Secrets of the Silent Witch T.1 – Chapitre 1

Hongyarabubbo!

「Traduction – Pizzflc
Relecture – Mael7523m」

Monica Everett, qui s’était endormie sur son bureau avec un stylo dans la main droite et une pile de papiers dans la main gauche, se réveilla avec la lumière du matin qui entrait par la fenêtre.

Apparemment, elle avait laissé les rideaux ouverts et s’était à nouveau endormie. Il arrivait toujours que, lorsqu’elle était absorbée par ses calculs, les détails de la vie quotidienne soient négligés. Le fait qu’elle ait oublié de fermer les rideaux signifiait qu’elle était absorbée par son travail depuis avant le coucher du soleil jusqu’à ce que le sommeil l’a pu rattrapé.

Alors qu’elle s’asseyait paresseusement et se frottait les yeux, elle remarqua un fil d’encre sur le côté de sa main. Elle porta sa main à sa joue, se demandant ce que cela pouvait bien être, et une voix tapageuse retentit au-dessus de sa tête.

— Monica, tu as des ennuis ! Il y a un motif bizarre qui apparaît sur ton visage ! Ça doit être la malédiction du Dragon Noir. Quiconque souffre de cette malédiction aura ces motifs maudits se répandre sur tout son corps et il mourra après avoir dormi pendant trois jours et trois nuits ! Je l’ai vu écrit dans un livre que j’ai lu l’autre jour !

Monica bougea ses yeux, encore ensommeillés, et leva les yeux vers le propriétaire de la voix tapageuse.

Des yeux dorés scintillants fixaient Monica sur les poutres du plafond où la lumière du soleil n’arrivait jamais. Clignant des yeux plusieurs fois, elle put vaguement voir la silhouette d’un chat noir qui se fondait dans l’obscurité.

— Tu sais, Nero, ce n’est pas une malédiction ou une autre…

Monica souleva le papier sur lequel elle était en train d’écrire la formule et l’amena à hauteur de son visage. En tenant le papier à côté de sa joue, le même motif était étalé comme s’il s’agissait d’une image miroir.

— Je viens de m’endormir sur une formule que j’étais en train d’écrire, et ça, c’est juste de l’encre sur mon visage…

Lorsque Monica agita la formule en l’air, Nero, le chat noir qui la regardait depuis la poutre du plafond, sauta agilement sur le bureau. Nero n’était pas seulement un chat noir. Il était le familier de Monica et comprenait le langage humain. Il avait également appris à lire récemment, alors, pendant que Monica était absorbée par sa formule, il passait son temps à lire des romans divertissants. Nero leva les yeux vers Monica depuis le bureau et dit grossièrement :

— T’es vraiment une idiote.

« En fait, la malédiction du Dragon Noir peut être levée avec un baiser du prince des fées. Dois-je l’essayer sur toi ? »

— Tu n’es pas une fée, Nero… Mm… Je vais me laver le visage…


En contournant l’arrière de la maison, Monica déplaça son petit corps avec diligence pour tirer de l’eau du puits. Récemment, le développement de la technologie de la plomberie faisait des progrès significatifs, non seulement dans les grandes villes mais aussi dans les villages des environs. Cependant, cette cabane située au milieu de la montagne n’était, comme prévu, pas équipée de l’eau du robinet.

Monica, qui avait grandi en ville, trouvait cela gênant au début, mais dernièrement, elle s’était habituée à vivre dans les montagnes. La meilleur chose c’est que c’était calme et peu fréquenté. Après avoir pris une bassine d’eau pour boire, Monica retourna à l’intérieur de la cabane et regarda la silhouette dans le coin de la pièce comme si elle venait de se souvenir. Quelqu’un lui avait dit de faire un peu attention à son apparence, et elle avait été obligée d’apporter une commode, ce qui était assez magnifique pour cette cabane miteuse.

Contrairement aux miroirs faits de bronze poli, ce magnifique miroir était fait de verre étamé — sans compter que sa taille était celle d’un miroir en pied, qui était un objet très cher. Si un voleur devait s’introduire dans cette cabane, ce miroir serait la première chose qu’il prendrait. Dans un miroir aussi splendide, l’image montrée était celle d’une petite fille maigre aux cheveux hirsutes.

Comparé à son âge réel de dix-sept ans, son pauvre corps était pâle et ressemblait à une personne morte. Ses cheveux châtain clair, tressés en deux, étaient secs et minables, plus grossiers qu’une botte de paille. Ses yeux, sous sa frange trop longue, étaient couverts de cernes.

Maintenant qu’elle y pensait, elle se rendait compte qu’elle n’avait pas dormi du tout la nuit précédente. Au moins, elle avait besoin d’une tasse de café pour se vider la tête. Monica prit une boîte de grains de café sur son bureau, qui était enfoui dans une pile de papiers, et les versa grossièrement dans le moulin. S’assurant que la balance était réglée sur une mouture fine, Monica tourna la poignée dans tous les sens. Amusé par la scène, Nero sauta sur le bureau et la regarda.

— Je me suis toujours demandé pourquoi les gens qui ont l’estomac fragile veulent manger autant d’aliments étranges… Ces haricots sont ceux que l’on fait rôtir jusqu’à ce qu’ils deviennent noirs, non ? Ils sont très amers, non ? Est-ce qu’ils ont bon goût ?

— C’est délicieux.

Avec cela, Monica sortit un pot en métal. La théière était plus longue et plus étroite que la plupart des théières, et elle se divisait en deux au centre. Tout d’abord, elle versa de l’eau dans la partie inférieure de la théière, qui était divisée en deux parties, supérieure et inférieure, puis plaça un entonnoir avec un filtre en métal sur le dessus. Elle y mit les grains de café finement moulus jusqu’à ce qu’ils deviennent poudreux, puis posa fermement le haut de la théière sur le bas.

Monica mit le pot en métal sur le feu et sortit quelques noix du placard pour les mettre dans sa bouche. Il restait très peu de noix parmi la nourriture conservée. Comme c’était maintenant la fin de l’été, la forêt serait pleine de noix dans un mois. Une fois que ce serait le cas, elle pourrait demander à Nero de l’aider à en cueillir.

Alors qu’elle pensait distraitement à cela, le pot en métal qui était sur le feu émit un gargouillement. Monica éteignit le feu d’un seul geste et versa le contenu du pot dans une tasse en fer blanc. Ici, au Royaume de Ridill, le café n’était pas une boisson très courante. Il y avait bien quelques cafés dans la capitale, mais ils étaient essentiellement réservés aux hommes. Les femmes n’aimaient généralement pas beaucoup le café. Elles préféraient le thé noir. Monica, elle, aimait boire du café en raison de l’influence de son défunt père.

Ce pot en métal spécial avait également été fabriqué sur demande par son père, qui avait demandé à un artisan de le concevoir pour elle. Maintenant, c’était un souvenir précieux de son père. Monica souffla plusieurs fois sur la tasse en métal et sirota son contenu. Bien que l’amertume fût forte, le café, infusé en peu de temps, avait un goût propre, sans aucune acidité désagréable. La meilleure chose à son sujet était qu’il l’aidait à se réveiller de sa somnolence.

— Monica, j’aimerais en goûter un peu aussi.

Nero se précipita autour du bureau, suppliant Monica pour avoir du café. Monica goûta un peu du café qui restait au fond de la tasse, en mit sur une cuillère et la plaça devant Nero. Elle ne devait pas donner de café à un chat, mais Nero n’était pas un chat normal, donc ça irait… peut-être.

— Tu viens de dire que c’était amer.

— Tu sais, toute créature qui oublie son sens de l’aventure finit par dégénérer.

— …C’est ce que disait le livre ?

— Ouais, ceux de Dustin Günther, je les aime beaucoup.

Nero lécha le café de sa cuillère en mentionnant le nom d’un romancier populaire dans la capitale. Dès qu’il le fit, tous les poils de son corps s’hérissèrent.

— Hongyarabubbo— !

Nero laissa échapper un miaulement qu’aucun humain ni chat n’aurait pu produire, puis se roula sur le bureau. Comme prévu, cela ne convenait pas à son palet. Il laissa ensuite échapper un souffle rauque, semblable à celui d’un guerrier revenant d’entre les morts, et leva les yeux vers le visage de Monica.

— Le goût était trop stimulant pour mes papilles aventureuses. Tes papilles doivent être folles pour être capable de boire ça.

— …

Du lait et du sucre auraient rendu le café plus facile à boire, mais ces deux éléments étaient précieux dans cette montagne. Monica se souvint soudain qu’aujourd’hui était le jour où elle devait recevoir ses marchandises. Monica, qui était très timide et n’aimait pas faire les courses dans les magasins, avait demandé aux gens du village, au pied de la montagne, de lui livrer de la nourriture et d’autres fournitures.

L’un de ces articles pourrait être du lait. Quant au sucre… il était impossible d’obtenir du sucre blanc raffiné, mais ils pourraient lui partager du miel si elle le demandait. L’apiculture était très populaire dans cette région, et le miel était relativement facile à obtenir. La combinaison du miel et du café était une question de goût, mais elle conviendrait probablement mieux au palais de Nero.

Avec ces pensées en tête, on frappa à la porte de la cabane alors qu’elle lavait la tasse.

— Monica, je suis là pour livrer vos marchandises !

— Tu as un visiteur. Je suppose que je vais faire semblant d’être un chat. Miaou.

— Ok.

Faisant un signe de tête à Nero, Monica ouvrit la porte avec appréhension. Un chariot se trouvait devant l’entrée, et une fille d’environ dix ans se tenait devant. C’était une enfant à l’allure énergique, avec des cheveux brun foncé attachés derrière la nuque. Elle venait d’un village proche, et son nom était Annie.

Cette fille était celle qui livrait les marchandises à Monica. Monica jeta un petit coup d’œil derrière la porte et dit :

— H-Hello , dit-elle avec air agité sur le visage.

Annie était habituée à l’attitude de Monica, et après avoir déchargé les marchandises du chariot, elle repoussa Monica et ouvrit la porte.

— Allons mettre tes affaires à l’intérieur. Tu peux m’aider avec la porte.

— O-ok…

Monica fit un petit signe de tête agité, et Annie porta les marchandises à l’intérieur. La cabane où vivait Monica était très peu meublée, mais la table et le sol étaient encombrés de piles de papiers et de livres, au point qu’il n’y avait plus de place pour marcher. Son lit était déjà rempli de papiers, et elle ne pouvait même pas s’y allonger. C’est pourquoi Monica avait récemment pris l’habitude de dormir sur une chaise.

— Votre maison est terrible, comme d’habitude ! Alors dis-moi, cette liasse de papier est-elle importante ? Dois-je la jeter ?

— T-Tout est important !

Annie regarda la pile de papiers qui occupait le sol avec des yeux suspicieux.

— Hé, ce sont des formules, non ? Qu’est-ce que tu essaies de calculer exactement ?

En tant que fille d’artisan, Annie avait grandi en étant capable de lire et était douée avec les chiffres. Même si elle n’avait qu’un peu plus de dix ans, elle était plutôt intelligente comparée aux autres enfants de son âge. Malgré cela, Annie ne pouvait toujours pas dire ce qui était écrit ici ; elle savait seulement que c’était une simple série de chiffres.

Monica se retourna et répondit en évitant le contact visuel avec Annie.

— Eh bien, celui-là… est une formule pour calculer les orbites des étoiles.

— Et ça, c’est quoi ? Il y a beaucoup de noms de plantes dessus.

— C’est… pour calculer et tabuler le mélange d’engrais pour les plantes…

— Alors qu’est-ce que c’est ? Ce sont des lettres magiques ? D’une certaine manière, c’est un peu similaire à ça…

— C’est une nouvelle formule pour un sort complexe qui a été proposée par le professeur Minerva…

Les yeux d’Annie s’écarquillèrent alors qu’elle tripotait les manches de son volumineux peignoir et murmurait à l’oreille de Monica.

— Une formule de sortilège ? Tu peux utiliser la magie, Monica ?

— Hum, eh bien, c’est…

Monica balbutia, son regard errant de gauche à droite. Nero, qui faisait semblant de dormir sur l’étagère, miaula comme pour dire « Hé, hé, ça va ? »

Alors que Monica n’en finissait pas de s’agiter et de pétrir ses doigts, Annie toussa légèrement et rit.

— Bien sûr, il n’y a aucune chance que tu puisses utiliser la magie. Si tu pouvais l’utiliser, tu ne vivrais pas recluse dans les montagnes, mais tu travaillerais plutôt dans la capitale.

Magie─En utilisant une certaine méthode, on pouvait réaliser un certain phénomène pour créer des miracles. C’était autrefois une technique secrète monopolisée par l’aristocratie, mais depuis quelques années, les gens du peuple avaient la possibilité de l’apprendre.

Malgré tout, pour entrer dans une académie afin d’apprendre la magie, il fallait avoir une certaine richesse ou un certain talent, et ce n’était pas quelque chose que tout le monde pouvait apprendre facilement. Si quelqu’un du peuple était devenu un magicien, cela aurait été considéré comme une grande réussite. Par exemple, un magicien de haut niveau pouvait obtenir un emploi dans le Corps Magique, qui était le type de magicien le plus populaire.

Et un magicien de niveau moyen ou supérieur pouvait travailler pour une institution spécialisée dans la recherche magique ou comme serviteur d’une famille noble. Même si l’on devait vivre en tant que chercheur, il serait naturel de mener des recherches dans un lieu doté de splendides installations dans la capitale royale, et non dans une cabane minable au fin fond des montagnes comme celle-ci.

Annie avait raison de faire remarquer que Monica, qui vivait dans une cabane au fin fond des montagnes, ne pouvait pas être une magicienne.

— Hé, tu as entendu, Monica ? Il y a trois mois, la frontière orientale a été attaquée par un dragon.

Les épaules de Monica se contractèrent sous sa cape, et Nero, qui faisait semblant de dormir sur l’étagère, ouvrit un œil. La queue de Nero, qui pendait mollement sous l’étagère, oscilla comme le balancier d’une horloge.

— Un grand nombre de wyverne est apparu en troupeau dans le village ! J’ai entendu dire qu’il y en avait plus de dix !

Comme son nom l’indiquait, la wyverne était un dragon ailé. Bien qu’elles eussent une faible intelligence et se situaient dans un spectre inférieur des dragons, elles pouvaient être très redoutables en meute. Elles s’attaquaient souvent au bétail, mais depuis quelques années, il n’était pas rare que des wyvernes affamées s’en prissent à des humains.

— Et puis ! Et puis ! Celui qui dirigeait ce groupe de wyverne était… un légendaire Dragon Noir ! L’infâme Dragon Noir Wogan !

Parmi les dragons, ceux titrés avec une couleur dans leur nom étaient appelés les espèces supérieures et étaient considérés comme particulièrement dangereux. Le plus dangereux d’entre eux était le Dragon Noir. La flamme spéciale expirée par le dragon noir, la flamme noire, était une flamme du monde souterrain qui brûlait impitoyablement la barrière des magiciens de haut rang. Lorsque le Dragon noir se déchaînait, il n’était pas surprenant que le pays se transformât en terre brûlée. Vraiment, une créature dangereuse digne d’une légende.

— Alors ! J’ai entendu dire que les Chevaliers dragons sont allés vaincre le Dragon noir, et qu’ils étaient accompagnés par l’une des Sept Sages ! Oh, vous savez ce que sont les Sept Sages ? Ce sont les sept meilleurs magiciens de ce royaume. Bref, c’est une magicienne extraordinaire.

— O-Oh…

— C’est la plus jeune des Sept Sages, la Sorcière silencieuse ! Elle a abattu à elle seule toutes les wyvernes et non seulement ça, mais elle a aussi tué le Dragon Noir Wogan !

Pour un village rural, ce genre de ragots était un divertissement précieux. Les yeux d’Annie pétillaient déjà d’excitation… mais Monica était loin de l’être. Pour être honnête, elle avait envie de vomir un peu.

— La Sorcière silencieuse est le seul magicien existant qui utilise des « Sorts muets » ! Un magicien normal peut avoir besoin de faire des incantations pour lancer un sort, mais la Sorcière silencieuse n’a pas besoin de faire des incantation du tout ! Elle peut utiliser une magie puissante sans incantations !

Monica tenait silencieusement son estomac qui lui faisait mal comme s’il avait été pressé. Même si c’était une agréable matinée d’été, Monica était trempée de sueur partout.

— J’aimerais pouvoir voir les Sept Sages de mes propres yeux, au moins pour une fois.

Il était rare pour les gens de la campagne comme celle-ci d’apercevoir un magicien, sans parler d’un des Sept Sages. C’était probablement aussi la raison pour laquelle Annie avait un faible pour les magiciens.

Tenant son estomac douloureux, Monica tira un sac en cuir de l’étagère et en sortit quelques pièces d’argent pour payer les marchandises apportées et le salaire d’Annie.

— M… Merci de… toujours… m’apporter ces marchandises…

En la remerciant, Monica plaça la pièce d’argent dans la main d’Annie. Annie compta le nombre de pièces d’argent et inclina la tête.

— Tu me donnes plus que d’habitude ? C’est presque le double de la quantité de marchandises que t’en as ici.

— Puisque tu me les livres… tu peux garder le surplus… comme argent de poche, Annie.

La plupart des enfants auraient été heureux de mettre les pièces dans leurs poches, mais Annie était une fille intelligente. Annie leva les yeux vers Monica avec un regard inquisiteur sur cette récompense imméritée.

— Quel genre de travail tu fais, Monica ?

— Um… Comptabilité ?

— T’es professeur de mathématiques ?

— Un truc de ce genre… oui…

Les piles de documents classés ici étaient toutes distinctes. En plus des orbites des étoiles et du mélange des engrais, il y avait toutes sortes de données sur la démographie, les recettes fiscales, les ventes de produits et toutes sortes d’autres chiffres qui étaient alignés dans cette cabane de manière apparemment désordonnée – tout était conforme à un ordre que seule Monica pouvait comprendre. Annie semblait être raisonnablement satisfaite de l’excuse « un professeur de mathématiques ».

— Hmm, donc la personne qui est venue dans notre village hier est aussi un professeur de maths.

— Huh ?

— Une personne prétendant être votre collègue était venue dans notre village et voulait se rendre chez vous, alors je lui ai donné des indications. Je suis sûr qu’il sera bientôt là.

Collègue ? Avec ce mot, le visage de Monica pâlit. Monica demanda à Annie d’une voix étouffée, son corps tremblant sous sa robe trop grande.

— Q-Q-Quel genre de personne… e-e-e-e-est-il ?

— Il est juste comme moi.

Une voix claire retentit derrière Monica. La gorge de Monica se serra. Quand elle se retourna, il y avait un bel homme aux cheveux châtains lustrés en tresses, appuyé contre la porte et souriant. À côté de lui se trouvait une beauté blonde en uniforme de femme de chambre. L’homme portait une belle redingote, une canne et une paire de lunettes. Sous tous les angles, il avait l’air d’un homme raffiné et élégant. Par-dessus tout, il avait un visage fin et féminin qui aurait rendu jalouses la plupart des femmes.

Mais comme si Monica avait rencontré un dragon maléfique, elle ouvrit les yeux et ravalait désespérément son cri.

— Aa, A-a-a-a, Lo-lo-lo-lo, louis… Hiieek !?

— Tu peux éviter d’inventer des noms marrants pour les gens, comme Lololo Lowlowis ?

— Hiiieek, je suis désolé, je suis désolé !

L’homme sourit à Annie, sans prêter attention à Monica, à moitié figée. Il prit ensuite la main de la jeune fille et y plaça une barre chocolatée.

— Merci de m’avoir montré le chemin, jeune fille. Vous m’avez aidé.

— Tout le plaisir est pour moi.

Annie sourit et fit une révérence de dame au beau jeune homme, puis jeta une barre de chocolat dans sa poche.

— Bon, je ne veux pas interrompre votre travail, alors je vais y aller maintenant. Bye-bye, Monica. On se voit dans un mois !

Sur ce, Annie quitta la cabane, d’une démarche plus féminine que d’habitude. En écoutant désespérément le cliquetis de la charrette qui s’éloignait, Monica leva les yeux vers l’homme qui se trouvait devant elle, les larmes aux yeux. Son apparence laissait penser qu’il était vêtu d’une redingote et d’une canne, mais il portait en réalité une longue robe de magicien avec une cape tombée, tout en serrant un magnifique bâton.

Quant à la belle femme en uniforme de femme de chambre derrière lui, elle était son esprit sous contrat.

— Ça fait un bail… Louis.

Une fois qu’elle l’eut salué d’une voix tremblante, Louis plaça sa main droite sur sa poitrine et s’inclina gracieusement.

— Oui, ça fait longtemps, Mlle Monica Everett, la Sorcière Silencieuse.