Secrets of the Silent Witch T.3 – Chapitre 7

Nero et Felix

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

Nero, avec Cyril sur ses épaules, courait dans la forêt, la nuit, sans aucune lumière. Malgré sa forme humaine, il pouvait toujours voir clairement dans l’obscurité. De plus, il était beaucoup plus fort qu’un humain, donc même avec Cyril sur son épaule, il put courir à grande vitesse.

Comment ce gars frileux a-t-il bien pu sortir du dortoir, je me le demande ?


Les dortoirs des garçons et des filles étaient entourés de hauts murs. Les portes étaient gardées par des sentinelles qui veillaient toute la nuit, il ne devait donc pas être facile de se faufiler dehors. Ce serait une autre histoire s’il pouvait utiliser la magie du vent pour sauter ou voler, mais la magie du vol n’était pas aussi facile qu’elle n’en avait l’air. Monica lui avait dit un jour que seuls les magiciens avancés pouvaient la maîtriser, car elle requérait à la fois des techniques de manipulation magique très précises et des capacités physiques.

En dehors de ses compétences magiques, les capacités physiques de Monica étaient très faibles, alors sauter en l’air était le mieux qu’elle pût faire.

D’après ce que je vois, ce gars frileux excelle en magie de glace, mais il ne semble pas vraiment doué pour les autres formes de magie.


Depuis la naissance, chaque humain naissait avec un ensemble d’attributs pour lesquels il était doué. Il n’était pas rare que les magiciens ordinaires ne pussent utiliser que leur attribut dominant de la magie. La capacité de Monica à manier aisément la magie de haut niveau, quel que fût l’attribut, était assez exceptionnelle à bien des égards. Parfois, il l’oubliait presque.

Je suppose que ce gars frileux ne peut pas utiliser la magie du vent. Cela dit, utiliser autant de magie de glace à son âge reste impressionnant. Mais.


Comment Cyril, qui ne pouvait pas utiliser la magie du vol, avait-il réussi à se faufiler hors du dortoir des garçons ? La réponse fut rapidement découverte lorsqu’il atteignit l’arrière du dortoir. Une fissure lézardait l’un des murs qui l’entouraient. Apparemment, Cyril s’était glissé par là.

Je suppose que même les écoles les plus prestigieuses manquent parfois de rigueur dans leur gestion.

J’ai entendu dire que cette fissure servait déjà, à l’époque, aux anciennes générations d’élèves pour se faufiler hors du dortoir et aller se détendre.

Une réponse vint de derrière Nero. Avec Cyril sur son épaule, Nero tourna la tête et aperçut un élève masculin familier qui se tenait là. Élégant et grand, doté d’une structure faciale parfaite et de cheveux dorés luisant doucement sous la lumière de la lune, il s’agissait du second prince du Royaume de Ridill : Felix Ark Ridill. Vêtu de son uniforme, Felix tenait à la main une planche légèrement plus grande. Lorsque Nero porta son attention sur celle-ci, Felix l’appuya contre le mur de façon à couvrir la fissure.

Cyril met habituellement une planche pour cacher cette fissure, mais il semble qu’il n’ait pas eu le temps de le faire cette fois.

Cette fissure était donc une échappatoire que même le prince connaissait. Convaincu, Nero fit descendre Cyril de son épaule.


Je ne suis qu’un voyageur de passage. Je suis venu récupérer un gars frileux qui s’est effondré dans les bois après que son surplus de mana ait échappé à tout contrôle. Je suis gentil, non ? Tu devrais être reconnaissants.

Ouais, merci d’avoir pris la peine.

Si ce frileux dit quelque chose, dit-le que ce qu’il voit n’est que le fruit de ses hallucinations dues au surplus de mana. Tout ce qu’il a vu n’était pas réel.

Hmm ?


Felix jeta un coup d’œil à Cyril, puis reporta rapidement son regard sur Nero. Son expression douce ne changea pas — mais ses yeux bleus observaient Nero avec méfiance.

Gentil voyageur. Puis-je vous demander votre nom ?

Mon nom ne vaut pas la peine d’être mentionné, mais puisque je suis gentil, je vais vous dire mon nom. Je m’appelle Bartholomew Alexander.



Une fois que Nero eut menti de façon flagrante, Felix porta une main à sa bouche pour retenir un rire.

Je ne m’attendais pas à ce que vous ayez le même nom que le héros d’un roman d’aventure.

Vous connaissez Dustin Gunther ?


Dans l’esprit de Nero, la sympathie qu’il éprouvait pour Felix augmenta légèrement. Il croyait fermement qu’il n’existait pas de mauvais garçon qui apprécie Dustin Gunther. Alors que la voix de Nero s’animait, Felix laissa échapper un léger gloussement.


J’ai profité de tous les divertissements que ce pays pouvait offrir. Que ce soit les romans, les jeux, le théâtre…

Y compris les femmes ?

Quand Nero, qui avait vu Felix sortir pour la vie nocturne, le piqua, Felix se contenta de sourire vaguement et répondit :

Je me demande.

Quel humain effrayant. Né dans la royauté, comblé de toutes sortes de privilèges — et pourtant, ses yeux sont vides, comme ceux de quelqu’un qui n’a jamais rien possédé.


Felix porta légèrement Cyril, puis regarda Nero comme s’il venait de se souvenir de quelque chose.

Au fait, tu le savais, voyageur ? Cette forêt est une propriété de l’école, donc son accès est interdit à quiconque, sauf au personnel autorisé.
Oh, c’est vrai ?


Nero détestait surtout qu’on l’oblige à se plier aux règles humaines.

Je ne suis pas humain, pour commencer.


Peu importât le genre de règles que les humains avaient faites, Nero indiqua seulement Cyril d’un coup de menton.


J’ai sauvé ton gars frileux. Alors, sois un peu clément.

Oui, bien sûr. Je n’oserais pas te reprocher d’avoir sauvé la vie de Cyril
Oh ?


Nero fronça les sourcils avec mépris et enfonça sa main dans ses vêtements. Il fouilla ensuite dans ses habits et fit un geste comme s’il essayait d’attraper quelque chose.

Tu n’essaies pas de m’interroger parce que ce type risquerait de découvrir qui je suis ?

Avec ça, Nero sortit sa main de ses vêtements. Au bout de ses doigts, un lézard blanc à la queue arrachée se balançait placidement. Nero souleva le lézard blanc à hauteur de son visage et menaça de le manger ; le lézard agita ses petits membres et devint sauvage. Nero rit vicieusement, montrant ses dents pointues.


Un esprit de l’eau, je suppose ? Je parie que tu comptais espionner mes vêtements en douce, mais tant pis. Je suis très sensible au mana.


Un esprit était quelque chose comme une masse de mana. Donc, plus l’esprit était de haut rang, plus Nero pouvait le détecter facilement. Ce lézard blanc était un esprit de l’eau de haut rang, très probablement l’esprit contracté du prince. Felix souriait toujours sereinement face au lézard blanc. C’était ce qui le rendait si effrayant. Quant à Nero, il s’attendait à entendre « Qu-Quoi ! ? » ou « Qui es-tu ? », mais ce prince ne semblait pas le moins du monde contrarié.

Bye.


Nero jeta le lézard blanc au sol avec agacement avant de tourner le dos à Felix et de s’éloigner.


Hey, prince étincelant. Peu importe à quel point tu t’ennuies, tu ferais mieux de ne pas t’en prendre à ma préférée, ok ?


S’il restait à bavarder plus longtemps, sa véritable identité risquait d’être découverte. Il se contenta donc de marmonner pour lui-même, dévoilant ses dents pointues dans un ricanement mauvais.


Si tu essaies de faire mal à Monica, je te bouffe la tête.


Le lézard blanc qui avait été jeté au sol — Will — s’inclina devant Felix après avoir repris forme humaine.


Je m’excuse pour mon manque de puissance. Laissez-moi aller chercher cet homme immédiatement…

Non, ça ira. Ce serait embêtant si tu te faisais manger.


À la remarque légère de Felix, Will baissa la tête, honteux de son incapacité à accomplir sa tâche. Felix, pour sa part, abandonna toute idée de poursuivre le jeune homme aux cheveux noirs. Il ignorait qui il était… mais son instinct lui disait clairement qu’il ne s’agissait pas de quelqu’un qu’il pourrait rattraper ou éliminer facilement. Sans doute un non-humain. Pourtant… pas un esprit. Autre chose. Mais peu importait. Tant que cet être ne nourrissait pas d’intentions hostiles envers lui, Felix pouvait bien le laisser tranquille pour l’instant.


Will, reprends ta forme de lézard. Ce serait un peu gênant si Cyril te voyait maintenant.

À vos ordres.


Will, redevenu un petit lézard blanc, se faufila le long de la jambe de Felix avant de disparaître dans la poche de son uniforme. S’assurant que son esprit était bien en sécurité, Felix remit Cyril sur son dos et reprit sa marche d’un pas mesuré. Peu après, un faible gémissement s’entendit derrière lui — Cyril venait visiblement de reprendre conscience.


Ugh… Je…


Felix parla calmement à Cyril, qui marmonnait d’une voix étouffée.


T’es réveillé ?

Votre… Altesse…

Cyril cligna des yeux plusieurs fois et regardait Felix avec des yeux flous.


Tu t’es effondré dans la forêt après avoir subi un surplus de mana. Un gentil voyageur t’a amené ici.

Désolé de vous déranger.

Ce n’est rien.


Si c’eût été le Cyril habituel, il eût immédiatement dit qu’il marcherait tout seul. Cependant, s’il ne le fit pas, c’est parce qu’il était épuisé. Après que Felix ramena Cyril dans sa chambre et l’allongea sur son lit, Cyril leva les yeux vers Felix avec des yeux hébétés.


Le voyageur qui m’a aidé… est-ce une petite silhouette encapuchonnée ?


Felix secoua la tête.


Non, c’était un homme grand aux cheveux noirs.

Je… vois…


En marmonnant, Cyril ferma les yeux. Soudainement curieux, Felix lui demanda.


Quel genre d’hallucinations as-tu eues dans la forêt ?


Cyril resta silencieux pendant un moment, apparemment confus. Derrière ses paupières closes, il ruminait probablement le rêve qu’il avait vu. Finalement, les yeux toujours fermés, Cyril ouvrit lentement la bouche.


Ce monstre dans mon hallucination… était incroyablement silencieux et incroyablement puissant… Je ne crois pas que j’oublierai cette vision de toute ma vie.