Secrets of the Silent Witch T.6 – Chapitre 10

Prince marionnette

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

Les feux d’artifice tirés à l’occasion de la fête de l’académie se divisaient en deux catégories distinctes : ceux destinés au grand spectacle céleste, et ceux réservés aux effets spéciaux de la pièce de théâtre. Si les premiers n’étaient acheminés que la veille des festivités, les seconds étaient livrés bien en amont pour les besoins des répétitions. En plus de Felix et d’Elliott, les deux membres du Conseil des élèves, mademoiselle Mabel Haynes, la metteuse en scène de la pièce, assistait elle aussi à la réception du matériel.

Bien que la manipulation de ces pièces pyrotechniques fût confiée à des artificiers professionnels, les responsables du spectacle se devaient d’en connaître les rudiments de sécurité. Mabel Haynes était une étudiante de troisième année qui dégageait une vive impression d’intelligence. Si elle passait le plus clair de son temps à lire calmement, ses lunettes vissées sur le nez, ses yeux s’illuminaient d’une lueur presque fiévreuse dès qu’il s’agissait de théâtre, la métamorphosant en une tout autre personne.

C’était précisément cette jeune fille qui, s’approchant de Felix alors qu’il supervisait l’inventaire des marchandises, lui susurra un « Votre Al-tesse… » d’une voix mielleuse qui trahissait sans pudeur son intention de lui faire la cour.


— Vous avez réfléchi à ce que je t’ai dit l’autre jour ?

— Oh, vous voulez parler de ma participation à la pièce de théâtre ? Il me semblait pourtant vous avoir opposé un refus la dernière fois.

— Vous m’avez dit : « Laissez-moi le temps d’y réfléchir ». Ce n’était pas un non catégorique ! Je peux donc en déduire que la porte est toujours ouverte !


Mabel asséna ses arguments sans quitter Felix des yeux, le fixant d’un regard flamboyant. La pression qui émanait d’elle devint si étouffante qu’Elliot, pourtant affairé à vérifier l’inventaire juste à côté, préféra s’éclipser silencieusement et s’éloigner du prince.

— Je sais bien que votre emploi du temps de membre du Conseil des élèves est extrêmement chargé. Mais juste un tout petit peu… S’il vous plaît, Votre Altesse, juste un tout petit peu ! Acceptez de reprendre une partie de la scène finale, juuuuuste la scène finale du Roi Fondateur ! J’espère de tout cœur que vous accepterez ce rôle.

— Le spectacle perdrait toute cohérence si le comédien qui a assuré le rôle jusqu’à présent laissait sa place à ma modeste personne pour l’acte final.

— Ce n’est pas vrai ! Je suis certaine que quiconque verra cette pièce fondra en larmes au milieu des acclamations. J’entends déjà d’ici la foule applaudir et clamer votre nom avec une ferveur à faire trembler la terre !


Quelle exagération…, pensa Felix en balayant intérieurement les déclarations de Mabel.

D’ordinaire, mademoiselle Haynes savait garder son sang-froid en toutes circonstances. Mais dès qu’il s’agissait de théâtre, elle devenait un véritable moulin à paroles.

— Pour être tout à fait honnête avec vous, mon rêve aurait été que vous incarniez le Roi Fondateur, que Lord Ashley joue Sheffield, le Roi Esprit du Vent, que Lady Graham interprète Lurchela, le Roi Esprit de l’Eau, et que Lord Elliott prête ses traits à Arklade, le Roi Esprit de la Terre… C’est à se demander pourquoi les membres de notre Conseil des élèves sont tous aussi splendides ! Leur simple présence sur scène aurait suffi à marquer durablement les esprits, j’en suis absolument certaine ! !


Felix fit semblant de n’avoir rien entendu et continua d’inspecter la caisse en silence. Refusant de s’avouer vaincue, Mabel fit un pas de plus pour se planter juste devant lui, levant vers le prince un regard encore plus brûlant que celui d’une jeune fille éprise.


— Ne voudriez-vous pas y réfléchir à nouveau ? Même Mademoiselle Eliane, qui incarne la reine, a elle aussi exprimé le profond désir de vous voir accepter ce rôle.

— …

À la mention de ce prénom, les yeux bleus de Felix s’assombrirent un court instant. Cependant, son doux sourire ne le quitta pas une seule seconde lorsqu’il s’adressa de nouveau à Mabel :

— Permettez-moi donc de vous donner une réponse formelle. Nous autres, membres du Conseil des élèves, ne sommes pas autorisés à participer aux pièces de théâtre. Si vous insistez davantage, je me verrai contraint de considérer votre démarche comme une tentative de perturber le bon fonctionnement du conseil.

Devant ce refus on ne peut plus catégorique, Mabel laissa échapper un « ugh » des plus vils et se mit à mordre son mouchoir de dépit. Voyant sa réaction, Felix relâcha la pression et lui adressa de nouveau un sourire d’une douceur angélique.

— Je suis certain que cette pièce sera un franc succès, même sans ma participation. J’espère de tout cœur qu’elle se révélera être un grand spectacle, tout à fait à la hauteur de mes attentes.

Devant un tel argument, Mabel ne put insister davantage. Elle se contenta de hocher la tête en signe d’assentiment avant de laisser échapper un profond soupir de résignation. Tandis que Felix retournait à ses obligations après avoir géré la jeune fille avec brio, Elliot, qui avait observé toute la scène à distance, s’approcha pour le rejoindre.

— C’était un véritable exploit de réussir à tenir tête à mademoiselle Haynes. On pouvait s’y attendre de votre part, Votre Altesse… Cependant, êtes-vous certain de votre choix ? Mademoiselle Eliane espérait de tout cœur que vous incarneriez le prince, n’est-ce pas ?

Eliane était une parente éloignée de Felix, que le duc de Crockford, le grand-père de ce dernier, considérait d’ores et déjà comme sa fiancée officielle. Pourtant, Felix se contenta de hausser légèrement les épaules, visiblement indifférent à tout ce qu’elle pouvait ressentir.

— Ignorer ainsi l’une des trois plus belles fleurs de cette académie… Quelle situation enviable, n’est-ce pas ?


Ces mots, qu’il n’avait pas prévu de prononcer, s’échappèrent dans un murmure alors qu’il baissait les yeux sur sa liste. Ce n’était pas que Felix voyait d’un mauvais œil que sa fiancée potentielle soit choisie par le duc de Crockford. C’était juste qu’il n’avait aucun intérêt pour elle. En y réfléchissant, tout ce que le duc de Crockford préparait pour lui était toujours des choses qui ne l’intéressaient pas. Qu’il s’agisse de sa potentielle fiancée ou de l’avenir radieux qui s’ouvrait devant lui… Toutes les choses qui étaient préparées pour « Felix Ark Ridill » ne l’intéressaient pas.

Peu importe ce que je suis devenu, je dois devenir un roi.

Qu’on m’appelle la marionnette du duc de Crockford ou non, peu importe.


— … Je ne peux pas laisser la marionnette du duc de Crockford… devenir roi.

Casey parla d’une voix tendue. Son habituel sourire vivace avait complètement disparu, laissant place à un sombre désespoir qui émanait de son regard. Teinté d’une légère pointe de tristesse au milieu de sa détresse, Casey pointa la lame de son fin couteau vers Monica.

Enfin, Monica avait compris.

Si Casey avait renversé le bois de l’entrepôt est et mis en scène cet accident, c’était uniquement pour se forger un alibi. Si deux incidents éclataient le même jour à deux endroits différents, la plupart des gens supposeraient qu’ils étaient l’œuvre d’une seule et même personne qui en voulait à la vie de Felix.

Ainsi, en se retrouvant victime dans l’une des affaires, elle pouvait balayer les soupçons de son entourage. Si la chute du bois avait réussi à blesser Casey, personne n’aurait pu imaginer qu’elle était la coupable.

— … Mais pourquoi doit-elle faire des choses aussi dangereuses… ?

Un seul faux mouvement et elle aurait fini écrasée à mort par les madriers. La tentative désespérée de Casey de jouer ainsi avec le feu fit courir un frisson de glace dans le dos de Monica.

Casey… pourquoi a-t-il fallu que tu ailles si loin…

Pourquoi Casey a-t-elle dû aller aussi loin pour prendre la vie de Felix ?

Elle s’est donné la peine de transporter de dangereux outils magiques et a même simulé un accident de toutes pièces pour se créer un alibi. À la stupéfaction de Monica, Casey laissa échapper un rire ironique, son visage se tordant soudain de désespoir.

— Si Son Altesse Felix devient le prochain roi, le Duc Crockford, qui le soutient, déclenchera une guerre avec le Royaume Randall. En tant que marionnette du Duc, Son Altesse Felix ne sera pas en mesure de l’arrêter — déclare Casey avec gravité.

Le royaume de Randall, terre natale de la mère du premier prince, était un petit pays enclavé entre le royaume de Ridill et l’Empire. Felix le lui avait raconté alors qu’ils partageaient un chocolat chaud. Il lui avait expliqué que la faction du premier prince entretenait des liens étroits avec ce royaume. En revanche, il n’avait pas mentionné la nature des sentiments que la faction du second prince nourrissait à l’égard de Randall.

— Ma terre natale est limitrophe du royaume de Randall. À cause des ravages causés par les dragons, notre quotidien a toujours été une épreuve, mais comme nous manquons cruellement de fonds, nous ne pouvons espérer la moindre aide de la part des autres nobles.

Les chevaliers dragons, qui reçoivent directement leurs ordres du roi, mettraient bien trop de temps à se déployer jusqu’à nous. Quant à solliciter le soutien militaire des nobles voisins, cela exigeait à chaque fois de débourser une véritable fortune. Certes, certains d’entre eux, à l’image du comte de Kerbeck, ont les moyens de prêter main-forte aux seigneuries limitrophes, mais une telle intervention se monnaie au prix fort. Après tout, entretenir une armée requiert des sommes astronomiques.

— … Nous n’avions ni soldats ni argent. Après tout, notre peuple et nos terres avaient été totalement saignés par la lutte incessante contre le dragon. Et celui qui nous a tendu la main, c’est le royaume de Randall. Depuis de nombreuses générations, notre famille est en contact étroit avec eux… Ce sont eux qui ont dépêché les chevaliers que nous avons fait venir. Ils ont franchi la frontière du royaume pour voler au secours de notre terre natale.

Bien sûr, faire entrer secrètement les chevaliers du royaume de Randall en leur faisant franchir la frontière était une violation flagrante des traités internationaux. Mais pour Casey et les siens, qui vivaient sous la menace constante du dragon, cette intervention avait tout d’une bénédiction. Les chevaliers dragons du royaume étaient systématiquement déployés là où les intérêts étaient prioritaires. Il n’était pas difficile d’imaginer qu’une contrée aussi reculée et dépourvue de ressources financières ait été reléguée au second plan.

Dès lors, il n’y avait rien d’étonnant à ce que Casey se sente bien plus redevable envers le royaume de Randall qu’envers sa propre patrie ou ces nobles voisins qui leur avaient tourné le dos.

— Le duc de Crockford, le grand-père maternel de Son Altesse Felix, a planifié de déclencher une guerre contre Randall. Comme le duc a des vues sur l’Empire, son intention est de se servir de Randall comme d’un simple tremplin.

Le couteau scintillait sinistrement dans la main de Casey. Sa lame, polie comme un miroir, renvoyait le reflet du visage terrifié de Monica. Casey s’adressa alors à elle, un sombre sourire aux lèvres.

— Tu crois vraiment que je vais les laisser faire ? Certainement pas. Qu’il s’agisse du duc de Crockford ou de sa marionnette, le second prince.

— C’est pour cela que tu as créé la Conque Flamboyante… pour l’assassiner… ?

La Conque Flamboyante est un outil magique conçu à des fins d’assassinat. De la taille d’une broche, elle tient facilement dans la paume de la main. Une fois activée, elle absorbe le mana environnant pour le stocker à l’intérieur. Lorsque l’énergie accumulée atteint un certain seuil, elle libère un puissant jet de flammes.

Ce qui fait sa spécificité, c’est sa puissance de destruction phénoménale. Le feu de la Conque Flamboyante peut facilement saturer les barrières défensives ordinaires pour transpercer sa cible. Le seul inconvénient de cet outil réside dans sa portée limitée. Bien que d’une puissance dévastatrice, le rayon d’action de la Conque Flamboyante reste très court.

Mais que se passerait-il si elle s’activait dans l’entrepôt où est stockée la poudre à canon ? Les dégâts seraient sans aucun doute catastrophiques…

Cette perspective fit blêmir Monica, puis Casey reprit la parole.

— Je ne sais pas comment tu as découvert l’existence de la Conque Flamboyante… J’aurais tellement préféré que tu n’en saches rien… Si cela avait été le cas, je n’aurais pas eu à lever la main sur toi pour te faire taire.

Dès que Casey eut raffermi sa prise sur son couteau, elle réduisit la distance en un éclair, visant la gorge de Monica pour l’égorger. Cependant, Nero coupa court à sa tentative : il projeta Casey au sol en lui saisissant le bras, avant de le lui tordre d’un coup sec en poussant un rugissement.

— Hé, Monica ! Ce n’est pas le moment de flâner ! Faut qu’on fasse quelque chose pour l’entrepôt ouest, et vite !

— …

Un terrible conflit tourbillonnait dans l’esprit de Monica. Les aveux et le désespoir de Casey venaient de faire voler ses pensées en éclats. Pourtant, elle était la seule et unique personne capable de dénouer cette situation. Si elle restait les bras croisés, des dizaines de personnes allaient mourir. Bien que le rayon d’action de la Conque Flamboyante soit restreint, il ne faisait aucun doute que si la poudre des feux d’artifice venait à s’enflammer, cela provoquerait une catastrophe sans précédent.

Les costumes de la pièce de cette année seront vraiment étonnants ! Après tout, je les ai supervisés moi-même ! Alors tu devrais regarder la pièce.

Ces paroles de Lana résonnaient encore à ses oreilles.

Je ne veux pas… qu’elle soit gâchée.

Monica releva lentement la tête et tendit la main vers Casey, qui se débattait tant bien que mal sous la prise de Nero. Soudain, sans la moindre incantation, un faible courant électrique traversa le corps de Casey. Ses forces la quittèrent aussitôt et le couteau glissa de ses doigts inertes.

— Qu’est-ce que… c’était que… ça… ?

Casey n’avait probablement aucune idée de ce qui venait de se passer. Après tout, le sort que Monica avait jeté n’avait nécessité aucune incantation.

Bien qu’elle n’ait pas perdu connaissance, son corps engourdi refusait de lui obéir ; elle ne put rien faire d’autre que de s’effondrer sur le sol. Nero chargea alors son corps sans effort sur son épaule, avant de tourner son regard vers Monica.

— Hé, ce courant m’a picoté aussi, tu sais !

Ignorant la plainte de Nero, Monica réfléchit intensément à la façon de surmonter la crise.

Devrais-je utiliser un sort d’amplification de la voix pour alerter toute l’école et lancer une évacuation ? Non, c’est impossible. Mes paroles ne seraient pas assez convaincantes pour que tout le monde me croie sur parole. Et si j’utilisais un sort de vent pour envoyer la Conque Flamboyante seule dans le ciel ? … Non plus. C’est un outil magique fixe, il doit être solidement ancré au mur ou au sol. De plus, comme elle absorbe le mana environnant, la moindre maladresse de ma part pourrait la faire exploser au moment même où je lancerais mon sort.

À bien y réfléchir, la meilleure option restait de confiner la Conque Flamboyante à l’intérieur d’une barrière magique pour étouffer ses flammes. Comme Monica maîtrisait les sorts à distance, elle pouvait parfaitement ériger une barrière depuis sa position actuelle. Le véritable problème résidait dans la solidité de celle-ci. La Conque Flamboyante possédait un pouvoir destructeur tel qu’elle pouvait transpercer la quasi-totalité des barrières ordinaires.

Si j’y mets toute ma puissance magique, je pourrai peut-être atténuer la force de la Conque Flamboyante… mais ce ne sera pas suffisant. Si je ne la bloque pas complètement, elle enflammera la poudre des feux d’artifice et provoquera un désastre sans précédent… À moins que… À moins que je ne parvienne à dresser une barrière aussi puissante que celle de Louis…

Soudain, une idée traversa l’esprit de Monica comme une illumination. Sans perdre un instant, elle se précipita vers la fenêtre et concentra toute son attention.

— Oh, qu’est-ce que tu nous prépares ?

Nero observait Monica avec une curiosité non dissimulée. La jeune fille se tourna alors vers lui pour lui répondre.

— Nero, je vais attaquer l’académie.

— … Quoi ?

— Ne te l’ai-je pas déjà dit ? Dès que cette école subit une agression extérieure, la barrière défensive de Louis s’active automatiquement. Je veux que tu repères l’origine du sort au moment précis où cette barrière va se déployer.

Sans attendre la réponse de Nero, Monica façonna plusieurs puissantes Lances de Vent sans prononcer la moindre incantation. En règle générale, les sortilèges offensifs se matérialisent autour de leur lanceur avant de filer vers leur cible. Cependant, Monica utilisa une technique bien plus avancée : les « sorts à distance ». Elle fit apparaître ses lances d’air directement à l’extérieur de l’enceinte de l’académie, pour ensuite les projeter contre les bâtiments.

Cette prestigieuse école était protégée par une immense barrière défensive, conçue par Louis Miller, le Mage des Barrières. Au moment précis où Monica relâcha ses Lances de Vent, le dispositif de Louis détecta cette « agression extérieure » et enveloppa instantanément l’intégralité du domaine d’un mur de protection translucide. Cette formidable barrière repoussa sans le moindre effort les assauts de Monica.

Une telle efficacité n’avait rien d’étonnant pour un ouvrage qui avait requis des années de travail de la part du Mage des Barrières. Sa robustesse était tout simplement inégalable.

— Nero ! Où se trouve l’origine du sort ?

— C’est tout près d’ici. Attends… Je crois bien que ça vient du vieux jardin !

— Emmène-moi là-bas !

Ce à quoi Nero répondit d’un ton léger :

— Tout de suite !

Comme Casey était déjà installée sur son épaule gauche, il dut charger Monica sur la droite. Sans plus attendre, Nero franchit d’un bond léger le cadre de la fenêtre et s’élança à toute vitesse en direction du vieux jardin. Il courait à une allure si folle qu’il était difficile de croire qu’il transportait deux personnes à la fois. Tout en fendant l’air, il interpella Monica.

— Alors, qu’est-ce que tu comptes faire une fois que tu auras trouvé l’emplacement du sort de ce satané Mage des Barrières ?

— Je vais lui emprunter sa barrière.

— Hein ?

— Je vais réécrire la formule de la barrière défensive de Louis pour y confiner la Conque Flamboyante.

À ces mots, Nero écarquilla ses yeux dorés et fixa Monica avec stupeur.

— Est-ce que c’est… vraiment possible ?

— Je ne l’ai jamais fait auparavant, alors je n’en sais rien… Mais je n’ai pas le choix — je dois y arriver.

Tout en serrant ses mains tremblantes, Monica chassa ses doutes.

— Après tout, je suis la Sorcière silencieuse.