Une petite main dans ses souvenirs
「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」
Après avoir mis fin au déchaînement de Cyril, Monica retourna dans sa chambre au dortoir, et le temps qu’elle finisse d’écrire le rapport à soumettre à Louis, l’aube tomba complètement. Lorsqu’elle vivait dans un chalet de montagne, rester debout toute la nuit était un événement quotidien, mais depuis qu’elle menait une vie normale, elle se sentait étourdie. Après avoir marché étourdiment jusqu’à la classe, s’être encore fait gronder par Lana pour sa mauvaise coupe de cheveux, puis lutter contre la somnolence tout au long du cours, Monica traîna les pieds jusqu’à la salle du conseil des élèves. Personne ne semblait encore être arrivé dans la salle du conseil des élèves.
Apparemment, Monica était la première à arriver ce jour-là. Monica nettoya brièvement la salle du conseil des élèves comme Cyril lui avait appris, réapprovisionna les fournitures, et ouvrit le registre. D’ordinaire, regarder les chiffres la rendait plus éveillée, mais là, elle n’arrivait pas du tout à se mettre les chiffres en tête.
— Je vois. J’ai utilisé beaucoup de magie hier… Je n’ai pas assez de sucre…
Monica, qui n’était pas difficile en matière d’alimentation, ne consommait toujours que la quantité minimale de nourriture. Pour le petit-déjeuner, elle prit un morceau de pain restant du dîner et du café. Pour le déjeuner, elle prit des noix et de l’eau. Normalement, cela devait lui suffire, mais après une journée à utiliser beaucoup de magie, ce n’était toujours pas suffisant pour elle. Faire de la magie demandait beaucoup d’énergie. C’est pourquoi on disait que beaucoup de magiciens avaient la dent sucrée.
Monica fouilla dans ses poches pour trouver quelque chose à manger, mais il n’y avait rien à manger puisqu’elle avait mangé toutes les noix au déjeuner. Encore un peu de patience jusqu’à ce que le travail du conseil des élèves soit terminé… se disait-elle, mais Monica céda à la somnolence et s’affala à son bureau.
Pendant que Monica s’affalait en dormant sur le grand livre, quelqu’un ouvrit la porte de la salle du conseil des élèves. La porte fut ouverte par le vice-président, Cyril Ashley. Il était la deuxième personne à arriver dans la salle du conseil des élèves, et, lorsqu’il remarqua Monica endormie sur son bureau, il haussa les sourcils. Il faillit ouvrir la bouche pour crier sur Monica, mais… il se tut.
— …
Il fit inconsciemment taire ses pas et s’approcha du bureau, puis baissa les yeux sur la silhouette de Monica.
— Elle est vraiment une petite fille.
Son petit corps décharné ne ressemblait pas à celui d’une fille de dix-sept ans. Son teint restait pâle, et ses yeux, qui pouvaient paraître bruns ou verts selon la lumière, demeuraient toujours baissés par peur. Sans aucune grâce ni beauté noble, elle n’était qu’une fille terne que l’on aurait pu croiser n’importe où. Cyril fixa la main droite de Monica, qui tenait encore la plume. À l’académie Serendia, les gants faisaient partie de l’uniforme. La plupart des filles portaient des gants faits sur mesure, souvent ornés de dentelle ou de rubans autour des bords, mais les gants de Monica étaient blancs et sans ornement. Ils n’étaient pas à la bonne taille, ou peut-être un peu trop grands. C’était dire à quel point ses mains étaient petites. Comme celles d’un enfant.
— …
Cyril prit délicatement la plume d’oie de la main de Monica et la replaça dans le porte-plume. Au moment où la plume fut retirée, la main droite de Monica se détendit, laissant le bout de ses doigts glisser sur le bureau. Cyril couvrit alors la main droite de Monica avec la sienne, comme pour vérifier à quel point elle était petite…
— Oh, Cyril. Tu es déjà là ?
Dès qu’il entendit la voix de Felix derrière lui, Cyril bondit du bureau comme une sauterelle.
— Votre Altesse, vous vous trompez ! Cette petite fille fait la sieste dans la salle sacrée du conseil des élèves, alors j’ai pensé la réveiller ! Allez, debout, petite fille !
Cyril frappa la tête de Monica avec sa main droite, qu’il avait soulevée de façon anormale. Monica, qui s’était affalée sur le bureau, releva le haut de son corps avec un grognement étouffé et regarda Cyril avec des yeux encore légèrement endormis.
— ...Seigneur Asshuley ?
— H-Humph, c’est quoi ce visage stupide ? Vous êtes en présence de son Altesse ! Tiens-toi droit !
— …9129, 14771, 23900, 38671, 62571, 101242, 163813…
— Parle en langage humaine !
Quand Cyril s’agrippa à la tête de Monica en tremblant, Monica se contenta de fixer le visage de Cyril et… sourit largement.
— … Je n’ai plus froid… quel soulagement…
Les yeux bleu foncé de Cyril s’élargirent et la main qui tremblait sur la tête de Monica s’arrêta. Inconsciemment, sa main toucha la broche sur son revers. Alors que la bouche de Cyril s’ouvrait et se fermait comme s’il allait dire quelque chose, la main de Felix se tendit sur le côté et… enfonça un des biscuits dans la bouche de Monica. Dans un état de stupeur somnolente, Monica mordit dans le biscuit, croustillant. Felix poussa un morceau du biscuit, qui rétrécissait progressivement à partir des bords, dans la bouche de Monica, puis sortit un autre biscuit et l’approcha de sa bouche. Après avoir remarqué que le biscuit pressait contre ses lèvres, Monica, toujours hébétée, mordit dans le deuxième biscuit.
— Intéressant. Elle est à moitié endormie, mais sa machoire bouge.
— Hum, V-Votre Altesse…
— Tu veux essayer aussi, Cyril ?
Le ton de sa voix donna l’impression qu’il invitait quelqu’un à interagir avec son animal, mais Cyril secoua la tête pour refuser. Au moment où Felix s’apprêtait à prendre le troisième biscuit dans sa main, la tête de Monica se leva et ses yeux s’ouvrirent légèrement. Monica se frotta les yeux et marmonna quelque chose d’une voix indistincte, comme si elle venait de se réveiller. À ce moment-là, Monica pensa au rapport qu’elle avait passé la nuit à rédiger. Pour Monica, écrire des rapports était l’une des tâches pour lesquelles elle était très mauvaise.
« J’espère que Louis ne sera pas fâché contre moi… » fut la seule chose à laquelle Monica put penser, et le jeune homme qui lui criait dessus en face d’elle sembla se confondre avec Louis Miller. Ainsi parla-t-elle.
— Félicitations pour la grossesse de votre femme !
— De qui tu parles ? !
À Cyril qui criait, Felix parla doucement.
— Cyril, c’est qui ? Tu dois assumer tes actes, d’accord ? »
— Ah, Votre Altesse ! Non, c’est un malentendu. Cette petite fille ne fait que dire des bêtises dans son sommeil… !
Il y avait Cyril qui criait, les yeux injectés de sang, Felix qui souriait joyeusement, et Monica qui restait encore assoupie. Personne ne l’aperçut, mais cette scène fit que Neil, le quatrième garçon qui arriva dans la salle du conseil des élèves, s’arrêta à l’entrée, le visage troublé.




