Secrets of the Silent Witch T.2 – Chapitre 4


Une sorcière mangeant un repas solitaire rencontre un assassin

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

La plupart des élèves de Serendia prenaient leur déjeuner à la cafétéria de l’école.

Cette dernière était dotée de chefs et de serveurs de premier ordre. En fait, chaque plat était testé pour éviter tout empoisonnement, permettant ainsi aux élèves de manger en toute tranquillité.

Cependant, un certain nombre d’étudiants fortunés faisaient venir leurs propres cuisiniers et serveurs dans le dortoir. Après avoir fait préparer leur repas à la cafétéria du dortoir, ils le prenaient ensuite dans leur propre chambre. Même le deuxième prince, que Monica était chargée de protéger, agissait ainsi.

D-Donc, je n’ai pas vraiment besoin d’aller à la cafétéria…

Après s’être excusée, Monica se faufila hors de la classe dès le début de la pause déjeuner.

Tandis que tous les élèves de sa classe se dirigeaient vers la cafétéria, Monica prit le chemin inverse et sortit du bâtiment scolaire. Elle avait glissé une poignée de noix dans ses poches, afin de pouvoir les grignoter dans un endroit plus tranquille. Pour Monica, trouver des endroits calmes avait toujours été une spécialité. À l’époque où elle était encore étudiante à Minerva, elle passait des heures cachée dans sa cachette secrète, à lire et à faire des calculs.

Puisque le temps était clair aujourd’hui et que le vent n’était pas trop fort, Monica décida de se promener à l’extérieur. L’académie Serendia s’étendait sur une vaste surface, et ses jardins étaient magnifiquement entretenus. Maintenant que les fleurs d’été étaient fanées, les bourgeons des roses d’automne commençaient à éclore.

En général, la saison d’admission pour les écoles fréquentées par les nobles se déroulait en automne, tandis que pour les roturiers, elle avait lieu au printemps.

Cela s’expliquait par le fait que les nobles étaient occupés par les activités sociales du printemps à l’été, tandis que les roturiers étaient particulièrement pris par les festivals des récoltes en automne. Par conséquent, ces périodes étaient évitées pour les préparations à l’admission.

Bien que Monica fût issue d’une famille roturière, elle n’avait jamais été inscrite à une école destinée aux roturiers. Son père, très cultivé, lui avait tout enseigné lui-même. Mais après sa mort, elle traversa bien des épreuves avant d’être adoptée par l’apprenti de son père et d’intégrer Minerva, une institution destinée à former des magiciens. C’était aussi l’une des raisons pour lesquelles Monica n’était pas habituée à vivre en communauté. Même après être devenue élève à Minerva, elle ne s’était lié d’amitié avec personne.

Malgré cela, grâce à son talent pour la magie, elle avait obtenu une place à Minerva… seulement pour finir par s’enfermer dans le laboratoire.

Mais, bien qu’elle ait étudié dans cette école, elle n’avait toujours pas eu l’occasion de montrer son talent ici. L’académie Serendia disposait certes d’un système permettant aux étudiants de choisir leur programme d’études, mais il lui était impossible de pratiquer sa magie en public. Monica, qui souffrait d’un trouble de l’anxiété sociale, ne pouvait utiliser la magie qu’en silence, sans incantation.

De plus, si elle pratiquait sa magie sans incantation, son identité de Sorcière Silencieuse risquait d’être dévoilée. Monica laissa échapper un soupir et effleura du bout des doigts le ruban épinglé dans ses cheveux.

Je n’ai… même pas pu la remercier.

Les mots qu’elle voulait prononcer restaient toujours coincés dans sa gorge, avant d’être avalés sans jamais voir le jour.

Sans même parvenir à parler correctement à ma camarade de classe… maintenant, je devais m’approcher du deuxième prince. Qu’est-ce que je suis censée faire ?

Pour protéger le deuxième prince, elle devait se rapprocher de lui. Mais il était en Terminal, tandis qu’elle n’était qu’en première. Il y avait déjà une différence de niveau, pour commencer.

Si Louis voulait vraiment que je sois la garde secrète du deuxième prince, il aurait au moins pu me transférer dans sa classe.

D’ailleurs, s’il avait réellement eu besoin d’un garde fiable, il aurait mieux valu envoyer un homme. Après tout, les dortoirs des garçons et des filles étaient séparés. Bien que Louis Miller eût un comportement scandaleux et une personnalité exécrable, il était néanmoins extrêmement compétent.

Et il savait qu’il n’avait pas le droit à l’échec pour cette mission.

Et pourtant, le plan visant à « protéger le prince » comportait bien trop de failles.

Dès le départ, envoyer Monica dans cette école relevait déjà de l’imprudence

Peut-être que Louis a d’autres plans en tête…

En pensant à cela, Monica traversa le jardin jusqu’à atteindre l’arrière du bâtiment de l’école. Là, elle trouva une grande clôture. Cet endroit était censé faire partie de la cour de l’école, mais comme le portail était fermé, elle ne pouvait pas aller plus loin.

Il y avait un panneau sur la porte qui disait : « Ancien jardin, actuellement en maintenance. »

Si c’était cet endroit…

Après avoir regardé vers le bas pendant toute la matinée, Monica leva la tête pour observer la clôture en fer.

Elle était assez haute en soi, mais elle ne faisait pas plus de deux fois la taille de Monica.

Je pense que cette hauteur est encore acceptable…

Monica s’assura qu’il n’y avait personne autour d’elle avant d’invoquer sa magie sans psalmodier.

Un petit tourbillon se forma autour de ses pieds. Après avoir manipulé le vent avec sa magie, elle frappa légèrement le sol. Avec juste cela, son corps s’éleva légèrement au-dessus de la barrière de fer.

Il s’agissait d’une application de la magie de vol, souvent utilisée par l’armée magique. À l’origine, cette magie permettait de voler à grande vitesse, mais Monica, qui manquait cruellement d’équilibre et de motricité, était incapable de l’utiliser pleinement. Cependant, elle parvenait à s’en servir pour sauter d’une telle hauteur.

Même à cette hauteur, cela restait effrayant.

Retenant son cœur palpitant, Monica marcha rapidement à travers le vieux jardin. Ce genre d’espace clos était l’endroit parfait pour se cacher.

Bien qu’un panneau indiquait que la zone était en maintenance, les arbres n’étaient pas aussi désolés que prévu. Cependant, il n’y avait presque pas de fleurs. Apparemment, elles avaient toutes été déplacées vers les parterres à l’extérieur. Ici, seules des fleurs sauvages d’automne fleurissaient.

Mais c’est agréable et calme.

En pensant qu’elle pourrait se détendre ici, elle se sentit un peu mieux. Puis, elle commença à chercher une bonne pierre pour s’asseoir.

Cependant, son élan s’arrêta lorsqu’elle posa son regard sur l’un des buissons d’azalées.

Derrière celui-ci se trouvait quelqu’un, assis au bord de la fontaine désormais inutilisée, en train de lire quelques papiers. La distance qui les séparait ne permettait pas de voir son visage, mais ses beaux cheveux couleur miel étaient distinctement visibles. L’homme remarqua Monica et tourna la tête.

Qui est là ?

Hiiek !

Monica se retourna rapidement et tenta de fuir cet endroit, mais ses pieds trébuchèrent sur une pierre.

Hyah !

En tombant avec un grand crissement, des noix glissèrent de la poche de Monica et s’éparpillèrent partout.

J…

Alors que Monica essayait à tâtons de se relever, elle entendit une voix ricaner.

Cet endroit est censé être fermé… On dirait qu’une petite écureuil s’est égaré.

Monica commença à réfléchir, à moitié paniquée.

Comment se fait-il qu’il y ait une personne dans un endroit qui est interdit d’accès ? (elle s’oublie) Le fait qu’il puisse entrer et sortir d’un endroit où il n’est pas censé être était trop suspect. (elle s’oublie encore) Se pourrait-il que cet homme soit une personne suspecte ? (elle s’oublie encore une fois)

Dans sa confusion, le processus de pensée de Monica finit par la conduire à de telles conclusions.

Ne me dites pas que cet homme… est un assassin… qui veut tuer Son Altesse !

Une fois qu’elle se mit à penser de cette façon, la pile de papiers dans la main de l’homme commença à ressembler à un ordre d’assassinat.

Oui, cet homme devait être en train de planifier sa méthode dans cet endroit pour assassiner le deuxième prince, ou du moins, c’était ce qu’elle imaginait.

De plus, en supposant que cet homme fût un assassin, il n’aurait certainement pas négligé Monica comme témoin. Elle entendit des bruits de pas qui se rapprochaient.

Hieek !

Monica, à moitié en train de pleurer, créa du vent avec sa magie silencieuse. Bien qu’il s’agît d’une magie non létale, la bourrasque qu’elle produisit fit chanceler l’homme. La liasse de papiers qu’il tenait s’envola, tourbillonnant dans l’air et s’éparpillant violemment comme une bourrasque de neige.

Il porta une main à ses cheveux, les retenant légèrement, avant de se pencher pour ramasser quelque chose.

Ce qu’il ramassa n’était pas les papiers dispersés, mais les noix qui s’étaient échappées de la poche de Monica.

Je pense que le vent a renversé quelques-uns de vos snacks.

L’homme souleva alors doucement la main tremblante de Monica et y plaça les noix qu’il avait ramassées.

Ce que je peux faire pour toi, c’est de ramasser ces noix. Me pardonnerais-tu cela, petite écureuil ?

L’homme continua à ramasser les noix de Monica avant de s’occuper de ses propres documents. Si cet homme avait été un assassin, il n’aurait pas fait preuve d’une telle gentillesse.

Soudain, Monica remarqua que tous les documents éparpillés à ses pieds étaient remplis de chiffres. Ce n’étaient pas des ordres d’assassinat, mais des grands livres comptables.

Je suis… je suis désolée… je suis désolée… je suis désolée…

Monica s’empressa de ramper sur le sol pour rassembler les documents éparpillés. Heureusement, les registres étaient marqués des dates des dépenses, ce qui lui permit de comprendre l’ordre général en regardant leur contenu.

Pendant que Monica fouillait dans les papiers, l’homme, lui, ramassait tranquillement ses noix. Apparemment, il ne se souciait pas beaucoup des documents.

Monica brossa la saleté des feuilles, puis les réorganisa par ordre de date. Au cours du processus, ses yeux furent attirés par les chiffres, une habitude chez elle. Chaque fois qu’elle voyait une ligne de chiffres, elle ne pouvait s’empêcher de la suivre du regard.

Ah…

Après un rapide coup d’œil aux documents, Monica sentit une étrange démangeaison lui parcourir le cœur. Pour elle, qui avait toujours apprécié les chiffres plus que tout, trouver des calculs qui ne donnaient pas de réponse était inconfortable. C’était un peu comme une tache sur un tableau parfait.

Et maintenant, les documents qu’elle avait ramassés étaient remplis de ces « taches ».

Merci d’avoir ramassé ça.

Sur ce, l’homme déposa le reste des noix dans la main de Monica.

Ce n’est qu’à cet instant que Monica s’en rendit compte. Cet homme – ou plutôt ce jeune homme – portait, tout comme elle, l’uniforme de l’école. Il était donc étudiant ici. Gardant la tête basse, Monica lui tendit les papiers qu’elle avait ramassés et murmura d’une voix tremblante :

Trente…

Oui ?

Il y avait trente-neuf erreurs dans ce calcul.

Après avoir dit cela, Monica lui tendit les documents à la hâte avant de tourner les talons pour s’enfuir.

Le jeune homme, resté seul, observa son dos en silence pendant un moment. Puis, une fois qu’elle disparut de son champ de vision, il baissa les yeux et feuilleta les documents qu’il tenait en main.

…trente-neuf erreurs ?

Le jeune homme marmonna quelques mots tout en plissant légèrement ses yeux bleus.