tenbourou comme repère, il était presque sûr d’aller dans la bonne direction. Mais même avec ça, le bâtiment de la Red Moon restait introuvable.
—Je suis… perdu ?
Il ne voulait pas l’admettre, mais il était bel et bien perdu. Ne sachant quoi faire, il alla une nouvelle fois sur la place située en face de la Tour Tenbourou. De là-bas, il pourrait revenir sur ses pas et retrouver son chemin.
Ça allait marcher. Avec cette méthode, je vais forcément y arriver, pensa-t-il.
—Ou alors c’était par ici ? Je me souviens de cette route ! Ah, en fait non. Ce chemin me dit vaguement quelque chose. C’était à droite ou à gauche déjà ? Bordel. Je sais plus…
—Haruhiro !
Haruhiro n’aurait jamais imaginé que quelqu’un puisse l’appeler ici, ce fut une vraie surprise. C’était comme entendre la voix d’un ange descendant de son foyer céleste. Il n’arrivait pas à y croire, ce n’était pourtant pas une hallucination. Le sourire de la personne qui accourait vers lui, une main levée vers le ciel, semblait briller à la manière du soleil.
—Manato !
Haruhiro commença à courir dans sa direction.
—Manato ! J’essayais de retrouver mon chemin vers le quartier général, mais je me suis perdu. Tu es comme une lumière divine.
—Tu exagères ! dit Manato tout en regardant aux alentours.
—Haruhiro, tu es seul ? Où sont les autres ?
—Ranta, Shihoru et Yume sont au quartier général de la Red Moon. Comme Shihoru a commencé à pleurer à cause du choc émotionnel, je suis parti en quête d’informations.
—Je vois. Et là tu étais sur le chemin du retour non ?
—Eh bien…
Haruhiro se gratta la nuque. Il était tenté d’enjoliver les faits, mais n’était pas bon menteur. Il se ravisa :
—À part la Banque Yorozu, je n’ai pas découvert grand-chose…
—La banque Yorozu ? Jamais entendu parler.
—Ah bon ? Tu peux y déposer de l’argent, y faire de la monnaie et plein d’autres trucs. Ça a l’air relativement important pour les membres de la Red Moon. Et aussi il y a un stand sur le marché qui vend de délicieuses brochettes… Mais j’imagine que ce n’est pas très utile…
—Je suis aussi passé par le marché, mais je n’avais pas fait attention au vendeur de brochettes. Si elles sont aussi bonnes que tu le dis, ça vaut le coup d’essayer !
—D’accord, je nous y amènerai alors. Je me souviens bien de son emplacement… Même si je n’arrive pas à retrouver le quartier général.
—On devrait y aller alors, dit Manato sur un ton léger, presque naturel.
—Je comptais y retourner de toute façon.
Haruhiro ne savait pas quoi dire. Il n’aurait jamais pensé entendre ça venant de Manato. Bien sûr, il avait dit « À plus tard » en quittant le quartier général, mais Haruhiro pensait que c’était une salutation comme les autres. Avait-il tort ? Manato avait-il l’intention de revenir ? Cela lui mit du baume au cœur de penser ça. Manato pencha légèrement la tête.
—Quelque chose ne va pas ?
—Non, répondit Haruhiro tout en tapant amicalement dans le dos de Manato.
—Allons-y. Retournons au quartier général. Ranta n’est qu’un bon à rien, mais Shihoru et Yume nous attendent sûrement.
—Oui, allons-y, acquiesça Manato en commençant à marcher.
Haruhiro fit de même, se félicitant d’être tombé sur Manato. Manato le guidait d’un pas rapide, donnant l’impression de savoir où il allait. Cependant, le chemin qu’ils empruntaient était différent de celui choisi par Haruhiro. C’était tout à fait normal, car Haruhiro ne se souvenait absolument pas du chemin retour.
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