Secrets of the Silent Witch T.5 – Chapitre 5

Œil suspect

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

Cette nuit-là, après la fin de la leçon du goûter dans la cour, Monica travaillait sur son rapport dans sa chambre mansardée. Après avoir servi du café à la cérémonie du thé, elle se vit retirer des points. Comme Lana et Casey négocièrent beaucoup avec le professeur, ce dernier ne lui retira pas tous ses points, mais lui fit écrire un rapport. À côté de Monica, qui écrivait son rapport, se trouvait Nero en train de lécher une tasse de café avec beaucoup de lait dedans. Sous sa forme de chat, Nero s’agrippait avec dextérité à une petite tasse avec ses pattes, enfonçant son visage dans la tasse.

— Hm, pas mauvais. Donc voilà à quoi ressemble le goût d’un homme adulte.

— Les hommes adultes ne noient pas leurs boissons sous autant de sucre et de lait.

Exaspérée par son commentaire, elle termina son rapport puis remit sa plume d’oie à sa place, avant de laisser échapper un profond soupir. Se souvenant des feuilles de thé qui avaient été jetées dans la poubelle, Monica était certaine qu’il s’agissait d’un acte intentionnel pour la harceler.

— Ça va encore se reproduire, n’est-ce pas ?

Leur haine envers Monica ne cessait de croître jour après jour, c’était certain. Mais ce que Claudia fit lui donna encore plus mal à la tête.

— Nero…

— Oh, qu’est-ce qu’il y a ?

— Je me disais juste… peut-être que quelqu’un connaît ma véritable identité, celle de la Sorcière Silencieuse…

Levant la tête de la tasse, Nero, avec ses moustaches barbouillées de lait, dit :

— Tu veux sortir cette nuit ?

— Pourquoi prends-tu toujours ce genre de décision ?

— Enfin… si ton identité est découverte, Lululu Lunpa te tuera, non ?

— …C’est Louis. S’il te plaît, essaie de t’en souvenir, d’accord ?

Pendant que Nero léchait sa tasse, Monica réfléchissait. Si son identité était découverte, elle serait obligée de mettre fin à cette mission d’infiltration. Louis lui adresserait peut-être un sourire d’indignation, mais elle retournerait à ses journées tranquilles, se réfugiant dans la cabine, lisant et calculant des formules à sa guise, sans se soucier de sa vie sociale.

… Même ainsi, pourquoi ne pouvait-elle pas être honnêtement heureuse de cela ?

— Bon… comme mon identité n’a pas vraiment été découverte, je vais simplement surveiller la situation pour être sûr.

Sentant la réticence de Monica, Nero rétrécit ses yeux dorés, puis dit d’une manière taquine :

— Oh, vraiment~. Si ça avait été toi il y a quelque temps, tu aurais déjà crié : « J’en ai marre, j’en peux plus, je veux rentrer chez moi ! »

— Ugh… Eh bien… tu n’as peut-être pas tort… mais…

Alors que Monica tripotait son doigt, Nero sauta sur les genoux de Monica et tapota la cuisse de cette dernière. Son geste était comme celui des humains qui consolaient leurs connaissances.

— Pourquoi « mais » ? Si tu t’es un peu attaché à cet endroit, je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose.

— ...c’est… bien ? …ouais, tu as raison…

Nero avait raison. Pour Monica, cette école n’était plus un endroit rempli uniquement de mauvais souvenirs. Bien qu’ils ne fussent pas nombreux, elle avait des amis, qui lui donnaient un coup de main quand elle avait des problèmes. C’était quelque chose de nouveau pour Monica, qui s’était auparavant fermée à la vie sociale. Mais cette « Monica Norton » timide et maladroite n’était que son identité temporaire. Un jour, lorsque sa mission serait terminée, Monica quitterait l’école et retournerait à sa vie dans la cabane. À ce moment-là, elle ne reverrait plus jamais les gens qu’elle avait rencontrés dans cette école en tant que « Monica Norton ».

… et Monica redeviendrait Monica Everett des Sept Sages, Sorcière Silencieuse.


Une semaine après le goûter. Monica était complètement perdue. Dès que la pause déjeuner arriva, Monica quitta précipitamment la classe. Même si elle était la première à quitter la classe, elle ne pouvait pas baisser sa garde. Après avoir regardé autour d’elle, Monica fit de grandes enjambées pour quitter le bâtiment de l’école.

— Ça devrait aller… non ?

Pensa Monica en levant le regard, mais elle vit alors une silhouette aux cheveux noirs se tenant à l’ombre d’une fontaine, ce qui lui fit lâcher un petit cri de surprise. C’était Claudia. Quand elle se tenait près de la fontaine, sa silhouette était comme une figurine, mais quand elle remarqua Monica, elle tourna seulement son regard, la fixant intensément. Elle avait été comme ça toute cette semaine. Claudia apparaissait partout où Monica allait, seulement pour la fixer de loin. Elle ne s’approchait jamais d’elle et ne lui parlait pas. Tout ce qu’elle faisait était de la regarder, ce qui rendait son comportement encore plus effrayant. Quand Monica essaya de se diriger vers l’arrière du bâtiment de l’école… bam, elle heurta quelqu’un et tomba sur ses fesses.

— Je suis désolée…

Tout en tenant son nez qui s’était cogné, Monica leva le regard, puis trouva Glenn qui la regardait avec des yeux élargis.

— Monica, tu vas bien ?

— Je… Je suis désolée…

Même en s’excusant, Monica essayait toujours de trouver un endroit où se cacher. Et Glenn, qui regardait l’état de Monica, murmura : « Oh ! » comme s’il avait compris quelque chose.

— Tu es suivie par quelqu’un, n’est-ce pas ?

— … quelque chose comme ça…

— D’accord, laisse-moi t’aider !

Glenn tenait légèrement Monica à ses côtés, il psalmodia une courte incantation, puis donna un coup de pied dans le sol. Avec Monica dans son bras, Glenn s’éleva en flottant grâce à un sort de vol, sauta sur un arbre assez épais, puis relâcha le sort.

— Maintenant ils ne t’attraperont pas si facilement ici ! C’est mon endroit préféré pour faire une sieste !

— Merci… merci…

Au moment où Monica s’apprêtait à le remercier, elle vit quelqu’un descendre en marchant vers l’arbre. C’était Claudia. Elle marchait près du tronc, prête à passer tranquillement… ou du moins, c’est ce qu’ils pensaient. Au lieu de cela, elle arrêta son pas juste devant l’arbre où ils se tenaient, perchés en hauteur. Dans un élan d’impulsion, Monica utilisa son sort de non-chant pour créer une rafale de vent visant un arbre voisin. En voyant celui-ci osciller, elle espérait attirer l’attention de Claudia. Et Claudia fixa aussitôt l’arbre qui se balançait, ignorant celui où Monica se cachait encore.

— … est-ce que c’est juste mon imagination ?

Claudia murmura pour elle-même, puis s’enfonça plus profondément dans l’arrière-cour du bâtiment de l’école. Après s’être assurée que sa silhouette avait disparu, Monica poussa un soupir silencieux, et Glenn détendit ses sourcils puis regarda Monica.

— Es-tu victime d’intimidation de la part de cette personne ?

— N-Non… Je ne suis pas harcelée par elle… Je suis juste suivie par elle…

— Dans ce cas, tu ferais mieux de t’exprimer clairement ! Si tu te sens mal à l’aise, je le dirai pour toi, d’accord ?

— M-merci… mais, je vais bien…

Puisqu’aucun mal n’avait été fait, elle ne pouvait pas encore dénoncer Claudia. De plus, Claudia pouvait être au courant de la véritable identité de Monica. Si elle coinçait Claudia, elle pourrait dire à tout le monde que Monica était la « sorcière silencieuse », et ce serait un désastre.

— Elle essaie sûrement de m’observer pour voir si je suis vraiment la Sorcière Silencieuse…

Si Claudia était complètement sûre, elle ne surveillait pas Monica comme ça. Alors, il valait mieux rester tranquille jusqu’à ce que Claudia abandonne. Ensuite, Monica demanda à Glenn de la descendre de l’arbre, en se faisant proposer :

— Tu veux griller de la viande avec moi ? mais elle refusa poliment avant de retourner au bâtiment de l’école.

En fin de compte, elle utilisa tout son temps de pause déjeuner. Bien qu’elle eût l’habitude de sauter ses repas, après avoir fui Claudia pendant tout ce temps, elle était complètement fatiguée.

— Je voudrais profiter de mon repas tranquillement, pensa Monica en laissant échapper un soupir, mais quelques filles se tenaient devant sa classe, lui bloquant l’entrée.

— Pourrais-je avoir un moment de ton temps, Mlle Norton ?

La personne qui s’approcha de Monica était une jeune femme aux cheveux blonds, qui semblait être dans la même classe. Comme Monica ne se souvenait pas de son visage, elle devait probablement être d’une autre classe. Monica prit des précautions, mais la jeune femme lui répondit par un sourire en coin.

— Je suis Caroline Simons de la maison du comte de Norn. J’aimerais t’inviter à mon goûter.

— G…Goûter ?

— En effet, la classe s’est terminée un peu plus tôt aujourd’hui, n’est-ce pas ? Alors, avant de t’occuper de tes tâches de conseil des élèves, pourquoi ne pas venir à mon goûter ? Ça fait longtemps que j’aimerais passer un moment agréable avec toi.

À en juger par l’atmosphère, le chef de ce groupe devait être Mlle Caroline. Monica ne connaissait pas grand-chose de la maison du comte de Norn, mais ils étaient sans doute une famille prestigieuse à part entière. Donc, à moins que Monica eût quelque chose d’important à faire, elle ne pouvait pas refuser son invitation.

— Non, je ne veux pas y aller, réprimant sa pensée pleurnicharde, d’une voix tremblante, Monica lui répondit.

— Du moment que ça n’empiète pas sur mes responsabilités au conseil des élèves…

— Bien sûr. Cela ne prendra pas beaucoup de temps.

Caroline sourit joyeusement et affirma :

— N’est-ce pas, tout le monde ? tout en échangeant des regards avec les filles qui l’entouraient.

Les autres filles regardèrent Monica avec attention, tout en confirmant les paroles de Caroline. Un regard flagrant de dédain dans leurs yeux était plus éloquent que tout autre, traitant Monica comme une fille minable. Si elle l’avait pu, elle aurait refusé son invitation. Mais elle ne pouvait pas créer un chahut qui l’aurait fait sortir du lot dans l’école.

— Ok, ça ira, bois juste le thé sans rien dire inutilement jusqu’à la fin. Je vais m’en sortir…

Alors que Monica pensait désespérément ces mots pour elle-même, une paire d’yeux bleus comme du lapis-lazuli fixait intensément sa silhouette, et Monica ne le remarqua pas.