Secrets of the Silent Witch T.2 – Chapitre 1


Conseil des élèves

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

L’Académie Serendia fut nommée d’après l’un des esprits rois, Serendine, Déesse de la lumière, dans l’espoir d’obtenir sa bénédiction. Le motif de l’emblème de l’école représentait le bâton d’étain et la couronne de lys que la déesse de la lumière tenait dans ses mains.

À l’origine, ni la royauté ni la noblesse n’avaient l’habitude de fréquenter une école, mais au fil du temps, plusieurs institutions éducatives furent créées pour les enfants des familles nobles.

Et l’Académie Serendia devint l’une d’entre elles.

À l’heure actuelle, il existait plusieurs écoles, pensions et académies de filles pour les enfants des riches et des puissants, mais parmi elles, l’Académie Serendia était l’une des plus prestigieuses, avec la réputation d’être la première école royale du Royaume de Ridill.

Les trois écoles les plus prestigieuses du royaume de Ridill étaient l’Académie Serendia, fréquentée par les membres de la famille royale, Minerva, qui était une institution dédiée à la formation des magiciens, et la Maison du Parlement, affiliée au temple.

Parmi ces écoles, la Maison du Parlement possédait la plus grande expertise juridique. Minerva excellait dans le domaine de la magie et des sorts.
Quant à l’Académie Serendia, elle se distinguait particulièrement dans le domaine des arts libéraux. Elle disposait de professeurs de premier ordre, d’une immense collection de livres, ainsi que d’installations et d’équipements adaptés aux enfants de familles nobles.

Malgré les frais d’inscription élevés et les règlements stricts relatifs aux dons, ceux qui furent diplômés de l’Académie Serendia eurent souvent un avantage lorsqu’ils intégrèrent la cour royale par la suite. Pour les familles nobles, le titre de diplômé de l’Académie Serendia représentait une marque de prestige et de statut.

En particulier, ceux qui avaient de l’expérience au sein du conseil des élèves de l’Académie Serendia étaient hautement considérés par leur entourage. Il allait sans dire que leur influence et leur réseau leur ouvraient de nombreuses portes.

Sans parler du fait que le deuxième prince, Felix Ark Ridill, était l’actuel président du conseil des élèves. Ainsi, faire partie de ce groupe revenait à être perçu comme un candidat potentiel pour le futur entourage du deuxième prince.

À cet instant, dans la salle du conseil des élèves, où tous les membres du conseil étaient réunis, un élève subissait un interrogatoire.

Au centre de la pièce se tenait Aaron O’Brien, fils du comte Stiyl et trésorier du conseil des élèves.

À présent, il était entouré des autres membres du conseil, qui le fixaient froidement, comme s’ils avaient face à eux un coupable en attente de jugement.

Dans cette atmosphère pesante, la seule personne arborant un sourire était un jeune homme installé au bureau du président du conseil. Appuyé sur ses mains, il observait la scène avec amusement. Il s’agissait du président du conseil des élèves et deuxième prince du royaume de Ridill, Felix Ark Ridill.

Maintenant.

Aux mots de Félix, les épaules d’Aaron se secouèrent, comme s’il avait été fouetté. Pour Aaron, Felix souriait comme un saint bienveillant.

Les résultats de l’audit ont montré des signes de falsification dans les livres. La limite du plafond du budget a été dépassé. Et ce n’était pas seulement une ou deux fois… Ai-je raison ?

Sa voix était douce et calme, mais il y avait une froideur en elle qui fit frissonner Aaron.

Quand Aaron ajouta :

C’est…, Félix posa sa main sur sa bouche et gloussa.

Oh, donc vous vous souvenez pas combien de foi avez-vous pu dépassé ? D’après mes sources, c’est trente-huit fois.

Seule la voix qui prononça « trente-huit » était basse et lourde. Le teint d’Aaron n’était plus seulement pâle, il était devenu cendré.

Mais Félix, affichant un sourire bienveillant, lui barra toute échappatoire et l’obligea à faire face à la gravité de son crime.

Si vous avez pu devenir membre du conseil des élèves, c’est uniquement grâce à la recommandation de mon Grand-Père, le duc Crockford.

Tous les membres du conseil des élèves étaient nommés par le Président du conseil.

Par conséquent, un certain nombre de personnes étaient prêtes à dépenser de l’argent pour s’attirer les faveurs de Félix — ou plus précisément, de son Grand-Père, le duc Crockford, qui tirait les ficelles en coulisses. Et parmi elles, celui qui avait dépensé le plus était le père d’Aaron, le comte Stiyl.

C’est ainsi que le duc Crockford ordonna à son petit-fils, Félix, de sélectionner Aaron comme membre du conseil des élèves.

Tant qu’Aaron occupait le poste de trésorier, son avenir et celui de la famille du comte Stiyl semblaient assurés.

Cependant, cette dernière rencontrait des difficultés financières après avoir trop dépensé pour le duc Crockford. En conséquence, l’allocation d’Aaron fut réduite et, lorsqu’il eut besoin d’argent pour jouer, il puisa dans le budget du conseil des élèves.

Une fois cette vérité révélée, son expulsion de l’école devint inévitable.

Les yeux de Félix se rétrécirent, et il pencha légèrement la tête d’un air faussement innocent. Ses doux cheveux blonds ondulèrent légèrement.

La meilleure punition que je pouvais vous donner était l’expulsion. Mais… si mon Grand-Père ait vent de ça, je suis sûr qu’il lachera le comte Stiyl.

Tous les élèves de l’école le savaient : derrière le deuxième prince se tenait l’aristocrate le plus puissant du pays, le duc de Crockford.

Et ce dernier était un homme impitoyable.

J’ai entendu dire que votre père avait besoin de la confiance du Duc Crockford pour obtenir un prêt. Quel dommage. Après cela, le comte Stiyl ne pourrait certainement pas obtenir de prêt de n’importe où, et cela provoquerait même le déclin de la Maison Stiyl.

Le visage d’Aaron se couvrit de sueur. Tandis qu’il frissonnait, Félix l’acheva d’un sourire angélique.

Vous comprenez, maintenant ? À cause votre stupidité, la maison Stiyl est condamnée à être au fond du gouffre.

Les yeux d’Aaron s’écarquillèrent au maximum, ses dents se découvrirent et un bruit étrange s’échappa de sa gorge. Puis il hurla d’une voix si déchirante qu’on aurait cru qu’il allait cracher du sang.

Tais-toi, tais-toi, tais-toi ! Vous n’êtes même pas une famille royale… sale de chien du Duc !

Aaron bondit sur son bureau et tenta de s’agripper à Felix.

Cependant, un jeune homme blond platine, l’un de ses assistants posté près du mur, l’attrapa rapidement. D’une incantation brève, il enferma les jambes d’Aaron dans un bloc de glace, l’immobilisant sur place.

Cyril Ashley, le Vice-Président du conseil des élèves, fixa Aaron d’un regard furieux, son visage habituellement soigné déformé par la colère.

Tu oses ! Tu oses proférer de telles insolences à l’encontre de Son Altesse ?! Tu mérites de crever ! Je vais te transformer en statue de glace ici même et te jeter par la fenêtre !

Vice-Président Ashley, se débarrasser de lui n’est pas vôtre travail.

Lorsque Felix l’arrêta d’une voix calme, Cyril se tourna vers lui et s’inclina profondément.

Je m’excuse profondément d’avoir dépassé les bornes.

Je sais que vous êtes simplement inquiet pour ma sécurité. Je vous suis très reconnaissant de vos efforts pour assurer ma sécurité.

En entendant Felix dire cela avec un sourire, Cyril fut ravi, et ses yeux débordèrent d’émotion.

Lorsqu’il restait silencieux, le Vice-Président Cyril Ashley passait pour un beau jeune homme, surnommé le « Prince de glace », mais il devenait excessivement passionné dès qu’il s’agissait de Felix.

À présent, Aaron avait trahi le conseil des élèves et osé insulter Felix en tentant de l’attaquer. Même l’exécuter une centaine de fois ne suffirait pas—du moins, c’est ce que reflétait son regard.

Felix apaisa calmement Cyril, puis reporta son attention sur Aaron, toujours figé par la glace.

Vous serez assigné à résidence dans le dortoir jusqu’à ce que tu soit officiellement notifié de votre expulsion. J’espère que vous avez pû pleinement apprécier votre propre stupidité en vous laissant dépasser par ce chien de Duc.


Après que le fils du comte Stiyl, Aaron O’Brien, eut quitté la pièce, encadré par des gardes, Felix laissa échapper un soupir et ramassa les documents dispersés sur son bureau.

Voilà qui devrait clore cette affaire… c’est ce que j’aimerais dire, mais il faudra bientôt lui trouver un trésorier qui le remplacera.

Si c’est le cas, moi, Cyril Ashley, je prendrai la responsabilité de compiler une liste de personnes en qui je peux avoir confiance pour ne jamais trahir son Altesse !

Le fidèle Cyril semblait prêt à énumérer les fautes à tout moment. Cependant, Felix l’arrêta d’un doux sourire et déclara :

Ce n’est pas nécessaire. Quelqu’un qui ne me trahirait jamais ? Une telle personne n’existe pas dans ce monde. Les gens ont toujours la possibilité de trahir lorsque les circonstances changent.

Felix observa Cyril, qui tentait de lui assurer sa loyauté, puis déclara :

Cela s’applique aussi à moi, tu sais.

Une atmosphère tendue d’un autre genre s’empara de la pièce après la punition d’Aaron.

Celui qui contrôlait toujours l’atmosphère dans cette salle était celui qui siégeait dans le fauteuil du président du conseil des élèves. Ainsi…

En parlant de ça.

Félix sourit en plaisantant et changea instantanément l’atmosphère du lieu. Il leva ensuite le document dans sa main pour que tout le monde puisse le voir.

Nous devons élire de nouveaux membres au conseil d’administration, mais nous devons aussi préparer la fête de bienvenue pour les nouveaux étudiants. D’ailleurs, j’ai entendu dire que nous avons deux nouveaux étudiants transférés dans la classe de Première cette année.

Deux noms figuraient dans la section des étudiants transférés :

– Glenn Dudley.

– Monica Norton.

Ce Glenn Dudley, j’ai entendu dire que c’était un élève des Sept Sages… Louis Miller du magicien des Barrières.

Ces mots enflammèrent les membres du conseil des élèves. Le premier à prendre la parole fut le vice-président, Cyril.

En parlant de Louis Miller, n’est-il pas célèbre pour être un membre de la faction du Premier Prince ? Se pourrait-il que ce disciple Glenn Dudley soit un assassin qu’il a envoyé pour tuer Son Altesse ? !

J’ai entendu des rumeurs à son sujet…

Après Cyril, ce fut au tour de Bridget, la secrétaire du conseil des élèves, et la seule étudiante présente dans la pièce, de prendre la parole.

Avec ses cheveux d’or bouclés et son teint impeccable, elle dégageait une beauté imposante. Sa présence seule suffisait à intimider ceux qui la croisaient. D’un geste gracieux, elle couvrit sa bouche avec son éventail et ferma ses yeux ambrés, soulignés par de longs cils épais.

J’ai entendu dire que les disciples de Louis Miller étaient les fauteurs de trouble qui ont détruit le bâtiment de l’école Minerva.

Comment notre académie a-t-elle pu accepter une telle personne !

Lorsque Cyril fulmina d’une voix hystérique, l’autre secrétaire, Elliot Howard, qui resta silencieux jusqu’alors, leva une main et prit la parole.

C’est parce que c’est une académie d’étude. Tout le monde peut y entrer à condition de payer correctement et de passer l’examen.

À la remarque insouciante d’Elliot, Cyril se gratta maladroitement les cheveux, ruinant ainsi son apparence soignée.

L’école aurait dû sélectionner ses étudiants avec soin, y compris leurs familles et leurs factions ! Nous devons protester fermement contre cela auprès du directeur de l’école !

Je pense que ce serait exagéré. Je veux dire, ce n’est pas comme si quelque chose était déjà arrivé.

Mais si quelque chose arrive à son Altesse, il sera trop tard !

Cyril craqua aux mots d’Elliot, mais ce dernier ne parut pas particulièrement contrarié et déclara avec légèreté :

Ne sois pas si coincé.

Cette attitude désinvolte d’Elliot devait être particulièrement agaçante pour Cyril.

Sentant que Cyril allait se mettre à crier, le dernier membre du conseil des élèves, un petit garçon au physique ordinaire nommé Neil, posa sur Felix un regard inquiet.

Um… Que devons nous faire, Président ?

Félix observa tour à tour Cyril, Elliot, Neil et Bridget, scrutant les moindres variations de leurs expressions. Puis, dissimulant habilement son observation derrière un sourire doux, il déclara :

Elliott a raison. Tout le monde a le même droit d’apprendre. Et… je crois que vous serez capable de me protéger, n’est-ce pas, Cyril Ashley ?

Lorsque Félix prononça son nom, Cyril manifesta sa joie avec tout son corps et posa une main sur sa poitrine.

Oui, je protégerai votre Altesse même au prix de ma vie !

Merci. C’est rassurant.

Sur ce, Félix sourit à Cyril et passa au point suivant de l’ordre du jour.

Ainsi, les membres du conseil des élèves se focalisèrent uniquement sur les élèves de Louis Miller, ignorant totalement la fille, Monica Norton, avant d’enchaîner sur un autre sujet.

Tout se déroulait exactement comme Louis Miller l’avait prévu.