Secrets of the Silent Witch T.4 – Chapitre 5

Guerre souterraine

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

Il y avait plusieurs salons de thé à l’Académie Serendia. Parmi eux, se trouvait un salon de thé privé que seuls quelques élèves spéciaux pouvaient utiliser, et il servait à présent de lieu pour le goûter d’aujourd’hui. L’événement avait été organisé par Bridget Greyham, fille du marquis Sheilbury, secrétaire du conseil des élèves. Et un seul invité y avait été convié : le président du conseil des élèves et également second prince du royaume de Ridill, Felix Ark Ridill.

J’ai entendu dire que Mlle Monica Norton a réussi son examen de danse de salon.



Après avoir annoncé cela d’un ton désinvolte, Felix but une gorgée du thé qui avait été préparé. Bridget, qui sirotait également son thé avec élégance, retira la tasse de ses lèvres avant de la reposer sur la soucoupe.


C’est bon à entendre.

— Je pensais que tu voulais que Mlle Norton échoue. J’avais donc supposé que tu serais contente de la dénoncer si c’était le cas.

— Pourquoi serais-je contente si un membre du conseil des élèves échoue ?



Une réponse vraiment exemplaire. Bridget, l’une des trois plus belles filles de l’école, regarda Felix d’un air inquisiteur, un mince sourire étirant son beau visage.

En parlant de danse de salon… ça me rappelle des souvenirs. Te souviens‑tu encore des fois où nous pratiquions ensemble quand nous étions enfants ?

— Et tu étais déjà quelqu’un d’exceptionnel à cette époque.

— Je me souviens que Votre Altesse n’était pas très habile à l’époque… et qu’il s’excusait sans cesse de me marcher sur les pieds.


Bridget couvrit sa bouche avec son éventail, fixant Felix du regard… comme si elle cherchait à sonder sa réaction. Felix lui adressa un regard embarrassé, comme s’il avait honte de ses mauvaises performances passées.

— Tout à coup, tu parles du passé. Qu’est-ce qui se passe ? C’est rare que tu abordes ce sujet.

— Il m’arrive parfois de repenser aux bons vieux souvenirs.


Cependant, tandis que les deux semblaient apprécier leur conversation, une bataille silencieuse se jouait sous la surface. Bridget Graham était une jeune fille brillante. Elle ne s’était jamais laissée éblouir par la beauté ni par le rang de Felix, une femme qui ne pouvait être influencée aisément… et ce, depuis longtemps.

— J’ai toujours su que tu étais une fille intelligente.

— Mon père n’en est pas ravi. Il dit souvent qu’une femme gagne à être un peu naïve et adorable… Est-ce aussi ton avis, Votre Altesse ?

— Pour ma part, je préfère les femmes intelligentes.

— Mon Dieu… je suis flattée. Ho-ho-ho, Bridget ria d’un beau sourire que tout le monde aurait pu admirer, mais ses yeux dorés demeuraient glacés.

Les compliments creux de Felix n’atteignaient jamais le cœur de cette fille clairvoyante.


— Au fait, Mlle Monica Norton entrerait-elle dans la catégorie des femmes intelligentes, selon toi, Votre Altesse ?

— Et toi, quel est ton avis ?

Bridget attaqua, et Felix esquiva avec un sourire. Lorsque Felix lui adressa ce sourire, comme pour dire : « J’aimerais entendre vos pensées avisées », Bridget abaissa ses longs cils avant de choisir soigneusement ses mots.

— Pour ma part, je la considère comme une érudite dans l’âme. Avec les bons outils, elle aurait pu obtenir des résultats remarquables… mais s’exprimer en public reste sans doute son point faible. Si Votre Altesse souhaitait vraiment l’évaluer, il y avait bien d’autres façons de le faire que de la placer au sein du conseil des élèves, n’est-ce pas ?


En effet, la jeune fille assise en face de lui était d’une intelligence remarquable. Dans ce genre de circonstances, Bridget savait toujours garder une vision logique plutôt qu’émotionnelle, objective plutôt que subjective. Et, à demi-mot, elle insinuait clairement que Monica Norton n’avait pas sa place au conseil des élèves. Son raisonnement tenait debout : Monica, malgré ses compétences en matière d’administration, ne pouvait guère représenter dignement les élèves. Sa conduite demeurait trop décevante. À ces mots, Félix releva imperceptiblement le coin de ses lèvres et plissa lentement ses yeux bleus.


— Quand tu la regardes, est-ce qu’il t’arrive de penser… « Pourquoi est-ce que moi je n’en suis pas capable ? »



Bridget ne confirma ni ne réfuta ses propos. Elle se contenta de le fixer, attentive, comme pour sonder les véritables intentions de Félix derrière ses mots. Celui-ci, en retour, lui offrit un sourire d’une parfaite cordialité.

— Tu as dû te dire que c’était un peu comme revoir l’ancienne moi, Bridget.



Même après l’appel chaleureux de son nom, Bridget conserva son sourire figé, immobile comme un masque. Alors, Felix reposa délicatement sa tasse sur la soucoupe, puis se leva avec grâce. Il était encore tôt, certes, mais il jugea qu’il avait passé assez de temps en sa compagnie pour aujourd’hui.

— Merci pour le thé. J’ai passé un agréable moment en votre compagnie, Mlle Greyham.

— C’est un honneur, Votre Altesse. Je vous suis sincèrement reconnaissante de m’avoir accordé un peu de votre précieux temps.


Bridget, qui affichait toujours son sourire éclatant, demeurait l’exemple même de la jeune fille parfaite, irréprochable en tout point.


Après avoir quitté le salon de thé, Félix s’éloigna en poussant un soupir.


— …Elle est toujours aussi têtue, comme d’habitude.



Il avait peut-être parlé un peu trop. En réfléchissant, Félix jeta un coup d’œil par la fenêtre et écarquilla les yeux.


Qu’est-ce que c’est que ça…


Il regardait Glenn qui travaillait sur quelque chose derrière le bâtiment de l’école. Monica, Neil et Lana semblaient aussi l’aider. Alors qu’il se demandait ce qu’ils faisaient, Glenn installa une pierre et posa un filet de fer dessus. Il alluma un feu sous le filet et commença à déposer la viande dessus.

Wah…

Felix, qui avait l’intention de retourner au dortoir, s’arrêta et se dirigea rapidement vers le jardin.